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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 20:59

carte electoFusion ou indépendance ? Accord national ou désaccord régional ? Le triste spectacle montré depuis dimanche soir par les partis de Gauche, comme ce fut le cas jadis pour la Droite avant que l’UMP ne se dresse en ogre hégémonique en avalant un à un ses partenaires, amène quelques réflexions et non des moindres.

Tout d’abord, évoquons la Gauche et l’opposition. S’il est incontestable qu’aucun parti ne puisse prétendre à lui seul pouvoir rivaliser avec l’ogre précité, la position du Front de Gauche et d’Europe Ecologie au 1er tour manque de clarté politique : comment peut-on revendiquer son indépendance tout en promettant quoi qu’il arrive de fusionner au 2ème tour ? De deux choses l’une : soit les projets sont identiques, auquel cas l’indépendance au 1er tour est pure stratégie politique, détachée de l’intérêt du citoyen, soit ils sont complémentaires, mais encore faudrait-il parler de projet. Or ce n’est pas le cas ici. Les tractations vont bon train sur le nombre d’éligibles, le respect de la proportionnelle et sur l’identité des Vice-présidences, dans une course à l’échalote pour 2012 (présidentielles mais surtout législatives). Le tout négocié dans un bel hôtel parisien, dont même le lieu fut âprement débattu, en plein cœur de Paris, bien loin des Régions où se déroulera le scrutin. Et les mêmes se lamenteront dimanche sur les plateaux de télévision d’une abstention galopante… Que dire enfin du Front de Gauche dans la Région Nord-Pas-de-Calais, sous la houlette de Bocquet, qui en 2004 avait fusionné avant de refuser d’entrer dans l’exécutif… faute de programme compatible : la fusion garantit les postes, le reste n’est qu’accessoire. Hier soir, il voulait se maintenir. Las, il nous refait le coup de 2004 : avec ou sans responsabilité cette fois-ci ?

D’autre part, plus généralement, ces négociations peu rutilantes nous amènent à se poser la question du mode de scrutin, surtout à l’approche d’une réforme territoriale qui entrera en vigueur en 2014. Le spectacle des négociations politiques en dehors de tout débat de fond offre-t-il les garanties nécessaires pour réconcilier le citoyen et le politique ? Assurément, non. Bataille d’ego accentuée par la course contre le temps (avant mardi 18h, une hérésie). Prétextant remédier à ce mal bien français, l’UMP qui se voyait tout beau en 2009 avait proposé un scrutin uninominal à un tour, pensant avoir fait le ménage autour de ses partenaires pour arriver en tête presque partout. Las, les régionales auront douché leurs espoirs. Avec un tel mode de scrutin, l’UMP aurait été représentée de manière marginale localement, pratiquement partout en France. Le projet de scrutin uninominal à un tour risque bien de rester dans les cartons. Une bonne nouvelle pour la Démocratie. Car le vrai scandale de notre système, c’est l’absence quasi-systématique de proportionnelle, ce qui a pour effet de renforcer le bipolarisme et de tuer le pluralisme politique. Et par-là même de décourager ceux qui pourraient aller voter, puisqu’ils se sentent insuffisamment représentés. Et le rituel à deux tours dans un pays où l’abstention est devenue légion n’arrange rien au problème. Soyons clairs : pour ne pas bloquer une gouvernance tout en assurant la pluralité des voix qui s’expriment en France, seule une élection de listes à un tour, garantissant au vainqueur une prime de 25%, le reste étant réparti à la proportionnelle, parait être la plus honnête des solutions. Reste à convaincre les deux grands partisans-acteurs de la bipolarisation de lâcher du leste. Et ce ne sera pas une mince affaire.

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 17:34

urne-bureau-de-voteDifficile de faire le bilan d’un échec. Cuisant. Sans appel. Injuste ? Difficile de tirer des conclusions quand une élection démocratique réunit moins de 50% des citoyens. Difficile de voir après les Européennes chaotiques que notre base électorale fond comme neige soleil. Pour autant, il faut analyser et comprendre les raisons d’un tel échec, certes annoncé, mais qui intervient au moment où le PS fête sa victoire de manière hégémonique.

D’un point de vue national, les élections se suivent et se ressemblent, à l’exception notable de l‘Aquitaine, toutes les listes obtiennent globalement le même score. Preuve s’il en était besoin que le MoDem est une étiquette « nationale » et souffre d’un manque de reconnaissance locale. Et c’est bien là que le bas blesse. Alors que l’on nous reproché aux Européennes de nationaliser et même de présidentialiser le débat, nous fîmes un virage à 180°… là où nos adversaires firent le choix inverse ! En présentant de nouveaux candidats, souvent issus de la société civile, le MoDem a présenté des programmes locaux. Nous ne fûmes pas entendus. Pire, nous fûmes raillés de notre audace comme la Voix du Nord lilloise qui baptisa les candidats lillois de « bataillons d’inconnus ». L’on a connu titre plus flatteur.

Ajoutez à cela, l’insécurité agité comme un drapeau rouge et qui réanima la Bête, des polémiques nauséabondes, une presse nationale bien décidée à ne relater que le futile et le conflictuel se réservant la pédagogie de ces élections pour… le dernier jour quand ils n’avaient plus le droit de parler de la campagne, et vous aurez la recette qui donne cette abstention record, d’un FN revigoré (l’un allant avec l’autre…) et un score du MoDem aussi faible.

Car ne nous y trompons pas : contrairement aux Européennes, nos électeurs ne se dont pas reportés sur d’autres listes comme Europe Ecologie, n’en déplaise à Corinne Lepage, ils se sont abstenus tout simplement. Ils ont refusé la politique et même le politique et nous l’ont signifié abruptement. Il faudra donc retrouver la confiance de ceux qui ont cru en Bayrou et en ce Mouvement en 2007 mais qui sont partis, les espoirs qu’ils avaient portés n’ayant pas donné de suite.

Nous avons deux ans pour bâtir, construire et convaincre. Mais comme je le martèle depuis le début de notre aventure, nous n’y arriverons que si nous parvenons à faire la pédagogie de notre discours nuancé. « Une vérité ne cesse pas d’être vraie parce qu’elle est minoritaire », rappelait gravement Bayrou hier soir. Mais il ne faudrait pas se cantonner dans cette attitude, jugée par certains arrogante, de détenir la vérité et de crier à l’injustice. Nos idées, nos valeurs et nos beaux discours sont vains s’ils ne sont pas entendus, écoutés et fédérateurs. Le MoDem doit sortir de son autisme. Il en va de sa survie.  

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:50
 

Voici sous ma plume ce que le MoDem Lillois a envoyé comme communiqué de presse ce jour dans le cadre de la grève des enseignants :

Depuis lundi, les enseignants du Lycée Fénelon de Lille font grève pour réclamer davantage de moyens. Et pour cause, 10% de leur effectif est amené à disparaître dès la rentrée prochaine.

 

La section Lilloise du Mouvement Démocrate (MoDem) qui compte un nombre important de professeurs, engagés et même candidats aux élections Régionales, est pleinement solidaire de cette grève et les revendications légitimes des enseignants de Fénelon.

 

FénelonC’est même de scandale dont il faut parler ici : année après année, les postes fondent comme neige au soleil sous de fallacieux prétextes comme la baisse démographique… y compris dans les établissements qui comptent accueillir davantage d’élèves. L’action gouvernementale ne relève d’aucune autre logique que celle de l’idéologie primaire qui vise à casser un peu plus le service public.

 Le MoDem Lillois se refuse à voir l’éducation de nos enfants sacrifiée par un Gouvernement sectaire, et pour qui l’égalité des chances est une notion abstraite voire malsaine. La schizophrénie n’est pas loin quand on voit que l’on supprime des postes de remplaçants alors que l’on peine à assurer le protocole de remplacement des professeurs absents… L’appel aux retraités et aux étudiants lancé mercredi par le Ministre est donc non seulement inique mais en outre scandaleuse à l’égard de ceux qui perdent leur poste ou qui voient le nombre de postes au concours diminuer année après année. C’est une précarisation sans précédent de l’éducation nationale qui est orchestrée par le joueur de pipeau Luc Châtel. On connaît la musique !

Le MoDem Lillois ne restera pas les bras croisés et se réjouit que sa tête de liste, Olivier Henno, rencontre les enseignants de Fénelon cet après-midi même pour leur témoigner de notre soutien le plus total.

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:02

AliAlors puisque les Régionales en sont réduites à une bouteille de genièvre, un gouailleur qui brosse l’électorat des extrême dans le sens du poil à la frontière espagnole et à un prétendu « délinquant multirécidiviste », allons-y gaiement ! Commentons le presque futile.

Presque car au regard du non-débat d’idées ces polémiques sont vaines et aussi ô combien pour la politique (quel cynisme de la part des média de rappeler que cette campagne ne prend pas… quand eux-mêmes alimentent ces polémiques…) mais il faut admettre que l’affaire Ali Soumaré soulève quelques interrogations.

Rappelons les faits pour celui qui aurait fait une escale humanitaire en Haiti : la semaine dernière des élus UMP ont publié des informations selon lesquelles la tête de liste du Val d’Oise pour le PS serait un « délinquant multirécidiviste » et qu’il aurait été condamné à plusieurs reprises. L’homme en question s’est depuis rebellé, nie une partie des accusations, et en référera à la justice pour diffamation.

Certains diront qu’il s’agit de péripéties de campagne. Pour autant, il y a quelque chose de nauséabond dans cette affaire. D’une part, ces « révélations » font suite à des insultes d’un autres cadres UMP qui a cru faire de l’humour en pensant voir un des membres de l’équipe du PSG en voyant la tête de liste du Val d’Oise du PS… Charmant. D’autre part, il y a des arguments qui font saigner les oreilles :un repris de justice est candidat ! Il faut qu’il se retire, tirent à bouts portant les bien-pensants de l’UMP… mais Alain Juppé n’est-il pas aussi un repris de justice ? n’a-t-il pas été condamné ? Frappé même d’inéligibilité ? Quid de Tiberi ? Et des Balkany ?

Et depuis quand un homme qui a payé pour sa peine ne redeviendrait-il pas un citoyen comme les autres ? Cela signifie-t-il qu’en France, la personne qui a payé sa dette à la société, serait marqué au fer rouge et ne pourrait faire de la politique ? Cela reviendrait à faire démissionner une bonne partie de nos élus… Alors il y aura toujours les petits malins qui vont comparer les effractions, un vol de malfrat, face à un petit délit d’initiés ou encore un petit abus de biens sociaux… Et oui, dans notre France qui prône l’égalité et la fraternité dans nos principes. Révoltant.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 14:47

Il n’y a donc rien à faire : cette campagne des Régionales 2010 ne ressemble à aucune autre. D’ailleurs, a-t-elle vértablement débuté ? Nous sommes le 17 février, à 25 jours du 1er tour, et à l’exception de quelques polémiques et de sondages nationaux sans aucune valeur, rien n’est audible sur les programmes.

Et pour cause : débat sur l’identité nationale, loi sur la burqua, polémique sur les Afghans, un Quick qui fait le test de ne vendre que de la viande hallal, la violence dans les lycées… l’attention est polarisée sur les deux thèmes qui avaient fait la fortune du FN en 2002 : l’insécurité et l’immigration. Amalgames, déclarations à l’emporte-pièce, nationalisation du débat.

Comment voulez-vous dans ces conditions faire de la pédagogie auprès du citoyen ?

Comment voulez-vous vous présenter avec votre programme pour le convaincre de voter juste ?

Comment voulez-vous être écouté sur les thématiques de la région quand on lui fait croire que ses préoccupations sont toutes autres ?

Faire campagne est devenu quelque chose de complexe, dès lors qu’il ne s’agit pas des Présidentielles. Car ne nous y trompons pas, la non-mobilisation, qui assurément aboutira à une abstention conséquente set principalement due à une non-volonté de certains politiques de vouloir faire campagne. Et pour cause : assurés d’être réélu, ou bénéficiant des puissants soutiens financiers de leur parti, de nombreux candidats n’ont aucun intérêt à parler de la région et de ses enjeux.

L’on avait dit trop rapidement en 2007 que les Français avaient eu un sursaut démocratique et que les 85% de participation montraient leur intérêt profond pour la politique. J’ai toujours cru que l’interprétation était mauvaise ; et les élections successives l’ont confirmé. Seule la caricature intéresse, qu’elles soient dans les personnalités (Royal / Sarkozy et la peopolisation de la campagne) ou dans les débats (social / entreprise). Bien que les enquêtes montrent que les Français en ont assez des clivages stériles et manichéens entre la droite et la gauche, ils sont les premiers à s’y réfugier dès qu’une élection approche. Le débat politique n’a jamais été aussi pauvre : à écouter Frédéric Lefebvre ce week-end on se serait cru même dans une cour de récréation quand il dénonce les « insultes faites à l’égard de son parti ou encore en réaffirmant avec une bêtise dont lui seul peut-être capable que « voter FN c’est voter pour le PS »…

On le voit, le débat est élevé. Et il n’est pas prêt de décoller. Et le pire dans tout cela, c’est que le MoDem qui a présenté ses idées et son programme dans de nombreuses régions, notamment dans le Nord –Pas-De-Calais se fait entendre dire « mais quel est votre programme ? ». Quand on songe au fait qu’Olivier Henno et Frédéric Leturque ont parcouru toutes les éditions locales de la région depuis novembre pour parler du programme, bien avant d’avoir évoqué les listes, c’est à se décourager… Mais en restant fidèles à nos valeurs, nous finirons bien par être entendus… un jour.

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 21:08

Le point en photos :o)

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 15:07

Depuis hier, l’on entend parler que de cela : les transports en commun provoqueraient un surcroît de stress au travail. Et les reportages d’enchaîner les images de métros, rames et autres RER bondés de passagers.

 

 

Mais comme le précise Elise Lucet : « surtout en Ile de France où les rames sont bondés ».

Etonnant rapport qui sort étonnamment en février. A quelques semaines des Régionales. Le jour-même de l’ouverture même de la campagne. Et les médias de diffuser l’information abondamment sans prendre garde une seule seconde qu’elle risque clairement de profiter à… Valérie Pécresse ! En retard dans les sondages, la tête de liste UMP tente par tous les moyens de fustiger le bilan de Jean-Paul Huchon. En vain. Alors quelle aubaine pour elle de voir mis en exergue ici, de manière détournée, les failles du transport parisien, premier budget de la Région Ile-de-France, cofinancé par les autres régions tant le coût engagé est faramineux. En dénonçant le manque de confort, la fréquence même en heure de pointe, et même les retards, ce rapport ne pouvait pas mieux tomber. Je n’irais pas jusqu’à dire que tout cela est fait exprès. Mais il est des hasards que certains ne vont pas s’empêcher de profiter.

 

PS : maintenant il est clair qu’en tant qu’ancien francilien pendant 25 ans, je confirme que les transports de l’Ile de France sont parmi les moins agréables qui m’eurent été permis d’emprunter pour me rendre au travail. Néanmoins, existe-t-il une solution pour canaliser plus d’un million de voyageurs quotidiennement, compte tenu des moyens déjà pharaoniques engagés ? Rappelons que si les Franciliens payaient leur carte orange au véritable prix de revient, il n’est pas sûr qu’ils pussent se permettre de se l’offrir chaque mois…

Le problème n’est sans doute pas dans les transports mais surtout dans le fait que la valeur locative et immobilière autour de Paris et de la Défense, les deux grandes zones qui font travailler les Franciliens, est déraisonnable et que ces derniers sont contraints d’aller loin, voire très loin pour se loger décemment.  C’est là une autre vision de la société qui nous est proposée. Une piste de réflexion à mener.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 06:41

Vous l’aurez remarqué, la campagne des Régionales est partie sur les chapeaux de roue. Certes les sondages sont encore sporadiques et ne nourrissent pas encore colonnes et JT, mais force est de constater qu’un bon air âcre de 2002 exhale nos yeux et nos oreilles : l’insécurité, la Burqua, l’identité nationale. Cela avait si bien fonctionné en 2002. A l’heure où le PS rêve de grand chelem, dopé par un improbable courant favorable (bien aidé par les médias…), l’UMP a tout intérêt à sortir du grenier les vieilles recettes de Papi.

Sur le terrain, la campagne s’active. Pas sur les marchés. Ni même dans les entreprises. Encore moins dans les banlieues. Mais dans la rue ou dans les gares. Preuve à l’appui :

Alors qu’il rentrait tranquillement du collège, un homme à la mine patibulaire sort du train. L’homme est assurément dangereux :

Echarpe agressive :

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Bonnet douteux :

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Cuir à capuche (Ah ah ! Plus aucun doute...) :

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Et surtout mal rasé (terroriste en puissance) :

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Cet homme avait tout pour terroriser tout la gare de Lille Flandres. L’homme est donc naturellement interpelé par un policier, sommé de le suivre sur le côté devant le regard suspicieux de centaines d’usagers qui estiment qu’enfin justice va être faite. Le jeune homme reste d’une courtoisie extrême, langage châtié en prime (provocation…) et s’exécute sans broncher (comme par hasard…). Le policier dit à ses collègues ; « Tiens en v’là un autre ». Un autre quoi ? Un autre jeune ? Un autre délinquant ? Un autre violeur d’enfants ? Nul ne le sera.

Il lui est demandé s’il est en possession de substances illicites ou stupéfiantes, ce à quoi le quasi prévenu répond par la négative. Spontanément il ouvre son sac. Et là, le policier croit avoir cerné sa victime :

drogue

 De la cocaïne ? Son compte est bon !

 Septembre-2009 0290

Et non un pin’s ! Ce sera pour une prochaine fois. En découvrant les feuilles dans le sac, l’officier demande « Et que faites-vous dans la vie ? ». L’homme fouillé répond « Je suis professeur de lettres ». « Professeur de Lettres » rétorque l’agent, à mi chemin entre « ah je n’aurai pas cru » et « mais ouais c’est ça, avec ta tête j’vais te croire… ».

Les poches vidées laissent un maigre butin : une paire de clef. La fouille est vaine mais très serrée au corps devant une gare qui se doutait bien que cela craignait de plus en plus par ici.

Pour autant, le policier doit reconnaître sa défaite. Il remercie l’ancien terroriste-dealer de drogue en puissance de sa coopération et dit à son collègue : « Non laisse tomber rends-lui sa carte d’identité ».

Moralité : Quand vous faites vos soldes, prenez garde. Quelques bouts de tissus vous rendent suspect de trafic de drogues…

Deuxième Moralité : Et pendant ce temps Marine compte les sièges avec délectation….

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 18:55

rire

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 19:47

Ce titre est inspiré de celui du livre d’une enseignante qui conte ses déboires en tant que professeur. Plus que jamais, il doit être un hymne pour la profession pour se protéger. Se protéger du mépris que la société a pour un corps de métier qu’elle respectait et qu’elle sacralisait jadis. Le professeur est devenu un paillasson sur lequel on frotte ses pieds encrassés par les maux de la société. Il est responsable de tout : de l’effondrement du niveau scolaire, de la non-maîtrise du langage par la jeune génération, de leur manque d’éducation. Sans compter qu’il multiplie les « privilèges » honteux (il faut dire que malgré la Révolution Française, la notion de privilège est toujours aussi ambiguë en France et fait toujours polémique) : 18 heures de cours par semaine, 16 semaines de « vacances »… La belle vie en somme.

Il y en a donc assez et c’est officiel. ASSEZ d’entendre sempiternellement les mêmes sornettes. Assez de voir un gouvernement devenir les fossoyeurs de l’Education nationale au pas de charge. Cela fait longtemps que les profs allaient mal. Il va y avoir un drame. Conséquent.

Il n’y a qu’à regarder la scandaleuse une du Parisien d’aujourd’hui pour comprendre le malaise :

 UNE Parisien

Observez la différence entre le titre et le chapeau : en gras on accuse les profs d’absentéisme quand le véritable problème réside dans le non-remplacement des absences comme cela est parfaitement expliqué dans le chapeau, dû aux lenteurs du Rectorat, à la lourdeur du problème, et à la suppression exponentielle des postes de professeurs depuis quelques années. Professeurs et non « prof », sobriquet si couramment utilisé qu’il est passé dans le langage courant. L’aphérèse (coupe de la fin d’un mot) symbolise à elle seule le mépris de la profession comme le rappelait Madame Winter, Inspectrice, dans son livre Le Mammouth se trompe énormément.

D’ailleurs les articles intérieurs rétablissent un cliché inacceptable sur l’absentéisme prétendu des professeurs :

 plus d'absence

Doit-on rappeler également que contrairement à l’idée répandue, ils ne font pas plus grève que les autres et surtout pas autant que les cheminots qui cumulent à eux seuls 75% des jours chômés en France... Même si je n'ai pas à juger ici le droit de grève des cheminots.

Alors il va falloir taper du poing sur la table. Pourquoi les cours ne sont-ils pas remplacés ?

Tout simplement parce que les suppressions de postes ont été abusives. Je ne dis pas injustifiées ; contrairement à la démagogie des syndicats et de la Gauche, je persiste à dire que la baisse démographique qui a touché le primaire fin des années 90, puis le collège et aujourd’hui le lycée justifiait le non remplacement de certains postes. Mais de là à couper de manière aveugle, de supprimer des classes à 0,3 élève près (la politique du chiffre toujours), rajoutant par là-même 4 ou 5 élèves dans les autres, accepter de faire des cours de langue à plus de 30 élèves quand on exige de favoriser l’oral, il y a un pas infranchissable.

Tout simplement parce que l’EN a supprimé les postes de « Remplaçants » qui convenaient à certains collègues (personne n’était forcé de l’être… à l’origine !)  et qui permettaient des remplacements plus rapidement.

Tout simplement parce que  l’on met la pression sur les professeurs déjà en place pour compenser les heures d’absences dans un protocole de remplacement alors que l’on est déjà débordé et épuisé. Ce protocole est d’ailleurs un échec cuisant à en croire cette crise.

Tout simplement parce que la lourdeur du système fait que l’on peut prévoir l’absence maternité et que cela n’empêche pas de ne toujours pas avoir de remplaçant quand l’arrêt maladie commence : est-ce bien normal ?

Quant à ceux qui pensent que nous sommes privilégiés, j’aimerais leur rappeler quelques petites choses :

Notre situation est-elle si enviable ? Nul besoin d’être jaloux et envieux, ce qui n’est pas bien beau. Passez le concours : il est public et ouvert à tous les braves.

Vous comprendrez alors que 18 heures de cours correspondent à plus de 40 heures de travail effectif, pendant que vous digressez des heures autour de votre machine à café de votre entreprise ou à l’heure de déjeuner qui dépasse les 2 heures, ou devant internet pendant que vous allez sur le site last minute.com pour profiter de vos RTT en République Dominicaine, à moitié prix, car en dehors des vacances scolaires.

Il est toujours facile d’ostraciser de séparer les français. Le Gouvernement en place en a fait une spécialité. Mais ne tombez pas dans le piège.

Demain, 21 janvier, une grève enseignante est programmée. Les sujets de Jean-Pierre Pernaut sur les pauvres parents qui ne peuvent pas s’organiser sont déjà prêts. Salauds de prof ! Le jour où le 13 heures ou son équivalent papier Le Parisien s’intéressera à la souffrance des boucs-émissaires que sont devenus les professeurs n’est pas venu… Nous sommes stoïques ? Mais pour combien de temps encore ?

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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