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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 16:42

Ce week-end, Laurent Wauquiez a décidé de revenir sur le devant de la scène médiatique. La raison ? La lettre de Vincent Peillon adressée aux recteurs.

Une réponse, semble t-il, au secrétaire général de l'Enseignement catholique qui a envoyé en décembre une missive à ses chefs d'établissements, leur rappelant l'opposition de l'Église au projet de "mariage pour tous" et suggérant la tenue de débats à ce sujet. Or lécole est un endroit neutre où l’on enseigne les lois, pas où on les discute.

 

Une entorse à la laïcité

 

Mais Laurent Wauquiez ne l’entend pas ainsi :

"C'est une grande manipulation politique qui cherche à culpabiliser les chrétiens et à faire croire que l'opposition au mariage homo et à l'adoption est le fait d'une minorité."

Avant d’asséner sur France Télévisions que le gouvernement tente "d’interdire le débat et imposer une pensée unique".

 

 

Hallucinante diatribe du maire du Puy-en-Velay, indigne d’un ancien ministre de la République qui n’est pas sans savoir que l’école doit être un lieu de neutralité où religion et politique n’ont pas leur place.

Laurent Wauquiez, qui est un membre de l’UMP, parti qui n’a eu de cesse de rappeler les tenants et les aboutissants de la laïcité à l’école quand il était question de l’islam, semble ici faire une entorse invraisemblable au même principe.

 

Un activisme excessif

 

Mais rien de surprenant dans ce soutien inconditionnel quand on sait qu’en février 2012, Laurent Wauquiez avait déjà marqué son soutien aux établissements privés confessionnels en remettant les insignes de commandeur de l'ordre national du mérite, le 14 février, au délégué général de l'Enseignement catholique, Fernand Girard.

Et, surtout, en encourageant l'enseignement catholique à "ne pas perdre son âme". Le tout sans oublier de préciser que la droite les avait toujours mieux traités que la gauche. 

Il faut dire que Laurent Wauquiez est un catholique notoire, ostensible et très pratiquant comme le dévoile ce portrait publié par l'hebdomadaire "La Vie". Ce qui en soi, ne l’empêcherait nullement d’être laïque.

Mais Wauquiez est un Tartuffe au pays des laïques et n’a eu de cesse, à de nombreuses reprises, de redorer le blason du catholicisme, bien au-delà des sentiers laïques.

Ainsi, à l’occasion du 15 août 2010, et du 150e anniversaire de Notre Dame de France, statue dont la commune du Puy est propriétaire, Wauquiez qui recevait une vingtaine d’évêques lors des festivités ainsi que de nombreux prêtres et bénévoles à l’Hôtel de ville se permit d’affirmer, alors qu’il était ministre en fonction :

"Dans une société qui tâtonne, qui cherche ses repères, la foi chrétienne est extrêmement moderne. Dans cette société française qui a besoin de retrouver ses valeurs et de se reconstruire de l’intérieur, là, la foi chrétienne a son rôle majeur à jouer."

 

 

 Troublante concession de ce rôle à jouer dans la vie publique de la part d’un ministre d’un état laïque.

Mais Frère Wauquiez est allé plus loin et son activisme n'a rien à envier à ceux d’Alain Escada quand il était à la tête de Belgique et Chrétienté ou encore à Christine Boutin qui avait demandé pareille requête dans son programme présidentielle quand elle voulait se présenter en 2012.

Il demande ni plus ni moins que la constitution européenne reconnaisse ses origines chrétiennes !

"Que l'Europe ait des racines chrétiennes, que le mouvement de christianisation ait été une des facteurs de constitution de la conscience européenne, qui peut contester cela ? C'est absurde de contester un fait historique."

Et de conclure :

"Je ne vois pas pourquoi je serais supposé avoir des scrupules et des complexes sur ce que j'appelle moi l'Europe des clochers."

 

L'Eglise doit rester à sa place

 

Si lui ne voit pas pourquoi il aurait des scrupules à voir l’Europe reconnaître dans sa constitution ses origines chrétiennes, sans doute faudrait-il lui rappeler que lEurope a tout à perdre en renonçant à son caractère sécularisé.

Il est une différence entre la tolérance envers les croyances et la reconnaissance de celle-ci. Ce qui serait une porte ouverte aux intégristes de tous poils qui n’en demandent pas tant pour remettre en cause les législations sur l’avortement ou sur la fin de vie ou encore celles sur l’homosexualité 

Les religions, contrairement à ce que dit et pense Monsieur Wauquiez, ne sont jamais porteuses que d’un dogme qui n’a jamais eu vocation à la modernité. S’en remettre à cet héritage reviendrait à remettre les clefs de nos républiques et de nos démocraties aux lois divines. Une pure hérésie en 2013.

Alors Laurent Wauquiez peut bien clamer anathèmes en homélies, l’école publique n’est pas un lieu de débat démocratique. L’église peut émettre un avis mais elle doit rester à sa place. Et nos constitutions n’ont aucune modernité à gagner à relire la Bible. Ainsi soit-il. 

 

Publié sur le Nouvel Obs le 6 janvier 2013

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 16:37

Alors que se rapprochent deux manifestations parisiennes, "la manif pour tous" du 13 (et celle de Civitas qui fera bande à part à 50 mètres) et celle des partisans du projet de loi le 27, la tension monte autour du "mariage pour tous", dont le texte devrait être discuté à partir du 29 janvier à l’Assemblée nationale.

Étonnamment, les opposants ne cessent de répandre un sondage, commandé par le collectif de la "manif pour tous", qui montre que ce projet n’est pas la priorité des Français.

Pourtant, même s’ils chantent à tue tête que tout le monde s’en moque, on ne les a jamais entendus autant et de manière aussi forte. Un paradoxe de plus, comme il y en a déjà tant chez ceux qui s’opposent coûte que coûte à la correction du pilier central de notre devise républicaine, l’égalité.

 

L'idée de referendum est un leurre

 

Aussi, tous les moyens sont bons pour contourner la voie législative qui est en route. Car nul n’ignore que les deux assemblées sont majoritairement à gauche, et que débat ou pas, mécaniquement, et puisque les Français ont placé aux commandes ces majorités, la loi sera votée. Seule la question des amendements a un véritable enjeu.

Mais les opposants préfèrent faire mentir la vérité elle-même. Ainsi, Henri Guaino a "giflé" la République elle-même ce vendredi matin sur Europe 1 en déclarant :

"Ce n'est pas au parlement tout seul d'en décider, c'est au peuple. Monsieur le président de la République, donnez la parole au peuple ! Voilà pourquoi moi, je descendrai dans la rue le 13 janvier."



Et il ressort l’idée d’un référendum sur la question. La proposition n’est pas neuve puisque c'est Christine Boutin l’avait réclamé dès cet été et sans discontinuer depuis...  

D’ailleurs, un sondage Ifop, commandé par "Valeurs actuelles", dont la ligne éditoriale est favorable aux hérauts de l’opposition au projet, témoigne de cette idée qui fédère les Français, puisque 69% des Français se déclarent favorables au référendum. Plus surprenant encore, à gauche ils sont 55% à y être favorable, et plus encore 51% de ceux qui ont voté pour Hollande et 67% des électeurs de Mélenchon, soit deux points de plus que ceux qui ont voté pour Bayrou !

Preuve s’il en fallait de l'intense lobbying orchestré par les opposants au "mariage pour tous". Car c’est bien de lobbying dont il est question, comme l’avouait sans pudeur Frigide Barjot dans son clip précédant la manifestation du 17 novembre, où elle expliquait que l’objectif est d’investir les médias. L’omniprésence au détriment de la pédagogie : quel meilleur adage pouvait définir ce que l’on appelle le lobbying ?


Sauf que cette idée du référendum est une fausse idée. L’objectif des opposants est grossier : en guise de débat, qu’ils appellent de tous leurs vœux alors qu’il ne cesse de se prolonger, la volonté est d’imposer un leurre à la République.

Un leurre, car une campagne pour un référendum est nécessairement manichéenne (oui ou non) et la position a priori majoritaire a souvent tout à perdre dans ce genre de situation, ce qui est le cas depuis des années du "mariage pour tous". Ainsi en avait-il été pour le Traité européen de 2005 où le oui était annoncé gagnant…

D’ailleurs, alors que les opposants font une campagne sur tous les médias, les partisans ont eux tardé à se réveiller, et l’on a vu les opinions favorables "se tasser" et même baisser concernant l’adoption.

 

Impossible constitutionnellement et techniquement

 

Alors, il faut faire preuve de pédagogie et rappeler que le référendum est impossible. Comme le rappelait simplement Christiane Taubira sur France Inter, le 8 novembre dernier :

"Nous avons une constitution, une loi fondamentale, qui en son article 11, détermine les matières pour lesquelles le président de la République peut convoquer un référendum. Je suppose que nous sommes tous respectueux de notre Loi fondamentale."

Et la Garde des Sceaux de préciser au journaliste Pierre Weill qui la relançait :

"Mais la Constitution ne le prévoit pas. Est-ce que nous sommes bien dans un État de droit où nous respectons la loi fondamentale ainsi que les lois qui sont adoptés par le Parlement ?"

Alors que dit précisément cet article ? Il existe deux moyens de proposer un référendum aux Français. Le président de la République peut en être à l’initiative. Auquel cas l’article 11 de notre Constitution précise :

"Le président de la République peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions."

refer.jpg

Or le projet de loi du "mariage pour tous" et de l’adoption par les couples homosexuels ne relève nullement de l’organisation des pouvoirs publics, de la politique économique ou sociale ou des réformes liées aux services publics. Comme en convenait dès septembre dernier Didier Maus, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris I.

La seconde possibilité serait d’organiser un référendum d’initiative populaire, ce qui aurait l’avantage de ne pas être restreint par les thèmes.

Mais la condition sine qua non est alors de réunir réunir un cinquième des membres du Parlement, soutenu par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit plus de 4 millions de signatures, ce qui semble impossible à mettre ne œuvre sur une question, qui, les opposants ne cessent de le rappeler, n’intéresserait que si peu de Français…

 

Un "cheval de Troie" ?

 

Le référendum sur la question n’est ni constitutionnel pour le premier cas, ni techniquement possible dans le second. Pourquoi alors s’entêter à le promouvoir de la sorte, si ce n’est pour imposer un cheval de Troie visant à faire croire aux Français qu’on ne respecte pas leur choix, qu’on leur impose quelque chose ?

Une sorte de boomerang à ceux qui, avec un manque d’audace et même de pertinence, se bornaient à dire que la loi devait être votée car elle était dans le pacte présidentiel à l’engagement 31.

On ne peut résumer la pertinence d’un projet de loi sur ce simple habillage à moins de croire que l’on est en accord avec tout ce que dit un programme quand on vote pour lui. D’ailleurs, Frigide Barjot a fait de cet argument de pacotille une réplique métaphorique :

"Dans un menu, même si on paye, on n’est pas obligé de tout manger."

La preuve, au moins, que l’on n’est pas contraint de manger toutes ses salades non plus…

 

Publié sur le Nouvel obs le 4 janvier 2013.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:31

Le messie. Ainsi pourrait être qualifié Mark Regnerus, auteur de l'étude préférée des tenants de la croisade contre le projet de loi ouvrant les droits du mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. Alors que, depuis des années, l’immense majorité des études sur la question de l’éducation et de l’épanouissement des enfants élevés dans les familles homoparentales montraient que leur situation ne provoquait aucun désordre particulier, cette étude publiée en juillet 2012 est venue à point nommé pour ceux qui, en France, ont décidé de s’opposer coûte que coûte au projet.

 

Une étude vantée par Escada et Boutin

 

Le premier à l’avoir brandi médiatiquement en France n’est autre qu’Alain Escada. Normal, puisqu’il fut le premier dans les starting-blocks et la fin de l’histoire montrera que, s’il s’est fait doubler dans la dernière ligne droite dans l’éclairage de la fronde des antis, c’est bien lui qui aura fourni l’ensemble des arguments de ceux qui tentent, tant bien que mal, de s’en démarquer.

Ainsi, sur LCP, dans l’émission "Ca vous regarde" le 5 juillet 2012, ou encore sur France Culture le 13 du même mois, il offrit en pâture les résultats de cette étude, éclairante à ses yeux :

"Les études publiées aux États-Unis sont parfois contradictoires et je ne vous citerai que la dernière étude publiée par l'Université du Texas et réalisée par le professeur Regnerus qui, au contraire, souligne à quel point, les enfants qui ont été élevés par des duos homosexuels sont beaucoup plus souvent que la moyenne drogués, dépressifs, boulimiques, anorexiques, voire qu'il y a beaucoup plus de situations d'abus sexuels dans le cadre de ses situations familiales."

 

Regnerus.jpg

On oubliera, comme d’habitude, les provocations du héraut de la cause intégriste qui refuse le mot "couple" aux homosexuels pour leur attribuer celui de "duo", pour s’attarder sur les conclusions alarmantes de cette étude qui semblerait sceller le destin des homosexuels en France et leur volonté de voir leurs familles reconnues par l’État.

Christine Boutin, bien informée elle aussi, est moins précise, mais semble avoir elle aussi avoir entendu parler de cette étude, quand elle fut interrogée par Ruth Elkrief, insistant sur le caractère "très scientifique" de la méthode employée.


Depuis, d’autres acteurs ont monopolisé l’attention des médias.

Frigide Barjot, gouailleuse préférée des médias depuis peu, évoqua, elle aussi, l’étude Regnerus chez Paul Amar notamment. 

Xavier Bongibault, alibi homosexuel, la lance à tours de bras tant sur RTL, face à Yves Calvi, que dans "La Manche Libre", sans que tout ceci ne soit exhaustif.

En réalité, vous pouvez faire le tour des opposants au mariage pour tous, et vous verrez apparaître, comme par magie, la fameuse étude du Texas qui vient contredire ce que des centaines d’études ont, elles, démontré depuis décennies.

Et chacun avec l’argument marteau pour celui qui viendrait opposer le "un contre tous" : celle de Regnerus se fonderait sur un échantillon de plus de 3000 personnes quand toutes les autres ne le seraient sur des échantillons 10 à 100 fois moins représentatifs.

 

Une étude "miracle" ?

 

On pourrait s'émouvoir que l'étude provienne du Texas, la terre de George W. Bush, un État qui n'est pas forcément réputé pour son ouverture d'esprit, et qui reconnaît encore dans sa législation la sodomy lawqui proscrit donc la sodomie sur ses terres, même si ce texte législatif a été reconnu anticonstitutionnel voilà neuf ans.

Pour autant, il ne faudrait pas considérer que l'intolérance reconnue de cet État puisse avoir influencé en quoi que ce soit les études provenant de son Université de peur d'être accusé de se rattacher à des clichés.

Aussi, afin de ne pas être suspecté de la lire de manière détournée, lisons ce qu'en dit le site d'Alliancevita, anciennement l'Alliance pour les droits de la vie, association fondée en 1993 par Christine Boutin dans la lignée de la Marche pour la vie, qui conteste l’application de la loi Veil sur l’avortement, qui est loin d’épouser les arguments des partisans du projet, en témoigne, un de ses porte-paroles, Tugudal Derville, devenu un des piliers du comité de "la manif pour tous".

Dans l'émission "Ça vous regarde"Alain Escada insistait lourdement sur le fait que l'échantillon portait sur 3000 cas, quand il est communément admis qu'une étude démontre sa fiabilité à partir de 1000 réponses représentatives, et Christine Boutin, pour sa part, évoquait son caractère "très scientifique".

 

Des chiffres manipulés

 

Pour autant, l'étude du professeur Regnerus ne porte pas sur 3000 familles issues de l'homoparentalité, ce qui serait le seul outil apte à renseigner sur la question qui nous importe. La question qui était posée était celle-ci : "Est-ce que l'un de vos parents biologiques a eu, entre votre naissance et l'âge de vos 18 ans, une relation amoureuse avec quelqu'un de son propre sexe ?"

Notons déjà qu'il fallait que les enfants aient connaissance de cette information, ce qui n'a rien d'une évidence.

Par ailleurs, sur les 15.000 personnes interrogées de manière aléatoire, 175 ont répondu que c'était le cas pour leur mère, 73 pour leur père. Ce qui ne fait donc au total que 248 personnes, auxquelles on a rajouté un échantillon représentatif comprenant tous ceux qui n'étaient pas concernés par la question pour parvenir au chiffre de 2988 personnes interrogées. Au total, ce ne sont donc pas 3000 familles issues de l'homoparentalité qui ont été sondées, mais moins de 250 dont les enfants savent qu'un de leur parent a déjà eu au moins une fois dans sa vie une relation amoureuse homosexuelle.

Il est toujours très instructif de d'attarder sur la méthodologie et ici, en y regardant de plus près, deux points cruciaux relativisent fortement les résultats de l'étude : l'échantillonnage est trop peu représentatif (moins de 250 et non 3000) et surtout la question posée porte sur une attitude sexuelle non chronique ("avez-vous déjà eu..."), dont aurait pu avoir connaissance l'enfant (ce qui réduit encore le champ) quand il fallut s'intéresser aux enfants vivant dans une famille homoparentale fixe.

Dès lors, on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres obtenus puisqu'ils ne représentent aucunement la situation voulue par le projet de loi qui nous préoccupe : un couple homosexuel, stable, assumé, qui décide de se marier aux yeux de la loi et avoir un enfant.

Regn.jpg

D’ailleurs, le site "Alliancevita"dont on a vu les potentielles accointances avec les thèses d'Alain Escada et Christine Boutin, met lui-même en garde contre cette étude :

"Cette étude ne dit rien sur l'expérience de grandir dans des foyers homoparentaux dans la période actuelle, et ce pour deux raisons : 1. Avoir un parent ayant eu une relation homosexuelle n'est pas synonyme d'avoir grandi dans un foyer homoparental. 2. Cette étude porte sur une génération aujourd'hui adulte, pour laquelle le fait homosexuel était peut-être moins bien accepté socialement qu'aujourd'hui."

Alors étude miracle que cette étude Mark Regnerus ? En tout cas, sa dernière publication ne va certainement lui apporter l’once de légitimité que le néant scientifique de cette étude brandie par tous les opposants annihile puisqu’elle conclut que les partisans du mariage pour les homosexuels doivent leur faveur au projet à un intérêt trop prononcé pour la pornographie… Bref, un grand scientifique que ce Mark Regnerus.

 

Publié sur le Nouvel obs, le 3 janvier 2013

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 16:32

Frigide Barjot. Il ne se passe pas un jour, que dis-je, une demi-journée sans que sa tête n’apparaisse à l’écran, le corps bardé de ce gilet à capuche rose et de sa chaîne à l’effigie des trois religions monothéistes. Hypnotique. Elle qui regrettait, à la veille de sa désormais célèbre "manif pour tous" du 17 novembre, qu’ils n’avaient "pas encore assez investi les médias de masse. Et les médias de masse commencent à se bouger quand on est très nombreux, très nombreux dans la rue". Visionnaire ou simple observatrice de la frénésie de l’éphémère des mass-médias ?

 

Un personnage à l'identité trouble

 

Frigide Barjot a construit en peu de temps sa légende. La catho branchée est devenue la référence incontournable pour les opposants au projet, un alibi parfait pour les homophobes, elle qui s'exprime rarement sans rappeler qu’elle est "une fille à pédés". "Egérie", ose une journaliste de BFM tv lors de la manifestation du 8 décembre à Lille : "Ca me semble un peu exagéré", feint la fausse modeste. "Je ne suis rien du tout qu’une maman".

Pour autant, cette mère semble fédérer autour de sa sainte parole des fidèles passionnés, enfiévrés qui boivent cette dernière comme ils s’abreuveraient du vin de messe. Alors Frigide brode. Elle brode tant et encore, jusqu’à réclamer le retrait du projet de loi. Mais tissu de mensonges aussi car les affabulations de Frigide Barjot sont grosses, si grosses qu’elles passent inaperçues. Profitant d’un climat médiatique qui préfère le bruit au contenu, la ferveur aux fondements de la foi.

barjot-copie-1.jpg

Même Paul Amar lui demanda dans son émission les raisons de son pseudonyme. Celle-ci expliqua que cela provenait de l’humour de son mari. Il faut dire que Basile de Koch, de son véritable nom Guy Tellenne, frère de Karle Zéro, est un homme facétieux il est vrai, de ceux qui pourraient faire rire du côté de Montretout à Saint-Cloud par exemple quand, certainement par farce, il adhéra au GUD, le tristement célèbre Groupe Union Défense, cette organisation étudiante d’extrême droite, dont le service d’ordre fut notamment à l’origine du tabassage des Femen lors du cortège de Civitas le 18 novembre dernier.

 

Persistance dans l'inexactitude

 

Étonnant de voir Frigide se réfugier derrière la farce de son mari pour donner son identité, de même qu’elle nomme ses enfants Bastien De Koch et Constance Barjot dans l’émission des "Grandes Gueules" sur RMC le 13 décembre dernier, quand le nom de la famille est Tellenne. Pourquoi se dissimuler de la sorte quand on est si attachée à la vérité des origines, quand on crie à tout va que le projet de loi sur l’adoption et la filiation est un mensonge ? 

 

 

 

Frigide Barjot, dont l'image et l'identité sont finalement assez peu claires, joue les Cassandre à propos de nos futurs papiers officiels quand, dans son clip "Pourquoi participer à la manif pour tous" elle explique :

"Si cette loi passe, il n’y aura sur vos papiers d’identité plus 'sexe : homme ou femme' mais 'genre et genre'. Ce sera soit 'homo', 'hétéro', 'trans', 'bi' ou 'autre', on ne sait pas encore ce qu’on peut être, c’est selon son orientation sexuelle au moment où on veut bien la vivre, où on ne veut pas la vivre. Et ça, personne ne vous le dit".

Oui, mais il y a une raison pour que personne ne le dise : c’est que tout ceci n’est que pure fantasmagorie alors que dans sa bouche, dans ce clip, le ton péremptoire prétendait donner la vérité absolue, le futur version Orwell. La preuve en fut donnée par Frigide elle-même quand, placée face à ses propos par Mouloud Achour, sur le plateau du "Grand Journal" le 20 décembre dernier, qui la somma de dire si elle était sure de ce qu’elle disait, fut contrainte de répondre : "Sure, non. Mais ça peut venir à ça".

Dans la même émission, face à Najat Vallaud Belkacem, elle prétendit encore que les enfants des familles homoparentales, voyant la mention "père et père" ou "mère et mère" sur leur livret de famille verraient donc niées leurs origines puisque le document indiquerait qu’ils seraient "issus" de deux personnes du même sexe, la ministre coupa court au fantasme en corrigeant l’amalgame volontaire de Barjot : "Non, on parle de l’adoption, là".

Frigide Barjot, Cassandre à la vue déformée qui n’hésite donc pas à parier sur l’avenir, quitte à user de sa conviction personnelle pour assommer la vérité elle-même comme lorsque, dans le "Grand débat d’Europe 1" le jour de la fin du monde programmée, déjà, Alexis Corbière, conseiller municipal de Paris pour le Front de Gauche, lui dit : "Souffrez aussi que personne ne demande à l’Eglise de célébrer des mariages homos" et qu’elle répond effrontément "Attendez ça va venir" (sic). Ou encore quand le 18 décembre, dans "C dans l’air", on lui rétorque que l’adoption par les célibataires n’a rien destructuré et qu’elle répond sans gêne, un peu comme la ménagère tiendrait une bavette à sa bouchère : "mais si tout s’en va"… Sagesse populaire.

Il faut dire que la question de l’adoption par les célibataires semblent poser quelques problèmes à la présidente de la "manif pour tous" puisqu’elle affirma sans vergogne dans les "Grandes Gueules" de RMC, que la loi fut passée en France parce qu’après la guerre il n’y avait plus d’hommes au pays… quand la loi fut votée en 1966, soit 20 ans après la guerre, parce que le nombre d’enfants adoptés étaient supérieurs aux couples demandeurs… Que de confusions... Il faut dire que sur ce type de plateau, elle se retrouve face à des contradicteurs contrairement à ses réunions publiques où elle déroule, dans un fil ininterrompu de paroles, sa litanie.

 

 

 

Un mensonge qu’elle répète inlassablement, quelle que soit l’émission et que Christiane Taubira a déjà rectifié à de nombreuses reprises, projet de loi à la main.

Frigide Barjot. Mais comment fait-elle pour assourdir son auditoire, pour qu’il suive sans broncher ou si peu. En rhétorique, la recette est connue depuis Aristote et se nomme l’ethos : c’est l’image que l’orateur donne de lui même à travers son discours, avec la volonté d’attirer la bienveillance des destinataires en redoublant d’attentions envers le destinataires. En passant pour la fille "à pédés", elle casse la présomption d’homophobie.

Machine de comm'

Mais elle va plus loin en usant et abusant des familiarités pour attirer la connivence et désamorcer toute initiative belliqueuse chez ses opposants : au "Grand Journal", C’est Jean-Michel Apathie qui avait été gratifié d’un "oui, Jean-Michel, cher Jean-Michel", aux Grandes Gueules, ce fut un "mon cher" puis chez Paul Amar, Mathieu Nocent, Porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) avait eu son "cher Mathieu" (4’21), puis un "cher ami" (5’38), avant de passer à la promiscuité du tutoiement "Mathieu, écoute-moi" (7’27).

 

 

 

Frigide Barjot dit donc tout et n’importe quoi. Mais plus graves et beaucoup plus impardonnables sont les amalgames scandaleux qu’elle peut faire entre le projet de loi et l’inceste. Elle qui prétend se démarquer de Civitas (notamment chez Paul Amar) et de leurs arguments nauséabonds, oubliant au passage que Xavier Bongibault, son alibi homo, explique à Yves Calvi sur RTL, que l’"idéologie" du gouvernement de faire croire que les homosexuels sont forcément partisans du projet "est dans la droite ligne d’un homme que l’Allemagne a bien connu à partir de 1933, à savoir que les homosexuels n’étaient capables de réfléchir politiquement que par instinct sexuel".

L’amalgame avec l’inceste fut commis lors d’une assemblée à Nancy, disponible sur son blog (vers 12’30) :

"L’anonymat du son de sperme en France est total. Vous n’avez pas le droit de savoir si votre donneur, votre père-géniteur est vivant ou mort. Vous savez, eh bien il a fait des dons de sperme eh bien il y a des frères et des sœurs, et vous pouvez tomber sur un frère ou une sœur et coucher avec. En France, on peut pas vous dire NON. Ça s’appelle de l’inceste. Alors voyez-vous, quand Monseigneur Barbarin parlait d’inceste, il avait raison. Demain, on va vers ça." 

 

 

 

Frigide Barjot brocarde le projet quand c’est l’insémination qui semble responsable du scénario évoqué… Ou l’on voit comment Frigide Barjot remet en question par la même occasion l'insémination artificielle pour justifier les propos inqualifiables de Monseigneur Barbarin. Ad nauseam.

Alors Frigide Barjot a beau revêtir ses oripeaux d’égérie catho branché, de strass, de paillettes et de rose endiablé, Frigide a beau dire qu’elle veut faire la nique aux nauséabonds pour ne pas qu’ils squattent le débat, tentant même de rejeter Civitas hors de son cortège du 13 janvier, il ne sert à rien de se réjouir de gagner face aux forces obscures quand on s’abreuve dans le même ruisseau.

 

Publié sur le Nouvel Obs, le 2 janvier 2013

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 15:47

On la promettait si riche, pleine de promesses, et même apocalyptique. 2012 s’achève dans un monde encore entier, mais plus tout à fait le même… Et j’invoque Georges Perec pour me souvenir. Souvenirs.

Je me souviens de ce qui devait être le point d’orgue de cette année. Le 6 mai 2012. La fin du chapitre Sarkozy, quand lui se voyait bien bâtir une saga. François Hollande savoure son triomphe, entre Valérie et Ségolène, qui réserveront leur dessert pour les législatives. L’heure est au changement nous dit-on. Nous promet-on. La fin justifie les moyens et les promesses continuent de bercer d’illusions les Français qui tournent le dos, une fois de plus à la réalité. Eternel recommencement.

Je me souviens justement de Nicolas Sarkozy, refusant la défaite et qui ira braquer la caisse de Marine Le Pen pour faire un hold-up parfait. De justesse évité. Mais la catastrophe pour l’UMP était bien programmée.

Je me souviens de Marine Le Pen et de son parti dédiabolisé. Tant et encore que même l’assaut de bravoure d’Anne-Sophie Lapix, montrant comment l’on peut honorer la démocratie sans sombrer dans la complaisance, fut un coup d’épée dans l’eau. Le Front national ressort plus fort que jamais, en ayant forcé la porte de l’Assemblée Nationale à la faveur de triangulaires… Le monstre bipartite est heureux de vous présenter ses petits.

Je me souviens d’un Mélenchon filant vers une campagne brillante, quitte à doper les chiffres de ses assemblées pour paraître plus beau encore. Mascarade qui prit fin le jour du scrutin, avec un score plus modeste que celui escompté. Qu’à cela ne tienne, il sait qu’il faudra, désormais, compter sur lui. Ou plutôt faire avec lui.

Je me souviens d’un François Bayrou, guidé par son intuition, assez proche début février de refaire le coup de 2007 au refrain d’un Made in France qui avait séduit tant et tant. Las, incroyable milieu de campagne, quand une partie de son équipe décide de se mettre en standby en attendant l’entrée en campagne du président sortant. Stratégie suicidaire. Son vote envers François Hollande n’y changera rien, bien au contraire. Sa main n’était qu’à peine tendue, quand il fallait s’engager.

Je me souviens de Mohamed Merah, (mais surtout de ses victimes) qui a terrorisé la France en ce mois de Mars. De sa sœur qui se dit fière de l’abomination, de l’indicible. Sombre France qui, bien qu’était l’un des pays les plus laïcisés, n’en demeure pas moins un de ceux dont l’intégrisme est le plus virulent. Curieux paradoxe dont profite Civitas pour s’emparer de la fronde contre le mariage pour tous à l’automne, aux côtés des membres du GUD qui tabassent des femmes dont le bouclier est seulement un message peinturluré sur le corps.

Je me souviens des Printemps arabes qui annonçaient des lendemains qui chantent et qui avortent d’une démocratie offerte aux intégristes. La démocratie est une arme puissante que seule la sécularisation permet sereinement d’envisager. Des inquiétudes légitimes avec lesquelles il faudra vivre à présent.

Je me souviens de la folie de Felix Baumgartner, qui nous a fait vivre notre 20 juillet 1969 à nous. Difficile de croire si ce saut est une grand saut pour l’humanité. Mais il est permis de rêver dans ce monde chaque jour endeuillé.

Je me souviens des étoiles de Londres cet été, qui hissèrent sur le toit de l’Olympe Bolt, Phelps, Agnel, Muffat ou Estanguet. Et Roger Federer, parmi eux, qui vint quérir sa première médaille en individuel juste après avoir triomphé une septième fois dans le temple de Wimbledon, pour redevenir n°1 mondial à 31 ans passés. Les héros sont éternels.

Je me souviens enfin de la fin du monde. Un calendrier maya en fut à l’origine, ou plutôt son interprétation usurpée. Une autre ère ? L’idée en tous cas séduit sur le papier.

Je me souviens… Et pourtant déjà je veux voir. Je veux savoir. Je veux entendre. 2013 entrouvre déjà sa porte. Bonne année.


Publié le 31 décembre 2012 sur Médiavox

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 16:14

Grotesque celui qui pourra m’accuser d’être parti pris dans l’affaire de la semaine concernant "Charlie Hebdo". J’ai toujours pris fait et cause pour le journal, et ce dès la publication des premières caricatures de Mahomet en 2006, jusqu’à celle de l’attentat de novembre 2011 suite à "Charia Hebdo" en passant par celles de "Intouchables 2". Et ceux qui, d’une mauvaise foi guidée parfois par une inculture crasse, reprochaient à l’hebdo de ne viser que l’islam, Monseigneur Vingt-Trois et sa sortie inqualifiable dans le débat sur le mariage pour tous leur permit de se rappeler au bon souvenir de chacun qu’ils s’attaquaient aux intégristes de tous poils. Tous.

 

Le droit de caricaturer

 

Le blasphème est permis en France depuis la Révolution française, à l’exception notable de l’Alsace-Moselle, au nom d’un concordat auquel il faudra tôt ou tard tordre le cou, car on ne peut souffrir de tels écarts quand on se veut aussi rigoureux avec la laïcité, à moins de ne rentrer dans l’argument préféré des intégristes, le "deux poids deux mesures".

Et comme je le disais, la caricature est même un devoir quand les revendications communautaristes perturbent le jeu, comme celles qui consistent à vouloir revenir sur les lois concernant les signes ostentatoires à l’école, qui figurent dans les doléances du sulfureux CCIF, ou encore quand les catholiques extrémistes outrepassent leur droit de parole pour se faire plus pressant et interférer dans les lois de la République comme dans l’affaire du mariage pour tous.

 

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La fonction de "Charlie Hebdo" est de caricaturer et de puiser sa force dans l’actualité. Il est vain de lui reprocher de vendre davantage de papier quand leur plume fait polémique. Cela reviendrait à nier une évidence de fait.

Pour autant, la une de cette semaine fait-elle partie des caricatures ?

 

Val-Siné, un duel d'un autre temps

 

Difficile de comprendre pour celui qui n’a pas suivi l’affaire de "Charlie Hebdo" et de Siné datant de 2008. Un autre temps, puisqu’à l’époque c’est Philippe Val qui était rédacteur en chef, avant qu’il ne soit nommé à la direction de Radio France…

En juillet 2008, l’affaire du scooter du fils du président fait la "une" de l’actualité alors que Nicolas Sarkozy semble avoir usé des moyens de la République pour retrouver le responsable du larcin. Dans l’élan, Siné signe un édito qui va faire couler encore plus d’encre. Rappelant l’affaire, il explique ainsi :

"Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

En réalité, la polémique ne naît pas dès la sortie du journal mais fait son chemin quand Claude Askolovitch dénonce sur RTL "un article antisémite dans un journal antisémite". Siné est sur le point de publier une lettre d’excuse quand il découvre que Val était sur le point de publier un texte où il lâchait Siné et qu’il essayait de faire signer par toute la rédaction de "Charlie Hebdo". Siné revient sur son intention et décide de ne rien publier du tout.  

La grande question qui met en émoi tout Paris est de savoir si les allusions de Siné sont antisémites ou non. Parce qu’à relire l’édito, l’attaque semble davantage autant porter sur l’opportunisme et l’arrivisme du jeune Sarkozy bien plus que sur les éternels clichés des relations entre les Juifs et l’argent. Si bien que beaucoup estiment que cette affaire est au moins autant due à une atmosphère délétère qui régnait dans la rédaction de "Charlie Hebdo" qu’à la portée réellement antisémite des propos de Siné. Accusation d’autant plus suspecte de la part d’un homme qui appelait la France à reconnaître son rôle dans la Shoah

 

Un petit règlement de compte

 

Toujours est-il que si l’affaire fut portée en justice, ce fut bel et bien pour ses conséquences, à savoir le licenciement abusif de Siné qui a abouti à la condamnation de l’hebdo, confirmé donc en appel cette semaine, avec une augmentation des dommages et intérêts à 90.000 euros.

Si l’affaire revient dans l’actualité judiciaire, quel besoin était pour "Charlie Hebdo" d’en faire sa une ? Au nom de quelle actualité qui intéresse tous les Français ? Et surtout au nom de quels combats de "Charlie Hebdo" ?

La publication légale du communiqué judiciaire sommant la condamnation de l’hebdo est ici détournée par un dessin qui ressemble davantage à un règlement de compte, avec une attaque ad hominem à peine dissimulée, entre la perfusion de champagne et le "Santé" souhaité avec ironie.

Car nulle caricature ne pourra tordre la réalité : non, Siné n’a clairement pas tenu des propos antisémites, sinon à en voir partout de facto. Oui, Val a clairement mal géré la situation, d’autant qu’étant directeur de la publication de l’époque, il est au moins autant responsable que Siné de la publication de l’édito, et qu’il n’y avait aucune raison que l’un paye et l’autre non. Oui, Siné avait le droit de porter plainte comme l’aurait fait tout salarié victime d’une injustice, d’autant que son licenciement fut public et qu’à jamais le nom de Siné sera associé à l’antisémitisme. Calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Et puis surtout, quel spectacle pathétique que de raviver de la sorte une polémique qui pour beaucoup est celle d’un autre temps, celle du "Charlie" version Val, quand le nouveau "Charlie" tente de se faire une autre identité. Cette prise de position sous la forme d’un règlement de compte n’a rien à faire dans un journal dont la vocation est de faire de l’humour tout en revendiquant certains idéaux. Pas pour panser les plaies de son ego.

Alors que l’hebdo vient d’être assigné en justice pour "incitation à la haine raciale" pour ses publications de septembre, certains hérauts de l’islam de France espérant sans doute rétablir le délit de blasphème, il y avait mieux à faire, mieux à écrire, mieux à dessiner. Assurément. 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 15:41

Jamais, nous dit-on, la Vème République n’aura vu un néo-président et son gouvernement perdre autant la confiance des Français en aussi peu de temps. Sept mois après le double triomphe des présidentielles et des législatives, les indices sont moroses avec 35% d’opinion favorable pour François Hollande et 33% pour Jean-Marc Ayrault.

Et comment pourrait-il en être autrement quand le gouvernement n’a eu de cesse d’enchainer les couacs comme on enfile des perles durant le second semestre, certains persiflant en parlant de "gouvernement canard". Couac, couac. Difficile de tordre le cou à ce canard quand on se souvient de la sortie de Cécile Duflot et de Vincent Peillon sur le cannabis, celle de Montebourg sur le nucléaire qu’il qualifia de filière d’avenir, ou bien encore la volonté affichée de Najat Vallaud-Belkacem d’outer tous les personnages historiquesdans les livres d’école.

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Florilège, loin, très loin d’être exhaustif, surtout quand on ajoute les louvoiements ahurissants de François Hollande lui-même sur le mariage pour tous, quand, en moins de 24 heures, il assure au maire de leur liberté de conscience sur la loi à venir avant de se rétracter suite à la déflagration qu’a représentée ce doigt d’honneur à ce projet de loi qui voit déjà les opposants dominer l’espace médiatique. Comme un aveu de faiblesse. Un de plus.

Ajoutons à cela une croissance qui dément les prévisions, dénoncées pourtant la présidentielles, du camp Hollande, le camouflet de Florange et bien entendu Cécile Duflot et les églises coupables à ses yeux de ne pas en faire assez, et l’on comprendra que ceux qui ont choisi de mettre le bulletin "Hollande" dans l’urne le 6 mai se posent des questions. Légitimes.

Au point d’évoquer des regrets ?

Il ne faudrait tout de même pas que les Français suivent la triste destinée de Jacques Chirac et ne souffrent, eux aussi, d’anosognosie. Car le 6 mai qu’y avait-il en face de François Hollande ? Nicolas Sarkozy.

L’enfant barbare qui a cassé l’école pendant un lustre, détruisant aveuglément des postes, au nom d’une idéologie mortifère, enlevant l’Histoire aux Terminales scientifiques, la formation initiale (sic) des enseignants…

L’homme qui déclara à l’Afrique que ses hommes n’étaient pas entrés dans l’Histoire, qui invita Khadafi dans les jardins de l’Elysées pour un camping mémorable…

L’homme qui nomma Brice Hortefeux, l’homme à l’humour auvergnat ou encore Claude Guéant, qui prit l’islam en bouc émissaire, au poste de Ministre de l’Intérieur.

L’homme qui fit à Grenoble un discours qui résonne encore dans tous les cauchemars, avec les Roms dans le viseur, ostracisme personnalisé comme dans les plus sombres moments de l’Histoire.

L’homme qui voit aujourd’hui ses comptes de campagnes refusés par la CNCCFP, faute d’avoir déclaré les sommes investies, pourtant bien réelles, avant sa candidature officielle, tant il aura confondu la mission de Président et celle de candidat à l’envi. Passant du "roi fainéant" au "président candidat" pendant 5 longues, très longues années.

Enfin, c’est surtout celui qui a écouté avec passion et déraison, les discours doucereux de Patrick Buisson, pillant dans le programme de Marine Le Pen dans un dernier coup de poker, laissant apparaître un panneau "douane" écrit en arabe dans son second clip de campagne. Ad nauseam.

Alors, même s’il est légitime d’être sévère avec l’action de François Hollande et de son gouvernement, qui, finalement, ne fait que payer des promesses intenables, et pour ainsi dire des mensonges qui donnent raison à Pasqua quand il disait que les promesses de campagnes n’engageaient que ceux qui voulaient bien y croire, il convient d’être lucide et de se rappeler avec quelle violence la France fut malmenée pendant 5 ans.

Et qu’enfin, lors des prochaines élections, les Français finissent par comprendre que l’hydre bipartite qu’il révère à chaque scrutin, n’est sans doute qu’une chimère.

 

Publié le 24 décembre 2012 sur Médiavox

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 16:09

Au lendemain de l’immense manifestation réunissant à Paris les partisans du projet de loi désireuse d’ouvrir les droits du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels, l’heure est à la comparaison impossible. 

Calculette à la main, les opposants pèsent les manifestations et posent les additions pour savoir qui a la plus grosse. Comme si la réussite d’une manifestation ne tenait qu’à son influence. Les mêmes qui contestent d’autres chiffres, ceux de l’opinion, qui vague après vague, continuent de conclure que les Français sont prêts à accepter le mariage des homosexuels, en expliquant que les chiffres ne peuvent décider de la légitimité d’une loi.

 

Les chiffres de la discorde

 

Alors quand ces données ne leur suffisent plus, il ne tient aux hérauts du NON que de s'arranger avec les chiffres. Ainsi "Le Figaro" n’a pas attendu le lendemain pour sortir un papier au titre ravageur, inspiré par les délices vespérales : "mariage gay, les partisans perdent le match de la rue". Histoire de faire écho à son titre du 17 novembre : "La manif pour tous gagne le pari de la mobilisation". Pour sortir pareil verdict, "Le Figaro" n’hésite pas à brandir les chiffres de la discorde :

"Un mois après les manifestations des opposants au projet de loi, qui avaient mobilisé plus de 100.000 personnes dans toute la France, 60.000 militants, selon la police – 150.000, selon les organisateurs – ont défilé dimanche à Paris pour manifester en faveur du mariage homosexuel."

Ces premières lignes sont d’une mauvaise foi qui dépasse l’entendement. Que "Le Figaro" ait pris fait et cause contre ce projet de loi, que ce soit par la plume d’Yves Thréard, ou bien plus acérée et réac encore celle d’Ivan Rioufol est tout à fait envisageable. Après tout, "Libération" n’a-t-il pas de son côté fait œuvre pour les partisans samedi notamment à travers sa une sans ambiguïté ?

Que la presse soit d’opinion ne pose pas de problème en soi. Mais quand la fin justifie les moyens et que le quotidien se permet de comparer deux chiffres qui n’ont pas lieu d’être... Car, il faudra demander au "Figaro" pourquoi il donne les chiffres de la police et ceux des organisateurs pour dénombrer le rassemblement de dimanche et qu’il ne fournit que celui des organisateurs pour celui de Frigide Barjot.

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Si l’on s’en tient aux chiffres officiels de la police, qui suffisent pour tenter toute comparaison, il est question de 70.000 personnes pour le 17 novembre et de 60.000 pour le 16 décembre. Très loin de ce qu'exprime en substance le chapô de l’article : "Ils étaient 60.000 à Paris, beaucoup moins que les opposants en novembre."

Comble de malchance, "Le Figaro" n’est pas le seul ce week-end à avoir été pris la main dans le pot de confiture. Civitas a lui carrément avalé le pot en entier en annonçant "l’échec" de la manifestation avec… 10.000 participants. Sans la moindre source, si ce n'est l'interprétation, sans doute, de la parole divine. Une hérésie pour celui qui a pris la peine de battre le pavé dimanche, le premier cortège partant de Bastille à 14h et le dernier après 16h30 du fait de la densité de la foule.  

Civitas nous avait habitué à travestir la vérité à grands renforts d’études scientifiques véreuses, avec des échantillons non représentatifs, comme les rapports Tasker et Golombok ou encore Cameron & Cameron (moins de 30 cas analysés chacun) [1] pour démontrer la nocivité de la famille homoparentale, mais il faut bien avouer que là c’est la bouquet !

 

Le nombre suffit-il ?

 

Étonnant parallèle entre Civitas et "Le Figaro" qui ont trouvé dans un même élan l’irrépressible besoin de montrer que le nombre suffisait à débattre d’un sujet qu’ils se plaignent de ne pas voir débattre (sic) sur le fond. Preuve s’il en fallait de la peur qui les saisit quand on les voit prêts à toutes les turpitudes jusqu’à distordre la vérité elle-même.

"Le Figaro" va même encore plus loin dans son article en interrogeant un enfant embarqué dans la manifestation de dimanche :

"Victor, 7 ans, une pancarte à la main, fait la moue. ‘Moi, je voulais pas venir’. Ses deux mères ne referont pas d'autres enfants, regrettant d' ‘avoir été obligées d'aller en Belgique pour faire ça’. Et Victor, il en voudrait des frères et sœurs? ‘Moi, je préférerais en avoir un vrai’."

On se frotte les yeux à lire ce seul témoignage d’enfants quand on sait à quel point ils sont surexposés dans les manifestations contre le projet, y compris en poussettes, rappelant l’instrumentalisation de ceux que l’on fait défiler tous les mois de janvier à la Marche pour la vie, qui milite, elle, contre le droit à l’avortement. Cette année, elle aura lieu le 20 janvier. Sept jours après celle des opposants au projet de loi sur le mariage qui rempileront juste avant l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale.

L’UMP (enfin laquelle...) a d’ores et déjà appelé ses militants à rejoindre Frigide Barjot. Civitas a décidé de se joindre au cortège. Une grande messe noire dans les rues de Paris pour combattre l’égalité des droits accordés aux homosexuels. Tous mains dans la mains. De la droite aux intégristes, du FN au GUD, des fachos aux Barjots, à faire le recensement de ceux qui ont participé de manière séparée aux manifestations des 17 et 18 novembre dernier. Une belle famille recomposée qui viendra faire la morale dans les rues de la capitale.

Rien de surprenant finalement de voir "Le Figaro" exposer certains arguments repris par Civitas dès cette semaine, la plume à la main. Plus qu’un mois, et ce sont leurs talons Richelieu qui se feront écho sur les pavés parisiens.

Publié sur le Nouvel Obs le 17 décembre 2012.

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 15:39

Ce week-end se tenait un Conseil National du MoDem autour de François Bayrou. Avec ceux qui sont restés. Parce que, ce n’est un secret pour personne, l’année 2012 aura sonné le glas aux ambitions d’un Mouvement né sur les promesses d’un 18,57% des voix obtenues à la présidentielle.

Le Mouvement de François Bayrou a eu deux occasions de voir se concrétiser ses rêves de voir s’installer durablement une troisième voie. Dans l’entre deux tours de la présidentielle 2007, Ségolène Royal lui propose le poste de Premier Ministre si elle est élue, dans un épisode qu’elle a romancé. Le Béarnais refuse, considérant qu’elle n’avait aucune chance de l’emporter. Refusant de voir qu’un accord aurait certainement provoqué la scission du PS. Petit bras ou l’arrogance de croire pouvoir infléchir la logique bipartite de la Cinquième République ? Sans doute un peu des deux.

Un an et demi plus tard, une seconde occasion se présente. Sauf que cette fois-ci, le président du Mouvement Démocrate n’a plus les cartes en mains. Il assistera en acteur à la bataille pour la présidence du PS. La victoire de Ségolène Royal, encore elle, aurait une nouvelle fois provoqué l’implosion salvatrice pour François Bayrou. Las, le PS évitera de peu ce le jeu de massacre auquel se livre depuis des semaines l’UMP. Même si elle est convaincue que Martine Aubry a triché, les enquêtes révélant notamment le devenu mythique « on ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes », Ségolène Royal préfère panser sans la pudeur ses plaies à l’âme plutôt que de faire exploser son parti.

bayrou-dans-le-de-sert.jpg

Dès lors, le MoDem était condamné à un exploit électoral pour contredire le mauvais sort. Mais la stratégie du Mouvement s’orienta autour d’un destin présidentiel quand son discours et ses valeurs promulguaient un régime parlementaire appelant une sixième République. Contresens. Symbole de ce paradoxe, le MoDem s’est longtemps cherché une épithète, de démocrate à humaniste. Les échecs cuisants lui faisant comprendre que l’étiquette « MoDem » ne parlait pas aux électeurs, il revint dès 2010 à celle de « centriste ». Coquille vide que cet ultime recours qui renvoyait à ce « centre godillot », qui de VGE à Chirac, était inféodé au RPR puis à l’UMP. D’autant qu’être au centre renvoie sémantiquement aux « deux autres ». Problématique quand on entend s’affranchir d’un système bipartite.
La bérézina de 2012 était donc écrite. Et ce n’est qu’un mois de décembre assez fou qui vit le « produire en France » s’imposer tel un gimmick qui put encore nourrir quelques feux.

Six mois plus tard, qu’est devenu le Mouvement Démocrate ?

François Bayrou, lui, est dans sa position préférée. Il distribue bons etmauvais points à Hollande, qu’il rencontre régulièrement. En prenant un minimum, de risque comme lorsqu’il se dit proche de Hollande mais pas du PS.  On lui prête des projets avec Cohn Bendit (depuis juillet déjà) et même Hulot, sans doute pour les Européennes.

Ses cadres sont plus affamés, lorgnant toujours un peu plus vers l’UDI si le MoDem échouait une nouvelle fois à faire un pacte avec l’ancien leader charismatique d’Europe Ecologie, histoire de préserver les sièges de 2009.

Un souci que François Bayrou n’a plus, lui qui reste seulement conseiller municipal de l’opposition de Pau. Pour autant, le Bérnais, même sans mandat d’envergure, reste invité sur tous les plateaux, tel le sage que l’on interrompt dans sa réflexion et que l’on fait venir depuis sa Tour d’Ivoire. Poète maudit tel Alfred de Vigny. Si le MoDem n’existe plus sur la scène électorale, il reste fidèle à son président, François Bayrou, qui existe donc toujours lui.

Et si c’était la seule chose qui, finalement, importait pour lui ?

 

Publié le 17 décembre 2012 sur Médiavox.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 20:18

PMA. Ces trois lettres qui font tant et tant parler. Procréation médicalement assistée. Un sujet sensible dans le cadre du projet de loi de l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les homosexuels. Sensible, car, comme à son habitude, celui qui est devenu notre président de la République n’a jamais été clair sur la question. Et, comme le dirait sa rivale des primaires, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… Avant de hurler dans les bois, il est nécessaire de revenir en arrière.

 

Tours et détours de François Hollande sur la PMA

 

Son projet présidentiel en lui-même, à travers des 60 engagements, ne fait nullement état de la PMA. L'engagement 31 dit : "J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels." Point n’est question de la PMA, dont la réglementation est encadrée depuis 2004, autorisant seulement les couples hétérosexuels "en âge de procréer, mariés ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans" à y avoir recours.


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Et quand le 12 septembre dernier, Christiane Taubira, sans que le Parlement et les membres du gouvernement n’aient procédé à la moindre commission, affirma que le projet de loi "ne prévoit pas d’élargir l’accès à la procréation médicalement assistée", les associations LGBT crièrent à l’escroquerie. Rappelant que François Hollande l’avait promis. En réalité, cette croyance provient des déclarations de François Hollande faites à "Têtu" en février 2012 dans la folie de la présidentielle qui l’a poussé à promettre tant et encore, où il s'est exprimé sur la question de l'accès des lesbiennes à la PMA :

"Oui, je l’ai dit. Aux conditions d’âge, bien sûr. Je suis très précis là-dessus. Il faut que ce soit un projet parental. Et je suis aussi très soucieux du respect de l’anonymat du don des gamètes."

Comme trop souvent malheureusement, le désir de consensus, que d’aucuns nomment par pudeur "synthèse", pousse le président de la République à marier la carpe et le lapin, quitte à faire des deux le dindon de la farce.

Aussi, alors que les tenants du non au projet ont squatté l’espace médiatique à l’envi, et pour certains ad nauseam, certains députés, Bernard Roman, député du Nord, en tête, ont décidé deproposer un amendement sur la question de la PMA. Le député du Nord me racontait il y a peu en avoir pris "plein la tête" depuis la publication de la tribune, mais se disait décidé et fier de l’avoir fait. Me confiant même qu’au sein du gouvernement on lui avait demandé de confirmer qu’ils étaient un nombre significatif pour présenter pareille requête. Preuve d’une certaine frilosité face aux manifestations ostensibles des opposants.

 

Le président lâche du lest... aux opposants

 

Aussi, juste après son faux pas désastreux sur la liberté de conscience des maires, déclaration sur laquelle il est revenu, François Hollande a voulu donner un signe ce mercredi 12 décembre, alors que se prépare une gigantesque manifestation pour le projet dans les rues de Paris ce 16 décembre. Mais quel signe ?

D’un côté, François Hollande a déclaré que le Parlement serait souverain, le laissant libre de choisir d’intégrer la PMA au projet. Un signe que "Le Figaro" entend comme une main tendue aux partisans. Pour autant, l’interprétation du "Figaro", qui ne cesse d’être le héraut des opposants au mariage gay, paraît pour le moins suspecte quand on entend ce qui accompagne cette main tendue :

"Si j'avais été favorable (à cette mesure), je l'aurais intégrée dans le projet de loi."

Ce qui revient à dire, en relisant l’engagement 31, qu’il n’y est donc pas favorable… Finalement, François Hollande en arrive à exaspérer tout le monde : les opposants qui fulminent de voir le projet discuté fin janvier avec une majorité de gauche à l’Assemblée nationale et au Sénat, mais aussi les partisans du projet, avec son éternel "un pas en avant deux pas en arrière", qui fait pâle figure quand on voit tous les pays qui ont déjà légiféré, liste à laquelle il conviendrait, à ce rythme, de rajouter l'Angleterre, qui semble prête à faire passer le projet comme une lettre à la poste.

Certains prétextent qu’il n’y a pas urgence, que le contexte est morose et que la priorité est à l’économie. Mais faut-il attendre la prospérité pour faire du pilier central de notre devise une priorité ? Et puisque la récession nous guette, quid d’une loi qui ne coûterait pas le moindre denier à l’État ? Pourquoi tant de louvoiements sur une loi qui n’a déstructuré aucune société depuis qu’elle a été votée ?

De la part d’un président et d’un gouvernement qui n’est pas dans l’ombre d’une échéance électorale à moins de 17 mois, l’on arrive toujours pas à comprendre comment une telle peur peut les prendre au ventre, si ce n’est une terreur irrationnelle…

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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