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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 13:53

A l’heure où la Cour des comptes révèlent que les dépenses de l’Assemblée nationale ont progressé de 47% depuis 10 ans, quand la France ne cesse de s’endetter, et plus encore depuis que la Crise financière a commencé, il est temps de s’attarder quelque peu sur le rapport qu’entretiennent le Politique et l’argent.


Amende honorable pour débuter.
Malgré le rapport de la Cour des comptes, il ne faudrait pas se méprendre sur les indemnités de nos Politiques. Contrairement à ce qu’on annoncé les médias, avides de toute polémique démagogique propres à attirer le chaland pour doper l’audience, nos élus ne sont pas les mieux payés d’Europe loin s’en faut. Les Parlementaires français sont mêmes dans la moyenne européenne. Le JDN de l’Economie compare à titre d’exemple les rémunérations des chefs de gouvernement européen : Angela Merkel perçoit 24000 euros par mois, contre 26000 euros pour son homologue irlandais et 20000 pour Monsieur Fillon, dont on dit ici où là qu’il pourrait être celui que l’on nomme « Premier Ministre » (information à confirmer)… Un député à l’Assemblée nationale gagne environ 7000 euros d’indemnités parlementaire avec en outre une indemnité représentative de frais de mandat de 5 790 €/mois (c’est cette dernière qui est notamment montrée du doigt par la Cour des comptes), ce qui est moins qu’en Italie par exemple. Enfin les Eurodéputés Hongrois gagnent 700 euros, les Français 5800, les Italiens… 13000… jusque 2009, année qui marquera l’égalité de traitement pour chacun (environ 6000 euros mensuels).

Quand on sait les millions que gagnent certains chef d’entreprise pour parfois seulement 18 jours de contrat, l’on se gardera d’être démagogique sur la question. Il n’y a aucun scandale à voir nos élus gagner correctement leur vie, à partir du moment où ils sont présents dans les Assemblées pour voter, et concentrés  sur leurs tâches, même en hors-champ (de la caméra),  pour étudier les dossiers.

Pour autant, dans un pays où l’argent reste un tabou affirmé, il est toujours intéressant de voir le rapport qu’entretiennent nos élus avec l’argent. Il n’y a qu’à voir la volée de commentaires survoltés qu’avait provoqués l’augmentation de salaire du chef de l’Etat il y a quelques mois ( à 7000 euros mensuels, soit 1/3 de ce que gagnait le premier Ministre, l’on était en droit de se poser des questions…).

Le dernier épisode de cette relation ambiguë fut ce déni hypocrite à souhait de l’ancienne candidate à la Présidentielle à propos d’un prétendu dîner au Fouquet’s.

Hilarant quand on sait très bien que les élus, qu’ils soient Rue de la Béotie ou au 282 fréquentent toutes les bonnes tables parisiennes !

D’ailleurs il est amusant de constater que le cas de conscience se trouve surtout à gauche :

Arlette Laguiller n’avait-elle pas été prise à parti quand on lui demandait si cela ne la dérangeait pas d’être en Première classe pour sa campagne alors qu’elle défendait les travailleurs pauvres ?

Olivier Besancenot n’a-t-il pas martelé qu’il n’avait pour seul patrimoine une Peugeot 106 et un modeste appartement qui ne sera sa propriété qu’à échéance d’un crédit de 18 ans ?

Le parti Communiste ne prétend-il pas qu’il sélectionne avec minutie les entreprises qui viennent louer un espace Place du Colonel Fabien, le siège du PCF classé monument historique, réalisé par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer, dont l’estimation est rendue secrète par les défenseurs des petites gens ? D’ailleurs qui sait que les salles de ce somptueux bâtiment regorgent d’œuvres d’art offertes par les nombreux artistes qui ont rejoint l’idéal communiste au milieu du XXème siècle (Camus, Sartre, Dali, Picasso…) ?

La Gauche doit donc se cacher. Cacher les signes extérieurs de Richesse.

Extrait
« Ségolène, arrivant à la gare de Poitiers le dimanche du 1er tour, peut traverser plusieurs wagons pour descendre devant les caméras d’une voiture de seconde classe alors qu’elle vient de voyager en Première. »
                                                                                                                                        R. Bacqué & A. Chemin, La Femme fatale.

Ne surtout pas dire que l’on est aisé. Ne surtout plus incarner la Gauche caviar.

Mais pourquoi les femmes et hommes politiques doivent-ils être à ce point hypocrites avec l’argent ?

La raison est purement électoraliste. Deux cibles sont précisément à préserver :

Les petites gens, qui pourraient devenir poujadistes et rejeter en bloc ceux qui ont de l’argent (d’ailleurs pour eux, l’homme politique, le chef d’entreprise, les footballeurs et les People touchent globalement les mêmes sommes, c’est-à-dire, celles qu’ils ne toucheront jamais).
Et nos Anciens, ceux qui n’ont pas toujours vécu dans l’opulence, et qui n’acceptent pas le déballage bling-bling de ceux qui doivent monter l’exemple.
Pris en tenaille, les politiques doivent composer avec cette hypocrisie bien française. Quitte à mentir.
Pour autant, il ne faudrait pas tomber dans l’excès. Les médias ont souvent évoqué les déboires du mari de Carlita. Et pourtant, à gauche, là où l’on se la joue plus modeste, des vieux tics restent :

« Anne Sinclair, pendant la campagne interne du PS, se rendait en Jaguar à la rencontre de la presse pour vanter les qualités d’homme de gauche de son mari. »
Op.cit.

Entre l’hypocrisie et le cynisme, il est bien difficile de trouver sa voie. Mais la difficile position nous montre une chose : PLUS QUE JAMAIS, LA GRILLE DROITE / GAUCHE EST ARCHAIQUE ET INOPERANTE. Reste à la France et aux Français d’aborder l’argent avec moins de clichés, sans pour autant tomber dans l’immoralité américaine. Un vaste programme…

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 22:36

Parce qu’il faut laisser le passé au passé.

Parce que plus que jamais, il faut travailler ensemble.

Et parce que j’ai confiance en l’avenir de notre beau parti,

 

Je prends la sage résolution d’enlever de mon blog certains billets qui faisaient état de tensions et autres distorsions au sein de notre Mouvement Départemental. Il faut aller de l’avant. Ce n’est pas de la censure, mais juste l’envie d’évoluer vers l’avant sur des bases saines. Ce n’est pas non plus l’abandon de ma vigilance. Je veillerai. Mais je souhaite que nous travaillions sans les spectres fantomatiques du passé sur lequel il n’est nul besoin de revenir.

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 21:49

A chaque élection américaine, le scénario se répète. A l’envi.

La France, plus intéressée par les US que par certains de ses débats intérieurs et que par certaines de ses élections internes, se passionnent pour les élections outre-Atlantique.

Et la couverture à la sauce française ne lésine sur aucun subterfuge pour donner un goût frenchie à un plat trop robuste pour nos papilles délicates… quitte à dénaturer le plat.

 En entrée : des sondages à la saveur steak-frites

En d’autres termes, on nous offre à qui veut l’entendre les sondages… selon les Français ! Et la recette fonctionne puisque en 2000, les Français donnaient Al Gore en vainqueur (ceci dit, quiconque veut recompter les voix de Floride pourrait nous donner raison), et… Kerry en 2004 ! Votez comme la France et vous êtes sûrs de perdre


En plat principal : Ragoût de lecture politique à la mode de Caen

En gros, pour les médias français, les Démocrates sont à gauche ; les Républicains sont à droite… Ca n’en finit plus de voir les rates se dilater outre Atlantique…  Et dire que les Démocrates sont plus à droite que Sarkozy et toute sa Cour… Allez comprendre ces Français…

En dessert : Une meringue d’interprétation rendue compliquée par le mode de scrutin

Car si les médias français ont mal anticipé les résultats des précédents présidentielles, c’est bien évidemment dû à ce mode de scrutin « illisible ». Ah oui ? Une élection indirecte, comme pour les Sénatoriales est –elle illisible ? Autant réformer ce scrutin alors !

La bonne nouvelle à une semaine de l’addition, c’est que Obama ne semble plus pouvoir perdre… Et les Médias français de dire à l’unisson que la gauche l’a emporté… Comme quoi, la lecture droite/ gauche à la papa connaît quelques défaillances. La lecture globale connaît des couacs. Et pas seulement à l’école !

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 20:16

Souvent, certains des lecteurs assidus de ce blog (si, si il en existe, je vous assure ;o) me titille sur ma propension à taper trop facilement sur Ségolène Royal. Il est vrai qu’il est toujours aisé de tirer sur les ambulances. Mais il faut tout de même avouer qu’elle a le chic pour se couvrir de ridicule. Ce dernier ne tuant pas, je vous rassure : Ségolène est en PLEINE forme !

Après avoir joué les comédiens apprentis, dans un parodie de Cyrano de Bergerac au Zénith (pourquoi pas bientôt Ségo à la Comédie Française, dans le rôle d’Alceste, le Misanthrope, pour dénoncer les galipettes de François, alias Célimène…) ; Ségolène s’est assagie quelque peu pour rendre visite à Dimanche plus…
Las… Ségolène a laissé au vestiaire le panache de sa précédente prestation pour s’offrir les affres de la démagogie…



Comédie en deux actes


LISTE DES PERSONNAGES

SEGOLENE ROYAL

UN ILLSUTRE INCONNU

UNE PRESENTATRICE QUI NE SERT QU A VALIDER DES PROPOS MEME QUAND ILS SONT INEPTES

La scène se passe à Paris

 

Scène 1, Royal, l’illustre inconnu

Ségolène arrive, et son portrait est diffusé. Etonnante scène de campagne, qu’avec beaucoup de minutie (canal protégeant comme le loup blanc ses programmes), j’ai retrouvé sous un autre angle pour vous.



Comment cela, Ségolène ne peut pas aller au Fouquet’s ! Mais voyons, elle est de gauche. C’est bien connu, les élus de Gauche de la rue Solférino se déplacent en métro depuis le 18ème arrondissement de Paris, où ils logent dans un squat. Leur cantine ? Chez Farid, qui leur fait 8 kébabs pour le prix de 7. Leurs fringues, chez Tati, à côté de leur squat. Et la maison de Mougins alors ? Que nenni, une bicoque sans prétention, qui croulerait sous le moindre orage, et qui n’est qu’un héritage lointain qui au final coûte bien plus qu’il ne rapporte…

Allez reprenez avec moi : DE-MA-GO-GI-TE ; DE-MA-GO-GI-TE ; DE-MA-GO-GI-TE

 

Scène 2 , Royal, et celle qui ne sert à rien

SEGO - Le prix du brut vient de baisser, d’être divisé par deux, et ça ne suit pas : le gazole est à 1,50 euro, il est à 1,20 et il devrait être à 0,75 et je peux vous dire que les gens sont révoltés par cette inertie gouvernementale.

Outre le fait que Madame Royal ait progressé en lexique (« inertie » semble plus ad hoc que « bravitude »), tout en régressant dans les conjugaisons (« le gazole était à 1,50 », sinon il a deux prix, et l’on ne comprend plus rien…), il semblerait qu’elle ait adopté la rhétorique… de celle qui distribue à foison la poudre aux yeux.

Car Madame Royal, auriez-vous l’outrecuidance d’être assez crédule, stupide, inculte pour nous faire croire que le prix de l’essence ne dépend que de la baisse du baril du pétrole ? Seriez-vous à ce point naïve pour ignorer que la TIPP, taxe pétrolière, recouvre 75% du prix de ce que l’on paye à la pompe ? Et que par conséquent, les 50% de baisse ne concerne au fond que 25% du prix total de ce que l’on paye dans les stations services ?

Alors bien évidemment, vous pouvez toujours endormir les foules, et tomber dans la démagogie. Manipuler des chiffres facilement compréhensibles pour le chaland. Mais cela laisse un goût amer, qui rappelle en son temps les faux syllogismes de Le Pen, qui proclamait que l’on avait 3 millions de chômeurs, 3 millions d’immigrés, et qu’en chassant les uns, on libérait les emplois. Sans tenir compte du fait que ces immigrés n’étaient pas tous travailleurs, qu’ils étaient majoritairement dans le secondaire, quand le chômage s’affolait dans le secteur tertiaire.

Madame Royal, encore une fois, vous faites honte à la gente politique.

Allez reprenez avec moi : DE-MA-GO-GI-TE ; DE-MA-GO-GI-TE ; DE-MA-GO-GI-TE

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 15:34

Compte rendu de la journée organisée de main de maître par les Jeunes Européens de Lille, qui par l’intermédiaire de Grégoire Guillard que je tiens ici à vivement remercier, nous ont permis d’entrer dans le Parlement Européen…


BRUXELLES - MERCREDI 15 OCTOBRE 2008

En pleine tempête financière, Bruxelles est en pleine ébullition. Jean-Paul Gauzès qui devait nous accueillir à 11h00 arrive en retard non sans faire amende honorable : il a dû terminer à la hâte sa contribution avant midi, qui aboutira plus tard dans la soirée à la décision annoncée par Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso d’approuver le plan d'aide aux banques de l'Eurogroupe. Aucun doute : quand nous entrons dans les murs du Parlement ce mercredi midi, il se joue un moment d’histoire. Et c’est donc tout à l’honneur de Jean-Paul Gauzès, Eurodéputé pour le groupe PPE, de nous accueillir, débonnaire, avec simplicité et non sans humour, pour une présentation du Parlement, depuis ses infrastructures jusqu’à son fonctionnement, en ce jour si important. Une rencontre sans tabous, ni langue de bois. Rafraîchissante. Digne de ce que doit être la politique.
En résumé, voici, classés par sujets et par questions, la présentation de l’Eurodéputé de la zone électorale Nord-Ouest (découpage électorale et liste des eurodéputé sur le site du Parlement).


UN EURODEPUTE EN CHIFFRE
C’est l’Eurodéputé qui lance lui-même le sujet. Voulant montrer rapidement qu’il n’a rien à cacher, il expose clairement les revenus d’un Eurodéputé.
Jusque 2008, les députés sont payés par les Etats d’origine. En France, il s’agit exactement de 5800 euros net par moi. Ces rémunérations, comme n’importe quelle autre, sont soumises à la fiscalité des salaires (NDLR : un député à l’Assemblée nationale touche, en dehors des indemnités représentative des mandats de frais 6 952,74 €/mois).
Mais cette rémunération souffre de disparité en fonction des pays membres de l’UE. Ainsi, un député hongrois touchera 700 euros par mois contre 13000 pour son collègue italien.

Voilà pourquoi, 2009 marquera un changement notable pour uniformiser ces indemnités : désormais, les députés seront payés par le Parlement aux environs de 6000 euros net / mois pour tout le monde (les députés français n’y verront aucune différence, contrairement aux Hongrois et aux Italiens, qui doivent apprécier diversement la nouvelle…)

D’autres enveloppes s’ajoutent :

-    Une pour payer les assistants qui permet en gros de payer 2 assistants ½ de façon convenable (pour exemple l’assistante de jean-Paul Gauzès nous a confié, pendant le repas, qu’avec son Master en Finance et en droit international, et étant la seule assistante du Parlementaire, elle est payée 3000 euros net, toute fiscalité déduite. Le tout pour 13 heures de travail quotidien. Gauzès lui a proposé le renfort d’une secrétaire, mais compte-tenu de l’enveloppe à laquelle on ne peut rien ajouter, elle aurait perdu l’équivalent de 1000 euros par mois. Son choix fut vite pris… de travailler seule).
Ces assistants sont embauchés en CDI, mais un CDI qui considère la fin du mandat parlementaire comme cause valable de licenciement. Notre assistante du jour, tout aussi transparente et honnête que son patron, n'hésita pas à nous répondre lors du déjeuner, sur la nécessité d'une certaine connivence politique entre le député et son assistant, tout en précisant qu'il n'en parlai jamais.
Suite à quelques débordements, le népotisme est désormais proscrit : ainsi les conjoints, enfants et autres « relations durables » (vous apprécierez l’opacité de l’expression…)  ne peuvent prétendre travailler pour l’Eurodéputé (NDLR : Il y en a un qui au FMI à New York, risque de découvrir ce qu’il en coûte de jouer avec l’expression « relation durable »… 

-   Une autre concernant les indemnités « frais de transports / hébergement » à hauteur de 280 euros par jour.

-    Une troisième, non soumise à la fiscalité, pour les transports à l’intérieur de la France (dans la circonscription par exemple) ou encore certains frais de secrétariat.

-     Une dernière enveloppe émanant du groupe politique pour le budget « communication » (accueil, repas…) sur justificatif (Pour information, Jean-Paul Gauzès a reçu la bagatelle de 2500 visiteurs, dont nous faisons à présent partie, entre octobre 2004 et octobre 2008).


LE TRAVAIL DE L'EURODEPUTE 


Il se répartit entre les 3 sièges existants :
-  Au Luxembourg, qui demeure pour tout ce qui relève de l’administratif, et où au final, il n’y a plus de décisions qui y sont prises
-  A Strasbourg, siège officiel du parlement
-  Enfin, à Bruxelles, le siège où se passe la maximum de choses.
Par an, ce sont 12 sessions de 4 jours qui se déroulent à Strasbourg, où l’on constate malheureusement le jeudi soir, alors que certains votes sont encore à effectuer, qu’il ne reste dans l’hémicycle que 70 eurodéputés sur les 785 élus…
Une fois tous les deux mois, pour alléger le programme de Strasbourg, une mini séance plénière se déroule à Bruxelles, qui par ailleurs assure la tenue de commissions 2 jours par semaine (quand il n’y a pas de sessions à Strasbourg, et en dehors du mois d’août), ainsi que des semaines consacrées à des groupe de travail comme c’était le cas cette semaine-là  (avec une fréquence d’une fois toutes les 3 semaines).
Enfin, une semaine turquoise dite de « circonscription », durant laquelle aucune réunion n’est planifiée, et au cours de laquelle l’eurodéputé peut se consacrer à sa circonscription.


POLEMIQUE SUR LES DEPENSES
: la concurrence entre Strasbourg et Bruxelles, et le coût représenté par le déplacement du Parlement a été évoqué en toute sincérité par Gauzès :  200 millions d’euros par an, 1800 fonctionnaires à déplacer, des armoires, des dossiers qui remplissent plusieurs semi-remorques... Mais comme le souligne l’Eurodéputé de la zone Nord-Ouest,  cela ne représente au final que 0,50 euro / européen / an.
Mais, Gauzès n’hésite pas à évoquer ce que d’aucuns n’oserait dire : Certains députés ont acheté directement leur appartement à Bruxelles et utilise leur indemnité de 280 euros/ jour pour payer l’emprunt.  Aussi, se déplacer à  Strasbourg revient à se loger 4 jours à l’hôtel de leur propre poche alors même que les hôtels surtaxent leur prestation lors de la tenue des Congrès. Ils militent donc activement pour faire en sorte que Bruxelles devienne un siège unique…

NB : Concernant les votes, Jean-Paul Gauzès nous précise que compte tenu de la diversité et de la complexité des thèmes abordés, il ne votait en « pleine conscience » que 15% des directives et autres règlements. Pour le reste, il suit les consignes de vote du groupe. (NDLR : Une déclaration qui n’a rien de surprenant mais qu’il serait difficile à expliquer à un citoyen lambda…)


LA COMMUNICATION ENTRE LES DEPUTES
De nombreux traducteurs participent au débat, mais aussi aux réunions de travail. Pour autant, et au grand regret de Jean-Paul Gauzès, l'anglais est la langue la plus utilisée par les Eurodéputés. Il existe 23 langues officielles, la dernière adoptée étant... le gallois (dont les pratiquants maîtrisent pourtant parfaitement l'anglais...). Chacun tente de faire de son mieux, et notre Eurodéputé reconnaît prendre des cours d’anglais. Pour autant, les situations sont parfois cocasses : ainsi Gauzès parle bien mieux l’allemand que l’anglais, et utilise donc la langue de Goethe pour parler à son homologue suédois, qui lui parle bien mieux anglais que l’allemand, et utilise la langue de Shakespeare pour dialoguer avec son collègue allemand… la tour de Babel est passée par là… Mais tout le monde communique !
Durant notre visite de l’hémicycle, Jean-Paul Gauzès nous a rappelé l’importance des traducteurs, et quelques anecdotes croustillantes entre ceux qui sont engagés malgré de graves problèmes d’élocution, ou encore ce traducteur en arabe qui n’a pas dormi pendant plus de trois jours de peur de faire une erreur de traduction (Imaginez que par mégarde, explique l’Eurodéputé,  il ait traduit la volonté de faire la guerre à Israël, quand l’inverse était exprimé…). La pression est ainsi décuplée par les enjeux.


UN DOUBLE ENJEU NATIONAL ET EUROPEEN
"Se sent-on plus proche des députés de son groupe (malgré les différences nationales) ou des députés de son pays, malgré la différence de coloration politique ?", demandai-je à notre Eurodéputé. "Les deux mon Général", me répondit-il goguenard.
A la vérité, il y a au sein du parlement un croisement de deux visées : l’intérêt national d’une part, et l’intérêt européen sur des sensibilité d’autre part.
Concernant les groupe, le PPE, dont est issu Gauzès est le seul groupe à être représenté dans les 27 pays d’Europe.
Par ailleurs, on ne peut pas faire un groupe national. Pour faire un groupe, il faut au moins 9 nations.
A chaque fois, l’objectif est d’être le plus nombreux autour d’une idée. Ainsi lors du débat sur la directive Bolkenstein « nouvelle mouture » en mai 2006, qui n’avait alors plus rien à voir avec la polémique qu’elle avait suscité quelques moins plus tôt, Gauzès ne pouvait compter que sur 260 députés PPE, quand la directive devait, pour faire poids, représenter plus de 500 voix. « Il ne suffisait pas de débaucher le Lang du coin », souligne non sans humour Gauzès, décidément très en verve en cette semaine de dépression financière.  
Au final, les clivages politiques sont moins prégnants qu’à l ‘Assemblée nationale, et les accords entre gauche et droite sont bien plus fréquents qu’on ne veut bien le montrer. Sans doute pour préserver le grand public qui verrait d’un mauvais œil cette promiscuité et cette connivence qu’il aurait tôt fait de prendre pour de la promiscuité malsaine (NDLR : comme quoi de la pédagogie sur les convictions et les politiques est toujours plus sain que l’étendard systématique des étiquettes…)

 

VERS UNE FISCALITE UNIQUE ?
Pourquoi n’y a a-t-il pas de fiscalité unique au sein de l’Union européenne ?
A vrai dire, le parlement européen a peu de compétence dans ce domaine. Selon Geuzes, l’on aurait dû modifier les institutions avant l’arrivées des 10 derniers pays dans l’UE, car à 27 cela devient plus délicat de prendre des décisions. Et pour cause : la fiscalité touche à la souveraineté des Etats. Donc pour prendre une décision dans ce domaine, il faut l’unanimité des 27. Voilà pourquoi l’on vote les dépenses et non les recettes à Bruxelles.
En revanche, la TVA relève, elle, de la compétence européenne. Bruxelles a fixé à ce titre, des fourchette minimale et maximale de la TVA ; ce qui explique qu’elle ne soit pas identique dans les 27 mais qu’elle reste dans les mêmes eaux.
Mais dès lors que l’on voudrait, comme ce fut le cas pour la restauration, changer la fourchette d’un secteur (à savoir, passer d’une TVA à 18,6 à 5,5%), il faudrait l’unanimité. Or pour l’heure, alors qu’elle s’est battue pour augmenter la TVA dans son pays, l’Allemagne de Merkel s’y refuse catégoriquement par souci de cohérence.
Pour autant des projet en matière de fiscalité sont discutés à travers les séances de travail. On pourrait admettre que certains produits puissent être taxés librement par les Etats dès lors que cela n’affecte par la fluidité du marché intérieur de l’Europe. Ainsi quand vous mangez dans un restaurant du centre-ville de Lille, vous ne faites pas jouer la concurrence des brasseries de Bruxelles.
Toutefois les lignes concernant la fiscalité sont difficiles à faire évoluer d’autant que certains sont pour la concurrence fiscale comme l’Irlande qui propose une fiscalité avantageuse de 12% pour les entreprises…

QUI AURAIT INTERET A CE QUE L'EUROPE NE FONCTIONNE PAS ?
La polémique issue du NON de l’Irlande semble désigner deux coupables parfaitement authentifiées : les Etats-Unis, qui entendent bien que l’Europe ne reste qu’un marché utile à leur économie et non une puissance politique, et… Le Vatican ! Benoit XVI et ses disciples qui voit les fondamentaux catholiques reculer, comme par exemple le droit à l’avortement, ont beaucoup manœuvrés auprès des conservateurs catholiques très influents dans un pays où l’IVG est encore interdite.


LA CRISE NE POURRAIT-ELLE PAS POUSSER CERTAINS PAYS A ENTRER DANS LA ZONE EURO ?
A vrai dire, cela ne concerne que deux pays. En effet parmi les 27 adhérents de l’UE, seules le Danemark et la Grande-Bretagne ne se sont pas engagés à y entrer. Mais les lignes peuvent bouger avec cette crise, dans laquelle l’Euro fort est un rempart incontestable.
Mais l’entrée dans la zone Euro implique de nombreux critères exigeants à remplir : une économie solide, une inflation réduite depuis plusieurs années…
Toutefois, cela n’explique pas tout. Ainsi la Slovaquie rentrera dans la zone Euro en 2009 quand la République tchèque attendra au minimum 2012 , tout en présentant des garanties supérieures à la première citée. Parce qu’il ne faudrait pas négliger la volonté politique qui est à l’originede toute décision. Ainsi quand le Premier Ministre tchèque qui va présider l’UE en 2009 refuse de dresser le drapeau européen sur le bâtiment de son ministère, il n’est pas certains que cela puisse être bénéfique à une accélération du calendrier…

 

EN TANT QUE DEPUTE DE QUOI ETES-VOUS LE PLUS FIER ?
Jean-Paul Gauzès explique qu’il a le sentiment de construire des choses,  de les faire avancer et de participer à l’intérêt des citoyens de l’Union Européenne.
Il explique par exemple que le Parlement fait bien des choses concrètes sans qu’elles soient connues et/ou reconnues. C’est le cas concernant la réglementation du Roaming (taxation des appels internationaux des téléphones mobiles, aussi bien en émission qu’en réception d’appels). En 2007, la Commission a limité le surcoût de la communication téléphonique, pour le bien du consommateur (NDLR : avant 2007, les émissions d’appels dans l’UE étaient facturés 1 euro /minute, et les réceptions à 0,30 euro la minute. Depuis la décision du Parlement, les coût sont respectivement passé à 0,55 et 0,26 par minute). Pourtant, qui le sait ? Personne !
Quelles en sont les raisons ? Une mauvaise communication des Parlementaires, incontestablement, et surtout une récupération très habile des opérateurs qui au lieu de parler de la nouvelle législation européenne, l’ont maquillée en démarche commerciale et en baisse des prix…

Au final, Jean-Paul Gauzès considérerait que la véritable source de fierté pourrait être l’excellente participation aux prochaines européennes en 2009. Quelle plus jolie conclusion pouvait-il faire ?

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 20:52

Ils vous le disent tous ! Mais si ! C’est sûr : il n’y aura pas de remaniement. Non, Xavier Darcos ne lorgne pas sur Matignon. Non, Rocard sait qu’il n’aura rien de spécial. Les Juppé, De Villepin et autre fantôme du passé chiraquien vous le répète : ils ne feront aucune réincarnation politique. Tout le monde vous le dit. Même Rachida tiendra le cap, la balance dans la main droite, le biberon dans la gauche…

Et pourtant… Il brosse dans le sens du poil… Il est si compétent notre président… Ô Saint Nicolas, l’on n’a pas à attendre le 5 décembre pour te fêter. Tu es si fort, si puissant.

Dimanche Plus, ce midi, que vous pouvez voir en cliquant sur ce lien : http://www.canalplus.fr/tous-les-programmes/c-les-emissions/pid2180-c-p-dimanche.html  (2ème partie, minutage 30’)

















Copé : « Notre vrai sujet aujourd’hui (…) c’est comment être le plus utile possible au Président de la République. »

Ou de l’art de la théorie à la pratique, quelques secondes plus tard :

A-S Lapix: Vous pensez que  le crise financière peut révéler de grands hommes, de grands hommes d’état (sourire… du genre on ne l’avait pas préparée la séquence…)

Copé : Oui j’crois… Pardon, j’dis ça, ce n’est pas par flagornerie (sic !!!) mais j’crois qu’on a un président de la République française qui dans cette période se montre absolument exceptionnel . Vous voyez je le dis très simplement (re-sic !!!) [Il fait œuvre de maîtrise dans ce sujet qui force l’admiration].

Alors Copé : Matignon, Bercy, garde des Sceaux : les paris sont ouverts…

PS : Si vous en avez le courage, écoutez l'interview de Mélenchon qui dit que Bayrou est respectable, mais que c'est un homme de droite... Au fait Mélenchon il est du PS ? Moi j'dirais plutôt Marxiste... M'enfin, je vous rassure il garde sa carte rose et cela n'a rien à voir avec son poste de Sénateur. Rien n'a voir !

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 19:27

Que de sujets seraient passionnants à évoquer ici même comme je le fais depuis le 7 avril : les tergiversations de Darcos, le Congrès de Reims, la montée dangereuse de Besancenot, l’édification des fondements de notre Mouvement, les Européennes…

Oui mais voilà, la crise financière, qui devient économique, n’en finit plus. Le Gouvernement nous répète à l’envi que le pire est passé quand on se sait au cœur du cyclone, qu’aucune banque ne mettra la clef sous la porte quand l’Islande en appelle à ses concitoyens pour empêcher le pays de faire faillite…

A la vérité, le néo-capitalisme échappe à tout le monde, et personne n’est à l’abri. Aucun pays. Aucune société bancaire. Aucun citoyen.

Et quand dans 3 mois, plus aucun emprunt ne sera possible faute de liquidité et compte tenu de la mise en poussière des valeurs fictives consécutives à la spéculation boursière de ces dernières années, qu’arrivera-t-il quand on sait que la France a besoin d’emprunter chaque semaine des millions d’euros pour faire fonctionner le pays ? Retarder le payement des fonctionnaires ? Suspendre provisoirement les aides sociales ? Demander le remboursement immédiat des largesses du bouclier fiscal ?

En Islande, les citoyens courent faire des provisions alimentaires.

Le monde entier vit l’impensable. L’inédit ? Pas vraiment : en 2001, l’Argentine avait connu pareille mésaventure. La population avait dû casser les devantures des boutiques pour manger. « Attitude moyenâgeuse » se gaussait-on alors. Ou de l’Ironie du sort pour celui qui se croit plus malin que l’autre…

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 20:50

Savoureuse empoignade hier soir entre Eric Zemmour, journaliste polémiste au Figaro, plus à droite tu meurs, et Gérard Miller, plus à gauche tu meurs deux fois, plus imbu de lui-même tu meurs trois fois… le cadre est posé. Le thème : la laïcité. Vaste sujet qui fournit tant et tant de débats… Que ce morceau de pédagogie pure et de démagogie la plus naïve sur ce qu’est la laïcité soit passé chez Ruquier (qui n’a de cesse d’intervenir pour glisser boutades et autres calembours, jeux de mots qu’Hugo qualifiait fort justement de « fiente de l’esprit qui vole »…), à 1h00 du matin, avec une audience se résumant à une dizaine d’insomniaques, une centaine de retour de bars qui ont tendance à dédoubler la vue, et à un millier de retraités endormis depuis la diffusion dans l’après-midi du 1015ème épisode de Derrick, est un véritable crève cœur… N’étant ni insomniaque, ni fan de Derrick, mais souhaitant voir l’intervention de JFK (qui fut malmené au possible, surtout par un Ruquier qui en n’avait, passez-moi l’expression, rien à foutre de son livre Pourquoi il faut dissoudre le PS), mon disque dur m’a permis de savourer ce moment…

Retour sur les faits…

Alors qu’il fait la promotion de son one man show, Gérard Miller (non, ce n’est pas une faute de frappe ONE MAN SHOW !!!!!!!!!!!!!!) évoque ses origines juives, avec tendresse. Il en profite alors pour glisser une bonne année à tous les Juifs, en se référant au calendrier judaïque…

Zemmour, ne laisse rien passer : « Vous voyez mon cher Miller, c’est ça normalement, la France normalement c’est la différence limitée au privé, c’est ça là la laïcité. Vous avez fait une erreur comme d’habitude ».

Le ton est donné et les deux acteurs de ce combat de catch éthique improvisé vont se rendre coup pour coup :

Pour Zemmour, la laïcité à la Française cantonne la question religieuse à la sphère privée et non à la sphère publique, conséquence notamment des nombreuses guerres religieuses qu’a connu notre pays et dont les Lumières fut une des conséquences les plus frappantes.

Pour Miller, on souhaite bien la bonne année à tout le monde le 31 décembre selon un calendrier judéo-chrétien, et il ne voit pas le mal à fêter une bonne année juive.

Le chroniqueur du Figaro lui rappelle alors que la culture française, qu’on le veuille ou non, que l’on soit croyant catho, juif, musulman ou athée, s’est fondée sur des valeurs judéo-chrétienne et que notre culture en est majoritairement imprégnée.

Miller conteste en disant notamment que la religion musulmane par exemple participe dans la même mesure à cette constitution de la culture française.

La victoire par Ko est bien évidemment pour Zemmour.

Miller incarne ce soir-là la naïveté de la gauche la plus insupportable qui sur le fallacieux prétexte de l’égalité, qui s’avère être de l’égalitarisme, fait fi des fondements de la laïcité et dit absolument n’importe quoi. Comme ce fameux Sarkozy qui en 2004 ne voyait par pourquoi les Chrétiens avaient des églises et les Musulmans n’avaient pas de mosquée et qui proposait de revenir sur la loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour que ce dernier finance la construction de temple musulman (Qui eut cru que Gérard Miller et notre cher Président étaient, sur certaines valeurs, aussi proches ?).

 

SACRILEGE REPUBLICAIN ! INEPTIE pour notre état laïc !

Ce que Miller et Sarkozy ne comprennent pas c’est que les églises dont les réparations et l’entretien sont financés par l’Etat le sont que parce qu’elles ont été bâties avant 1905 et qu’elles entrent de plain-pied dans l’héritage culturel et architectural de notre pays. Les édifices post 1905 ne bénéficient aucunement de ce d’aucuns considèrent à tort comme des largesses de notre état envers les Chrétiens.

Et comme le rappelle Zemmour, qu’on le veuille ou non, le bon sens et la bonne foi ne peuvent mettre sur un pied d’égalité l’influence de la culture musulmane et celle de la culture judéo-chrétienne pour expliquer l’identité française. Que la première y participe est indéniable ; qu’elle y ait contribué à part égale est d’une mauvaise foi et d’une inculture confondantes.

La laïcité française est certes complexe à comprendre et à appliquer. Mais elle n’en demeure pas moins une pierre d’angle dont on ne peut mégoter sur les principes. La religion appartient au domaine privé ; et notre culture est naturellement influencée par les mythes judéo-chrétiens. Il n’y a pas à avoir honte et de crier à la ségrégation religieuse. Je suis moi-même un athée de pure souche et je n’ai aucun problème à affirmer que ma culture, celle des Lumières, celle de Molière, de Racine, celle de François Bayrou se sont inlassablement abreuvées de ces influences.

Et à partir de ce principe, il n’y a donc, par exemple, aucune honte à initier un débat sur le port du voile dans la rue. A partir du moment où les arguments évoqués n’ont aucun relans racistes, mais consistent à dire que la religion doit rester dans le domaine privé, et que l’on peut de la même manière poser le problème du port de la kipa, de la tunique de la bonne sœur dans la rue, la laïcité ne peut que s’en sortir grandie.

Merci à Zemmour d’avoir été chez Ruquier son défenseur. Je ne suis pas convaincu que les quelques centaines de milliers de spectateurs présents à 01h10 devant leur téléviseur aient été sensibles à cette empoignade et cette question de valeurs…

 PS : Un merci tout particulier à José pour m’avoir indiqué cette perle dans l’émission, qu’immanquablement j’aurais ratée s’il ne m’avait pas prévenu…

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 20:56

Qui n’a pas écouté avec délectation les propos de Woerth, tout simplement RIDICULES, qui rappellent ceux de Madame Lagarde, il y a trois mois…

Il y a donc un trimestre, l’on évoquait à Madame Lagarde, une récession… ce qu’elle contestait vivement en rappelant que techniquement il faut « deux trimestres consécutifs en baisse de croissance pour parler de récession ; C’est donc techniquement faux ».

1er octobre, la sentence tombe : deuxième trimestre de baisse. C’est donc une récession !

Que nenni !

"récession technique" alors que membres du gouvernement et de la majorité avaient jusqu'alors rivalisé de métaphores pour ne pas prononcer le mot qui fâche, souligne Reuters.

Ou de l’art de prendre les gens pour des C**** !!!!!

Et le ministre du Budget de regretter ce « concours de mots »

Etrange.

J’aurais plutôt dit : concours à dissiper les maux.

Et le même hurluberlu, de dire qu’il n’y a pas une baisse de la croissance mais une « croissance molle »

La langue de bois dans la plus fidèle tradition. Je vous propose, puisque c’est la mode, d’envisager deux scénarii :

 

Dans une banque

- Mais vous êtes à découvert Monsieur !

- Ah non ! Je suis techniquement à découvert. Mais en réalité je gère très bien les éléments !

- Mais enfin ! Vous ne dépensez plus que vous gagnez : vos dividendes régressent !

- Je conteste encore une fois : mes dividendes sont mous, voilà tout…

 

Au lit, à L’Elysée

- Mais chéri, elle ne croît plus là !

- Je conteste : sa croissance est molle…

La suite est tout proprement censurée par son auteur :o)

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 18:54

On ne parle que de lui. On l’aime, on l’abhorre. Trop « main stream » pour certains, pas assez réaliste pour d’autres. Trop populaire, trop populiste, quand les opposants à cette pensée le jugeront pertinent, intimiste et touchant. Depuis que le jury du Festival de Cannes, avec à sa tête Sean Penn a pris tout le monde à contre-pied en lui offrant la palme d’or, Entre les murs, l’adaptation cinématographique d’un roman de François Bégaudeau, lui même acteur de son propre rôle dans ce film, est au cœur de toute les discussions. Entrons donc de plain pied dans le débat.
La question cinématographique n’est pas la plus intéressante. Un montage chronologique, une caméra au poing pour réalisme, des plans en cascade pour donner du rythme quand la scène montre des personnages assis en parlant : Entre les murs ne révolutionne pas la technique cinématographique sans pour autant lui faire déshonneur.  Le jeu des acteurs a tellement été évoqué qu’il serait inutile d’en rajouter, ces adolescents jouent ce qu’ils savent faire de mieux : leur quotidien.

Finalement tout l’enjeu du film réside dans les enjeux pédagogiques qui y sont exposés, car ils  posent un ensemble de questions essentielles pour l’avenir de l’Education Nationale, mais aussi dans le point de vue qu’entend prendre le film, plus ambigu qu’il n’y paraît au final.

Pour ceux qui ne connaissent pas le monde de l’Education Nationale et qui se réfèrent à l’image d’Épinal de l’élève assis sagement à son bureau en levant le doigt, la choc a dû être terrible. Les élèves d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Truisme certes, mais que le film a l’occasion de mettre en images, et de montrer ce que d’aucuns nient. Les responsables sont alors tout trouvés : les parents qui font montre carences en matière d’éducation. Le film nous montre en effet des élèves incapables de contrôler ni paroles, ni gestes, de parler correctement, d’accepter l’autorité qu’un professeur a de droit. Le tutoiement devient monnaie courante, les insultes fusent et deviennent un mode de communication. Le résumé de ce chaos est exprimé en quelques mots par cet élève arrivé en cours d’année pour avoir été exclu de son ancien établissement : j’aime pas l’école, le racisme et Matterazi.

Mais le film apporte la preuve irréfutable de l’autre responsable de ce changement dans les comportements : ce n’est pas François en tant que prof qui fait ce que l’on a dit de faire à l’IUFM, ni même l’ECOLE comme les médias se complaisent à redire chaque année qui sont en cause. La gangrène c’est évidemment le pédagogisme qui hante les pratiques, celui qui dit qu’il faut « faire parler les élèves », au lieu de leur donner à apprendre. Les conséquences sont dramatiques : François qui pense bien faire devient un héros tragique, au destin tout tracé. Plus il lutte, plus il descend aux Enfers, guidé par les croyances que lui ont prodiguées les Grands Manitous de « la Nouvelle Pédagogie ». Unité de lieu : la salle de classe, de temps : l’année scolaire, d’action : le cours. Seule la bienséance en prend pour son grade. Pour le reste, l’essence même de la tragédie alimente ce quasi huis-clos.

En libérant la parole, sans règles, sans repères pour dire tout et n’importe quoi comme « cet exercice d’argumentation » durant lequel chacun peut venir s’exprimer et où l’on ne parle que de la Coupe d’Afrique des Nations, évocation qui s’accompagne des étendards du communautarisme, et qui se termine dans un brouhaha inacceptable, insultes et haine raciale comprises : qu’ont appris ces élèves durant cette heure là ? Quelle valeur ajoutée fut celle de ce cours de français ? Qu’a obtenu François si ce n’est réveiller les laves de haine qui ne demande qu’à jaillir de ces volcans d’inculture ? Car il est bien là le problème : en voulant « s’adapter » à leur niveau, le professeur de français pense se rapprocher des élèves et obtenir le meilleur d’eux-mêmes. Pour lui Zadig de Voltaire est trop complexe en 4ème . Mais qui va alors leur apporter la culture si ce n’est lui ? Au nom de quelle loi, de quel dogme, de quelle croyance oserais-je,  pense-t-il que ça ne sera pas compris par les élèves ? Son rôle n’est-il justement pas de les amener à cette rencontre improbable ? De rallier ce qui sur le papier social paraît irréconciliable ? De sortir ces élèves du ghetto culturel dans lequel il s’enferme ?  Si telle n’est pas le rôle d’une ZEP en 2008, alors autant qu’elle n’existe pas. Qu’elle soit inefficace serait gênant, mais qu’elle soit contre-productive et néfaste, est parfaitement anti-républicain. Quand Esméralda  annonce à François que les lectures qu’il a proposées sont « chiantes » mais qu’elle a adoré lire… La République de Platon que sa sœur avait dans sa chambre pour ses cours de Droit, la preuve est faite que l’école, encore plus une ZEP, doit être un lieu de culture. François ne l’a pas compris, et bon nombre de profs avec lui, aveuglés par la Nouvelle Pédagogie et ses prophètes véreux ; et pour s’en convaincre, il suffit de voir le visage complètement ahuri à la révélation d’Esméralda, visage de celui qui, au fond, n’a toujours pas compris quel était son rôle dans une ZEP.

Contrairement à ce qu’il pense, et ce qu’il exprime, il n’est nullement question d’être « copain » avec les élèves. Il est question de leur donne ce pourquoi l’on est à l’école : le Savoir, la connaissance. Pour qu’enfin puissent se construire la réflexion et la pensée. Comment penser correctement quand on n’a pas la culture, le vocabulaire, l’éducation pour savoir quand comment et pourquoi s’exprimer ? C’est l’expression la plus flagrante de l’échec de nos Pédagogoles qui sévissent dans le système depuis trois décennies. Leur crédo : faire parler au maximum ; le professeur devient le « trieur » payé pour relever la moindre pépite pour la mettre en valeur comme ses photos de portables épinglées au mur pour valoriser Souleymane. Et pourtant, le même Souleymane sera exclu par le Conseil de discipline quelques semaines plus tard…

Le rapport qu’essaie d’entretenir François relève parfois de la prostitution pédagogique, ce que son collègue d’histoire signifie quand il dit que cela revient à «acheter la paix sociale ». Le rôle de l’Ecole, l’originel, celui qui est de donner les connaissances que les élèves auront à apprendre, n’est plus tenu : on leur demande d’exhiber leur vie sous le prétexte d’un autoportrait qui se résume à de stérile j’aime/j’aime pas, sans qu’il n’y ait eu à la fin de séquence le moindre enrichissement de vocabulaire (j’occulterai volontairement le passage sur les mots que les élèves ne comprennent pas dans un texte, tant il y aurait à dire).
Dans un tel contexte, comment voulez-vous que règne la notion de respect ? Les élèves viennent pour apprendre. En vain. Ils attendent des règles. L’on est permissif à souhait. Le prof devient un égal à égal (vive la citoyenneté dans un espace où les Institutions ne sont pas respectées), les relations deviennent transversales et au final, tous les coups sont permis. L’école devient un « lieu  de vie » où l’affectif et les sensibilités deviennent la substantifique moelle d’un pseudo-apprentissage. Evoquer la sexualité d’un prof ne gène pas grand monde, et pire le professeur choisit d’y répondre.

J’irais même plus loin : quand François avoue avec franchise ne pas toujours respecter les règles de sanctions décidées par l’ensemble des professeurs parce qu’après tout, les élèves sont tous différents, il montre quelle part de responsabilité il a dans la montée en puissance des événements. Car si tous les élèves sont différents, et que l’on peut par exemple encourager un élève qui a 07/20 mais qui fait de gros efforts, on ne peut déroger aux règles que l’on a édictées au préalables. Il faut être rigoureux (et non strict comme certains tentent de caricaturer cette saine position) pour inspirer le respect. Après chacun assume, paye pour ce qu’il a fait et repart sur des bases saines. En baissant aléatoirement les règles à respecter, l’on distribue à tour de bras le bâton pour se faire battre. Les failles d'une règle, d'une loi, d'un règlement sont les ennemies intimes du respect. Si les préceptes sont justes et justifiés, à quoi bon devoir les "adapter", au risque de scier la branche sur laquelle on est assis. Et le pire dans tout cela, c’est qu’il est impossible d’accabler François, touchant de sincérité, qui ne pense qu’à (très) bien faire…

 

L’exposé est en somme réaliste et si le l’objectif du réalisateur Laurent Cantet était de montrer les errances du système, le coup fut du maître. Mais quel était son dessein au juste ? Ou plus exactement quel était le dessein de François, non en tant qu’acteur, que prof ou que citoyen, mais en tant qu’écrivain ? Car à aucun moment l’on sent une remise en question d’une pratique qui lui échappe. Campé sur ses convictions qu’il croit humanistes et égalitaires, quand elles deviennent en pratique égalitaristes et malhonnêtes pour celui qui croit pouvoir apprendre à l’école de la République, entend-il envoyer un message ? SI oui, lequel ? Certains avancent que derrière la caméra intimiste, avec ses gros plans, ses moments de tendresse, l’on fait un plaidoyer pour cette école de l’échec. Ce serait faire fi du professeur d’histoire, qui renvoie systématiquement François à ses limites et à ses contradictions par rapport au rôle de l’Ecole. Et finalement, rarement François ne peut contredire, celui qui incarne un tant soit peu le bon sens. Il n’y a donc pas de prise de parti, à l’image des yeux éberlués des collègues qui assistent inertes au « pétage de plomb » de leur collègue de techno, qui n’en peut plus et qui dénonce l’arrogance de ces « incultes », qui parlent aux professeurs avec condescendance, alors qu’ils n’ont aucun vocabulaire… Les autres le regardent franchir la limite invisible qui règne dans la salle de prof : celle de la verbalisation d’une évidence, celle qui ouvre les yeux de ceux qui sont atteint de la cécité pédagogique… En s’exprimant ainsi, il devient le serpent de Genèse qui propose de manger le Fruit du Savoir et de la connaissance, le démon qui leur ferait prendre conscience de leur dénuement… Et cela ne se fait pas. Car sans l’illusion d’être utiles à ces élèves (ce qui compte tenu de la Nouvelle pédagogie n’est que chimère), le quotidien serait insoutenable. Absentéisme, abattement, dépression démission… Alors ne voulant être ce serpent-là, le professeur, s’excuse, sourit, et repart dans les méandres obscurs qui lui obstrueront la vue, mais lui rendront un peu la foi… pour quelques temps encore.

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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