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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 20:57

On pourra toujours être réservé sur le mélange des genres façon Petit Journal. Il n’empêche, il y a des vérités qui sont bonnes à dire, non ?

 

 

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 22:53

Parti Caméléon le FN ? Assurément ! Porte-parole de la laïcité quand le Père flirtait dangereusement avec les catholiques traditionnalistes, Marine Le Pen a fait de l’islam une croisade permanente… Etonnant volte-face quand on relit les propos de Jean-Marie Le Pen à l’Assemblée… en 1958 :

Le pen avant« Ce qu'il faut dire aux Algériens, ce n'est pas qu'ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d'eux. C'est qu'ils ne sont pas un fardeau ou que, s'ils le sont pour l'instant, ils seront au contraire la partie dynamique et le sang jeune d'une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés. J'affirme que, dans la religion musulmane, rien ne s'oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l'essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D'autre part, je ne crois pas qu'il existe plus de race algérienne que de race française… Je conclus : offrons aux musulmans d'Algérie l'entrée et l'intégration dans une France dynamique. Au lieu de leur dire, comme nous le faisons maintenant : "vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau", disons-leur : "nous avons besoin de vous, vous êtes la jeunesse de la nation". »

S’il fallait montrer que le FN est capable de tout même de renier ses principes pour accéder au pouvoir…

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 18:04

La vague Marine a bel et bien eu lieu. Que n’a-t-on pas entendu de gauche à droite, accuser les sondages de balivernes, taxer de Cassandre ceux qui voulaient les interpréter comme signe, ignorer les mises en garde contre ce tsunami et la tentation, maintes fois usée maintes fois vaine de diaboliser le parti… Rien n’y fit. Le résultat est bel et bien là. Et le constat est amer : nausée générale, le front national, baromètre de l’abstention, est à la bonne température pour provoquer un raz-de-marée dans 13 mois. On vous aura prévenu. Mais il faut bien dire que les opposants du FN, c’est-à-dire en somme les garants des véritables valeurs républicaines qui tendent vers la fraternité, ne l’oublions pas, prennent le phénomène à contre courant. Envers et contre tout. Contre vents et marées. Explications.

 

1. Le combat démocratique

Que n’a-t-on pas tenté pour faire taire le Front National ? Quand, dans les années 90, Jean-Marie Le Pen sombrait dans un verbiage raciste et haineux, du four crématoire au détail de l’histoire, espérant que ses vagues allaient avoir des embruns médiatiques, chacun cherchait un moyen d’interdire le parti. En vain. Non seulement ses joutes furent reprises en boucle assurant la notoriété du Breton d’origine, devenu résident de Saint-Cloud. Mais en outre, si l’on pouvait condamner par la justice le citoyen, rien ne permettait de condamner son parti. Ni même pour sa police rapprochée, qui ressemblait à s’y méprendre à une milice de flibustiers patibulaires.

Se rappelant des mauvaises retombées qu’eut le débat au JT de Paul Amar entre le président du FN et Bernard Tapie, autre marin qui surfe sur les vagues de la démagogie verbale, les autres politiques refusèrent tout dialogue avec le Diable en personne. Au point de laisser Jean-Marie Le Pen avoir une tribune sans contradicteur sur toutes les antennes de France. Pire. Au point de se poser en victime, en martyre que tout le monde boycotte parce qu’il dit la vérité. En point d’orgue, Mai 2002 quand Jacques Chirac rompt brutalement avec le traditionnel débat de l’entre-deux tours. Le débat n’aura pas lieu. A l’époque, le jeune moussaillon que j’étais défendait avec vigueur cette position. J’en appelais même à la prise des pleins pouvoirs si Le Pen venait à l’emporter le 5 mai… fougue de la jeunesse qui sombrait alors dans la bêtise.

canto1Après 2002, le parti Unique de la Droite s’accorda avec la gauche pour s’attaquer au mal par la racine : couper l’herbe sous le pied du Front National en lui barrant l’accès au tour décisif aux élections. Non seulement en garantissant l’absence de proportionnelles, à l’exception notable des Européennes et des Régionales. Mais surtout en fixant un seuil pour atteindre le deuxième tour. Ainsi pour les cantonales de 2011 il fallait atteindre, non plus 10%, mais 12,5% des inscrits pour atteindre le deuxième tour pour le candidat arrivé en troisième position. La stratégie était de se dire que le FN étant, globalement, le seul parti à provoquer des triangulaires, il serait donc éliminé mathématiquement, puisqu’avec une abstention déjà estimée à 50% (l’on savait que ces cantonales n’étaient couplées avec une autre élection et que la mer serait bien calme dans les bureau de votes…), il fallait obtenir 25% des votes en 3ème position pour se maintenir. Habile stratagème… si le FN arrivait bel et bien en 3ème position. Le boomerang fut bien rude, puisque c’est l’UMP qui arriva à la position du couillon. Le FN a donc pu se maintenir dans des centaines de cantons quand l’UMP et de temps en temps le PS étaient sortis du scrutin. Moralité : rien ne sert de truquer la démocratie ; celle-ci se rappellera toujours à vos bons souvenirs.

D’autant que ce genre d’arrangements avec la démocratie a non seulement bénéficié au FN qui n’aurait jamais obtenu autant de voix en cas de triangulaires (pour rappel en 2004 502973 voix contre 915506 cette année pour les mêmes cantons) mais a en outre été fort préjudiciable pour les autres petits partis, comme le MoDem, les Verts ou encore le Front de Gauche qui sont souvent restés à quai alors qu’ils avaient recueilli suffisamment de voix pour se maintenir avec la loi électorale de 2004 et 2008 dans une triangulaire... et faire ainsi vivre la pluralité politique. Aujourd’hui cette pluralité se résume à acquiescer l’alternative UMP/PS ou à valider le FN… Triste dilemme pour notre République.

 

2. Le discrédit des candidats FN

FN09 - fnleplacideUne longue polémique s’installa à l’issue du premier tour sur les pirates fantômes qu’incarnaient les candidatures du FN. Combien d’élus se sont émus de n’avoir jamais vu les candidats frontistes sur le terrain ? A Lille, les témoignages étaient accablants le lendemain de campagne, jour de gueule de bois qui pour une fois faisait fi de la langue de la même matière. Du côté de Lille où l’on n’avait jamais vu un FN aussi puissant, Patrick Kanner, futur président du Conseil Général confessait au lendemain du 1er tour à la Voix du Nord « J'ai fait près de huit cents manifestations, je ne l'ai pas croisé une seule fois. Je ne l'ai jamais vue, jamais vue, jamais vue. Pas même pendant la campagne ! ». Même son de cloche chez Frédéric Marchand qui s’offusque : « Je ne l'ai jamais vu ! ». Sur Lille Nord-Est, le candidat UMP défait dès le 1er tour rumine : « D'ailleurs, la candidate (Pascale Vaneuil), personne ne la connaît... ». Il est vrai que dans ces cantonales, on a eu l’étrange impression que la vague Marine portait des équipages de forbans inconnus sur les flots du second tour… Jusqu’à la caricature, comme dans la Meurthe-et-Moselle, dans le canton de Blâmont où Monsieur Roger Marin s’est présenté sous les couleurs de la flamme à l’âge canonique de… 93 ans ! Résultat : une élimination dès le 1er tour mais avec un score flatteur de 15,52%... Pas mal pour une première candidature ! Certains candidats auraient bien aimé faire ce score de ce presque centenaire qui reconnaissait avoir fait de la figuration au Parisien : « Ils tenaient vraiment à avoir quelqu'un pour ce canton. Alors j'ai voulu rendre service en acceptant ». Après Arnaud Montebourg qui affirmait qu’à Neuilly, même une chèvre investie par l’UMP gagnerait, la théorie du chien et du chapeau pour le FN de Bergues :

 

 

 

Le FN a bien tenté de nier l’évidence, en prétextant des raisons pécuniaires, notamment sur le fait que certaines affiches ne comportait pas le visage du candidat local, comme le tenta Monsieur Dillies le soir du 1er tour :

 

 

 

 

On le voit l’argument ne tient pas car en effet, seul le tirage coutant de l’argent, il ne revient pas plus cher d’imprimer la tête de Marine Le Pen que celle de Gertrude Leporc (si elle existe qu’elle m’excuse de l’utilisation abusive de son patronyme !). Et ce d’autant moins qu’avec une absence totale de campagne, les coûst de celles-ci se sont résumés pour certains aux professions de foi et aux bulletins de vote, soit le minimum syndical, un comble pour le FN qui n’a eut aucun mal à trouver un banquier, certain de voir le candidat dépasser la barre fatidique des 5%, et donc de se voir rembourser (ce qui, soit dit en passant, n’est pas le cas de tous les partis, et notamment le Mouvement Démocrate qui n’a pu présenter des candidats que dans 400 cantons faute de moyens… Ou l’on reparlera de l’équité et du rôle de l’argent dans les élections dans un autre post…).

Pour autant, si la critique était fondée, deux remarques : d’une part, ce n’est pas une découverte. Le FN n’a jamais fait dans le local et a toujours construit ses campagnes sur une ligne de fond nationale et nationaliste. Même quand les thématiques de l’élection ne s’y prêtaient pas. Ainsi il ne fallait pas demander à Marine Le Pen ce qu’elle envisageait pour le Nord-Pas-de-Calais lors des dernières Régionales, comme me le confiait alors Oliver Henno, tête de liste pour le MoDem. Et pour cause : « Elle n’habite même pas ici, et ne connait rien de la région ». Il en va de même pour les cantonales.

IEP - FN 3Et j’en viens alors au second point, plus important celui-là : puisque cela était connu, pourquoi ne pas en avoir du tout parlé pendant la campagne ? Pourquoi avoir ignoré les candidatures Front National quand il eut été si facile de les décrédibiliser ? Pourquoi ne pas avoir montré l’évidence aux électeur, c’est-à-dire la présentation d’illustres inconnus qui n’ont aucune connaissance du terrain quand les sondages montraient l’un après l’autre une vague de fond qui faisait grimper Marine le Pen dans les Intentions de votes pour la Présidentielle ? Au lieu de tout cela, fidèles à la stratégie de la diabolisation du parti et du mépris de ses électeurs, le PS et l’UMP ont fait leur bataille navale, faisant couler leurs porte-avions réciproques et coupant le pont sur lequel ils étaient tranquillement installés. Pearl Arbor II. Les kamikazes FN sont arrivés au petit matin et ont dégommé tout ce qui bougeait. Le lundi, l’UMP comptait ses pertes. Implorant le destin quand il fallut s’en mordre ses propres doigts, comme Caroline Boisard-Vannier candidate sur Lille-Est : « Les socialistes ont été odieux pendant la campagne. Ils ont préféré taper sur l'UMP plutôt que de frapper sur le FN ! ». « Le PS est parti de la situation nationale pour critiquer la droite modérée. C'est pour cela que le Front arrive au second tour ! » pleurait à son tour Jérôme Garcia, candidat de la Majorité Présidentielle sur Lille Nord-Est, comme un enfant à qui l’on a piqué son jouet. Parce que les autres partis, et notamment le FN avaient procédé différemment ?

 

3. Pour contrer la vague Marine, la stratégie de la Terre brûlée

C’est alors que remontés et vexés, les marins de la Majorité Présidentielle décidèrent de passer à l’offensive : puisqu’ils avaient décrété que le PS était responsable de tous ses maux, il devait payer. Alors que le PS demandait aux électeurs des circonscriptions n’ayant d’autres choix que l’alternative UMP/FN de prendre le bulletin de la majorité présidentielle comme il avait appelé à en faire de même dans toutes les précédentes élections, comme lors de la plus fameuse d’entre elle, la Présidentielle de 2002, qui vit Jacques Chirac se faire élire avec davantage de voix de gauche que de ses propres couleurs, l’UMP se divisait et se battait comme des chiens de rues pour savoir quelle stratégie adopter. Le grand chef préconisait le blanc. Quelques pourfendeurs fonçaient à bâbord toute en demandant de voter PS, en cas de duel avec le FN. La plus éclairante de toute fut Valérie Pécresse qui rappela qu’elle ne partageait pas les idées du PS, mais qu’elle ne partageait pas les valeurs du FN, et qu’entre les deux, elle préférait choisir ses valeurs et voterait PS. Une rhétorique qui ne plut pas du tout au Château, qui selon Nicolas Domenach n’eut pas de mots assez sévères pour fustiger la position de la Ministre de l’Enseignement Supérieur. Du côté de Lille toujours, l’UMP sur son radeau a tenté le tout pour le tout. Tout d’abord en investissant les médias pour marteler leur position, comme Hervé-Marie Morelle qui va décidément redorer son blason par cette position qui, à défaut d’être remarquable, fut remarquée jusqu’au 13 heures de France 2 (tendez bien l’oreille au début du reportage où transparait la générosité de notre « ami » sur le Marché) :

 

 

 

 

Pire. Non content de prendre une position assez choquante pour ceux qui ne confondent pas idées et valeurs, les candidats UMP déchus de la métropole lilloise sont allés jusqu’à faire campagne… pour le blanc ! Comme Jérôme Garcia, qui continua le porte-à-porte dans l’entre-deux tours sur papier glacé (il faudra vérifier que ces tracts ne soient pas comptabilisés sur les frais de campagne puisque l’UMP était alors éliminé…) :

 

jérome garcia

 

On le voit le tract est sans ambigüité : s’il prétend ne choisir ni le PS, ni le FN, comment interpréter la charge unique contre le premier cité, et déclinée en plusieurs points quand aucune critique ne vient égratigner la candidate fantôme du FN, aux idées si sulfureuses ?

Certes, et je le martèle, il ne faut pas diaboliser le FN, à la manière d’une certaine gauche qui scande servilement F comme fasciste et N comme Nazi, et pour cause : si le Front national était fasciste, il aurait été interdit. Si Marine Le Pen avait tenu des propos nazi, elle aurait été condamnée. Pour autant, même s’il faut le prendre pour un parti comme un autre et combattre ses idées, peut-on décemment confondre un parti comme le PS et un autre comme le FN ? Défend-on les mêmes visées républicaines de part et d’autre ? On pourra toujours gloser sur la bévue de Martine Aubry qui dans l’entre-deux tours vint apporter sa signature aux côtés de Tariq Ramadan, le prédicateur intégriste (elle qui a déjà à sa charge les créneaux horaires de piscine pour les voilées ou encore un mari avocat qui défendit les jeunes filles qui voulaient aller à l’école de la République voilée…), mais il ne faudrait pas confondre « Que de maillons dans cette couture!" et « Que de de couillons dans cette mâture ! ». Si l’usage d’un « Front Républicain » reste stérile pour contrer le Front National, il faut savoir faire des choix en politique. Et jouer le jeu. Et quitte à choisir, mieux vaut admettre que ses idées n’ont pas triomphé que brader ses valeurs en proclamant que le PS et le FN, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Est-ce de la sorte que l’UMP espère contrer « l’UMPS » brandi par Marine Le Pen… Il n’est pas certain que les résultats du 2ème tour leur aient donné raison.

Cette incapacité à rendre la monnaie du PS est d’ailleurs un problème intrinsèque à l’électorat de droite si l’on en croit un sondage publié la semaine dernière par Harris Interactive qui révèle que si seulement 22% des électeurs UMP souhaitaient que le candidat UMP appelle à voter pour le PS en cas de duel avec le FN, 45% estiment à l’inverse que la candidat PS doit appeler à voter UMP en cas de duel avec le FN… Mauvaise foi quand tu nous tiens !

 

4. Kadhafiser les résultats

Depuis dimanche le deuxième tour a rendu son verdict. Et là les commentaires ont commencé à déferler pour minimiser les résultats du FN. Les jours se suivent et se ressemblent. Et ni le PS, ni l’UMP ne semblent avoir retenu la leçon. Il y a quelques semaines, les sondages mentaient. Aujourd’hui, ils font plus fort que Kadhafi en proclamant que les résultats du FN ont baissé au 2ème tour. Formidable tour de passe-passe qui consiste à faire prendre des lanternes pour des vessies. Certes le FN n’a finalement que 2 élus sur les 400 qu’il briguait au 2ème tour. Certes, les deux symboles que sont Steeve Briois, la tête de liste d’Hénin Beaumont quand Marine en briguait la mairie et Louis Aliot, son compagnon, vice-président du parti, ont échoué dans leur canton réciproque. Mais avec quel score ? Plus de 40% pour tous les deux : 44,74% pour le premier (dont 52% pour la seule ville d’Hénin –Beaumont !) et 46,24 pour le second alors qu’il est déjà conseiller régional (il aurait dû choisir entre l’un et l’autre en cas de victoire). Des scores obtenus sans report de voix officiel faute d’accord. Des scores pourtant bien proches de ce qu’auraie fait l’UMP ou le PS l’un contre l’autre en cas de duel… Pour rappel, en 2004, Steeve Briois était déjà au 2ème tour dans le même canton mais avait obtenu 31,54% des voix… Il faut donc comparer avec le recul de l’histoire : quand Jean-Marie Le Pen faisait 18% au 2ème tour, et quand généralement le FN stagnait voire régressait d’un tour à l’autre quand il atteignait le pallier final, aujourd’hui, il fait 40% en moyenne… Cela relativise la défaite annoncée ici ou là ou la percée « relative » du FN !

Arlette-Chabot pics 390Martine Aubry s’est bien essayée de jouer avec les chiffres lundi matin sur France Inter en évoquant les chiffres du 1er tour des cantonales. Et Daniel Schneidermann dans son aveuglement l’a suivie… naïvement.  Leur argument : les chiffres du FN ont baissé entre 2004 et 2011, en termes de voix passant de 1 490 315 à 1 379 902, soit plus de 100 000 voix perdues… Et d’en conclure à l’intoxication des médias… Seulement Martine et Daniel ont omis un détail et non des moindres : si le FN a perdu en effet 7,41% de voix, dans le même temps, le PS en a perdu 29,19% et l’UMP 39,6% !!!! Le FN perd donc beaucoup moins de voix et est sur une dynamique moins ralentie. C’est un peu comme à la fin d’un 400 mètres : les compétiteurs courent moins vite qu’au début mais au finish on a l’impression qu’ils accélèrent quand en fait ils décélèrent moins que les autres. Il n’empêche : c’est celui qui décélère le moins qui gagne, non ? En réalité, seuls les Verts s’en sortent le mieux en progressant de 50% des voix. Mais avec 752992 voix ils font presque moitié moins que le FN.

 

De toute évidence, personne ne prend le problème par le bon bout. En modifiant la loi électorale, en bafouant la démocratie, en bottant en touche sur les thématiques du FN ou au contraire en tapinant sur son trottoir pour rabattre des voix, en diabolisant ce parti ou en le résumant à la seule figure du père comme la semaine dernière le fit avec gaucherie Le Grand Journal de Michel Denizot, en manipulant les chiffres des sondages ou encore des élections, les partis de droite et de gauche se sont fourvoyés. Ils portent tous la responsabilité de l’emballement de la vague Marine. Ils ont tous contribué à préparer la tempête qui allait s’abattre sur nos têtes. Mauvais diagnostique, mauvaise prévention, mauvaises solutions… Ce matin, Yann Werhling, porte-parole du MoDem, ne s’en sortait malheureusement guère mieux dans sa conférence de presse hebdomadaire en ânonnant : « La priorité des Français pour nous c’est l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, pas la sécurité et l’immigration » L’emploi passe encore, mais pour le reste ! Faut-il continuer à s’entêter à dire, voire à imposer aux Français ses thèmes ? Ne faut-il pas arrêter de rester dans sa tour d’Ivoire, fort en pensée, mais si pauvre en voix ? Nos rafiots qui ne cessent de prendre l’eau ont-ils les fondations si solides pour résister à la vague Marine ? Il serait temps que nos Robinsons se remettent à la tâche… Et vite !

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 20:46

blog fredSaviez-vous que les cantonales 2011 seront historiques ? Étonnamment, les médias n’en disent rien. Pourtant ce sera la dernière élection organisée pour la Constitution du Conseil Général. En effet, se profile en 2014, une réforme territoriale qui va voir se fusionner département et région pour lutter officiellement contre le mille-feuille administratif somme toute couteux. Bien moins coûteux que le manque à gagner de la suppression prochaine de l’ISF mais qu’importe, c’est le symbole qui compte. Et sous cette réforme se terre la consécration cynique et froide d’une logique qui rayonne aux Etats-Unis et que d’aucuns souhaitent voir triompher sur nos terres : le bipartisme.
Car il nous faut être précis et honnête : que nous réserve cette réforme territoriale sous la forme de son projet initial ? Une élection uninominale à un tour à scrutin majoritaire. En d’autres termes, seront automatiquement exclus les partis, les mouvements et tous ceux, minoritaires, qui avaient la possibilité d’apporter de la nuance dans le paysage politique français. L’aumône d’une proportionnelle à hauteur d’une quinzaine de pourcent n’y changera rien : à l’exception des deux partis dominants depuis un demi-siècle, les autres voix se tairont, devenant plus marginales que la loi de financement des partis ne les rend déjà.

L’alternance va donc laisser place à une alternative unique. Droite/gauche. Cette même alternative qui écœure un par un les Français, cette même alternative qui a montré ses limites et ses carences, cette même alternative qui gonfle les scores du Front National qui entonne « l’UMPS » comme rempart à ce bipolarisme.

Mais cette vision manichéenne de la politique française ne saurait se résoudre en une réponse unique de rejet consistant à mettre les Français les uns contre les autres. Prenons l’exemple de Bruxelles et du Parlement Européen, où l’objectif n’est pas comme au Palais Bourbon, de faire passer sa loi ou de faire chuter le projet de tel groupe, mais de trouver un consensus et de s’entendre sur ce qu’il faut ou ne faut pas faire pour les Européens. Les combats politiques doivent être au service des citoyens et non des étiquettes. Il n’y a pas d’idées de droite ou d’idées de gauche : il y a de bonnes ou de mauvaises idées, des projets innovants ou réactionnaires, des visions efficaces ou parfaitement inutiles.

Frédéric Lambin est le symbole de cette vision nuancée et progressiste de la politique, la seule qui puisse réconcilier les citoyens à la politique : en participant à une majorité plurielle au sein du Conseil municipal de Lille, il travaille chaque jour, dossiers après dossiers, à faire fi des étiquettes et à construire pour le bien être des Lillois. De la même manière, son action dans l’Ecole de la deuxième chance n’a que faire de la carte du parti qui se cache dans le portefeuille de ses partenaires : seule la volonté de redonner de la dignité à ces jeunes sortis du système scolaire afin de les aider à trouver du travail et à se construire un demain guide son quotidien.

Quand Frédéric Lambin propose d’être au centre de vos attentes, ce n’est donc pas qu’un simple slogan. C’est la promesse faite aux habitants de Mons en Baroeul, de Fives, de St Maurice Pellevoisin et plus généralement de l’ensemble du département du Nord de travailler pour eux afin que la voix de chacun soit entendue et prise en compte. L’alternative bipolaire n’a jamais fait cette promesse. Et pour cause, elle n’aurait jamais pu la tenir. Assurément, voter Frédéric Lambin, c’est faire le choix de la pluralité. La promesse de ne pas être manichéen.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 17:22

La cantonale touche à sa fin. Déjà. Dimanche en marquait l’apothéose, si je puis dire. Non qu’il y ait eu dans les médias des pages entières consacrées à l’événement : le Japon et sa préoccupante situation attirent bien naturellement tous les regards. Mais sur les marchés, Madame et Monsieur tout le monde, le cabas à la main ont pu voir défiler tous les groupes locaux qui vendaient leur candidat au plus offrant. Pour l’équipe Lilloise, nous étions notamment au marché de Caulier, dans le nord-est de la ville. Un tel déploiement de militants rendait le moment ubuesque, avec parfois davantage de personnes venues pour tracter que de badauds venus refaire le plein de provision. Feu d’artifice, le PS avait mis les petits plats dans les grands. En cette semaine de mardi gras, c’était donc festival hier. Qui a dit que la politique était ennuyeuse ?

A tout seigneur, tout honneur, évoquons sans plus attendre la parade du PS… tout en modestie :

  2011 1239

 

2011 1246

A mon interrogation quant à la légalité de la tenue d’un tel stand aux abords du marché, il me fut répondu qu’une simple autorisation suffisait. Certes, mais j’imagine si chaque formation en faisait autant, où se placerait-elle ? A moins qu’il ne soit plus simple pour le PS d’obtenir une autorisation dans la ville qu’il détient. Rien de tel qu’une bonne soupe à l’oignon aux croutons de pain pour attirer le chaland. Une soupe un peu clairette pour l’avoir observée de près. Mais je suis rester vigilant : je ne me suis guère sustenté car je ne vais jamais à la soupe du PS, ni d’aucune autre formation. Les valeurs, c’est sacré ! Tout juste ai-je pu apprécier les égards de la Reine des lieux, qui fort courtoisement vint saluer les militants des autres formations. Et avec le sourire s’il vous plait :

 2011 1245

En face l’UMP… Que dire ? Il est loin le temps de l’UMP Pride, où il faisait bon de bomber le torse et d’affirmer fièrement ses attributs :

 HMmmmmmmmmmmmmm2.jpg

  Le coq gaulois a baissé sa crête et le char a pris du plomb dans l’aile. Dans le registre droite refoulée même à  regarder de plus près sur le site de campagne :

  Droite sociale

 

Point de sigle UMP. Juste l’évocation de la droite sociale. Il y a quinze jours, la remplaçante de Jérôme Garcia qui déambulait débonnaire sur un marché encore plus petit me fit le plaisir de la conversation. Alors qu’un riverain lui faisait remarquer que « droite » et « sociale » étaient quelque peu contradictoires et alors qu’elle se fourvoyait dans ses explications brumeuses, je lui appris que son candidat était le géniteur d’un joli « oxymore ». Délices exquises de la langue pour la profane qu’elle était d’entendre pareille érudition. « J’ai appris un mot », exultait-elle alors. Je lui fis remarquer qu’avec de pareilles lettres, elle brillerait en société en jouant au SCRABBLE. Vains conseils, Madame ne joue qu’au Monopoly… La droite sociale a ses limites tout de même.

Moins volubile, elle errait hier entre les passants et entre la horde socialiste, qui regroupait plus de 30 militants. Elle et son candidat titulaire tentaient de faire diversion en distribuant des pommes… Mangez des pommes, 16 ans plus tard. A l’heure où le citoyen français prend pitié pour la pauvre Président déchu face à la menace de la justice, il est de bon ton d’exploiter les anciens filons… car les nouveaux Fillon n’ont rien de bon à en croire les sondages.  

Les Verts, eux squattaient le terrain depuis assez longtemps somme toute. Sans emphase. Tenant juste le coin de la rue défoncée par un large trou qui leur valut il y a deux semaines de ramasser un homme tombé à terre, ayant perdu l’équilibre à vouloir prendre leur tract. Ils n’épiloguèrent pas davantage sur l’événement et pour cause : le délégué à la ville en charge des voiries n’est autre que Marc Santré, l’écologiste, persifflent des militants du Front de gauche. On peut comprendre l'ironie, puisque Marc Santré est un Vert à la fibre si sociale, qu’il fait passer la suppression de la gratuité des transports pour les lycéens pour une mesure juste socialement. On n’est plus à une contradiction près. Il eurent comme tout le monde le droit à la poignée de mains radieuse de Madame Aubry. Puis de son probable successeur. Puis d’un nouvel adjoint. Puis d’un autre… Le petit cirque des Cantonales était devenu la parade finale de Disneyland l’espace d’un quart d’heure…

Du pain, des jeux et des Cantonales ! Que demande le peuple ?

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 22:07

FN02 - marine-le-pen-300x2901C’est officiel la campagne est lancée ! Non pas celle des cantonales qui devrait, elle, battre son plein. Mais la présidentielle pour 2012. Car depuis le sondage paru parHarris Interactive ce week-end, pour Le Parisien, c’est une véritable onde sismique qui s’est abattue sur toute la France : Marine Le Pen serait en tête des intentions de vote pour la prochaine présidentielle. Polémique sur la véracité et la fiabilité du sondage, polémique sur la responsabilité des uns et la culpabilité des autres, surenchère de la part d’une députée, tout en élégance, sur les bateaux d’exilés politiques aux portes de l’Europe… Il y avait du spectacle à lire, à voir et à entendre cette semaine. Et la chef d’orchestre avait un nom, un seul : Marine Le Pen.

Baromètre à la hausse pour la tempête bretonne. Pourtant, chacun pourra y aller de sa petite légende, de son déni ou de ses suspicions, les faits sont là.

 

Pernicieux. Durs à avaler. Choquants.

 

Mais ils sont indéniables. Certes l’on pourra se dire qu’un sondage en ligne ne vaut pas la traditionnelle méthode téléphonique (le panel de l’un repose sur du volontariat, quand l’autre doit essuyer 90% de refus et donc obtient des résultats autrement plus affinés quand ils les ont). Certes, les vagues successives d’Harris obtiennent des scores d’abstention (de non-réponse) avoisinant les 35%, ce qui ne sera évidemment pas le cas pour la présidentielle (l’abstention a toujours été favorable au score du FN comme en 2002 où celle-ci fut à son paroxysme pour un premier tour). Certes, les ajustements des sondeurs sont un peu détraqués dans la mesure où les sondés ont moins de réticences à dire qu’ils vont voter Marine Le Pen qu’à confesser leur vote pour le père en 2007.

 

FN01 - courbe sondageIl n’empêche : le sondage de l’IFOP de ce matin, avec une méthode plus traditionnelle, crédite la nouvelle Présidente du Front National de 21 à 22% des intentions de votes, ce qui la place dans les mêmes chiffres que ceux que dévoilaient Harris avec la marge d’erreur habituelle (1,5 point). Tout juste, les scores de Sarkozy et des candidats PS sont ils largement à la hausse, mais, précise Frédéric Dabi, Directeur du Département Opinion de l’IFOP, ils « bénéficient d’un réflexe s’apparentant à un vote utile, à relier aux débats actuels sur la réédition éventuelle d’un 21 avril. Ainsi, il est frappant de relever que les intentions de vote en faveur de la Première secrétaire du PS progressent de 2 points (22% à 24%) quand dans le même temps celles en faveur des candidats écologiste ou se situant à sa gauche reculent. S’agissant du Président, on retrouve un phénomène analogue ».

 

Peu importe l’ordre du tiercé : il est presque acquis que l’élection se jouera entre trois candidats, et que parmi eux, Marine Le Pen est la seule à s’être déclarée candidate officiellement.

 

C’est alors que commence le jeu de massacre. Chacun se rejette la faute, à savoir qui a mis la charrue avant les bœufs. Le PS tombe à bras raccourcis sur Nicolas Sarkozy et ses innombrables dérives qui ont assurément donné de l’engrais au FN : le discours de Latran, puis de Grenoble, le débat sur l’identité nationale, les polémiques sur l’islam… Sans oublier l’indiscutable échec en matière de sécurité, alors que le Président est en action sur le sujet depuis 2003, notamment en son ancienne qualité de Ministre de l’Intérieur, il ne faudrait pas l’oublier.

L’UMP ne s’en laisse pas compter et contre-attaque en accusant le PS de pavlovisme primaire, qui vise à s’attaquer avec violence et de manière inconséquente à toute action engagée par le Gouvernement au point de dégoûter les Français de la Politique, ce qui expliquerait la montée de l’ambassadrice du « tous pourris ».

FN08 - 29725-manif-anti-fn-7Que dire de l’extrême gauche ? Si l’UMP et le PS sont assurément dans les choux, le Front de gauche et consorts sont carrément aux fraises en radotant leur sempiternel « F comme fasciste et N comme Nazi » qui sent le rance et la merguez trop cuite des défilés de rues. Avec comme toujours les mêmes recettes qui ont failli : sortir les casseroles du père, refuser le débat, appeler au vote utile comme le préconise Bové qui n’est plus si sure de son Joly candidat ou pire encore modifier le scrutin quitte à annihiler une bonne fois pour toute le pluralisme dans la vie politique française

Réactions ou réactionnaires ? En tous cas, semer le doute et vous récoltez la bêtise ! Et il serait temps que l’extrême gauche fasse sa réforme agraire.

 

Car au lieu de prendre en référence 2002 et de voter utile, encore faudrait-il tirer les leçons du 21 avril :

 

Refuser de traiter les problématiques du FN ? Parlez-en à Jospin !

 

Refuser le débat comme l’a fait Chirac entre les deux tours ? Parlez-en à Le Pen père qui put surfer à loisir sur la diabolisation de son parti !

 

Voter utile ? Parlez-en à tous les candidats de Besancenot à Dominique Voynet sans oublier Marie-George Buffet qui obtinrent tous moins de 2% des voix, sacrant pour de bon le bipolarisme à la française !

 

FN05 - 11-03-10-sarkozy-brunel-lepenMais pourquoi diable ne pas affronter la vérité en face ? Pourquoi diable ne pas prendre ses responsabilités ? Pourquoi inventer fadaises et autres détournements pour mieux asseoir son pouvoir ? L’Histoire a montré que tous ces subterfuges étaient vains et nocifs. Tout le monde a le droit de se tromper. Moi-même j’étais de ceux qui il y a 8 ans avait applaudi des deux mains le refus de Jacques Chirac de débattre dans l’entre deux tours. De la même manière, je m’étais lamenté de ce même Chirac de ne pas avoir dissout le Front National quand son Président dérapait lourdement. Pour autant, et je ne crains pas de le dire j’avais tort.

 

Tout simplement tort.

 

Et c’est au nom de cette erreur, que je m’étais insurgé quand l’Association De toutes couleurs et l’administration de Sciences Po nous avaient privés d’un débat faute d’avoir retiré l’invitation au représentant du FN. Tout le monde a le droit à l’erreur de jugement. Encore faut-il qu’elle serve à rectifier le tir. Or, force est de constater que le PS, l’UMP et toute l’extrême gauche n’ont décidément rien compris. Et emploient encore et toujours les mêmes recettes qui ont concocté le menu qu’ils voulaient à tous prix éviter. Comme le client obstiné qui malgré une indigestion continue d’aller se faire servir à la même table. 


FN09 - manif9 diapositive normal-c36b3N’en déplaise à certains, y compris à Monsieur Mélenchon qui malgré beaucoup d’habilité dans son débat le 14 février dernier retombe dans ses travers sectaires, le Front National n’est pas un parti FASCISTE. Ni un parti NAZI. A ce que je sache, le Front National n’appelle pas à la déportation des Musulmans, à la discrimination raciale, et n’en réfère pas à la supériorité d’une race comme le fit Hitler dans son tristement célèbre Mein Kampf. Ce n’est pas parce que le Père avait des idées nauséabondes sur la seconde guerre mondiale, qu’il en avait fait le ciment de son programme politique. Juste de quoi faire parler de lui médiatiquement (ce qui était déjà largement de trop, je vous l’accorde). Ce n’est donc assurément pas avec cette rhétorique que l’on va dégoûter les électeurs de voter Marine Le Pen. Et prendre son électorat potentiel pour des fachos c’est se mettre le doigt dans l’œil. Assez profondément.

Il faudrait donc rétablir la vérité et cesser la caricature. Elle fonctionnait suffisamment pour décrédibiliser le père jusqu’à ce que survint le 21 avril. Aujourd’hui, elle ne contribue qu’à la faire progresser. Il serait temps d’arrêter les frais.

 

Cela veut-il pour autant dire que le programme et les idées du FN sont inoffensifs ? Certainement pas. Mais au lieu de les diaboliser, il suffit tout simplement de les contrer par la seule arme efficace en démocratie : le débat d’idées. Encore une fois les idées du FN sentent mauvais : il suffit de démontrer leur non-sens. Un seul exemple :

 

FN06 - 11-03-07-marine-le-pen-aubry-sarkozyPour ceux qui pourront le faire avec doigté et finesse, et de toute évidence Monsieur Copé et sa folie de débat sur l’Islam ou encore Madame Chantal Brunel qui a osé une formule que même la présidente du FN avait pris soin d’éviter il y a une semaine à la radio ne font pas partie de ceux-là, il faut débattre avec Marine Le Pen sur la laïcité, concept dont elle utilise le nom sans lui accorder le même sens que celui que lui reconnait la République : le FN a un double discours sur la laïcité qu’il faut démonter. Comme je l’avais fait ici-même. Le FN n’est pas laïque quand il ne voit rien de choquant à ce que le concordat d’Alsace-Lorraine perdure. Le FN n’est pas laïque quand il s’offusque que les cantines ne proposent plus de porc à leur menu sans pour autant dire mot quand un professeur évangéliste distribue en plein cours des tracts anti-IVG et anti loi Veil à ses élèves en leur diffusant un film de propagande Provie. Le FN n’est pas laïque quand certains de ses cadres comme Wallerland de Saint Just en arrive à demander l’interdiction d’un auteur au lycée parce qu’il est anticlérical. Le FN n’est pas laïque quand Les jeunes avec Gollnisch définisse ce principe avec ces mots : « Le discours présidentiel d’hier, en définissant la laïcité comme le confinement de la religion à la vie privée, s’interdit de rattacher la nation à des principes supérieurs. » Enfin le FN n’est pas laïque quand il s’offusque à juste titre mais à mots offensants de l’occupation des rues de certains musulmans pour prier sans pour autant ne rien à voir à redire sur l’occupation illégale de Saint-Nicolas -du-Chardonnet tous les dimanches depuis le Schisme provoqué par Monseigneur Lefebvre surtout quand ils ont le soutien plus ou moins discret des cadres de ce même FN !

Comment dire après cela que de parler de laïcité favoriserait le vote en faveur de Marine Le Pen ? En revanche, assimiler les Musulmans à des délinquants, dire qu’il y a un problème avec l’Islam en France et non avec les autres religions, ou vouloir remettre des gens dans des bateaux aux frontières de l’Europe, c’est assurément faire son lit.

 

FN07 - 11-03-04-sarkozy-wauquiezEt le MoDem dans tout cela comme me le glisse non sans ironie certains proches… Silence. Ou presque. Non qu’il ne s’exprime pas. Mais il s’exprime peu. Pire on ne lui fait rien dire. Les médias ont souvent reproché à François Bayrou de cultiver une image de gourou ; mais ils ne cessent de l’alimenter en n’invitant que le Président du MoDem à s’exprimer, occultant le shadow cabinet qui égraine jour après jour des communiqués qui deviennent autant de lettres mortes pour celui qui n’a pas sa carte orange.

Pourtant, en s’imposant comme la candidate qui n’est ni à gauche, ni à droite et qui a enfin entendu ce que recherchait les Français, Marine Le Pen emprunte la troisième voie que Bayrou avait tracée : une idéologie impure abreuve donc nos sillons. Pour autant, la différence entre la gangrène haineuse de la Frontiste et la tâche besogneuse de notre Mouvement qui vise à travailler quelle que soit l’étiquette est abyssale : le MoDem ne propose pas de mettre les partis les uns contre les autres et de diviser la classe politique mais bien au contraire d'effacer les lignes partisanes pour œuvrer ensemble pour le bien du citoyen. Ce qui est clairement plus constructif et moins manichéen.

Mais de cela, les cadres du MoDem n’en touchent mot. Et au final, ce qu’ils disent, semble, aux oreilles des citoyens, n’être rien. Ou pas grand-chose. Ce qui en revient au même. Le MoDem est en jachère. Il entend cultiver sa réflexion pour y voir fleurir les plus beaux projets pour sa France. Mais il ne faudrait pas trop attendre. Car dans les champs d’à côté, la récolte a déjà commencé.

 

Et comme d'habitude, vous appréciez les si pertinentes caricatures de Le Placide ;o)

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 11:12

IEP - FN 2Alors que les Cantonales sont censées battre leur plein, les médias n’ont qu’une idée en tête : le Directeur du FMI sera-t-il oui ou non candidat en 2012 ? Delorism or not Delorism behaviour ? Comme si le monde devait s’arrêter autour de cette énigme cruciale. Et ce à plus de 15 mois de l’élection. On croit rêver.

 

Pendant ce temps, les candidats des Cantonales s’émeuvent comme ils le peuvent pour se faire un peu de lumière. Et pas toujours comme il le voudrait : ainsi Patrick Kanner, héritier désigné de Bernard de Rosier, a-t-il eu quelques sueurs froides quand les services de la Préfecture ont alerté le candidat socialiste d’un recours possible contre sa remplaçante Latifa Kechmir, qui travaille pour le Conseil Régional. Un principe de précaution qui sonne mal dans une campagne assez courte et qui verra peu d’événements. C’est d’ailleurs dans ce contexte de vide médiatique, que l’invitation de l’IEP de Lille d’organiser un débat en vue des Cantonales tombait à point nommé. Pensez donc : le seul débat officiel entre différentes sensibilités pour ces Régionales ! Sciences-Po en bon garant de la citoyenneté et des valeurs démocratiques avaient eu le nez creux. Les petits plats étaient mis dans les grands en préférant alors donner la parole qu’à de jeunes politiques et non aux plus médiatiques et aux plus rôdés à l’exercice. Une mise en bouche dont on se délectait par avance. J’étais pour ma part invité à ce festin, pour représenter les couleurs du Mouvement Démocrate. A m’en pourlécher les babines.

 

IEP - FN 4Cerise sur le gâteau : « De toutes les couleurs « , l’association qui proposait l’organisation de ce débat à Sciences-Po portait bien son nom puisqu’elle avait convié Nicolas Reynès, responsable des FNJ, à partager sa table.

La table était mise. Restait à affûter les couteaux et à passer à la dégustation.

 

Mais douche froide hier matin. Avec un communiqué de presse paru dans 20 minutes évoquant l’éviction du candidat FN de la table des débats. Au détour des ligne, l’on comprend en filigrane que ce n’est pas tant l’Association que le Directeur de Sciences-Po Lille qui est venu mettre son grain de sable dans la belle mécanique :

 

« Je n'ai donné aucune consigne, mais nous avions été échaudés il y a quelques années lors d'un débat sur l'avortement où des militants d'extrême droite et d'extrême gauche s'étaient bagarrés dans l‘école », explique Pierre Mathiot, directeur de l'IEP.

 

Et Tristant Haute,le Président de l’Association De toutes les couleurs, d’en conclure :

 

« Etant donné la frilosité de l'administration et les antécédents, nous avons préféré annuler l'invitation »

 

Le soir même, la mort dans l’âme, Tristant haute était contraint d’annuler tout bonnement le débat :

 

« L`association "De Toutes Les Couleurs" est au regret de vous apprendre que le débat sur les cantonales du 9 mars 2011 à l`IEP de Lille est annulé. En effet les conditions pratiques n`étant pas réunies pour que ce débat se déroule dans des conditions optimales, l`association a préféré annuler le débat. »

Etonnant volte-face : Partis pour offrir le festin dont nous prive l’ensemble de classe médiatique s’offrant l’occasion de donner une leçon de démocratie à la cité, Sciences-Po et l’association « De toutes les couleurs » se dégonflent comme une baudruche. 

 

IEP - FN 3Après enquête, je suis en mesure de vous dire la vraie raison de cette annulation. Nicolas Reynès s’est vu retirer son carton d’invitation parce qu’il y avait eu des précédents violents lors du débat sur l’avortement il y a quelques années. Refusant cette décision, il s’en est retourné auprès de… Marine Le Pen en personne, Présidente du Front National, qui en bonne avocate a fait son travail : elle a écrit à la Madame la Rectrice pour contester la partialité de l`IEP, même si, rappelons-le, l’organisation avait été confiée à l’association De toutes les couleurs. Elle prit également sa plume en menaçant de porter plainte auprès du Préfet et de la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Valérie Pecresse. Devant l’ampleur de l’événement, Tristan Haute a préféré battre en retraite de peur, dit-il, de voir les sympathisants du FN « débarquer de façon pas très amicale… ».

 

Que dire ? L’IEP, car il ne fait aucun doute aux dires de Monsieur Mathiot dans la presse et aux demi-révélations de Tristan Haute que Sciences-Po Lille a clairement fait pression pour que le FN ne vînt pas voire que le débat n’eût pas lieu, n’a-t-il donc rien retenu de l’Histoire ? N’a-t-il pas souvenir que c’est en voulant museler le Front National que ce dernier s’est retrouvé au 2ème tour de la Présidentielle en 2002 ? Que c’est en bêlant bêtement « F comme Fasciste et N comme Nazi » que l’extrême gauche a contribué à faire de lui une victime plus qu’un bourreau (sans oublier Bernard Henri-Lévy que d’aucuns prétendent qu’il est philosophe et qui perdure à le claironner avec bêtise et redondance sur tous les plateaux de télévision) ? Que c’est sur cette rhétorique que Jean-Marie Le Pen a construit l’ensemble de son œuvre en honorant toutes ses invitations d’une litanie rappelant qu’il était en permanence boycotté ?

 

On ne combat pas le Front National en voulant le censurer. C’est sur le terrain du débat qu’on l’affronte et qu’on le démonte. Mais enfin, est-il nécessaire d’en revenir à cette pensée de Voltaire, qui ne serait un cliché éculé et insupportable de redite s’il n’était pas systématiquement contredit dans les faits en France :

 

« je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire »
 
IEP - FN 5Il est étonnant de voir que la seule chose que l’on ait voulu retenir du débat entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon la semaine dernière c’est le jeu des petites phrases assassines qui ont émaillé leur discours et qui ont rempli tant de manchettes dans la presse. Dracula contre Yvette Horner : nul doute que cela résonnait comme un film de série B qui ferait les beaux jours de la TNT un soir d’Halloween. Il y avait pourtant bien plus intéressant dans la manière de débattre avec la Présidente du Front National : celle qui consistait à faire fi des joutes verbales et autres discours préfabriqués et récités sur partition pour ne conserver que les arguments bruts afin de les contester avec les arguments de la raison et du savoir :
  
 
Peu de gens peuvent s’enorgueillir d’avoir résister à la tentation, ne serait-ce qu’un instant de ne participer qu’à la foire d’empoigne. Même si, de par son tempérament et son populisme affirmé, Jean-Luc Mélenchon a clairement manqué de constance dans l’exercice, il faut s’inspirer de cette méthode afin de débusquer les non-sens et les aberrations voire les mensonges proférés par le Front National et par la voix de sa Présidente. Ils sont nombreux. Et j’avais tenté sur le terrain de la Laïcité de vous en faire la démonstration ici-même.
 
De la même manière, refuser la tribune au FN, c’est assurément jouer le rôle de sa victimisation, et de sa mise en sourdine « parce qu’il dit des choses vraies, lui » : discours insupportable à entendre encore aujourd’hui. Par pitié, sortons de ce jeu qui fait le lit au parti de Marine Le Pen. Cessons le massacre et écoutons l’Histoire.
IEP - FN 1Notre Sénateur-maire d’Arras Jean-Marie Vanlerenberghe avait pourtant montré la voie en mars 2009, en marge des élections européennes, quand il avait été pris à parti pour avoir laisser le Front National organiser une réunion publique au Casino d’Arras. Il avait refusé de céder à la tentation stérile de censurer le FN et avait rappeler la méthode à employer :
 
« Le Front National a loué une salle de la ville (le Casino) comme tout parti politique peut le faire à Arras. Il est clair que la municipalité d'Arras ne cautionne en aucun cas cette manifestation du parti de Jean-Marie Le Pen. Quant à mon attitude personnelle, elle est sans ambiguïté : tout mon parcours et mon engagement politique en attestent, je suis un humaniste et un démocrate et je combats les idées extrêmes d'où qu'elles viennent
 
Science-Po doit montrer la voie lui aussi. Cette institution a un devoir civique et démocratique et ne peut se contenter de botter en touche en prétextant un risque. Son devoir est de prendre ses responsabilités et d’organiser un débat entre républicains honnêtes. La Censure n’a jamais été bonne conseillère et meilleure garante de la démocratie. Et pour cause, quand on dérape en France, il existe une garantie qui protège les hommes contre leur bêtise et la haine : elle s’appelle la loi. Eric Zemmour vient d’en goûter les délices exquises. Sciences-Po n’a pas à se substituer à la loi. Juste à faire tourner avec excellence les rouages de la démocratie.


Addenda 1 : Notons que ce soir, Tristant Haute a tenu a apporté une précison refusant l'interprétation que j'avais émise sur les "pressions" subie par De toutes les couleurs. Il tient à préciser : "Sachez que la décision d`annuler le débat a été prise vendredi soir à 19h20 environ au Café Citoyen par les membres de l`association alors que nous n`avions eu aucun contact avec l`administration au sujet de cette affaire." Ce tout dernier point est démenti par d'autres sources...

 

Addenda 2 : Monsieur Mathiot a réagi à l’article ce soir et a tenu à préciser ceci : « Je regrette comme vous cette annulation mais je souhaite rappeler que cette conférence était organisée par une association étudiante, "De toutes les couleurs", qui a pris seule et sans aucune intervention de notre part la décision d'annuler. En tant que directeur de Sciences Po, je n'ai, depuis le début, pris aucune décision d'aucune sorte et n'ai fait que prendre acte hier matin de la décision du président de l'association. »

Et le Directeur de Sciences-Po d’ajouter : « L'école que je dirige s'honore d'être l'un des très rares lieux de débat neutre dans l'espace public régional. Nous permettons que se tiennent chaque année plus de 80 débats, rencontres ou conférences dans nos locaux au nom de notre mission de service public et, aussi, d'une très haute idée du débat démocratique. Qui, à Lille ou ailleurs, peut s'honorer d'un tel bilan? Je subis comme vous cette décision qui, au risque de me répéter, ne m'appartient pas. »


ll semblerait donc en recoupant mes informations que c'est bien l'administration de Sciences-Po qui a incité l'association De toutes les couleurs à annuler la participation du représentant des FNJ et non la Direction de cette noble Institution.


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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 16:26

Profs 2La semaine dernière, je vous avais conté les aventures ubuesques de ce professeur, qui, après dix années d’exercice, goûtait ou plutôt subissait les affres de la précarité… Contraint de se voir exercer sur deux établissements l’année prochaine tout en voyant débouler en cours d’année un étudiant faire des heures pour la même matière dans son établissement, dans l’indifférence la plus froide de sa Direction.


Le destin est farceur. Et vous lecteur allez le découvrir.

 

Le week-end dernier, son moral était au plus bas. Lui, l’éternel employé précaire malgré son concours de catégorie A. L’école n’était plus pour lui, lisiez-vous… Pour autant, il ne pouvait pas sur un coup de tête démissionner. Ne serait-ce que par respect pour ceux qui n’ont pas de travail. Ne serait-ce que parce que la période n’est pas véritablement au plein emploi et à l’audace sans aller à vau-l’eau. Alors il compta. Compta et recompta. Les heures, les besoins. Il lut. Lut et relut. Le BO et les forums sur le net. Quelques lueurs d’espoir pointèrent alors le bout de leur nez :


Tout d’abord, malgré une perte de 6h30 de français d’une année sur l’autre, on retirait au moins 10h30 de besoins… Restait à expliquer cette différence au pire, cette erreur au mieux…

 

D’autre part, le fruit de ses recherches accoucha d’une découverte. Non des moindres. Lecteurs, et plus précisément enseignants écoutez donc : les compléments de service sont un des points les moins réglementés de notre profession. Et surtout un des moins réactualisés. Le seul texte de référence est le décret 50-581 du 25 mai… 1950 ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est restrictif en la matière :

« Art. 3 (modifié par le décret n°99-880 du 13 octobre 1999) 1° Les fonctionnaires qui ne peuvent assurer leur maximum de service dans l'établissement auquel ils ont été nommés peuvent être appelés à le compléter dans un autre établissement public de la même ville»

 

Et le même décret de préciser :

 

« Les professeurs qui n'ont pas leur maximum de service dans l'enseignement de leur spécialité et qui ne peuvent pas le compléter dans un autre établissement d'enseignement public de la même ville peuvent être tenus, si les besoins du service l'exigent, à participer à un enseignement différent. Toutefois, les heures disponibles doivent, autant qu'il est possible, être utilisées de la manière la plus conforme à leurs compétences et à leurs goûts ».

 

Profs 1En d’autres termes, les compléments de service proposés en dehors de la commune d’exercice sont ILLEGAUX. C’est en substance ce qu’exprima une décision de justice rendue dans l’Académie de Grenoble en 2009. Et toutes celles qui osèrent s’opposer à un complément de service en dehors de la Commune d’exercice.

Notre enseignant était bien chanceux cette fois-ci : son complément de service était bel et bien prévu sur une autre commune. Fort de sa trouvaille, il reprit alors du poil de la bête… avant que son espoir ne vînt à être douché… sévèrement : un de ses collègues, délégué syndical, vint lui rappeler que ce type de démarche, lourde, si lourde, devait se faire auprès du Conseil d’Etat, et que la procédure pouvait prendre plusieurs années. Pas de quoi empêcher le complément de service, qui, non effectué, serait assimilé à un abandon de poste. On comprend pourquoi il y a si peu de recours à cette décision pourtant illégale. L’état hors-la-loi en toute impunité !

 

Restait ce fameux comptage d’heures qui restait opaque. Il avait beau calculer et recalculer, il ne retombait pas sur ses pieds… ou plutôt sur ceux de sa Direction. Entre temps le Conseil d’Administration (CA) du collège malgré le refus de vote de l’ensemble des représentants enseignants et parents entérina la proposition qui validait son complément de service. Par le seul vote de la Direction. Et l’on fera croire ensuite que les Conseils d’administration ont du pouvoir sur les décisions du collège ou encore que l’on a besoin de donner de l’autonomie au chef d’établissement : n’est-ce pas au contraire la preuve qu’il n’y a pas plus autonome que lui ?   

 

Profs 7Certains de ses collègues et amis se mirent avec lui à chercher la faille. Oh ! Pas tous ! Certains, à qui on ne le fait pas, et qui ont l’expérience avec eux, juraient par tous les grands diables qu’ils avaient « bien évidemment » recompté l’équation proposée par la Direction ! Ce n’est pas pour rien qu’ils s’étaient présentés comme tête de liste du CA, comme lors des deux voire trois dernières décennies ! Les délégués syndicaux eux n’eurent pas leur pareille pour encourager chacun d’entre nous à faire la grève mercredi après-midi contre la suppression des postes dans la région. Mais le combat de son propre collège était sans doute moins important. Ou pour le moins pas suffisamment résonnant pour s’illustrer auprès de ses pairs syndicalistes et ainsi revendiquer une décharge horaire suffisante pour l’année suivante. Il n’y a pas de place pour la lutte du terrain quand brailler dans l’abstrait vous absout de deux tiers de votre service devant les élèves… Et l’on s’étonnera encore une fois que les professeurs ne se syndiquent plus et ne se sentent pas représentés…

 

Finalement notre enseignant voyait le temps avancer et la solution s’éloigner de plus en plus.

 

Quand soudain, la lumière fut. Lumineuse.

 

Profs 6La Direction avait omis pour une raison qui semble rester occulte de compter toutes les heures de sixièmes et parmi elles, celle dévolues à l’aide à l’apprentissage qui comptent pour 2 heures hebdomadaires en classe de sixième dont la moitié pour le français. Des heures prévues dans les horaires planchers. 4 heures oubliées pour un complément de service de 4 heures ! L’équation était résolue. Restait à convaincre. Car il est une règle intangible dans l’Education Nationale : ce n’est pas celui qui détient la vérité qui a raison.

La Direction resta autiste à cette démonstration. Anonnant la même rengaine. Même mise devant une absurdité indéniable (On risquait de le voir faire 4 heures à l’extérieur tout en lui demandant à lui et chacun de ses collègues de 6èmes d’accepter une heure supplémentaire pour assurer le service !), elle semblait persister dans l’erreur. Mais le  ver  était dans le fruit…

 

Profs 5Jeudi soir, la libération. Convocation exceptionnelle et urgente des membres du CA et de notre professeur. La Direction reconnaissait une erreur. Confuse, elle qui « n’en avait JAMAIS commise une de toute sa carrière » ! JAMAIS. D’autant plus facile à affirmer quand personne n’a jamais essayé de débusquer quoi que ce soit dans un monde ou chacun doit rester à son rang et où la règle est celle du silence, droit de réserve oblige. Cette même Direction qui s’autorisa tout de même une boutade sous la forme d’une pirouette digne des plus grands prestidigitateurs : elle reprocha à notre enseignant de ne pas l’avoir rencontré plus tôt pour souligner cette erreur. Son erreur ! Elle qui fut réticente à venir le trouver pour le prévenir qu’un complément de service allait altérer son service et qui laissa la nouvelle se propager après le CA ! La Direction n’a peur de rien et surtout pas du ridicule…

Ceux qui avaient juré avoir recompté les équations et qui s’étaient finalement lourdement trompés reconnurent l’erreur de la Direction. Pas la leur.

Il y eut encore des discussions et un suspense quant à l’issue du processus. Mais le bon sens finit par triompher. Enfin. Et notre professeur, bien dépité en début de semaine, de ranger au placard le spectre d’un complément de service en ZEP.

 

Profs 4Moralité en mode perspective : Il serait aisé pour notre professeur de se sentir soulagé et d’en avoir oublié les résolutions qu’il avait prises quand il se croyait pris. Celles qui le conduisirent à envisager une autre carrière. D’autant plus aisé que combien avant lui sont passés par là ? Des centaines, que dis-je des milliers des collègues ? Pour autant, notre spécimen n’est pas de ceux-là. Certes, il n’est pas parvenu à convaincre tous les autres qui vont devoir exercer leur complément de service en dehors de leur commune de passer au combat. Encore moins à son délégué syndical le moindre encouragement à le faire. Mais la récupération de la « normalité » de son service n’effacera ni les doutes ni l’inanité d’un système qui mange les hommes après avoir déjà déconfit le savoir censé être prodigué aux élèves. Ce gain de cause ne lui redonnera assurément pas la foi. Tout juste du temps pour préparer sa sortie. Non par la petite porte. Mais par la grande.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 21:00

école1C’est une histoire un peu folle. De celle que l’on a peine à croire. De celle que l’on vit mal. Très mal. Celle d’un étudiant d’une vingtaine d’années. Il passe sa maîtrise de lettres modernes pour parfaire son cursus. Il enfile les années comme on enfile les perles ou comme on associe les pièces d’un puzzle : parce que c’est comme cela que le monde fonctionne. Pour payer ses études, il travaille comme cadre en entreprise. Il gagne bien sa vie pour un étudiant. Très bien même. Mais il travaille comme un forcené. 42 heures par semaine. Le reste du temps est consacré aux études. Il sèche souvent mais il compense. Ou tente de le faire. Puis c’est l’heure des choix. Quel avenir se choisir ? Contrairement à d’autres, il a déjà un parcours professionnel. La raison le guide alors. Et quand la raison s’associe à la sagesse populaire on se dit qu’elle est bonne conseillère. Sécurité de l’emploi, vacances, 18h de cours par semaine. Il n’en fallait pas davantage pour embrasser la carrière d’enseignant. Trois ans plus tard (oui car avec 42 heures par semaine en tant que cadre, préparer un concours ne se fait pas si aisément), il a le concours en poche. Le fameux CAPES. Le fameux concours de catégorie A. Le Graal.

La grande aventure commence. Le voilà enfin professeur de lettres. Classe en ville. Ca impressionne toujours vu de l’extérieur. Pendant des mois, il se réveille en souriant à l’idée qu’il est professeur, que cela fait partie de lui.

Au début, il faut accepter quelques concessions. C’est bien normal quand on débute dans une profession. On le délocalise pour faire son stage dans le Nord (il venait de région parisienne… autre étrangeté du système : plus on a besoin d’enseignants plus les postes de stagiaires se font rares…). Déraciné de sa famille, de son foyer, de ses amis. Il est jeune. Il s’y fera. Et tout le monde pense. Tout le monde le dit. C’est donc bien normal.

école2 - TERPuis vint le premier poste. Il a fait son stage dans un lycée. On lui a promis juré que les ZEP, à la si funeste réputation, n’étaient réservées qu’aux volontaires. On lui a aussi dit que la région manquait de professeur et que cela favorisait le mouvement. Résultat : il se retrouve à 107 kilomètres de Lille, à 1h40 de TER (soit 3h20 par jour), dans un collège et ce pendant… 6 ans. Six années durant lesquelles on lui répète inlassablement que cela le formera bien mieux qu’ailleurs. Six années durant lesquelles il a dû porter plainte contre des élèves trois fois à la police. Six années durant lesquelles on le rassurait en disant qu’il allait « cumuler » plein de points et que « cette année sera la bonne ». Six années durant lesquelles chaque mouvement accouchait du même sinistre refrain : pas de mutations.

Au bout de six ans : une sorte de libération. La mutation. A moins d’une vingtaine de kilomètres. Le Collège en question n’est plus en ZEP. il y a bien longtemps que ses espoirs de lycées se sont évanouis.  Les rêves sont évanescents dans l’Education Nationale. 15 mois plus tard, la douche est froide : son poste est supprimé. Il devient bénéficiaire d’une carte scolaire.

Son destin est remis au sort de la machine infernale : celle des mutations. A grands coups de cercles concentriques sur une carte, le premier poste disponible lui sera attribué.

Ecole4 - concoursLa mutation forcée est alors connue. Le messie. Enfin une once de lumière dans ce tunnel si sombre. Il se rapproche de chez lui. Et son nouvel Eldorado est classé dans le groupe 3, celui qui classe les établissements sans problèmes. Un groupe salvateur. Il causera sa perte. Mais pour l’instant, il savoure son bonheur qu’il croit durable.

Une veine diront certains. D’autant que sa situation semble pérenne : une remplaçante prend six heures en lettres et une de ses collègues part l’année suivante en retraite. De quoi être serein.

Il ne faut jamais se fier aux impressions d’autrui.

Aujourd’hui, à peine 5 mois après la rentrée, son poste est déjà menacé. Pour deux élèves de moins d’une année sur l’autre, on supprime une classe entière, laissant certaines à 30 élèves, dans certaines salles qui font à peine 28 mètres carrés. Le fameux groupe 3 place un couteau dans son dos : 29,99 élèves par classe quand on atteint 29,66. On ne plaisante pas avec quelques dixièmes et quelques centièmes d’élèves. Son sort est scellé : il sera sur deux établissements l’an prochain.

collège2Point de précaution pour lui annoncer. Point d’entretien pour tenter de lui présenter personnellement la chose. Point d’humanité en ce monde mécaniquement réglé par le Rectorat, cyniquement appliquée par la Direction de son collège. Il arrive le lendemain d’un Conseil d’administration à une réunion syndicale facultative pensant soutenir les collègues qui vont avoir besoin de soutien pour préserver leur poste. Candeur. Il découvre des tableaux de perspectives avec ses signes cabalistiques. Dans sa matière : « 5 HP (CDS) ». Le profane n’y voit que du feu. L’œil habitué n’y voit que les flammes de l’enfer : l’année prochaine, sa collègue qui faisait 6 heures n’existe plus dans cette prévision, et son poste est amputé de 5 heures qu’il devra effectuer en ZEP. Dans une autre ville. Retour à la case départ. Un emploi du temps étriqué est à prévoir : on ne risque pas de placer 4 heures de suite de français le même jour. Plutôt une heure par jour. Devoir se déplacer pour une seule heure dans la journée, puis attendre d’être à nouveau « planifié » dans l’autre établissement toute l’après-midi. Voilà la réalité du métier.

Il prend la nouvelle en pleine figure. Personne ne l’avait prévenu. Personne ne l’avait averti. Personne n’avait pris les précautions nécessaires à la nouvelle. On ne fait pas dans l’humain ici. Et le principal qui improvise une réunion après les cours pour clarifier la situation le répète : en sa qualité d’ « expert » il est là pour faire appliquer les chiffres. Pas pour contester. Il faut bien le comprendre. Pourquoi être le grain de sable dans une mécanique qui vient de lui promettre 6000 euros sur 3 ans pour respecter les objectifs, et quand son propre supérieur hiérarchique en touchera jusqu’à 22000 pour le même dessein. L’enseignant lui pourra compter les postes supprimés pour s’endormir. Et de se réjouir de ne pas être de ceux-là. Le veinard.

billetsEt le pire dans tout cela, c’est qu’au mois de février 2012, sa collègue va effectivement partir en retraite. Et l’on fera appel à alors à un vacataire, qui n’a peut-être même pas le CAPES, sans doute pas de Master, et qui viendra faire des heures dans son collège alors que lui continuera à assurer l’alternance entre deux établissements. Entre deux villes. Iniques ? Vous pensez ?

Aujourd’hui il  est amer. Après presque dix ans dans l’éducation nationale, il a encore un emploi précaire. Il ne sait pas de quoi sera fait l’année prochaine. Impossible dans ces conditions de s’intégrer à une équipe, d’établir de projets, un plan de carrière. L’incertain est son quotidien. L’éphémère est sa  vocation. L’indifférence quant à sa situation son sacerdoce. Il a passé un des concours les plus difficiles et les plus courus de la fonction publique et sa situation ressemble à celle d’un demandeur d’emploi. Son pôle emploi s’appelle le Rectorat. Premier employeur de la région. Cherchez l’erreur.

Le voilà enfin professeur de lettres. Classe en ville. Ca impressionne toujours vu de l’extérieur. Pendant des mois, il se réveille en souriant à l’idée qu’il est professeur, que cela fait partie de lui. Naïveté confondante avec le recul. Aujourd’hui il se réveille en tentant de l’enlever de son « moi ». L’Ecole n’est plus pour lui. Mais à 34 ans, il était temps de s’en rendre compte.

Yves Delahaie.

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 19:41

FN12Les sondages se suivent et se ressemblent : il va falloir faire avec Marine Le Pen et compter sur elle pour les Présidentielles de 2012. Créditée de 17 à 18% des intentions de votes, suivant le cas de figure, elle prend le rôle potentiel du « troisième homme », se permettant même le luxe de talonner le PS, si celui-ci venait à faire de sa secrétaire nationale son candidat officiel. Contrairement à ce que l’on entend ici ou là, ce n’est pas une première pour le Front National : déjà en 2006, Jean-Marie Le Pen était crédité de 15% d’intentions de vote, jusqu’à 17 même, pour un résultat final qui peina à dépasser les 10…

Pour autant, Marine Le Pen compte, et cela c’est nouveau, un potentiel de voix et de sympathie, largement supérieur à celui auquel pouvait prétendre son père.

Dès lors s’organise, la riposte face à celle qui flatte les peurs et les angoisses des Français. Contrairement à 2002, le spectre du front Républicain pour affronter la « bête » n’est guère évoqué, et pour cause : l’accession du FN au 2ème tour a suffit à montrer que la diabolisation stérile n’avait aucun sens et que plus que jamais les espoirs de Voltaire avaient vocation à être atemporels : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Reste que personne ne s’accorde sur les méthodes et les sujets à aborder pour un tel débat.

Certains n’hésitent pas à aborder le sujet de l’immigration ou de la sécurité, deux thématiques prisées par les Nationalistes, mais leur vision ne nuançant et ne dépassant pas la rhétorique lepeniste, ils tombent dans l’écueil du cynisme et du à qui mieux mieux, comme les fameux débats sur l’identité nationale. Les électeurs préféreront toujours l’original à la copie et le Gouvernement est en train d’en faire l’amère expérience.

FN02 - DuhamelD’autres, contournent le débat, soit dans une politique de l’autruche soit dans une tactique du plus malin. Cette dernière est celle que croit détenir Alain Duhamel, qui de plateaux en plateaux, n’en finit pas de se vanter d’avoir coincé Marine Le Pen dans A vous de juger sur un sujet qu’elle maîtrisait mal : l’économie. S’il est vrai qu’elle s’est empêtrée dans des sentiers où elle n’est visiblement pas à son aise, si son argument sur la sortie de l’Euro a de quoi faire sourire même les béotiens, force est de constater qu’Alain Duhamel s’est surtout singularisé ce jour-là par son agressivité, reprenant tel le maître d’école l’allemand écorché de Marine Le Pen, qui  échoua sur les gutturales du Der Spiegel… Il n’y avait pas de quoi faire basculer des milliers de voix. En outre, l’économie est un sujet complexe et peu maitrisé des citoyens lambda : Alain Duhamel pense-t-il réellement que cela suffira à décrédibiliser le discours de la nouvelle Présidente du Front National ? Assurément non.

Dès lors, il n’y a qu’une seule pratique possible. Si l’on veut réellement affronter Marine Le Pen et le Front National, il faut s’armer de courage et l’attaquer sur son point fort. Même si elle le revêt d’un costume républicain pour appâter les foules : la laïcité. L’habit ne faisant pas le moine, il est temps de rétablir quelques vérités sur cette rhétorique qui dope la machine à voix et qui pourtant n’est fondée que sur de la manipulation.

 

FN01 - LaicitéCar le principal problème de Marine Le Pen, mais elle n’est pas la seule dans ce domaine, est qu’elle a sa définition propre de la laïcité. Cette exigence républicaine est née en 1905 et sépare l’Eglise et l’Etat. En d’autres termes, tout ce qui appartient au religieux relève de la sphère privée et ne peut ni ne doit avoir un lien, une inspiration ou un financement d’ordre public.

Elle a donc raison quand elle reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir voulu revoir cette loi « garde fous » de 1905 pour financer les mosquées en France ce qui n’aurait été qu’ouvrir la boîte de Pandore.

FN03 - quickElle a donc raison quand elle s’offusque que Quick, détenu à 95% par la Caisse des dépôts et des Consignations, donc par l’ Institution française, n’offre dans certains de ses restaurants qu’une carte hallal, car la certification hallal implique le reversement d’une partie des recettes aux autorités religieuses (qui pour l’Islam relève du grand flou artistique en outre, puisque cette confession ne connaît pas d’ « église » officielle).

Elle a enfin presque raison lorsqu’elle déclare dans son discours de Tours du 16 janvier qu’elle fera  inscrire dans la Constitution : « La République ne reconnait aucune communauté ». A un détail près et non des moindres : cette subtilité existe déjà in fine dans la Constitution puisque la Nation est une et indivisible… Pour autant, il y a quelque chose de gênant chez Marine Le Pen : sa conception de la laïcité semble s’arrêter là où commence l’islam… L’a-t-on entendu la revendiquer quand un professeur à Manosque a diffusé des tracts évangélistes anti IVG assorti d’un montage filmique horrifiant à ses élèves ? Ou encore lorsque Nicolas Sarkozy a fait allégeance à Rome au Pape pour obtenir la rédemption suite à l’affaire des Roms ? Entend-on la chef du Front National s’offusquer de la règle d’exception dont bénéficient l’Alsace et la Lorraine depuis qu’elles sont revenues à la France et qui ne respectent pas la laïcité puisque l’Etat Français paye ses prêtres ?

Cette dénonciation de l’islam, davantage que l’islamisme, tourne même à l’obsession chez la Présidente du FN  quand elle dit à Tours tout au début de son discours, alors qu’elle ne traite pas du tout de la question de la laïcité :

 

« L’Europe n’est pas un califat, la France n’est pas un califat, elle ne l’a jamais été, elle ne le sera jamais. »

 

FN13 - dubuisson6Il n’y a qu’à taper le mots clefs « laïcité » sur le site officiel du Front National pour s’en rendre compte : sur les 35 articles qui apparaissent, au moins 30 traitent tout ou parti de l’Islam… et pas seulement de l’islamisme. Les autres sont très révélateurs de la « laïcité » version Front national :

Le premier est signé Michel Guiniot, Président du Groupe FN au Conseil Régional de Picardie, qui s’indigne de la décision du Tribunal Administratif d’Amiens d’interdire l’installation d’une crèche sur le domaine public à Montiers, petit village de l’Oise proche de Saint-Just-en-Chaussée. « Au prétexte de la laïcité », précise-t-il. En rappelant un commentaire bien étrange : « Pourtant cette tradition chrétienne dépasse de loin et depuis bien longtemps, le cadre strictement religieux. »


Un second est titré « opération nauséabonde en Picardie » est l’œuvre de Wallerand de SAINT JUST, Secrétaire départemental du FN dans la Somme. Ce Conseiller Régional de Picardie s’offusque qu’une « association ait été autorisée à faire voter les lycéens picards à propos d’albums de bande dessinée et, surtout, à propos de l’album de M. Dubuisson La Nostalgie de Dieu. » La raison de cette indignation ? L’opus de Dubuisson est « violemment anticatholique et particulièrement vulgaire sur le Pape, la Vierge, Jeanne d’Arc… ». Et le frontiste de déplorer que le Conseil Régional et l’Education Nationale puissent promouvoir « ce genre d’ouvrage provocateur à la haine contre les Chrétiens ». Parce que ce type d’affiche n’est il pas de nature à provoquer l’amalgame et la haine contre les Musulmans ?

 

FN04 - affiche islam

 

Ou encore :

 

FN11 - affiche2

 

Le Front National serait-il donc prêt à défendre la laïcité… tout en prônant le retour de l’interdiction de blasphème, disparu de notre loi depuis la Révolution française ? Enfin, de blasphème envers les catholiques car il est permis de douter que Monsieur de Saint Just eût le même genre de réaction si les lycéens avaient eu à décerner la meilleure caricature de Mahomet…

Cette clémence envers la religion chrétienne n’est pas nouvelle. Et ceux qui estiment que Marine Le Pen a rompu définitivement avec les traditionnalistes se trompent lourdement. Il suffit d’écouter à nouveau son premier discours de Présidente prononcé à Tours le 16 janvier pour s’en convaincre :

« Que visaient si ce n’est la construction et la consolidation de l’unité nationale le Baptême de Clovis, l’œuvre des rois unificateurs, Henri IV et son « Paris vaut bien une messe », les bâtisseurs de nos cathédrales, les codes de Bonaparte, les hussards noirs de la troisième république, les résistants de 40 ou les soldats de notre empire ?
Nous sommes les héritiers de cette œuvre millénaire, et nous en bénéficions chaque jour, sans même nous en rendre compte !
 »

FN05 - ClocloLes profanes n’y verront que du feu, mais il est tout de même remarquable que dans la longue énumération des fondations de notre Nation française ne figure pas la Révolution Française, mais figure en toute première place le Baptême de Clovis. Clovis, qui est pour les Catholiques, le premier roi chrétien de France, véritable naissance spirituelle du pays, voire le « baptême de la France », comme le note Fiammetta Venner dans son étude « Extrême France », publié en 2003. Le 1500ème anniversaire de son baptême fut fêté en grande pompe en 1996 avec la venue de Jean-Paul II, accueilli par le bigot Jacques Chirac, événement qui choqua tous les défenseurs de la laïcité (anniversaire fut bien évidemment très suivi par les membres du Front National comme le rappelle Fiammetta Venner dans son livre).

Dans l’hommage de Marine Le Pen aux « pères » fondateurs de la Nation, les Révolutionnaires, eux, sont tous simplement occultés, eux qui sont honnis par les Traditionnalistes pour avoir osé abolir la Royauté (n’oublions pas qu’à l’époque, le Roi représentait Dieu…) et initier ce qui deviendra la loi de 1905… Si Marine Le Pen n’est pas catholique traditionnaliste, disons qu’elle leur donne les gages d’une Histoire partagée…

FN07 - Jeunes avec GollnischEt pourtant, cela ne suffit pas à certains membres du Front National. Et parmi eux, « les Jeunes avec Gollnisch » qui digèrent mal la défaite de leur protégé et plus encore la laïcité vue par Marine Le Pen :

«Le discours présidentiel d’hier, en définissant la laïcité comme le confinement de la religion à la vie privée, s’interdit de rattacher la nation à des principes supérieurs. (…) Invoquer la laïcité contre la prolifération des mosquées, c’est s’interdire du même coup de pouvoir construire des églises en France, c’est encore s’offusquer du caractère ostentatoire de nos clochers et de nos calvaires. Reléguer la religion à la vie privée, et ne vouloir lui conférer aucune expression publique, c’est renier 1500 d’histoire de France où le christianisme a pénétré notre civilisation, notre philosophie, notre calendrier, notre tissu social, nos traditions. »

Et ces fameux jeunes avec Gollnisch d’ajouter :

« Cette conception de la laïcité, qui n’est pas une juste distinction entre le domaine temporel et le domaine spirituel, mais bien une séparation des deux sphères là où l’islam les confond toutes les deux, est donc, au même titre que l’Islam, contraire à l’âme et au génie français. »

FN08 - Louis AlliotEn d’autres termes, puisque l’Islam confond sphère privée et sphère publique, puisque pour les islamistes (synonymes de Musulmans ici  –sic- ) la loi religieuse domine la loi de la République, pourquoi donner une définition aussi « restrictive » de la laïcité ? Autrement dit pour combattre les atteintes faites par certains islamistes, luttons à armes égales en faisant fi de la laïcité… Dès qu’il s’agit de promouvoir la religion catholique, le Front National n’hésite pas à adopter une définition assez proche de la laïcité que celle que promeut un certain Tariq Ramadan à ses disciples…

Il ne faudra donc pas s’étonner à ce que Louis Aliot, secrétaire général du FN, mais aussi compagnon et boîte à idées de Marine Le Pen à en croire Rue 89, appelle les militants à se joindre à la marche pour la Vie le lendemain du Congrès de Tours :

« Louis Aliot demande aux sympathisants et aux adhérents du Front national de se joindre à la Marche pour la Vie organisée le dimanche 17 janvier (14h30 place de la République), à l’initiative du collectif En marche pour la Vie , regroupant de nombreuses associations de défense de la Vie et de la famille. »

manifestation-provie-48Etonnante invitation de la part d’un parti qui se revendique comme défenseur de la laïcité et qui demande à ses adhérents de cautionner un mouvement provie, franchement traditionnaliste, et qui renferme quantité d’évangélistes, de charismatiques, de pentecôtistes et autres milices anti-avortement qui n’hésitent pas à envoyer des cœurs de bœufs ensanglantés aux partisans de la loi Veil, qui prônent pour le choix de chacun et à faire des opérations commando dans les cliniques, « au nom de la vie qu’a donnée Dieu »…

Comme vous le voyez, l’on ne pourra pas me reprocher d’avoir sorti de vieux dossiers du FN. Car bien d’autres avant moi avaient prouvé le rôle des catholiques traditionnalistes dans la matrice du FN, comme Caroline Fourest et Fiammetta Venner dans Tirs Croisés :

« Même divisé, le catholicisme radical constitue aujourd’hui une véritable posture politique ultra-réactionnaire, où le traditionalisme liturgique est devenu secondaire au regard des combats moralistes.  Ses militants les plus actifs forment l’une des composantes majeures de l’extrême droite française. »

FN10 - tirs croisésEt les deux auteurs d’ajouter : « D’une façon générale, la plupart des cadres du Front national militent au nom d’une vision particulièrement radicale du catholicisme. C’est encore plus vrai depuis que les nationaux-radicaux ont claqué la porte du parti. Et cela s’est encore accentué depuis la scission du FN. Restés fidèles à Jean-Marie Le Pen lors du putsch avorté de Bruno Mégret, les catholiques intégristes structurent aujourd’hui  la matrice idéologique d’un parti dont le candidat s’est retrouvé au second tour des élections présidentielles de 2002. »

Point de vieux dossier ici, que des déclarations, des dépêches et des communiqués datant de moins d’un trimestre. Il faut croire que le FN a du mal à se détacher de ses vieux tocs. Fidèles à leur maître à penser, lui qui dénonce le radotage de ses détracteurs au sujet de la question du « détail » et qui sortit il y a 15 jours de sa vie politique de la manière la plus élégante qu’il soit. A propos de l’affaire d’un journaliste, molesté par le service d’ordre du FN, et dont Jean-Marie Le Pen disait qu’il avait déclaré avoir été agressé du fait de ses origines juives, il ajouta : « Cela ne se voyait ni sur sa carte d'identité ni, si j'ose dire, sur son nez »… Au FN comme dans bien d’autres endroits, il y a des choses qui ne changeront jamais…

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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