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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 19:35

La valse des livres politiques a déjà commencé. Les candidats vont se bousculer pour tenter de convaincre le chaland, quitte à délocaliser la fabrication du produit. À boire et à manger en somme. Mais en cherchant bien, il y a de quoi se mettre en appétit. Cette semaine sortait ainsi "Sanguines" de Philippe Meyer. Avec l’art de présenter les menus par les épices. Portraitiste, il a affuté sa plume piquante pour nous délivrer douze "croquis politiques".

Et en cette période de primaire socialiste, il est une personnalité qui n’a pas échappé à l’œil de Meyer : Martine Aubry. La maire de Lille qu’il affuble du néologisme de "menteresse".

Il s’en explique dans l’Opinion.com :

"Elle ne sait ni ce qu’elle est, ni ce qu’elle veut. Donc, elle se retourne très agressivement contre les gens qui se souviennent de ce qu’elle a dit la semaine avant et elle nie. Les psychiatres, dont je ne suis pas mais auprès desquels j’ai travaillé au début de ma carrière, appellent cela la paraphrénie confabulatoire, c’est-à-dire la capacité à croire ses propres mensonges."

Martine Aubry ne serait donc pas tout à fait menteuse, mais énoncerait des vérités évolutives. Une vision que partageait en privé François Hollande dès 2009, à en croire L’Express.

Savoureux décryptage et qui sonne juste quand on se tourne vers le passé récent, même en faisant fi des déclarations fracassantes que fit François Fillon il y a quelques mois :

 

 

On se souvient de son lapsus "quand je serai candidate" relevé par "Le Petit Journal" :

 

 

Mais que dire aussi, de sa volte-face sur l’âge de la retraite, passant de 62 à 60 ans pour flatter les cortèges, avant de dire qu’il ne fallait pas lui faire dire n’importe quoi… Un comble.

Moins connue, cette enquête réalisée pour Arte, par Ted Anspach, et intitulée "Quand la République se voile la face" (Doc en stock/Arte, 2008), sur la laïcité au cœur de Lille, où, on le sait, Martine Aubry avait accepté de réserver des créneaux horaires pour les femmes (en réalité, personne ne fut dupe : étaient principalement concernées les femmes voilées). Un documentaire où la maire de Lille semble gênée, comme poussée à la limite du mensonge sur la question de la fermeture de la piscine pour cause de "ramadan"... La main prise dans le pot de confiture ?

  

Lors de l'entretien (ou la promotion) de DSK par Claire Chazal, Martine Aubry fut démasquée sur le pacte de Marrakech, elle qui le contesta auparavant, ce qui fit les délices de la vindicative Ségolène Royal.

Alors, approximative, maladroite ou menteresse Martine Aubry ? Le peuple de gauche sera-t-il prêt à choisir une candidate à la vérité évolutive ? À lui de juger...

 

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 29 septembre 2011

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 19:39

La Sénatoriale a rendu son verdict. Et le constat est amer pour la majorité présidentielle : pour la première fois de l’Histoire, la gauche devient majoritaire au Sénat.


La droite est plus moribonde que jamais. Les 5 ans de Sarkozysme n’auront connu finalement qu’un seul bol d’air : les européennes de 2009. l’UMP s’en sortit sans trop de dégâts quand le PS buvait une tasse historique face au tsunami Verts.

A huit mois de la présidentielle, l’avertissement est clair d’autant que les sénatoriales concernent les grands électeurs, composés notamment des élus et de leurs délégués. La droite ne maîtrise même plus sa base d’élus, devenue incontrôlable. Même les zones rurales, habituellement proches de la droite, ont manifesté leur mécontentement. Un lourd tribut payé aux échecs successifs aux élections intermédiaires et notamment aux municipales 2008, une droite qui ne se retrouve pas dans la marque présidentielle et une réforme territoriale qui a beaucoup fâché.

Le PS et à un degré moindre les Verts sortent grand vainqueurs et ragaillardis pour la dernière ligne droite des présidentielles. Jamais sénatoriale n’aura autant fait de bruit. Et à vrai dire, jamais elle n’avait pu annoncer des lendemains qui chantent…

Pour autant, la gauche devra bien se garder de tout triomphalisme.

D’une part, elle doit désigner un candidat, même si Jean-Pierre Bel semble bien parti pour être celui-ci, et veiller à ce que le vote au Sénat se passe comme l’imaginent les projections, ce qui rappelons n’est pas aussi clair que dans les conseils municipaux et généraux, car bon nombre d’élus sont sans étiquette ou en tout cas sans l’étiquette PS (classés "divers gauche" voire "non inscrits").

D’autre part, si quantité d’élus accompagnés de leurs délégués n’ont pas rallié la cause de l’UMP, s’engouffrant dans le tumulte d’une droite séparée parfois sur plusieurs listes, la gauche a donc profité d’un scrutin à la proportionnelle. De la même manière, la poussée de la gauche est mécanique puisqu'elle a remporté toutes les élections locales intermédiaires.

Les grands électeurs n’ont donc pas signé un blanc-seing à la gauche. Ils ont juste mis en lumière l’état de la droite après cinq années de Sarkozysme. Valétudinaire. De quoi donner des forces à tous ceux qui ne partagent pas les valeurs portées par le président de la République depuis la dernière lustre. Mais la gauche le sait bien, elle n’est pas la seule à être légitime sur ce créneau…

 

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 26 septembre 2011

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 19:37

Ah ! Elle est belle la sortie de Nicolas Sarkozy dans l’Oise ! Magnifique envolée dont lui seul a le secret.

Les enseignants parviennent à effacer leur différence, entre privé et public, et s’associent pour exprimer leur désarroi, leur malaise et disons le tout net leur ras-le-bol ? Qu’à cela ne tienne ! Le Président s’improvise apprenti sorcier ou médecin véreux c’est selon. A coups de grand discours, son scalpel, il creuse avec délectation et cynisme dans la plaie béante, pour rouvrir la fracture qui alimente les conversations de café, la guéguerre stérile entre privé et public.

Ecoutons notre président :

 


"Mon devoir de chef de l'Etat, c'est d'abord de penser aux ouvriers, aux salariés, aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l'Etat, plus que de penser à ceux qui ont un travail difficile mais qui ont un statut qui les protège."

Les professeurs n’auraient donc pas un travail difficile ? Pire, ils n’auraient à l’entendre pas "tant de travail" ? La sécurité de l’emploi devient-elle un soutien quand on arrive le matin la boule au ventre parce que l’on a peur, peur des élèves, peur de travailler, peur d’être muté loin de son foyer ou de devoir faire 40 heures de présence, car oui Monsieur, certains collègues sont sur plusieurs établissements et remplissent la digne tâche de bouche-trous ?

Etre humilié au sein de la classe, quand la porte est fermée, que les quolibets volent autant que les craies et les bouts de gomme, puis à nouveau en passant le portail quand certains de ceux que vous voulez nous opposer, viennent chercher leur charmante tête blonde, enivrés par votre rhétorique diabolique,  vous regardent de haut en lâchant : "regarde moi cette feignasse"… Tout ceci n’exposerait donc pas les enseignants !

Mais quelle obscénité ! Oui, Monsieur Sarkozy vos propos sont indécents. Indignes et populistes. Provenant d’un homme à bout de souffle qui n’en finit plus de prendre soufflet sur soufflet. Une attitude désespérée et pathétique.

Est-ce donc cela le rôle d’un président ? De traiter avec mépris une profession qui est exaspérée et dont la vocation est un investissement pour l’avenir de la jeunesse ? De mettre les Français dos à dos ? Mais quelle conception avez-vous de la digne fonction, sacrée, que les Français, pas moi, mais une majorité de Français vous ont permis d’exercer ?

"Diviser pour mieux régner" serait-il devenu la nouvelle devise de la République puisque celle qui proclame "Liberté, Egalité, Fraternité" est traînée avec constance dans la boue au point de paraître dérisoire voire méprisable pour vous, simple locataire vacant de l’Elysée ? Auriez-vous l’impudence de trahir nos valeurs quand vous ne pouvez au mieux prétendre qu’à un bail renouvelable une fois ?

Séparation !  Vous n’avez que ce mot à la bouche. Enfin, que ce mot... quand cela vous arrange. Parce qu’à voir Monsieur Hortefeux faire fi du secret d’instruction, après avoir déjà cru bon, quand il fut Ministre, d’estimer que la Justice ne faisait pas son travail, en digne héritier dans la droite ligne de vos prouesses… et en guide de son successeur, Monsieur Guéant, à propos notamment de la Cour des Comptes, on se dit que Montesquieu doit se retourner dans sa tombe !

Et ne parlons pas des atteintes portées à la liberté de la presse, entre les affaires de fadettes et de chasse à l’homme, ou encore quand on sait les connivences que vous entretenez avec les grands Industriels qui détiennent les grands groupes de presse, symbolisées par cette fameuse soirée du Fouquet's où pas un ne manquait.

Et ne parlons pas des affaires...

Mais dans quelle République vit-on ? Monsieur le Président, vous êtes le Président des Français. De tous les Français. Vos partis pris font honte à notre héritage et à nos valeurs.


Séparez les pouvoirs au lieu de séparez les Français.


Mais ne vous inquiétez pas, on ne vous oubliera pas.

 

Et surtout, vous, n’oubliez pas d’exaucer le vœu que vous confessâtes à un cénacle quand vous étiez alors postulant à la fonction suprême, et qui est immortalisé dans le film La Conquête : ne faites qu’un mandat et allez faire du fric !  Allez diviser pour mieux régner. Et surtout, loin de nous.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 19:38

Aujourd’hui est un jour historique. Pour la première fois depuis les années 1980, enseignants du public et du privé sont appelés à faire grève. Un appel unitaire rare. Pour ne pas dire unique.

Un moment que Luc Chatel préfère banaliser, ringardiser et même ironiser avec l’irrespect d’un barbare qui n’a rien compris et qui n’a pas les mots pour le dire : "Une grève fin septembre dans l'Éducation nationale, ce n'est pas révolutionnaire."

Révolutionnaire ! L’homme n’a visiblement pas peur des fards trop rouges pour façonner sa caricature. Ministre cosmétique de l’Éducation, Luc Chatel s’enorgueillit du maquillage qui tient lieu de feuille de route pour l’école, en prétendant assumer les suppressions. Fond de teint tapageur sur un visage émacié sous lequel on distingue le squelette dépecé de l’Éducation nationale. Bientôt il ne restera plus rien de l’os.

Et pourtant, il aurait dû comprendre que cette grève, elle le vaut bien (pour reprendre l’adage de son ancien employeur qui n’aurait pas dû se séparer de ce cadre, précieux, pour qui la gestion comptable l’emporte sur la qualité). Une aubaine pour le marketing. Une irresponsabilité dès lors que l’on touche l’éducation de nos futures générations.

Aujourd’hui, l’argument brancardé depuis 2002 par la droite comme quoi il y aurait trop de profs ne tient plus. La rentrée de septembre annonce encore et toujours moins de professeurs quand il y a plus d’élèves, notamment au collège, conséquence du baby boom du début des années 2000.

D’ailleurs, comment expliquer que l’on ait recruté davantage d’enseignants dans le primaire jusqu’en 2009, et qu’une fois devenus adolescents, les collégiens voient le nombre d’enseignants diminuer au collège ? Le mirage de la démographie n’a dès lors plus de sens.

Certains évoquaient des économies nécessaires. Mais cet argument tient-il la route quand on connaît le budget de la France (160 milliards par an), sa dette (1600 milliards) et quand on compare cette montagne de chiffres à la goutte d’eau dérisoire qu’a représenté la suppression de postes sous la lustre sarkozyenne, comme le souligne fort justement François Bayrou dans son dernier livre : 500 millions d’euros ! Une goutte d’eau pour les finances publiques, un abîme pour l’investissement pour l’avenir.

Pour autant, le malaise des enseignants se résumerait-il à une question de moyens comme le claironnent les socialistes depuis des années, Hollande proposant même de rétablir sur cinq ans les 70.000 postes supprimés ?

Ne faudrait-il pas, en premier lieu, revaloriser une profession qui, tout comme les médecins, peine à trouver des volontaires, puisqu’en 2011, 1000 postes au CAPES sont restés non pourvus ? La vocation ne fait pas légion. C’est dire l’état de crise.

Humiliés, rabaissés plus bas que terre, assimilés au chancre de la société, les enseignants ont vu véhiculer sur eux tant de clichés nauséabonds, du fainéant, au refus d’évoluer, en passant par les gracieuses vacances ("et ils voudraient encore se plaindre", entend-on…) qu’ils n’ont plus la foi.

L’idéologie portée aux nues par Jospin, Chevènement et insufflée par Mérieu, l’élève au centre, a fait une victime collatérale : le professeur qui n’était plus qu’un écrou dans le montage que l’on pouvait placer, remplacer et même façonner comme bon leur semblait.

Et la gauche semble être elle aussi atteinte d’anosognosie quand elle prétend n’être nullement responsable des maux de l’école, attribuant l’entière responsabilité de la déchéance du système scolaire sur la droite.

Un symbole et non des moindres : dans son livre Lionel raconte Jospin, l’ancien ministre de l’Éducation évoque, dans l’incipit, sa jeunesse. Et quelle ne fut pas ma surprise d’y lire une confession pour le moins étrange : "En sixième, j’étais dans 'une classe nouvelle', avec des méthodes non directives. Cela ne m’a pas réussi."

Ah oui ? Parce que les méthodes non directives ont réussi aux élèves après les réformes pédagogiques de 1989 ? L’autorité s’est-elle affirmée dans l’école républicaine du XXIe siècle ? Pourquoi avoir fait appliquer cinquante ans plus tard ce qui ne fonctionnait déjà pas à l’époque ? Mystère.

 

La question de l’école et des enseignants n’est donc pas qu’une question de moyens :

- Il est devenu depuis trente ans interdit de parler d’emploi du temps qui conviendrait à l’enseignant, car ce qui compte, c’est l’élève.

- Il est interdit de parler de liberté pédagogique, car l’enseignant est un exécutant qui doit appliquer à la lettre les directives ministérielles, même quand celles-ci ont asséché la transmission des savoirs au profit de notions abstraites, au jargon ronflant qui met tant en valeur les pédagogues en herbe. À tel point qu’un élève de troisième sait reconnaître un narrateur omniscient… mais il ne sait pas conjuguer le verbe être au passé simple.

 

Le professeur a perdu sa liberté pédagogique, et rien à l’horizon ne peut le rassurer, quand droite et gauche s’accordent comme larrons en foire pour changer la mission des enseignants, et proposent que l’autonomie des établissements passe par le transfert des responsabilités pédagogiques, des inspecteurs aux chefs d’établissement. On imagine un ancien CPE ou un ancien professeur de SVT devenu personnel de direction avoir un avis sur la pédagogie à mener en cours d’anglais…

Alors il est temps de le rappeler inlassablement quitte à se répéter. Non, le malaise des professeurs ne se résume pas à une question de moyens. Non, le malaise des professeurs ne provient pas seulement du dépeçage opéré par les Sarkoboys. C’est bien plus profond que cela.

Et la gauche qui s’estime naturelle et légitime sur la question de l’éducation ferait bien de s’interroger sur sa part de responsabilité. Car ce n’est pas parce que l’on fait partie du camp des progressistes que l’on est dispensé de se remettre en question.

 

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 27 septembre 2011

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 19:32

M-sieur-propre.jpgDécidément il a le vent en poupe en ce moment. Au point d’avoir fait l’objet d’un C dans l’air qui lui fut entièrement consacré mardi soir.

Fort des Universités d’été et de son discours de clôture qui a marqué les esprits, le Béarnais apparait plus que jamais comme le Monsieur Propre de la politique.

Un vent d’air pur dans ce torrent de merde, pour plagier l’expression de Monsieur Valls en d’autres circonstances. Et cet air « pur », Nicolas Domenach l’a illustré non sans humour sur Canal, hier midi, dans la Nouvelle Edition. Appréciez !

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:35

Il fait partie de son cercle. Celui des gars de la Marine. Et même plus. Et pour cause : en plus d’être Mariniste, Louis Aliot est le compagnon de la présidente du FN. Et ils ne souhaitent pas s’étendre trop sur la question, même si c’est un secret de polichinelle. Mais plus que cet aspect de la vie privée, qui ne revêt aucune importance (encore qu’avec le Front national, on reste comme toujours en famille au point d’en faire un Front familial comme le remarquent judicieusement Fiametta Venner et Caroline Fourest dans Marine Le Pen), il est intéressant de noter que ce personnage discret nationalement, prend une place de plus en plus importante dans le parti. 


Au point de faire de lui la véritable tête pensante de ce nouvel FN dédiabolisé, pour lequel il œuvre tant. Mais qui est véritablement Louis Aliot ? En quoi incarne-t-il à la perfection ce nouveau FN, à la cosmétique impeccable, mais dont la rhétorique ne sert que de tapis pour cacher la poussière, lourd héritage des fondamentaux sulfureux de la ligne dure du parti ?

Première impression : un homme débonnaire à l'accent d'ovalie

Tous les articles qui évoquent cet homme venu de l’Ariège n’y échappent pas : la première chose qui marque les esprits en voyant Louis Aliot, c’est le rugbyman, l’accent d’ovalie qui chatoie les oreilles, son caractère débonnaire en somme. Plus intéressantes restent les raisons qui l’ont poussé à venir au FN. Des raisons personnelles tout d’abord, puisque sa mère est originaire de Bab El-Oued, "le quartier du petit peuple à Alger-, un milieu où l’on voue une reconnaissance éternelle à Jean-Marie Le Pen pour sa défense de l’Algérie française dans les rangs des parachutistes. Elle fait partie de ces pieds-noirs qui considèrent que ‘Le Pen ne [les] a jamais lâchés’" apprend-on dans Le Système Le Pen, livre co-écrit par Caroline Monnot et Abel Mestre, journalistes au Monde, publié la semaine dernière. 

Mais aussi, un fait divers qui fit tant de bruit en 1990 : la profanation des cimetières juifs de Carpentras. Le FN est alors mis en cause… non sans raison. Car non content d’abriter alors tout ce qui se fait de plus sombre dans l’extrême droite française, le FN fut marqué éternellement au fer rouge par la célèbre saillie de son président sur le détail de l’histoire. Une accusation qui révolta Louis Aliot déjà marqué par les crachats qu’il avait reçus des contre-manifestants lors d’un meeting de Le Pen lors des présidentielles de 1988 : "Je me rendais bien compte que ce n’était pas le FN qui était à l’origine de cette affaire. Tenter de manipuler l’opinion sur une affaire aussi dégueulasse, et tenter de coaliser contre un parti politique qui n’avait aucun pouvoir, ça m’a toujours paru détestable" confie-t-il aux journalistes du Monde.

 

L’homme parait donc en rupture avec l’antisémitisme qui semblait coller à la peau du Front national, un peu à l’image de Marine Le Pen qui se lasse d’avoir à justifier les dérives de son père. D’ailleurs, il tient à préciser que son adhésion au FN intervient après l’affaire du "détail". Pour autant, comme sa compagne, sa fidélité est sans faille pour celui qui est et demeure le Président d’honneur du parti : "c'est compliqué. Moi, je suis rentré au Front après le 'détail' parce que je considère que dire ce que Jean-Marie Le Pen a dit ne remettait pas en cause le reste." Au point de renverser la vapeur et d’affirmer sans nuance que Le Pen n’a qu’un mot à se reprocher quand Mitterrand a lui mis les mains dans le cambouis de la collaboration. L’histoire selon Monsieur Aliot, ça se prend avec des gants.

 
Raciste ?

Une autre image qui colle à l’image de ce parti est celle du racisme. Un poncif, selon lui, qu’il réprouve bottant en touche : "Faux. Sinon, on serait interdits." Et Aliot de tenter la transformation de l’essai : "On apparaissait comme un parti de fachos, on ne l’a jamais été".

Pourtant, sous ces airs d’enfant de chœur, Louis Aliot se révèle être plus tourmenté sur la question. C’est en tous cas ce qu’affirme sans la moindre ambigüité Jean-Claude Martinez, qui fut, ancien vice-président du parti et suspendu en 2008 pour félonie, comme son ennemi intime dix ans auparavant Bruno Mégret :  "Il ne sait pas dire une phrase sans ‘melons’. Un jour, il a piqué une colère terrible contre Bompard, parce qu’on le voyait en photo avec des Arabes, ‘au milieu des melons’ comme il dit. C’est rupestre chez lui. Pariétal" confie-t-il à Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Il n’est pas bien sûr que le terme de "melons" pour qualifier les Arabes fasse de vous un raciste oseront certains, mais il est encore moins sûr que vous passiez pour quelqu’un d’immensément tolérant…

Par ailleurs, cet homme que l’on décrit comme propre sur lui, le FN version VRP, comme le titrait même les Inrocks, cache une nature pour le moins bouillante… Lors du Congrès de Tour, il faillit en venir aux mains comme le révèlent Caroline Monot et Abel Mestre : "Plusieurs personnes ont dû le calmer, lorsqu’au Congrès de Tours, le cadre frontiste Farid Smahi a accusé la nouvelle présidente d’être 'racialiste' et de 'rouler pour le lobby'. Louis Aliot n’était pas loin d’intervenir physiquement."


Déjà en 2009, Monsieur Serrano qui était en campagne pour le MPF contre Monsieur Aliot dut subir des tourments au point de porter plainte contre lui, se réservant d’en faire autant contre sa mère, qui est venue lui prêter main forte pour l’occasion : "Le MPF déplore que, sans vérification préalable des faits, le nom et les coordonnées de M. Serrano aient été jetés en pâture à la presse et aux militants frontistes, dont les plus excités s’en sont déjà pris à son épouse de façon particulièrement injurieuse."


Et le communiqué d’évoquer "des attaques personnelles d’une violence rarement atteinte dont ils dont l’objet de la part d’un site Internet placé sous la responsabilité directe de M. Aliot, (…) des injures dont Mme Aliot les a agonis, lesquelles, adressées à d’autres, seraient qualifiées d’homophobes."

Des méthodes quelque peu radicales tout de même, qui dressent le portrait d’un homme complexe. Les souvenirs de ses adversaires politiques l’ayant côtoyé dans les différentes assemblées laissent cette même impression, entre l’un qui évoque un "personnage assez banal, sans grand charisme, mais sans outrance", un autre qui précise que ses "dossiers étaient bien préparés. Il n’était pas dans la provocation comme certains de ses collègues", quand un dernier, plus suspect lâche : "sous ses dehors lisses et affables, c’est un théoricien dur de la vieille droite maurassienne et Action française. ll met mal à l’aise par cette capacité à défendre des idées excluantes avec une approche 'sympathique'."


C’est du reste ce que l’on retient de lui quand il évoque les limites de la dédiabolisation : "Il y a une bonne et une mauvaise diabolisation. Être décrié pour notre discours sur l’immigration et l’islam, ça ne me pose absolument aucun problème !"

Défenseur d'une ligne laïque dure

Difficile de cerner donc ce personnage qui fait dire aux journalistes du Monde : "mélange à la fois ‘moderne’ et ’tradi’". Singulier en effet que cet homme qui défend une ligne laïque dure, et qui affirme "je suis catholique mais je le garde pour moi", coupant avec l’héritage sulfureux de Bernard Anthony… tout en invitant les militants du Front national à défiler à la marche pour la vie en janvier dernier :  "Louis Aliot demande aux sympathisants et aux adhérents du Front national de se joindre à la Marche pour la Vie organisée le dimanche 17 janvier (14h30 place de la République), à l’initiative du collectif En marche pour la Vie , regroupant de nombreuses associations de défense de la Vie et de la famille."


Étonnante invitation, envoyée le lendemain du Congrès de Tours où il avait terrassé Bruno Gollnisch, un fidèle de cette marche inspirée par Madame Boutin. Une marche loin d’être dénuée de religiosité puisqu’elle réunit autour de la cause provie, franchement traditionaliste, quantité d’évangélistes, de pentecôtistes et autres traditionalistes… Inviter ses militants dans une marche où l‘on sanctifie le caractère sacré de la vie, où l’on compare l’IVG à un génocide "au nom de la vie qu’a donnée Dieu" n’est assurément pas neutre…

L'incarnation d'un Front national lissé.

Louis Aliot est donc bien à l’image de ce nouveau Front national. Une plastique aguichante, un verbe plus chatoyant que les diatribes style troisième empire de l’ancien chef, un antisémitisme disparu (point commun chez les cadres les plus en vue)… mais à côté de cela une odeur nauséabonde entoure toujours certaines idées brunes qui ne correspondent pas tout à fait à ce que l’on attend de nos représentants de notre République. 

La haine semble toujours présente, même terrée dans le discours du FN, comme le montre cette déclaration pour le moins choquante qu’il fit à Lampedusa, le 14 mars 2011 aux cotés de Marine Le Pen, comme le révèlent Caroline Monnot et Abel Mestre : "Les clandestins dans leurs barques vous les plaignez, vous ne plaigniez pas les rapatriés de 1962". Œil pour œil, dent pour dent ? On soupçonnait Jean-Marie Le Pen de régler ses comptes avec l’Histoire. Il n’est pas bien sûr que Louis Aliot, son, nouveau gendre, en fasse autrement.

 

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 20 septembre 2011

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 19:40

En janvier dernier, Plantu avait créé une polémique sans précédent, en signant une caricature mettant côte à côte Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pour dénoncer un front commun du populisme. Une grande émotion s'en était suivie.

Le croqueur du Monde avait-il dépassé les bornes ? Sans doute. Car cela revenait à prétendre qu’au-delà de la forme, il y avait connivence sur le fond. Or jusqu'à preuve du contraire, les nauséabonds restent toujours du même côté de la barricade.

Pour autant, l'épisode aurait dû inciter le leader du Front de gauche, choisi entre temps pour représenter également le Parti communiste à la présidentielle, à davantage de nuance dans le discours.

L'été est passé. Mais Mélenchon est resté le même. Incurable.

La fête de l'Huma a marqué, ce week-end, sa véritable rentrée politique. Mise en scène de rigueur. Alors qu'il craignait certainement les retombées désastreuses pour sa mise en lumière du débat des socialistes qui sembla passionner les Français, il commença par attribuer ses bons et ses mauvais points en appréciant l'assiduité de ses anciens collèges de la rue de Solférino.

Mais que dire de l'interview qu'il donna à la presse ce samedi ? Il suffit de lire et relire, interloqué, le titre de l'article de Libération pour en avoir le cœur net : "Mélenchon appelle les Français à 'allumer le feu dans tout le continent'."

Phrase sortie du contexte pour accrocher le lecteur ? Pas du tout ! Le leader du Front de gauche qui glisse une prétérition de taille, "Je ne vous parle pas comme un tribun" (sic !), annonce la couleur : "Nous avons des mesures techniques pour dompter la finance et la prendre à la gorge (…) Lorsque je vous parle de ces sujets, je ne vous parle pas comme un tribun ou un propagandiste (…) mais comme quelqu’un qui gouvernera ce pays (…) et qui appliquera ce qu’il y a à faire."

Puis Mélenchon de conclure : "Nous allons non seulement lancer une révolution citoyenne pour notre patrie (mais) nous allons allumer le feu dans tout le continent !"

Allumé Monsieur Mélenchon ! Mais comment accepter de lire pareille métaphore dans la bouche d'un candidat qui aspire à la présidence de la République ? N'y avait-il pas un choix plus judicieux de l'image que celle du feu qui rappelle de funestes souvenirs, encore si vifs dans nos esprits ?

La formule de Monsieur Mélenchon est parfaitement irresponsable et viendra encore alimenter ceux qui glosent à l'envi sur les affres du communisme dans l'histoire pour l'appliquer sur le PCF et le Front de gauche. Comparaison n'est pas raison, mais où est la caricature ? Surtout que la phrase survient le week-end où des employés se sont cru légitimes à séquestrer des responsables d'un groupe industriel.

La fin justifie-t-elle les moyens ? L'épisode est d'autant plus savoureux que samedi soir, dans On n'est pas couché, Monsieur Mélenchon a été questionné sur un slogan du Parti communiste utilisé à la Fête de l'Huma, à propos d'une boite d'allumettes au titre vaguement ressemblant... L'émission fut enregistrée vendredi, et le président du Front de Gauche n'en avait pas encore eu écho... mais ne tardait pas à justifier pareil message et, pire, à renvoyer à Audrey Pulvar le cliché lui-même insufflé par le PCF ! Un comble !

 

 

Serait-ce le message "citoyen" envoyé par l'extrême gauche pour la présidentielle ? Parce qu'il ne fait aucun doute que la métaphore n'a pas été choisie au hasard au regard de ces images : Mélenchon a nourri lui-même cette ambiguïté. Lui qui refuse la vision de ceux qui prédisent du sang et des larmes pour combattre la crise n'avait pas encore dit qu'il était prêt à retenir tout de même la moitié de la formule...

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 18 septembre 2011

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 19:39

Université d’été. Un passage obligé pour les militants. Un marronnier pour les journalistes. Une tribune pour faire de l’image pour les citoyens. Chaque année entre la fin août et la mi-septembre, les partis politiques se réunissent pour ouvrir la saison. Une véritable réunion de famille avec ses fêtes, ses conflits ou ses tensions.

Les Universités de rentrée portent pourtant en leur sein, leur nom, une promesse : celle du travail et de la réflexion. Et en cette année qui précède la présidentielle, l’esprit est à la profusion d’idées. D’espoirs. Ou même de rivalité. Et puis il y a l’incontestable envie de montrer ses muscles saillants, prêts au combat. L’unité faisant la force, le nombre la transcende. L’UMP et le PS se sont engagés dans une compétition sans merci. C’est dire si l’enjeu est de taille.

Le MoDem ouvre les siennes ce week-end à Giens. Pas de scoop à l’horizon : François Bayrou a déjà officialisé sa candidature à la présidentielle. Mais déjà entend-on l’anathème tel un hymne qui l’a poursuivi durant cette lustre : Bayrou est seul. Il n’a pas ou plus de troupes. Ses amis l’ont délaissé. Paillé, le porte-flingue de Borloo, est de ceux-là au point d’imaginer sombres fantaisies que seul un esprit inquiet pouvait produire. Bayrou isolé, ce que du reste il disait déjà en 2009 quand il roulait pour Sarkozy. Changez le paysage, la route reste la même. Celle de François Bayrou s’est apparentée à un désert… qu’on lui avait promis. Les Européennes eurent pu servir de gourde. Las elles finirent en eau-de-boudin.

On disait l’homme seul sans ressources. Il s’en explique d’ailleurs dans 2012 Etat d’Urgence : "On m’a dit seul. C’était faux. Mes amis, les vrais, mes compagnons d’âme et de combat, les vrais, ne m’ont jamais manqué. Mais être taxé de solitude, c’est plutôt bon signe".

Et le Béarnais d’admettre :

"Une seule chose difficile, c’était de ne pouvoir me faire comprendre de ceux qui avaient partagé mes combats"

Mais le Président du MoDem n’est pas du genre à se désespérer :

"Mais à mes compagnons qui ne me suivaient pas, qui ne me comprenaient pas, je n’en ai pas voulu […] J’ai toujours cru qu’une fois le chemin fait et les écailles tombées des yeux, nous nous retrouverions, bien contents"…

 

Le moment est-il arrivé plus tôt que prévu ? C’est ce que l’on serait en droit de croire à l’entendre. Le mot ralliement, utilisé par le journaliste, peut paraître exagéré. Mais ces rapprochement,s même pour dialoguer et construire ensemble une pensée pour une majorité nouvelle sont d’importance. Quand certains s’enorgueillissent de soutiens sulfureux et d’autres s’improvisent leaders syndicalistes pour remplir par la chimère l’écho d’une salle si vide, François Bayrou voit là ses espoirs se réaliser. Celui de la fin de la vision partisane, comme il l’explique dans son dernier livre :

"Un jour ou l’autre, la nécessité fera passer le projet avant toute considération d’étiquette."

Une reflexion aux antipodes de l’ouverture Sarkozyenne, aux allures de débauchage, ou au ralliement socialiste, qui à entendre le premier débat des primaires, ne se ferait que sur le base de leur projet, sans remise en question… et au 2ème tour histoire de garantir la victoire.

La démarche du Modem est tout autre. Singulière. Et surtout la seule qui puisse affronter la crise, comme l’explique François Bayrou dans son livre :

"L’union nationale suppose que l’on embarque tout le monde."

Et d’en déduire : "Quand on sait que des efforts devront être consentis, chacun des citoyens doit avoir la certitude que les décisions prises ne seront ni partiales ni partisanes, qu’elles ne serviront ni intérêts de groupe, de classe ou d’idéologie. Le pluralisme de la majorité garantira que les décisions seront nécessairement d’intérêt général."

L’exemple le plus frappant reste la participation de Jean Peyrelvalde, haut fonctionnaire, qui soutint le président de l’UDF d’alors, et qui, en 2011, rejoindra l’Université d’été de Giens pour soutenir François Bayrou tout comme il peut par ailleurs soutenir François Hollande. Pour le service des Français avant tout.

Mais il n’est pas le seul. Jean Arthuis, sénateur et président de la Commission des Finances, qui participe lui aussi à l’Université de rentrée du MoDem après avoir accueilli François Bayrou au congrès de l’Alliance centriste.

Seul, François Bayrou ? Alors citons ceux qui ont décidé de soutenir la démarche du président du MoDem pour construire un projet pour les Français et non pour un parti : proches d’Arthuis, François Zochetto et Philippe Folliot, membres de L’Alliance centriste ont quant à eux participé à l’inauguration du siège rénové du Mouvement Démocrate le 22 juin dernier, le dernier cité manifestant depuis régulièrement son soutien sur Twitter.

Michel Mercier, pourtant Ministre de Nicolas Sarkozy et qui a voté pour la réélection de François Bayrou à la présidence de l’UDF en janvier dernier s'est rapproché de ami de trente ans malgré l'opposition opiniâtre et indélébile au président sortant incarné notamment dans Abus de pouvoir. Sans oublier Bernard Bosson, qui a annoncé se mettre au service de François Bayrou pour la présidentielle de 2012.

Et François Bayrou serait donc desservi par le centre ?

 

À Droite, les modérés ne se retrouvent plus dans l’UMP. Pierre Méhaignerie, qui sera présent à l’Université de rentrée du MoDem et déclarait dans Ouest France lundi 12 septembre "mes liens d’amitié avec François Bayrou sont restés étroits et les différences sont faites pour être surmontées".

Alain Lambert a, lui,  profité du congrès de l’ARES pour affirmer via Twitter son soutien au président du Mouvement Démocrate : "Présidentielle 2012 - Borloo &Morin se disputent parait-il le Centre. Qu'ils laissent donc la place à F. Bayrou la question sera réglée" Il prépare d'ailleurs un billet pour son blog consacré au dernier livre de François Bayrou.

Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire générale de l’UDF, porte-parole de François Bayrou à la présidentielle de 2002… qui revient à ses côtés dans le Var.

Chez les Verts, la cause est entendue depuis longtemps, puisque deux anciens leaders garantissent la place de l’écologie au sein du MoDem : Yann Wehrling et Jean-Luc Bennahmias, tous les deux prédécesseurs de Cécile Duflot, qui ont rejoint François Bayrou dès 2007 et font de l’écologie l’une des fondations du MoDem.

Et la gauche diront certains ? N’oublions pas que l’appareil est verrouillé par la primaire. Beaucoup, en off, selon mes sources auprès du siège, ont confié qu’ils sont prêts à travailler avec François Bayrou dans le cadre d’un contrat de Gouvernement, comme Jean-Michel Baylet qui proposait même une alliance à la veille des élections européennes, que François Bayrou avait refusé faute d’un gage fort d’indépendance… Mais le 16 octobre ouvrira des portes, quand on se rendra bien compte que le candidat PS portera un projet que seul Jean-Pierre Foucault serait à même de financer, à en croire un Sarkozy qui n’a pas perdu son sens de l’humour malgré des sondages en berne. Rappelons qu'en 2007, bon nombre de cadres de Gauche avaient rallié le Béarnais...

 

Sur le terrain éducatif, pierre d'angle du projet révélé par Bayrou dans son dernier livre,  Jean-Paul Brighelli sera présent à l’Université de rentrée du MoDem, comme il y a trois ans, lui qui signait ces jours-ci un billet penchant clairement en faveur de François Bayrou.  Mérieu en sera pour ses frais. Il sera accompagné de Claire Mazeron et de Frédérique Rolet.

Sur le volet, économique, outre Jean Gilles Le Blanc sera présent.

Pour le sport, dans une génération qui n’adhère plus au système Droite Gauche, citons Jérémie Janot, qui a officialisé son soutien à Bayrou lundi 12 septembre, via Twitter ou encore Marouane Chamakh, proche de Jean Lassalle, candidat aux régionales de 2010 sur lesquels Bayrou pourra compter pour la Présidentielle.

L’Europe ne sera pas oubliée à Giens avec la venue de Guy Verhofstadt, président de l’ADLE, figure parmi les plus reconnues du Parlement européen et ami de longue date du Président du MoDem, ou encore Francesco Rutelli, ancien maire de Rome et ministre de la Culture italien, qui incarne le Centre en Italie depuis de nombreuses années sans oublier Pat Cox, ancien président du Parlement européen. Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois, a lui depuis longtemps témoigné de son amitié de longue date qui le lie à françois Bayrou.

Pour parler du social, outre Robert Rochefort, ancien directeur du CREDOC, économiste éminent, qui a rejoint François Bayrou en 2009 à l’occasion des élections européennes, seront accueillis Patrice Ract-Madoux et Dominique Versini, ancienne Défenseure des enfants, fonction aujourd’hui reléguée à celle d’adjoint du Défenseur des droits, réforme combattue vivement par François Bayrou.

Parmi les Intellectuels et autres hommes de culture salué n’oublions pas Jean-François Kahn et Philippe Meyer, qui ont même été candidats du MoDem aux régionales pour l’un et aux municipales à Paris pour l’autre, Jean-Pierre Rioux et Jean-Claude Casanova.

Enfin la justice ne sera pas en reste avec Philippe Bilger, qui signait un beau billet sur son blog au sujet de Bayrou il y a quelques mois, Pierre Albertini, professeur des universités et ancien député-maire de Rouen, spécialiste du Droit public, Thomas Clay, doyen de la faculté de Droit de Versailles et spécialiste en Droit privé et Christophe Regnard, président de l’Union syndicale des magistrats (USM), qui tous seront à L'université d'été qui se tient ce week-end.

 

Et après on dira que François est encore seul ?

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 18 septembre 2011

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 19:40

Les débats des primaires socialistes en 2006 avaient déçu tout le monde. Planqués sur la LCP, ils avaient laissé indifférents tous les observateurs, sûrs de la victoire de Ségolène. Et lassé les téléspectateurs puisque personne ne pouvait intervenir, trois soliloques indépendants construisant un puzzle ennuyeux.

Je me souviens à l’époque avoir croisé Bernard Roman, faisant ses courses à Lille le lendemain d’un des débats, et le questionnant sur ses impressions, il m'avait lâché  : "je ne sais pas, j’ai regardé la ligue des champions"… C’est dire. 

Cinq ans plus tard, ils étaient six. Attendus. Qu’attendions nous d’eux ?

Nous attendions un débat. Il n’en fut rien. Une présentation digne du "Maillon faible" avec David Pujadas dans la peau de Laurence Boccolini. Et il entra tellement dans la peau du personnage qu’il détruisit son pupitre dans un bruyant tintamarre. Le costume était-il trop large ?

Nous attendions un affrontement Aubry/Hollande. Et il dura… 50 secondes. Le temps d’une vague empoignade sur le nucléaire qui nous apprit qu’ils étaient d’accord pour diminuer la part du nucléaire, qui ne représenterait plus que 50% de nos besoins en 2025… La belle affaire.

Nous attendions de voir des idées qui différencieraient les candidatures. Las, nous eûmes le droit à des échanges de politesse, à peine ébréchés par quelques piques déguisées que le néophyte n’aura guère eu le loisir de comprendre… Pas très pédagogique en somme.

Nous attendions aussi beaucoup de chacun des candidats. Revue d’effectif.

 

François Hollande, le favori

Confus sur la question de l’éducation qui fit tweeter Bruno Julliard (certes pro-Aubry) : "FH pas très convaincant sur l’éducation", il enchaîna son oral sur un débit inaudible. Remonté, au mauvais sens du terme, on crut devoir lui asséner : "Mélenchon sors de ce corps", tant son agressivité était palpable envers les journalistes.

Dans le débat, il fut plus posé, tentant d’être facétieux sur le nucléaire et tentant de ramener, sur cette question, le débat à un face à face Hollande/Aubry… Pas sûr que cela l’ait servi. En revanche, il est l’un des rares à avoir rappelé qu’avant toute chose, il faudrait penser au premier tour. Evoquant subrepticement le spectre du 21 avril en rappelant les chiffres encore prodigieux d’un FN qui, même en baisse, n’en a jamais obtenu autant, même en 2002… L’homme est bien sur ses gardes. 

 

Martine Aubry, l’outsider

Que retenir de son oral ? Pas grand-chose en réalité, même si sur la question de l’éducation, elle tacla implicitement Hollande, en rappelant que l’Education ne se résumait pas à une question de moyens et qu'il ne fallait surtout pas occulter la formation des enseignants. Ouf ! Dans le débat elle fut assez sage au final, se mêlant avec plaisir au débat lancé par Hollande sur le nucléaire sans réellement prendre quelconque avantage.

En revanche, que dire de sa sortie sur les retraites ? Elle qui affirma que l’on pouvait envisager l’âge de la retraite à 62 ans, avant de rebrousser chemin en invoquant une méprise, et qui a joué de l’amalgame durant les manifestations qui ont suivi, déclare à présent qu’elle n’avait jamais dit que les 60 ans concernaient tout le monde ! Et Aubry d’enchaîner en déclarant : "Sarkozy a menti a tout le monde". Seulement lui ?

  

Ségolène Royal, la sortante…

... et la future sortie ? Récitant toute la soirée, faisant la promotion de son livre… c’est à se demander si elle n’a pas confondu le débat de la primaire avec "On n’est pas couché" de Ruquier. Rappelant sans cesse qu’elle est en exercice dans le Poitou, elle a été transparente, peu éclairante. Peu éclairée même. Peu inspirée pour être honnête.

Quand on imagine que c’est la seule à avoir tenté l’aventure présidentielle, l’on est en droit d’être déçu. Et presque de se dire que 2007 a bien fait son choix… Elle ne fut jamais citée, ni même interpelée, si ce n’est sur le tard par Arnaud Montebourg. A la fin, les plus curieux auront remarqué qu’elle serrait la main de tout le monde, quand Martine se fendait d’un bise… Ambiance.

 

Arnaud Montebourg, l'authentique

Son discours ne fut pas inintéressant. Mais pourquoi donc a-t-il pris ce malin plaisir à s’opposer toute

l’émission à Manuel Valls ? Petite finale pour savoir qui finirait 4e. N’avait-il pas mieux à espérer ? Pour autant, c’est bien à lui que revient la palme du courage et quel courage !

Il est le seul à avoir lâché DSK. Et pas seulement sur l’affaire du Sofitel. Sur son bilan au FMI. Non, Arnaud Montebourg ne le voit pas revenir en politique et ne souhaite pas le revoir pour cette campagne. Il a par ailleurs demandé à ce que l’ancien président du FMI s’excuse auprès de gauche comme il l’a fait aux employés du FMI. "Nous aussi nous avons été contrariés". Après Guérini, Montebourg continue de se faire des copains à gauche ! Authenticité.

 

Manuel Valls, au MoDem ?

Il fut brillant sur la question de l’éducation, d’autant qu’il succédait à un Hollande brouillon sur le sujet. La question n’est pas une question de moyens mais de réformes pédagogiques. Plusieurs fois, le candidat explique que la Gauche a le devoir de vérité pour ramener le PS a davantage de réalisme. Mais pourquoi donc a-t-il dit, hier soir, qu’il était fier de voir Sarkozy en Libye ? Le problème n’était pas dans le fond, on peut en effet apprécier l’image. Mais était-ce le moment ?

Il eut pu, ainsi, modérer son propos en expliquant qu'une opposition ne devait pas se circonscrire dans le pavlovien et que les rares éclats de la présidence devaient montrer la seule voie à suivre. Sa prose fut bien plus lourde et résonna comme un hommage déplacé quand chacun évitait de dire le nom de l'être honni sur le plateau. Montebourg le tacla sans coup férir. Un peu tendre encore Manuel. Mais vous êtes le bienvenu au MoDem (mais certainement pas pour encenser le Président, cela va sans dire !)

 

Jean-Michel Baylet, l’invité surprise

Personne ne le connaissait, et il n’est pas sûr que quelqu’un le reconnaisse demain dans la rue à moins de porter à nouveau cette chemise et cette cravate qui dénota tant… Plus sérieusement, le candidat du parti Radical fit bonne figure, et très honnêtement fut plus crédible qu’une Ségolène Royal robotisée ce soir-là…

Mais la seule chose que l’on retiendra restera ses positions pour la légalisation du cannabis et de l’euthanasie. Cohérent, mais franchement, il n’est pas bien sûr qu’il ait convaincu les autres candidats, et par là même les autres téléspectateurs sur la question. Mais attendez voir ? Monsieur Baylet ne se serait-il pas trompé de primaire ? Aurait-il raté celle d’Europe Ecologie-Les Verts ?

  

Fin du premier round. Longue soirée, pour finalement peu de choses à se mettre sous la dent. Je ne sais si la montagne accoucha d’une souris mais l’animal en question ne doit pas être beaucoup plus gros. Mais alors qui est le maillon faible ? Il est rentré en voiture électrique me dit-on... Au revoir !

 

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 16 septembre 2011

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 19:41

Décidément, c’est à croire que France 2 a recruté un bien inquiétant personnage pour s’occuper de la rubrique "école" de son journal télévisé. Une semaine après avoir cloué au pilori les devoirs maison de manière unilatérale, subjective et somme toute complètement arbitraire, David Pujadas et sa fine équipe en ont remis une couche hier soir, avec un pinceau bien gras, et un décapant à vous faire monter la moutarde au nez.

 

 

Serpent de mer ? Non sans rire ! Et après l’on s’étonnera que les enseignants soient les mal-aimés.

Véhiculer encore et toujours que le problème des professeurs c’est leur temps de présence ? Que, s’ils sont mal payés, c’est parce qu’ils ne travaillent pas suffisamment ? 

Distiller que la faillite de notre système éducatif s’explique en tout ou en partie par ses conditions de travail qui font de lui un éternel privilégié ?

Oublier que le temps de travail d’un professeur ne se limite pas à son "action" en classe ?

Omettre tous les projets, réunions, conseils et autres réunions parents-professeurs qu’il doit assumer à l’issue de sa journée de travail au détriment de son temps familial, ces jours qui peuvent alors s’étaler de 8h à 21h avec une reprise toute aussi matinale le lendemain ?

Mais aussi occulter le fait que, étant agent de l’État, il peut être amené à travailler là où on lui demande et que les temps de réduction drastique des effectifs amènent d’innombrables collègues à effectuer un complément de service sur plusieurs établissements, parfois éloignés de 50 km !

Est-il enfin nécessaire de rappeler à ceux qui estimeraient que travailler chez soi n’est pas du travail (que pensent-ils alors des indépendants et des professions libérales…?) que, pour rester sur place, encore faudrait-il que les établissements puissent accueillir les enseignants avec des bureaux, un accès à des livres, un réseau internet en état de fonctionnement, autant de minimum qu’une large majorité d’établissements sont INCAPABLES de fournir ? 

À moins, bien évidemment, que l’on considère par temps de présence, le temps que l’on souhaite consacrer à l’écoute des élèves, aux solutions trouvées pour leurs problèmes psychologiques ou familiaux, puisque le professeur s’est métamorphosé tour à tour en animateur, en psychologue, psychiatre ou autre assistance sociale…

Notre compte est bon : il faut changer la profession. Comme si cela relevait d’une urgence nationale qui pourrait être LA solution à tous nos maux.

Et France 2 aurait tort de s’en priver : les deux partis politiques ultra-majoritaires de notre pays, le PS et l’UMP, qui se délectent des festins offerts par le bipolarisme de nos institutions, s’auto-alimentent avec ce cliché pour flatter le peuple, qui, désœuvré, est toujours à la quête d’un bouc émissaire pour expliquer une crise, voire la crise.

En plus d’être fonctionnaires, les enseignants donnent 18 heures de cours par semaine et bénéficient des vacances scolaires : quel meilleur âne pouvait-on trouver en sa personne pour expliquer la peste qui sévit dans la forêt ?

Ségolène Royal fut la plus remarquée à faire haro sur le baudet, dans une sortie, qui, dit-on, coûta au PS le vote des enseignants, qui lui était généralement acquis, au profit d’un certain François Bayrou…

 

 

Cinq ans plus tard, le mammouth est complètement dépecé et on va finir par ronger l’os. Las, il faut blâmer l’animal et s’occuper de son cas, encore et toujours et, en bipolaires cyniques, UMP et PS s’accordent comme larrons en foire pour demander encore plus de présence des enseignants, quitte à ce que les accompagnements éducatifs ressemblent à de la garderie (comme c’est malheureusement le cas dans bon nombre d’établissements depuis leur lancement).

Amis bipolaires, vous qui vous flattez d’appartenir à un monde politique dit d’alternance, qui joue aux chaises musicales – jeu qui déçoit à tous les coups –, sachez-le : il n’existe qu’un seul homme déclaré à la présidence qui propose le contraire, c’est-à-dire qui fasse l’effort de ne pas céder aux sirènes électoralistes, aux formules prêtes à penser, aux solutions qui cachent mal la haine des uns et l’incurie des autres à l’égard de l’école. Et pour cause, il est lui-même agrégé. Son nom : François Bayrou, qui, dans 2012, État d’urgence fait la nique à la pensée unique sur la paresse présumée des enseignants :

"Les enseignants ont encaissé offense sur offense, traités de fainéants, d’absentéistes, d’incompétents, par tout ce que l’univers politique et médiatique compte de juges et de procureurs à la petite semaine", rappelle-t-il, avant justement d’évoquer ce fameux temps de travail.

"Les enseignants ont perdu même le goût de se défendre [...] avec des salaires qui sont parmi les plus bas d’Europe ! Demain c’est leur temps de travail qui sera attaqué, à la suite, 'naturellement', d’une 'large concertation'. Dont on connaît le résultat à l’avance puisqu’il a été décidé à l’avance [...]. Personne pour expliquer qu’une heure de cours, ce sont des heures de préparation, de corrections, de lectures, de butinage intellectuel, pour essayer tous les jours un peu mieux, de comprendre ce qu’on enseigne, et de mieux l’enseigner. C’est comme si on disait que les journalistes, à dater de l’année prochaine, devront être plus présents en permanence au journal, ou les députés en permanence à l’Assemblée, ou les comédiens 35 heures sur la scène. Où trouveraient-ils, auprès de qui, la matière de leurs articles, la substance de leurs discours, l’émotion de leur jeu ?"

Et le président du MoDem de conclure : "Il est des métiers pour qui le travail, c’est la présence effective. Et d’autres pour qui la présence au poste de travail n’est que l’accomplissement de toute une préparation extérieure."


Qui dit mieux ?

Publié sur Le Plus du Nouvel Obs le 14 septembre 2011

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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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