Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Il n’y a donc rien à faire : cette campagne des Régionales 2010 ne ressemble à aucune autre. D’ailleurs, a-t-elle vértablement débuté ? Nous sommes le 17 février, à 25 jours du 1er tour, et à l’exception de quelques polémiques et de sondages nationaux sans aucune valeur, rien n’est audible sur les programmes.
Et pour cause : débat sur l’identité nationale, loi sur la burqua, polémique sur les Afghans, un Quick qui fait le test de ne vendre que de la viande hallal, la violence dans les lycées… l’attention est polarisée sur les deux thèmes qui avaient fait la fortune du FN en 2002 : l’insécurité et l’immigration. Amalgames, déclarations à l’emporte-pièce, nationalisation du débat.
Comment voulez-vous dans ces conditions faire de la pédagogie auprès du citoyen ?
Comment voulez-vous vous présenter avec votre programme pour le convaincre de voter juste ?
Comment voulez-vous être écouté sur les thématiques de la région quand on lui fait croire que ses préoccupations sont toutes autres ?
Faire campagne est devenu quelque chose de complexe, dès lors qu’il ne s’agit pas des Présidentielles. Car ne nous y trompons pas, la non-mobilisation, qui assurément aboutira à une abstention conséquente set principalement due à une non-volonté de certains politiques de vouloir faire campagne. Et pour cause : assurés d’être réélu, ou bénéficiant des puissants soutiens financiers de leur parti, de nombreux candidats n’ont aucun intérêt à parler de la région et de ses enjeux.
L’on avait dit trop rapidement en 2007 que les Français avaient eu un sursaut démocratique et que les 85% de participation montraient leur intérêt profond pour la politique. J’ai toujours cru que l’interprétation était mauvaise ; et les élections successives l’ont confirmé. Seule la caricature intéresse, qu’elles soient dans les personnalités (Royal / Sarkozy et la peopolisation de la campagne) ou dans les débats (social / entreprise). Bien que les enquêtes montrent que les Français en ont assez des clivages stériles et manichéens entre la droite et la gauche, ils sont les premiers à s’y réfugier dès qu’une élection approche. Le débat politique n’a jamais été aussi pauvre : à écouter Frédéric Lefebvre ce week-end on se serait cru même dans une cour de récréation quand il dénonce les « insultes faites à l’égard de son parti ou encore en réaffirmant avec une bêtise dont lui seul peut-être capable que « voter FN c’est voter pour le PS »…
On le voit, le débat est élevé. Et il n’est pas prêt de décoller. Et le pire dans tout cela, c’est que le MoDem qui a présenté ses idées et son programme dans de nombreuses régions, notamment dans le Nord –Pas-De-Calais se fait entendre dire « mais quel est votre programme ? ». Quand on songe au fait qu’Olivier Henno et Frédéric Leturque ont parcouru toutes les éditions locales de la région depuis novembre pour parler du programme, bien avant d’avoir évoqué les listes, c’est à se décourager… Mais en restant fidèles à nos valeurs, nous finirons bien par être entendus… un jour.