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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 19:27

La semaine dernière, suite à son séjour touristique en banlieue parisienne, Nicolas Sarkozy s’est fait insulter par un autochtone. Grave blasphème : il sera condamné à des heures d’intérêt général trois jours plus tard…

Rapide justice. Et Justice surtout !

Car quid des professeurs qui sur le terrain se font insulter chaque jour, et qui, pour ceux qui osent faire la démarche de porter plainte, voient leur affaire classer sans suite, quasiment systématiquement ? Les représentants de l’Etat ne sont apparemment pas tous traités de la même manière.

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 20:32

Enfin ! L’équipe de France a définitivement mis fin à sa longue agonie hier soir. Laissons aux spécialistes, consultants et autres experts s’exaspérer de la performance sportive. La débâcle est telle qu’il y aura finalement que peu de choses à ajouter. En revanche, le retentissement pris par les déboires des Bleus a de quoi laisser dubitatif.

foot-copie-1Que la Coupe du Monde de football polarise les esprits n’a rien de surprenant. 1998 fit passer ce sport à la sulfureuse réputation de « beauf » pour un incontournable spectacle digne de l’intérêt national. Impossible d’ignorer la discipline. Tout le monde DOIT aimer le foot. En quelques années, il est devenu un enjeu économique, social et politique. « Le Sport est LA réponse à la Crise » martelait Nicolas Sarkozy lors de la désignation du pays hôte des Championnats d’Europe pour 2016. Ainsi le Président a-t-il misé sur une hypothétique victoire afin de pousser à la consommation à grands coups de bières, de pizzas et d’écrans plasma. Histoire de regonfler le moral des ménages et par là-même doper sa côte de popularité.

Las. A force de croire que les Footballeurs avaient la réponse à la récession, qu’ils allaient réussir là où le Gouvernement échouait depuis des mois, la France s’est abîmé. Ce fut même, après les Régionales, un nouveau fiasco pour le Gouvernement. Un de ces camouflets qui laisse une trace rouge indélébile sur la joue. Les joueurs ont finalement dû subir une pression digne de celle d’un Homme d’Etat. Comme Boutin, Blanc ou Estrosi, ils ont dû subir les affres de leur train de vie plus ou moins scandaleux, Rama Yade se transformant en canard enchaîné de l’Equipe de France. Jusqu’au climax du surréalisme : l’allocution de Nicolas Sarkozy sur les propos d’Anelka… à St Petersbourg aux côtés de Medvedev. Et pourquoi pas De Gaulle commentant à l’Elysée les Interclubs de badminton de 1964 !

Les Bleus, mutés en Hommes d’Etat, à la manière de Frédéric Lefebvre, ont défilé aux micros, reclus dans leur hôtel et leur rhétorique sèche, à la méthode Coué, sans saveur, ni odeur, tentant de convaincre la Foule en proie à la Nostalgie de la Gloire passée. Des sportifs revêtus des oripeaux des politiques : un sport national depuis quelques mois. On a vu le résultat : le costume était trop large pour eux. Mais ils en garderont les poches bien remplies. Don’t worry !

Et pendant ce temps-là, à l’Elysée, se mijote en catimini le projet de loi sur la réforme des retraites, slalomant entre les affaires d’appartements, de cigares ou d’évasion fiscale. Nos indignes représentants, balles aux pieds, qui ont durant ce week-end faire pire pour la France que trois années de Sarkozysme (c’est dire !), seront, eux, à la retraite à 35 ans. Avec en moyenne pour l’Equipe de France 20 ans de salaire en un seul mois, en période d’activité (mais peut-on parler d’activité quand on marche sur le terrain ?). Rassurez-vous, leurs beaux jours sont garantis. Crise ou pas.

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 19:14

En mars dernier, alors que l’ancien Premier Ministre lançait son futur appel du 19 juin, j’avais tenté d’y voir plus clair, de la part d’un homme qui en condamnant le Gouvernement et en faisant fi des clivages droite/gauche marchait sur les plates-bandes du MoDem… Voici mon point de vue.

« Je suis mal à l’aise avec la politique du Gouvernement ». Revenir sur le paquet fiscal. Balayer les clivages politiques. Etre plus équitable socialement. Serait-ce martine Aubry ou bien François Bayrou qui se fait alors entendre ? Ni l’une ni l’autre. Et pour cause : ces prédications sont de Dominique de Villepin, qui sous la forme de teasing, est venu annoncer la création de son parti pour le 19 juin.

Le réquisitoire de l’ancien Premier Ministre est d’une écriture fine et acérée, une conviction et une rhétorique de qualité. L’Homme de Lettres qu’il est, féru de la poésie enivrante de Saint John Perse a ébloui  les oreilles et ravi les papilles de ceux qui veulent un changement de cap à Matignon via l’Elysée.

Par moments, en fermant les yeux, l’on avait même l’impression qu’il pouvait, encore plus que la Gauche, en proie à ses problèmes d’ego, et que François Bayrou en pleine resttructuration, incarner l’Opposition à Nicolas Sarkozy.

113531-aaa-villepin-begag-une 29012Mais une anicroche vint gâcher la fête : une question de journalistes, eux qui avaient perdu l’habitude de poser les bonnes. Quand on demanda à l’orateur hors pair ce qu’il avait voté pour les Régionales, il répondit : « Je suis resté fidèle à ma famille politique ». Double faute. Non seulement il a voté pour le camp qui a subi une de ses plus lourdes défaites électorales depuis des décennies mais surtout il est en contradiction totale avec ce qu’il entend proposer : le refus des clivages. « Ma famille »… l’aveu est de taille. Faites ce que je dis et non pas ce que je fais. L’entreprise de Villepin ressemble donc à une impasse qui n’est as là pour réunir les Français quelle que soit leur étiquette politique, mais pour réunir les militants égarés de la Droite, qui n’ont plus que la défiance à l’égard du président en place.

Dès lors, comment imaginer que Dominique de Villepin puisse faire perdre sa famille au point de se présenter en 2012 contre Nicolas Sarkozy lui-même ? Comme dans les films de Claude Chabrol, les couteaux sont aiguisés, prêts à fonctionner, mais à table, le sourire est de guise. Plus le vernis est épais et plus la croûte est assurée… Le diner était presque parfait.

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 11:11

Un marronnier. Le débat est sans cesse remis au goût du jour. Sans originalité. Sans saveur. Ni odeur… si ce n’est celle nauséabonde de la mauvaise foi.

Trois associations de Parents d’élèves, la FCPE, classée à gauche, la PEEP, plutôt à droite, et l’APPEL (enseignement privé) sont donc montées au créneau cette semaine, en réclamant l’abolition des notes, coupables selon elles d’un surcroît de pression sur les épaules de leurs ouailles. Les pédopsychiatres et autre pédagogoles en herbe, toujours en mal d’amour médiatique leur ont emboîté le pas pour nous faire ingurgiter leur logorrhée moralisante et misérabiliste sur la fragilité des élèves. La polémique ne date pas d’hier : la notation à la française sur vingt a toujours suscité un débat paradoxal. Car les rares expériences qui amènent certains établissements voire certaines classes à évaluer par compétences acquises et non par notes ont tendance à déboussoler les parents qui réclament… le retour des notes ! Tentons de rationaliser.

lesprofsQui est véritablement touché par « le stress » de la note en 2010 ? Pour faire de l’humour, en ces jours de Roland Garros, rappelons ce qu’aimait répéter Yannick Noah quand on le questionnait sur la pression, histoire de l’évacuer : « la pression, c’est ce que l’on met dans les pneus ». C’est un peu le cas pour l’école. Plus personne, en primaire ou au collège ne ressent la pression des notes. C’est davantage la pression des parents qui peut éventuellement agir. Et encore. Seuls les élèves en excellence scolaire craignent l’échec. Or leur crainte ne se vérifie quasiment jamais, à en juger par leurs notes. Les seuls à qui pourraient profiter une modification du système sont les élèves en très grandes difficultés. Or, ce sont justement ceux qui se retrouvent le plus souvent désensibilisés par la note. Manquant de repères éducatifs parentaux, ils ne redoutent pas grand-chose et surtout pas le sermon qui suit habituellement un mauvais résultat. On a même longtemps prétendu que la valorisation de ces élèves par une bonne note pouvait leur être bénéfique. Et par « on », il faut lire « ceux qui à présent veulent abolir le système de notation ». Allez comprendre.

Paradoxalement également, ce sont ceux qui réclament l’abolition des notes qui ont milité pour instituer la note de Vie scolaire en 2006, une note (eh oui) de comportement et d’assiduité… sur vingt ! Plus grave encore, cette simple note trimestrielle vaut sur le bulletin autant qu’une moyenne de 10 notes de français ou de mathématiques. Soudain, la notation sur vingt n’était plus si archaïque.

Profs.jpgA vrai dire, le débat sur la note est biaisé. Car si des lobbys s’évertuent à détruire le système actuel, c’est pour une raison simple et simpliste : cacher l’échec scolaire de nos élèves. Quel meilleur moyen a-t-on trouvé pour enfouir le problème, en rejetant la faute sur un bouc-émissaire tout trouvé, la note ? De la même manière que l’on conteste la pertinence d’une évaluation, le contenu d’un cours ou même la pédagogie de l’enseignant pour mieux occulter l’absence d’apprentissage, chancre de la modernité scolaire. La notation n’est ni un épouvantail, ni une sanction et encore moins une question de chance : c’est l’évaluation à un temps T d’une compétence ou d’un savoir. Ni plus, ni moins. Et ce n’est certainement pas dans la notation qu’il faut tenter d’expliquer les raisons de l’échec de notre Ecole. D’ailleurs, preuve s’il en était que le combat contre les notes était factice, les trois associations ont également demandé que les interrogations soient évaluées par compétences et surtout… systématiquement prévues et programmées ; De l’art du bachotage sur le retour… A se demander qui est au fond le plus rétrograde.

 

Première Illustration : Les Profs, BD.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:32

plumeStakhanoviste je fus… en jachère je devins. L’actualité, accablante, a beau égrainer ses macabres nouvelles, ses funestes perspectives, ses morbides messages, ma plume s’assèche. Je ne comprends pas. Je ne comprends plus.

Je ne comprends plus cette Europe, qui a tant tardé à voter un plan d’urgence. La fraternité n’est apparemment pas la devise de Bruxelles. Sa seule devise : l’Euro. Et chacun pour soi.

Je ne comprends pas comment Papandréou puisse encore tenir la barre de la Grèce après avoir corrompu à ce point les finances publiques tout en dissimulant l’ampleur de la catastrophe et mentant sur le déficit.

Je ne comprends pas comment les inopportunément dénommés progressistes de l’Europe, Gauche et centre réunis, peuvent à ce point enchaîner les défaites électorales comme des perles, quand les Conservateurs en place excellent dans leur incapacité à résister à la crise. Certains évoqueront les Régionales françaises. La belle affaire. Faute d’opposants, il y a peu de gloire à ramasser les lauriers. Rappelons qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Je ne comprends plus les journalistes et les politiques qui jouent au boomerang de la rigueur. Rhétorique, tic, tic. Vaine glose dont tout le monde se moque éperdument.

Je ne comprends plus la presse française, arrogante, qui n’accepte plus la moindre remise en question au nom de la liberté de la presse. Cela signifie-t-il pour autant qu’elle n’a aucun compte à rendre ? A quand une Institution morale sur les lignes éditoriales ? Aie, ouille ! Je me sens déjà flagellé et accusé de fascisme et de censure. Pourtant la crise… de la presse est grave. Le « off » est devenu sa substantifique moelle. Sa matière principale et  préférée. Coefficient le plus élevé. Anicroches, rumeurs et vie privée s’invitent en manchettes et titres de JT. Hommage revisité à Fabius à propos de sa joute sur Ségolène Royal : ce n’est plus « voici le journal, mais le journal c’est Voici : »

Je ne comprends pas ce Gouvernement qui de déconvenues en débandades tente de garder le Cap à coups de méthode Coué. Leur discours est aussi éloigné de la vérité que le mensonge. Sophistes de pacotille. Moutons de Sarkurge qui souffle à tous vents ce qu’il faut penser. Ce qu’il faut dire. Ce qu’il faut taire. Le cap. Garder le Cap. Ou gagner près du Cap. Pour aguicher les courbes et les marchés. Rien de telle qu’une victoire en Coupe du Monde pour occulter les vraies difficultés. Seul problème : il est une coutume en France de mal gérer les équipes. Las qu’elles soient faites de footeux ou de Ministres, la mayonnaise ne prend pas. La faute à pas de chance. Ce n’est pas bien grave. Tant que l’on réunit plus de 30% de voix au 1er tour, on peut regarder tranquillement l’horizon.

Et que dire de Martine Aubry, que je ne comprends plus non plus. Elle qui envisageait le report de la retraite à 62 ans, s’emmêle dans son argumentation, et prétend qu’on l’a mal comprise. Et la Secrétaire du PS de se corrompre en déclinant le programme du NPA pour résoudre l’équation. Jusqu’à maintenant, la PS n’avait pas d’idées ? Aujourd’hui il pique celle des autres en proclamant haut et fort qu’il a peur qu’on les lui pique. Pique et pique et collé gram. La gauche a beau être un adulte par l’âge, elle n’en demeure pas moins infantile. Pétrie de bêtise. Triste, triste.

 

Alors pourquoi ma plume s’assèche-t-elle  et s’épuise-t-elle, quand notre monde pourrait lui donner des envies de se vider, sans s’épuiser sur le papier ? Pourquoi  s’est-elle imposée une jachère, une chaos quand il faut plus que jamais trouver des solutions aux problèmes insolubles qui nous sont posés ? Sans doute s’est-elle épuisée, abîmée, naufrage programmé. Sans doute qu’à force de crier d’expliquer, et de faire la pédagogie, sans être entendu, écouté et respecté, la force n’est plus. Avec le Mouvement Démocrate, nous n’avons de cesse de dénoncer et de proposer une autre manière de vivre et de gouverner. Mais les journalistes ont décrété que l’on n’était pas lisible. Et les Français ont suivi. Certes, nous avons certainement commis des erreurs. Mais l’ampleur de l’échec est-il proportionnel à la sincérité et à la véracité de nos propositions ? Notre probité est-elle pour autant remise en cause ? C’est lasse que ma plume s’est remise à dissimuler de l’encre sur le papier aujourd’hui. Retrouvera-t-elle autant que mon esprit suffisamment de courage pour repartir au combat ? je veux y croire. Mais seul le temps parlera. Pour moi.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 19:56

Quand le policier a arrête la voiture la semaine dernière, avait-il pris conscience que son acte allait être la genèse d'un gigantesque typhon médiatique ? Entre arrêter une femme au volant parce qu'elle porte un voile intégral pouvant nuire a sa visibilité et déchoir un Francais naturalise par le mariage de sa nouvelle nationalité, il y a un pas qui a été franchi plus que rapidement.

Pour l'histoire du voile intégral, je n'aurais pas assez de mots durs pour rappeler la règle : que cela ne concerne que 30, 2000 ou un million de femmes, le principe reste le même, celui de la République. Or la Burqua n'étant pas un précepte religieux indique dans les textes sacres, il demeure un signe ostentatoire et communautariste dont certaines femmes se revêtent, contraintes ou forcées par la tradition, même si cd n'est pas le cas de toutes. Dans un pays ou l'égalité Homme/Femme est de fait, cette simple suspicion est absolument intolérable. Quant à ceux qui revendiquent la liberté de s'habiller, rappelons deux choses : dans l'espace public, les visages doivent être découverts afin d'être identifies, ce qui doit être le cas au volant d'une voiture (privilège qui est interdit dans les pays pratiquant ka châtia soit dit en passant !) ; d'autre part la burqua n'est pas qu'un simple accessoire lie a la coutume mais bien un tissu visant a contrer la potentielle concupiscence des Hommes, acte avilissant qui vise a cacher l'objet du désir pour mieux se l'accaparer dans une société qui offre aux seuls hommes la polygamie...

Reste l'affaire qui finalement a fait le plus grand bruit : celle de la prétendue polygamie du mari. Le problème est épineux car les trois autres femmes vivent d'allocations "femmes seules", ce qui semble être abusif selon les voisins qui les voient défiler dans la résidence principale. Qu'il y ait une ambigüité dans notre système social et que certains en profitent n'est pas une première, et le fait d'être Musulman n'a rien a voir là-dedans. Il n'empêche qu'un neo-français qui profiterait d'un tel système pour instituer en toute légalité une polygamie en pratique doit pouvoir faire l'objet d'une enquête sérieuse. Faut-il alors modifier la loi ? Ce sont aux spécialistes du Droit d'en décider. Mais ce n'est assurément pas a messieurs Besson ou autre Hortefeux d'en parler devant la presse moins de 24 heures après le PV initial pour faire du petit feu de cette affaire. Il n'y avait nul besoin d'alerter de la sorte toute la population sur la place publique pour évoquer la possibilité de voir l'homme déchu de sa nationalité (le professeur de lettres que je suis ne manquera pas de rappeler que l'infinitif dérive de "déchu" est bien "déchoir" et non "déchuer" comme cela a été entendu ce weekend...). Le résultat de cette amplification est la reprise par les Communautaristes, tel Tarik Ramadan, de l'affaire et la stigmatisation par certains d'une religion au sein de la république, qui n'avait pas besoin de cela. Cela revient a tendre le bâton pour se faire battre et souffler sur les braises ardentes quand ce débat nécessiterait calme, patience et lucidité. A force de vouloir sauter sur tous les sujets sans réfléchir, le Gouvernement parvient à tout faire sauter. Si seulement c'était la première fois...

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:50

On ne parle plus que de ça : Le coup de gueule de Mélenchon face à l’étudiant en journalisme de Science-Po a fait le tour du net, des médias et les commentaires pleuvent averse.

Pour ceux qui auraient hiberné depuis quelques jours l’objet du délit :

 

Depuis pas un spécialiste, expert ou autre journaliste n'est assez prolixe et virulent pour s'offusquer des propos de Mélenchon. La condamnation est unanime et totale. Le lever de bouclier est tel qu’il en devient douteux… et pour cause.

Sur la forme, il est incontestable que le Sénateur est indéfendable. L’insulte ne fait jamais honneur, même sous le coup de la colère et a fortiori quand on est un homme politique. Les noms d’oiseaux sont d’autant plus regrettables qu’ils sont souvent formulés par pure stratégie : avec démagogie, on sait qu’ils font passer l’auteur pour un homme au « franc parler », un homme vrai… Ce n’est pas une vision de la politique acceptable et c’est avec ce genre de méthode que George Frêche règne sans partage dans sa région.

Pour autant, les journalistes et autres spécialistes de l’actualité font ils état d’autre chose ? Auraient-ils pris la peine, sous la couche crasseuse, de gratter et de découvrir la véritable teneur du message ? Aucunement ! Et c’est bien là le problème.

Aucun journaliste n’a osé remettre en question sa profession. Personne n’a osé dire à quel point les journalistes nationaux ont cassé le débat des régionales et qu’ils ont vidé cette campagne de ton son essence même quand ceux qui le désiraient voulaient parler de programme. Pas un professionnel n’a rappelé à quel point les médias eux-mêmes ont peoplisé la dernière Présidentielle en promouvant un casting de choc. Mais de qui se moque-t-on ? Tout le monde se croit journaliste et l’information devient un capharnaüm le plus total entre rumeur et actualité qui se confondent pour le plus grand malheur de tous. Et force est de constater que les vrais professionnels sont responsables de cette situation même s’ils se cachent derrière l’intérêt du public. C’est trop facile. Jamais en France on n’ose remettre en question les journalistes. Mais je le dis et je le crie : à quelques expressions près, le journalisme est MORT en France. On privilégie la polémique de pacotille, l’image sur papier glacé, on réduit les phrases habilement rédigées de peur de n’être pas compris, on abêtit le peuple en réduisant toujours et toujours en croyant aller à l’essentiel, on utilise de moins en moins de vocabulaire, et l'on use et abuse de commentaires comme si tout un peuple devait se rallier à un prétendu bon sens... (Et l'émission de Bruce Toussaint, L'Edition spéciale, le midi sur Canal plus en est l'illustration la plus frappante, d'autant que l'emission de par son titre se veut être de l'actualité quand elle ne fait que ressasser Yahoo ! Actualités... Pathétique !)

Alors Mesdames et Messieurs les journalistes, vous pouvez toujours vous offusquer sur la forme. Je vous le dis : Mélenchon a sur le fond 100 fois raison. Et vous êtes une corporation bien pleine d’hypocrisie.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:41

Inaudible. C’est assurément l’adjectif qui est le plus souvent revenu dès qu’il s’est agi d’évoquer le MoDem durant les Régionales. Autant le FN, le Front de Gauche et Europe Ecologie ont parfaitement résisté à l’hégémonie médiatique du PS et de l’UMP, autant le MoDem est tombé dans un lourd anonymat, si ce n’est pour dire qu’avec 4% d’intentions de votes, il s’écroulait. A cela, plusieurs raisons.

Des raisons extrinsèques tout d’abord. Force est de constater que fragilisé par la catastrophique fin de campagnes des Européennes, le MoDem n’a plus représenté un danger et une cible pour nos adversaires. Or en politique, il est un fait avéré : l’on existe par soi mais aussi par le prisme des critiques de ses opposants. Si le reste de l’échiquier vous occulte, vous n’existez pas. Vous n’existez plus. C’est bien ce qui est arrivé ici. Contrairement à ce que certains  optimistes avaient cru, le jeudi noir du 4 juin aura laissé des traces durables. Il était vain de parler programme avec les citoyens : ressortait immanquablement le sinistre épisode de l’émission d’Arlette Chabot ou encore un « Ah, Bayrou. Il est foutu », implicite référence à la débandade des Européennes.

Pire le MoDem est devenu source de railleries : Canteloup et les Guignols étant les plus hardis à se délecter, Bayrou confondant MoDem et Midem pour le premier, et la marionnette PPD disant à quelques jours du scrutin « Si vous ne savez pas qui choisir, votez MoDem. Non, on plaisante. Faites-le sérieusement tout de même »… Or l’humour et la parodie sont des armes à double tranchant : ils peuvent vous rendre sympathique comme ce fut le cas pour Chirac en 1995 ou ridicule. Aucun doute là-dessus : c’est le ridicule qui ressortit pour notre chef de fil et toute la crédibilité de notre discours qui partit en fumée.

PujadasEnfin, les médias nationaux ne nous ont clairement pas aidés. A part France 3 Régional, qui a respecté les temps de parole ? Le CSA a été d’une inertie stupéfiante. Certes, il est difficile de réguler compte tenu du nombre de régions et de listes. Mais donner aussi peu de place à u mouvement qui autour de son leader a réuni presque 7 millions de voix au 1er tour de la dernière Présidentielles relève tout bonnement du déni de démocratie. Afficher pendant 2 secondes l’ensemble des candidats d’une région à la fin d’un sujet de 2 minutes consacré à une seul d’entre eux n’est pas respectueux de l’équité de temps de parole des candidats. Pire, quand ils se sont intéressés à nos candidats, fichtre, les médias ont pris la peine de n’évoquer que le futile (une tête de liste noire, la belle affaire !), le polémique (Ségolène Royal qui « ouvre » sa liste à des MoDem peu scrupuleux) ou le carrément hostile (Corinne Lepage pour vous servir). Le traitement médiatique de cette campagne fut donc tout proprement scandaleux et le CSA serait avisé de s’en inquiéter en imposant des règles strictes et proportionnelles  la réalité électorale du pays.

Pour autant, est-on exempt e toute reproche quant à cette absence médiatique ou notre manque de crédibilité ? Assurément, non ! Les raisons intrinsèques sont tout aussi accablantes.

Et ceux qui de l’intérieur ont massacré le mouvement, fossoyeurs frustrés de ne pas avoir été choisis, ces illuminés de la démocratitude qui n’ont visiblement jamais lu Platon pour entrevoir d’une manière aussi utopique le fonctionnement d’une démocratie, et qui ont le culot de claquer la porte, grossièrement et vulgairement de manière à faire du bruit, portent une lourde part de responsabilité.

GInistyQue François Bayrou ait trop présidentialisé notre Mouvement est une chose. Que l’on reproche un manque d’émergence parmi nos rangs tout autant. Que notre Mouvement, naissant doit-on le rappeler, balbutie, tâtonne, et ne soit pas encore professionnel dans ses procédures… pourquoi pas ! Mais quel est l’intérêt de le brailler sur la place publique si ce n’est pour vouloir casser, briser et tout simplement détruire ? Qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? Souvent ce sont ceux qui snobent les marchés, éblouissants dans l’aphasie en séance de travail ou prolixes pour la mise en scène de soi, avares en idées éclairantes mais tellement enthousiastes dans la maîtrise de l’Azerty-Qwerty, bien lâches derrière un écran et un simple clavier. Ceux-là portent lourdement la responsabilité de nos échecs à répétition.

Toutefois, il ne faudrait pas non plus se voiler la face : si certains ont pu œuvrer en leur qualité de contestataires, c’est qu’ils avaient des raisons légitimes de le faire (non pas en public… mais en interne, nuance !). Les priorités du MoDem doivent se concentrer sur l’émergence de nouveaux talents. Ce Mouvement ne peut être à l’image d’Europe Ecologie une « écurie » représentée seulement par seulement 1 ou 2 personnes (Eric Quiquet, leader vert à Lille ironisait sur la difficulté à boucler les listes pour son parti avec cette boutade : « Si ça continue comme ça, on aura bientôt plus de places éligibles que de militants »). Faire vivre le parti à l’interne est ne chose. Mais encore faut-il savoir le faire vivre vers l’extérieur. C’est le principe même de la communication. Et avec la nécessaire confiance de Paris et des exécutifs. Le Conseil national de samedi devra tenir compte de ces impératifs.

Il reste deux années au MoDem pour représenter une voix. Et ne plus être inaudible. C’est d’autant plus important dans un monde médiatique où il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 21:36

Le score est net et sans bavures : la Gauche réédite l’exploit de 2004 de remporter 20 régions sur 22, avec en option particulière la Languedoc Roussillon qu’il convient de Frêchement placer à part. 54% des voix au 2ème tour : le résultat est flatteur. Un peu trop même.

Commençons par les motifs de réjouissance.

LOGO UMPLa Majorité Présidentielle, arrogante au point de nier l’indéniable au soir du 1er tour  s’est pris une claque monumentale qui fragilisera longtemps son discours, sa crédibilité et ses futures actions. Et le remaniement de pacotille annoncé ce soir ne va rien arranger à l’affaire. Inutile de verser la moindre larme de crocodile : ce revers est juste, justifié et pleinement mérité. Tout juste fallait-il un scrutin adéquat pour le matérialiser. Les Européennes ne convenaient pas. Les régionales furent le terrain idéal.

Le scrutin, justement, autre bonne nouvelle. Prônant un scrutin uninominal à un tour pour la prochaine réforme territoriale qui verra la fusion des conseils départementaux et régionaux, avec l’arrogance de croire pouvoir être en tête au 1er tour après la digestion des partis satellites du pouvoir, Nicolas va devoir revoir sa copie s’il ne veut pas effrayer ses élus locaux qui avec le résultat de dimanche peuvent imaginer un jour une opposition hégémonique, et le Droite quasi absente des instances locales. Un retour à la proportionnelle serait de nature à rassurer tout le monde… y compris les ardents défenseurs de la pluralité politique qui offre à chaque voix une correspondance sur le nombre d’élus. Il serait temps.

Las pour le reste, les raisons de s’inquiéter sont autrement plus nombreuses et significatives.

L’abstention tout d’abord : Un français sur deux n’est pas allé voter le 21 mars. Avec en outre des données contradictoires : une partie de ceux qui avaient boycotté le 1er tour sont bel et bien revenus aux urnes hier, mais dans le même temps, une quantité non négligeable a fait le parcours inverse (vote au 1er tour, abstention au  second). Ce qui explique au final qu’avec 4 points de plus seulement, on ne peut clairement parler de sursaut démocratique.

La conséquence de cette massive abstention est bien évidemment le score du FN. Encore une fois, ce dernier fait des scores bruts bien inférieurs à ceux enregistrés en 2004. Même Marine LePen rassemble dans son fief la moitié de ce qu’elle fit aux Municipales. Le « printemps du FN » proclamé par Marine est manifestement factice. Il n’est que la résultante mathématique d’un défaut de votants. Et comme son électorat de base est autrement moins volatile le jour du scrutin que celui des partis plus traditionnels, l’on comprendra mieux le résultat du 2ème tour.

En tous cas, force est de constater que l’on ne retient rien de l’Histoire. Pendant près de 20 ans, Mitterand et la Gauche se sont amusés avec leur jouet, sous-estimant que tel un animal dangereux, il pouvait se retourner contre son maître de manière imprévisible. La sentence fut longue à tomber mais fut à la hauteur du temps écoulé : ce fut le 2ème tour de 2002 duquel fut écarté le PS. Sarkozy n’aura pas eu à attendre aussi longtemps. 3 ans après avoir siphonné les voix du FN, il s’est cru tout beau, et à grands coups d’identité nationale, de vidéo protection, et de débat sur la burqua, qui ne relevait d’aucune urgence, il a fait le lit de la campagne des Le Pen. Preuve de la confusion qui règne à droite, Frédéric Lefebvre s’est pris les pieds dans le tapis de la rhétorique en affirmant que le PS avait été élu avec les voix du FN (sic). « Non, le FN a voté pour le FN », rétorqua alors Fabius ! RIDICULE !

Logo PSEnfin et surtout, c’est la Gauche qui inquiète. Car n’a-t-on jamais vu pareille coquille vide ? Le PS a-t-il eu un véritable programme ? Assurément non. A-t-il fait une campagne régionale ? Ce fut un réquisitoire contre Sarkozy. Les alliances avec Europe Ecologie et le Front de Gauche sont-elles naturelles et de nature à pouvoir gouverner de manière efficace ? Quand on voit que les Verts n’ont pas su faire cause commune en Languedoc Roussillon au 1er tour, en Bretagne au second, et que le Front de Gauche s’écarte de tout exécutif comme le fit Bocquet dans le Nord-Pas-de-Calais depuis 2004 et ce malgré la fusion (il était 73ème sur la liste de rassemblement de dimanche dernier, soit premier remplaçant !), il est permis d’en douter.

La gauche n’a d’ailleurs toujours pas réglé ses problèmes d’ego. Car les présidentialbles continuent de se bousculer au portillon : Martine, Dominique, Benoît, Manuel, Arnaud, Laurent ou encore Ségolène… Tous sont prêts au combat sans exprimer la moindre idée, sans esquisser le moindre programme. Car gagner c’est bien. Mais encore faut-il savoir pour quoi faire…

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:06

résultats NordIls se sont tous trompés, et ne comptez pas sur eux pour le reconnaître. Tous les politiciens, les journalistes,  et surtout les pseudos et prétendus experts  qui monopolisent les plateaux télévision en prétendant détenir la vérité et tous les secrets d’alcôve de l’Elysée à la Rue Solférino. Tous l’avaient annoncé avec une arrogante certitude : les Français avaient reconnu la leçon de 2002, et ils avaient eu un sursaut démocratique en votant massivement aux Présidentielles de 2007 (près de 85% de participation). A vrai dire je n’y ai jamais cru. Jamais. Et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai toujours refusé l’argument brandi par la Majorité Présidentielle, souvent en derniers recours quand la rhétorique ne parvient plus à dissimuler les errances et le non-sens, selon lequel Nicolas Sarkozy ayant été élu avec 85% de participation, cela lui donnait donc toute liberté et légitimité pour décider des réformes et des lois. Donner son vote à quelqu’un, c’est lui accorder une chance, en CDD, pas lui signer un blanc-seing.

2007 avait juste été un tournant dans la communication des politiques. L’image du candidat, l’épopée personnelle, l’affect ont une place qu’ils n’avaient jamais eue jusqu’alors. Le tout communiquant prit alors le pas sur la communication, la belle photo sur le programme, le papier glacé sur la profession de foi. Rien en somme qui fit penser à un sursaut démocratique. Tout juste la naissance de la peoplisation du politique.

Le PenLes Européennes et surtout le 1er tour des Régionales qui vit la participation s’effondrer de 15 points par rapport à 2007, confirmèrent le désinvestissement  croissant des citoyens pour la res publica, autrement dit la chose publique. Le manque d’intérêt, souvent lié à un manque de culture, un égoïsme affirmé ou encore à un sentiment d’abandon de la République, est indigne d’un pays qui s’est battu pour la Démocratie et notamment le Droit de vote. Il y a tout de même à peine 70 ans que les femmes ont le droit de vote ! Combien de pays n’offrent pas la chance de pouvoir s’exprimer, de représenter le citoyen aux plus hautes marches du pouvoir, le tout en présentant un simulacre avec des urnes bourrées ?

Les citoyens, désabusés, pensent que les politiques ne peuvent plus rien pour eux. Ils ont tort. Ils peuvent tout. Et ne pas voter en croyant « punir » ceux qui ont échoué est une mauvaise réponse apportée à la République. Car ceux qui sont au pouvoir restent et perdurent à ne pas apporter les bonnes solutions. Le cercle vicieux est en place. Cela revient à laisser autrui à décider pour soi. Cela revient aussi à ne plus avoir le droit de se plaindre dès lors que l’on ne souhaite plus participer à l’organisation de la cité.

Immanquablement, cette abstention a des effets pervers et la cartographie publiée dans l’édition de mardi par Libération est sans équivoque. La carte de l’abstention correspond exactement à celle du vote du Front National. Car en voix brutes, l’extrême-droite draine globalement le même nombre de voix. Seul change le pourcentage en fonction de la participation. Avec 85% de votants, JM Le Pen obtint 10% au 1er tour des Présidentielles de 2007, avec 45% de votants, il a obtenu 20% des voix dimanche dernier. C’est mathématique.

D’où l’idée qui revient régulièrement de rendre le vote obligatoire, proposition largement exprimée dimanche dernier… par ceux qui procédaient au dépouillement et qui s’inquiétaient de la faible participation. Il faudrait pour ce faire une réforme constitutionnelle. En Belgique, cette obligation de voter est en place et une amende de 100 euros est infliger aux contrevenants. Mais une telle révolution en France ne pourrait voir le jour sans faire un geste significatif envers le citoyen : rompre avec le cérémonial des deux tours (en 2007, les électeurs durent se rendre 4 fois aux urnes en moins de 2 mois), la fusion des Conseils régionaux et généraux pour diminuer les consultations. Enfin et surtout comptabiliser les votes blancs pour qu’ils ne soient plus confondus avec l’abstention. Les blancs sont l’expression d’une voix à part entière et peut très bien représenter une force politique qu’il convient de faire connaître.

Alors le vote obligatoire pour bientôt ? Serait-ce une décision populaire ? L’on pourra toujours organiser un référendum pour en décider. Et nul doute que certains abstentionnistes vont se sentir une âme démocratique pour la première fois de leur vie…

 

PS : caricature par www.leplacide.com


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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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