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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 18:13

Alors que le festin de la présidentielle n’a pas encore commencé, celui qui s’est investi maître de maison par la grâce de courbes toujours plus harmonieuses, semble sûr de son fait. En cuisine, on pense déjà à la distribution des parts.

D’ailleurs, fallait-il voir sous la facétieuse boutade de François Hollande à l’attention de Moscovici, fidèle serviteur, dont il dit qu’il n’est pas directeur de campagne mais directeur de la photographie, la certitude que les jeux étaient faits ? (On dit que les sondages sont la photographie d’un instant pourtant, Monsieur Hollande…) :

 

Moscovici directeur de photo de Hollande par snoopyves1


Toujours-est-il qu’hier l’on a annoncé la future promotion de Ségolène Royal au perchoir !Incroyable promesse faite à la candidate déchue de la primaire socialiste. Alors que le plat principal, la campagne présidentielle, n’est toujours pas servi (on n’en connait même pas encore la composition exacte !), l’hôte et son austère gouvernante, pas aigrie pour un sou de n’avoir pu être la maîtresse de maison, anticipent déjà le dessert des législatives, et plus encore le digestif que représente la présidence de l’Assemblée nationale. Arrogance.

 

Le plus gênant dans toute cette affaire c’est que Madame Royal s’en vante à la presse.Après nous avoir tant fait pleurer, là voilà à présent revenue à son rôle fétiche : François Pignon. Elle s’y voit déjà et pérore déjà sur ses futures gourmandises. Elle parle cerise sur le gâteau alors qu’on a toujours pas retiré l’apéritif. Enivrant. Rien de tel pour animer un dîner. 

Et en annonçant la couleur : soit elle ne démissionnera pas de son poste de présidente de Région, soit elle déléguera à l'un de ses vice-présidents. La gourmande Ségolène aurait-elle un régime différent de celui réservé aux autres convives, astreintes à la diète du non-cumul des mandats, ou sont-ce là les prémices d’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras qui semble saucer toutes les bonnes résolutions du PS ?

 

Pendant ce temps, l’on apprend qu’un des convives aura du retard : arrêté par la police pour excès de vitesse, son permis lui fut retiré. Il arrivera dans la douceur vespérale sans doute en Vélib’, en espérant qu’il y aura un peu de rab…

 

Parce que déjà de l’autre côté de la table, on se dispute les restes annoncés. Alors que le repas n’est pas encore servi. Fillon et Dati s’entre-déchirent la part du pauvre. Pensez-vous : une circonscription sans électeurs et acquise à la droite. Un fumet en ces futurs temps de vaches maigres qui aiguisent les appétits. Dati tente le coup de la nappe sans renverser la table. Las, l’insolente c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité : n’a-t-elle pas elle-même brigué une mairie, aux relents neuilléens ? 

A propos de la périphérie bourgeoise, Arnaud Montebourg avait eu l'audace d’affirmer : "une chèvre pourrait être élue à Neuilly avec l’investiture UMP". Il n’est pas bien sûr que les sièges parisiens ne soient pas logés à la même enseigne. La querelle du bouc et de la chèvre, et c’est la table qui bêle. Mais il n’y a guère de part du pauvre pour celle qui se moque de la charité. Surtout quand on a déjà son rond de serviette à Bruxelles et à Strasbourg… et à la cantine du VIIe donc… En voilà une pour qui la diète ne ferait pas de mal à elle aussi.

 

Je ne sais pas vous, mais devant tant d’abondance, devant cette table à l’avance imaginée, devant un menu déjà concocté à l’avance, qui semble traiter le débat public et la campagne à venir avec une telle arrogance, j’ai comme qui dirait un haut-le-cœur…

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:14

François Bayrou sur Europe 1 / 8 mai 2011 / MARIE ETCHEGOYEN/STORY BOX PHOTO/SIPA

François Bayrou sur Europe 1 / 8 mai 2011 / MARIE ETCHEGOYEN/STORY BOX PHOTO/SIPA 

 

Si les prémices de la présidentielle ont surtout mis l’accent sur les problèmes économiques et ceux de l’école, quand certains voudraient faire croire que le droit de vote aux étrangers est un sujet de préoccupation majeure faute d’un bilan décent et de projet, "Têtu" vient de lancer un pavé dans la mare cette semaine en publiant un entretien de François Bayrou sur un thème de société qui risque de trouver un terrain fertile dans les débats des mois à venir : le mariage gay et l’homoparentalité.

 

Le président du MoDem est attendu au tournant sur la question. Et pour cause : ses croyances intimes ressurgissent tel un serpent de mer, dès lors qu’est abordé un sujet de société, faisant croire que ses convictions personnelles l’emporteraient sur l’intérêt général. Dans Projet d’espoir, livre-projet pour sa candidature à la présidentielle qu’il écrivit en mars 2007, il s’en était confié :

 

"Tout le monde sait d’où je viens. J’avais sur les questions de société la sensibilité traditionnelle. Pas de vulgarité, mais pas beaucoup d’ouverture. Je m’en tirais en affirmant que tout cela appartenait à la vie privée de chacun et que l’Etat n’avait pas à s’en saisir. J’ai même dû ajouter que cette séparation entre sphère publique et sphère privée. C’était aussi la laïcité."

 

Comme si la laïcité était liée à la question homosexuelle... Une étrangeté tant le Béarnais a fait de la laïcité un combat durable, au-delà de tout soupçon, au point d’être confirmé dans sa légitimité sur la question par Jean-Luc Mélenchon, lui-même irréprochable en la matière, et que l’on ne peut accuser de complaisance avec Bayrou…

 

Mais ceux qui perdurent à ranger François Bayrou à droite, voire du côté de Christine Boutin au nom d’un rapprochement passé, en seront pour leur frais. Et la bigote qui radote risque de s’étrangler en se voyant transmettre les positions du président du MoDem (car il semble peu probable que l’on voie Madame Boutin se ruer au kiosque pour demander le dernier numéro de Têtu…) :

 

Concernant l’homoparentalité, François Bayrou est favorable à la reconnaissance des deux parents de même sexe comme responsables légaux, un engagement qui se veut sans équivoque : "Le fait que deux personnes, notamment dans le cadre de l’union que je propose, élevant des enfants ensemble, les ayant adoptés ensemble, soient reconnues toutes les deux comme parents me parait un droit logique et de bon sens". François Bayrou précisant même : "À la vérité je ne comprends pas le débat sur cette question. Car l’homoparentalité, elle existe. […] Alors dire "l’homoparentalité, c’est affreux"… Excusez-moi, mais c’est la vie de tous les jours ! Ensuite, l’adoption homosexuelle, elle existe puisque j’ai été président du conseil général, et je suis moi-même intervenu pour qu’il n’y ait pas de distinction sur ce sujet."

 

Une position qui était déjà sienne en 2007, et qui coupe court à la tentation de ceux qui pourraient voir en ces propositions une course à l’échalote électoraliste. Point de clientélisme quand il y a constance.

 

Mais pour 2012, Bayrou va plus loin encore, reconnaissant avoir évolué sur la question, à force de voir la société tout autour de lui emprunter des chemins différents de ceux que préconisaient la tradition, et même parmi ses plus proches. Aussi, lève-t-il le tabou des GPA, les gestations pour autrui, et fait tomber le masque sur l’hypocrisie du phénomène : "Les couples de femmes homosexuelles ont-ils accès à l’insémination artificielle ? Oui, il suffit d’aller en Belgique. Alors l’idée qu’une chose serait autorisée et légale là, et interdite en France, n’est plus de ce temps". Et d’en conclure : "Essayons de faciliter une chose qui, pour moi, est précieuse, la vie des enfants. Des gens, que je respecte, sont très révulsés par la gestation pour autrui, et en même temps, il y a des enfants qui naissent de cette manière. Respectons leur vie, et donnons-leur leurs droits".

 

Le journaliste de Têtu, qui, sans doute avait peur de ne pas avoir bien compris, demanda alors si François Bayrou était donc d’accord pour reconnaître un statut juridique aux enfants issus d’une GPA effectuée à l’extérieur de nos frontières. Ce à quoi le député répondit sans ambigüité : "Oui, bien sûr".

 

On est toute de même bien loin de l’image conservatrice que certains s’évertuent à lui conférer, qu’ils résument non sans mauvaise foi sous l’adage "il est de droite" (comme si, soit dit en passant, être de droite vous rendait illégitime sur les questions de société et vous plaçait de facto dans le camp des conservateurs et des traditionnels. Ce qui est un peu oublier le cas notable deRoselyne Bachelot, certes assez minoritaire sur ces questions dans son parti, mais qui n’a jamais bougé d’un iota sur ses positions…).

 

Mais ces avancées, bon nombre d’internautes commentant l’article en ligne de Têtu n’ont pas voulu le voir. Bien au contraire, certains se sont même déchaînés. Avec une haine assez remarquable. Et une intolérance rare. Et même s’il faut, comme toujours, relativiser la couardise de ceux qui, réfugiés derrière leur clavier, se créent un personnage fantoche, pour expurger leur haine dans un acte purement cathartique, il faut tout de même se pencher quelque peu sur la raison de leur ire. Car s’il est un point sur lequel François Bayrou refuse de franchir le pas, que d’autres ont promis, c’est le mariage gay.

 

Déjà en 2007, François Bayrou avait évoqué la question, et voilà ce qu’il en disait, dansConfidences : 

 

"Je suis pour que le mariage reste l’union d’un homme et d’une femme… Parce qu’il y a aussi des gens qui sont traditionnels et qui ont besoin d’être respectés. Tout le monde a besoin d’être respecté les traditionnels et ceux qui adoptent de nouveaux genres de vie. C’est pourquoi, je me prononce pour une union civile".

 

Partisan d’une Union civile en 2007, il revient sur l’épithète qu’il a liée à son union dans l’entretien de Têtu : "L’adjectif 'civil' est superflu. Car civil s’oppose à quoi ? Religieux par exemple ? Il s’agit ici d’octroyer les mêmes droits, exactement les mêmes, comme la dissolution par le divorce devant le juge, les mêmes droits fiscaux, sociaux… Ce droit aux droits est légitime. Il est pour moi sans réserves. Mais le nom juste est union".

 

C’est déjà pour cette raison sémantique qu’il s’était abstenu en avril dernier lors du vote pour la législation du mariage gay à l’Assemblée Nationale. Un mariage canada Dry, comme l’avait raillé Sophia Aram en sa présence dans les studio de France Inter :

 



 

Les homosexuels en resteraient-ils alors avec le PACS qui n’offre pas le même statut que le mariage ? Assurément pas. Et Bayrou de préciser dans l’entretien : "Tous les couples qui ont un projet stable, à long terme, de vie en commun et qui veulent que ce projet soit reconnu par la société doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. Cet engagement doit être contracté dans les mêmes conditions de solennité, y compris par l’état civil de la nation, devant le maire. Mais pour moi il s’agit d’une union, pas d’un mariage".

 

Toujours dans Confidences, en 2007, le candidat qui allait obtenir 7 millions de suffrages autour de sa candidature, avait expliqué cette réticence qu’il qualifie de sémantique avec le mot "mariage" pour les homosexuels :

 

"Le mariage, c’est l’héritage du mariage religieux, comme beaucoup de sociologues l’ont dit et écrit. Laissez le mot mariage pour cette union-là".

 

Mariage. Le mot sensible. Comme si toute cette question tournait autour d’un simple vocable. Une question de mot qui résumerait tous les maux autour de la question. Mais une question qui n’est pas dérisoire pour François Bayrou qui en appelle à la tolérance réciproque :

 

"Il y a bien des différences de sensibilité, parfois venues d’autres traditions culturelles, parfois plus traditionnelles. […] Ceux-là aussi ont droit à la compréhension. Pendant très longtemps, le combat de la communauté homosexuelle était 'accepter la différence'. Accepter la différence, au fond, ça vaut dans les deux sens."

 

Sans doute est-ce là le nœud du problème entre François Bayrou et la question du mariage gay. Parce que, comme il le dit lui-même, le combat pour la "différence" date. Et n’est plus. Aujourd’hui, certains veulent faire croire, et François Bayrou n’est assurément pas de ceux-là, que la demande d’un mariage gay résulterait d’une pression des lobbys gays et d’un communautarisme organisé. Mais il n’est pas question de communautarisme quand des citoyens se battent, non pour leur différence, mais pour avoir les mêmes droits que les autres. Les organisations homosexuelles ne revendiquent nullement la différence ,mais ne font que demander de réparer une injustice, qui distingue deux classes de citoyens au sein d’une République, dont le pilier central de la devise est tout de même ÉGALITE !


Non, François, personne ne demande d’accepter la différence. Mais tous les citoyens français n'aspirent qu'à une seule chose : l’égalité en droit. Et même si l’union que vous proposez serait à l’exacte identique, le fait même de proposer deux mots, deux vocables, deux statuts donc, pour un même contenu c’est déjà faire une différence. Et ouvrir alors la porte à la prochaine injustice, dès lors que la loi sinistre de l’alternance politique aura fait son œuvre.  

 

Alors il existe un moyen très simple de régler la question. De ne plus faire autour du mot "mariage" tant de polémiques. De refermer définitivement cette cicatrice provenant de la séparation de l’Eglise et de l’Etat et que la République a laissée s’inscrire, quand elle aurait pu définitivement effacer toute trace. Laissons, comme vous le dites, le mariage à la tradition, et donc au religieux. Etinscrivons dans la loi française que deux personnes majeures peuvent s’unir, quel que soit leur sexe, devant Monsieur le maire, et non plus se marier. Et célébrons leur Union devant la République.

 

Désormais on s’unirait. Que l’on soit homosexuel ou hétérosexuel. Et, les croyants qui le souhaitent, pourraient également se marier… mais à l’église. L’un pour offrir un statut juridique et civil. L’autre pour s’unir devant Dieu. Sans subir les foudres de la sémantique. Et surtout sans prendre le risque, comme cela se profile en Espagne, de revenir en arrière, au rythme de la cynique alternance politique.

 

Alors, chiche François ?

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 18:14

Mercure et Sosie. Deux personnages qui se ressemblent trait pour trait au point de duper tout le monde au détriment du second. Oui mais voilà : Mercure est le fils de Jupiter. Rien que cela. A lui le pouvoir.

BHL avec des soldats du Conseil national de transition à Tripoli le 15 septembre 2011 ERIC FEFERBERG/AFP BHL avec des soldats du Conseil national de transition à Tripoli le 15 septembre 2011 (ERIC FEFERBERG/AFP).

 

Hier soir, sur le plateau de France 2l’Amphitryon de Molière est revisité avec comme intrigue, la mort de Kadhafi.

 

BHL s’était déjà présenté comme le ministre des Affaires étrangères bis en mars dernier,toujours pour le dossier libyen. Hier il a montré que sur les relations internationales, il pouvait remplacer tous les ministres.

 

Pensez donc ! Un philosophe, mais aussi romancier, essayiste, metteur en scène, acteur, homme d’affaires, éditorialiste et cinéaste à ses heures perdues, l’homme à tout faire médiatique en somme, qui est invité au même titre qu’un ministre de la République pour commenter la mort de Kadhafi ! Lui le lecteur de Botul !

 

Pensez donc ! C’est BHL qui semble le plus informé alors que Longuet fait de la présence, langue de bois comprise.

 

Pensez donc ! Alors que David Pujadas prend congé de Gérard Longuet, il demande à BHL de rester pour continuer à commenter l’actualité libyenne.

 

Molière peut être fier de ce remake. La comédie du ridicule est intacte trois siècles plus tard. A ce rythme là, nul doute n’est permis : Nicolas Sarkozy pourra bientôt exhiber BHL pour parler de son bilan en politique extérieure histoire de cacher la misère de son quinquennat à l’intérieur…

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:15

Depuis quelques jours, les cadres de l’UMP, Copé en tête, faisaient le tour des plateaux pour se lamenter de l’hégémonie médiatique du PS. Avec justesse sur le fond. Mais l’UMP était-elle la mieux placée pour dénoncer les conséquences du bipartisme ? Et comme si la mauvaise foi légendaire de Copé ne suffisait pas, l’UMP a trouvé subtil d’organiser une convention sur le thème du projet socialiste.

 

Quel meilleur gage de crédibilité pouvaient-ils donner à la primaire socialiste au point de lui proposer, sitôt la candidature de François Hollande acquise, une contre-offensive intégralement à sa gloire ?

 

Et s’il fallait une preuve que le projet du PS a, lui au moins, le mérite d’exister, malgré ses défauts et notamment ses promesses de dépenses qui seront insoutenables, l’UMP n’a RIENPas même un candidat officiel. Tout juste des contestations. Avec la même argumentation et la même rhétorique que le PS employait pour dénoncer les réformes de Sarkozy… et que l’UMP raillait en affirmant que la gauche n’avait aucune proposition à faire valoir. Un cas pratique du  crétinisme du bipartisme, comme l’a baptisé François Bayrou dans son dernier ouvrage 2012, Etat d’urgence.

 

Le téléthon de l'UMP

 

Il faut revoir ces images, guignolesque de ce panneau lumineux, chiffrant les dépenses virtuelles d’un gouvernement Hollande (encore une fois, l’envisager c’est déjà lui donner de la consistance…) à la manière du Téléthon, avec Copé dans le rôle de Gérard Holtz et Nadine Morano dans celui de Sophie Davant… Ridicule mise en scène ressemblant à s’y méprendre à une séance de vaudou pour exorciser un PS ressuscité. On imagine Nadine, Roselyne, Luc et Xavier et leurs poupées de chiffon rose qu’ils piquent non sans frénésie avec des aiguilles bleues. Wes Craven a déjà trouvé le scénar' de son prochain opus.

 

La convention de l'UMP contre le projet PS, le 18 octobre 2011 à Paris (AFP / ALEXANDER KLEIN)

La convention de l'UMP contre le projet PS, le 18 octobre 2011 à Paris (AFP / ALEXANDER KLEIN) 

 

Pas de programme ? Ne vous inquiétez pas : l’UMP n’en a pas perdu complètement perdu le nord. Et sa boussole : la Droite populaire, a vite retrouvé des sentiers connus, battus, pour se donner du cœur à l’ouvrage. De quoi rendre nostalgique Patrick Buisson : en couverture de Minute,Thierry Mariani s’affiche fièrement en une pour lancer sa pétition contre le droit de vote des immigrés. Minute, le journal de l’extrême droite. Un signe fort. Un signe brun. Nausée.

 

Le ministre des Transports assume : "Marre du terrorisme idéologique, de ces arbitres (sic) d’élégance. Quand Mme Aubry et Mme Royal vont à la fête de l’Humanité, ça ne vous émeut pas ? Aller à la fête du dernier parti communiste quand on prétend diriger la France, moi, ça me choque !"


Formidable tour de passe-passe qui considère que le parti communiste, aujourd’hui associé au Front de Gauche, n’aurait pas changé depuis Georges Marchais… D’aucuns diront que le FN a changé lui aussi. Allons donc : papa s’occupait des immigrés et des Juifs, la fille a juste substitué ces derniers par les Musulmans en rhabillant son ravalement sous les oripeaux d’une laïcité factice

 

Battre Marine Le Pen

 

Pire. Le ministre de la République ose une comparaison des plus cyniques, expliquant sans ambigüité que l’objectif de l’opération est de battre Marine Le Pen mais pas pour autant de combattre ses idées. Traité on ne peut plus clair de siphonnage de voix. Nausée.


 

Mariani a tout faux. Parce qu’en 2011, les Français, comme les Européens, et même comme tous les citoyens du monde n’en ont que faire de ces vaines polémiques, à la limite de la xénophobie et qui n’ont pour objectif de créer une unité sur le dos de boucs émissaires dans une éternelle déclinaison de l’adage "diviser pour mieux régner".

Stratégie de la division

A l’heure où des cortèges d’Indignés défilent partout dans les rues, l’UMP envoie un signe fort, puisque Mariani sous-entend qu’il a eu le feu vert du probable futur candidat de la droite : face à la crise, au chômage et à la pauvreté, la seule solution est la division des humains, le rejet et l’exclusion. Et après la droite vient faire des leçons de morale sur l'interprétation des principes de la Ve République quand elle-même prostitue les valeurs de la République.

Et le plus ridicule dans l’histoire, c’est que cette stratégie est vaine. On pourra toujours reprocher beaucoup de choses à la primaire socialiste mais il est un fait notable : alors que la pré-campagne faisait craindre une Star Academy politique, nous eûmes le droit à un vrai débat d’idées, avec du fond et des projets en opposition, au sein d’une même sensibilité. Au point que l’UMP a cru bon organiser une convention entière pour tenter de la décrédibiliser. Et quelle conséquence cela a-t-il eu ? Marine Le Pen est aujourd’hui encore plus à la baisse en pointant cette semaine à 16% en chute de deux points.

Pour combattre le FN, rien ne sert de rivaliser sur son terrain nauséabond. Ni même de s’arranger avec la démocratie comme l’insuffle, avec une fraîche bêtise, Terra Nova. Encore moins d’être un opposant à la proportionnelle dans les élections, élément fondamental pour réconcilier les Français avec la politique. Il suffit de parler des vrais problèmes des Français. Mais ça de toute évidence, l’UMP ne l’a pas du tout compris.

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 18:15

Sacré Jospin : jamais là où on l’attend ! Voilà neuf ans qu’il s’est retiré de la vie politique et le voilà commentant la primaire socialiste de 2011… Comme le temps passe vite.

 

François Hollande, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin et Martine Aubry, à l'université d'été du PS, La Rochelle, le 25 août 2011 (MOUSSE/SIPA)

Hollande, Jospin et Aubry, à l'université d'été du PS, La Rochelle, 25 août 2011 (MOUSSE/SIPA)

 

Et le Jospin qui fut terrassé par Jean-Marie Le Pen alors qu’il était le favori des sondages, lui qui plongea la gauche dans cinq, voire dix ans de disette nationale, de déclarer qu’il était disponible pour François Hollande

 

Vint le temps des Guignols. Sacrifice pour notre héros tragique puisqu’ils rappelèrent des heures si sombres… Au point d’inviter la marionnette de Marine Le Pen, réminiscence de la figure paternelle. Et l’impertinente de remercier l’œuvre de Jospin au point d’avoir au FN un courant "Lionel Jospin". Cruel.

 

Et devinez ce que commenta le bougre ?

 


Jospin ou le supplice de Tantale par snoopyves1

 

Ah oui, comme si Chevènement était le seul responsable de la déroute de 2002 ! Comme si Jospin n’avait pas dit que son projet ne serait pas socialiste, lors de son premier meeting… à Lille. Comme s’il n’avait pas attaqué en-dessous de la ceinture alors qu’il y avait tant à dire sur le fond de la gabegie chiraquienne.

 

Sans remise en question. Comme une condamnation éternelle sans rédemption possible.

 

Jospin ou le supplice de Tantale. Ses enfers à lui : le spectre du 21 avril 2002. 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 18:16

Les primaires sont enfin terminées. Enfin, car il est vrai qu’elles ont polarisé les attentions. Et le débat sur cette surmédiatisation pose l’éternelle question de la représentativité de la pluralité politique dans les médias. Mais il faudrait éviter toute critique stérile, comme celle que prodigue sans relâche depuis quelques jours Nadine Morano, et son élégance inénarrable, et Jean-François Copé, docteur es mauvaise foi

En somme la question n’est pas de savoir si les médias en ont trop fait sur les primaires, sachant que ce processus démocratique – car ouvert aux citoyens français – a montré que les partis ancestraux étaient, enfin, sur le point de faire leur mue sans se substituer au premier tour de la présidentielle comme on l’a entendu ça ou là. 

La question est de savoir comment les médias auraient pu, par exemple, intégrer d’autres sensibilités politiques dans le débat.

 

En effet, ces primaires n’étaient-elles pas un échauffement en vue des présidentielles,visant à savoir celui qui, dans la couleur rose, aurait la carapace la plus solide pour affronter la terrible campagne qu’elle représente ? Auquel cas, on aurait pu, sans peine, parler de tous les sujets qui vont l’animer, y compris la laïcité sur laquelle Sarkozy et Marine Le Pen entendent bien surfer. Comme le rappelle habilement Caroline Fourest, vendredi dernier sur France Inter :

 


Primaires PS - Où est la laïcité par snoopyves1

Or il n’en fut rien. Rien de rien. Dommage.

 

C’eut été aussi l’occasion d’éviter ce constat consternant du CSA qui montre que le temps de parole de l’opposition, représentée par le PS, a dépassé de 150% ce qu’il devait être.

 

C’eut permis aussi, lors des débats, d’avoir des contradictions autrement plus audacieusesque celles entrevues, qui métamorphosèrent les journalistes en animateurs, et qui firent tourner le débat en-dessous de la ceinture entre gauche molle et gauche dure

 

Et puis, c’eut surtout évité, après le disproportionné temps de parole accordé aux socialistes, la tragique litanie lancée par l’UMP du "on ne nous a pas vus" quand ses représentants sont invités à tout va pour se lamenter en liturgies redondantes avec une mauvaise foi confondante : 

 


Le PS était-il seul dans les médias lors des... par snoopyves1

 

Se souvient-on du Nicolas Sarkozy omnipotent (le prétendaient-ils sur toutes les manchettes), omniscient (idem !), et surtout omniprésent durant l’état de grâce… Du lever au coucher… Jusqu’à la nausée. De qui se moquent-ils donc ?

 

La vérité c’est que ce monde politique est bipolaire. Atrocement bipolaire. Point de nuance dans ce magma convenu, non sans la collaboration et la connivence médiatique ? En atteste ce scandaleux reportage, qui, même s’il est sur un ton décalé, montre que on est de droite ou de gauche, pour ou contre un camp, mais il faut choisir. A risquer la caricature et l’outrance en permanence.

 


Bayrou dans les primaires de droite par snoopyves1

 

François Bayrou assimilé à l’UMP, à la droite, voire à la majorité présidentielle quand il n’a eu de cesse de proclamer des valeurs inverses à celles qui ont prostitué notre quotidien depuis la dernière lustre. Grossier. Vulgaire même oserais-je.

 

En serait-on réduit à classifier les pensées dans deux carcans étanches. Pour ou contre. Choisis ton camp où on le choisit pour toi ? Est-ce cela l’intelligence politique à la française ?

 

Mais voyez-vous, il y a deux visions de la politique.
 

La première, de toutes évidence dominante, réunit des personnes autour d’une idéologie, d’une histoire commune, et tout n’est en réalité qu’une sempiternelle variation de mêmes thèmes. C’est la valse d’un même socle, sans remise en question de l’essentiel et que l’on nomme inopportunément valeur ; c’est la politique de l’étiquette.


Et il en existe une autre, largement minoritaire dans les faits mais sans l’être forcément dans les esprits. Celle qui fait travailler des femmes et des hommes en dehors de tout appareil, toute idéologie, sans leur demander d’abandonner cet héritage, mais dans l’unique but d’être au service des Français. Ce temps-là est venu, car notre temps est en crise permanente. Récurrente. Urgente. Cette politique permet de se réunir autour de valeurs, qui ne sont pas forgés par l’appartenance, mais par le pragmatisme de la situation. Cette politique se nourrit sur la base d’un contrat à court terme car le politique n’a pas un métier, il a une mission qui lui est confié pour une durée limitée. Avec obligation de résultats. La garantie de la réussite n’est plus dans le clivage stérile, qui fait s’opposer les Français entre eux, mais dans le consensus qui permet de trouver ce qu’il y a de mieux pour le bien de tous. C’est la politique du citoyen.

 

J’en conviens : c’est autrement plus ambitieux que tout de ce que l’on nous a proposé depuis 50 ans. Mais avouez que, en y réfléchissant, ça en vaut la peine, non ?

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 18:16

Dimanche soir, alors que le résultat n’était toujours pas officiel, Martine Aubry ne s’est pas raté. Avalant son chapeau et ravalant sa fierté, elle a accepté la victoire de François Hollande sans aucune amertume, sans référence à la campagne, sans avoir un mot de déception. Une attitude noble pour celle qui reprenait ses oripeaux de première secrétaire du PS et qui fit dire à Benoit Hamon, alors sur le plateau de France 2 : "ça a de la gueule".

 

Martine Aubry au siège du parti socialiste le 16 octobre 2011 (J. DEMARTHON/AFP)

 Martine Aubry au siège du parti socialiste le 16 octobre 2011 (J. DEMARTHON/AFP)

 

Oui, cela avait même de la classe surtout après une sombre semaine durant laquelle la maire de Lille s’était quelque peu laissée aller à des attaques franchement limites, car susceptible de recharger la giberne de ses adversaires du premier tour de la présidentielle, UMP en tête.

Oubliée la gauche molle. Oublié l’homme du système. Oublié celui qui manquait de constance. François Hollande est devenu dimanche soir le candidat du PS. Et le PS, ensemble derrière lui.

 

Tous ensemble ? Pas si sûr…

 

Vendredi soir, conseil municipal de Lille. Personne ne songe à la ville et ses affaires courantes. La séance se termine comme à son habitude par un petit pot de l’amitié, autour de quelques sandwichs au fromage de Hollande, me révèle avec malice un témoin de la scène. Avec quelques révélations de la bouche des militants socialistes qui laissent songeur sur l’esprit qui risque d’animer les troupes aubrystes : Montebourg ? "incohérent et opportuniste".

 

Après quelques verres, on évoque alors le favori de sondages. Et la crainte qu’ils se confirment. Et de promettre : "on votera pour lui à la présidentielle, mais on ne fera pas sa campagne". Mais la perle est à venir. Vacharde. L’un des présents, sans doute échaudé par la bière du Nord, conclut en référence à la gauche "molle" : "s'il gagne dimanche, on devrait tous lui envoyer une boite de Viagra."

 

On le voit, si Martine Aubry a tenté de réagir avec classe, il n’est pas sûr que ses fervents supporters ne suivent la même voie.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 18:17

Offensive voire agressive, au taquet, à l’affût de la moindre faiblesse, Martine Aubry a été incisive et pugnace lors du face à face avec François Hollande et ils sont rares ceux qui osent déclarer le contraire non sans mauvaise foi.

 

Pour autant, Martine Aubry s’est pris les pieds dans le tapis et dans les grandes largeurs sur un sujet qu’elle semblait avoir survolé précédemment : l’école. Cohérente lors du premier débat, elle avait mis en difficulté le favori des sondages lors du troisième en lui faisant la leçon sur les redoublements. Mercredi soir, elle entendait bien faire fructifier son avantage et on la sentit y aller de bon cœur.  

 

Cruel passage en réalité. Excès de confiance ou d’agressivité ? Où Martine voulait-elle en venir au juste ? Elle avait déjà montré que le problème des redoublements étaient autre chose qu’une affaire de coût et c’était déjà une incohérence notable dans l’armure de Hollande. Mais quel cafouillage ici ! Pour la maire de Lille, les 2,5 milliards d’euros que coûtent le redoublement ne sont imputables qu’au salaire des enseignants ! Hérésie évidemment ! Le coût de la scolarité d’un élève ne se résume pas à la masse salariale de l’encadrement. 


Puis elle en vient à élaborer cette démonstration branlante s’il en est selon laquelle moins de redoublement impliquerait moins d’élèves… et donc moins d’enseignants ? Cela revient à dire qu’il vaut mieux faire augmenter artificiellement les effectifs scolaires en continuant sans remise en question le redoublement pour justifier l’emploi de nouveaux enseignants ? Lors du troisième débat, elle avait affirmé que le redoublement "pouvait être bon dans certains cas"… voulait-elle dire que le redoublement est bon pour recruter des enseignants ?

 

Est-ce avec ce genre d’arguments que Martine Aubry compte sauver l’école républicaine ?


Hollande, fort justement, rappelle que l’augmentation du nombre d’enseignants peut se faire à effectif constant, puisque l’intérêt d’une telle mesure c’est de favoriser un encadrement avec des classes moins surchargées. Et même si, je le répète à l’envi, l’affaire de l’école n’est pas qu’une histoire de moyens, force est de constater que le gouvernement Sarkozy a bel et bien dépecé le mammouth pour bientôt atteindre l’os.

 

On le voit sur l’extrait, Martine Aubry, qui se fait reprendre par Hollande qui note l’incohérence de sa répartie, bredouille, cafouille, et se perd. A vouloir dégainer trop fort, l’outsider a vu son arme, l’argumentation, faillir au plus mauvais moment. Son arme s’est enrayée. Et dans ce duel sans merci, il n’est pas bien sûr que la candidate en soit sortie grandie.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 18:17

Alors autant mettre cartes sur table puisque ces temps sont ceux de la suspicion sur le conflit d’intérêt : je suis militant MoDem, j’ai dit toute la dangerosité et la stérilité de la posture de Montebourg ici-même, et personne dans mon entourage ne brigue le poste suprême.

 

Pourquoi toutes ces précautions ? Mais parce que l’atmosphère est devenue délétère et on fait des faux procès et une chasse aux sorcières quand le mal est ailleurs. Bien plus puissant.

 

Audrey Pulvar et son compagnon Arnaud Montebourg au soir du premier tour de la primaire socialiste, le 9 octobre 2011 (F.DUPUY/SIPA)

 Audrey Pulvar le 31 janvier 2011 sur I-télé (L. VENANCE / AFP)

 

Prenons un des accusateurs, par exemple, et restons même "en famille" sur le Plus : Bruno Roger-Petit. Incroyable culot que celui de notre chroniqueur associé. Le 5 septembre dernier, il reprochait à Pulvar de ne pas incarner suffisamment la gauche, puisque le bipartisme fut versé sans modération dans son biberon Mitterandien.

 

Quelques jours plus tard, il s’offusquait que la Dame soit incisive envers Ségolène Royal quand la Présidente du Poitou fut davantage prise à parti par un jeune, très jeune écrivain. Avant finalement de décréter mardi que Pulvar n’aurait finalement pas dû être engagée par Ruquier tout en distillant que sa position est intenable. Alors pas assez à gauche, puis trop à gauche, trop Montebourg : BRP ne serait-il pas lui-même dans un conflit d’intérêt dans son penchant  pour le candidat Hollande ?

 

Faut-il nécessairement partager la vie de quelqu’un d’engagé pour être victime d’un aveuglement coupable ? Jean-François Copé reprend le refrain. Mais peut-il être pris en exemple quand on sait que chez Copé, la mauvaise foi c’est un métier ? Certains vont même plus loin : un journaliste est-il encore un citoyen comme les autres puisque d’aucuns ont listé ceux qui ont participé à la primaire socialiste afin d’éclairer le citoyen ?

 

Une information tronquée par la vie privée ?

 

Je pense qu’il faut revenir à davantage de raison. C’est urgent. Il serait vain de dire, pour commencer, que ce qui est reproché à Audrey Pulvar, à une femme journaliste engagée avec un homme politique, ne le serait pas à un journaliste homme. Parce que ce serait continuer à argumenter sur le débat du sexisme, quand ce fléau doit disparaître. Il en est de même pour une femme que pour un homme. Laissons de côté les machos revendiqués ou bien ceux qui s’ignorent.

 

La question est de savoir si le discours ou plutôt l’information donnée par un journaliste peut être tronquée par sa vie privée. Assurément. Mais il n’est nul besoin d’être le ou la compagne d’une personne engagée pour manquer d’objectivité. L’âme citoyenne, la conscience du débat politique, sa sensibilité, amalgame complexe fait de l’expérience et de l’éducation, entrent nécessairement en compte. Et alors ?

 

Croire que l’on manipule parce que l’on informe avec un peu de ses convictions c’est insulter l’intelligence du peuple. C’est croire qu’il avale sans réfléchir tout ce qu’on lui dit. C’est prétendre qu’il est incapable de faire la part des choses !

 

Qui détient la vérité absolue ?

 

Mais qu’est-ce qu’une information ? Un énoncé de quelqu’un qui détient la vérité ? Mais personne ne détient la vérité absolue ! L’information est une alchimie complexe, dont la véracité est dépendante de la source. Seul le recoupement peut ainsi faire d’une information la vérité, ou plus exactement un énoncé proche de la vérité.

 

Le citoyen se sent lésé parce qu’il a cru quelqu’un ou quelque chose sans recouper une information ? Mais qu’il fasse son travail de citoyen. Qu’il s’informe. Qu’il recherche !

 

Ce n’est pas rendre au service au citoyen que de prétendre que la démocratie est capable de lui fournir la vérité sur un plateau. La démocratie, l’accès au savoir, la recherche de la vérité demandent un effort. Et quand on accuse certains de donner un angle (car il serait calomnieux de prétendre par exemple qu’Audrey Pulvar donne un point de vue ou une opinion chez Ruquier ou quand elle officiait avec talent sur Itélé !), on se trompe de cible.

 

Car le véritable danger de l’information, ce n’est pas de la connivence présupposée des journalistes avec certains milieux (d’ailleurs, quelle hypocrisie de pointer du doigt "les femmes de" quand on sait que kyrielles de journalistes ont de tous temps complaisamment déjeuné avec les plus puissants, comme le met en scène avec clarté et réalisme La Conquête, quand ils n’ont pas accepté des cadeaux suffisamment somptueux pour ne pas être coupables d’un véritable conflit d’intérêt !)

 

Les industriels, le danger pour la presse

 

Non le véritable danger ce sont les grands industriels, Bouygues, Dassault, Lagardère et Bolloré qui l’incarnent en détenant les arcanes de la presse. Là il y a un danger car leur influence tend à devenir hégémonique et plus grave encore, il existe alors un mélange des genres qui mettent en danger la séparation des pouvoirs, pas seulement celle de Montesquieu, mais celle qui rajoute, modernité oblige, le financier, le médiatique et la gestion de la laïcité à l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

 

Faire de "l’affaire Pulvar" un exemple sur le bûcher de l’indépendance journalistique est donc une escroquerie inacceptable. Prenons un peu de hauteur et écoutons un de nos écrivains qui a donné ses lettres de noblesse à notre belle démocratie (adage que reprend d’ailleurs l’hebdomadaireMarianne) : "Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti". Que ce message soit dit et martelé à toutes celles et tous ceux qui considèrent comme illégitimes toute parole exprimée par un citoyen engagé.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 18:18

La tentation est grande, après des sénatoriales triomphantes et une primaire qui ont éclipsé tout le reste de l’échiquier politique, de faire du PS le grand favori des présidentielles. Quoi qu’en dise Copé, qui ose comparer la fréquentation de la braderie de Lille avec celle de la primaire, la consultation citoyenne de dimanche a été un franc succès, surtout qu’outre le mauvais temps et une population que l’on dit fâchée avec la politique, il fallut payer pour voter (même si ce ne fut qu’un euro). 

Ceux qui mégotent et coupent les cheveux en quatre à grands coups d’éléments de langage pour tenter de se convaincre du contraire en sont donc pour leur frais :

 


Copé la mauvaise foi c'est son métier par snoopyves1

 

Pour autant, Martine Aubry et François Hollande ont du souci à se faire. Car la frénésie médiatique qu’a occasionnée cette primaire a agacé, notamment le CSA, par la voix de Christine Kelly, qui s’inquiète de voir un seul parti, en l'occurrence l'opposition, monopoliser autant les antennes. Au point même d’entrevoir des sanctions possibles pour les chaînes fautives. La fenêtre médiatique pourrait donc se restreindre après dimanche prochain.

 

Par ailleurs, on sait que cette semaine risque d’être celle de tous les dangers entre les deux anciens secrétaires du Parti socialiste qui ne s’apprécient guère, ce qui est de notoriété publique.

 

Mais surtout parce que la poussée d’Arnaud Montebourg vient poser une équation insoluble pour les deux candidats : les deux lorgnent sur les voix du député et du président du Conseil général de Saône et Loire (quand vous voulez pour appliquer les beaux principes de non-cumul des mandats…),  mais doivent, pour en tirer profit, aménager leur ligne un peu plus à gauche qu’elle ne l’est normalement… Au risque donc de déplaire à leur électorat naturel qui se situe davantage au centre gauche. Une aubaine à court terme mais un bien mauvais calcul pour mai 2012.

 

Et cela serait d’autant plus hasardeux que rien ne dit que ce soit un potentiel électorat PS qui se soit rué sur le bulletin Montebourg : des citoyens amenés à voter Mélenchon ont sans doute dû vouloir s’inviter à cette élection davantage citoyenne que socialiste.

D’autre part, quand on sait que le Bloc identitaire a appelé à voter pour lui, et que Marine Le Pen après avoir épargné Montebourg de ses anathèmes habituels s’est félicitée de voir le concept de démondialisation avoir tant de succès à la primaire, on peut légitimement se poser des questions sur la nature de ces 17% que même les sondeurs n’osent pas décrypter.

 

A l’inverse, en voulant n’avoir en tête que le premier tour de la présidentielle, et en se privant du virage à gauche imposé par Montebourg, le risque est grand de perdre dès dimanche toute chance de représenter le PS pour la course au poste suprême. Car aucun des deux derniers postulants n’est à même de se dispenser de cette manne que représentait les 17% de Montebourg, dimanche dernier. Que "représentait" car rien ne dit que la participation soit aussi importante dimanche prochain.

François Hollande et Martine Aubry avant le debat de la primaire le 15/09/2011 - CHESNOT/SIPAFrançois Hollande et Martine Aubry avant le débat de la primaire le 15 septembre 2011 (CHESNOT/SIPA).

 

Arnaud Montebourg n’a assurément pas rendu service à Martine Aubry et à François Hollande en arrivant en troisième position avec autant de points. Ce qui était tout de même prévisible puisque déjà en 2006, Fabius en empruntant le même chemin face à DSK et Royal avait déjà atteint presque 19% à la primaire (mais à l’époque, il n’y avait que trois candidats et le scrutin ne concernait que les militants).

 

On comprend mieux pourquoi, au milieu des arguments de mauvaise foi de la majorité présidentielle, François Fillon fit une sortie autrement plus subtile en mettant au défi Aubry et Hollande et leur demandant s'ils auront "le cran" de tenir la ligne sociale-démocrate ou s'ils seront prêts à "céder aux surenchères de l'aile gauche". Astucieux, puisque derrière le "cran" se terre le risque de la défaite face à celui qui ferait main basse sur les 17%... tout en sachant alors qu'il sera bien difficile de revenir en arrière, une fois franchi le Rubicon Montebourg, sans laisser une brèche coupable dans la carapace du futur candidat.

 

Finalement, la seule véritable solution serait de remporter la primaire sans être complaisant vis-à-vis de Montebourg, de son programme et de ses électeurs. En d'autres termes de s'en passer. Encore faudrait-il alors que ni l’un, ni l’autre ne le fasse… Mais à les écouter depuis dimanche, l’un et l’autre, ils ne semblent pas partis pour emprunter la voie de la raison. Et les petites victoires d’un jour auront peut-être semé les graines d’un nouveau désastre en mai 2012…

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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