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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 11:19

C’est aujourd’hui lundi qu’Eric Schmidt, patron de Google, sera convié à l’Elysée pour discuter du sujet qui fâche : le géant du référencement profiterait du travail éditorial de nos journaux et autres medias en ligne et gagnerait donc de l’argent… sans aucune contrepartie.

 

Pour le néophyte, difficile de comprendre en quoi référencer des titres équivaudrait à gagner de l’argent. En réalité la mécanique est on ne peut plus simple : Google et ses puissantes machines répertorient à la vitesse de la lumière les articles mis en ligne, ce qui provoque du trafic, et permet de vendre des écrans publicitaires. Le problème est bien évidemment que Google ne paye aucun impôts (ou preque) sur ses juteuses recettes puisque son siège social européen est basé en Irlande. Une manne financière qui échappe à un Etat déjà exsangue et qui voit ici l’occasion de renflouer quelques peu ses caisses au nom de la justice financière.

 

L’épée de Damoclès sur la tête, Google ne faiblit pourtant pas et a annoncé vouloir riposter en boycottant le référencement des médias français.

 

A vouloir jouer les Robin des bois, François Hollande risque de tout perdre et surtout, risque de mettre en péril la presse en ligne, ce qui serait un comble à l’heure où la presse papier est déjà moribonde.

 

Parce que les médias en ligne n’ont aucun intérêt à voir Google ne plus les référencer. PLus ils ont du trafic, plus ils peuvent vendre des espaces publicitaires sur les pages visitées. 

 

Leur trafic est principalement dû à trois aspects : le référencement, la viralité et la qualité d’un article. Et soyons honnête, le premier l’emporte largement sur les deux autres, qui eux se tiennent mains dans la main. Pourquoi ? Parce qu’un référencement en une de Google vous rapporte des centaines de lecteurs à la seconde ! Ainsi, être sur la manchette du plus grand moteur de recherche au monde vous assure de casser la barre des cinq chiffres sur le Plus. A l’inverse, une absence de référencement vous promet les sombres cryptes de l’oubli. Dura lex sed lex.

 

On peut ainsi parfaitement écrire un article médiocre mais avec suffisamment de mots clés pour être référencés, et obtenir un nombre conséquent de lecteurs, et à l’inverse, faire une enquête fouillée sans bénéficier des grâces de Google et rester confidentiel.  A titre personnel, je ne suis parvenu qu’une seule fois à briser la loi implacable, lors de mon billet sur le KO d’Anne-Sophie Lapix sur Marine Le Pen, qui n’eut la chance d'être à la une de Google qu'à son troisième jour alors que l’article en était déjà à 800000 lecteurs ! Mais l’article avait bénéficié du bouche à oreille, avec près de 2000 retweet et 27000 recommandations Facebook. Suffisant pour se priver de la générosité du géant américain. De l’exception qui confirme la règle.

 

Toujours est-il que le boycott de Google couterait très cher aux médias en ligne français et provoquerait à coups surs un écroulement du trafic sur leur site.

 

Le résultat de l’opération serait terrible : Google ne payerait toujours pas un centime puisqu’il ne référencerait plus l’édition française et les sites seraient, eux, privés d’un flux au risque de voir leur activité menacée. Google n'a pas besoin de la France quand il continue de conquérir de nouveaux marchés en voie de développement, quand les médias français ne peuvent survivre sans lui. Le calcul est vite fait.

 

Vous avez dit absurde l’idée de François Hollande ?

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 09:33

Députés socialistes lors des questions au gouvernement le 24 janvier 2012 (CHESNOT/SIPA)

Députés socialistes lors des questions au gouvernement le 24 janvier 2012 (CHESNOT/SIPA)

 

"Travailler plus pour gagner plus". Le gimmick en toc qui avait rythmé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 avait fait tourner la tête à plus d’un citoyen. Pour autant, la réalité fut tout autre : la mesure n’apporta pas les effets escomptés et ce fut en guise des effets d’aubaine qui se firent sentir. Combien d’emplois n’ont pas été créés alors que le travail était effectué par des heures supplémentaires ? Le meilleur exemple reste l’école publique, car pendant que l’on supprimait dans le vif, sans regarder dans le détail, 70.000 postes, l’on encourageait (quand on ne contraignait pas) les enseignants à accepter heures supplémentaires sur heures supplémentaires.

 

Aujourd’hui, le gouvernement Ayrault prend ses responsabilités en voulant tordre le coup à un dispositif qui n’a plus lieu d’être quand le chômage menace de dépasser les 10%. Avec justesse.

 

Aussi, les ténors de l’UMP, qui, à l’image de Henri Guaino ce matin sur I-télé, pleure la défiscalisation des heures supplémentaires, se trompe de cible. Et alimente, si besoin en était, la cynique histoire du crétinisme bipartite.

 

La retroactivité de la mesure, un scandale

 

En revanche, il est des critiques qui prennent largement du sens. Et notamment celles qui s’élèvent contre le caractère rétroactif de la taxation. Comme celle de Christian Estrosi ou bien encore deGilles Carrez, le président UMP de la commission des finances.

 

À l’origine, la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires devait être discutée à la rentrée parlementaire afin de la mettre en place pour le budget 2013. Mais la semaine dernière, des députés socialistes, sans doute un peu trop zélés, ont tout simplement déposé un amendement pour avancer le débat et pour qu’ainsi le dispositif devienne rétroactif pour prendre effet dès le 1e janvier 2012.

 

Le caractère rétroactif de la fiscalisation des heures supplémentaires serait tout proprement scandaleuse. Encore une fois, il n’est nulle question de la discuter sur le fond puisque, d’une part, elle s’impose en situation de crise comme la nôtre, durant laquelle tout doit être mis en œuvre pour avant tout créer des emplois et d’autre part, elle faisait partie du programme de François Hollande et des députés PS, deux projets qui ont été choisis par les Français en majorité dans les urnes. Dont acte.

 

Le problème, c’est qu’en décidant de la rendre rétroactive, elle prend les citoyens par surprise, certains s’étant engagés à accepter de faire des heures supplémentaires parce qu’elles étaient justement défiscalisées. Voilà 7 mois que les Français peuvent faire des heures supplémentaires à l’image de ce qu’il faisait depuis 5 ans et on vient leur annoncer que l’on change la règle du jeu ?

 

Pire, en faisant voter cette mesure en tapinois au moins de juillet, alors que les Français partent en vacances, on a l’impression qu’en un instant, l’envie de concertation maintes fois répétée par Hollande et Ayrault et son gouvernement ne prévaut plus.

 

Le caractère rétroactif de cette mesure serait d’une déloyauté sans nom. Les enseignants, pour ne prendre que cet exemple, n’auraient même plus l’occasion de prendre des dispositions pour économiser en vue de l’augmentation de l’impôt à prévoir : les ressources humaines sont actées en juin et la création des postes dans l’éducation nationale va considérablement diminuer le recours aux heures supplémentaires.

 

Et qui ne sait que ce dispositif profitait avant tout aux classes moyennes, que François Hollande avait pourtant promis samedi de préserver ? Monsieur le président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les députés, il est toujours temps de vous rappeler que le changement, cela peut être maintenant. Et d’enterrer le caractère rétroactif de la fiscalisation qui si elle venait à être maintenue, pourrait laisser des citoyens amers. Tant sur le fond, que sur la forme. 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 09:25

Il fallait s'y attendre. Le gouvernement Ayrault n'a pas eu le temps de respirer après l'annonce de son mini-remaniement que son état de grâce, si tant est qu'il y en ait eu un, s'évapore pour offrir une bien triste réalité : la France n'a plus un sou dans les caisses.

D'abord vendre du rêve
 
Mais comme il faut continuer à vendre du rêve, il faut agir avec finesse. En tapinois, diront certains. En apparence, on respecte les promesses du programme tenu part François Hollande de sa campagne en garantissant une augmentation du SMIC, les 25% de plus pour la prime d'allocation rentrée et bien évidemment les postes dans l'éducation nationale.

Mais l'examen à la loupe permet de dégrossir le trait : l'augmentation du SMIC annoncé à 2% n'est en réalité que de 0,6%, puisque la loi prévoit qu'il augmente quoi qu'il arrive à hauteur de l'inflation, soit 1,5%. Le bénéfice pour les salariés à plein temps n'est donc que de 0,5%, soit 7 euros bruts par mois. Un eldorado qui fait pâle figure, comme le regrettent les syndicats.

 

Pour ce qui est de l'éducation, la prime d'allocation de rentrée sclaire et la création de postes (enfin surtout la non-suppression dans le secondaire puisque seuls 280 postes d'enseignants ne seront en réalité nouvellement ouverts au collège et au lycée sur l'ensemble du territoire), en revanche l'addition est plus salée. Aussi explique-t-on que les autres ministères devront se serrer la ceinture. Ces mêmes porte-feuilles qui sont tenus par des ministres qui souhaitent être le moins impactés possible, comme l'expliquait, pour le logement, Cécile Duflot au Grand Jury RTL dimanche soir.

 

Bref, ce sera à celui qui tirera le plus fort sur la nappe au risque de tout faire tomber.

 

Puis jouer les surpris

 

Mais l'arme suprême de la communication gouvernementale reste la tactique de la patate chaude. Et comme je l'avais pressenti alors même que j'invitais les citoyens à choisir Hollande, ou plus exactement à refuser à Nicolas Sarkozy, un deuxième quinquennat après la gabegie de son premier et après qu'il a fait les poches du FN, la gauche joue les offusqués en prétendant découvrir la réelle situation de la France. Comme un seul homme, De Belkacem à Cahuzac, on explique que l'ardoise était dissimulée :

 


Cahuzac et Précresse s'écharpent sur le bouclier...par LeNouvelObservateur

Qui peut un seul instant croire en ce fallacieux argument ? Tous les candidats à la présidence savaient parfaitement que la France était endettée et que son budget ne laissait aucune marge de manœuvre.

 

C'est en ce sens que François Bayrou avait décidé d'avoir un discours de vérité en expliquant, jour après jour, qu'aux belles promesses électoralistes succéderont immanquablement des lendemains qui déchantent. N'avait-il pas prévenu que les projections de croissance sur lesquelles se fondait le programme socialiste étaient beaucoup trop optimistes par rapport à celles effectuées par les instituts les plus fiables sur la question ?

 

Et enfin copier Bayrou

 

Rien n'y fit. On préféra, goguenard, le grimer en Cassandre ou en Super austère, afin de flatter le chaland. La dissimulation fut payante, puisque le Béarnais fut battu quand les enchanteurs eurent le vent en poupe (et que l'UMP ne claironne pas sur le refrain du "on vous avait prévenu" quand son propre programme n'était pas plus équilibré). Mais avec quelle conséquence pour la France ?

 

La réalité, et tout le monde s'accorde à le reconnaître, c'est que dissimulée, empaquetée ou bien maquillée, l'austérité s'imposera et s'impose déjà d'elle même dès à présent. Et le PS ne pourra pas éternellement se cacher derrière le piteux bilan de son prédécesseur pour justifier les mesures qu'il devra prendre. Et ce pour une raison très simple : son programme prétendait en tenir compte et détenir la solution.

 

François Hollande n'a finalement pas d'autres choix que d'adopter peu ou prou les précautions choisies par François Bayrou lors de la campagne présidentielle tout en se déculpabilisant en pointant du doigt Nicolas Sarkozy. Le tour est grossier. D'autant qu'il n'y a que deux mois seulement qu'il est élu. Il est déjà le temps de trouver autre chose...

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 19:45

Monsieur Jack Lang ! On reconnait bien là l’acteur que vous fûtes. Celui qui devait enflammer les planches dans sa prime jeunesse. Celui qui finalement aurait dû rester à flatter les muses plutôt qu’à hanter les hémicycles.

 

La semaine dernière, votre saillie à l’encontre de Monsieur Montebourg nous a tous bien faire rire :

 

Jack Lang veut donner "une paire de gifles" à... par BFMTV

Ne revenons pas sur le fond de l’affaire, car si affaire il y a, la Justice lèvera le voile sur toutes les secrets d’alcôves qui semblent avoir gangréné les fédérations du PS, du sud jusqu’au Nord, et qui font passer la fraude supposée de Martine Aubry lors du Congrès de Reims pour une polissonnerie de petite joueuse.

 

Mais attardons-nous plutôt davantage à vos airs effarouchés, outranciers, offusqués et qui semblent dire : comment moi, Jack Lang, l’incarnation même de la vertu, dus-je essuyer pareille accusation abracadabrantesque ?

 

Oui, comment cela a-t-il pu vous arriver, à VOUS ? Étonnant en effet de la part d’un homme, qui à en croire PPDA, avait beaucoup de conscience professionnelle. On en eut la preuve par une délicieuse anecdote, samedi soir, dans "On n’est pas couché", alors que le plateau riait de vos recherches de circonscriptions (nous y reviendrons) et que PPDA voulut prendre votre défense.

 

Celui qui allait devenir le présentateur préféré des Français arriva à l’époque, jeune homme qu’il était, devant son juge impartial à la fac de Reims (ce qui fit dire malicieusement à Audrey Pulvar à votre encontre "il a vraiment 125 ans alors"…) en n’ayant assisté à aucun de ses cours de droit international maritime.

 

Honnêtement, il vous le confessa et, magnanime, vous lui répondîtes que ce n’était pas bien grave, lui demandant quelles étaient ses passions et parlant un peu du marxisme pour lui mettre un 16/20 bien payé. Le symbole de la politique que vous dictâtes, comme le souligna judicieusement Natacha Polony. L'obtention du baccalauréat ressemble aujourd'hui à s'y méprendre au jugement final de feue "L'Ecole des fans" de Jacques Martin.

 

Car qui a oublié que vous prîtes les rênes du ministère de l’Education nationale ? Vous qui fûtes le ministre qui occupa le plus longuement la rue de Grenelle et qui n’eûtes de cesse de saupoudrer de postes la profession, histoire de faire oublier la longue et lente déliquescence de la transmission du savoir dans l’école Républicaine, un peu comme un parent couvre ses petits de cadeaux pour compenser le manque d’affection qu’il leur doit.

 

Et vous venez ensuite faire des leçons de morale à tout à chacun sur la manière dont il faut tenir notre Ecole ! Amnésie collective, on vous pardonne, semble-t-il…

 

On vous pardonne car on ne retient de vous que vos performances en qualité de ministre de la Culture, avec en cerise sur le gâteau la Fête de la Musique. Au point de vous pardonner aussi de vous substituer à tous vos successeurs dans les grandes cérémonies.

 

On vous pardonne aussi vos danses endiablées auprès de Gbagbo, à l’heure où la Côte d’Ivoire était pourtant tenue par une main de fer… Pas très "gauche" tout de même ce déhanché ?

Laurent Gbagbo et Jack lang Abidjan by night par Estuaire1

On vous pardonne aussi d’avoir dépensé monts et merveilles pour "personnaliser" à votre génie les lieux de pouvoirs que occupâtes, depuis une modique toile d'Alechinsky à seulement 80.000 euros, jusqu’aux meubles conçus sur mesure pour remplacer les archaïques Louis XV…

 

Oui tout cela, visiblement la démocratie vous le pardonne, puisque vous êtes encore député de la sixième circonscription du Pas-de-Calais. Vous qui commençâtes votre carrière à Paris, avant d’aller à Blois puis de rejoindre Boulogne.

 

Aujourd’hui, votre circonscription est l’une des sacrifiées de la future réforme territoriale, et vous êtes à la recherche d’un nouveau siège. A 72 ans ! Après plus de 30 années aux plus hauts postes de la République. Après tant d’errance et de parachutage en parachutage, au mépris de la démocratie locale. Vous qui représentez tant cette gauche caviar qui a tant contribué à la montée du poujadisme et du FN ! Et vous en réclamez encore et davantage ! En vous imposant peut-être en Somme même quand on ne veut pas de vous.

 

Pour vous, Monsieur, le siège de député n’est pas une mission que l’on vous confie au service des Français, c’est votre métier, votre profession que vous occupez à vie, votre dû !

 

Julien Bayou, élu Verts, a pris le pari d’en rire en publiant une petite annonce hilarante dans Libération ce mardi :

 

"URGENT! JH, 72 ans, tjs fringant, noctambule festif tous les 21 juin, recherche activement circonscription accueillante et tolérante. Dispose parachute si besoin. Contact: djack.lang@sfio.fr"

 

Oui il vaut mieux en rire et pourtant pendant ce temps, vous voudriez gifler Arnaud Montebourg lui qui écrivit, faut-il le rappeler, ses accusations dans une lettre personnelle et confidentielle ?

 

Mais Monsieur Lang, c’est la démocratie qui devrait vous gifler. Où que vous atterrissiez, que les citoyens n’aient d’autres préoccupation que de vous battre, de vous laminer, de vous amener à une retraite, qui n’en doutons pas sera dorée.

 

Il est temps de passer la main, de changer cette manière obscène de faire de la politique. Et le plus téméraire, Monsieur Lang serait de ne pas tendre la joue, et de partir de vous-même. Sans rien dire. En toute discrétion. Révérence.

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 18:15

Sacré Jospin : jamais là où on l’attend ! Voilà neuf ans qu’il s’est retiré de la vie politique et le voilà commentant la primaire socialiste de 2011… Comme le temps passe vite.

 

François Hollande, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin et Martine Aubry, à l'université d'été du PS, La Rochelle, le 25 août 2011 (MOUSSE/SIPA)

Hollande, Jospin et Aubry, à l'université d'été du PS, La Rochelle, 25 août 2011 (MOUSSE/SIPA)

 

Et le Jospin qui fut terrassé par Jean-Marie Le Pen alors qu’il était le favori des sondages, lui qui plongea la gauche dans cinq, voire dix ans de disette nationale, de déclarer qu’il était disponible pour François Hollande

 

Vint le temps des Guignols. Sacrifice pour notre héros tragique puisqu’ils rappelèrent des heures si sombres… Au point d’inviter la marionnette de Marine Le Pen, réminiscence de la figure paternelle. Et l’impertinente de remercier l’œuvre de Jospin au point d’avoir au FN un courant "Lionel Jospin". Cruel.

 

Et devinez ce que commenta le bougre ?

 


Jospin ou le supplice de Tantale par snoopyves1

 

Ah oui, comme si Chevènement était le seul responsable de la déroute de 2002 ! Comme si Jospin n’avait pas dit que son projet ne serait pas socialiste, lors de son premier meeting… à Lille. Comme s’il n’avait pas attaqué en-dessous de la ceinture alors qu’il y avait tant à dire sur le fond de la gabegie chiraquienne.

 

Sans remise en question. Comme une condamnation éternelle sans rédemption possible.

 

Jospin ou le supplice de Tantale. Ses enfers à lui : le spectre du 21 avril 2002. 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 18:16

Dimanche soir, alors que le résultat n’était toujours pas officiel, Martine Aubry ne s’est pas raté. Avalant son chapeau et ravalant sa fierté, elle a accepté la victoire de François Hollande sans aucune amertume, sans référence à la campagne, sans avoir un mot de déception. Une attitude noble pour celle qui reprenait ses oripeaux de première secrétaire du PS et qui fit dire à Benoit Hamon, alors sur le plateau de France 2 : "ça a de la gueule".

 

Martine Aubry au siège du parti socialiste le 16 octobre 2011 (J. DEMARTHON/AFP)

 Martine Aubry au siège du parti socialiste le 16 octobre 2011 (J. DEMARTHON/AFP)

 

Oui, cela avait même de la classe surtout après une sombre semaine durant laquelle la maire de Lille s’était quelque peu laissée aller à des attaques franchement limites, car susceptible de recharger la giberne de ses adversaires du premier tour de la présidentielle, UMP en tête.

Oubliée la gauche molle. Oublié l’homme du système. Oublié celui qui manquait de constance. François Hollande est devenu dimanche soir le candidat du PS. Et le PS, ensemble derrière lui.

 

Tous ensemble ? Pas si sûr…

 

Vendredi soir, conseil municipal de Lille. Personne ne songe à la ville et ses affaires courantes. La séance se termine comme à son habitude par un petit pot de l’amitié, autour de quelques sandwichs au fromage de Hollande, me révèle avec malice un témoin de la scène. Avec quelques révélations de la bouche des militants socialistes qui laissent songeur sur l’esprit qui risque d’animer les troupes aubrystes : Montebourg ? "incohérent et opportuniste".

 

Après quelques verres, on évoque alors le favori de sondages. Et la crainte qu’ils se confirment. Et de promettre : "on votera pour lui à la présidentielle, mais on ne fera pas sa campagne". Mais la perle est à venir. Vacharde. L’un des présents, sans doute échaudé par la bière du Nord, conclut en référence à la gauche "molle" : "s'il gagne dimanche, on devrait tous lui envoyer une boite de Viagra."

 

On le voit, si Martine Aubry a tenté de réagir avec classe, il n’est pas sûr que ses fervents supporters ne suivent la même voie.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 18:17

Offensive voire agressive, au taquet, à l’affût de la moindre faiblesse, Martine Aubry a été incisive et pugnace lors du face à face avec François Hollande et ils sont rares ceux qui osent déclarer le contraire non sans mauvaise foi.

 

Pour autant, Martine Aubry s’est pris les pieds dans le tapis et dans les grandes largeurs sur un sujet qu’elle semblait avoir survolé précédemment : l’école. Cohérente lors du premier débat, elle avait mis en difficulté le favori des sondages lors du troisième en lui faisant la leçon sur les redoublements. Mercredi soir, elle entendait bien faire fructifier son avantage et on la sentit y aller de bon cœur.  

 

Cruel passage en réalité. Excès de confiance ou d’agressivité ? Où Martine voulait-elle en venir au juste ? Elle avait déjà montré que le problème des redoublements étaient autre chose qu’une affaire de coût et c’était déjà une incohérence notable dans l’armure de Hollande. Mais quel cafouillage ici ! Pour la maire de Lille, les 2,5 milliards d’euros que coûtent le redoublement ne sont imputables qu’au salaire des enseignants ! Hérésie évidemment ! Le coût de la scolarité d’un élève ne se résume pas à la masse salariale de l’encadrement. 


Puis elle en vient à élaborer cette démonstration branlante s’il en est selon laquelle moins de redoublement impliquerait moins d’élèves… et donc moins d’enseignants ? Cela revient à dire qu’il vaut mieux faire augmenter artificiellement les effectifs scolaires en continuant sans remise en question le redoublement pour justifier l’emploi de nouveaux enseignants ? Lors du troisième débat, elle avait affirmé que le redoublement "pouvait être bon dans certains cas"… voulait-elle dire que le redoublement est bon pour recruter des enseignants ?

 

Est-ce avec ce genre d’arguments que Martine Aubry compte sauver l’école républicaine ?


Hollande, fort justement, rappelle que l’augmentation du nombre d’enseignants peut se faire à effectif constant, puisque l’intérêt d’une telle mesure c’est de favoriser un encadrement avec des classes moins surchargées. Et même si, je le répète à l’envi, l’affaire de l’école n’est pas qu’une histoire de moyens, force est de constater que le gouvernement Sarkozy a bel et bien dépecé le mammouth pour bientôt atteindre l’os.

 

On le voit sur l’extrait, Martine Aubry, qui se fait reprendre par Hollande qui note l’incohérence de sa répartie, bredouille, cafouille, et se perd. A vouloir dégainer trop fort, l’outsider a vu son arme, l’argumentation, faillir au plus mauvais moment. Son arme s’est enrayée. Et dans ce duel sans merci, il n’est pas bien sûr que la candidate en soit sortie grandie.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 18:18

La tentation est grande, après des sénatoriales triomphantes et une primaire qui ont éclipsé tout le reste de l’échiquier politique, de faire du PS le grand favori des présidentielles. Quoi qu’en dise Copé, qui ose comparer la fréquentation de la braderie de Lille avec celle de la primaire, la consultation citoyenne de dimanche a été un franc succès, surtout qu’outre le mauvais temps et une population que l’on dit fâchée avec la politique, il fallut payer pour voter (même si ce ne fut qu’un euro). 

Ceux qui mégotent et coupent les cheveux en quatre à grands coups d’éléments de langage pour tenter de se convaincre du contraire en sont donc pour leur frais :

 


Copé la mauvaise foi c'est son métier par snoopyves1

 

Pour autant, Martine Aubry et François Hollande ont du souci à se faire. Car la frénésie médiatique qu’a occasionnée cette primaire a agacé, notamment le CSA, par la voix de Christine Kelly, qui s’inquiète de voir un seul parti, en l'occurrence l'opposition, monopoliser autant les antennes. Au point même d’entrevoir des sanctions possibles pour les chaînes fautives. La fenêtre médiatique pourrait donc se restreindre après dimanche prochain.

 

Par ailleurs, on sait que cette semaine risque d’être celle de tous les dangers entre les deux anciens secrétaires du Parti socialiste qui ne s’apprécient guère, ce qui est de notoriété publique.

 

Mais surtout parce que la poussée d’Arnaud Montebourg vient poser une équation insoluble pour les deux candidats : les deux lorgnent sur les voix du député et du président du Conseil général de Saône et Loire (quand vous voulez pour appliquer les beaux principes de non-cumul des mandats…),  mais doivent, pour en tirer profit, aménager leur ligne un peu plus à gauche qu’elle ne l’est normalement… Au risque donc de déplaire à leur électorat naturel qui se situe davantage au centre gauche. Une aubaine à court terme mais un bien mauvais calcul pour mai 2012.

 

Et cela serait d’autant plus hasardeux que rien ne dit que ce soit un potentiel électorat PS qui se soit rué sur le bulletin Montebourg : des citoyens amenés à voter Mélenchon ont sans doute dû vouloir s’inviter à cette élection davantage citoyenne que socialiste.

D’autre part, quand on sait que le Bloc identitaire a appelé à voter pour lui, et que Marine Le Pen après avoir épargné Montebourg de ses anathèmes habituels s’est félicitée de voir le concept de démondialisation avoir tant de succès à la primaire, on peut légitimement se poser des questions sur la nature de ces 17% que même les sondeurs n’osent pas décrypter.

 

A l’inverse, en voulant n’avoir en tête que le premier tour de la présidentielle, et en se privant du virage à gauche imposé par Montebourg, le risque est grand de perdre dès dimanche toute chance de représenter le PS pour la course au poste suprême. Car aucun des deux derniers postulants n’est à même de se dispenser de cette manne que représentait les 17% de Montebourg, dimanche dernier. Que "représentait" car rien ne dit que la participation soit aussi importante dimanche prochain.

François Hollande et Martine Aubry avant le debat de la primaire le 15/09/2011 - CHESNOT/SIPAFrançois Hollande et Martine Aubry avant le débat de la primaire le 15 septembre 2011 (CHESNOT/SIPA).

 

Arnaud Montebourg n’a assurément pas rendu service à Martine Aubry et à François Hollande en arrivant en troisième position avec autant de points. Ce qui était tout de même prévisible puisque déjà en 2006, Fabius en empruntant le même chemin face à DSK et Royal avait déjà atteint presque 19% à la primaire (mais à l’époque, il n’y avait que trois candidats et le scrutin ne concernait que les militants).

 

On comprend mieux pourquoi, au milieu des arguments de mauvaise foi de la majorité présidentielle, François Fillon fit une sortie autrement plus subtile en mettant au défi Aubry et Hollande et leur demandant s'ils auront "le cran" de tenir la ligne sociale-démocrate ou s'ils seront prêts à "céder aux surenchères de l'aile gauche". Astucieux, puisque derrière le "cran" se terre le risque de la défaite face à celui qui ferait main basse sur les 17%... tout en sachant alors qu'il sera bien difficile de revenir en arrière, une fois franchi le Rubicon Montebourg, sans laisser une brèche coupable dans la carapace du futur candidat.

 

Finalement, la seule véritable solution serait de remporter la primaire sans être complaisant vis-à-vis de Montebourg, de son programme et de ses électeurs. En d'autres termes de s'en passer. Encore faudrait-il alors que ni l’un, ni l’autre ne le fasse… Mais à les écouter depuis dimanche, l’un et l’autre, ils ne semblent pas partis pour emprunter la voie de la raison. Et les petites victoires d’un jour auront peut-être semé les graines d’un nouveau désastre en mai 2012…

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:18

La dernière semaine a été l’occasion pour les Lillois de recevoir le fameux kit pour savoir comment voter pour la primaire socialiste. Un A4 en couleurs, explicatif, sans parti pris, puisque les six candidats étaient nommés.  

Le voici :

 

Pages 1 & 2 :

 

Pages 3 & 4 :

 

 

En revanche, beaucoup plus gênant, au milieu du kit de vote, se trouvait un tract. Un seul. Et non des moindres :

 

 

 

 

Alors de deux choses l’une.

 

Soit la brochure était destinée à être pédagogique et provenait directement du PS. Auquel cas, on peut légitimement être choqué de voir s’y glisser un seul et unique tract, surtout quand il s’agit, à Lille, de celui de Martine Aubry.

 

Soit il s’agissait de propagande. Auquel cas, pourquoi l’avoir glissée dans un document généraliste sur la primaire ? Par ailleurs, est-on bien sûr qu’elle ait été comptabilisée dans les frais de campagne, sachant que le plafond est passé de 30.000 à 50.000 euros ces derniers jours, et qu’il paraît peu probable qu’en plus des meetings, cette somme suffise à couvrir le surcoût que représentent des documents assez chers à reproduire (expérience de campagne…) ?

 

D’ailleurs, pourquoi les Lillois n’ont-ils pas reçu de tracts des concurrents de l’ancienne secrétaire du PS si ce n’est pour des questions de financement de campagne et de plafond ?

 

Mais un détail nous permet de lever le voile : à y regarder de plus près, ce tract n’est pas issu d’une imprimerie, mais il est en réalité une photocopie couleur  (le bandeau bleu du haut, et rouge du bas, couleurs délavées, et la qualité du papier "bureau" le démontrent, de même que l’absence de la mention légale  "ne pas jeter sur la voie publique"…). Peu probable que ces photocopies certainement effectuées du côté du beffroi rentrent donc dans les comptes de campagne…

 

C’est amusant comme Aubry a parfois du mal à rimer avec démocratie, non ?

 

Par ailleurs, dans la série "transparence", plusieurs citoyens se sont vus refuser leur vote hier à Lille. La raison ? Ils n’avaient qu’un billet dans leur portefeuille  et les assesseurs ont refusé alors de leur rendre la monnaie prétextant une interdiction (et difficile le dimanche de trouver un commerce pour faire le change). Il faut dire que "le trésor" était scellé dans un impressionnant cube en… carton !

 

Etrange refus, d’autant que le site des primaires n’indiquait nullement cette mention. Faut-il y voir une incitation plus que suggestive à donner davantage que l’euro symbolique ou l’afflux de citoyens a-t-il fini par apeurer tout le monde dans la capitale des Flandres ? Allez savoir…

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 18:19

Monsieur Montebourg,

 

Courte lettre pour de petits propos.

Arnaud Montebourg à Paris - 02/10/2011 - REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Arnaud Montebourg à Paris le 2 octobre 2011 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA).

 

Être légitime à la gauche de la gauche. Tel est votre crédo. Durant toute cette campagne, vous n'avez eu de cesse de faire concurrence à Monsieur Mélenchon quitte à défendre des thèses utopiques comme la démondialisation. On vous avait connu porte-parole de Ségolène Royal qui avait tout de même mis un sacré coup de volant à droite sur sa campagne. Posture ou imposture à l'heure où Martine Aubry et François Hollande caracolent en tête avec des positions assurément plus centrées ?

 

Alors que vous avez pris un malin plaisir à vous démarquer de Manuel Valls durant cette campagne, vous fîtes, hier, une sortie remarquée en affirmant que le maire d'Evry n'avait qu'un pas à faire pour rejoindre l'UMP.


En face, Manuel Valls a expliqué qu'il faudrait travailler avec toutes les forces du pays de Mélenchon et Bayrou.

 

Personnellement, il me semble complexe d'établir un arc républicain jusque Mélenchon. Je respecte l'homme, ses positions sur la laïcité et je suis convaincu de sa sincérité. Mais je suis incompatible avec le tribun et le démagogue qu'il est. Et plus encore, je ne partage pas du tout ses projets économiques qui prennent des vessies pour des lanternes.

 

Mais j'avoue que la déclaration de Manuel Valls me laisse rêveur : le PS, qui déjà peut s’enorgueillir de s'ouvrir en proposant des primaires ouvertes à tous (la Star Academy qui semblait se dessiner a fait place à un vrai débat d'idées, chapeau...), serait-il en passe de faire sa mue ? Le bipartisme archaïque qui pratique le camp contre camp, qui a l'arrogance de faire croire que l'on a toujours raison et que les autres ont toujours tort, et qui trouve son compte dans une alternance qui rétribue chacun des deux camps au gré des saisons, en laissant portion congrue à la pluralité, prétexte justifiant la démocratie, pourrait-il prendre fin ?

 

Cet espoir, vous l'avez traité avec suffisance, outrecuidance et pour ainsi dire incompétence. Seriez-vous donc prêt à assimiler MoDem et UMP, quand François Bayrou s'est inscrit sans contestation possible dans l'opposition, depuis si longtemps ? Vos propos contribuent à la décadence qui discrédite tant la politique.

 

Vous prétendez vouloir combattre Nicolas Sarkozy, mais que faites-vous d'autre que lui, si ce n'est de placer les progressistes les uns contres les autres, quand le locataire de l'Elysée met tous les Français les uns contre les autres ? Votre seule exception concerne le Peuple de Gauche de pure souche.


Et vous prétendez représenter les Français ?

 

Sectarisme. Voilà ce que vous incarnez. Je souhaite funeste issue à votre candidature aux primaires. Votre comportement ne mérite pas davantage.

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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