Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Depuis hier, l’on entend parler que de cela : les transports en commun provoqueraient un surcroît de stress au travail. Et les reportages d’enchaîner les images de métros, rames et autres RER bondés de passagers.
Mais comme le précise Elise Lucet : « surtout en Ile de France où les rames sont bondés ».
Etonnant rapport qui sort étonnamment en février. A quelques semaines des Régionales. Le jour-même de l’ouverture même de la campagne. Et les médias de diffuser l’information abondamment sans prendre garde une seule seconde qu’elle risque clairement de profiter à… Valérie Pécresse ! En retard dans les sondages, la tête de liste UMP tente par tous les moyens de fustiger le bilan de Jean-Paul Huchon. En vain. Alors quelle aubaine pour elle de voir mis en exergue ici, de manière détournée, les failles du transport parisien, premier budget de la Région Ile-de-France, cofinancé par les autres régions tant le coût engagé est faramineux. En dénonçant le manque de confort, la fréquence même en heure de pointe, et même les retards, ce rapport ne pouvait pas mieux tomber. Je n’irais pas jusqu’à dire que tout cela est fait exprès. Mais il est des hasards que certains ne vont pas s’empêcher de profiter.
PS : maintenant il est clair qu’en tant qu’ancien francilien pendant 25 ans, je confirme que les transports de l’Ile de France sont parmi les moins agréables qui m’eurent été permis d’emprunter pour me rendre au travail. Néanmoins, existe-t-il une solution pour canaliser plus d’un million de voyageurs quotidiennement, compte tenu des moyens déjà pharaoniques engagés ? Rappelons que si les Franciliens payaient leur carte orange au véritable prix de revient, il n’est pas sûr qu’ils pussent se permettre de se l’offrir chaque mois…
Le problème n’est sans doute pas dans les transports mais surtout dans le fait que la valeur locative et immobilière autour de Paris et de la Défense, les deux grandes zones qui font travailler les Franciliens, est déraisonnable et que ces derniers sont contraints d’aller loin, voire très loin pour se loger décemment. C’est là une autre vision de la société qui nous est proposée. Une piste de réflexion à mener.