Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 09:32

Audrey Pulvar (AFP)

Audrey Pulvar (AFP) 

 

Plusieurs fois évincée, elle travaille à nouveau : où est le problème ?

 

Décidément, quoi qu’il arrive à Audrey Pulvar, les vautours l’attendent au tournant pour fondre sur leur victime et se régaler à grands coups de becs, en gazouillant de plaisir… Après avoir étévilipendée chaque samedi soir pendant l’émission "On n’est pas couché" de Laurent Ruquier, ses questions étant disséquées de manière chirurgicale, du ton jusqu’à la syntaxe pour y distinguer, dans la pénombre des intentions, la patte de son compagnon, écartée d’Itélé, puis de France Inter et finalement de France 2 des antennes où l’on ne lui proposa rien la réservant au placard, Audrey Pulvar va enfin pouvoir travailler à nouveau.

 

Les Inrocks lui ont donc proposé la place de Directrice générale, chargée de l'éditorial. Les commentaires y sont allés avec toute la finesse qui caractérise les internautes réfugiés dans la douce obscurité de leur clavier (pour avoir un aperçu, cliquer ici).

 

Bien évidemment, certains ironisent sur le conflit d’intérêt : 

 

Capture d'écran Twitter Pulvar

Capture d'écran Twitter (source

 

Et pendant que l’on y est, Jean-Pierre Lecoq, maire du VIème arrondissement de Paris y est allé lui aussi de son commentaire, rappelant que la droite avait hurlé aux loups lors de l’interview de Jean-François Copé chez Ruquier : "Espérons que ‪#Montebourg‬ soit aussi efficace pour recaser les salariés de ‪#PSA‬ qu'il l'a fait pour sa compagne Audrey Pulvar..."

 

Capture d'écran Twitter Pulvar

Capture d'écran Twitter (source

 

"Le Figaro" a également fait dans la finesse avec ce titre : "Audrey Pulvar se recycle aux Inrockuptibles", sans que personne ne songe à lui demander si cette mauvaise foi, ne serait pas, elle aussi, guidée par une plume un peu trop droitière, et peu objective. Il faut dire qu’il y a bien longtemps que "Le Figaro", lui, s’est recyclé en bulletin paroissial neuilléen, et il n’est pas bien sûr que le départ d’Etienne Mougeotte change quoi que ce soit à l’affaire.

 

Des soupçons sans fondement, si on y regarde de près

 

La rengaine autour des activités d’Audrey Pulvar a quelque chose d’épuisant. De quoi la soupçonne-t-on au juste (quand certains ne l’accusent pas directement) ?  De conflit d’intérêt ? C’est le leitmotiv de certains depuis plus d’un an. Alors sans doute faut-il rappeler en quoi la carrière d’Audrey Pulvar, même depuis qu’elle a officialisé sa relation avec Arnaud Montebourg et depuis que ce dernier a postulé puis obtenu un rôle majeur au sein de l’Etat, ne ressemble en rien à un conflit d’intérêt.

 

Pour débuter, un conflit d’intérêt résulterait d’un "placement" d’Audrey Pulvar de la part de son compagnon. Or, si l’on y regarde de plus près, depuis qu’Arnaud Montebourg a été nommé Ministre, et même depuis qu’il exerce un rôle politique majeur, force est de constater que c’est bien l’inverse qui s’est produit, puisque la journaliste a tour à tour été amenée à quitter ses postes à Itélé, France Inter et France 2, davantage qu’à en convoiter de nouveaux.

 

Le conflit d’intérêt repose aussi principalement sur la dissimulation d’une position privilégiée. Mais qui ignore qui est Audrey Pulvar ? Tout le monde sait qu’elle partage sa vie avec un homme de gauche. Pas un paragraphe, pas une ligne, que dis-je, pas un mot qu’elle prononce sans qu’il ne soit analysé pour y déceler une rhétorique et une sémantique propres à alimenter une propagande de gauche. Il n’y a pas en France, dans le journalisme, parole plus surveillée que la sienne.

 

En quoi représente-t-elle donc un risque de conflit d’intérêt ? Une trop grande clémence à l’égard de son prétendu camp (puisqu’il est communément admis que l’on pense comme son compagnon et que l’on épouse forcément tous ses combats idéologiques avec un aveuglement total) suffirait à discréditer sa parole et à minimiser son propos : en quoi pourrait-elle donc influencer ou duper qui que ce soit ? Généralement ce sont les commentaires qui entourent sa prose qui suscitent davantage de transports et de questions tant ils parviennent, de manière systématique, à recouvrir l’écho premier. D’où la question : qui est finalement le plus influent dans l’histoire ? Le discours ou son commentaire ?

 

Audrey Pulvar, ni une menace ni un imposteur

 

Et puis surtout, on semble oublier que le patron des Inrocks n’est autre que Matthieu Pigasse, celui que l’on affuble d’un affligeant sobriquet qui fleure bon le crétinisme bipartite : "le banquier de gauche" comme si l’expression relevait d’un oxymore.

 

L’homme est même accusé de menacer le pluralisme des médias français, un crime imaginaire tant cette boulimie ne ferait qu’équilibrer une presse qui de Lagardère et Dassault en passant par Bouygues n’a rien d’une armée socialiste… Quoi qu’il en soit, Pigasse avait clairement pris position pour François Hollande, plaçant par conséquence les Inrocks plutôt à gauche en termes de ligne éditoriale.

 

En quoi l’arrivée d’Audrey Pulvar change-t-elle la donne ? A-t-on reproché aux Inrocks sa ligne lors de la présidentielle ? Peut-on reprocher à Marianne d’avoir œuvré contre Nicolas Sarkozy ? A l’inverse, les Echos et le Figaro d’en avoir fait un traitement enamouré ? Tant qu’il y aura cette diversité et cette offre pléthorique, les presses engagées ne menacent pas la démocratie. Bien au contraire elles y participent.

 

A la vérité, le parcours d’Audrey Pulvar ne semble agacer surtout que la classe journalistique elle-même. A l’image d’Eric Zemmour qui semble faire de son cas une affaire personnelle après qu’elle a été choisie avec Natacha Polony pour remplacer son duo avec Naulleau chez Ruquier.

 

Capture d'écran Twitter Pulvar

Capture d'écran Twitter (source

 

Zemmour reste encore persuadé que la voix conservatrice est censurée et sous-représentée dans les médias. Certes, on continue de voir une presse ancrée davantage à gauche. Mais quand on voit pourtant comment les discours de Zemmour, de Ménard ou encore d’Elisabeth Lévy ont pullulé sur les médias depuis quelques mois, à des places on ne peut plus stratégiques, on peut légitimement estimer que ce positionnement sent tout de même quelque peu la mauvaise foi. 

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 09:31

Jean-Christophe Lagarde le 24 avril2007 à Paris pendant la campagne de François Bayrou (M. FEDOUACH/AFP)

 Jean-Christophe Lagarde le 24 avril2007 à Paris pendant la campagne de François Bayrou (M. FEDOUACH/AFP)

 

Voilà à présent que Jean-Christophe Lagarde, du Nouveau centre, membre de l’UDI à l’Assemblée nationale, veut créer un nouveau parti : Force européenne démocrate (FED). Ce mouvement aura vocation à participer à une confédération centriste menée par… Jean-Louis Borloo ! Une mère n’y retrouverait plus ses petits.

 

Rendu minoritaire aux élections législatives (un peu plus de 5% quand on additionne toutes les étiquettes), le centre n’en finit plus de se démultiplier à un rythme effréné. À tel point que, quel citoyen peut, en toute honnêteté, comprendre ce marais que représentent ceux qui se revendiquent du centre ?

 

L'identité multiple du centre

 

Il est temps de recomposer l’identité multiple que représente en 2012 une famille politique qui ne date pas de la IVe République mais d’un certain Mirabeau, comme le rappelle Jean-Pierre Rioux dans son ouvrage "Les Centristes".

 

- Le parti le plus connu du grand public, né des cendres de l’UDF après le congrès de Villepinte de décembre 2007 et qui fit voter la motion selon laquelle l’UDF devenait le "Mouvement Démocrate" (MoDem), est bien évidemment le mouvement fondé et présidé par François Bayrou en 2007. Comptant jusque 60.000 adhérents en 2007, ils étaient moins de 20.000 aux dernières consultations internes. Avec 3 députés, 4 sénateurs et 5 députés européens.

 

- Le Nouveau centre fut fondé en 2008 des mécontents du MoDem par Hervé Morin qui quitta François Bayrou, sitôt le 1er tour achevé, pour accepter un poste de Ministre auprès de Nicolas Sarkozy. Il put ainsi obtenir un groupe parlementaire bien qu’ayant recueilli 3 fois moins de voix que le MoDem aux législatives de 2007. Ce parti est davantage un parti d’élus que de militants puisqu’il n’a jamais compté plus de 8000 adhérents. Aujourd’hui il compte 12 députés et autant de sénateurs ainsi que 3 députés européens.

 

- Alliance centriste est un parti fondé en 2009 et présidé par Jean Arthuis, sénateur et qui s’est surtout construit sur une petite dizaine d’autres Sénateurs venant de l’ancienne UDF. Elle se veut le lien entre le MoDem que certains estiment le plus à gauche du centre et le Nouveau centre qui revendique par la voix de son Président de ne gouverner qu’à droite.

 

- Le Parti Radical valoisien créé en 1901, son président est Jean-Louis Borloo. On estime même que ses vraies origines remontent à la Monarchie de Juillet. Aujourd’hui il représente 12 députés, 7 sénateurs et 3 députés européens. Le parti s’est associé à l’UMP dès sa création en 2002.

 

- Et donc aujourd’hui, Jean-Christophe Lagarde entend fonder Force européenne démocrate. Lui qui fut en son temps président de Jeunes de l’UDF, avec la participation d’élus du Nouveau centre et d’Alliance centriste… Des élus qui ne se trouveraient pas représentés par Hervé Morin, à qui l’on reproche d’avoir voulu se présenter à l’élection présidentielle et en Jean Arthuis dont les tergiversations avec François Bayrou lui ont coûté très cher aux législatives puisque son parti n’a pas récolté les 1% dans 50 circonscriptions au minimum nécessaires pour obtenir des financements publics.

 

Deux labels

 

Autour de cette création, deux autres labels sont encore à expliquer : l’UDI, l’Union des Démocrates indépendants, qu’a lancé… Jean-Louis Borloo le 20 juin dernier et qui a permis de créer un groupe parlementaire revendiqué "centriste" à l’Assemblée nationale (et que n’ont pas rejoint les deux élus du MoDem) et une confédération des "centre droit" qui permettrait donc de fédérer toutes ces forces du centre et dont Jean-Louis Borloo – encore lui – serait le leader naturel.

 

Si l’on rajoute à cela Philippe Folliot, qui a soutenu François Bayrou pour 2012, tout en étant dans Alliance centriste de Jean Arthuis et qui appelle à présent à fonder un… autre parti (encore !) de Centre-droit, vous comprendrez aisément comment j’ai réussi l’exploit d'égarer autant de lecteurs en quelques lignes que le centre n’a perdu ses électeurs en moins de temps qu’il ne lui en faut pour se reproduire en partis.

 

Une guerre des ego ?

 

Cet amoncellement donne le vertige et l’impression que l’on se sert davantage de la politique pour soi. Or, la politique doit servir à quelque chose et surtout servir les Français. La guerre des centres serait-elle donc avant tout une guerre des ego ?

 

Pendant trois décennies, ce que l’on a appelé le centre, et qui se présentait, pour résumer, sous l’étiquette UDF, était un force d’appoint de la droite, un parti godillot, inféodé au RPR, qui permettait de rassembler au plus large dans une France qui est structurellement majoritairement à droite, et ce de tout temps.

 

Le centre ne se posait pas alors la question de savoir s’il fallait travailler avec la droite ou la gauche, mais comment il pourrait négocier, au mieux, et au prix fort, son engagement au second tour des élections. 

 

Le centre indépendant de François Bayrou

 

François Bayrou est celui qui a rompu avec cette alliance systématique. Depuis qu’il est devenu président de l’UDF en 1998, il n’a eu de cesse de rendre ce centre indépendant de toutes alliance. Plus encore en 2002, quand de nombreux cadres UDF ont fui vers le parti unique de l’UMP, le Béarnais a rappelé que ce n’était pas là la vocation du centre que de se fondre dans une pensée unique : "Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons plus rien", s’écrie-t-il à la tribune du congrès fondateur de l’UMP, devant une foule qui le conspue.

 

Chaque nouvelle construction a ainsi engendré des déçus, qui, de leurs côtés, ont conçu leurs propres édifices. Ainsi est née la galaxie centriste.  

 

En regardant de plus près la carrière de François Bayrou, on s’aperçoit qu’il a cherché à définir ce qu’était le centre et c’est sans doute la raison pour laquelle il a fondé tant de partis, comme le rappelle Eric Azières, aujourd’hui chargé des élections au MoDem et qui confiait à Rodolphe Geisler dans "Bayrou l’obstiné" :

 

"À ma connaissance, sur l’échiquier politique actuel, François doit être l’un de ceux qui ont le plus démonté et remonté de structures politiques ; Du CDS à l’UDF, au MoDem en passant par la nouvelle UDF, il n’a fait que ça".

 

Le centre est difficilement saisissable pour le citoyen lambda comme pour celui qui s’en revendique. Quelles valeurs représente le centre ? Être au "Centre", revient-il à n’être ni de gauche, ni de droite ? René Rémond dans "Les Droites d’aujourd’hui", paru en 2005, questionnait sous la forme d’un dilemme la réalité du centre :

 

"S’il existe bien une proportion importante de citoyens qui ne se reconnaissent pas dans la division droite-gauche, est-ce par une volonté claire de ne pas se laisser embrigader ou une impuissance à se déterminer ? Centre ou marais ?"

 

Il faut pour autant en revenir à la sémantique : "être au centre", c’est nécessairement se situer par rapport à quelque chose. Le centre n’existe que parce que la gauche et le droite existent elles aussi, en reprenant la réciproque de l’équation esquissée par Marcel Gauchet dans "Les beaux jours de la division gauche-droite", publié en 2007 dans "La Revue des Deux mondes" : "Pour qu’il y ait une droite et une gauche, il faut qu’il y ait au moins un troisième terme, le centre".

 

Et si l’on regarde nos formations à l’aune de ces définitions, force est de constater que chacune d’elles est dans une impasse.

 

Le Nouveau centre, Alliance centriste ou encore Force démocrate européenne, qu’elles soient régies sous l’UDI ou sous une nouvelle confédération s’entendent sur un point précis : leur politique ne s’entrevoit que dans une alliance politique avec la droite. Dès lors, comment peuvent-elles encore se revendiquer du centre ? C’est un non-sens que les médias entretiennent notamment vis à vis de Jean-Louis Borloo avec une complaisance difficilement explicable. Quand on se sent naturellement à droite, l’on ne peut parler au nom du centre, cela va sans dire.

 

Le MoDem, pas vainqueur

 

Le MoDem n’en sort pas pour autant vainqueur. L'absence du chef au parti et les récents licenciements n'aident pas. En 2007, François Bayrou avait rompu avec le mot centre pour lui préférer les adjectifs "démocrate" et "humaniste". Mais voyant que ces mots résonnaient mal, pour ne pas dire qu’ils ne résonnaient pas dans l’opinion, le premier supposant que les autres formations n’étaient pas démocrates – pure hérésie – le second étant galvaudé par une sur-utilisation.

 

Le "centre" est redevenu le territoire de François Bayrou. Mais que représente-t-il quand toute l’énergie de François Bayrou est employée à enterrer le bipartisme, à expliquer que la France ne se résume à cette hydre à deux têtes gauche/droite, que leur affrontement n’aboutit qu’à un crétinisme ? Et le MoDem serait au "centre" de ce crétinisme-là ?

 

Et qu'est-ce qu'a représenté "Le centre pour la France", l’étiquette sous laquelle les candidats MoDem aux législatives en 2012, si ce n’est une ultime tentative, avortée, de remettre sous une même étiquette les candidats de Jean Arthuis et les siens ?

 

Le centre devient une étiquette qui réconcilie quand il devrait être une famille de pensée.

 

Se revendiquer du centre c’est donc finalement entériner le bipartisme, le reconnaître et par là même participer à sa préservation. Si la volonté est de sortir du sérail du bipartisme, alors aucune de ces formations, qu’elles soient du MoDem ou de l’UDI, ne parviendra à ses fins. Aucune d’elle ne pourra vivre indépendante et libre de ses choix. Elle sera tôt ou tard à la merci des deux "grands".

 

La seule manière de parvenir à créer une autre voie que celle du bipartisme, qui n’empêche pas de travailler avec la droite ou avec la gauche, mais qui préserve l’identité, réside dans une autre appellation et une autre conception de la politique. De celle qui posera les bases d’une VIe République. Celle qui fera des étiquettes partisanes un moyen de rassembler des citoyens autour d’idées et non une finalité en soi. Celle qui cassera le mythe selon lequel le social serait l’apanage de la gauche et l’entreprise celui de la droite.

 

Et force est de constater qu’en se baptisant sur les ruines du centre, aucune formation ne peut prétendre aujourd’hui incarner un tel souffle

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 09:30

Marine Le Pen et son équipe à Hénin-Beaumont, le 17 juin 2012 (AP Photo/Michel Spingler)

Marine Le Pen et son équipe à Hénin-Beaumont, le 17 juin 2012 (AP Photo/Michel Spingler) 

 

Vendredi 6 juillet, les médias se sont focalisés sur les propos de Jean-Marie Le Pen dans le Times. Comme si les propos de cet octogénaire pouvaient encore avoir une quelconque valeur. Nostalgie de celui qui défrayait la chronique par ses dérapages, que certains aiment tant condamner. Et pour entendre quoi ? Que Marine Le Pen est une petite bourgeoise ? Qui l’ignorait ? Elle même n’en a jamais fait un secret :

 

MLP se revendique du Peuple Vidéo Snoopyves sélectionnée dans Actualité

 

 

Marine Le Pen, opportuniste procédurière

 

Pourtant, les médias n’avaient pas beaucoup de chemin à parcourir pour avoir des informations croustillantes sur Marine le Pen. Nul besoin de décortiquer la presse britannique pour cela. Il leur suffisait de rester à Paris, à la 17ème chambre correctionnelle précisément, pour voir les deux séances que dura le procès opposant Marine Le Pen à Caroline Fourest et Fiammetta Venner, pour avoir commis une biographie éponyme non autorisée. En attendant le verdict en octobre. 

 

Le livre fut publié en mai 2011. Pourquoi attendre si tardivement un procès pour contester certains points du livre ? Tout simplement parce que c’est le Front National lui-même qui a demandé à ajourner la procédure, au grand dam de Caroline Fourest : "Il me tardait de venir devant cette cour pour rendre justice à ce travail" confessa-t-elle devant le juge mardi.

 

La raison officielle de ce délai est que Maître Wallerand de Saint-Just, vice-président du FN et conseiller régional de Picardie, mais aussi homme de robe du parti, et qui n’hésite pas à ses heures perdues (quelle santé !) à défendre quelques causes intégristes catholiques (notamment face à Charlie Hebdo), devait voter un budget du Conseil Régional dont il est élu… Un vote qui aurait pu être par ailleurs validé par procuration comme le rappelle juste à propos Sophie Villeneuve qui a assisté au procès pour Prochoix, la revue dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner.

 

La raison officieuse est tout autre : Marine Le Pen ne souhaitait pas voir le grand déballage se faire durant la présidentielle. Et on la comprend ! Non seulement les chefs d’accusation sont mineurs eu égard à la charge conséquente que représente les 430 pages du livre, mais il faut aussi faut noter que le procès de Caroline Fourest est devenu en deux jours le procès de… Marine le Pen. Ironie du sort.

 

Une action en justice basée sur du vent 

 

Concernant les chefs d’accusations, ceux qui ont pu lire le livre se gaussent de tant de pinailleries, qui cachent mal la misère du dossier de la plaignante : une étrange polémique sur l’évocation de la mort "accidentelle" du grand-père le Pen deux fois contestée par des enquêtes journalistiques qui n’ont jusqu’alors depuis 20 ans jamais été poursuivis par la justice, le témoignage de Jean-Claude Martinez qui traite la nouvelle présidente du FN de "fainéante" , dit de son conjoint, Louis Aliot qu’il ne sait pas dire une phrase sans dire "melons" pour qualifier toute personne d’origine maghrébine et explique que l’assistante parlementaire de madame Le Pen est en réalité la nounou de ses enfants.

 

Ou encore les propos de l’imprimeur Fernand Le Rachinel qui a eu l’outrecuidance de réclamer les7 millions d’euros que le parti lui devait des Législatives catastrophiques de 2007, affaire qui se solda par la liquidation du Paquebot qui fit grand bruit.

 

Il faut dire que dans la famille Le Pen, les histoires d’argent ne font pas toujours les bons amis. Et d’ailleurs, ils n’ont de cesse de le rappeler à Caroline Fourest, quand ils la croisèrent sur les plateaux de télévision de "Semaine Critique" en septembre 2010 bien avant la sortie de la biographie, jusqu'au fameux duel face à Pujadas un mois après sa sortie ou après la diffusion dudocumentaire "Le Diable de la République" sur France 3 par la bouche de la nouvelle égérie de la firme frontiste : Gilbert Collard.

 

FN fric Fourest Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

 

Le Front national aime faire du bruit, mais ne souhaite pas débattre

 

Mais au-delà de l’agacement de Marine Le Pen d’imaginer quelqu’un gagner de l’argent en dévoilant par des enquêtes sérieuses et vérifiées les coulisses de sa boutique, l’autre raison de ce procès est bien évidemment plus pernicieux. Dès décembre 2011, sur son blog, Caroline Fourest n’en faisait pas grand secret :

 

"Cette plainte  a pour but de dissuader de faire connaître ses éléments, avérés, et de disqualifier le livre. Le procès, qui aurait permis de donner la parole à ces témoins et que nous attendions avec impatience, était prévu pour le 15 et 16 décembre. Mais surprise, après avoir crié partout qu’il faisait ce procès, l’avocat de Marine Le Pen a prétexté un empêchement pour demander son renvoi… au 2 et 3 juillet, soit après la présidentielle. Le fait de porter plainte serait-il plus intéressant, pour la communication du FN, que le résultat du procès ?"

 

D’ailleurs, l’essayiste a tenu à mettre la 17ème chambre correctionnelle devant ses responsabilités jeudi :

 

"Comme ils ont un service juridique corvéable à merci, tout le monde s’autocensure désormais pour parler du FN. Si vous nous condamnez sur un seul point, Marine Le Pen communiquera comme si elle avait fait condamner tout le livre. Vous devez envoyer un signal et montrer que vous avez compris leur stratégie… "

 

L’enjeu est donc de taille.

 

Mais on l’a dit, tel est pris qui croyait prendre. Marine Le Pen qui ne daigna pas faire le déplacement et qui laissa, seul, Maître Wallerand de St Just défendre son honneur, celui de sa famille, et accessoirement celui de son parti, a dû avoir les oreilles qui sifflaient cette semaine, tant l’assistance eut peine à distinguer qui de Caroline Fourest ou de Marine le Pen était l’accusée.

 

Des témoins embarrassants pour Marine le Pen

 

Très en forme, le plus remarqué des témoins et des accusés, puisque Marine Le Pen l’a traduit lui aussi devant le juge, fut assurément Jean-Claude Martinez, ancien numéro deux du FN, professeur émérite à l’Université Assas et considéré comme la tête pensante du parti à l’époque du papa.

 

L’ancien député européen n’a pas eu de mots assez durs pour évoquer la nouvelle présidente du FN, autrement plus sévère que ne l’est le papa dans les colonnes du Times : "Je la trouve très mal élevée", "Sa présence au Parlement européen ? Proche de 0%. Et elle a perçu 500 000 euros sur cinq ans, je suis indigné !", "Un potentiel ténor du barreau? Laissez-moi rire. La gamine, c'est le Montebourg du FN !", "Un animal politique, la gamine ? Les bras m'en tombent. Un teckel aussi est un animal". N’en jetez plus, la "Cour" est pleine.

 

Mais beaucoup plus grave, Jean-Claude Martinez a révélé un système d’emplois fictifs que Fiammetta Venner et Caroline Fourest n’ont pas osé complètement dévoiler dans le livre, craignant selon les termes de la seconde "l’enclume de la 17ème chambre correctionnelle".

 

Fort heureusement, la parole est libre dans un tribunal et Jean-Claude Martinez y est allé de ses confidences : "Le point 4 du contrat de travail d’Huguette Fatna prévoyait qu’elle travaillerait à… Saint-Cloud. Le Parlement Européen, poursuit-il, elle ne savait même pas où ça se trouve (…) On devait fournir des contrats en blanc et la famille Le Pen remplissait, poursuit Martinez. J’ai résisté quand ils ont voulu que j’embauche aussi le chauffeur…" Des propos que Lorrain de Saint Affrique et Carl Lang, tous deux en apostasie du parti, ont confirmé : "C’est comme ça au Front national".

 

Intéressant de voir comment Marine Le Pen pourrait donc payer la garde de ses enfants par les deniers du contribuable, elle qui se fait le chantre des magouilles et des fraudes des élus en place notamment à Hénin Beaumont.

 

Stop aux magouilles à Hénin Beaumont - Steeve... par FranceDomTom

Fernand Le Rachinel confessa pour sa part que Jean-Marie le Pen l’avait menacé de mort s’il continuait à réclamer son dû.

 

Enfin, Claire Checcaglini, qui a infiltré le FN l’an passé et qui vient de publier "Bienvenue au Front" a tenu à rappeler les propos qu’elle relate dans son livre témoignage au sujet de Philippe Chevrier, cadre du FN et compagnon de la vice présidente Marie-Christine Arnautu : "Quand est-ce qu’on l’emmène la Fourest ? On la met à poil, on l’attache à un arbre, on se la prend, on met des cagoules, on va avec la Fourest en forêt de Rambouillet et on la laisse. Au sourire qu’il affiche, ajoute l’auteur du livre, le responsable des Yvelines semble content de ses idées de balades en pleine nature".

 

On le voit, au FN, on ne peut pas toujours confiance à la Cour pour se faire justice…

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 19:11

 

Suite à l’article de l’hérétique sur les femmes voilées qui s’épanchent dans rue89, j’ai répondu en expliquant que ce n’est pas en insultant et en amalgamant que l’on combattait l’intégrisme mais en faisant preuve de pédagogie. Las, l’Hérétique persiste dans l’erreur dans un nouveau papier. Une lettre ouverte s’impose :


César,

Il y aurait tant à dire. Ce n'est pas parce que tu t'attaques au voile que je t'ai surpris en flagrant délit d'amalgame. C'est quand tu as généralisé sur l'Islam dans son ensemble en mettant tout le monde dans le même panier et en prenant les visées politiques de conquête du monde des islamistes pour une quête de l'islam tout court, que je t'ai dit stop.

C'est quand tu as insulté ses femmes, qui sont d'ailleurs tout sauf idiotes, et qui bien au contraire sont complètement conscientes d'utiliser un double discours pour justifier des théories intégristes, que tu t'es fourvoyé.

Par ailleurs, tu te trompes si tu crois que l'islam traite moins bien la femme que les deux autres religions. Il y a deux aspects à voir : ce que disent les textes, et ce qu'en interprètent les fondamentalistes. Et dans les deux cas, qu'il s'agisse de l'islam, du judaïsme et du christianisme, les femmes sont les laissées pour compte, sous la domination de l'homme. Relis les textes cher ami.

Tu me réponds par ailleurs que l'intégrisme catholique est minoritaire. Parce que tu penses que l'intégrisme musulman est majoritaire ? Ridicule, grotesque, fallaicieux ! 

Je te reproche de généraliser les pratiques des fondamentalistes sur l'islam de France dans son ensemble. Et sans doute ne l'assumes-tu pas c'est que tu le veuilles ou non la rhétorique de Riposte laïque, des identitaires et du Front National.

Tu crois t'attaquer à l'intégrisme mais tout dans ton argumentation fait l'amalgame.

Je suis désolé mais sur ce sujet tu n'es ni fin, ni pertinent. Ton avis ne dépasse pas le pilier de comptoir. Et c'est un crève-coeur de te voir obstiné dans l'erreur et que moi, j'aie à te dire ça...

Ton discours n'est pas "virulent" : il est grossier. Dans tous les sens du terme. Il ruine le travail sur le terrain de tous les musulmans laïques qui réprouvent cette vision archaïque de l'islam. Et tu participes à faire croire que le vrai islam c'est celui-là, celui des fondamentalistes qui semblent dominer et qui ne semblent pas être soluble dans la République. Tes propos sont graves. Très graves. Zemmour et Ménard sont EXACTEMENT dans ta lignée.

On peut défendre une ligne laïque, voire ultra laïque comme je le fais et ne pas être en accord avec Riposte laïque. Je suis désolé.

Et juste en passant, toi qui adores Bayrou pour ne lui trouver aucun défaut ou presque, je peux t'assurer que le Béarnais ne goûterait guère tes propos.

Et comme d'autres, je suis très choqué qu'un des nôtres puissent en assumer de tels sur une question si importante et qui nécessite un peu plus de doigté que les approximations que tu confirmes et signes.

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 13:56

5963722126_dcdabe6945.jpgL'hérétique est très connu de la blogosphère et tout particulièrement des militants MoDem. Son blog est un des plus influents depuis 5 ans, et nos plumes se croisent souvent, pour des débats toujours plus passionnants. Nous n'avons pas la prétention d'être en accord sur tout, mais de débattre sur tout, y compris sur nos désaccords. Même si nous préférons ne pas toujours avoir à le faire sur la place publique, cela s'entend.

 

Pour autant, puis-je rester muet après son billet de mercredi soir intitulé : « Tu trouves pas de boulot parce que t'es voilée ? C'est bien fait pour ta gueule ! » ? Je ne le crois pas.

 

J'ai bien essayé de le contacter en privé pour lui faire part de mon effarement. Mais rien n'y fit. « pas d'état d'âme » m'a-t-il répondu en substance. Alors je prends la plume et je conteste. Parce que même quand ses propres amis sont en dérive, il faut le leur dire. Parce que cela ne remet pas en cause la confiance que je lui accorde sur bien d'autres domaines. Mais aussi et surtout parce que nous défendons les mêmes couleurs, et que je supporterais pas d'être assimilé à ses propos, ou pire,d'être accusé de m'être tu. Insupportable à mes yeux.

 

Le billet évoque les témoignages croissants des femmes voilées qui se plaignent notamment de la loi qui interdit aux nourrices d'exercer avec le voile. L'Hérétique n'y va pas avec le dos de la cuiller pour évoquer ces femmes et leur pratique : "couinements de femmes", "plutôt crever que d'engager une baby-sitter voilée", "quelques bons caillasses dans la gueule", "entre ses sales pattes", l'islam "prétend dominer religieusement la planète", "je ferai encore moins confiance à un barbu (…) on ne sait jamais trop ce qui peut leur passer par la tête, à ces gens-là"... Non, vous n'êtes pas sur un billet de fdesouche mais bien sur le blog d'un démocrate. Les bras m'en tombent.

 

Il ne faudrait pas se méprendre : j'ai toujours condamné sans états d'âme l'intégrisme, tous les intégrismes quels qu'ils soient et ici même dans les colonnes virtuelles du Plus. J'ai pris la plume, et plus d'une fois, pour dénoncer les fous de Dieu qui avait commis un attentat envers Charlie Hebdo, jusqu'à me faire taxer d'islamophobie et me faire menacer. J'ai expliqué comment notre école républicaine fonctionnait parfois avec une laïcité à deux vitesses. J'ai aussi montré comment le FN était laïque... si Jésus le voulait bien. J'ai fait de Christine Boutin, la Bigote qui radote, un personnage fétiche qui est au Plus ce que Martine est à la littérature de jeunesse, en dénonçant systématiquement ses délires intégristes quand ses croyances animent dangereusement sa conscience de femme politique. Bien avant, j'avais dénoncé que l'on médiatise des statistiques sur les délits antisémites au mépris de la loi française qui interdit le classement selon les religions ou les appartenances ethniques...

 

5424843997_223f5630df.jpgMon combat contre les intégrismes est sans relâche. Sans concession. Pourquoi ? Parce que la République ne peut se permettre de laisser la moindre ouverture à ceux qui instrumentalisent la religion à des fins politiques. La porte ne doit pas être entrouverte : elle doit être fermée à double tour. De la même manière, j'ai très sévèrement condamné, et ce à de nombreuses reprises, l'attitude de certains cadres Verts qui jouaient les idiots utiles pour l'UOIF ou ses disciples.

 

Pour autant, il faut condamner l'intégrisme comme on combat le Front national : par la force des arguments. Par la pédagogie. Par la raison. Certainement pas par l'insulte, l'ostracisme et l'amalgame.

 

Et de la même manière qu'il est improductif de défiler dans la rue contre le FN en beuglant "F comme fasciste ou N comme nazi", on ne combat pas l'intégrisme musulman en le confondant avec l'islam.

 

Ce sujet est trop grave. Je suis d'accord avec l'Hérétique sur l’hypocrisie de ces femmes qui témoignent à mots découverts : leurs arguments sont purement cosmétiques et défendent en réalité une idéologie fâcheuse (si ce n'est davantage) qui maquille une matrice qui est celle des salafistes, des Frères Musulmans et des islamistes de tout poils. Loin de moi l'idée d’édulcorer leur insupportable tendance à brandir les Droits de l'Homme quand ça les arrange alors que certains cautionnent la lapidation, ou encore la condamnation des homosexuels. Mais les insultes effacent le fond qui méritait d'être dénoncé et fait le jeu de ceux qui font du combat contre l'islam un choc des civilisations. Condamner avec de tels mots revient à faire le jeu du Front National, de fdesouche, ou de tous les nauséabonds animés par le racisme et la xénophobie.

 

6021566565_faf20f9a54.jpgD'autant que l'Hérétique ne s'arrête pas là : il amalgame "islamisme" et "islam" avec des condamnations péremptoires et dont la généralisation est dangereuse : "j'entends souvent des Musulmans se plaindre du rejet dont l'islam est l'objet en France : plutôt que de s'en prendre sans cesse à l'intolérance française (…) ils devraient se demander pourquoi nous en sommes là", "l'islam a changé en cette fin de XXème siècle : il prétend dominer religieusement la planète", "aucune autre religion ne porte une telle... 'croix'"...

 

Quelle différence voit-on avec ceux qui disent que le monde est dominé par des lobbys sionistes ou juifs ? Personnellement, je trouve que les deux pensées exprimées participent du même fiel et qu'elles distillent le même poison. Et ce d'autant plus qu'à chaque fois, l'on stigmatise une religion, au lieu de condamner un intégrisme, que dis-je TOUS les intégrismes. Aucun ne peut se targuer de dominer un autre : ils sont toutes aussi ineptes et dangereux dans leurs concepts et les moyens mis en œuvre pour parvenir à leur fin.

 

Mais plus triste encore : comment peut-on prétendre que la majorité des musulmans de France partagent cette vision instrumentalisée de la religion ? Combien de croyants laïques sont profondément heurtés de voir que le CFCM réserve un tiers de ses sièges à l'UOIF quand ils représentent tellement moins en réalité ? Que fait-on des Mohammed Sifaoui ou des Hassen Choulghami qui n'ont de cesse, jour après jour, de lutter et condamner cette manipulation qui consiste à faire croire que la majorité des musulmans sont pour la charia ?

 

Les Zemmour, Ménard, et Cie doivent se frotter les mains : leur venin se distille à merveille dans les pensées. Ce n'est certainement pas comme cela que l'on endiguera sereinement l'intégrisme et il n'y a au contraire par pire poison pour le nourrir que le billet commis par mon camarade...

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:30

Oscar Pistorius court le 200 m aux championnats du monde paralympiques à Manchester, le 22/05/2012 (OLDHAM/SIPA)

Oscar Pistorius court le 200 m aux championnats du monde paralympiques à Manchester, le 22/05/2012 (OLDHAM/SIPA) 

 

Ironie du sort : alors qu’Oscar Pistorius pensait que ses espoirs olympiques s’étaient définitivement envolés, voilà que la Fédération d’athlétisme d’Afrique du Sud annonce qu’elle enverra un relais 4x400 mètres, malgré son refus de faire participer individuellement ses athlètes sur la distance, faute d’avoir atteint les minimas exigés. Une revanche pour le sportif, après avoir été empêché de participer aux JO de Pékin en 2008.

 

Handisport ou compétitions classiques ?

 

Simple anecdote du monde sportif ? Mais savez-vous qui est Oscar Pistorius ? Oscar, né sans péronés, a été amputé à seulement onze mois. Il débute logiquement sa carrière d’athlète en handisport, mais la recherche lui permet de s’équiper de deux prothèses en carbone. Une révolution technique qui va commencer par faire du bruit, dès lors que le Sud-Africain décide de courir aux côtés de valides.

 

En 2008, alors que se dessinent les Jeux olympiques de Pékin, les spécialistes décident de se pencher sur son cas, pour savoir si l’athlète est favorisé par rapport aux valides, ou si la technologie en carbone lui permet seulement d’exploiter au mieux ses qualités physiques intrinsèques. Une affaire assez épineuse, et qui aboutit dans un premier temps aux conclusions del’Université des Sports de Cologne, qui estime alors que les fines prothèses en fibre de carbone utilisées par Pistorius procurent au Sud-Africain un avantage sur les athlètes valides.L’IAAF (International Association of Athletics Federations) n’a donc pas le choix et interdit donc à Pistorius de participer à une compétition hors handisport.

 

Entre temps, le Tribunal arbitral du Sport intervient en faveur de l’athlète en mai de la même année, et l'autorise à nouveau à courir. Trop tard pour qu’il puisse se qualifier chez les valides, puisqu’il échouera à 70 centièmes des minimas requis. Il ramène tout de même trois médailles d’or de Chine, aux Jeux paralymiques, en 100, 200 et 400 mètres.

 

Depuis, les polémiques vont et viennent au rythme des rapports que rendent les différents spécialistes, qui se contredisent les uns après les autres. En aveugle, l’IAAF préfère laisser courir le Sud-Africain, au bénéfice du doute plutôt que de le léser le cas échéant. A vrai dire, la Fédération ne prenait pas, jusque l’année dernière en tous cas, un risque démesuré, car les performances du Sud-Africain n’étaient pas au niveau des meilleurs athlètes.

 

"Blade Runner" a rejoint les sportifs valides : juste ou pas ?

 

Mais en réalisant 45’07 en 2011, celui que l’on nomme "Blade Runner" ("le coureur aux lames") se qualifia pour ses premiers championnats du monde avec les valides, en signant la quinzième meilleure performance mondiale de la saison, avec un temps qui lui aurait permis d’obtenir la 5èmeplace aux JO de 2008, et la 4ème à Berlin aux Mondiaux de 2009…

 

Alors évidemment, la légende que construit Oscar Pistorius est extraordinaire. A l’image de la réaction de Sebastian Cœ, ancien recordman du monde du 800 mètres, et co-organisateur des Jeux olympiques de 2012, et qui après la performance de l’an passé se réjouissait de la possibilité de voir l’athlète se qualifier pour Londres, qualifiant même l’événement de "fascinant".

 

Pourtant, on ne peut qu’être sceptique face à la situation. Qu’adviendra-t-il si Pistorius venait à courir encore plus vite ? Ses progrès sont déjà considérables, puisqu’il a gagné plus d’une demi-seconde sur son record personnel. Et l’on est en droit de se demander s’ils sont autant dus à ses capacités physiques qu’à la technique toujours plus performante de ses fameuses lames.

 

L’éthique du sport de haut niveau se fondant avant tout sur l’équité des conditions, la suspicion est de mise, même si elle ne doit en rien altérer l’admiration face à la détermination et la bravoure de ce personnage hors-normes, qui aurait refusé une invitation pour Pékin, même après la décision du Tribunal du Sport, souhaitant gagner son billet sur le tartan.

 

Exemple édifiant : un tournoi de tennis qui mêle sportifs valides et handicapés

 

Il n’en est pas toujours de même dans les autres sports. Ainsi, au tennis, la situation est assez différente. Comme en athlétisme, les athlètes peuvent le pratiquer en handisport, quelque soit leur niveau de handicap au niveau des jambes, grâce à un fauteuil adapté. La seule différence avec le tennis traditionnel réside dans les deux rebonds auxquels les athlètes ont le droit, afin de compenser leur manque de réactivité et de vitesse.

 

Depuis peu, les pratiquants en fauteuil qui le souhaitent peuvent parfaitement participer aux tournois réservés aux valides avec leur chaise adaptée. Une spécificité que j’ignorais, quand j’ai pris part en décembre 2010 au tournoi de Ronchin, dans la banlieue de Lille.

 

Avant mon match, je vois que mon adversaire, qui boîte énormément, se plaint du terrain qui nous est réservé, évoquant des bosses. Il obtient que l’on déplace un match en cours, pour prendre leur place.

 

"Cavalier", me dis-je alors… Jusqu'à ce que je comprenne les raisons des exigences de mon adversaire, quand il se retourna pour me dire : "Au fait, on vous a dit ? Je joue en fauteuil." Devant mon air certainement interloqué, il tenta alors de me rassurer : "Mais ça ne change rien aux règles, j’ai juste droit à deux rebonds."

 

Inutile de préciser que la sensation est étrange, dès les premières balles. Cela s’est très certainement vu sur mon visage, d’autant que dans la peur de commettre un impair, on reste plutôt silencieux dans ce genre de situations. Le sentiment est même mitigé, quand après une amortie, votre adversaire se rend tranquillement sur la balle, puisqu’il a jusqu’à la limite du troisième rebond pour la reprendre…

 

Mais il avait bien raison : cela n’a absolument rien changé. Les échanges étaient évidemment différents, surtout en termes de tactique mais sur le terrain, nous étions deux joueurs qui pratiquions la même discipline et dont la règle était : "Être le dernier à remettre la balle dans le court…" Avec la même détermination, la même volonté de gagner, les mêmes reproches après avoir raté l’immanquable.

 

Déterminer l'existence d'une éventuelle discrimination

 

Pour autant, la différence avec l’affaire Pistorius, c’est que le fauteuil ne présente aucun avantage par rapport aux valides, bien au contraire : la vitesse et le temps de réaction sont considérablement diminués, l’agilité des mains doit être décuplée puisqu’il faut à la fois tenir la raquette et faire tourner les roues, il faut savoir anticiper les distances, car après deux rebonds, la balle atterrit beaucoup plus loin, et les balles hautes deviennent compliquées à jouer si elles ne sont pas frappées au sommet du rebond.

 

D’ailleurs, alors que mon adversaire du jour m’avouait faire partie des quinze premiers français en fauteuil, il ne sera classé que "40" cette saison-là chez les valides, le tout premier classement accordé après les non-classés…

 

Cette expérience montre qu’il est parfaitement possible d’effacer le handicap par le prisme du sport. Les valides peuvent parfaitement imaginer pratiquer aux côtés des athlètes handisport. Mais peut-être pas au même niveau de performance que celui qu’ils atteignent dans leur catégorie spécifique.

 

Surtout quand sans appareillage, ils sont très loin du niveau qui leur est possible d’atteindre avec, comme c’est le cas dans les disciplines où le physique prend une importance considérable. Car il y aura toujours un doute : l’aide technique compense-t-elle ce que les muscles normalement sollicités sont censés produire dans la pratique, ou en fait-elle davantage ?

 

Mais entre la perspective sportive et la dimension humaine, il convient de trancher. Et il n’est pas bien sûr que la polémique ait autant d’importance que l’engouement et le formidable espoir que représentera la participation d’Oscar Pistorius aux Jeux olympiques de Londres où il ne pourra espérer autre chose que le symbole pour laurier… en attendant les Jeux paralympiques où il tentera de conserver ses titres sur 100, 200 et 400 mètres.

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 09:29

Jean-Marc Ayrault lors son discours de politique générale à l'Assemblée nationale le 3 juillet 2012 (CHESNOT/SIPA).

 Jean-Marc Ayrault lors son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2012 (CHESNOT/SIPA).

 

"Oyez, oyez braves gens". Approchez et venez voir un spectacle comique sans précédent. Jamais caricature n'aura aussi bien porter son nom. Grimaces, mines effarouchées, quolibets répondant aux emphases, à l'Assemblée nationale, les cracheurs de feu rivalisent avec les bonimenteurs.

 

Quelle République peut-elle s'enorgueillir des grotesques processions auxquelles se sont livrés les députés de l'opposition, mercredi, au palais Bourbon, à la suite du discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault ? 

 

Appauvrissement du débat public

 

Ne comptez pas sur moi pour participer au concert en couvrant de louanges le Premier ministre. Oui, le discours était trop long. Oui, la forme a voulu l'emporter sur le fond. Oui, l'incantation a fait place aux mesures concrètes. Cent fois oui.

 

Il y aurait tant à dire sur les doutes qui entourent l'action gouvernementale, comme vient de le rappeler la Cour des Comptes, qui a donné ses gages de confiance non pas au programme de François Hollande mais bien à celui de François Bayrou.

 

Pour autant, doit-on se laisser aller à l'outrance pour souligner ses réserves ? La République, en crise, tant économique que politique, quand elle laisse ses portes ouvertes au Front national, peut-elle se permettre de laisser libre cours au crétinisme bipartite qui puise sa force dans la réplique pavlovienne et la rhétorique de toc ?

 

Voir des énarques, des haut-fonctionnaires, des élus du peuple utiliser des termes que des gamins de collège pourraient user pour railler un de leur camarade n'a rien de dérisoire : c'est l'expression même de l'appauvrissement du débat public, et à court terme, la validation du discours de Marine Le Pen.

 

Des formules rhétoriques laborieuses

 

Eric Woerth, qui ferait mieux de s'inquiéter de la perquisition du bureau de Nicolas Sarkozy, a presque fait dans la mesure en qualifiant le discours de Jean-Marc Ayrault de "lent, long, laborieux, pas clair : c'est du Hollande en moins bien".

 

Luc Chatel a quant à lui fait dans le pastiche laborieux de La Fontaine, digne d'une mauvaise copie de terminale et que la décence m'interdit de reproduire ici, avant de sur-jouer le pathos : "le moment est douloureux pour les Français". Décidément, même dans le rôle d'opposant, Chatel reste un homme politique cosmétique.

 

Christian Estrosi fait, lui, avec les moyens du bord et plonge dans les trésors de ressources lexicales que son esprit s'est chargé de construire depuis cinq décennies à présent en affirmant n'avoir jamais vu de discours "aussi nul".

 

François Fillon et Christian Jacob s'allient, juste le temps d'une seule journée, au moins dans l'outrance, le premier prévoyant "une catastrophe économique et sociale" quand le second craint de voir "s'asphyxier l'économie".

 

Jean-François Copé se démarque en jouant la redondance : ainsi il se dit "extrêmement préoccupé" d'avoir entendu des "formules extrêmement générales"... Le géniteur de la stratégie du "ni-ni" de l'UMP au cours des législatives se sent visiblement à l'aise dans la déclinaison de l'extrême.

 

Un spectacle déshonorant

 

Il est tout de même assez affligeant de constater le niveau de tous ces commentaires. Il ne fait guère de doutes qu'ils avaient été préparés à l'avance. Tout juste peut-on apprécier que la cohésion des éléments de langage de l'ère sarkoziste vole en éclats. Mais la varité du verbe n'y fait rien : la pauvreté de l'esprit reste en l'état.

 

Mais le plus grave dans cette expression du crétinisme bipartite reste le cynisme d'un groupe d'opposition qui ne se cache pas de ses intentions, le feu qui anime tant d'animosité : la vengeance.

 

"Il faut cogner tout de suite, leur faire vivre ce qu'ils nous ont fait en 2007", expliquait mercredi matin Eric Woerth, avant le grand oral du Premier ministre.

 

Spectacle déshonorant et dangereux d'une politique qui se complait dans cette posture absurde. L'opposant ne construit pas : il bêle son désamour en attendant son tour. "C'est pas moi qu'a (sic) commencé M'sieur".

 

Claude Bartolone a cru être élu au perchoir. Mais il n'est pas bien sûr qu'il n'ait pas en réalité hérité du titre moins honorifique de Conseiller principal d'éducation (CPE).

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 09:29

François Bayrou, lors du Conseil national du MoDem, le 30 juin 2012 (WITT/SIPA).

 François Bayrou, lors du Conseil national du MoDem, le 30 juin 2012 (WITT/SIPA).

 

Le Conseil national du MoDem, qui s'est tenu samedi à Paris, a ravivé le feu médiatique autour de François Bayrou. En témoignent les nombreux journalistes qui se sont amassés devant le siège du mouvement, rue de l'Université, dès 10 heures le matin.

 

Il faut dire que le site d'informations "Mediapart" s'était fait des gorges chaudes d'une rumeur provenant d'un conseil stratégique qui avait eu lieu quelques jours plus tôt : François Bayrou et Marielle de Sarnez allaient se mettre en retrait pour laisser place à une présidence collégiale.

 

La rumeur avait enflé sur les réseaux sociaux et tous les conseillers nationaux étaient interpellés par les militants pour en savoir davantage. Nous, nous ne savions rien et attendions non sans impatience et quelques inquiétudes ce Conseil national du 30 juin.

 

Quelles alliances à l'avenir ?

 

Au-delà des rumeurs sur l'organisation interne, de nombreux événements nous amenaient à imaginer tout et son contraire. A l'Assemblée nationale, seul le député Jean Lassalle a décidé de rester en "non inscrit" puisque Thierry Robert a rejoint les rangs du groupe des Radicaux de gauche (PRG).

 

Pendant ce temps, Jean-Louis Borloo a pris la tête du groupe de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), une auberge espagnole qui est au centre ce que la ville de Vintimille est aux grandes marques du prêt-à-porter : un petit paradis de la contrefaçon.

 

Point de centristes ici, tous ne jurent que par la droite. Ils ont attendu le verdict des urnes pour s'inquiéter du fait que Nicolas Sarkozy avait fait les poches du FN. Si on mesurait le courage à l'aune de la sagacité et de la célérité dans l'analyse, gageons que ces centristes n'en mèneraient pas large.

 

Entre temps, chez les vice-présidents du MoDem, deux tendances ont vu le jour. Partant du constat de l'échec de la tentative d'indépendance du mouvement et enjoignant celui-ci à un partenariat autour de projets et de valeurs, certains ont proné un rapprochement avec la gauche de la majorité présidentielle, comme Jean-Luc Bennahmias (une démarche qui était mienne), ou avec la droite pour Jean-Marie Vanlerenberghe, par exemple.

 

Un mouvement dans le flou

 

C'est donc dans un flou artistique que nous sommes arrivés samedi matin, craignant des règlements de compte comme on en entendit de manière brutale à l'UMP. Mais preuve s'il en fallait encore que le MoDem ne lui ressemble en rien, nous avons assisté à quatre heures de discussions franches et sans animosité.

 

En ouverture, François Bayrou est apparu fidèle à lui-même. Fataliste face à sa situation, il a fait front, expliquant qu'il pouvait se regarder dans la glace. A aucun moment, il n'a semblé regretté un seul instant sa décision d'avoir voté pour François Hollande, laissant même passer un lapsus révélateur : "quand j'ai appelé à voter François Hollande", alors qu'il n'avait en réalité donné aucune consigne de vote.

 

Rappelant les traversées du désert du général de Gaulle ou encore les défaites aux législatives dans le passé d'Aubry, de Mitterrand, de Juppé et d'autres encore, il s'est dit fier de s'en être tenu à ses valeurs, qui sont selon lui plus importantes encore que le reste et notamment son destin à l'Assemblée nationale.

 

Pour autant, le Béarnais a évoqué le besoin d'un retrait médiatique. Si certains ont cru lire en ce jeûne l'envie de se ressourcer dans les forêts luxuriantes de sa région et auprès de ses chevaux, le président du MoDem a toutefois tenu à préciser qu'il ne quittera pas pour autant la présidence du mouvement.

 

Le choix du mutisme

 

Il a cru bon de tordre le cou à un autre canard. Alors que "Mediapart" suggérait que les finances du mouvement étaient exsangues, François Bayrou a tenu à rappeler que, s'il est vrai que le mouvement a peu d'argent, il n'a pas de dette.

 

Mais alors pourquoi se résoudre au mutisme pour quelques temps ? Tout simplement parce que François Bayrou estime qu'il n'a plus rien à ajouter au débat public. Sa vision politique ? Tout le monde la connaît. Le clivage droite/gauche est selon lui à son apogée et n'en demeure pas moins une aliénante réduction de l'offre politique qui s’abîmera dès lors que les échecs s’enchaîneront avec déterminisme.

 

Ses analyses à l'égard de la politique de Hollande ? Qui ignore encore que si le Béarnais se sent bien plus en phase avec la vision de la France de l'actuel résident de l’Élysée qu'avec le précédent, il ne partage pas les promesses dispendieuses annoncées lors de la campagne présidentielle ?

 

Et c'est non sans fierté qu'il regarde l'actuel gouvernement se résoudre à voir appliquer son propre programme avec notamment le gel des dépenses publiques. Pas rancunier pour un sou.

 

Une action auprès de Borloo ? Qui ose encore croire que l'UDI pourrait représenter le centre, voire pourrait représenter tout simplement quelque chose ?

 

Arrogance ou subtile intuition ?

 

Alors il se retire des projecteurs. On imagine parfaitement la préparation d'une réflexion qui bientôt séduira sa plume, qui de fer dans un encrier de velours sous Sarkozy, devra certainement changer de ton. Nécessairement.

 

Mais tout autour de lui, le MoDem se donne du temps. Au moins celui de l'été. Les universités d'été viendront alors à point nommé pour faire le point. L'heure n'est visiblement pas aux motions tranchées et aux grandes décisions.

 

Chacun semble camper sur sa vision stratégique en expliquant que l'on peut parfaitement continuer à œuvrer ensemble, voulant appliquer à la lettre l'adage lancé par Bayrou à la tribune lors de la création de l'UMP en 2002 : "si nous pensons tous la même chose, nous ne pensons plus rien".

 

Mais qui ne sait qu'à la longue, entre ceux qui veulent travailler avec la majorité présidentielle, et ceux qui le veulent avec l'opposition, même sans renier leur identité, les mêmes qui aujourd'hui parlent en communion finiront par prendre des trajectoires opposées ?

 

Pourquoi François Bayrou fait-il mine de ne pas le voir ? Sans doute parce qu'il est animé d'un autre feu, persuadé que la situation de crise n'en est pas à son acmé, et que déjà, l'action gouvernementale lui donne raison. Et qu'il reviendrait au centre des préoccupations, au moment même où ses troupes dispersées reviendraient au centre, tout naturellement.

 

Arrogance ou subtile intuition ? Pari insensé ou analyse fine ? Acuité ou aveuglement ? Le Conseil national du MoDem n'en sait pas davantage. Lui aussi, il réfléchit. Avec l'espoir que le temps lui donnera raison.

 

Et en politique comme ailleurs, l'espoir fait vivre. Non, le MoDem n'est pas encore mort.

Partager cet article
Repost0
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 09:28

Gilles Simon au tournoi de Wimbledon, le 28 juin 2012 (A.GRANT/SIPA)

Gilles Simon au tournoi de Wimbledon, le 28 juin 2012 (A.GRANT/SIPA)

 

Mais qu’est-il passé dans la tête de Gilles Simon, pour avoir eu ce besoin irrépressible de sombrer dans la goujaterie ? Est-ce que son allergie (relative) pour le gazon lui aurait fait perdre son sang froid ? Toujours est-il qu’avant de sombrer face à Xavier Malisse au deuxième tour du tournoi de Wimbledon, le Français, 13ème mondial, et ancien membre du top ten, a fêté d’une manière pour le moins singulière son élection au conseil des joueurs de l’ATP, lui qui a remplacé… Rafaël Nadal.

 

Alors que la question du prize-money continue de faire beaucoup jaser, et que les tournois du grand chelem ont décidé de mettre la main à la poche notamment en augmentant de manière substantielle les gains des perdants des premiers tours, Gilles Simon a mis les pieds dans le plat, en ressassant un vieux débat sur l’égalité hommes/femmes à propos des gains sur le court :

 

"Je pense qu'aujourd'hui, le tennis masculin est vraiment en avance par rapport au tennis féminin. Les joueurs ont certainement encore passé deux fois plus de temps sur le terrain à Roland-Garros que les femmes. On parle souvent de l’égalité dans les salaires, je trouve que ce n'est pas un truc qui marche dans le sport. Je pense qu'on est le seul sport aujourd'hui où il y a la parité hommes-femmes au niveau des prize-money, alors que le tennis masculin reste plus attrayant que le tennis féminin à l'heure actuelle."

 

Peu avare en mots, le Français a même décidé d’en rajouter une louche à propos de la popularité, ou plus exactement du défaut de popularité du circuit féminin :

 

"Quand les tournois deviennent des évènements combinés, c’est surtout pour sauver la semaine des filles. Quand à Rome, il y a 20 spectateurs pour assister à la finale dames et que l’année suivante, je ne peux pas m’entraîner sur le site une seule fois, parce que nous sommes trop nombreux, j’ai forcément les boules (sic). Et je pense que c’est légitime."

 

Les filles ont vite remis Simon à sa place

 

Les réactions n’ont pas tardé. Marion Bartoli, numéro un française, a renversé l’argument en expliquant que si, selon Simon, les femmes profitaient de la notoriété du circuit masculin lors des épreuves mixtes, les hommes, eux, ne sont en réalité que très peu à déchaîner les passions, sous-entendant évidemment que Gilles Simon ne faisait pas partie de ceux-là : "ll ne faut pas non plus oublier que les joueurs qui attirent réellement des spectateurs dans le circuit masculin, il y en a cinq ou six, et le reste profite de ces cinq ou six."

 

Serena Williams au Tournoi de Rome, le 18 mai 2012 (A.MEDICHINI/SIPA)

Serena Williams au Tournoi de Rome, le 18 mai 2012 (A.MEDICHINI/SIPA)

 

Maria Sharapova et Serena Williams lui ont emboîté le pas, avec le sarcasme en plus, en explicitant ce que Marion Bartoli ne faisait que suggérer. La Russe, numéro un mondiale, a ainsi déclaré : "Je crois que mes matches sont regardés par plus de monde que les siens." Une remarque d’autant plus cinglante et compréhensible que Maria était victorieuse des deux dernières finales de Rome justement qui semblait être dans le collimateur de Gilles Simon… Serena Williams a joué la solidarité, non sans insistance : "Clairement, il y a beaucoup plus de monde qui regarde les matches de Maria que ceux de Simon. Elle est beaucoup plus sexy que lui."

 

À mufle, mufle et demi ?

 

L’argumentation de l’ancienne et de l’actuelle numéro un mondiale touche juste. Car il ne serait être question d’évaluer les gains en tournoi en fonction de la durée de l’effort.

 

D’une part, parce que, c’est une évidence, les femmes n’ont pas la même constitution physiologique. Il n’y a donc pas lieu de parler d’égalité mais d’équité.

 

D’autre part, et c’est sans doute le plus important, parce que si les joueuses et les joueurs étaient réellement payés en fonction de leurs efforts, comment explique-t-on que leurs revenus s’élèvent à des centaines de milliers de dollars quand celui qui travaille dur à l’usine en gagne jusqu’à mille fois moins ? Sur ce terrain-là, les arguments de Simon sont clairement scandaleux.

 

Maria Sharapova au Tournoi de Rome, le 18 mai 2012 (A.MEDICHINI/SIPA)

Maria Sharapova au Tournoi de Rome, le 18 mai 2012 (A.MEDICHINI/SIPA)

 

Par ailleurs, en quoi les sommes touchées par ses homologues féminines impactent-elles ses propres revenus ? Le circuit féminin fonctionne en autonomie totale et ce qui ne serait plus versé aux femmes ne reviendrait donc aucunement dans les poches des hommes. A tel point que l’on se demande même si cette revendication ne relève pas tout simplement de la simple jalousie.

 

Le tennis masculin a-t-il toujours été aussi attractif ?

 

Rappelons nous que dans les années 90, où le tennis masculin était dominé outrageusement par Pete Sampras et Jim Courier, qui n'étaient pas, sans faire insulte à leur talent, des emblèmes fantasmatiques, le tennis masculin traversait une grave crise et peinait à remplir les stades quand la rivalité Graf/Seles déchainait les passions.

 

Qui se souvient de la finale de Roland Garros 1992 entre Jim Courier et Petr Korda, quand la finale dames opposa la veille les deux reines qui s'écharpèrent jusqu’à 10/8 au troisième set ? Cette année-là, les joueuses avaient disputé 8 jeux de plus, et sué davantage que les homologues masculins... Pourtant, Seles avait remporté 372.896 dollars pour sa victoire, contre 490.618 pour Courier, soit 25% de moins !

 

En 1992, la finale simple dames de Roland Garros oppose Steffi Graf à Monica Seles, qui l'emporte

 

À partir du moment où il y a des fans qui font le déplacement, et en-dehors du fait, qu’en effet, depuis quelques années, le niveau technique du tennis féminin fait pâle figure, comparé à l’âge d’or que connaît le circuit ATP avec Federer, Nadal et Djokovic, il n’y a aucune raison que les joueuses ne touchent pas les dividendes du succès qu’elles engrangent.

 

Gilles Simon a évoqué une seule finale, celle de Rome, qui se déroula devant une faible affluence. Mais combien de tournois se déroulent devant des tribunes pleines ? La finale des Masters féminins d’Istanbul l’année dernière s’est jouée devant plus de 13.000 fans, pour un spectacle de 2h28 ! Gilles Simon peut-il en revendiquer autant quand il a joué la finale de Bucarest ? L’Open Gaz de France de Paris au stade Coubertin connaît aussi un succès de plus en plus grandissant depuis maintenant vingt éditions. Et les jours des demi-finales et de la finale dames se jouent à Roland Garros sans qu’il ne reste une seule place à vendre.

 

Une sortie qui n'honore pas Simon

 

Gilles Simon aurait pu marquer son élection au sein du Conseil des joueurs de manière plus digne que cette sortie machiste qui insulte des femmes qui ont tant lutté pour imposer la professionnalisation de leur sport. Billie Jean King et Martina Navratilova ont dû être écœurées d‘entendre pareille stupidité, elles qui ont tant œuvré dans les années 70 pour que les joueuses puissent elles aussi gagner leur vie en jouant au tennis.

 

Mais, me direz-vous, on peut toujours trouver plus indélicat. Personne n’a oublié dans le monde du tennis le jugement flatteur que portait il y a quinze ans le néerlandais Richard Krajicek à l’égard de ses homologues féminines, lui qui remporta Wimbledon en 1996 : "Je pense que 80 des 100 premières du classement féminin ne sont que de grosses truies." Devant le tollé provoqué par sa sortie, il avait tenu alors à "nuancer" son propos : "J'ai sans doute exagéré quand j'ai dit ça. C'est certainement plus proche des 75%."

 

Finalement, même en termes de vulgarité, Gilles Simon reste un petit joueur…

Partager cet article
Repost0
28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 09:27

Le ministre de l'Éducation Vincent Peillon en meeting pour les élections législatives à Tours, le 07 juin 2012 (G.SOUVANT/SIPA)

Le ministre de l'Éducation Vincent Peillon en meeting pour les élections législatives à Tours, le 07 juin 2012 (G.SOUVANT/SIPA)

 

ENSEIGNEMENT. Après le rallongement des vacances de la Toussaint qui laisse augurer une diminution de celles d’été pour 2013 et l’augmentation de 25% de la prime d’allocation rentrée scolaire qui exauce une promesse de campagne, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon a présenté cette semaine sa lettre aux "personnels de l’éducation", feuille de route pour l’année à venir et qui annule et remplace la circulaire de rentrée de Luc Chatel.

 

Changement de ton radical

 

L’entrée en matière est soignée. Les enseignants y sont reconnus pour "les difficultés auxquelles [ils sont] confrontés au quotidien et le poids de [leurs] responsabilités", mais aussi pour "la force de [leur] dévouement, la passion et la vocation qui [les] animent pour instruire, éduquer, servir une certaine idée de la France, de la République et de l'humanité".

 

Force est de constater que la plume de Peillon est autrement plus chatoyante à l’oreille des enseignants que celles de ceux prédécesseurs qui, de railleries en sous entendus outrageux, avaient fait subir 5 ans de mépris le plus total, le pire restant la métaphore inacceptable que choisit Luc Chatel, le ministre cosmétique de l’Éducation, pour la rentrée 2010, quand il déclara, fier de son effet : "Notre école a moins besoin de grands soirs que de petits matins quotidiens."

 

Une rupture nette avec le sarkozysme ?

 

Pour autant, la lettre de Vincent Peillon n’est pas non plus une ode aux professeurs : elle rappelle non sans gravité l’ampleur de la tâche qui attend l’Éducation nationale. Et ceux qui, précipitamment, prendraient la décision d’augmenter immédiatement les recrutements dans l’éducation en en faisant la clef du changement, seraient avisés de bien lire entre les lignes le ministre pour comprendre qu’à l’Éducation nationale, la révolution est loin, très loin d’être en marche.

 

Pourtant, Vincent Peillon promet, tant et encore, leitmotiv qui a rythmé la campagne victorieuse de son chef de troupe François Hollande : "Un nouveau contrat entre la Nation et son École sera passé, qui nous permettra de faire entrer la République dans sa modernité et de tenir à nouveau la promesse républicaine."

 

Ah oui, nouveau contrat ? À y regarder de plus près pourtant, trois constats s’imposent, provoquant une indéniable amertume pour l’œil averti :

 

- des objectifs sans d’autres moyens d’y parvenir à l’exception d’un futur simple, qui rappelle les "y’a qu’à / il faut" des pires discours que la rhétorique peut produire ;

 

- une rupture pas si nette avec le bilan Sarkozy, qui fut pourtant à juste titre dénoncé par monts et par vaux pendant un lustre ;

 

- mais aussi et surtout, des relents pédagogistes qui laissent à penser que si Philippe Meirieu n’a pas eu la "chance" d’entrer au gouvernement, son œuvre, quant à elle, ne semble pas remisée au cabinet…

 

La reconstruction de l’école publique passe donc par la réconciliation avec le corps enseignant. Vincent Peillon l’a bien compris, et son texte en fournit un preuve incontestable : le mot "concertation" apparaît 10 fois, quand le pronom "nous" compte pas moins de 68 occurrences, et notamment 5 rien que dans la première phrase. L’union et le rassemblement semblent enfin se substituer à la division qu’imposait le précédent régime.

 

Peillon en plein flou artistique ?

 

Pour autant, et dans ce souci de ne contrarier personne, le ministre est tombé dans l’ornière qui consiste à ne jamais trancher entre la décision et l’annonce de la concertation. La volonté de ne pas passer en force est certes appréciable, mais à force de ne rien décider pour ne froisser personne, les propositions s’abîment en des incantations oscillant entre le flou artistique et l’amphigouri pour le néophyte.

 

Ainsi, au sujet du socle commun de connaissances et de compétences qui peinent à se mettre en place de manière efficace, le ministre affirme qu’ "il connaîtra des simplifications indispensables et des évolutions pour tenir compter des forces et des faiblesses de son format et de son usage". Lesquelles ?

 

Pour la primaire, il dit encore que "c’est par une progression bien maîtrisée et par des réponses adaptées à des besoins clairement identifiés que l’école maternelle remplira au mieux sa mission". Oui mais encore ? Pour le sport scolaire, pour lequel il consacre un roman de 2 lignes et de 43 mots (sur les 3722 de sa lettre…), il annonce qu’il "doit être valorisé et développé". Du concret, en somme.

 

Une école primaire de Nantes, le jour de la rentrée, 05/09/2011 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA)

Une école primaire de Nantes, le jour de la rentrée, 05/09/2011 (S.SALOM-GOMIS/SIPA).

 

Un discours positif donc mais composé avec pauvreté à grands coups de " y’a qu’à" et "faut que" qui n’ameutera, certes, personne dans les rues, mais qui n’avance jamais dans le concret. En témoigne cet emploi abusif du futur de l’indicatif, qui conjugue pas moins de 34 verbes ou des périphrases qui repoussent aux calendes grecques les réformes voulues ("a vocation à être repensé"…).

 

Plus gênant encore, la lutte contre le décrochage scolaire, véritable plaie républicaine, se métamorphose en incantation tautologique : "Nous comptons sur votre mobilisation […] pour vous investir dans des dispositifs coordonnés et innovants pour un retour à une scolarité assidue." Quelle formule, plus alambiquée à défaut d’être élégante, Peillon aurait-il pu trouver pour formuler un certes plus trivial, mais autrement plus honnête : "démerdez-vous" ?

 

Par ailleurs, le PS, qui n’avait de cesse de fustiger les réformes du quinquennat passé, et encore une fois avec raison, est pris en flagrant délit de dégonflage et d’un manque de courage assez consternant. La réforme des lycées se poursuit ainsi en 2012, à l’exception de l’Histoire qui sera réintégrée en Terminale scientifique… mais en 2014 seulement, puisque l’option sera seulement proposée l’année prochaine.

 

L’assouplissement de la carte scolaire est dénoncé ("effets négatifs"), mais elle ne sera pas pour autant rétablie, puisqu’encore une fois la proposition se trouve avortée par la logorrhée : "Nous mettrons en œuvres des modalités véritablement adaptées, pour un renforcement de la mixité sociale et scolaire."

 

De la même manière, les stagiaires qui avaient vu leur charge de cours passer de 6 heures à 16 heures hebdomadaires sans formation initiale (soit l’emploi du temps d’un enseignant titulaire) ne bénéficieront que d’un "aménagement de service" qui est déjà connu, puisque les établissements ont déjà leur volume horaire : 3 heures seulement de rabais soit 15 heures de cours à assumer.

 

On est loin, très loin du rétablissement de la formation initiale promise durant toute la campagne ! Enfin, concernant les internats d’excellence, le ministre ajoute qu’il veillera "à l’amélioration des projets éducatifs". Amis du flou, soyez servis. À la vérité, le PS fustige les réformes de l’UMP quand il est dans l’opposition, mais les rend pérennes en revenant au pouvoir. Le courage politique, ce n’est pas maintenant…

 

Peillon ou le retour en force du pédagogisme

 

Mais ce qui ressort de l’impression générale de cette lettre, c’est cette appétence pour les lubies pédagogistes dont se sont faits une spécialité les socialistes notamment depuis Lionel Jospin et ses fameux IUFM, qui distillaient poisons et autres venins à tous les enseignants et dont la responsabilité dans le délabrement de notre école ne doit surtout pas être occultée (même s’il ne fallait pas pour autant dynamiter toute la formation initiale, l’UMP se comportant comme un mammouth dans un magasin de porcelaine…).

 

Pour l’éducation prioritaire par exemple, nul n’est fait mention du manque d’exigence qui conduit à leur inefficacité et par là même à l’explosion de la violence dans des établissements, où l’on ne donne même plus les outils de notre langue pour communiquer. Seule la promesse de postes, encore plus de postes, est prévue…

 

Pour la primaire, quand la priorité est d’apprendre à lire et à compter, Vincent Peillon préfère mettre en exergue ce qui fut le fonds de commerce de Philippe Meirieu et de ses fumantes IUFM : "La pédagogie doit être attentive aux travaux de la recherche. Elle doit évoluer et favoriser l’épanouissement de l’élève, son activité, sa motivation et sa pleine implication dans les apprentissages." Ou quand l’épanouissement de l’élève s’impose à la transmission des savoirs...

 

Philippe Meirieu, le 3 avril 2011 à Paris (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)

Philippe Meirieu, le 3 avril 2011 à Paris (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)

 

L'autorité laissée de côté ?

 

Et pour finir, la question de l’autorité – qui pose tout de même un des problèmes fondamentaux de notre école quand les élèves ne respectent ni les équipes pédagogiques, ni les règlements intérieurs, et quand les parents d’élèves, parfois encouragés par des représentants plus que zélés, poussent encore et toujours à contester et remettre en cause évaluations, sanctions et même communications écrites dans les carnets – est remise à la seule responsabilité du professeur, qui, à lire la lettre, n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même s’il ne se fait pas respecter :

 

"L'autorité, comme la confiance, ne se décrète pas. Elle se construit grâce à des qualités morales et intellectuelles reconnues et sur l'exemplarité de celui qui détient cette autorité. Elle suppose que l'exigence de respect soit partagée par tous les élèves et par les membres de la communauté éducative : respect des élèves et de tous les personnels, respect des lois et respect du règlement intérieur de l'établissement."

 

On le voit le "respect des élèves" est placé avant celui des "personnels". Plus qu’un symbole, c’est un signal. Le signal qu’à y regarder de plus près, dans l’Éducation nationale avec Vincent Peillon, le changement, ce n’est sûrement pas pour maintenant.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
  • Contact

Recherche