Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Vous l’aurez remarqué, la campagne des Régionales est partie sur les chapeaux de roue. Certes les sondages sont encore sporadiques et ne nourrissent pas encore colonnes et JT, mais force est de constater qu’un bon air âcre de 2002 exhale nos yeux et nos oreilles : l’insécurité, la Burqua, l’identité nationale. Cela avait si bien fonctionné en 2002. A l’heure où le PS rêve de grand chelem, dopé par un improbable courant favorable (bien aidé par les médias…), l’UMP a tout intérêt à sortir du grenier les vieilles recettes de Papi.
Sur le terrain, la campagne s’active. Pas sur les marchés. Ni même dans les entreprises. Encore moins dans les banlieues. Mais dans la rue ou dans les gares. Preuve à l’appui :
Alors qu’il rentrait tranquillement du collège, un homme à la mine patibulaire sort du train. L’homme est assurément dangereux :
Echarpe agressive :
Bonnet douteux :
Cuir à capuche (Ah ah ! Plus aucun doute...) :
Et surtout mal rasé (terroriste en puissance) :
Cet homme avait tout pour terroriser tout la gare de Lille Flandres. L’homme est donc naturellement interpelé par un policier, sommé de le suivre sur le côté devant le regard suspicieux de centaines d’usagers qui estiment qu’enfin justice va être faite. Le jeune homme reste d’une courtoisie extrême, langage châtié en prime (provocation…) et s’exécute sans broncher (comme par hasard…). Le policier dit à ses collègues ; « Tiens en v’là un autre ». Un autre quoi ? Un autre jeune ? Un autre délinquant ? Un autre violeur d’enfants ? Nul ne le sera.
Il lui est demandé s’il est en possession de substances illicites ou stupéfiantes, ce à quoi le quasi prévenu répond par la négative. Spontanément il ouvre son sac. Et là, le policier croit avoir cerné sa victime :
De la cocaïne ? Son compte est bon !
Et non un pin’s ! Ce sera pour une prochaine fois. En découvrant les feuilles dans le sac, l’officier demande « Et que faites-vous dans la vie ? ». L’homme fouillé répond « Je suis professeur de lettres ». « Professeur de Lettres » rétorque l’agent, à mi chemin entre « ah je n’aurai pas cru » et « mais ouais c’est ça, avec ta tête j’vais te croire… ».
Les poches vidées laissent un maigre butin : une paire de clef. La fouille est vaine mais très serrée au corps devant une gare qui se doutait bien que cela craignait de plus en plus par ici.
Pour autant, le policier doit reconnaître sa défaite. Il remercie l’ancien terroriste-dealer de drogue en puissance de sa coopération et dit à son collègue : « Non laisse tomber rends-lui sa carte d’identité ».
Moralité : Quand vous faites vos soldes, prenez garde. Quelques bouts de tissus vous rendent suspect de trafic de drogues…
Deuxième Moralité : Et pendant ce temps Marine compte les sièges avec délectation….