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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 18:47

Les nouvelles aventures de la bigote qui radote semblent tourner en eau-de-boudin. Comment notre héroïne qui est au Plus ce que les Rougon-Macquart sont à Zola put elle à ce point subir pareil sort ? Pareil sortilège même serait-on tenté de dire.

Bannie. Bannie, vous-dis-je, du ventre de la République ! Christine Boutin, qui fut députée pendant deux décennies, Forte comme Samson la Madone des Yvelines, elle qui anima tant et encore les débats sur le PaCS se voit interdire son Jardin d’Eden. La bigote qui radote est de retour et ses complaintes font fi de la liturgie pour épouser les réseaux sociaux :

 Capture d’écran 2012-11-25 à 18.48.38

 

L’on pourrait s’étonner de voir le Petit chapelet  créer pareil tohu-bohu quand, elle l’affirme elle-même, les auditions sont fermées au public. Et Madame Boutin n’ayant pas, contrairement à Roselyne Bachelot, embrasser les tubes cathodiques pour devenir chroniqueuse ou journaliste, elle fut tout naturellement refusée à l’entrée. On l’imagine, droite comme la justice, apprêtée comme un dimanche, arriver d’un pied ferme, dans les coulisses du théâtre où elle fut si souvent actrice, et se voir refuser l’entrée…

Tu es poussière et tu redeviendras poussière.

Et décidément, nul n’est prophète en son pays, puisque la veille, elle se lamentait, déjà, du piètre traitement que le Président de la République lui réservait, et le criait sur tous les toits :

 Capture d’écran 2012-11-25 à 18.48.54 

Comment ? On reçoit l’Inter-LGBT en 24 heures et on lui refuse elle le moindre entretien qu’elle réclame à cors et à cris depuis 2 mois ? Que reste-t-il à la bigote, si ce n’est ces gazouillis pour porter sa croix et continuer le combat…

Seulement, il ne faudrait pas que Christine Boutin, à l’image des opposants au projet de loi n’en vienne à proclamer sur la place publique que l’on refuse le débat. Nul besoin de pleurer comme une madeleine.

Si nous avons vu que Madame Boutin fut persona non grata à l’Assemblée Nationale, faute de détenir la carte de presse, la confession qu’elle avait demandée auprès du Président de la République fut tout aussi illégitime : au nom de quoi et à quel titre Madame Boutin serait incontournable sur ce sujet ? Elle fut certes Députée et Ministre. Mais si chacun de ceux disposant du même CV venait à imposer pareille exigence, on imagine l’embouteillage chaque matin sur le parvis de l’Elysée.

L’Inter-LGBT, elle, est une association, qui connaît parfaitement les données du problème, pour croiser et rencontrer chaque jour les familles homoparentales, avec ou sans enfants. Et non guidée et portée par une idéologie, au nom de Dieu.

Le problème c’est que Christine Boutin s’estime incontournable sur la question. Comme si ce sujet ne pouvait pas se passer d’elle. Elle entama dès le début de l’année sa croisade médiatique, pour jeter la pierre d’un projet qui n’était, encore que l’engagement 31. Elle enchaîna les entretiens au JDD, puis au Parisien, avant d’enchaîner en juin avec RTL, BFMTV… Avec la volonté affirmée d’être l’interlocutrice privilégiée comme ce fut le cas en 1999.

Seulement voilà : Madame Boutin n’a plus de mandat. Et son point de vue, en plus d’être prévisible, est déjà repris par bon nombre d’interlocuteurs qui ne l’ont pas attendu pour dominer le débat public. Il n’est pas une semaine sans qu’un opposant au projet ne vienne fleurir le débat d’une gerbe de clichés les plus grotesques et les plus caricaturaux, de Monseigneur Barbarin, à Monseigneur Vingt-Trois, en passant par François Lebel, Ivan Rioufol, Eric Zemmour, et bien évidemment Alain Escada de Civitas.

La bigote qui radote est déjà bien heureuse de voir tant de micros de brandir à la moindre de ses homélies. Le petit montage du Nouvel observateur qui mettait en scène sa différence, et c’est le moins que l’on puisse dire, avec Roselyne Bachelot, vint rappeler cette image de la Bible brandie à l’Assemblée Nationale. Dans le ventre de la République.

  

Madame Boutin n’est pas une sainte, elle en convient. C’est pourtant en s’étant comportée comme tel au sein de l’hémicycle qu’elle a brouillé la laïcité, sa Tour de Babel. De versets et commandements, elle a voulu réécrire les principes même de la République. Dès lors qu’elle ne soit pas surprise, lorsqu’elle revient à elle, que la République ne lui ouvre pas grands les bras.  

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 18:46

Et si l’énorme boulette de François Hollande, ce mardi au Congrès des maires, avait eu sa part de vertu ? Renversement de situation dans un débat qui fait rage depuis des semaines, et qui pourtant continue d’être nié par les opposants, qui prétendent se languir d’en voir s’ouvrir un...

Du discours de mardi après-midi, la France n’aura retenu qu’une information, une seule, sans doute prononcée pour apaiser l’assistance : "La loi s'applique pour tous dans le respect de la liberté de conscience."

François Hollande, l’homme de la synthèse, a voulu faire comme à son habitude : ne vouloir froisser personne. Mais, comme ce fut le cas pendant dix ans à la tête du PS, ne vouloir se brouiller avec personne revient parfois à flouer tout le monde. Le compromis est un art et une arme mais à condition, d’être juste, d’être cohérent, et surtout de rester dans les valeurs de la République.

En offrant sur un plateau la liberté de conscience, que les opposants les plus immodérés et les plus farouches réclamaient à grands coups de pétitions ou de déclarations fracassantes, la justice a volé en éclats, la cohérence a implosé quand on sait que ses émissaires n’avaient cessé de dire le contraire jusque là, et pire, le président de la République a ouvert la boîte de Pandore.



Qu’est-ce qui empêcherait un maire de refuser de marier des noirs, des blancs, des asiatiques, des musulmans, des juifs, au gré de sa liberté de conscience ? Qu’est-ce qui empêcherait un maire homosexuel de refuser l’union d’un couple hétérosexuel ?

Pire, puisque le représentant de l’exécutif, celui est qui en charge de faire respecter la loi, devient le premier à la bafouer au gré de ses convictions intimes ou de sa foi, comment punir un restaurateur qui refuse par exemple de servir au restaurant une femme portant un simple voile, au nom de sa liberté de conscience ? Certains partis en auraient rêvé. Une telle faille dans l’engrenage était la porte entrouverte à toutes les xénophobies et tous les intégrismes, ravis de voir pareille brèche s’offrir à eux.

D’autres voyaient en cet épisode la répétition de ce qui avait eu lieu pour l’IVG, quand on permit aux médecins d’évoquer une clause de conscience pour en refuser la pratique. À tort. Car les médecins, contrairement aux maires ne sont pas élus, et ne sont pas représentants de l’exécutif. Et que la première chose à faire, dès lors que sa liberté de conscience vous empêche de respecter et de faire respecter la loi de la République, est de ne surtout pas se présenter à une élection, ou, si la loi change, de démissionner au plus vite.

  

Après les couacs du gouvernement, le couac du président

 

Et l’on assista à une première dans ce quinquennat. Alors que depuis 6 mois, le président de la République ou le Premier ministre sont contraints de recadrer leur jeune équipe après les couacs qu'ils enfilent presque chaque jour comme des perles, ce fut au tour de l’ensemble des membres de gouvernement d’aller à la rescousse du président de la République sur tous les médias, martelant que la liberté de conscience ne s’appliquera pas. Suggérant aussi, en filigrane, quel’expression avait été mal comprise.

manif-pour.jpg

 

Pourtant pour une fois, opposants et partisans furent en harmonie sur le champ de la perception. Christine Boutin évoqua une victoire quand l'Inter-LGBT, la principale interlocutrice des associations homosexuelles, décida de suspendre toutes ses relations avec le gouvernement tant qu’elle ne serait pas reçue dans l’urgence à l’Elysée. Et à réécouter le président, il ne semble pas s’être embrouillé dans le fil du discours…

L’affaire est close, mais elle pourrait laisser des traces. Les opposants sont remontés comme jamais, et crient au lobby ou au "conspirationnisme", ayant pensé pendant quelques heures qu’une bataille venait d’être gagnée. Raté. La "Cocoe gouvernementale" est venue leur annoncer qu’après "recomptage" des voix, ils n’auraient finalement pas gain de cause.

 

Quand la boulette de Hollande relance les partisans du mariage pour tous

 

À l’inverse, les partisans du projet de loi s’étaient faits assez rarement entendre ces derniers temps, laissant le champ médiatique à tous les autres, à l'exception du coup d'éclat de "Charlie Hebdo". Excès de confiance ou péché d’orgueil ? Toujours est-il que la boulette de François Hollande aura au moins eu le mérite de les faire entendre. D’ailleurs l’inter-LGBT, dans son communiqué, laisse entrevoir un changement de posture :

"Les homosexuel-les – depuis des semaines – font preuve d’une incroyable dignité devant les propos quotidiennement insultants des opposants au projet de loi sur le mariage pour tous et l’homoparentalité."

On a là presque l’aveu d’avoir été finalement un peu trop conciliant face aux dérives de toutes parts.

Est-ce à dire qu’elle va enfin prendre les mesures qui s’imposent, et trainer en justice tout dérapage clairement homophobe, comme ceux pratiqués par Civitas ? En tous cas, les partisans du projet auront à cœur à défiler à Paris le 16 décembre prochain pour soutenir le projet. Et répondre aux plus de 100.000 manifestants de "la manif pour tous", car les chiffres seront à coups sûr observés à la loupe.

L’invasion médiatique des opposants va enfin connaître sa réplique. Il était temps. La bataille ne fait que commencer. Bataille, car la guerre, celle du combat contre l’homophobie, sera loin d’être gagnée après le vote de la loi. La bataille pour le mariage et l’adoption sera insuffisante, et ne saurait faire l’économie d’une vraie politique contre ce fléau que la loi de 2004 ne résout en aucun cas, comme on le voit depuis quelques semaines. Insuffisante donc, mais ô combien nécessaire. 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:42

Lamentable. Pathétique. Les mots manquent pour qualifier la déclaration de François Hollande devant le Congrès des maires ce mardi : "les maires sont des représentants de l'Etat […] Ils auront, si la loi est votée, à la faire appliquer".

Mais à lui aussi d'ajouter : "la loi s'applique pour tous dans le respect de la liberté de conscience".

Et les réactions n’ont pas tardé : 

  Capture-d-e-cran-2012-12-02-a--18.43.50.png

 

Au lendemain d’un week-end marqué notamment par la manifestation de Civitas qui s’est organisée dans la confusion de l’homophobie du message "contre l’homofolie" et la violence du service d’ordre qui s’en est pris physiquement et sauvagement à des femmes qui n’avaient qu’un message peinturluré sur leur corps comme bouclier, les partisans du projet de loi de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels avalent une couleuvre. Une de plus. Une de trop.

Le désormais inopportunément dénommé engagement 31 s’abîme chaque jour dans le déni et le reniement. En octobre, c’est Christiane Taubira qui dans "La Croix" enterrait la PMA (procréation médicalement assistée) avant même l’ouverture du moindre débat ou de la moindre commission.

Puis lors de sa conférence de presse, la semaine dernière, François Hollande précise que la loi sera votée tout en précisant "et l’adoption dans certains cas", prenant des pincettes sur la partie "filiation" du dossier.

Hollande.jpg

 

Aujourd’hui, il semble donner raison à tous les maires qui ont menacé de ne pas respecter la loi républicaine, eux, les représentants du pouvoir exécutif, à l’image de Jacques Bompard, co-fondateur du FN, président aujourd’hui de l’extrémiste parti nommé Ligue du Sud, qui a ouvert une pétition qui regroupe jusqu’à présent 2030 signatures d’élus.

 

Un virage à 180 degrés

 

Alors, même si Hollande tente de faire bonne figure en expliquant que "les possibilités de délégation existent" et qu’"elles peuvent être élargies", il n’en demeure pas moins que cette déclaration sonne lourd dans le débat pour ceux qui croyaient, visiblement à tort, que le président était leur meilleur atout.

Car qu’est-ce qui peut motiver un maire dans son refus de célébrer un mariage de deux homosexuels inscrit dans la loi, si ce n’est soit une homophobie qu’il ne peut combattre ou la foi qui l’en empêche ?

Qu’on se le dise, pour François Hollande, l’homophobie et la foi sont au-dessus des lois républicaines. Un tournant à 180 degrés pour celui qui avait promis d’inscrire dans la Constitution française la loi de 1905.

Aujourd’hui, loin de cette promesse, il enterre deux lois en une phrase : celle de 1905 donc et celle de 2004 qui condamne l’homophobie. Triste journée pour la République française, d’autant qu’entre temps, le pilier central de notre devise, "égalité", semble plus émietté que jamais. À moins dans ce cas de considérer que la liberté de conscience d’un maire homosexuel ne l’empêche de marier deux hétérosexuels…

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:35

Si l’institut Civitas et son président Alain Escada étaient encore inconnus du grand public, force est de constater que le dernier week-end a rectifié le tir.  Ciblant une manifestation ce dimanche pour s'opposer au projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels, les intégristes, puisque se revendiquant de la Fraternité Saint-Pie X proche de Saint-Nicolas du Chardonnet, ont pourtant eu la désagréable surprise de voir que la notoriété de l'institut n’était pas liée à l’adhésion à son message.

Bien au contraire, étouffée par la gigantesque "manif pour tous", qui a réunit plus de 100.000 manifestants, soit dix fois plus que la sienne, Civitas a surtout marqué les esprits par l’affrontementqui a opposé les Femen et le service d’ordre particulièrement viril de l’institut, certainement renforcé par les gros bras du GUD ou encore de l’œuvre française, deux piliers de l’extrême droite française, qui feraient passer le FN pour un parti républicain, si Marine Le Pen n’avait pas passé tant de temps avec les leaders du premier cité dans sa prime jeunesse, dans des soirées mouvementées comme le confirma l’été 2011, le hors-série du "Canard Enchaîné", intitulé "les Dégâts de la Marine".

 Civitas-Femen.jpg

Des violences choquantes, avec coups de pieds, de poings sur des femmes qui n’avaient que leur message peinturluré sur leur corps en guise de bouclier et de haubert… Difficile de garder la tête haute face à ce déferlement de violence, dont fut victime aussi Caroline Fourest, venue réaliser un reportage sur les Femen, et qui subit le même sort que son sujet de travail, et qui a décidé de porter plainte.

Vexé, Alain Escada a senti que l’affaire allait tourner en sa défaveur, et il rédigea par précipitationun communiqué dès le dimanche soir, dont la mauvaise foi est assez unique en son genre, vous laissant lecteurs seul juge du subterfuge.

Civitas

 

Revendiquant 20.000 manifestants (2000 de plus que ce qu’il annonça dans la rue de sa propre bouche, et 11.000 de plus que la police), le président de Civitas a tenu à féliciter chaleureusement tous les participants et évoquant donc "un grand succès". Puis s’empressant de se justifier, il ajouta :

 

"C’est sans doute ce qui a suscité les vives craintes de Caroline Fourest qui a immédiatement répandu dans la presse sans apporter de preuve qu’elle était venue comme journaliste et qu’elle avait  été 'tabassée' à plusieurs reprises. Compte tenu de ses revendications affichées sur le sujet de l’homosexualité, on peut clairement s’interroger sur l’impartialité de cette journaliste en la matière et sur le caractère plus que provocateur de sa présence."

Eh oui, être pour le mariage – et sans doute être lesbienne à lire entre les lignes – est rédhibitoire quant à l’authenticité de votre parole. Pire, sa simple présence est une provocation. Qui pourrait sembler être un prétexte suffisant à justifier une agression ?

 

 

Mais finalement, puisque Alain Escada ne peut contester, images à l’appui, que des violences ont bel et bien été perpétrées (et malheur à Caroline Fourest de ne pas avoir filmé son tabassage, à en croire Escada), que reproche-t-on aux Femen ?

"Lors de notre marche de ce dimanche, cette dame accompagnait des extrémistes féministes et homosexuelles qui se sont présentées entièrement dénudées devant les enfants (ce que cette journaliste appelle de 'l’humour'). Leur contre-manifestation n’était pas déclarée. Elles se sont approchées de notre colonne en hurlant, en présence des forces de sécurité."

Diantre, la nudité, pardi ! On n’imagine ce qu’il serait advenu à Eve s’ils l’avaient rencontrée au coin de la rue…

 

Des violences méritées ?

 

Finalement, on en arrive à la conclusion que non seulement Alain Escada et Civitas nient presque les violences faites sur Caroline Fourest, mais, ne pouvant s’amender de celles qu’ont subies les Femen, en arrivent à faire comprendre en filigrane qu’elles l’avaient finalement bien mérité. Toute ressemblance avec une affaire de viol provoquée par une "femme aguicheuse" est bien évidemment purement fortuite.

Il faut dire que pour Civitas, la violence est devenue une routine. Au printemps 2011, le lendemain d’une manifestation retentissante organisée par ses soins pour contester la présentation du Piss Christ à Avignon, l’œuvre est vandalisée après séquestration du gardien du musée et menaces réitérées à l’encontre du directeur. À l’époque, Alain Escada banalise l’événement :

"Je n'ai ni à cautionner, ni à condamner ce qui s'est passé ce matin à Avignon. Cela reflète une exaspération compréhensible."

Déjà à l’époque, Alain Escada manifeste le goût pour inverser les rôles de victimes et bourreaux :

"Je m'étonne que les personnes qui sont intervenues aient pu entrer et agir si facilement, alors qu'on nous avait annoncé un renforcement des mesures de sécurité du musée."


 Christianophobie-ca-suffit.jpg

Pour la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu" et de "Golgota Picnic" à l’automne 2011, il va plus loin puisque, alors qu'une des représentations est interrompue, et que des manifestants sont arrêtés avec des couteaux dans la poche, sans doute une preuve de leurs amicales intentions, il n'hésite pas à affirmer : 

"Je rends hommage à ces jeunes qui ont eu le courage de s’exprimer publiquement."


Une association en contradiction avec la République


Les scènes de dimanche ne viennent qu’alimenter une chronique régulière de la violence perpétrée ou cautionnée par Civitas. Voilà pourquoi, Anne-Yvonne Le Dain, députée PS de l’Hérault, va demander ce mardi à interdire l’association. Et d'autres avec elle.  Une requête qui, à en croire les spécialistes, est loin d’être acquise, concernant le droit associatif.

Pourtant, il conviendrait d’aller au-delà. Car Civitas ne revendique pas seulement un caractère sulfureux : elle est en contradiction avec la République qu’elle souhaite raser pour réinstaurer un système donnant le pouvoir au droit divin.

Ainsi, à l’automne 2011 chez "Zemmour et Naulleau", Alain Escda expliquait très simplement les visées de son institut :

"C'est un lobby catholique qui vise effectivement à restaurer une France dont les décisions seraient inspirées de la doctrine de l'Église."

 

Alain Escada de Civitas chez Zemmour - La... par confiteor-II

On ne saurait être plus clair dans sa volonté de pourfendre la République et ses valeurs. Ceux qui estimaient que seuls les intégristes musulmans voulaient abolir la République en instaurant la charia en seront pour leur compte.

Dans un entretien publié peu après sa nomination au poste de président de Civitas le 15 mai dernier, Alain Escada confirme sa détestation de l'héritage révolutionnaire, et de la République en évoquant un futur sans elle :

"Avec la révolution de 1789, la France exerça un rôle mondial dans la propagation de la subversion révolutionnaire. Lorsque la France retrouvera les promesses de son baptême, l'influence bienfaisante sera elle aussi mondiale."

Pour Civitas et Alain Escada, les lois divines sont supérieures aux lois de la République. Dans ces conditions, la question de la survie de Civitas ne tient pas seulement du droit associatif : il en va de son incompatibilité, son hostilité, et surtout de sa dangerosité vis à vis de notre République. Ni plus, ni moins. 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 18:27

La quête de Civitas et d’Alain Escada aura été un naufrage. L’institut intégriste se revendiquant de la Fraternité Pie X avait prévu de longue date sa manifestation du 18 novembre. Voilà plusieurs semaines que la date avait été choisie pour marquer les esprits.

Alain Escada a longtemps cru, dans cette lignée, que Civitas allait être la tête de file des opposants au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux homosexuels. Dès juin dernier, il avait tenu à faire la tournée des médias, martelant son discours, de "Revu & corrigé" sur France 5, jusqu'àFrance Culture en passant par la LCP. Incontournable dès qu’il fallait décliner les arguments pour s’opposer au projet de loi, il avait cru que le lièvre allait l’emporter.

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Quelques mois sont passés et la manifestation de dimanche montre bien, au contraire, qu'il a lamentablement échoué dans son entreprise. Samedi, la manifestion organisée par Frigide Barjot avait réuni entre 70.000 et 200.000 personnes dans les rues parisiennes quand celle de Civitas ne parvint à n’en rassembler que 9000 à 18.000. À peine l’écho de la veille.

 

Des manifestations indignes de la République

 

Pire la manifestation fut marquée par un affrontement violent entre les Femen – venues s’opposer à leur message – et le service d'ordre de Civitas, qui ne rassemble vraisemblablement pas que des enfants de choeur, ces derniers n’hésitant pas à en venir aux mains et aux pieds avec frénésie, face à des contre-manifestantes sans d’autres défenses que leur message.

Certains auront le bon goût d’affirmer que les contre-manifestations n’étaient pas autorisées. Pour autant, il eut fallu que les organisateurs s'en référent aux autorités pour faire valoir ce qu'il considérait leur bon droit. Il semblerait pourtant que les intégristes catholiques croient davantage à la justice des coups qu'à celle de la République.

Et comment expliquer par ailleurs que Caroline Fourest, venue caméra au poing faire son travail de journaliste, fut elle aussi prise à partie, "tabassée" pour reprendre ses termes, avant de l’être à nouveau sitôt son visage reconnu ? De tels agissements sont indignes d’un débat républicain. On peut ne pas être d’accord avec le message de la manifestation de samedi, mais au moins fit-elle l’économie d’une telle débauche de violence.

Un défilé dimanche – et qui s’en surprendra – qui a vu la participation d’élus du Front national, comme Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti, Alexandre Simonnot, Cyril Bozonnet, Jean-Marc de Lacoste-Reymondie, Gonzague Malherbe ancien candidat à la législative de la 12e circonscription de Gironde ainsi que quelques militants FNJ franciliens, selon le blog "droite(s)-extrême(s)" hébergé par "Le Monde". Une présence qui montre encore une fois qu'au Front National, la laïcité s’arrête là où commence la chrétienté. Tartuffe chez les laïques.

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Et comme la famille ne pouvait se réunir qu'en étant au complet, Abel Mestre et Caroline Monnot notent la présence remarquée de l'Action Française, du Mouvement national républicain (MNR, ex formation de Bruno Mégret), du Parti de la France de Carl Lang, du Renouveau Français, de la Renaissance catholique, de l'Alliance Royaliste ou encore de quelques militants du GUD. Allez savoir pourquoi l’affaire tourna à l’émeute…

La vraie question est de savoir pourquoi le défilé a été maintenu par la préfecture, compte tenu des risques potentiels engendrés par ceux qui ont appelé à marcher aux côtés de Civitas. Pour les mêmes risques potentiels, il avait été décidé d’interdire la manifestation contre un film anti-islam et la une de Charlie Hebdo il y a peu. Pourquoi autoriser alors celle-ci, alors que les risques étaient aussi grands ?

En arriverait-on à croire que les intégristes catholiques sont moins dangereux que leurs homologues musulmans ? A-t-on oublié l’incendie du cinéma Saint-Michel lors de la sortie de "La Dernière Tentation du Christ", qui fit un mort ? A-t-on omis que les manifestants qui avaient été arrêtés suite à la perturbation de la représentation de Golgota Picnic il y a un an avaient pour certains des couteaux sur eux ?

 

Un discours haineux

 

Mais, au-delà de ce manque d’anticipation, Civitas avait, depuis longtemps, réuni suffisamment de discours haineux pour que la manifestation dût être annulée. Ce week-end, en préparation de la manifestation, Alain Escada avait affirmé que l’homosexualité était un "mauvais penchant qui nécessite d'être corrigé et une personne qui a de tels penchants devrait être abstinente".

De la même manière, depuis des semaines, il refuse de parler de couples homosexuels mais évoque des "duos". Civitas avait aussi édité des juin des autocollants injurieux avec un usage douteux du démonstratif composé.

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À la Madeleine, dans la périphérie lilloise, il avait tenu une réunion publique le 18 octobre dernier, évoquant  "un droit qui déroge à la norme humaine", "des exigences contraires au simple bon sens" qui "défigureraient la nature de la famille", des "individus homosexuels" et leur "comportement déviant"…

Autre temps car, depuis 2004, la République française condamne les propos homophobes. Najat Vallaut-Belkacem a donc raison de condamner le dérapage du message de Civitas, "Non à l’homofolie". Ou encore d’exprimer sa consternation après les événements de  dimanche tout comme le premier secrétaire du PS.

Mais il ne faut se contenter d’être choqué quand on voit à ce point bafouées les lois françaises. Ce débat est suffisamment complexe pour ne pas laisser les homophobes peser de tout leur poids. La loi contre l’homophobie existe et elle doit s’appliquer. Avec fermeté. Alain Escada doit être poursuivi pour ses propos. Et la manifestation de dimanche aurait dû être interdite.

Puisse toute nouvelle initiative être avortée. Sans la moindre clause de conscience. 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 18:24

Par la grâce du Conseil français du culte musulman (CFCM) créé et soutenu par Nicolas Sarkozy qui était ministre de l'Intérieur, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) est devenue en France un interlocuteur privilégié dès qu'il s’agit de faire parler les hérauts de l’islam, sachant qu'il ne dispose pas de clergé.

L'UOIF refuse de se voir taxer d’intégriste, alors qu'elle fait intervenir dans ses congrès et autres conférences les théoriciens les plus réactionnaires et les plus dangereusement littéralistes que cette religion connait, comme le révéla notamment Fiammetta Venner dans son essai "OPA sur l’islam de France, les ambitions de l’UOIF". Proche des Frères musulmans, l'UOIF tente de faire son possible pour présenter une figure honorable de son institution et notamment au regard des canons républicains.

 

Dérapages

 

Pour autant, chassez le naturel, il revient au galop. Le projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les homosexuels a donné l’occasion à l’UOIF de se révéler un peu plus aux yeux de ceux qui refusaient de voir la vérité en face. Sur son site, elle a publié une position très argumentée, texte coranique à l’appui, avant de déraper, à la manière d’un Alain Escada ou d’un Monseigneur Barbarin :

"Si le mariage entre deux personnes de même sexe devenait une norme, alors où s’arrêteront les revendications ? Les plus incongrues peuvent, un jour, être légitimées au nom du même principe d’égalité."

Et l’UOIF de préciser les risques encourus selon elle :

"Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saint amour ? Ne sommes-nous pas en train de suivre une voie où le principe d’égalité ne serait plus défini par des limites et des normes communes, mais par des perceptions personnelles, aussi égoïstes et affectives puissent-elles être ?"

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 Un meeting de l'UOIF au Bourget le 7 avril 2012 (R. CHAMPALAUNE/SIPA)

Najat Vallaud-Belkacem a exprimé sa désapprobation face à ce qu'elle considère comme un "dérapage". Tout en tenant à bien différencier la position de l’UOIF et celles d’autres représentants musulmans qui ont appelé "à bien respecter la distinction entre ce qui est religieux et ce qui relève du civil, bien respecter la laïcité dans ce pays".

 

Amalgame et mépris

 

La précision de la porte-parole du gouvernement est louable car il ne faudrait pas que la position de l'UOIF soit interprétée comme étant celle de l’islam en France. Bien au contraire, cette position, ainsi exprimée, est l’œuvre d’intégristes qui ressemblent en tous points à leurs homologues catholiques.

Personne ne demande aux religions de prendre fait et cause pour cette loi. Même si l’on peut regretter qu'elles fassent l’économie d’un aggiornamento qui pourraient leur permettre d’être en phase avec leur temps, on peut comprendre qu'elles s’en tiennent au dogme. Mais cela ne justifie pas des amalgames et le mépris à l’égard de l’homosexualité.

De tels messages d’intolérance desservent les croyants eux-mêmes. Et l’on en vient à se demander à quoi peut bien servir la loi qui condamne les propos homophobes si tout le monde peut se laisser aller de la sorte sans craindre de se voir condamner.

L’amalgame entre la zoophilie et l’homosexualité engendré par le communiqué de l’UOIF n’est qu’une chronique, une de plus, de l’homophobie ordinaire qui s’est imposée avec un rythme effréné depuis septembre dernier.

Mais, au-delà de cet énième dérapage, qui n’aura pas vu l’offense faite aux femmes dans la déclaration de l’UOIF ? Car qu'affirme-t-elle craindre ? La polyandrie. Le fait qu'une femme puisse avoir plusieurs hommes, étant convenu que la réciproque est, elle, parfaitement respectable. Les intégristes insistent donc sur le fait que les femmes n’ont pas le droit d’être polygames contrairement aux hommes qui, eux, peuvent multiplier les épouses. Et l’UOIF osera-t-elle encore dire qu'elle défend des principes modérés et républicains ? Elle vient définitivement de lever le voile sur son caractère parfois intégriste, au moins pour ceux qui avaient encore un doute.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:10

Alors que le débat sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels n’avait même pas débuté, les opposants qui préparaient déjà leur campagne avaient déjà prévu que l’on allait les taxer d’homophobes. Avant même que toute hostilité n’ait été lancée. Par instinct. Christine Boutin avait même exprimé son ras-le-bol d’être taxée d’homophobes, évoquant des vacances avec des "amis homosexuels".

Alain Escada de son côté n’avait pas dit autre chose sur France Culture le 13 juillet dernier :

"Nous ne manquerons pas dès la rentrée de septembre de mener comme il se doit une campagne vers les Français destinée à libérer la parole des Français et à leur permettre de s’exprimer sans craindre l’accusation d’homophobie".

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Il faut dire que la campagne du PaCS avaient laissé quelques cicatrices et quelques slogans que la postérité retiendra comme homophobes, comme "les pédés au bûcher" ou "Pas de neveux pour les tantouses", n’en déplaisent à ceux qui prétendent ne pas les avoir entendus dans le défilé qu’ils avaient emprunté.

Homophobie qui ne dit pas son nom

Aujourd’hui, l’argument est brandi de manière quasi-pavlovienne par les opposants même du projet avant que de n’avoir été même soupçonné de pareil forfait comme le fit ainsi Ivan Rioufol quand il débattit avec Caroline Fourest, provoquant la remarque amusée de cette dernière : "il n’a même pas été encore accusé qu’il y répond déjà !" :

 

 

Gimmick du débat à venir, le "on peut être contre le mariage homo sans être homophobe", est devenu une arme rhétorique, condamnant l’interlocuteur à ne jamais se référer à pareil argument sous peine d’être abominablement réducteur ou pire de vouloir esquiver le débat à grands coups d’anathèmes. Le bourreau est donc devenu la victime par la grâce de l’antithèse : "vous n’allez tout de même pas m’accuser d’homophobie ?"

Le problème, car problème il y a, c’est que jusqu’à présent, les opposants au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels n’ont jamais fait autre chose que de brandir, de manière consciente ou inconsciente l’homophobie la plus primaire, et aujourd’hui, il n’y a guère eu de raisonnement suffisamment brillant pour faire l’économie d'une quelconque homophobie.

 

Attaques frontales

 

Alain Escada, le président de Civitas, est certainement le plus gonflé de tous. Fervent de la Fraternité Pie X, branche intégriste qui fait d’elle l’une des moins tolérantes de l’Église, le Belge n’a pas son pareil pour manier l’ironie, quand il déclare dans la banlieue lilloise, le 18 octobre dernier, devant une assemblée presque entièrement acquise à sa cause : "dans ce débat, il n’est pas question de mépriser qui que ce soit", surtout quand le bibliothécaire bruxellois a pris soin d'enfiler comme des perles, durant près d’1h30, des expressions, qui, s’il ne les estime visiblement pas méprisantes, n’en demeurent pas moins odieuses puisqu'il évoque pèle-mêle "un droit qui déroge à la norme humaine", "des exigences contraires au simple bon sens" qui "défigureraient la nature de la famille", des "individus homosexuels" et leur "comportement déviant", etc.

Et que dire de cet autocollant, conçu par Civitas, qui à l’image, reprise à la "Une" de Minute (c’est dire…) ajoute le doucereux et si bienveillant emploi du démonstratif composés "ces gens-là" ?

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D’autres tentent d’être plus subtils.

Christine Boutin prend, elle, la posture de la femme qui a changé, qui "a un ami homosexuel" et explique que, si cela ne tenait qu’à elle, et sa générosité, elle voterait ce projet de loi. Seulement voilà, elle serait envahie par…sa passion :

"Je pense que lorsque l'on pose une question aux Français sans avoir organisé un débat au préalable sur les conséquences d'une pareille décision, ces derniers laissent parler leur générosité. Moi aussi, je n'aime pas voir les gens souffrir. Je comprends que par affectif, par sensibilité ou par souci de l'autre, les Français puissent répondre oui", confie-t-elle d’abord au Parisien. "Qui ne répondrait pas à la souffrance de l’autre", renchérit-elle face à Ruth Elkrief sur BFMTV en marge de la Gay Pride en juin dernier…

 

Créer des divisions là où il n'y en a pas

 

Pour autant, quel argument utilise-t-elle pour montrer la dangerosité de la loi, si ce n’est celui qui estime que l’homosexualité ne relève pas de l’ordre naturel quand elle déclare que "l'homoparentalité est une tromperie" ou encore que "l'enfant a besoin d'avoir un homme et une femme pour pouvoir exister. Est-ce qu'une société doit se construire sur une exception, je ne pense pas" ?

La religion musulmane n’est pas en reste puisque le CFCM rappelle qu’il condamne fermement tout acte homophobe … tout en expliquant aussi que le mariage résulte de la fondation d'une famille stable sous la direction des deux époux, sous-entendant donc que le couple homosexuel ne répond pas à ces critères… On lutte contre l’homophobie tout en perdurant à véhiculer les clichés à grands coups d’arguments d’autorité régis par les textes sacrés.

Est-il enfin nécessaire de rappeler l’argument dit "de bon sens" qui explique que le mariage a toujours été entre un homme et une femme fondé sur l’anthropologie, donc et cher à Eric Zemmour, revient à dire que les homosexuels sont différents des hétérosexuels de par la nature et que le droit français est censé reproduire cette différence nie le pilier central de notre République – l’égalité –, et fait d’une orientation sexuelle un particularisme ce que la République, encore elle, ne différencie nullement ? Dire aux homosexuels "vous êtes à part" ne relèverait-il donc pas de l’homophobie ?

Alors, les opposants au mariage pour tous ne seraient, soi-disant, pas tous homophobes... Soit. Mais sans doute faudra-t-il avancer d’autres arguments samedi et dimanche prochains dans la rue, pour tenter de convaincre du contraire… 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 18:06

Étonnante passe d’armes ce dimanche midi, sur le plateau de Laurent Delahousse, dans "13h15, le dimanche". Invités à débattre, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation, les deux écrivains Alexandre Jardin et Daniel Picouly ainsi que Nathalie Schuck, journaliste du "Parisien", ils ne laissent pas augurer d’emblée que le moment sera particulièrement excitant, pour ce que l’on connaît d’eux.

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Une aimable conversation sur l’actualité semble même se dessiner jusqu’à ce qu’Alexandre Jardin se polissonne, d’abord en expliquant que "Barack Obama baise sa femme" (sic), pour rappeler que l’homme est dans le réel. Loin du factice. Loin de la mise en scène. Loin finalement de Vincent Peillon dont il va s’offrir le scalp, sous le regard amusé de Laurent Delahousse et de sa victime que l’on voit sourire en plan de coupe. Un rire jaune : 

"Juste avant d’entrer sur le plateau, vous étiez follement sympathique, à côté, parce que vous étiez complètement réel. Vous ne parliez pas de la même manière. Et quand tout à coup, je vous ai vu parler de la TVA, en disant ‘Nan, nan, c’est pas la même’, alors que tout le monde en France sait que Hollande a fait campagne pour casser la (hausse de la) TVA, qui était supposé être le truc de Sarkozy."

Et l’écrivain d’invectiver le ministre et le gouvernement dans son ensemble :

"Si vous disiez la vérité : ‘c’est la merde, on a pas le choix ‘ (…) Vous pouvez la dire la vraie vérité. J’adorerais que ce soit vrai, j’adorerais retrouver sur le plateau le mec avec qui j’ai discuté avant, lorsqu’on s’est fait maquiller."

Vincent Peillon est accusé en plein direct d’avoir un double discours, de porter un masque devant les caméras quand il s’épanche de manière plus franche dans les coulisses. Ne pouvant se permettre de faire tomber ce masque, le ministre décide alors dans la précipitation de rester dans "sa" vérité et de garder le cap :

"Je crois que la vérité, c’est comme ça. C’est la précision. Il y a une rigueur qui oblige à dire les choses telles qu’elles sont parce qu’on a une responsabilité particulière. Une TVA qui s’applique en 2014, ce n’est pas une TVA qui s’applique en 2012."

 

Le off dévoilé

 

L’argument est faible. Pour ne pas dire risible. Pris la main dans le pot de confiture, il explique que la tache rouge qu’il a autour de la bouche est une tache de naissance… Sentant le ministre empêtré, l’écrivain en appelle alors à la journaliste présente sur le plateau, la suppliant de dire "ce que les politiques disent en off." Et Nathalie Schuck du "Parisien" ne se laisse pas plus longuement prier :

"En gros quand vous discutez aujourd’hui avec Jean-Marc Ayrault ou même François Hollande, (ils) vous disent ‘oui et alors, c’était le choix entre la peste et le choléra. Soit on tapait le pouvoir d’achat en 2013, soit on décidait de faire une TVA différée et ça s’appliquait sur 2014.’ Et ils disent ‘oui, on assume. On est des socio-démocrates. On l’assume’."

Ce dialogue à trois est saisissant car rare. Voir accuser un homme politique de tenir un double discours est chose fréquente. Mais le faire confirmer par un journaliste qui révèle alors du off, et ce dans le même instant, c’est assez unique.

 

Subterfuges et omissions

 

Vincent Peillon est ici complètement démasqué et le gouvernement avec lui. Hollande a été élu avec un programme aux promesses généreuses fondées sur des projections de croissance déraisonnables. Il a été confronté, plus vite qu’il ne l’imaginait au réel. Et face à ce réel, qui consiste, en réalité, à une politique d’austérité quand il avait promis la générosité, il prétend ne pas changer de cap, usant et abusant de périphrases ou de subterfuges sémantiques pour tenter de faire avaler à la France des couleuvres. Une situation qui n’est pas sans rappeler l’ère Sarkozy quand il ne fallait surtout pas parler de récession, mais de "récession technique"…

L’écrivain Alexandre Jardin a, lui, trahi la bienséance traditionnelle et rompu avec la déférence que l’on montre habituellement sous les feux des projecteurs à un ministre en fonction. Le moment du maquillage est normalement placé sous le sceau du secret, comme l’avait dévoilé, mais avec davantage de pudeur, Christophe Barbier dans "Maquillage, la politique sans fards".

Pendant que les maquilleuses préparent le masque, les politiques expurgent les dernières traces d’authenticité et de sincérité, à travers des confidences qu’ils savent faire sans micros. L’homme s’estompe au rythme du pinceau qui étale le fond de teint et laisse place au personnage. Public.

La journaliste va, elle, plus loin. Car elle brise la loi du off que sa profession est censée respecter. Pour autant, elle ne viole pas les principes de sa corporation : Alexandre Jardin avait ouvert la voie. Il avait déjà expliqué l’essentiel. Les propos de Nathalie Schuck ne viennent donc que corroborer ce qui a été déjà dévoilé.

 

Le ministre piégé

 

Et voilà comment Vincent Peillon se retrouve finalement complètement piégé dans le dispositif qui n’aurait pas été possible sans la sincérité inattendue d’Alexandre Jardin. La sincérité de l’un fait face aux dissimulations de l’autre. Le bon rôle. D’autant plus, que la position d’Alexandre Jardin fait fi du pragmatisme qui fait que, parfois, la rhétorique doit se substituer au discours de vérité, ce que le ministre explique, bien après... mais trop tard :

"Si vous dites ‘c'est très dur, tout va mal’, il y a aussi par rapport à l’économie ce que l’on appelle l’anticipation et donc il y a un équilibre à trouver. Parce qu’il ne faut pas décourager les gens non plus. L’économie c’est à la fois une forme de rigueur, ce qui a été fait, et en même temps, il faut mettre de l’optimisme, de l’espérance et pas dire ‘on va mettre la clef sous la porte’. Sinon vous découragez tout le monde."

En d’autres termes, un discours de vérité peut flatter la confiance que l’on accorde à son peuple. Mais elle peut aussi inquiéter, et notamment ceux qui, chaque semaine, sans discontinuer, nous prêtent 8 milliards pour vivre. Sans confiance, il n’y a plus de prêt (ou alors avec des intérêts impossibles). Et sans prêt, la France ne peut plus payer ses fonctionnaires, ses allocations, son service de santé… Une banqueroute assurée.

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Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, le 11 octobre 2012 (WITT/SIPA)

Las, les explications de Vincent Peillon ne sont pas venues dans la spontanéité de sa première réponse. Et c’est pourtant là que jaillit justement la délicieuse incertitude la politique : un art subtil qui doit tordre la réalité pour faire passer un discours, sans pour autant sombrer dans la manipulation du mensonge. Un travail qui relève de l’équilibriste sémantique et syntaxique.

C’est bien connu, un magicien ne révèle jamais ses tours, et l’on voit aujourd’hui ce qui lui en coûte d’être contraint de le faire.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:02

C’est ce vendredi matin que Lionel Jospin a déposé à l’Elysée les conclusions de son rapport sur la moralisation de la vie publique. Un travail attendu par beaucoup puisqu’il tente de corriger une démocratie injuste et qui souffre de représentativité.

Comment certaines personnalités peuvent-elles cumuler kyrielles de mandats sans en négliger aucun ? Pourquoi accepter pareille boulimie qui sclérose le paysage politique français en empêchant les nouvelles générations de se faire une place ? Comment accepter que Marine Le Pen, qui a obtenu plus de 18% des voix à la présidentielle, eût pu être empêchée de concourir faute d’avoir obtenu ses 500 parrainages, et ce même si elle ne se montra pas si déterminée à les obtenir au moins jusque janvier ?

 

Entorses à la représentativité

 

Enfin, comment accepter que certaines formations politiques puissent obtenir un groupe parlementaire avec 2% des voix et que d’autres, avec 15% n’arrachent que deux députés ?

Pendant de nombreuses années, les gouvernements se sont lavés les mains de pareilles entorses à la représentativité. Ne serait-ce que parce qu'elle ne desservait jamais l’une des deux têtes de l’hydre bipartite, dès lors qu’elle acceptait de passer son tour en attendant le suivant.

 

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Mais la configuration de la dernière présidentielle a éveillé les consciences, avec cinq candidats qui ont dépassé les 9%, une configuration unique dans la Ve République qui a laissé place, un mois plus tard, à une assemblée bien plus uniforme que ne laissaient présager les votes du 22 avril. Une démocratie peu représentative qui inquiète, surtout quand la troisième force politique française en 2012, le Front national, fonde son discours sur une vision poujadiste du "tous pourris". Sa poussée n’a plus rien de conjoncturelle. Et si en 2002, Jean-Marie Le Pen avait dépassé l’un des deux pour parvenir au second tour, tout porte à croire que l’accession future de Marine Le Pen laisserait sur le carreau les deux en même temps… Et Lionel Jospin qui fut écarté en 2002 du second tour est mieux placé que quiconque pour le savoir.

Après plusieurs mois de travail, la Commission Jospin, qui a beaucoup consulté, a donc prévu de nombreuses propositions dans son escarcelle, pour tenter de réparer ces injustices démocratiques et pour ainsi éviter qu'elles ne deviennent matière à une insurrection par les urnes.

Au programme, l'interdiction du cumul d'un mandat de parlementaire avec un mandat "d'exécutif local" (maires et adjoints, des présidents et vice-présidents des groupements de communes, de conseil général et de conseil régional), la mise en place de 10% de proportionnelle, un parrainage citoyen de 150.000 signatures qui pourra remplacer les 500 signatures de maires et d'élus actuellement en place, et la révision du statut pénal du président de la République.

 

L'éternelle crainte

 

Immanquablement, si ces mesures venaient à être adoptées, reviendrait l’éternelle crainte : qu'est-ce qui empêcherait alors le Front national d’entrer plus massivement à l’assemblée ?

D’une part, il convient de rappeler que l’on ne combat pas le Front national en tronquant la démocratie. Ce n’est pas en empêchant la représentativité que l’on honore la République. Bien au contraire, cette situation ne fait que renforcer sa position de victimisation qui continue d’alimenter généreusement la réserve de ses voix. Le Front national a toujours puisé sa force dans la frustration, la déception et la colère des citoyens. Faire perdurer une iniquité démocratique reviendrait à mettre en place une bombe à retardement. Et nous avons déjà vu en 2012, que même une démocratie arrangée n’empêchait plus le Front national d’entrer au Palais Bourbon.

D’autre part, on peut estimer que la part de proportionnelle proposée par la Commission Jospin est plus que limitée : avec 10% seulement de sièges, soit 58 au total, on peut estimer que le risque pris est dérisoire.

C’est sans doute la raison pour laquelle la Commission n’a pas jugé nécessaire d’instaurer un seuil minimal comme en Allemagne, où il faut atteindre la barre de 5% pour être représenté. Un simple calcul permet de voir que 1,72% des voix suffiront pour avoir un député. Sur le vote de juin dernier, le Front national aurait donc ajouté huit sièges à ses deux obtenus, soit 10 députés. Pas donc de quoi voir une vague brune déferler dans l’hémicycle, surtout si on se souvient que la véritable proportionnelle instaurée en 1986 leur avait offert 35 sièges.

Finalement, la Commission Jospin risque en réalité d’offrir une bien mauvaise nouvelle pour les cadres du Front national : celle de la limitation du cumul de mandat. Marine Le Pen était ainsi candidate aux législatives, aux européennes, aux municipales, aux régionales…

À l’exception notable des cantonales et de miss Hénin-Beaumont, la présidente du Front national s’est montrée au moins aussi boulimique que les cadres du système qu'elle dénonce pourtant dans ses discours. Une perspective qui laisse craindre des candidats sortis de derrière les fagots pour les prochaines élections à venir, à l’image des dernières cantonales :

 

Quiz élections cantonales : Mireille Barde (FN) par marsactu

On le voit, il n’est pas bien sûr que les conclusions de la Commission Jospin ne règle tous les problèmes de notre démocratie…

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:53

L'Islam n'en finit de provoquer la polémique. Pour lutter contre les discriminations islamophobes, le CCIF, le Collectif Contre l’Islamophobie en France a mis en place une campagne d'information, sur la toile et à la télévision.

CCIF

Des affiches "choc" comme ce pastiche du "serment du jeu de Paume", avec un slogan aux allures républicaines : "Nous aussi sommes la Nation".

Le porte-parole de ce collectif, qui n’a pourtant rien de nouveau, est venu s’expliquer longuement sur Itélé pour évoquer son action.

 

Il est intéressant de voir à quel point, Marwan Muhammad est précautionneux sur la définition qu’il entend donner à "islamophobie", "mot valise" que certains utilisent pour empêcher toute contestation de l’islam, ce dont il se défend.

Pour le CCIF, l’islamophobie qu’il entend combattre désigne "l’ensemble des discriminations, actes de rejet, violence, verbales ou physiques, qui visent des individus (ou des institutions) en raison de leur appartenance supposée à la religion musulmane".

Qui peut accepter de telles discriminations quand on est porteur des valeurs de la République ? A l’heure où "Le Point" propose sa "une" racoleuse, où Jean-François Copé délire sur le vol de pains au chocolat (et le CCIF avait répondu par une distribution gratuite sur le parvis de la gare Saint-Lazare) et où le Front national déguise sa croisade contre l’islam sous les oripeaux d’une laïcité qui reconnaît que la France est la fille aînée de l’Église en la faisant remonter au baptême de Clovis, il peut être rassurant de voir enfin un contrepoids s’organiser dans les médias pour montrer que l’islam ne se résume pas à de l’intégrisme et aux caricatures sur lequel on se complaît tant à disserter.

 

Hélas, le CCIF joue avec les chiffres et les mots

 

Seulement, pour ce faire, encore faudrait-il que les interlocuteurs n’emploient pas un double langage. Et force est de constater en décortiquant un peu le discours proposé par le CCIF que son respect de la République et de la laïcité comprend des arrangements pour le moins dérangeants.

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Distribution de pains au chocolat organisée par le CCIF le 10/10/2010 à Paris, suite aux déclarations de Jean-François Copé(SEVGI/SIPA)

Le Collectif propose chaque année un rapport dans lequel il recense notamment les actes islamophobes. Un chiffre sur lequel communique Marwan Muhammad, qui évoque 298 pour la seule année 2011. Mais l’examen précis de ces actes amène quelques interrogations.

Par esprit de concision, contentons-nous du premier semestre 2011, qui compte 159 actes soit un peu plus de la moitié pour l’ensemble de l’année. Sur ces 159 actes, on en relève 101 (soit 63 %) qui ont trait au port du voile.

Et sur ces 101 actes, seulement 25 sont couplés avec des actes clairement anti-musulmans, avec insultes et/ou violences. Autrement dit 75% des actes évoquant le voile, jugés par le CCIF "islamophobes", ne relèvent pas d’une discrimination évidente ou d’une violence faite en raison de la religion. Ainsi, on note cette plainte en février 2011 :

"A Halluin (59), Une conseillère de l’ANPE avise une jeune femme qui vient de s’inscrire qu’elle doit mentionner son port du voile, et lui demande si elle le retirera dans le cadre du travail."

Sachant que l’employée du Pôle emploi tente de lui trouver une place, n’est-elle pas en droit de lui demander si la jeune femme est prête à retirer le voile, ne serait-ce que parce que certains établissements obligent dans leur règlement intérieur la neutralité, comme dans la crèche qui a tant fait parler d’elle Baby Loup ? En quoi la question de conseillère relève-t-elle d’une "discrimination" ou d’un rejet envers l’identité musulmane ?

 

Réduire l'islamophobie au voile et à la burqa : dommage

 

Par ailleurs, on peut s’étonner que 63% des cas répertoriés fassent référence au voile : les discriminations envers l’islam se résumeraient-elles au voile islamique, qui n’est faut-il le rappeler, pas un précepte religieux, n’en déplaise à ceux qui sur interprètent un texte datant du VIIème siècle ?

On trouve aussi parmi le recensement, des plaintes pour le moins étranges, comme cette déclaration que fit Michel Onfray à RMC (seulement nommé comme "écrivain français" dans le rapport) :

"C’est l'Islam qui est un problème, pas la burqa".

Étonnant de le relever comme un acte "islamophobe" quand Marwan Muhammad prétend qu’il exclut de cette définition la contestation ou la critique de l’islam. D’autant plus étonnant que Onfray ne s’attaque pas qu’à l’islam mais remet en cause TOUTES les religions.

 

Assimilation abusive des simples critiques à de l'islamophobie

 

De la même manière, le rapport conteste une vision de l’analyse de l’Arabie Saoudite, proposée par les Editions Nathan dans son ouvrage "comprendre le monde", dans lequel il est écrit :

"Dans ce royaume islamique, la charia règle le moindre détail de la vie familiale et sociale. Les femmes vivent séparées des hommes à la maison, à l’école et au travail. Voilées de la tête aux pieds, elles n’ont pas la moindre liberté et peuvent être condamnées à mort en cas de désobéissance."

arabie.jpg

Même si le propos manque quelque peu de nuances, le CCIF contesterait-il cette vision de la société, vue par l’Arabie Saoudite ? En viendrait-il à affirmer que le droit des femmes y est parfaitement respecté ? Et quid de la promesse de laisser critiquer l’islam si l’on vient de qualifier d’ "islamophobe" un ouvrage qui vient critiquer le rôle de la femme dans la société saoudienne ?

D’autres actes sont assez délirants comme cette organisation d’un kiss-in homo par des Identitaires (sic), qui est organisé devant une mosquée, comme il en est organisé devant des églises, et qui est répertorié parmi les actes islamophobes, quand il n’est qu’une contestation critique d’une vision religieuse, s’apparentant au mieux au blasphème ?

 

Le CCIF focalise sur le voile et l'école

 

À la vérité, si de nombreux actes sont bel et bien de véritables agressions envers l’identité musulmane qu’il convient donc de condamner fermement, le CCIF semble obsédé par deux choses : le voile, comme s’il représentait la norme ultra-majoritaire de l’islam en France, et l’école.

40 actes sur les 159 répertoriés dans les six premiers mois de 2011 portent sur l’école, entre la viande à la cantine, et bien évidemment le port du voile refusé dans les établissements scolaires.

Ainsi, on évoque ce refus d’accueillir des candidates d’un établissement hors contrat de la région lyonnaise qui doivent présenter leur TPE (Travaux personnels encadrés) au Lycée Jean Moulin de Lyon, et qui se voient seulement dans un premier temps de venir faire leur oral, car elles refusent d’enlever le niqab.

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Et les cas se multiplient dans le rapport. Pourtant une loi n’a-t-elle pas été votée en France en 2004 réaffirmant la laïcité de l’école publique prévue dès 1882 en interdisant les signes ostentatoires dans les établissements scolaires ?

Seulement voilà, Marwan Muhammad estime que ces lois stigmatisent les femmes "au nom de qui on fait passer des lois de restriction et d’exclusion".

Ainsi, sur son site, on voit que le CCIF a publié un rapport intitulé "Bilan de la loi du 15 mars 2004 et ses effets pervers", dans lequel on dit que cette loi revêt un "caractère discriminatoire" au nom d’une "laïcité dévoyée".

 

L'éternelle polémique sur la laïcité et le voile

 

Car pour le CCIF, la vraie laïcité autorise de porter le voile à l’école. Et l’on se souvient alors que Marwan Muhammad n’a pas hésité à s’associer à Tariq Ramadan et aux Indigènes de la République durant la présidentielle pour pousser les musulmans au communautarisme, le rhéteur genevois estimant même que la France était devenu le pays le plus raciste d’Europe. On choisit toujours ses amis.

Il ne faudrait donc pas se leurrer. S’il est évident que le climat est malsain, s’il faut lutter contre les discriminations, toutes les discriminations, il ne faudrait pas non plus en venir à dénoncer les fondements de la République. Vouloir ainsi transformer la laïcité n’envoie pas un bon signe à ceux qui pratiquent allègrement l’amalgame entre islam et islamisme. Bien au contraire, il l’encourage.

Contre productif, le CCIF renferme en ses principes un des ingrédients qui participent joyeusement au mélange de genre et à l’opprobre envers les musulmans de France. Non toutes les musulmanes ne considèrent pas le voile comme un signe religieux et ne souhaitent pas le porter en France. Oui, il y a une majorité des musulmans en France qui refuse de voir se modifier la laïcité, y compris quand elle s’impose dans les établissements scolaires.

Loin d’être liberticide, cette loi empêche justement tout prosélytisme insidieux de distiller son poison dans les cours de l’école, dans lesquels les jeunes sont sans défense culturelle pour faire un choix.

La neutralité est le meilleur moyen de préserver leur liberté sans pour autant renier leur culture et leur éducation. Et quand on voit comment on déguise ceux qui prétendent défendre l’islam en France, il y a largement de quoi se convaincre de laisser la laïcité jouer son rôle : celui de garde-fous. 

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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