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Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).

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Entre les murs du pédagogisme, souffre la douleur de l’école

On ne parle que de lui. On l’aime, on l’abhorre. Trop « main stream » pour certains, pas assez réaliste pour d’autres. Trop populaire, trop populiste, quand les opposants à cette pensée le jugeront pertinent, intimiste et touchant. Depuis que le jury du Festival de Cannes, avec à sa tête Sean Penn a pris tout le monde à contre-pied en lui offrant la palme d’or, Entre les murs, l’adaptation cinématographique d’un roman de François Bégaudeau, lui même acteur de son propre rôle dans ce film, est au cœur de toute les discussions. Entrons donc de plain pied dans le débat.
La question cinématographique n’est pas la plus intéressante. Un montage chronologique, une caméra au poing pour réalisme, des plans en cascade pour donner du rythme quand la scène montre des personnages assis en parlant : Entre les murs ne révolutionne pas la technique cinématographique sans pour autant lui faire déshonneur.  Le jeu des acteurs a tellement été évoqué qu’il serait inutile d’en rajouter, ces adolescents jouent ce qu’ils savent faire de mieux : leur quotidien.

Finalement tout l’enjeu du film réside dans les enjeux pédagogiques qui y sont exposés, car ils  posent un ensemble de questions essentielles pour l’avenir de l’Education Nationale, mais aussi dans le point de vue qu’entend prendre le film, plus ambigu qu’il n’y paraît au final.

Pour ceux qui ne connaissent pas le monde de l’Education Nationale et qui se réfèrent à l’image d’Épinal de l’élève assis sagement à son bureau en levant le doigt, la choc a dû être terrible. Les élèves d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Truisme certes, mais que le film a l’occasion de mettre en images, et de montrer ce que d’aucuns nient. Les responsables sont alors tout trouvés : les parents qui font montre carences en matière d’éducation. Le film nous montre en effet des élèves incapables de contrôler ni paroles, ni gestes, de parler correctement, d’accepter l’autorité qu’un professeur a de droit. Le tutoiement devient monnaie courante, les insultes fusent et deviennent un mode de communication. Le résumé de ce chaos est exprimé en quelques mots par cet élève arrivé en cours d’année pour avoir été exclu de son ancien établissement : j’aime pas l’école, le racisme et Matterazi.

Mais le film apporte la preuve irréfutable de l’autre responsable de ce changement dans les comportements : ce n’est pas François en tant que prof qui fait ce que l’on a dit de faire à l’IUFM, ni même l’ECOLE comme les médias se complaisent à redire chaque année qui sont en cause. La gangrène c’est évidemment le pédagogisme qui hante les pratiques, celui qui dit qu’il faut « faire parler les élèves », au lieu de leur donner à apprendre. Les conséquences sont dramatiques : François qui pense bien faire devient un héros tragique, au destin tout tracé. Plus il lutte, plus il descend aux Enfers, guidé par les croyances que lui ont prodiguées les Grands Manitous de « la Nouvelle Pédagogie ». Unité de lieu : la salle de classe, de temps : l’année scolaire, d’action : le cours. Seule la bienséance en prend pour son grade. Pour le reste, l’essence même de la tragédie alimente ce quasi huis-clos.

En libérant la parole, sans règles, sans repères pour dire tout et n’importe quoi comme « cet exercice d’argumentation » durant lequel chacun peut venir s’exprimer et où l’on ne parle que de la Coupe d’Afrique des Nations, évocation qui s’accompagne des étendards du communautarisme, et qui se termine dans un brouhaha inacceptable, insultes et haine raciale comprises : qu’ont appris ces élèves durant cette heure là ? Quelle valeur ajoutée fut celle de ce cours de français ? Qu’a obtenu François si ce n’est réveiller les laves de haine qui ne demande qu’à jaillir de ces volcans d’inculture ? Car il est bien là le problème : en voulant « s’adapter » à leur niveau, le professeur de français pense se rapprocher des élèves et obtenir le meilleur d’eux-mêmes. Pour lui Zadig de Voltaire est trop complexe en 4ème . Mais qui va alors leur apporter la culture si ce n’est lui ? Au nom de quelle loi, de quel dogme, de quelle croyance oserais-je,  pense-t-il que ça ne sera pas compris par les élèves ? Son rôle n’est-il justement pas de les amener à cette rencontre improbable ? De rallier ce qui sur le papier social paraît irréconciliable ? De sortir ces élèves du ghetto culturel dans lequel il s’enferme ?  Si telle n’est pas le rôle d’une ZEP en 2008, alors autant qu’elle n’existe pas. Qu’elle soit inefficace serait gênant, mais qu’elle soit contre-productive et néfaste, est parfaitement anti-républicain. Quand Esméralda  annonce à François que les lectures qu’il a proposées sont « chiantes » mais qu’elle a adoré lire… La République de Platon que sa sœur avait dans sa chambre pour ses cours de Droit, la preuve est faite que l’école, encore plus une ZEP, doit être un lieu de culture. François ne l’a pas compris, et bon nombre de profs avec lui, aveuglés par la Nouvelle Pédagogie et ses prophètes véreux ; et pour s’en convaincre, il suffit de voir le visage complètement ahuri à la révélation d’Esméralda, visage de celui qui, au fond, n’a toujours pas compris quel était son rôle dans une ZEP.

Contrairement à ce qu’il pense, et ce qu’il exprime, il n’est nullement question d’être « copain » avec les élèves. Il est question de leur donne ce pourquoi l’on est à l’école : le Savoir, la connaissance. Pour qu’enfin puissent se construire la réflexion et la pensée. Comment penser correctement quand on n’a pas la culture, le vocabulaire, l’éducation pour savoir quand comment et pourquoi s’exprimer ? C’est l’expression la plus flagrante de l’échec de nos Pédagogoles qui sévissent dans le système depuis trois décennies. Leur crédo : faire parler au maximum ; le professeur devient le « trieur » payé pour relever la moindre pépite pour la mettre en valeur comme ses photos de portables épinglées au mur pour valoriser Souleymane. Et pourtant, le même Souleymane sera exclu par le Conseil de discipline quelques semaines plus tard…

Le rapport qu’essaie d’entretenir François relève parfois de la prostitution pédagogique, ce que son collègue d’histoire signifie quand il dit que cela revient à «acheter la paix sociale ». Le rôle de l’Ecole, l’originel, celui qui est de donner les connaissances que les élèves auront à apprendre, n’est plus tenu : on leur demande d’exhiber leur vie sous le prétexte d’un autoportrait qui se résume à de stérile j’aime/j’aime pas, sans qu’il n’y ait eu à la fin de séquence le moindre enrichissement de vocabulaire (j’occulterai volontairement le passage sur les mots que les élèves ne comprennent pas dans un texte, tant il y aurait à dire).
Dans un tel contexte, comment voulez-vous que règne la notion de respect ? Les élèves viennent pour apprendre. En vain. Ils attendent des règles. L’on est permissif à souhait. Le prof devient un égal à égal (vive la citoyenneté dans un espace où les Institutions ne sont pas respectées), les relations deviennent transversales et au final, tous les coups sont permis. L’école devient un « lieu  de vie » où l’affectif et les sensibilités deviennent la substantifique moelle d’un pseudo-apprentissage. Evoquer la sexualité d’un prof ne gène pas grand monde, et pire le professeur choisit d’y répondre.

J’irais même plus loin : quand François avoue avec franchise ne pas toujours respecter les règles de sanctions décidées par l’ensemble des professeurs parce qu’après tout, les élèves sont tous différents, il montre quelle part de responsabilité il a dans la montée en puissance des événements. Car si tous les élèves sont différents, et que l’on peut par exemple encourager un élève qui a 07/20 mais qui fait de gros efforts, on ne peut déroger aux règles que l’on a édictées au préalables. Il faut être rigoureux (et non strict comme certains tentent de caricaturer cette saine position) pour inspirer le respect. Après chacun assume, paye pour ce qu’il a fait et repart sur des bases saines. En baissant aléatoirement les règles à respecter, l’on distribue à tour de bras le bâton pour se faire battre. Les failles d'une règle, d'une loi, d'un règlement sont les ennemies intimes du respect. Si les préceptes sont justes et justifiés, à quoi bon devoir les "adapter", au risque de scier la branche sur laquelle on est assis. Et le pire dans tout cela, c’est qu’il est impossible d’accabler François, touchant de sincérité, qui ne pense qu’à (très) bien faire…

 

L’exposé est en somme réaliste et si le l’objectif du réalisateur Laurent Cantet était de montrer les errances du système, le coup fut du maître. Mais quel était son dessein au juste ? Ou plus exactement quel était le dessein de François, non en tant qu’acteur, que prof ou que citoyen, mais en tant qu’écrivain ? Car à aucun moment l’on sent une remise en question d’une pratique qui lui échappe. Campé sur ses convictions qu’il croit humanistes et égalitaires, quand elles deviennent en pratique égalitaristes et malhonnêtes pour celui qui croit pouvoir apprendre à l’école de la République, entend-il envoyer un message ? SI oui, lequel ? Certains avancent que derrière la caméra intimiste, avec ses gros plans, ses moments de tendresse, l’on fait un plaidoyer pour cette école de l’échec. Ce serait faire fi du professeur d’histoire, qui renvoie systématiquement François à ses limites et à ses contradictions par rapport au rôle de l’Ecole. Et finalement, rarement François ne peut contredire, celui qui incarne un tant soit peu le bon sens. Il n’y a donc pas de prise de parti, à l’image des yeux éberlués des collègues qui assistent inertes au « pétage de plomb » de leur collègue de techno, qui n’en peut plus et qui dénonce l’arrogance de ces « incultes », qui parlent aux professeurs avec condescendance, alors qu’ils n’ont aucun vocabulaire… Les autres le regardent franchir la limite invisible qui règne dans la salle de prof : celle de la verbalisation d’une évidence, celle qui ouvre les yeux de ceux qui sont atteint de la cécité pédagogique… En s’exprimant ainsi, il devient le serpent de Genèse qui propose de manger le Fruit du Savoir et de la connaissance, le démon qui leur ferait prendre conscience de leur dénuement… Et cela ne se fait pas. Car sans l’illusion d’être utiles à ces élèves (ce qui compte tenu de la Nouvelle pédagogie n’est que chimère), le quotidien serait insoutenable. Absentéisme, abattement, dépression démission… Alors ne voulant être ce serpent-là, le professeur, s’excuse, sourit, et repart dans les méandres obscurs qui lui obstrueront la vue, mais lui rendront un peu la foi… pour quelques temps encore.

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C
<br /> L’art d’enseigner est-il une science ?<br /> Le « bon » enseignement n’est-il pas comme la quadrature du cercle, une aporie ?<br /> Personne, et surtout pas les spécialistes, qui ont l'art céphalopode d'enrober d'encre les problèmes, n'a su trouver de solution à ce sujet, probablement parce que l'enseignement n'est pas une<br /> science, et que les sources de la crise se trouvent ailleurs.<br /> Les enquêtes minutieuses qui ont été menées jusqu'à maintenant, sociologiques, psychologiques, pédagogiques etc., pour autant qu'elles soient parfois déformées pour des raisons idéologiques<br /> évidentes (optiques marxisantes, bourdiévistes, meiriévistes, égalitaristes, ultra-libérales, internationalistes etc.), s'appliquent à donner des chiffres, à cerner la question de façon soit<br /> quantitative, soit techniciste, comme si l'Ecole était un secteur autonome, qu'on chercherait d'ailleurs à étanchéifier en érigeant des barrières, en le sécurisant par des sas, en le théorisant par<br /> des concepts, fussent-ils pédagogiques.<br /> Au fond, Bourdieu et Meirieu n'ont pas tort en portant l'accent sur la politique et la lutte sociale. Ce qu’on peut leur reprocher, c'est de prendre le parti de la destruction de l'Ecole, en<br /> voulant la diluer dans la société, laquelle devrait être justifiée par une idéologie niveleuse. Ils rejoignent ainsi le projet mondialiste de réduction de l'enseignement à de simples compétences<br /> fondamentales, adaptées au monde de l'entreprise, et fondées sur le concept d'employabilité. De ce fait, l'une et l'autre options étant cohérentes avec elles-mêmes, leur rencontre objective dans la<br /> programmatique des divers ministères qui se sont succédés ne serait que coïncidence si elles ne se rejoignaient sur un postulat, qui est celui de l'utilitarisme. Une bonne éducation ne saurait être<br /> qu'efficace. Il faut que ça marche, entendons dire dans ce langage simplifié des hommes politiques de maintenant.<br /> Or un enseignement ne doit pas "marcher". Ni courir d'ailleurs, et encore moins demeurer statique. Autrement dit, l’Ecole n’est pas dépendante du « mouvement ». D'ailleurs, à partir de quels<br /> critères devrait-on évaluer le succès d'une telle machine, qui brasse des millions de jeunes gens, de la maternelle à l'université, et qui en présente une palette extrêmement disparate, non<br /> seulement en terme de niveaux, mais aussi en qualités humaines, en richesses et devenirs différents ? Qui peut d'ailleurs soutenir que le "succès" dans une discipline ou à une étape déterminée du<br /> cursus promet une réussite finale à la fin, ou même dans la décennie qui suit les études ?<br /> Certes, on ne niera pas la valeur, ni éventuellement l'utilité relative de certaines recherches cognitives. Cependant, outre qu'il faudrait considérer, dans la pratique, si les conclusions de tels<br /> travaux sont fiables dans des classes surchargées, il est nécessaire de préciser ce que sont les objectifs réels de l'enseignement selon les niveaux (car on ne demandera pas à un collégien de<br /> retenir ce que la mémoire d'un lycéen gardera).<br /> Toutes ces bonnes idées ont la fâcheuse tendance à omettre un facteur qui est déterminant : la conduite, le comportement, l'attitude des jeunes. Nous ne sommes pas dans une relation motivée de<br /> maître à disciple, ni dans la situation du préceptorat, ni dans un contexte civilisationnel de contrainte quasi militaire, comme au Japon. Les élèves, fruits de la permissivité d'une société<br /> laxiste et matérialiste, sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire bien souvent des sauvageons, des êtres mal élevés, produits d'une mauvaise éducation, ou d'une absence d'éducation. Il est malhonnête<br /> d'avancer que les élèves ne seraient pas concentrés à cause des déficiences méthodologiques de l'enseignement prodigué. Le moins que l'on soit en droit de demander, c'est d'avoir face aux<br /> enseignants de jeunes gens sinon bienveillants, du moins non pourvus d'hostilité. Or, notre société ne valorise plus le savoir, mais la réussite matérielle, le carriérisme. Nul projet spirituel,<br /> humaniste ou même la simple curiosité intellectuelle, n'en constitue le fondement. Les professeurs sont obligés de se battre à mains nus contre des forces délétères, répugnantes (ignorance flattée,<br /> argent loué, force brute admirée) qui les dépassent, et dont les jeunes sont les réceptacles d'autant plus avides que leurs mauvais instincts sont flattés (y compris ce principe égocentrique du<br /> plaisir, de nature libérale, qui rive à la puérilité). Nulle part dans les programmes et recherches pédagogiques on ne voit les concepts d'effort, de travail, d'honneur (ce dernier, qui existait<br /> dans l'école ancienne, n'étant pas le moindre), ce que Platon nomme le « thumos », et qui est cette partie virile, combattive, que chacun porte en soi. Or, le bon comportement, à un certain âge, ne<br /> s'acquiert que par l’éducation, l'habitude, la contrainte, la répétition. Il en va de même pour certains apprentissages fondamentaux, liés à l'enseignement de la logique, à la connaissance et<br /> pratique de la langue etc.<br /> Il est évident qu'il est utopique et d'ailleurs stupide de vouloir que l'élève retienne tout des cours. Qui se souvient exactement du contenu de ceux de collège, et même du lycée ? L’enseignant<br /> sème ce qui donnera lieu à la moisson. Toutefois, à mesure qu'on avance dans le cursus, on est amené à retenir davantage. Il est bon d’acquérir à l’école primaire, mais aussi au collège, des<br /> réflexes de base, ce qui servira toujours et évitera de la perte de temps et d’énergie. Pour le reste, celui qui a connu certaines joies, malgré des professeurs déficients, celle par exemple de<br /> rencontrer Montaigne, Rabelais, La Fontaine, Balzac etc., a de la chance, et peut espérer quelque bonheur dans sa vie.<br /> On sous-estime en effet le facteur émotionnel. L'un des objectifs majeurs de l'enseignement des Lettres, pour prendre un exemple disciplinaire, est la culture de la sensibilité, de la dimension<br /> humaine, et le sens d'une hiérarchie des valeurs, tant dans l'ordre éthique que dans celui de l'esthétique (il existe des productions artistiques, par leur richesse, qui en dépassent d'autres).<br /> Pour le reste, méthode holistique ou méthode analytique, approche linéaire, auditive, visuelle etc., tout cela n’est que secondaire. Du reste, pourquoi ne pas varier, et tenter de donner assez de<br /> devoirs, de textes, d'exercices, pour toucher toutes les personnalités ? Inutile de perdre du temps inutilement à couper les cheveux en quatre. Un cours est un équilibre entre la transmission<br /> magistrale et la dialectique constructive. On avise et on règle le tir en fonction de la réaction des élèves. Mais il ne faut pas croire que, parce qu'on connaît un succès ponctuel, tout soit<br /> gagné. Oui, l'élève oublie. Quelle importance ? On revient sur le même métier : la pédagogie est répétition.<br /> Entendons-nous : on parle de gastronomie quand, par la force des choses, on n'a souvent affaire qu'à de la cuisine de cantine. Le travail ne peut être qu'empirique. Et d'ailleurs, comment<br /> pourrait-il en être autrement ? L'enseignement est un art, non une science. Il est aussi une rencontre entre des personnes. La première tâche du maître est de parvenir à transmettre sa passion. Il<br /> n’est pas rare de croiser des pédagogues experts, savants, érudits, « qui ont travaillé sur la question pendant quarante ans », comme on entend fréquemment, et qui sont ennuyeux comme la mort.<br /> Aiment-ils seulement ce qu’ils enseignent, en dehors de leur technique, et parfois leur jargon ? A se réfugier dans la technique, on manque l'essentiel : l'échange, surtout un échange qui ait du<br /> sens.<br /> Le but de l'enseignement n'est pas l'acquisition d'une logique, ou de méthodes, même si l’on ne peut nier l'importance de ces capacités. Il s'agit de faire des hommes. La contrainte, qui exige une<br /> adaptation et un effort de la part des individus plongés dans un univers qui possède ses lois, la sensibilité et l'imagination (malaisément évaluables), la finesse (contre l'esprit de géométrie :<br /> voir Pascal !) sont des objectifs bien plus importants que l'obtention de compétences destinées à une bonne productivité en entreprise.<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Je vous sens très prolixe sur le sujet. J'ai pris la peine de vous lire et je dois vous avouer qu'il n'y a rien dans tout cela que je ne puisse rejeter. Je suis d'accord sur toute la ligne et<br /> notamment sur le caractère falacieux de la critique systématique de la pédagogie et des méthodes d'enseignement pour expliquer les déficiences des élèves. Tout revient à dire que depuis des<br /> années c'est l'enseignant qui doit s'adapter, que sa  pédagogie est ce qui va décider de tout quand tout dépend avant tout de l'élève... de son éducation, de sa capacité à<br /> accpeter l'effort, et de son éducabilité.<br /> <br /> <br /> Quant à la transmission de la passion, du goût de la matière et de l'effort, l'appétance pour la curiosité, ma foi c'est la définition même de la mission de l'enseignant. Las, ce n'est guère à<br /> l'IUFM et dans tout autre endroit de formation réformée, depuis septembre, qu'on vous le rappelle...<br /> <br /> <br /> <br />