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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 21:51

C’est donc aujourd’hui à 15 mois du scrutin que Jean-Luc Mélenchon a décidé de se lancer dans la bataille présidentielle. L’ancien sénateur PS fut encouragé par le bureau du PC dès mi-décembre, quand, officieusement, mais tout en prenant le soin de laisser fuiter l’information, ce dernier s’est résolu à le soutenir pour 2012, leur candidat naturel André Chassaigne ne pouvant, en si peu de temps, rattraper son déficit de notoriété. Le spectre d’une débâcle version 2007 (1,97 %), celui d’une troisième présidentielle consécutive sous le seuil fatidique du remboursement des frais de campagne et enfin la préparation des échéances futures, comme les législatives, qui à elles seules peuvent laisser en vie le grand malade PC sous perfusion (à raison de 1,63 euros par voix obtenue, de même qu’un groupe à l’assemblée et sa batterie d’avantages en termes de secrétariat et d’enveloppes diverses pour financer la communication) ont fait le reste.  

Jean-Luc Mélenchon n’aura donc pas attendu trop longtemps. Est-ce un hasard si cela intervient en pleine tourmente médiatique alors que Plantu l’a durement comparé à Marine Le Pen dans une caricature parue dans L'Express du 19 janvier 2011 ?

 melenchon-copie-1

Toujours est-il que dans la foulée de sa candidature, le leader du Front de gauche en a profité pour donner son accord pour une interview avec Marine Le Pen le… 14 février sur RMC. Le jour de la Saint Valentin. De quoi relancer les rumeurs sur l’idylle évoquée par Plantu sur le thème du populisme. Mais le débat sera surtout l’occasion d’effectuer un point… de rupture : « je vous remercie de tout cœur de me donner cette occasion d’entrer dans un débat qui va être nécessairement complexe, rude mais qui va enfin nous permettre de sortir de cette espèce de logorrhée sur les populismes mais qui arrange tellement les possédants. » a-t-il déclaré ce matin au micro de Jean-Jacques Bourdin

melenchonEn début de semaine, Mélenchon s’était autrement plus irrité dans un communiqué suite à la publication de l’Express : « Je dénonce l'odieux amalgame auquel se livre le dessinateur Jean Plantu (...) lorsqu'il me représente en uniforme et brassard lisant le même texte que Mme Le Pen et mettant dans ma bouche le slogan 'Tous pourris ! », s’offusquait alors Mélenchon mercredi. « Stupide politiquement, ce dessin amalgame deux programmes et traditions politiques diamétralement opposés. Blessant sur le plan humain puisqu'il nie mon identité et mes combats, il contribue à la confusion politique qui, sous prétexte de lutte contre le populisme prêche le maintien de l'ordre établi », précisait-il. « Jean Plantu ne fait plus réfléchir, il aveugle », assénait-il enfin en guise de conclusion.

Il est vrai que Plantu n’y est pas allé par quatre chemins : non seulement Mélenchon et Marine Le Pen sont mis sur un même pied d’égalité (position, geste, discours provenant d’une feuille commune), mais il faut aussi souligner toutes les allusions au fascisme qui dégoulinent de cette caricature à travers le brassard ou le poing levé.

On peut parfaitement se lamenter que Jean-Luc Mélenchon use des mêmes armes que Marine Le Pen en terme de rhétorique, en appelant au bon sens populaire, en mettant en pâture des exemples caricaturaux pour en faire des cas d’école, ou en faisant comme si l’Europe était le maux de tous nos problèmes. En un mot de céder à la tentation du populisme pour être populaire. Déjà l’Express l’avait mis devant le fait accompli en septembre dernier ; et Mélenchon avait assumé. Non sans cynisme : « Je n'ai plus du tout envie de me défendre de l'accusation de populisme. C'est le dégoût des élites - méritent-elles mieux ? Qu'ils s'en aillent tous ! J'en appelle à l'énergie du plus grand nombre contre la suffisance des privilégiés. Populiste, moi ? J'assume ! ».

Il n’empêche : peut-on les mettre dans le même sac, sous le seul prétexte que Mélenchon pratique la rhétorique de la terre brûlée quand il évoque l’intelligentsia politique, de la même manière que Marine LePen dénonce l’UMPS ? On se souvient que François Bayrou avait été taxé de « Le Pen light » quand il s’était, sans doute maladroitement, engagé dans une dénonciation de la dictature des sondages durant les Européennes. Cela revient-il à dire que celui qui s’oppose au système de pensée dominant, celui qui conteste la mainmise par la bipolarisation, doit subir l’étiquette du « tous pourris » et se voir rapprocher de s’approprier la rhétorique LePeniste ?

Pire : si le FN a toujours flirté non sans risques avec la pensée extrémiste, notamment concernant l’immigration, bien aidé par un leader qui a multiplié les calembours douteux jusqu’aux tentations négationnistes, peut-on affirmer sans vergogne que le discours de Mélenchon frôle les rives d’une quelconque dérive fascisante ? Sa dénonciation du capitalisme et surtout du néo-capitalisme est sans concession, jusqu’à l’outrage, mais jamais elle n’arrive à l’ostracisme voire à la haine de l’autre comme le FN s’évertue à le faire depuis plusieurs décennies.

A moins de considérer que le sort réservé par le FN aux Français issus de l’immigration soit semblable à celui que Mélenchon réserve aux riches, aux privilégiés, aux « possédants » ?

Il faut aussi se rappeler que Jean-Luc Mélenchon s’est toujours opposé à la vindicte populaire qui s’était abattue sur la classe politique après les affaires de cigares et d’appartements qui avaient secoué l’UMP l’an passé. Interrogé par Benoit Dusquesne sur le thème dans Complément d’enquête, il avait refusé de prendre le bâton tendu par le présentateur pour taper sur le train de vie des politiques. Ceux qui le croyaient alors poujadistes l’avaient écouté à leur dépens :

 

Il ne faudrait pas oublier qu’il y a une différence fondamentale entre le fond et la forme d’un discours. Si la rhétorique employée par Mélenchon est à s’y méprendre assez proche de celle qu’utilise Marine LePen, si leur point de vue peut se rejoindre sur l’euro et plus généralement sur le souveraineté de la France au sein de l’Europe, peut-on pour autant confondre les idéaux défendus par le Front de Gauche, héritage du communisme et de la branche anticapitaliste du PS avec les thèses frontistes, qui font des immigrés les boucs émissaires et la raison de tous nos maux ? Peut-on comparer la vision sans concession de la laïcité prônée par Mélenchon avec celle de Marine LePen qui la délimite là où commence seulement l’islam ? Peut-on comparer la vision libérale dans les mœurs de Mélenchon avec la vision ultra conservatrice de celle qui prône la peine de mort dans certains cas, et dont l’électorat (et le père !) s’est toujours singularisé dans ses combats contre l’avortement et l’homosexualité (même si Marine Le Pen tente de revenir timidement sur ces sujets, elle a récemment remis en question la gratuité de l’IVG par exemple) ?

marine-copie-1Et l’on peut même se poser une question dans laquelle on peut aussi intégrer Marine Le Pen : si certains usent et abusent d’une rhétorique populiste, est-ce seulement pour assouvir leurs visées électoralistes ou n’est-ce pas parce que le cirque médiatique ne donne la parole qu’aux mêmes personnes, qu’à cette prétendue seule alternative droite/gauche qui a pourtant montré depuis des années sa vacuité dans l’action et le caractère boisé de sa langue ? N’est-on pas tenté, voire sommé de faire « un coup » pour exister dans une société dirigée par ceux qui décident, parlent et pensent à votre place ? Mélenchon est critiqué pour avoir insulté des journalistes. Pour autant, n’a-t-on jamais autant parlé de lui ? Ne serait-ce pas là une réflexion à mener au-delà de la rhétorique « tous pourris » aux relents poujadistes qui n’aide en rien la vision politique du pays (mais le reproche pourrait être fait au Petit Journal et aux Guignols de l’info dans ce cas !) ?

Le jeu de mots sera jugé facile mais il est à l’image de la gratuité du raccourci fait par le caricaturiste : Plantu s’est planté. Durement. Et cela est d’autant plus regrettable que l’homme continue de faire rire et surtout de faire réfléchir. Sa responsabilité en est d’autant plus grande.

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 21:11

Le moins que l’on puisse dire, c’est que mon portrait d’Hervé-Marie Morelle, candidat aux cantonales du canton de Lille Sud-Est pour l’UMP et accessoiriste du Lip Dup de la Majorité présidentielle, a suscité de vives réactions. Très vives mêmes.

peintreNombreux sont ceux qui ont reconnu parfaitement le personnage qu’ils côtoient. D’autres, ne le connaissant peu ou pas du tout, ont pu découvrir cet héritier de la droite sarkozyste qui n’annonce rien de bon pour les années à venir. Enfin, il y eut les fidèles parmi les fidèles d’Hervé-Marie. Remontés comme jamais, ils n’ont pas attendu pour tenter de dégainer. Et de me reprocher d’avoir fait une attaque ad hominem qui n’honore pas le combat politique. Est-il nécessaire de rappeler que ma peinture n’a touché que l’homme politique, Monsieur Morelle dans ses tergiversations de terrain (lui qui s’en revendique à qui mieux mieux), Hervé-Marie lorsqu’il était en action dans le débat d’idées ? Faut-il encore préciser que les cantonales sont scrutin uninominal, et qu’avant de voter, les électeurs sont en droit de connaître l’homme qu’ils ont en face d’eux, dès lors que le portrait ne veille pas à fréquenter les sentiers odieux du graveleux ? Rien de tout cela dans mon trait. Je l’assume.

 

Pour autant, certains ont franchi des limites. Du ridicule, c’était attendu. De la courtoisie, cela n’était en soi pas surprenant. De l’ignominie : là c’est plus grave. Jeudi soir, en sortant du métro, je découvre un message. Afin de ne pas trahir la pensée de son auteur, je vous le livre tel que je l’ai reçu :

« BONSOIR.

j'excuse que des excuses publics soient faite envers herve marie morelle , ce genre de comportement est indoigne de l'image que vous souhaitez donner de vous : un homme de cœur dynamique en fait vous etes un pietre arriviste qui se sert de toutes les opportunites                                                        faute d'excuses publique avant samedi soir , j'engage avec une action anti glaneur pour expliquer à vos clients qui vous etes »

 

Le message est signé Adel Bouzekri, avec l’adresse de campagne d’Hervé-Marie Morelle en copie.

  

La menace sera réitérée quelques minutes plus tard puis envoyée en copie à la Fédération du MoDem Nord le soir-même, se précisant ainsi :

« nous exigeons donc des excuses publiques de :

                                                               1) MR DELEHAYE YVES

                                                               2) du MODEM NORD

 ces excuses doivent imperativement etre formulee avant dimanche matin , nous n'oublions pâs que MR DELEHAYE essaye de se donner bonne conscience avec la tente des glaneurs , un incident etant vite provoque

nous ne souhaitons pas en arrive là mais tous le staff est pret , la balleest dans votrre camp »

  

Quelques précisions (outre le fait que mon nom ait été écorché… un détail) : depuis décembre je suis Président d’une association qui tente de redonner de la dignité aux personnes qui, dans le besoin, sont contraints de fouiller parmi les poubelles et les cageots abandonnés par les commerçant en fin de marché. L’association redistribue ce que les commerçants ne peuvent plus commercialiser mais qui reste apte à la consommation. J’ai pris la peine de ne JAMAIS l’évoquer dans ce blog, afin de ne pas enfreindre une ligne d’éthique : ne jamais mélanger l’engagement associatif et l’engagement politique. Aujourd’hui, devant une telle menace, je suis contraint de soumettre l’affaire à votre jugement : une personne s’est permise de prendre en otage une association de redistribution alimentaire, à visée caritative, pour justifier une vengeance politicienne. Comment peut-on tomber aussi bas ? Comment d’aussi vils actes peuvent-ils exister dans notre société ? Pourquoi les bénéficiaires de cette association devraiten-il être les tributaires et les victimes d’un règlement compte digne de bandes mafieuses les plus crapuleuses : « un incident est vite arrivé »…

 

Qui est Adel Bouzekri au juste ? Un sympathisant UMP à en croire la page de Marc-Philippe Daubresse, vice-Président de la Majorité Présidentielle.

 

AB1

Plus précisément, il fait partie du Conseil de quartier de Wazemmes, où il se singularise par des prises de paroles intempestives et des prises de positions que nous qualifierons de dérangeantes pour le démocrate que je suis (je n’en dirais pas plus car contrairement à lui qui s’étale dans la presse, je rappelle que les débats tenus en Conseil de quartier doivent rester officieux et secrets). Il s’était déjà montré sous un jour déjà fort peu sympathique, à la sortie d’un conseil, alors que je m’indignais de la décision des Supermarchés Match de s’asseoir sur une décision de justice et de forcer les ouvertures dominicales, au grand dam des caissières, qui n’ont pas d’autres choix que d’accepter le bras de fer avec la direction. Ce monsieur, qui travaille en qualité de consultant en immobilier, m’avait alors répondu « Ben moi je travaille bien certains dimanches et je ne me plains pas » ! Il est vrai que sa situation financière et professionnelle est en tous points comparables à celles de caissière de supermarchés…

 

Suite à ce courrier, Monsieur Hervé-Marie Morelle s’est empressé de réagir en se désolidarisant des menaces de Monsieur Bouzekri :

« Cette initiative de soutien est indépendante de l'organisation de ma campagne et même si elle peut être révélatrice de l’indignation de plusieurs personnes ayant lu l'article du blog écrit par votre militant, elle n'est en aucun cas une initiative soutenue et engagée par moi ou mon équipe. »

Vous remarquerez que Monsieur Hervé-Marie Morelle prend tout de même la peine et le temps de comprendre la réaction de son « collègue ». Presque de la justifier.

 

Toujours est-il que Monsieur Bouzekri a été contacté par de nombreuses personnes et a été dissuadé d’agir. Aujourd’hui, en plein marché, il fut aperçu. Mais suffisamment loin de l’association. Il n’y eut point d’esclandre.

 

Mais pour répondre à Monsieur Bouzekri, je veux bien faire des excuses publiques. Oui ! Je tiens à faire des excuses publiques… A LA LANGUE FRANCAISE. Car sans mon portrait, il n'y aurait pas eu tant d'entorses langagières. Comment peut-on écrire avec autant de fautes, autant de gaucherie et aussi peu de style ? Les menaces et les insultes doivent, pour être prises au sérieux, être pour le moins être rédigées dans un langage châtié et non point de la sorte. Alors pour aider ce Monsieur à sortir de cette impasse que représente son verbiage odieux, ce vomi verbal, que dis-je cette logorrhée d’analphabètes (quelle publicité pour l’immobilier ! ), je lui dédicace cette vignette d’Hergé :

 

jurons-Capitaine-Haddock

 

PS : Notons que pour moi l’affaire est close. A présent, je m’attaquerai à la seule chose qui compte : les idées et le programme d’Hervé-Marie Morelle. Mais ne pouvant que supposer les unes, et n’ayant pas trace de vie de l’autre, l’attente atteint ma patience…

 

PS2 : C’est bien la seule et unique fois que j’évoque ici même mon association. Croyez-moi, c’est bien malgré moi que je le fais. Puissions nous laisser tous les bénévoles et les bénéficiaires faire le fabuleux travail qu’ils effectuent chaque dimanche (et je ne m’inclus pas dans cette phrase parmi eux).

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 14:03

Il se présente comme le plus jeune candidat investi par l’UMP de la région. Tout sourire, ce lundi 3 janvier à Faches Thumesnil,  aux côtés du vice-président de l’UMP Marc-Philppe Daubresse et du Président des Jeunes Pop Benjamin Lancar, le premier, gardien de la nouvelle mouture façon Copé, le second représentant l’ancienne garde façon Bertrand.  Toute la famille de la droite gouvernementale est réunie autour de ce futur cadre amené à occuper des responsabilités, à en croire son blog éponyme.

 

Mais qui est au juste Hervé-Marie Morelle ? Les citoyens du canton de Lille Sud-Est connaissent-ils véritablement celui qui va se présenter au suffrage universel en mars prochain ?

HMM3Une petite recherche sur google sur le personnage donne rapidement le vertige : les occurrences sont nombreuses. Très nombreuses. Mais ce qui frappe l’œil, ce sont surtout les polémiques qui abreuvent les premières pages : héros d’un esclandre au conseil municipal de Lille, chef de fil des anti-blocage à Lille 3, des sobriquets peu avantageux comme « H meuh meuh » ou « troll »… Mais aussi, défenseur et soutien inconditionnel de son « ami » Benjamin Lancar, même quand ce dernier s’égare en faisant l’éloge de Pierre Laval, Président du Conseil sous le régime du maréchal Pétain et symbole de la collaboration, qu’il présente comme un membre "d'une classe politique autrefois courageuse" en lui reconnaissant d'avoir "redressé économiquement la France en 1932"… Délicat quand on revendique la légitimité pour incarner les jeunes "gaullistes". Il faut dire qu’Hervé-Marie Morelle est avant tout un homme d’image.

Comme celles, filmées, qu’il déroba en plein conseil municipal lillois, malgré les avertissements répétés des appariteurs… Ce jour-là, Martine Aubry rappelle à l’impertinent que ses méthodes sont celles d’une autre époque. Puis, fait confisquer le matériel du réfractaire, avant de lâcher un importuné « petit facho », précisant qu’il était un indigne conseiller de quartier. Dérapage que s’empressa de relater très rapidement notre futur candidat à la cantonale, jugeant exquises les délices colériques de la Maire de Lille pour le servir en notoriété. Il fut épaulé pour l’occasion de fidèle façon par les cadres de son puissant parti, jusqu’à Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat chargé à l’emploi,  qui s’exprima dans Les 4 vérités, l’émission politique matinale de France 2. Quelle meilleure audience Hervé-Marie Morelle pouvait-il espérer ? Dans son blog, il relaya tout ce qu’il put de coupures de presse en relais-télé, se posant alors en victime. Coup double : il  tente alors de déstabiliser celle contre qui s’oriente systématiquement la moindre de ses critiques, et il se pose en candidat rêvé pour les cantonales dans la capitale des Flandres pour une droite locale qui peine à faire émerger des têtes d’affiche jusqu’à faire appel à la nièce du célèbre Pierre Mauroy pour donner de la consistance… patronymique à son groupe d’opposition.  

Il fallait le voir s’émouvoir, en tous lieux du Web, de ce « petit facho » qu’il a répété à l’envi comme pour retourner l’argument de Martine Aubry (« des méthodes d’une autre époque »…). Pourtant à  voir Monsieur Morelle censurer le moindre commentaire sur son blog et sur sa page facebook, refusant la moindre contradiction, même parmi les plus argumentées, qui oserait lui montrer qu’il fait fausse route, il n’est pas dit que le qualificatif qui fusa ce soir de conseil municipal fût si mal choisi que cela…

HMM2Force est de constater que la vidéo est une marotte chez ce Sarkozyste revendiqué (enfin, beaucoup moins depuis qu’il est en campagne étrangement…). Et de voir Monsieur Morelle la proposer à tout bout de champ sous le vocable magique de « vidéo surveillance ». Véritable radotage institué par son maître local, Monsieur Christian Decocq qui en use et abuse dans ses saillies plus ou moins heureuses en conseil municipal, il sert de refrain à son disciple Morelle qui tente d’imiter le Sage en conseil de quartier. Las, ses propositions font sourire, pour les plus indulgents de l’assistance, surtout quand elles visent à empêcher le dépôt sauvage d’ordures sur la voie publique… Peu importe que ces vidéos touchent à l’intimité et aux libertés publiques. Il n’en démord pas. En vain. Le Truman show à la Morelle n’a pour le moment pas encore eu lieu. Mais les électeurs du Canton Lille Sud-Est sont prévenus.

HMmmmmmmmmmmmmm2.jpgPourtant, nous avions connu un Hervé-Marie Morelle plus respectueux de ce droit à l’image jusqu’à faire preuve d’un peu trop de zèle comme lors des Européennes où il exigea d’un opposant qu’il retirât de son blog une prise de vue le montrant de dos (donc méconnaissable a priori), en plein tractage pourtant, revêtant fièrement un Tee-shirt d’un goût plus que douteux : « Moi je suis de la France d’en haut »… Réminiscence de ses origines notables du Cambrésis qu’il aime rendre ostensibles, y compris sur ses tracts, comme celui qui inaugura sa cantonale sur lequel il paradait lunettes de soleil à la main, col roulé et chevalière au doigt. (voir plus bas) Ou encore dans la conversation, comme ce 9 juin 2009, lors du scrutin européen : alors que les électeurs se faisaient rares dans le bureau de vote qu’il présidait, quelques paroles fut échangées. Jusqu’à ce qu’une employée municipale qui ne savait plus où était la rue Brûle-Maison déclara : « Ah oui la rue de la CAF ! ». Hervé-Marie Morelle lança alors un retentissant « oui, chacun ses références »… Chacun appréciera l’à-propos de sa remarque qui en dit long sur le personnage. Il n’y a donc rien de surprenant à savoir que l’homme ne compte pas que des amis. Et c’est bien normal quand on le voit parler de l’une de ses collègues conseillères de quartiers en des termes assez peu élogieux qu’il adresse… à son fils sur le blog de Le journal de Geed  : « Votre maman ne s’exprime pas en conseil de Wazemmes, elle éructe en gesticulant sur son siège des inepties aussi vieilles qu’elle ! ». L’on comprend mieux à présent ce qu’il entend par « l’énergie de la jeunesse » sur son slogan de campagne… 

H2M4Preuve s’il en fallait que le bonhomme a du mal à canaliser cette énergie et plus précisément sa colère, Hervé-marie Morelle s’illustra avec encore plus de vigueur, et davantage d’incorrection lors de la campagne des régionales en mars dernier, quand Sciences-Po Lille l’invita à débattre au nom de l’UMP. Etant le seul représentant à ne pas figurer sur une liste, il était accompagné de fiches manuscrites par Valérie Létard elle-même qu’il exhiba non sans fierté. Sans doute aurait-elle dû insister plus encore sur le comportement à adopter devant l’adversité. L’impétueux, mal content de son fait, et des arguments incisifs de l’assistance, s’emporta vigoureusement contre une auditrice, à qui il demanda de justifier le bilan d’un maire PS d’une ville située à plusieurs centaines de kilomètres de notre campagne, lui aboyant même dessus. Puis, sommet de goujaterie, alors que Marine Tondelier, pour Europe Ecologie lui proposait de relire le programme de son parti, en tentant de corriger les inepties que proférait Monsieur Morelle, ce dernier refusa de prendre le document et le jeta à terre avec dédain en hurlant qu’il ne lisait pas « ça ». Tous les témoins s’en souviennent encore, ahuris devant un tel esclandre, teinté d’impolitesse et d’irrespect pour ses contradicteurs. Le soir même interrogé sur son facebook, il confesse alors n’avoir pas eu la bonne attitude mais se justifie en précisant que « tout le monde était contre [lui] ».

Mais Hervé-Morelle ne se prend pas toujours au sérieux. Du moins l’espère-t-on ! Car qui ne sait qu’Hervé-Marie Morelle fut costumier et accessoiriste du célèbre Lip Dub qui ridiculisa une bonne fois pour toutes l’UMP ! Changer le monde, entonnèrent-ils vêtus des oripeaux fournis par notre candidat aux cantonales. C’est cela aussi l’énergie de la jeunesse et l’expérience du terrain. Sans doute faut-il attendre un prochain clip de Monsieur Morelle sur le canton de Lille Sud-Est ?


Lipdub

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 19:54

vertsOù est passé le temps où le tout écologique venait envahir nos écrans, remplir les colonnes, monopoliser les conversations ? Où est passé le temps du Vivre autrement, où la société de consommation était dénoncée avec force et détermination, où l’on jurait, promis, craché, que l’on ne nous y reprendrait plus à faire comme avant ? Où est passé le temps où nos politiques n’avaient de cesse de reverdir leur discours et leur programme, à grands coups de Grenelle ou de bonus écologiques pour encourager tout à chacun à polluer moins ? Ce temps-là  est bien loin…

Sitôt les Régionales ont-elles enterré l’élan vert dans les urnes, sitôt que ceux qui postulaient à la deuxième force politique du paysage français, poussant au matricule du PS, ont connu des lendemains qui déchantent avec une fusion EE/Verts qui n’a convaincu personne, surtout pas Cohn-Bendit, à la manière d’une greffe qui n’a pas prise (incompatibles organes…), sitôt que la réalité économique est venue rappeler chacun à son présent plutôt que de penser à son avenir, les bonnes résolutions écologiques sont devenues autant de lettres mortes. Electoralement cela ne rapporte plus. Alors, l’écologie on n’en parle plus.

bonus éco bisAinsi, réduction budgétaire oblige, le bonus écologique a considérablement diminué, et est devenu plus restrictif, non pas pour des raisons environnementales mais pour des raisons clairement budgétaires.

Dans les régions, les citoyens font le même constat : Transpole qui gère les transports urbains de la Communauté Urbaine de Lille a augmenté ses tarifs de l’abonnement mensuel de… 16% au 1er janvier 2011 (de 40 à 45 euros pour les mensualisés à l'année et de 41 à 48 euros pour les autres, soit 17% pour eux ! ), dans l’indifférence générale des politiques. Encore une fois, ce ne seront pas les plus jeunes, les plus âgés ou bien encore les plus défavorisés qui en seront le plus impactés, mais bien la classe moyenne qui devient la vache à lait de la République.

 

Un autre exemple de cette volonté économique qui transcende allégrement les velléités écologique : le remboursement des transports collectifs pour les fonctionnaires. En effet, depuis cinq ans, l’Etat a décidé de rembourser (enfin !) 50% des frais de transports collectifs pour les fonctionnaires comme cela se faisait déjà en région parisienne et dans la plupart des entreprises privées (il faut arrêter de croire que les privilèges sont toujours là où le public passe…). Sauf, qu’en toute discrétion, un décret est passé en août 2009, expliquant que ne seront à présent pris en compte que les abonnements annuels. Tous les abonnements mensuels sont ainsi passés à la charge de l’utilisateur. Intelligent quand on sait que les formules les plus répandues sont les mensuelles. Malin quand on sait par exemple qu’un professeur n’a besoin par exemple que de dix mois de transports et qu’on lui propose d’en payer douze contre remboursement partiel de ses frais… Evidemment, le décret fut tellement discret que les établissements scolaires n’en ont eu vent et ne disposaient toujours pas des documents relatifs à ces nouvelles dispositions en juin 2010.

bonus éco terInquiets de n’avoir vu passer aucun remboursement depuis plusieurs mois (les fonctionnaires sont habitués au retards, certains frais n’étant payés que 6 voire 12 mois en retard…), certains d’entre eux ont demandé des comptes au Rectorat. Lequel leur a rappelé que les dispositions avaient changé et que « nul n’est censé ignorer la loi »…. Je vous mets au défi de connaître tous les articles du BO qui sont pondus chaque semaine… On ne produit pas davantage de produits manufacturés en Chine en une semblable période ! Et le Rectorat de préciser, non sans habilité que les dispositions ont à nouveau été modifiées en août 2010, date à partir de laquelle… seront à nouveau pris en compte les abonnements mensuels ! En d’autres termes, la règle a été modifiée en catimini durant une seule année, juste avant d’être rétablie, comme de rien n’était, laissant des milliers de personnes sans remboursement pendant tout ce temps. Une belle économie réalisée !

 

En 2007, d’aucuns avaient siphonné les voix du Front national en jouant de la complaisance du discours sécuritaire. En 2009-2010, la vague verte avait modifié les valves de la pompe à voix et déversant des torrents d’idées bienpensantes sur notre pauvre planète. Aujourd’hui, le virage est pris à 180°. Vous pouvez bien polluer autant que vous voulez : tant que l’Etat vivra à crédit exponentiel et que le discours vert ne rapportera plus autant de voix, vous aurez toujours pour vous la bonne conscience mais sans le fameux coup de pouce. Et pendant ce temps, le bouclier fiscal a encore fait son sinistre massacre à hauteur de 600 millions d’euros. Entre liberté et fraternité, n’y en avait-il pas un autre ?

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 17:03

Alors au grand concours du jeu « qui ne s’est pas penché au chevet de l’école malade », la course à l’échalote est lancée ! Dernier lauréat en date : le CNRS. Après les rythmes scolaires, la société, la télévision, internet, la violence, un nouveau fléau qui tend à expliquer l’échec scolaire : être né en décembre. Et le pire, c’est que les journalistes précisent que cette étude est… très sérieuse !

 

 

Quand on pense que le CNRS reproche l’amateurisme et le manque de sérieux de Frères Bogdanov, on n’ose dire quel niveau ont les deux OLNI (Objet lifté non identifié) du PAF !

Comment peut-on en arriver à produire pareille ineptie ? A quand une étude montrant que l’on a moins de chances d’être bon en maths avec deux « H » dans son nom ? Ou que l’on a plus de réussite dans la journée quand on se lève une heure impaire ? Au nom de quoi ces chiffres, qui ne reflètent qu’une coïncidence tout au mieux, ont-il matière à devenir un objet de réflexion sur l’échec scolaire ?

Il faut dire que l’Education Nationale a depuis trente ans tout cautionné pour expliqué l’échec scolaire : les professeurs et leur pédagogie (cible privilégiée, il faut bien l’avouer), la télévision, les jeux vidéos dangereux, la dyslexie, dyspraxie et autre dismachinchose qui de faits marginaux deviennent une règle d’art pour expliquer les carences, le nombre d’élèves dans les classes, les vacances, les familles monoparentales, et j’en passe…  

Comme le disait Patrick Timsit « le chercheur, il est payé pour chercher. « Ah je suis un chercheur, pas un  trouveur »… Le CNRS a donc de quoi nous faire rire encore un peu…

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 18:54

crise au sarkosistanLe voyage prévoyait d’être inoubliable. En bon tour opérateur, Daniel Schneidermann nous avait alléchés, jour après jour, avec une brochure irréprochable, à grands coups de mails,  pour nous vendre le premier ouvrage collectif d’Arrêt sur images. Un sorte d’aboutissement pour ce que fut cette émission de la prise de conscience de la lecture médiatique, qui survécut sur le net, après une sortie de route bien sévère. On allait voir ce que l’on allait voir. Et l’organisateur de la croisière de sortir les bonnes recettes des plus efficaces camelots : un livre offert pour trois achetés. Une jolie promotion pour une direction paradisiaque. En quelques jours, le buzz était créé : 10000 ouvrages en précommande. Pour une première, ce fut un coup de maître. Restait à montrer un navire à la hauteur des flots, à la hauteur des attentes.

Le titre, Crise au Sarkozistan, n’était pas sans rappeler ces patries de l’ancienne Perse. La couverture confirma l’impression. Le pitch finit de nous convaincre :

 

« Une nomenklatura qui jouit de nombreux passe-droits, une Justice aux ordres, une police secrète paranoïaque, et évidemment des médias silencieux : bienvenue au Sarkozistan, étrange et fascinant Etat voyou. Certains de vos proches refusent encore sûrement de croire que nous sommes désormais au Sarkozistan. Plutôt que de vous épuiser à les convaincre dans les repas de fin d'année, offrez-leur Crise au Sarkozistan. Vous les verrez partagés entre le rire et l'effarement. »

 

Les Lettres persanes se rappelèrent à notre bon souvenir. Les premiers mots n’en sont-ils pas un hommage pour le moins… flagrant ? « Ce qui surprend le plus le voyageur revenant au Sarkozistan après de longues années… ». Usbek et Rica reprenaient enfin vie. A l’heure où notre Président ressemble plus que jamais à un monarque électif, pour décliner l’expression chère à Laurent Joffrin, l’invitation au voyage ouvrait les envies d’évasions lexicales. Notre excitation allait bon train. Au souvenir des délices exquises de l’ironie de Montesquieu, lui, le père fondateur de la séparation des pouvoirs, à une époque où notre Gouvernement, et notamment Brice Hortefeux, s’assoient dessus comme l’on s’assied sur la cuve des toilettes (d’aucuns auront reconnu la critique que j’avais, jadis, formulée à l’égard de la rédaction de LCI, et qui avait mis son rédacteur en chef dans une humeur irascible…).

Le colis arrive. Le cœur battant, j’ouvre la boîte et en ressort le précieux trésor. Et le place délicatement sur la table de chevet pour illuminer ma soirée. En avant matelot.

 

Las ! Las ! Triplement las ! la croisière tourne court. Le spectre de Montesquieu promettait d’accompagner ma lecture. C’est celui du Titanic qui surgit.  

 

Point d’ironie ici. Une charge sans nuance, un réquisitoire cynique, une attaque brutale, frontale, quand elle n’est pas ad hominem. De la révélation d’un lifting à celui d’implants, le délit de sale gueule n’est même pas loin.

 

La description de Sarkozistan n’est pas fausse pour autant. Chaque fait, qui y est détaillé, est somme toute réaliste. Mais c’est sans doute ce qu’il y a de plus décevant : l’on attendait de la part de Daniel Schneidermann et de son équipe une inventivité dans la critique, ce zeste de génie qui accompagne la genèse des plus brillants pamphlets, un coup de crayon à la fois généreux et subtil. Mais rien de tout cela ne récompense notre lecture. Bien au contraire. Tout ce qui est révélé est déjà connu pour quiconque s’intéresse quelque peu à l’actualité, pour quiconque attendait donc cet ouvrage au tournant. Les personnages n’y sont caricaturés que dans les illustrations. Pour le reste, ils sont d’un sordide réalisme rendant presque cette prose grossière, dénuée de finesse, au risque de paraître dérisoire. Un crève-cœur quand on apprécie les auteurs. Les oripeaux de la métaphore n’ont jamais constitué pour autant la moindre essence d’ironie…

 

Non que la condamnation contre Sarkozy et son oligarchie soit fantasmée. Mais c’eût été, en un certain sens, plus goûteux et voluptueux pour nos papilles. L’on pourrait même reprocher au narrateur, inutilement interne ici, tant cette posture n’apporte qu’assez peu au récit, de relier hâtivement certains faits entre eux, d’y ajouter des personnalités comme certains déposent des cheveux sur la soupe (que diable Delarue avait-il sa place dans pareilles pérégrinations ?).

 

Non, décidément non, les Lettres persanes ne sont nullement revisitées. L’idée, sur le papier, pouvait séduire… Las, elle a déçu, au moins à la hauteur des espérances. N’est pas Montesquieu qui veut. Et l’équipe d’Arrêt sur Images en a fait la plus cruelle expérience. Son professionnalisme n’en sera pas pour autant entaché. Leur talent, qui a délimité notre esprit critique (pour tous ceux de ma génération) durant des années sur la Cinquième, et qui se décline à présent sur la toile, après un arrêt d’images aussi brutal qu’injuste, continuera de s’exercer pour décrypter ce que l’œil du profane ne voit pas toujours. En créateur de réflexe. Agitateur de conscience. Tout cela est assurément intact. Crise au Sarkozistan n’aura de ce point de vue aucune incidence. Tout juste leur en coûtera-t-il une petite blessure à l’orgueil… 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 08:24

Dimanche midi, Anne-Sophie Lapix recevait la pile électrique verte, Cécile Duflot, au débit toujours aussi offensif. A la fin de l’émission, elle lui proposa un sujet sur l’affaire de la crèche Baby Loup. Pour ceux qui n’auraient pas eu vent de cette affaire, la vidéo a été suspendue... Canal et son droit à l'image qui en oublie son droit à l'information... dommage. Pour résumer, il s'agit d'une crèche privée qui a mis dans son règlement intérieur l'interdiction de signes ostentatoires et qui a vue une de ses employées arriver voilée, refusant de retirer l'objet de la discorde.

   

L’histoire n’est pas anodine. A l’heure où le voile intégral est devenu illicite sur le territoire français, les communautaristes exercent une pression constante sur la laïcité. Le problème ici relève de la définition de l’espace privé et de l’espace public : comme le précise Manuel Valls, cette affaire n’aurait pas posé d’autres voile placidedifficultés dès lors que cette femme aurait exercé dans une crèche publique. Or, si l’entreprise est privée, son règlement intérieur, qui demande la discrétion concernant le confession des membres du personnel au nom du principe de la laïcité, suffit-il aux yeux de la loi pour interdire le port du voile ? Les juges sont là pour trancher selon la loi, mais l’on peut dès lors se prononcer au nom d’une certaine vision de la société. Et de ce point de vue, le travail de la crèche relevant d’une mission d’utilité publique, il est fortement souhaitable d’exiger la neutralité du personnel s’occupant d’enfants en bas âge. En outre, l’employée ayant accepté le règlement intérieur à l’embauche, la question ne se pose même plus. Ses intentions étaient clairement provocatrices comme l’indique Caroline Fourest dans sa chronique à France Culture (d’ailleurs elle a en partie réussi sa tentative de déstabilisation, car comme l’indiquent les employés dans le reportage, certaines collègues sont montrées du doigt parce que travaillant dans une crèche qui est « anti-islam ». Encore une fois, respecter les principes de la laïcité revient à faire de l’islamophobie… l’escroquerie morale, caution et garante de la pensée ramadienne et consorts).

 

Aussi quand Cécile Duflot est interrogée par Anne-Sophie Lapix, l’on est en droit d’attendre une condamnation ferme quant à la décision de cette femme de poursuivre la crèche en justice, quand bien même elle a pu bénéficier de l’aveuglement (criminel pour les valeurs de la république) de la Halde, dont la ligne idéologique est clairement communautariste puisqu’elle «  fait prévaloir la liberté de religion sur la laïcité », comme l’explique avec clairvoyance Maitre Richard Malka, l'avocat de la défense (car c'est bel et bien la crèche qui doit se défendre aux Prud'hommes) qui défendit en son temps Charlie Hebdo dans l’affaire des caricatures de Mahomet. Un comble pour une Institution de l’Etat. Les propos de Cécile Duflot s’embrouillent alors dans le verbiage de la langue de bois qui tente par tous les moyens d’échapper à une réponse claire et nette. Avant de finalement baisser la garde face à une Lapix, étonnamment combative :

 

 

 

Cécile Duflot confesse donc qu’il eut mieux valu ne pas en arriver à l’extrémité de la justice. Valait-il mieux alors accepter ce voile plutôt que d’en arriver là ? Et si la médiation avait une nouvelle fois échoué ? Et pourquoi doit-il y avoir médiation quand on enfreint un règlement, voire une loi, comme c’est le cas quand des adolescentes voilées passent le portail de l’école ? Détache-t-on un médiateur de la République quand un voleur se fait attraper pour l’encourager à ne pas recommencer ?

A y regarder de plus près, l’on voit bien que Cécile Duflot se sent coincée à l’entournure. Et qu’elle a bien essayé vainement de noyer le poisson durant quelques instants avant de prendre une position plus tranchée devant l’insistance de la journaliste. Cet embarras donne une impression de déjà-vu…

 

 

 

Mais pourquoi donc Cécile Duflot se ferait-elle taper les doigts pour avoir confessé apprécier le confit de porc ? Serait-ce le confit qui serait devenu tabou ? A moins que ce ne soit le porc ? Il faut dire que la chef de fil des Verts ne semble ni bien digérer ni bien gérer tout court Les Liaisons dangereuses entre les Verts et le communautarisme musulman. il semblerait pour les Verts qu’il soit périlleux d’un point de vue électoral de confesser son inclinaison pour le porc.

 

duflotA ce petit jeu, Cécile Duflot De Volanges ne semble pas maîtriser tous les enjeux. Ingénue et dépassée par les événements, elle ne souhaite faire de l’ombre à personne  et veille surtout à ne pas contrarier les stratagèmes des deux manipulateurs de l’opinion que sont Noël de Mamerteuil et José Bovalmont. De fibre anticolonialiste, elle est la représentante de la sensibilité si bien décrite par Caroline Fourest dans La Tentation obscurantiste qui est « viscéralement attachée au droit à l’autodétermination et (qui) traque en permanence la manifestation du colonialisme et de l’impérialisme ». En d’autres termes, la France sera toujours coupable du péché originel et devra s’en repentir toute sa vie, tel Œdipe, en payant sa faute par une bonne conscience toujours prompte à pardonner le communautarisme quand il se voile des oripeaux de la minorité muette et défavorisée. Quitte à s’en crever les yeux. Et ne pas voir ce qui ne peut échapper à tous.

 

Noël de Mamerteuil et José Bovalmont sont eux passés au stade supérieur, celui où l’on assume fièrement sa différence. Avec manichéisme.

 

mamère uoifLe premier n’hésite pas à se faire applaudir chaque année au Congrès de l’UOIF, l’Union des organisations islamiques de France, qui n’a pas particulièrement pour vocation de véhiculer la vision la plus progressiste de l’islam en France, ne serait-ce que par ses affinités avec les théories de ce très cher Tariq Ramadan. Ce même Noël Mamerteuil qui prit fait et cause pour Une Ecole pour tous, créée après l’affaire de Lila et Alma Lévy, les deux lycéennes d’Aubervilliers converties à l’islam et souhaitant se rendre voilée en cours. Une prise de position qui l’amena à participer au meeting au Trianon, toujours organisé par Une Ecole pour tous. Les interventions marquantes de cette soirée ont été publiées sur oumma.com, un des vecteurs actifs de la planète Ramadan qui n’hésite pas à présenter la laïcité comme une forme du colonialisme. Et l’une des figures emblématiques des Verts d’y déclarer :  « Le vrai mal de notre pays, c’est la fracture coloniale ». Soirée au cours de laquelle il se joint à Ramadan pour organiser une manifestation sur le thème « Non à l’exclusion ! Non à l’islamophobie ! Non à la discrimination !». Car c’est bien connu, ne pas accepter le voile à l’école, c’est être islamophobe. Et c’est donc faire de la discrimination.

 

bovéCet appel était initié par un autre gros bonnet des Verts :  José Bovalmont. Ses sorties médiatiques sont souvent pimentées, quand elles ne se terminent pas dans une geôle. Qui eut cru que le moustachu, féru de la bonne bouffe française et de sa charcuterie artisanale, pouvait s’accommoder des discours communautaristes musulmans ?  Bovalmont est un bon vivant, et il n’y va pas avec le dos de la cuiller : d’un retour d’un voyage à Ramallah, il participe sans ambigüité à la cabale conspirationniste qui vise à faire du Mossad l’instigateur des attaques des synagogues en France, comme certains le feront à propos des Juifs et du 11 septembre, Thierry Messant à leurs côtés : « Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards ». De quoi réjouir tous ceux qui cultivent… un certain goût pour l’antisémitisme primaire… Même s’il a amèrement regretté ses propos, parce qu’ils avaient pu « heurter les familles juives françaises », il ne les a jamais complètement retirés, donnant en guise de justification que ses « propos ne pouvaient pas être compris »… L’on a connu plus convaincant. Depuis, il s’est montré plus discret sur ces questions mais n’a officiellement pas changé son fusil d’épaule, gardant même quelques confidences pour oumma.com, un site proche des Frères Musulmans, qui offre une tribune sans égale à Tariq Ramadan, et qui n’hésite pas à diffuser notamment des vidéos sur la nocivité de la viande de porc (pour ses prises de positions les plus douces amères…).

 

Alima-Boumediene-ThierySi Noël et José, deux députés représentant tout de même le législatif de la France Républicaine, étaient seuls à agir, cela pourrait n’être qu'anecdotique à défaut d’être dérisoire, frénésie égocentrique provenant d’hérétiques en mal de strass et de micros. Malheureusement, c’est tout le parti Vert qui suit la même tendance : ainsi le groupe de l’Assemblée Nationale s’est singularisé par une campagne sonore et sans merci contre la loi qui allait interdire le voile intégral dans les lieux public, accompagné par la voix d’Alima Boumédiene-Thiery, sénatrice après avoir été députée européenne jusque 2004. Officiellement, Madame la Sénatrice lutte contre les discriminations, expliquant que porter un voile relève de la liberté des femmes. Mais elle sait diversifier ses activités en distribuant notamment des tracts sur les parkings des supermarchés visant à boycotter les produits israéliens, ou plus précisément les marques ayant un lien plus ou moins éloigné avec les « fameux lobbys juifs », ces « lobbys que personne n’ose jamais le nommer ». Et la sénatrice de préciser même sa pensée : « le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France ». L’on a connu des discours plus apaisés et moins « ciblés ». Même si elle fut relaxée le 15 octobre dernier par la Justice, Madame Boumédiene-Thiery a pour le moins choqué par sa démarche. Tariq Ramadan et les Frères Musulmans ne pourraient rêver plus légitime ambassadrice.

 

rahniCe sont encore les Verts qui à Roubaix jouent à un jeu dangereux, comme Ali Rahni, Porte-parole du Collectif des musulmans de France et 4ème de liste aux élections européennes dont la tête de liste était Hélène Flautre, et dont l’association ARD laisse la parole libre et sans contradiction à des « progressistes » comme Tariq Ramadan ou encore Hassan Iquioussen, deux hommes qui expliquent qu’il existe une « laïcité ouverte » dans laquelle la femme n’a pas à « copier » l’occident et que le voile participe à sa liberté et son émancipation. Une tribune assez choquante puisque financée par les deniers de la République, ARD (association de Roubaix Rencontre et dialogue) bénéficiant des subventions de la Ville de Roubaix, association qui répugne en outre à justifier ses dépenses et à faire toute la clarté sur sa gestion financière, comme le relayait Marianne dans un article daté de Mars 2006.

 

Si de Mamerteuil et Bovalmont jouent le jeu de la machine à voix, pensant faire peser le communautarisme dans les élections, comme d’autres le firent jadis avec le vote LePeniste, les communautaristes de tous poils profitent de ce cynisme pour entrer dans le jeu. Non sans fracas. Ces liaisons sont non seulement dangereuses mais elles se retournent contre ses propres instigateurs : car, en jouant les apprentis sorciers, les Verts oublient que la majorité des Musulmans sont progressistes et refusent ce type de discours qui jette l’opprobre sur l’ensemble des Musulmans. Sans oublier que leur récupération politique peut s’avérer peu fructueuse puisque que les minorités qui sont manipulées et séduites par les communautaristes ne croient pas en la République, ses valeurs et par-là même au suffrage universel pour se faire entendre.

 

voile plantuMais pendant ce temps, les plus rusés d’entre eux pratiquent l’entrisme en occupant le terrain, en criant à l’islamophobie à tout bout de champ, et en tentant de rétablir l’interdiction de blasphème comme lors de l’affaire des caricatures de Mahomet. Le consensus né des Indigènes de la République, rejoint par bon nombre de grands pontifes Verts, participe du même principe : l’on ne garde en discours que les beaux principes de la liberté, occultant les dogmes tendancieux qu’ils impliquent. De la même manière, l’on défile pour la Palestine et le boycott des produits israéliens en prétendant ne pas entendre les hurluberlus qui scandent « A mort Israël » à deux pas de là… Il n’y a pas pire que le sourd qui ne veut pas entendre. Au nom d’une certaine vision du libéralisme, dans son acception sociale et confessionnelle, le mot laïcité est en permanence dévoyé de son sens profond : il devient le synonyme de la « tolérance pluriconfessionnelle » quand il n’est en réalité qu’une séparation stricte entre l’Eglise et l’Etat. On évoque alors le conservatisme, le caractère réactionnaire voire l’islamophobie des partisans d’une laïcité prétendument « fermée ». Comme les frères Cohn-Bendit qui béatement s’extasiaient dans un tribune publiée dans le Monde le 17 octobre 2003, et intitulée « Une honte pour l’école laïque » de cette irrévérence antirépublicaine maquillée sous les artifices libertaires : « l’école laïque voudrait soumettre, au nom de l’émancipation, deux jeunes filles en révolte contre le père et la mère. Elles refusent de se soumettre. Bravo ! ».  

 

Cette démagogie aux visées électoralistes répond à un libéralisme des mœurs qui rime avec le laxisme. La liberté n’a de sens que lorsqu’elle est régie par des règles. Sinon, elle glisse vers l’anarchie. Celle qui renverse les démocraties. Les communautaristes l’ont compris plus tôt que les autres, et c’est bien pourquoi leur entrisme se focalise sur le parti écologiste. Chacun se croit plus cynique que l’autre. Mais à ce petit jeu des liaisons dangereuses, la République, la vertueuse, habituellement si sûre de ses valeurs, Madame de Tourvel, baisse sa garde. Sans y prendre garde.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 22:25

Les mois se suivent et se ressemblent… et pendant ce temps le PS radote son Histoire… La Rochelle avait énoncé kyrielle de promesses, de pactes et autres déclarations d’amour et de fidélité qu’il ne fallait trahir en aucun cas. Las. A l’approche de 2012, les appétits s’aiguisent, et les couteaux s’affûtent. Aux pactes des uns se répondent les candidatures des autres. Le PS n’a donc décidément rien compris. Rien de rien. Et moi, et moi émois.

La culture de l’ego semble au cœur de son idéologie bien plus que les enjeux sociaux et la vie des Français. Point de débats sur les idées, sur une sixième république ou bien encore sur les valeurs de notre démocratie. Les langues ne se délient et ne se déclinent qu’ en unipersonnel. Et moi, et moi émois.

Et à ce petit jeu de l’ego, Ségo est sans égaux.

segolene royal rireTraître parmi les traîtres. Faisant du petit bois du pack ou autre pacte, c’était selon vents et marées, qu’elle avait promis de respecter, Royal a une nouvelle fois franchi le Rubicon : celui du ridicule, dont elle semblait avoir exploré les horizons les plus lointains. Elle a repoussé encore et toujours ses limites. Et moi, et moi, émois

Le ridicule ne tue pas et c’est bien la seule raison qui explique que le PS soit encore en vie. Sans idée, sans ressors, il n’a dû ses succès électoraux qu’à l’inanité de l’action gouvernementale. L’hallali même. Plus valétudinaire que jamais, il n’apparaît en forme qu’à l’aune de l’autre grand malade qu’est l’UMP. Tous deux ont les mêmes symptômes. Et cette maladie a un nom : la bipolarisation. Ce cancer qui ronge nos Institutions et qui offre des brèches aux fossoyeurs de la République et des libertés. Mais ces brèches laissent aussi de l’espace pour tous ceux qui ne veulent plus de ce dictat grotesque, ceux qui ne souhaitent plus délaisser les Français et leur quotidien, ceux qui ne se contentent pas de se contempler le nombril, vacuité des programmes en attèle, en faisant passer les tergiversations et autres stimuli agaçants de Sarkozy pour des réformes, des lanternes pour des vessies.

Et si cette porte ouverte barrait la route aux inconstants, qui suivent la girouette au gré du vent, aux imposteurs qui utilisent le suffrage universel pour dévoyer la démocratie du lit de la raison, ou aux prétendus raisonneurs qui entre deux révolutions prônent la gabegie ou l’abstention, alternative des faibles d’esprits ? Et si en somme cette porte était empruntée par ceux qui n’ont jamais perdu leur voie, celle de la raisonnable pluralité des voix ? La porte nous est grande ouverte. Ne la laissons pas trop s’ouvrir aux esprits chagrins ou autres opportunistes attaquant au front…

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 21:03

manifestation-provie-48L’affaire de Manosque fait grand bruit et il y a de quoi. En octobre dernier, un enseignant en histoire-géographie a diffusé en cours un vidéo anti-IVG qui, selon le quotidien La Provence, montrait des fœtus brûlés et amputés. Une dépêche AFP évoque même des « morceaux de fœtus »,  « des seaux de sang » ou encore des« embryons morts que l’on secoue par les pieds ». Des images choquantes, certes, mais  qui surtout sont le fruit d’un montage sordide et indécent visant à manipuler les adolescents sur la thématique de l’avortement. Une démarche d’autant plus lisible qu’elle s’est accompagnée d’un distribution d’un tract (en plein cours !) contre la loi Veil et d’un « débat », durant lequel le professeur a coupé la parole à quiconque osait contredire ses dogmes et qui s’est ponctué par une condamnation claire et nette de tous les contraceptifs, de la pilule au préservatif. Plus fort que le Pape en somme…

Ecrire ces quelques mots en cette fin de mois de novembre de l’année 2010, dans le pays des Lumières, m’est, à la vérité, douloureux. D’une souffrance indicible. Pour moi qui suis professeur, ardent défenseur des libertés mais davantage encore de la laïcité et des principes républicains, quelle torture mentale est-ce de lire communiqués après communiqués l’irresponsabilité de cet enseignant. Avec quelle insolence et quelle arrogance a-t-il fait passer ses convictions, fantasques et fanatiques, au-dessus de l’intérêt général, au point de jeter l’opprobre sur l’ensemble de la profession. Les bras m’en tombent.

PersepolisDepuis hier, l’affaire tourne dans les rédactions, même si elle était en gestation depuis quelques semaines. Et pour cause : le Rectorat, appuyé médiatiquement par notre Ministre (parce qui le vaut bien), a prononcé une suspension provisoire de quatre mois, assortie d’une procédure disciplinaire qui, après enquête, devrait aboutir à une sanction plus lourde encore. Les réactions sont nombreuses. Mais les commentaires qui affluent sur les sites des quotidiens montrent et démontrent la confusion qui règne quant à l’interprétation des faits. Ainsi, sur le site du Parisien, lit-on ce commentaire « Moi je suis pour l’IVG mais je trouve injuste qu’on sanctionne un prof car il pense différemment ». Est-il nécessaire de préciser que le professeur en question n’a pas été sanctionné parce qu’il « pensait différemment » mais parce qu’il a dérogé au principe de la neutralité, politique et religieuse, qui doit l’accompagner à chaque instant, dès lors qu’il franchit la grille de son établissement ? Un enseignant est engagé par le service public, qui est régi selon le principe de la laïcité, qui prône la séparation sans concession entre l’église, qui relève de la sphère privée, et l’Etat, qui relève de la sphère publique. A ce titre, ses convictions et ses combats politiques doivent absolument et sans exception être occultés. Entamer un débat sur la recevabilité morale d’un acte pourtant légal, et donc poser la question de la pertinence d’une loi ne relèvent aucunement d’une démarche pédagogique mais d’un prosélytisme zélé, qui se doit d’être sanctionné. Et cela n’enlève en rien la liberté de croire, de penser, de prêcher même dès lors que cette démarche est circonscrite à la sphère privée contrairement à ce qu’affirme cet autre internaute qui s’offusque d’un vibrant quoiqu’inepte « On vit dans un pays libre, non ? ». Si la liberté permettait à chacun de dire tout ce qu’il pense sans se soucier des lois, nul doute que le « détail de l’histoire » ou que Les Protocoles des Sages de Sion qui siègent en tête des gondoles des libraires salafistes n’auraient plus de souci à se faire, se présentant sous la légitimité d’une « opinion » comme une autre.

VeilSans rentrer dans le débat sur l’avortement, qui n’a pas lieu d’être dès lors qu’il est devenu légal en 1975, ce qui revient au fond à débattre de la possibilité de tuer un homme par vengeance et ou de faire un braquage pour résoudre ses différends financiers, il est tout de même inquiétant de voir que la propagande Provie, que décrivent si bien Fiammetta Venner et Caroline Fourest dans leurs ouvrages, résumée notamment sous l’œil de l’extrémisme religieux dans Tirs croisés, soit toujours aussi active à notre époque. Encore une fois, ce zèle qui pousse certains illuminés à imposer leur choix de vie à l’autre (on peut ne pas être en accord avec la pratique de l’avortement sans forcer quiconque à penser et faire comme soi) est tout bonnement incompatible avec les principes républicains et la liberté de penser. Et dès lors que la fameuse République laisse des brèches, certains y pénètrent en force sans crier gare. Quelle affaire délectable pour les catholiques traditionnalistes que cette affaire de Manosque, comme le montre ce billet au titre scandaleux publié hier par le site catholique d’actualités en continue Radin Rue : « En France, on peut tuer dans le ventre de la mère, pas le dénoncer » ! Sans même évoquer les devoirs de l’enseignant face à sa mission publique. Et le site de décliner à l’envi ses dogmes liberticides et ultra-moraliste, qui ne déplairaient pas Place Saint-Pierre, quand cet article se termine par cette question oratoire : « N’y a-t-il pas plus grand respect de l’autre que de lui dire la vérité ? » Et de citer la si « ouverte » Pologne pour illustrer le choix de ceux qui ont voté une loi contre l’avortement (mauvais exemple, car ce pays avait légalisé l’IVG dès 1956, 19 ans avant la France, a attendu 1997 pour prendre ce virage très conservateur avec l’arrivée au pouvoir d’une droite perméable au lobby chrétien…)

Pour en revenir à l’affaire de Manosque à proprement parler, plus que les faits, condamnables en tous points, c’est davantage le déroulement même de l’affaire qui interpelle. Le témoignage d’Annie Montier, présidente de la FCPE locale, association des parents d’élèves est éloquent : « l’an dernier ce prof avait déjà diffusé une telle vidéo à une classe. Il y avait eu une enquête et puis, plus rien », confie-t-elle sur TF1.fr. Un autre parent ajoute que l’enseignant s’était déjà fait remarquer par le passé pour son prosélytisme catholique. Mais pourquoi donc, l’affaire n’avait-elle alors pas pris un autre tournant ? La vérité est triste à dire mais sous couvert du droit de réserve, l’omerta règne dans l’Education Nationale. Rien ne doit transparaître quitte à nier l’évidence. D'ailleurs, si l'affaire a traversé les murs du lycée de Manosque, c'est bien parce qu'elle a pris un tour médiatique, ce que les Instances ne nient pas : c'est au vu de «l'accroissement du trouble provoqué dans l'établissement provoqué par la médiatisation de l'affaire» que la suspension du professeur a été prise, d'après le recteur de l'Académie. 

DarwinismeA ce sujet, une de mes collègues me confiait que dans son établissement, un professeur de SVT, pentecôtiste de confession,  s’adonnait gaiement à du prosélytisme religieux, au point de présenter, à la manière des créationnistes outre-Atlantique, le darwinisme comme une théorie parmi d’autres, au même titre que la genèse… Et l’enseignante de rétorquer à ses collègues interloqués que les deux thèses n’étaient aucunement incompatibles. Comme si les résultats de la science, fondés sur des faits vérifiables montrant que l’homme est le fruit d’une lente et progressive évolution d’espèce vivante, pouvaient s’accommoder d’une journée de labeur de Dieu qui créa l'homme en un jour, et la femme d’une de ses côtes ou d’un de ses côtés, selon la teneur en testostérone de la traduction ! En 2010 ! En France !  Dans une salle de classe !

Ce mois-ci, le HCI, le Haut Conseil à l’intégration mettait en garde contre ces élèves qui avaient un discours plus que tendancieux, notamment dans les cours scientifiques : « Depuis peu, les professeurs du domaine scientifique ne sont pas davantage à l’abri de contestations qu’ils doivent sans cesse contrer. L’évolutionnisme est remis en cause au profit d’une action divine ou créationniste imposée par l’élève, sans argumentation. Loin d'être marginales, ces contestations sont suffisamment récurrentes pour être remarquées et nous avoir été signalées au cours de nos auditions comme perturbant le bon déroulement des cours. » Ces constats qui faisaient écho à ce que le rapport Obin dénonçait déjà en 2005 ne prenaient en compte que les élèves ou les parents d’élèves… pas les professeurs…

geneseIncontestablement, il ne faudrait pas faire des enseignants des prosélytes systématiques. Comme dans toute corporation, il y a les vilains petits canards. Mais comme très souvent, et l’argument vaut pour les incivilités des élèves, la minorité fait des ravages tapageurs. C’est parce que, quotidiennement, les gardiens du Temple républicain baissent la garde, en laissant négligemment une croix pendre au cou par ici, en tolérant un patois arabe par-là, en acceptant sans broncher des absences le samedi par ailleurs, ou encore en acceptant de faire des tables sans porc, quand en classe l’on accepte de révéler sa confession, que la porte s’ouvre. Pour qui ? Pour tous ceux qui ont intérêt à ébranler les piliers de la laïcité. Tous ceux qui comme Tariq Ramadan, pour prendre un des rhéteurs religieux les plus influents ("Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux, / De tous les Loups sont les plus dangereux"), pensent qu’il existe une laïcité « ouverte » ou une laïcité « fermée » quand ce concept est par nature intolérant…  De la même manière que l’on dévoie le concept de la liberté, en le circonscrivant à la jouissance personnelle davantage qu’au respect du bien commun, la laïcité devient une « tolérance religieuse » et une « liberté de pratique de manière collégiale » quand elle n’est que la séparation stricte de l’église et de l’état, une frontière hermétique entre la sphère privée et la sphère publique. On n’est pas plus ou moins laïque. L’adjectif n’est pas qualificatif ; il est, ce que l’on appelle en linguistique, un adjectif relationnel, comme l’est l’adjectif « présidentiel». On n’est pas plus ou moins présidentiel, comme on n’est pas plus ou moins laïque. On l’est ou on ne l’est pas. Et ce principe est le corollaire de la République française. Et l’on ne négocie pas avec les principes de la République.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 09:49

CentreQue faut-il retenir de ce remaniement ? Les langues se délient depuis quelques jours pour tenter de trouver une signification aux menus ajustements opérés afin surtout de préparer au mieux les Présidentielles de 2012 et d’éviter à notre Monarque la déconvenue que connut Valérie Giscard d’Estaing en son temps. Que Roselyne Bachelot a un intitulé de Ministère aussi sibyllin et dérisoire que ne le fut son action à la Santé et au Sport ? Sans doute pas. Que le Ministère de l’Education Nationale reste le temple du brushing laqué ? Certainement pas. Que Frédéric Lefebvre voit son zèle outrageux et d’une caricature cynique payé d’un pauvre secrétaire d’Etat qui aura moins le mérite de rendre moins audible son futile verbiage ? A la limite…

Non, ce qu’il faudra surtout retenir de ce remaniement restera assurément le traitement réservé aux Centristes… D'ailleurs la presse ne s'en cache pas : les manchettes se sont multipliées à l'envi sur la question. Le Président a pareillement organisé hier soir sa petite sotterie tradictionnelle avec 20 millions d'invités et a dû lui aussi s'épancher sur le sujet. Sans parler de l'exégèse confuse et brouillonne que fut l'émission d'Arlette Chabot, qui semble confondre le métier d'animatrice et celui d'éducateur en centre aéré... Le crochet de France2 n'en fit pas plus l'économie, à l'aide d'un Marc-Philippe Daubresse davantage potache que pontife.

Seulement à force de parler de centrisme l'on en oublie le sens qui se cache derrière cette sensibilité. La confusion règne même comme ici à la une de 20 minutes, où l'on voit De Villepin sièger aux côtés d'authentiques héritiers du Centre... ou presque. Soi-disant centristes… ou aux inopportunément dénommés centristes… Un Centre dont la gauche serait à droite, ou la droite serait à gauche. Un certain vertige nous saisit, et tel l'enfant qui découvre un mot l'emploie n'importe quand, l'impropriété est de mise depuis dimanche.

20minutes

Le centrisme peut-il être incarné par Dominique De Villepin, sous le seul prétexte qu'il est un opposant à Nicolas Sarkozy ? Son adhésion à l'UMP n'est-elle pas le signe de son appartenance affirmée au parti présidentiel ? Que dire dans ce cas là de Marc-Philippe Daubresse qui se revendique du centre historique tout en étant vice-président de l'UMP ? A ce niveau là, il appartient davantage au centre hystérique qu'autre chose...

Le centrisme est-il celui de Morin qui ne tend que dans le sens où sont distribués les portefeuilles et autres honneurs de pacotille qui glorifient les portraits que garderont la postérité ?

Ou serait-ce celui des Radicaux, Jean-Louis Borloo à leur tête, qui se sont formés autour de beaux principes et de policés discours mais qui préfèrent les ranger au placard sitôt franchi le pas de l’Elysée ?

François Bayrou en se coupant des proches de l'UDF, qui sera définitivement enterré au Congrès de Paris du 12 décembre prochain, peut-il assumer à lui seul cette sensibilité ?

A moins qu’il ne faille chercher du côté certains Sénateurs, qui sont restés fidèles au Béarnais, mais qui commettent ici ou là des infidélités dès lors que le vote d’une loi pourrait mettre en danger leur siège...

Entre le centrisme de Ministère et le centrisme de caractère, le débat est lancé.

Il faut bien dire que la notion même de « Centre » pose un problème de définition. François Bayrou qui s’en revendique l’héritier légitime rappelait ce week-end que, celui qui est au centre, est celui qui n’est ni à droite, ni à gauche, ou plus exactement qui n’accepte pas la bipolarisation de l’échiquier politique. Problème : la notion même de centre ramène à un clivage droite gauche, puisque le centre implique un équilibre entre deux pôles.

De la même manière, les héritiers du Centre se revendique de Lecanuet. Mais peut-on se revendiquer de VGE ? A ce titre, Jacques Delors n’est-il pas dans l’âme plus centriste dans ses positions et dans la manière qu’il a géré l’Europe que Raymond Barre par exemple ? Et Michel Rocard est-il nécessairement plus éloigné des positions du Centre qu’Hervé Morin, quand l’un a été le premier Ministre de Mitterand et l’autre Ministre de Sarkozy ? Cette dernière question annihile l’argumentation de ceux qui prétendent, à tort, que le centre est nécessairement définie à l’aune d’une politique placée à droite.

bayrouA la vérité, la notion de Centre est par nature protéiforme. Et ce, pour une raison très simple : bien que l'on veuille nous faire avaler, coûte que coûte, que la politique française est manichéenne, hydre à deux têtes, tantôt à droite pour les pouvoirs centralisés, tantôt à gauche pour ceux qui sont décentralisés, l'Histoire de la France nous montre avec insistance que la politique française ne saurait se résumer à un schéma aussi simpliste. La glorieuse époque des Lumières qui a donné ses lettres de noblesse à la quête de la vérité et de la Justice ne peut se contenter d'une vision aussi réduite de la pensée. La preuve en est qu'au sein même des deux grands pôles, et au-delà de toutes polémiques des micro-partis de façade, qui contournent en toutes légalité la loi des financements des partis politiques, de nombreuses nuances s'affirment en permanence, que cela soit en groupe de reflexion, en collectif ou autres associations. Les élections internes du PS n'avaient-elles pas vu s'affronter six projets pour une prétendue sensibilité identique ? Peut-on décemment croire Bertrand Hamon, quand il affirme, brillant d'hypocrisie, que DSK est plus proche du PS que du FMI ? N'y aurait-il pas une once de différence entre Henri Emmanuelli et Manuel Valls ? Et que dire de Laurent Fabius, qui change de veste en fonction des vents dominants, et qui en plus de trente ans de carrière politique a prêché dans plus de chapelles qu'il en existe dans les 36000 communes de France réunies ?

Soyons raisonnables. Si le Centrisme se décline avec autant de couleurs et d'héritiers, c'est tout simplement qu'il est le seul terreau sur lequel peuvent s'établir les vrais débats, et non pas de simples nuances hypocrites qui s'effacent sitôt qu'elles sont minoritaires dès lors que le combat de coq entre les deux grands pointe le bout de son nez.

Il est aussi incontestablement une brèche dans le partage des pouvoirs, car les élections successives ont montré que dans un contexte où les gouvernants ont déçu tour à tour, à force de promesse et d'inertie combinées, il y avait de place pour la singularité de celui qui ose proposer un tout autre discours, fait de nuance, qui n'oppose pas de manière antithétique la Droite et la Gauche, mais qui n'aspire qu'à trouver la voie la plus juste.

Tant que "le Centre" portera sa Croix, c'est-à-dire "ce nom" qui le place irrémédiablement sur cette grille de lecture dans laquelle il ne peut être qu'un parent pauvre, l'éternel "oui-oui" qui béatement colore sa destinée de discours "non-non", il ne pourra jouer un rôle durable et légitime dans les élections majeures.

modemSi aujourd'hui, selon le dernier sondage IPSOS, François Bayrou est celui qui incarne le mieux le Centre pour 41% des sondés, contre seulement 24% pour Jean-Louis Borloo, ce n'est pas un hasard. En coupant les ponts avec un UMP cannibale, qui ne laissait pas la place à la nuance, et, plus grave, qui a été en contradiction totale avec les valeurs républicaines qui fondent la singularité et la qualité de vie à la française, le Président du Mouvement Démocrate se montre comme le seul légitime à l'héritage centrisme. A ceux qui prétendent que le MoDem ne sait pas où il est, lisez ceci : s'il est question de la grille simpliste droite-gauche, alors assurément, le MoDem est partout et nulle part à la fois. Question futile que celle-ci. Si en revanche, il convient de savoir sur quelles valeurs il entend porter sa vision politique, alors la réponse sera toute autre : il s'agit de mettre l'homme et son bien-être dans une communion raisonnable avec l'économie de marché, dans laquelle l'un ne prend pas le pas sur l'autre, dans laquelle chacun trouve sa place, avec le nécessaire épanouissement sans en oublier l'altruisme qui rend chacun responsable du bonheur de l'autre. C'est aussi un état responsable, solidaire sans être dispendieux, en qualité sans se répandre en quantité. C'est enfin l'affirmation pure et dure, sans concessions aucune d'une séparation sans égale des pouvoirs que sont le judiciaire, le législatif et l'exécutif mais aussi le spirituel, le financier et le médiatique. Pour que plus jamais ne soit posée ne serait-ce que l'ombre d'un doute sur une décision ou un fonctionnement.

Alors avant de prendre des vessies pour des lanternes, apprenez à reconnaître le centrisme. Le véritable. L'authentique. Cessez de disserter vainement sur l'électorat potentiel de celui-ci pour se "recentrer" sur les valeurs profondes et singulières qui le fondent, son essence même. La différence entre le centrisme de Ministère et le centrisme de caractère revient à faire la part des choses entre le véritable et sa contrefaçon. La technique ne remplacera jamais une éthique. A condition d'en changer l'appellation. 

 

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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