Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Quand le policier a arrête la voiture la semaine dernière, avait-il pris conscience que son acte allait être la genèse d'un gigantesque typhon médiatique ? Entre arrêter une femme au volant parce qu'elle porte un voile intégral pouvant nuire a sa visibilité et déchoir un Francais naturalise par le mariage de sa nouvelle nationalité, il y a un pas qui a été franchi plus que rapidement.
Pour l'histoire du voile intégral, je n'aurais pas assez de mots durs pour rappeler la règle : que cela ne concerne que 30, 2000 ou un million de femmes, le principe reste le même, celui de la République. Or la Burqua n'étant pas un précepte religieux indique dans les textes sacres, il demeure un signe ostentatoire et communautariste dont certaines femmes se revêtent, contraintes ou forcées par la tradition, même si cd n'est pas le cas de toutes. Dans un pays ou l'égalité Homme/Femme est de fait, cette simple suspicion est absolument intolérable. Quant à ceux qui revendiquent la liberté de s'habiller, rappelons deux choses : dans l'espace public, les visages doivent être découverts afin d'être identifies, ce qui doit être le cas au volant d'une voiture (privilège qui est interdit dans les pays pratiquant ka châtia soit dit en passant !) ; d'autre part la burqua n'est pas qu'un simple accessoire lie a la coutume mais bien un tissu visant a contrer la potentielle concupiscence des Hommes, acte avilissant qui vise a cacher l'objet du désir pour mieux se l'accaparer dans une société qui offre aux seuls hommes la polygamie...
Reste l'affaire qui finalement a fait le plus grand bruit : celle de la prétendue polygamie du mari. Le problème est épineux car les trois autres femmes vivent d'allocations "femmes seules", ce qui semble être abusif selon les voisins qui les voient défiler dans la résidence principale. Qu'il y ait une ambigüité dans notre système social et que certains en profitent n'est pas une première, et le fait d'être Musulman n'a rien a voir là-dedans. Il n'empêche qu'un neo-français qui profiterait d'un tel système pour instituer en toute légalité une polygamie en pratique doit pouvoir faire l'objet d'une enquête sérieuse. Faut-il alors modifier la loi ? Ce sont aux spécialistes du Droit d'en décider. Mais ce n'est assurément pas a messieurs Besson ou autre Hortefeux d'en parler devant la presse moins de 24 heures après le PV initial pour faire du petit feu de cette affaire. Il n'y avait nul besoin d'alerter de la sorte toute la population sur la place publique pour évoquer la possibilité de voir l'homme déchu de sa nationalité (le professeur de lettres que je suis ne manquera pas de rappeler que l'infinitif dérive de "déchu" est bien "déchoir" et non "déchuer" comme cela a été entendu ce weekend...). Le résultat de cette amplification est la reprise par les Communautaristes, tel Tarik Ramadan, de l'affaire et la stigmatisation par certains d'une religion au sein de la république, qui n'avait pas besoin de cela. Cela revient a tendre le bâton pour se faire battre et souffler sur les braises ardentes quand ce débat nécessiterait calme, patience et lucidité. A force de vouloir sauter sur tous les sujets sans réfléchir, le Gouvernement parvient à tout faire sauter. Si seulement c'était la première fois...