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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:50

La campagne présidentielle de 2012 n'est pas de tout repos. À chaque jour, sa bonne louche de démagogie. Et comme dans la meilleure répartition bipartite, on attribue équitablement les rôles entre la gauche et la droite. Avec le même élan électoraliste.

 

Lundi, c’est François Hollande qui prenait tout de monde de court, y compris son propre chargé des finances de campagne, en proposant une taxation de 75% des plus fortunés de notre pays. Mardi, Nicolas Sarkozy propose d’augmenter le temps de travail des enseignants de 40% pour une augmentation substantielle de 25%.

 

Nicolas Sarkozy en meeting à Montpellier le 29/02/2012, BFMTV 

 

La médiocrité ne surprend plus

 

Pour autant, la proposition faite par Nicolas Sarkozy atteint des sommets de médiocrité. Médiocrité morale. Médiocrité politique. Médiocrité arithmétique. Et le pire, c’est que cela ne surprend plus personne quand on sait ce que cet  "enfant barbare" a fait de notre pauvre école en un mandat, plus de ravages qu’Attila n’en fit en territoire romain.

 

Reprenons le texte : "Je propose que tout enseignant qui voudra travailler plus puisse le faire avec 26 heures de présence dans l'établissement au lieu de 18 heures de cours, avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25 %, soit près de 500 euros net par mois".

 

Puis le candidat président d’ajouter : "Nos enseignants sont mal payés car ils sont trop nombreux"  tout en précisant, par la même occasion que "le dispositif sur les heures supplémentaires, critiqué par l'opposition, a surtout profité aux professeurs".

 

Reprenons donc pédagogiquement et avec rigueur la cible, la nature et les présupposés de cette proposition.

 

Les jeunes "profs" vont trinquer

 

L’ensemble de la profession éducative est-il concerné par cette mesure ? Absolument pas. Seuls les enseignants du secondaire (professeurs étant certifiés ou agrégés et opérant dans les collèges ou les lycées) sont concernés.

 

Nicolas Sarkozy a même tenu à "exonérer", de la règle macabre du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, les effectifs du primaire. Ce qui est une nouveauté dans son discours.

 

Une salle de classe d'un lycée parisien (POUZET/SIPA) 

Une salle de classe d'un lycée parisien (POUZET/SIPA).

 

La grande majorité de ces enseignants étant certifiés, c’est-à-dire qu’ils ont obtenu le concours du CAPES, il est donc bien question de revenir sur le décret de 1950 qui fixe leur temps de présence devant les élèves à 18 heures hebdomadaires. Tous les professeurs du collèges seront-ils contraints de faire 26 heures ? Certainement pas à en croire la formule employée : "tout professeur qui voudra".

 

La mesure ne concernera donc que le personnel volontaire. Mais il s’agit ici d’un mirage, semblable à ceux que l’on propose aux caissières pour le travail dominical : ceux qui sont déjà en place auront ce choix, quand il sera imposé de facto à tous ceux qui arriveront dans la profession. Une mesure pour le moins surprenante à l’heure où l’Education Nationale peine à recruter des professeurspuisque en 2011, 4880 places soit 20% des postes offerts n’ont pas été pourvus, faute de candidats.

 

Un financement flou 

 

La mesure est-elle "finançable" ? Nicolas Sarkozy n’en dit rien mais en continuant de puiser dans les ressources du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, nul doute que l’arithmétique viendra rassurer les suspicieux.

 

Une autre arithmétique plus lourde de sens risquera, pourtant, de se faire sentir, car à encadrement moindre, il y a fort à parier que les effectifs de classe vont grossir, tant et encore, alors que dans bon nombre d’établissements on arrive déjà à 30 élèves par classe au collège, et 35 au lycée. De quoi vendre comme des petits pains ces fameuses heures qui permettront de diviser les classes et de travailler en plus petits groupes.

 

En d’autres termes, pour travailler dans des conditions décentes, acceptez de travailler 44% de temps supplémentaire.

 

De la démagogie à l'arnaque 

 

La mesure est-elle financièrement "avantageuse" pour des professeurs qui ont vu leur pouvoir d’achat considérablement baissé ces dernières années ? Non seulement il faut répondre par la négative, mais, alors que l'on ne pourra me suspecter de plagier quelconque discours syndical, il faut le dire tout net : la proposition de M. Sarkozy est une arnaque, digne des pires camelots qui soient.

 

Son étiquetage est fallacieux, et il a caché le prix d’origine pour faire croire à une aubaine.

 

Résumons la situation :

 

Aujourd'hui : un professeur qui ferait 8 heures supplémentaires hebdomadaires, se verrait payé son salaire de base (2000 euros environ pour un professeur de 35 ans), accompagné de 8 heures payées à 25% de plus (tarif identique qu’il soit en public ou en privé), heures qui depuis 2007 sont défiscalisées. Cela amènerait à un total de 3000 euros mensuel, dont 1000 euros sont défiscalisés

 

Avec la proposition de Nicolas Sarkozy, ce salaire passerait donc à 2500 euros par mois entièrement fiscalisés ! En d’autres termes, non seulement les enseignants qui feraient 8 heures de plus par semaine, toucheraient 500 euros de moins mais ils devraient déclarer 500 euros mensuels de plus aux impôts, suffisant pour les faire passer à une tranche l’imposition supérieure! De la pure escroquerie !

 

Travailler plus pour gagner moins 

 

Mais finalement, que faut-il retenir de cette proposition puisque, visiblement, chiffres à l’appui, le professeur ne gagnera pas d’argent puisqu’il en perdra ? Le raisonnement est simple et simpliste. Il tient en un syllogisme.

 

Prémisse majeure : les professeurs ne travaillent pas suffisamment. Et ce même si toutes les analyses montrent qu’un professeur avec les copies, les préparations, les conseils et les réunions explosent les 40 heures hebdomadaires.

 

Prémisse mineure : si l’école échoue c’est avant tout parce que les professeurs ne travaillent pas assez. Et n’allez pas parler de méthode, du fait que notre "enfant barbare" a détruit la formation des enseignants, ou encore que le problème c’est avant tout que les élèves, eux, ne travaillent plus suffisamment faute d’un apprentissage des leçons.

 

Conclusion : les professeurs doivent travailler plus. 

 

Et à cet échafaudage fumeux, il rajoute un argument : "Nos enseignants sont mal payés car ils sont trop nombreux".

 

En quoi le nombre d’enseignants est-il en rapport avec le salaire qu’il touche ? Si tel était le cas, les70000 suppressions de postes auraient abouti à une augmentation substantielle de leur revenu ? Si tel était le cas, ils auraient été mieux payés dans les années 90 quand on recrutait à tour de bras parce qu’ils n’étaient pas assez nombreux ?

 

La vérité c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas seulement un camelot sans âme qui tente de vendre sa marchandise. Nicolas Sarkozy est un fossoyeur car il n’a que faire de l’école publique qui, dans son esprit, représente le premier pôle de dépense d’un budget qui sans elle, serait allégé de 23%.

 

Le doux rêve de notre président serait de mettre en place, comme outre-Atlantique, une école à deux vitesses, où l’efficacité et les bonnes méthodes seraient payées par ceux qui en ont les moyens. Et dans son commerce misérable, Nicolas Sarkozy ne se contente pas de faire la nique à l’école publique. Il troque littéralement le pilier central de notre devise républicaine : égalité.

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 20:49

Extraordinaire moment de campagne et de zapping hier soir. Sur TF1, François Hollande fit une annonce qui semblait mûrement réfléchie et qui marquerait un virage très nettement à gauche dans sa campagne.

 

Un candidat qui s'émancipe de manière étrange

 

Acculé à sa gauche de ne pas en faire assez, au point de proposer une réforme fiscale en-deçà de celle proposée par François Bayrou, que ses colonels perdurent malgré les faits à classer à droite, le candidat PS n'y est pas allé de main morte devant Laurence Ferrari. Il propose d'imposer les plus riches, c'est-à-dire après moult tergiversations, ceux qui gagnent plus de 1 million d'euro par an, à hauteur de 75% ! Il y a quelques mois, les riches étaient ceux qui touchaient 4000 euros mensuels. Soufflez, brave classe moyenne.

 

Laurence Ferrari pensait tenir là son scoop et remonter le score d'audience d'une émission qui était tombé dans l'abîme la semaine dernière. L'histoire montrera à ceux qui avaient, non sans mesquinerie, tenté de faire de Bayrou et de Joly les boucs émissaires de ce naufrage que c'est le concept même de l'émission qui est bancal puisque l'audience fut à peine meilleure.

 

Mais c'est en zappant que le spectateur pouvait alors apprécier le spectacle total. Car quelle surprise fut-ce pour celui qui avait eu le fabuleux réflexe d'aller voir ce qui se tramait sur France 2 au même moment, avec Jérôme Cahuzac, président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale pour le PS, et en charge de la question dans la campagne de François Hollande ! Un moment ahurissant :

 

Ce matin sur Itélé, François Hollande questionné sur le fait que Jérôme Cahuzac n'était pas au courant de cette proposition répondit très sérieusement "eh bien il l'est maintenant. (…) Je suis candidat il est normal que je prenne des initiatives". L'on croirait le jeune adulte qui vient de prendre sa première décision et d'officialiser son émancipation vis à vis de ses parents. Touchant.

 

L'écueil de la démagogie

 

Quel cafouillage pour celui qui caracole toujours en tête des intentions de vote ! On se souvient déjà des improvisations permanentes du candidat Hollande lors des primaires, tant sur le nucléaire que sur les 60000 postes dans l'éducation qui avaient fait dire à Martine Aubry : "c'est flou et quand c'est flou, il y a un loup..."

 

Cette semaine, Le Point lance sur sa une la question qui fâche le bipartisme : "qui ment le plus ?". Mais la véritable question ne serait-elle pas de savoir qui improvise le plus ? Et au jeu du doigt mouillé qui sent le vent tourner à bâbord pour se préserver d'une poussée de Mélenchon, nul doute que François Hollande est imbattable...

 

Sinon, sur le fond que penser de ces 75% ? Je laisse la parole à François Bayrou, qui, jusqu'à hier soir, était allé plus loin que François Hollande puisqu'il propose de créer deux tranches supplémentaires contre une seule pour le candidat PS avant sa proposition choc. 

 


 

Mais plus grave encore, car il est permis de douter que François Hollande puisse réellement mettre en place un tel dispositif - et ce notamment en raison des fuites de capitaux évoquées - reste ce sentiment de démagogie qui s'empare d'un candidat qui pourtant, à en croire ses communicants, n'a aucune crainte à avoir. Une campagne est longue, très longue. Et après avoir déjà vu beaucoup de rebondissements entre la déroute de DSK, l'abandon prévisible de Borloo, de Morin ou encore de Boutin, rien ne dit que le chemin qui mène à l'Elysée soit tout rose.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 20:48

Sa venue était attendue. Des spectateurs. Des journalistes de "Libération" apparemment. Mais aussi des animateurs eux-mêmes. Philippe Poutou n’est pas seulement le candidat du NPA à la présidentielle, lourd héritage d’Olivier Besancenot.

 

C’est le François Pignon de la nouvelle saison d’"On n’est pas couché". Certains en avaient rejeté la faute sur les hôtes qu’ils ont trouvé méprisants, s’amusant de l’ouvrier de service qui ne maîtrisait alors pas les codes médiatiques.

 


Personnellement, j’avais surtout noté que le béotien avait surtout payé un manque évident de préparation pour cet évènement et des aveux, terribles aveux, sur les manques et les dérives d’un parti qui, en dehors de ses revendications anticapitalistes, traîne derrière lui des casseroles comme l’affaire de la candidate voilée qui le place de manière incertaine dans le champ républicain.

Et immanquablement, l’on reparlera de la fois précédente. C’est Laurent Ruquier qui ouvrit le bal. Et comme à son habitude, au lieu de défendre l’équipe, il défendit sa propre personne en se plaçant d’emblée comme insoupçonnable, puisque issu du milieu ouvrier. Comme il l’avait fait face à Christophe Hondelatte, en pleine crise d’égo sur le plateau.

 

Etonnamment, Philippe Poutou confessa alors que sur le moment, il n’avait pas ressenti ce mépris sur lequel on avait tant glosé. Ce sont les commentaires de ceux qui s’étaient sentis agressés, pour reprendre les termes employés par le candidat, qui, semble-t-il lui ont fait prendre conscience du "mépris social". Tout en relativisant, en rappelant que le pire du mépris social ne se manifestait pas forcément sur le plateau de Ruquier mais davantage dans les usines. Ouf, nous voilà donc rassurés.  

 

La rancune tenace d'Audrey Pulvar

 

Et alors que l’on s’acheminait vers le programme et les idées du NPA, Audrey Pulvar, qui a la rancune tenace, voulut revenir sur l’affaire un peu plus tard. Un peu seulement puisque Philippe Poutou n’eut le droit qu’à 15 minutes de temps de parole pour respecter des règles sibyllines qui offrent, comme le rappelait avec pertinence le candidat du NPA, dans la même période, 86 heures à Nicolas Sarkozy, 62 heures à François Hollande… et 53 minutes à Philippe Poutou. On comprend donc assez mal cette volonté de respecter scrupuleusement une règle dans une même émission.

 

Audrey Pulvar donc, à la dent dure, rétorqua à son contradicteur que la critique était malhonnête en rappelant qu’à l’époque, personne ne l’avait forcé à venir – on était alors en dehors de la campagne – et lui reprochant d’avoir insinué qu’elle ne savait pas ce qu’était un ouvrier qui gagne moins de 2000 euros par mois. La légitimité proviendrait, apparemment, de votre "pauvreté" dans ce débat qui accable tant le capitalisme. En d’autres termes, Poutou s’estime victime de mépris social et pour démontrer son affaire utilise, sans coup férir, une argumentation qui revendique le mépris des castes. Le serpent qui se mord la queue.

 

Attaque mesquine

 

Pour autant, était-ce la peine, Audrey Pulvar, de sous-entendre que Philippe Poutou n’avait pas écrit de ses mains son livre, sachant qu’à l’exception notable de François Bayrou et de François Hollande, aucun politique n’est en mesure de se passer d’un nègre ? 

 

"Ce que vous écrivez dans ce livre puisque c’est quand même vous qui signez ce livre donc vous êtes engagé par les propos qui son tenus dedans…" L’attaque est mesquine car oserait-elle formuler le même reproche aux autres politiques qui sont passés par le plateau de Ruquier ?

 

Philippe Poutou, plus pugnace

 

Si Philippe Poutou ne releva pas, force est de constater qu’il fut autrement plus pugnace que lors de son précédent passage. Et cette vigueur se traduisit dans la familiarité de certaines de ses invectives, qui tranchèrent avec les hésitations de celui qui cherchait ses mots de peur de ne dire une bêtise irrémédiable même s’il ne put s’empêcher de lâcher en prélude, alors que sa syntaxe faillit : "faut que j’essaye de chercher mes mots, car là faut que j’démarre bien". On ne se refait pas.

 

Cela ne l’empêcha donc pas de se lâcher à grands coups de "putain", "on s’en fout", "foutage de gueule". Fi du mépris social, le mépris fut pour la belle langue. Mais il vaut certainement mieux un excès de naturel qu’un homme qui s’englue dans une pensée mal construite comme ce fut le cas la fois précédente. 

 

Philippe Poutou le 18 octobre 2011 à Marseille (B. HORVAT/AFP)

Philippe Poutou le 18 octobre 2011 à Marseille (B. HORVAT/AFP).

 

Pour autant, les contradictions du NPA toujours présentes

 

Pour autant, Philippe Poutou est-il parvenu à effacer les contradictions du NPA, qui avaient tant transparues alors ? Rien n’est moins sûr.

 

A la question précise qui lui demanda ce qu’il le différenciait de Mélenchon, il répondit que s’il partageait des idées et des combats avec lui, il ne pouvait pas accepter cette "idée que l’on pourrait faire quelque chose avec le PS". L’occasion de tacler le candidat des ouvriers, quand il rappela qu’en septembre dernier, en milieu de cortège d’une manifestation, le président du Front de gauche l’avait snobé jusqu’à ce qu’une caméra ne pointe le bout de son objectif. Caméra braquée sur lui, il vit enfin une main se tendre au bruit d’un "ah camarade, que je suis content de te voir"... La cécité, c’est bien connu, résiste peu aux feux des projecteurs…

 

A la question précise qui lui demanda comment il allait expliquer aux petits épargnants et aux quelque 500.000 employés de banques qu’ils allaient tout perdre quand le NPA nationaliserait les banques sans indemnisation, et annulerait la dette ce qui les ruinerait toutes, il parla alors de "foutage de gueule" et expliqua qu’il suffisait de le décider. Difficilement compréhensible d’autant que l’expropriation des banques, selon lui, deviendrait un impératif d’un point de vue social et d’un point de vue… "écologique" (sic). Puis il asséna, en mode Coué : "il suffit d’embaucher" et en mode fataliste pour les épargnants "de toutes façons en ce moment rien n’est garanti"…

 

Philippe Poutou répond ce qui lui passe par la tête

 

Et ne cherchez pas à comprendre, puisque, à vouloir des éclaircissements, Pulvar et Polony se virent répondre "vous parlez, puis je parle ? On va pas nous refaire le coup d’il y a 4 mois". En d’autres termes, elles posent des questions et il répond ce qu’il a envie de répondre et les temps de paroles seront bien gardés…

 

A la question précise de Natacha Polony qui lui expliqua, comme tenta de le faire en vain Hélène Ségara qui pourtant évoquait son destin personnel avec franchise, que sa décision de vouloir faire passer la taxe professionnelle à 50%, doublée d’une interdiction de licenciement, mettaient dans le même sac grands industriels du CAC 40 et petit maçon, il répondit par une envolée lyrique finale variée et diversifiée qui évoqua pêle-mêle la famine dans la corne de l’Afrique, la catastrophe de Fukushima et les guerres au Moyen-Orient. C’est flou, et quand c’est flou…

 

Des clartés obscurantistes

 

Mais il y eut des clartés pour le moins obscurantistes. Et l’on se demanda tout d’un coup s’il eut mieux valu ne pas laisser un voile sur certaines choses.

 

Sur le refus des valeurs républicaines, telles que le drapeau bleu blanc rouge ou encore la Marseillaise, étendards dont il conteste l’utilisation à Mélenchon dans les meetings, il évoque le colonialisme passé et l’Histoire sombre de la IIIème République raciste pour justifier ses réticences. Avant de proclamer vouloir la libre circulation des Humains comme à l’époque de la… préhistoire !

 

Sur notre Histoire nationale, tout juste consentit-il se revendiquer de Jaurès… tout en refusant l’héritage de Blum, à qui il refuse la loi des congés payés qu’il attribue à la seule grève nationale. Rajoutez à cela une lourde charge sur le traitement réservé à BHL dans l’émission qui selon ses dires ne se fit jamais couper, et certains pourront se demander à juste titre la raison pour laquelle Philippe Poutou vint à s’acharner sur Léon Blum et Bernard-Henri Lévy, généralement les cibles de personnes un peu moins placées à gauche…

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est donc que Philippe Poutou s’est bien fait entendre. Celui qui sort un livre intitulé "Un ouvrier c’est là pour fermer sa gueule !" a tenu à mettre en pratique un titre qui annonce la couleur. Pour le reste, ce sera aux électeurs de juger. Et il y a matière pour se faire un avis.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 20:48

Ce jour-là sera à marquer d’une pierre blanche. Il y avait déjà eu le tsunami Lapix. Il y aura l’attentat suicide dans "Des paroles et des actes". Marine Le Pen avait prévenu : elle ne débattrait pas avec Jean-Luc Mélenchon. Toute l’émission reposait sur ce suspense. Qu’allait-il donc arriver au moment où le président du Front de gauche allait venir sur le plateau ?

 

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sur le plateau de France 2 le 23 février (Capture Le Plus)

 Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sur le plateau de France 2 le 23 février (Capture Le Plus)

 

Il faut bien l’avouer, la réalisation a mis les petits plats dans les grands : en fond, sur le gigantesque écran plasma, Mélenchon et son équipe en coulisses apparaissaient alors qu’elle était interrogée par Fabien Namias.

 

L'odeur du soufre

 

Entre temps, François Langlet avait en vain demandé des réponses précises sur ses directions économiques, tant sur les fameux 3% sur lesquels elle avait trébuché dans "Dimanche+", que lefantasme des fausses cartes vitales, ou sur la dévaluation ou les épargnants français qui se retrouveraient avec 20% de moins. Une pure incantation face aux interrogations légitimes du journaliste économique et les demandes réitérées de David Pujadas.

 

Il y eut le débat, plus que courtois avec Henri Guaino. Peu éclairant et c’en était même à se demander ce qui finirait par les différencier sur le fond. Mais ce sera au candidat Nicolas Sarkozy de tenter de le faire.

 

Et puis Jean-Luc Mélenchon est apparu. Il commença comme si de rien n’était. Comme si. Car tout le monde savait. Et pour cause : tout le monde en parlait et pressentait l’odeur du soufre. Sa question, assez fine par ailleurs sur la question de l’avortement de confort, fut donc formulée.

 

 

Dédaigneuse, le regard rieur, l’attitude, hautaine, Marine Le Pen a alors bu d’un geste presque maniéré, trop délicat pour être honnête : elle ne répondra pas. Fuyant le regard, elle a très vite donné raison à ceux qui pensaient qu’elle redoutait le débat. Et ses minauderies n’ont trompé personne.

 

Le débat n’aura donc pas lieu. Jean-Luc Mélenchon lancera ses invectives, habilement centrées qui plus est sur sa politique familiale, cœur névralgique du hic qui empêche de voir le FN de Marine Le Pen comme un nouveau FN, car la femme y garde le rôle précaire de la femme au foyer, choyée à grands coups d’allocation qu’on refusera à celui qui travaille mais qui n’est pas Français. Marine Le Pen répondra, de manière mécanique et peu crédible que Mélenchon, en l’insultant, avait insulté ses électeurs potentiels. Autant l’argumentation pouvait être éventuellement perçue (à défaut d’être partagée) sur le plateau de Laurent Ruquier samedi soir lorsqu'elle évoqua notamment la une de l’étron de la discorde, autant l’argument parut fallacieux à souhait, surfait, prétexte à ne pas répondre.

 

Une parodie de débat

 

La parodie dura jusqu’au bout et une seule question nous brûle les lèvres : à quoi donc a servi David Pujadas dans cette affaire ? Pourquoi n’avoir pas interrompu cette mascarade puisque Madame Le Pen en refusait le jeu ? Pourquoi ne pas avoir laissé seulement Mélenchon parler, puisqu’elle refusait d’utiliser son temps de parole si ce n’est pour refuser de débattre ?

 

N’est-on pas en démocratie ? Le débat n’est-il pas l’essence même de ce qui nourrit notre République ? Marine Le Pen s’est sentie insultée parce que Mélenchon la traitait notamment de "semi-démente" : mais qu’elle l’attaque en justice, elle qui cumule les procès en tous genres. Le propre de la démocratie n’est assurément pas de refuser le débat.

 

Et quelle hypocrisie lorsque l'on sait qu’elle a collé deux procès au présentateur Laurent Ruquier,ce qui ne l’a pas empêché de venir sur le plateau d’"On n’est pas couché" et de parler avec l’incriminé. Pourquoi aurait-elle donc agi différemment face à Mélenchon si ce n’est parce qu’elle craignait l’affrontement ?

 

On se souvient comment le candidat du Front de gauche avait été pertinent lors de leur dernier bras de fer, le jour de la Saint-Valentin lorsqu'il avait expliqué que les microbes ne décryptaient pas les cartes d’identité.

 

 

Marine Le Pen se revendique la candidate du peuple et de la démocratie puisqu’elle se présente aux élections, mais elle n’en accepte pas les règles. Pour elle, l’affrontement n’a de sens que s’il lui donne des lettres de respectabilité.

 

La démocratie ne peut se permettre un tel luxe. Et lorsque l'on valse à Vienne en de fâcheuses postures, lorsque l'on légitime les écarts de papa et ses évocations encore plus fâcheuses, pour ne pas utiliser un suffixe encore plus juste, (lui qui évoque le poète antisémite Robert Brasillach) ou lorsque l'on abrite dans son parti des militants, des cadres qui déclarent vouloir, encagoulés, attacher à un arbre une journaliste (Caroline Fourest), nue en pleine forêt, pour la laisser en proie à toutes les démences, sous le prétexte qu’elle ne partage pas vos idées et qu’elle l’exprime haut et fort, alors oui, peut-être n’avez-vous pas votre place en démocratie !

 

 

Et la sentence s’impose d’autant plus lorsque l'on dénigre celui qui est votre égal, puisqu’il se présente au même titre que vous, au suffrage universel, en le rebaptisant de "leurre" ou de "voiture balai de M. Hollande". Et que dire de la lecture d'un journal en pleine allocution de son contradicteur. Mépris pour la démocratie.

 

Marine Le Pen a tout simplement implosé. Sa petite vitrine, savamment organisée, pour cacher la remise si nauséabonde n’a pas tenu à l’émission jeudi soir. La petite boutique de Marine Le Pen a implosé en direct. Le grand écart entre les anciens démons et ses nouvelles marottes n’a pas tenu. Nul ne sait si les électeurs confirmeront cet effondrement spectaculaire de celle qui voulait devenir aussi grosse… que son père.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 20:24

Ça devient presque une habitude. Fâcheuse. Mais telle est la rude loi de la Vème République.

 

François Bayrou lors du Conseil National du MODEM, le 26 novembre à Paris (CHAMUSSY/SIPA)

François Bayrou lors du Conseil National du MoDem, le 26 novembre à Paris (CHAMUSSY/SIPA)

 

Aujourd’hui, "Paris-Match" en complicité avec l’IFOP publient une étude édifiante sur des projections de deuxième tour qui n’ont jamais été rendues publiques. Et pour cause : seuls François Hollande et Nicolas Sarkozy sont testés, d'où la question que l'IFOP a dû travestir pour l'occasion : "Des deux personnalités suivantes, laquelle préférez-vous ?"

 

Et le résultat pourra surprendre : François Bayrou battrait et Nicolas Sarkozy (61 contre 37 %, avec 2 % ne se prononçant pas) et François Hollande (51 contre 48 %, avec 1% ne se prononçant pas).

 

Une habitude disais-je, puisque déjà en 2007, Bayrou l’aurait emporté face à Ségolène Royal et le même Sarkozy. Plus dure est l’accession du premier tour. Mais quelle drôle d’élection en démocratie que celle qui voit le vainqueur du second tour perdre au premier…

 

Il y a quelques jours, déjà, Laurent Neumann, de "Marianne", avait vendu la mèche, sur la chaîne au public confidentiel, LCP, au détour d’un débat sur les forces en présence de la présidentielle :

 

Sondages second tour : Bayrou vainqueur dans... par buildfreedom

 

Pourquoi ces sondages ne sont-ils réservés qu’aux seuls QG ? Ne serait-ce pas le travail du journaliste que de dévoiler ce type d’information ? Le citoyen n’a-t-il pas le droit de savoir que François Bayrou est le SEUL candidat à pouvoir battre et François Hollande et Nicolas Sarkozy ? Et notamment qu’il serait capable de réussir là où Nicolas Sarkozy est certain d’échouer, à savoir de battre François Hollande ?

 

On comprend mieux pourquoi François Hollande s’adonne à une violente charge à l’encontre de François Bayrou dans le livre qui sort ce jour : "Cet intrépide chevalier de la petite escouade centriste", qui a "du panache", mais un "panache gris" : "Son programme est un anti-programme. Comme si ne rien promettre résumait une politique. En le lisant, je suis saisi par la peur du vide. (…) Se refusant de définir sa majorité, il n'en trouvera aucune."

 

Aimable, n’est-il pas ?

 

Hollande sur un marché à Paris, le 19 février 2012 (FRED DUFOUR/SIPA).

Hollande sur un marché à Paris, le 19 février 2012 (FRED DUFOUR/SIPA)

 

Pas de quoi être surpris pourtant. La vérité est que François Hollande a peur. Et de la même manière qu’il avait été décidé de durcir le ton, le candidat PS y est allé de la plume. Une saillie peu naturelle à en juger certains qui estiment en outre qu’elle sort à contretemps. Le même François Hollande qui dénonçait il y a peu "les attaques, la falsification, la caricature". Autre candidat, autre mœurs ? Anosognosie, mal corrézien ?

 

Le changement, c’est aussi d’une seconde à l’autre avec François Hollande… 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 20:23

Dire que l’on nous avait vendu l’événement est le moins que l’on puisse dire. La venue de Marine Le Pen chez Laurent Ruquier samedi soir sentait le soufre et tout le monde avait son avis sur la question, quitte à estimer qu’il n'était pas raisonnable de contraindre l’animateur à recevoir sapersona non grata favorite au mépris de l’équité des temps de paroles en période électorale (car l’équité ne peut se voir de manière impressionniste sur l’ensemble d’une chaîne lorsque l'on prend en compte et l’audimat et la cible des émissions).

 

Marine Le Pen sur le plateau du Grand Journal le 22 mars 2011 (F. GUILLOT/AFP)

 Marine Le Pen sur le plateau du Grand Journal le 22 mars 2011 (F. GUILLOT/AFP)

 

Avant même que le débat ne commence, Laurent Ruquier a tenu à mettre les points sur les i : rappelant qu’il était tout à fait normal d’accueillir tous les candidats, dans le cadre du débat démocratique, l’animateur s’est même dit "ravi de (la) recevoir". Recevoir un parti qui se présente de manière démocratique dans des élections pour débattre démocratiquement de son programme ? Qu’il est saugrenu de voir qu’en 2012, cela reste quelque chose dont il faille s’enorgueillir et se satisfaire sur le service public.

 

Marine Le Pen fidèle à elle-même

 

Et c’est bien ce qu’il faut retenir sur ce débat si redouté : d’affrontement, il n’y en eut point. Et à bien des égards, les échanges vifs qui précédèrent la venue de la présidente du FN furent autrement plus virils entre Marc Lièvremont et Audrey Pulvar, qui non contente de ne rien connaître au rugby et d’émettre des jugements péremptoires quelques peu déplacés pour une profane qui s’assume comme telle, a reconnu avoir établi son jugement sur des extraits de conférence de presse qu’on lui a fourni.

 

Cela veut-il dire que des sujets ont été évités ? Point du tout.

 

 

Les signatures ? Elles en sont à 415 et même si Marine le Pen reconnait qu’il y a une accélération, et comment pourrait-il en être autrement quand elle fut mis notamment par François Bayrou en face de ses responsabilités (reconnaître que le système fonctionne ou accepter l’aide du système), elle estime que le rythme n’est pas suffisant pour être rassurée.

 

Les purges au FN, alors que certains bannis étaient des pourvoyeurs de parrainages comme en témoigne un de ceux-là, Carl Lang ? Cela montre, selon Marine le Pen la "droiture de la direction de (son) mouvement", alors que ce n’était pas son "intérêt".

 

La valse scabreuse à Vienne ? "Si j’avais fait une erreur je l’aurais dit". Il faut dire que Marine Le Pen persiste à dire que le FPO (parti autrichien de la liberté) est un parti respectable sous le prétexte qu’il est une des deux grandes forces politiques du pays et omettant que ses militants abritent parmi eux quelques nostalgiques aux relents nauséabonds. Mais, pour la présidente du FN, tous ces arguments ne sont que manipulations proférées par SOS Racisme. Une marotte qui rappelle le sort qu’elle souhaite réserver à l’association si elle était élue.

 

Finalement, Marine Le Pen aura été fidèle à elle-même sur le fond, même s’il faut reconnaître qu’elle a pris la peine de laisser parler ses contradicteurs, et qu’elle n’a pas surjoué sa grosse voix pour interdire tout échange. Le décompte du temps de parole aurait-il un effet bénéfique à la démocratie du débat ?

 

Comme toujours Marine Le Pen explique que son programme est différent de celui de son père parce que le contexte a changé. Argument caduque lorsque Natacha Polony lui demande comment le FN pouvait promouvoir pendant des années le chèque-éducation, qui avait vocation à casser l’école publique, avant de faire de la défense de cette même école publique une quasi priorité dans son programme : l’échec de l’école n’a pas attendu 2008 pour être avéré et le programme du papa faisait déjà le constat d’une école en déliquescence pour justement promouvoir l’école privée. Par ailleurs, la crise n’a fait qu’ajouter à ce problème les difficultés à mettre de l’argent dans notre éducation, là où, avant la crise, cela aurait été possible. Mais puisque la présidente du FN dit que la situation a changé.

 

Comme toujours, Marine Le Pen détourne les questions et ne répond que sur les diagnostiques en fondant son argumentation sur ce que tout le monde sent. Elle ne répondra ni sur les moyens de rétablir l’autorité à l’école (elle répond que ses enfants sont dans le public, elle… La belle affaire ! Nul n’a jamais pensé que l’école publique de Saint-Cloud posait de vrais problèmes d’autorité et d’enseignement). Encore moins sur le coût que représenterait les reconductions massives à frontière. Ni enfin sur la dévaluation et l’augmentation de 3% sur les produits importés, point sur lequel elle s’était déjà fait épingler par Anne-Sophie Lapix, il y a peu.  

 

La candidate FN a la mémoire courte

 

Et que dire de sa proposition "révolutionnaire" de placer dans la Constitution que "la République ne reconnait aucune communauté" qui fait déjà écho à l’article qui déclare que "la République est une et indivisible" ? Marine Le Pen explique que cet ajout éviterait de créer des soins spécifiques pour les communautés comme cela se fait en Angleterre. Oui, comme cela se fait en Angleterre où l’article sur l’indivisibilité n’existe pas et c’est bien parce qu’il existe en France que ce type de loi ne peut exister dans notre pays : le fantasme de la peur comme essence de la campagne.

 

Enfin, Marine Le Pen a semble-t-il "oublié" quelques déclarations qu'elle a faites. Sur la laïcité, elle prétend que le FN n’a pas souhaité en 2004 la loi sur le voile à l’école parce que la démarche était purement électoraliste. Aurait donc-t-elle oublié ce qu’elle déclara au journal d'extrême-droite "Présent" le 22 novembre 2003 au sujet de cette loi, qu’elle condamnait non pas pour l’électoralisme, mais parce que le port du voile y compris à l’école pouvait présenter quelques avantages ? "La question du voile est un moyen de s’apercevoir de l’importance de l’immigration (…) Nous disons donc que si cela peut dessiller les yeux des Français de voir se multiplier les voiles, il peut être bon d’en passer par là".

 

Mais la mémoire courte de Marine le Pen est surtout une mémoire sélective. Et l’ombre de l’affaire de la croix gammée ou de l’étron de "Charlie Hebdo" a plané sur l’émission et notamment sur la fin où la présidente du FN expliquait qu’on ne pouvait pas insulter 20% des Français sur le service public qui rémunéraient, eux aussi, l’animateur. Laurent Ruquier rétorqua qu’ils pouvaient zapper s’ils le souhaitaient. Crispations finales pour un débat qui finalement a fait beaucoup de bruit pour rien. Voilà Laurent Ruquier tranquille pour une lustre. En attendant bien entendu des retrouvailles autrement plus pêchues devant la Justice.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 20:23

Et si Nicolas Sarkozy venait de perdre définitivement l’élection présidentielle là où il s’y attendait le moins, sur la question gay ? Curieuse semaine qui vient de s’écouler qui devait voir sa déclaration chez Laurence Ferrari devenir la rampe de lancement de sa candidature et qui a vu les retombées de son interview au "Figaro Magazine", qui avait déjà sérieusement marqué un virage droitier, se faire doubler par l’affaire Christian Vanneste.

 

Un cafouillage qui vit même Thierry Mariani, fondateur de la Droite populaire, collectif qui abrite le député du Nord récidiviste sur ses diatribes anti-gay, devoir lâcher en pleine tempête son ami. Tout un symbole.

 

Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée dimanche 29 janvier 2012 à l'Elysée (L. BONAVENTURE/AFP)

 Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée dimanche 29 janvier 2012 à l'Elysée (L. BONAVENTURE/AFP)

 

Quelle étrange stratégie que celle utilisée par Nicolas Sarkozy sur l’épineuse question gay !Alors que tous les signes semblaient montrer, enfin, une évolution sur la question, le volte-face du président sortant a ému et surtout surpris. Les signes s’interrogeront certains ? Reprenons.

 

La première pierre fut apportée par un des proches du président de la République, lors de primaires aux élections régionales parisiennes, qui virent s’opposer Roger Karoutchi et Valérie Pécresse pour être tête de liste. Le premier, pensant peut-être séduire un électorat non négligeable en région parisienne, et sans doute à Paris même, fit un coming-out retentissant, alors que rien ne l’y obligeait. Ce fut le début d’une série d’événements qui avaient laissé croire que, peut-être, à l’UMP la donne avait changé.

 

En juin dernier, alors que le mariage gay est débattu, certains députés de la majorité soutiennent la proposition socialiste, dont un certain Franck Riester, qui fera quelques semaines plus tard son coming-out lui aussi, avant de devenir un des acteurs principaux de la campagne à venir du président sortant.

 

La question n'est plus taboue

 

En septembre, dans "Têtu", Benjamin Lancar, président des Jeunes Pop, et que l’on avait connu moins inspiré, se lâche en se déclarant pour la mariage gay, mais surtout en crucifiant Christian Vanneste:

 

"Je regrette que le courant conservateur ait prévalu et je souhaiterais que l'UMP condamne plus fortement les derniers dérapages. Vanneste n'a plus sa place chez nous."

 

La sentence n’est pas passée inaperçue, la victime de Lancar demandant en vain, des sanctions à l’égard du président des Jeunes Pop. Enfin, quelques ministres s’étaient déclarés récemment favorables au mariage gay : Roselyne Bachelot, une "militante" de longue date, mais aussi Luc Châtel et enfin Alain Juppé. Preuve que la question n'était ni taboue, ni circonscrite aux éléments de langage.

 

Et dans ce mouvement de fond, "Libération" semblait annoncer un virage historique quand il révéla Nicolas Sarkozy songeait à mettre le mariage gay dans son programme présidentiel.

 

Sauf que, dans le même temps, la fronde se préparait. Quand d’un côté les soutiens au mariage gay se multipliaient, se fortifiait en parallèle un collectif conservateur, et ô combien opposé  à la question, qui réunit une quarantaine de députés, à "droite de la droite" : la Droite populaire. Avec en son sein un certain Christian Vanneste, qui n’a pas attendu sa sinistre sortie de la semaine pour se pencher sur la question "homosexuelle"…

 


Retour sur les propos douteux de Vanneste sur... par LeNouvelObservateur

 

Jean-Luc Romero, un des premiers à droite à avoir révélé son homosexualité et sa séropositivité, et qui restait contre vents et marées à l’UMP, soutenu par son amie de toujours Roselyne Bachelot, avait claqué la porte en rejoignant le PRG avant de représenter le PS aux élections régionales, devenant conseiller Régional socialiste après avoir été secrétaire national de l’UMP. A "Têtu", il s’était confié sur les raisons profondes de son changement de cap :"Je suis très déçu de cette majorité. Tous les discours pour l'égalité et la lutte contre les discriminations n'ont été que des leurres. Il y a un décalage entre les discours d'ouverture et les actes." La majorité parlementaire UMP est très conservatrice, elle s'allie avec De Villiers, et au sujet de l’euthanasie. Jean-Luc Romero eut même maille à partir avec un certain Christian Vanneste… Etonnant, non ?

 

Les avis diffèrent à l'UMP

 

Récemment, ayant été alerté par les révélations de Libération, 82 parlementaires de l’UMP et du Nouveau Centre, rejoints par la suite par 33 autres, avaient signé une pétition à l’encontre du mariage gay en assimilant cette demande comme "une forme de communautarisme" et en défendant  "l’intérêt supérieur de l’enfant", prétendant que l’homoparentalité représentait une "discrimination entre les enfants" entre ceux qui auraient un père et une mère et ceux qui n’auraient pas cette chance (on n’ose imaginer bientôt une pétition pour interdire donc sur la recevabilité de cet argument, les orphelins, les enfants de divorcés ou les pupilles de la Nation…).

 

Alors, noyé dans ces courants contradictoires au sein de sa famille politique, comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu trancher sur le pont de la question gay ? Tout porte à croire que ce ne sont pas ses convictions personnelles qui l’ont amené à prendre ce virage. En effet, outre ses révélations dévoilées dans "Libération", ses proches ou ceux qui le connaissent continuent de dire qu’il n’a manifestement aucune hostilité envers le mariage gay, comme le rappelait vendredi soir Jean-Jacques Aillagon, ancien Ministre de la Culture du gouvernement Raffarin, et qui était invité chez Guillaume Durand dans l’émission "Rive droite", qui organisait un diner gay-friendly. Commentant la position de Nicolas Sarkozy dévoilée dans le "Figaro Magazine", il affirma : "il n’est pas opposé à l’Institution 'mariage homo' ou à la limite il s’en fout." Et l’ancien Ministre en déduisit alors : "la positon qu’il a prise est dictée par des considération de cynisme politique."

 

Le vote communautaire

 

Les propos de Jean-Jacques Aillagon, qui semble dire que ce n’est pas les arguments de fond qui ont poussé le président à renoncer au mariage gay, font écho à l’échange franc mais resté très courtois qu’ont eu cette semaine dans l'émission C à vous, Guillaume Blanc, président de Gaylible mouvement gay de l’UMP, et Valerie Rosso-Debord, dont les arguments furent balayés et remisés à la mauvaise foi qui les avait produits :

 

 

Gay Lib à C à vous Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

 

 

Non, si Nicolas Sarkozy a renoncé au mariage gay, ce n’est pas à cause de la crise (sic), ce n’est pas parce qu’il pense peut-être comme Christian Vanneste que la demande d’égalité des homosexuels s’apparenterait à une dérive "communautariste" (re-sic) ou encore que les Français ne sont pas prêts à l’accepter puisque les sondages montrent tout le contraire.

 

Non, si Nicolas Sarkozy a changé d’avis sur le mariage gay, c’est tout simplement parce que son ami Patrick Buisson a dû enterrer, contraint et forcé, ses plans qui le voyaient atteindre le second tour face à Marine Le Pen sur les thématiques de l’insécurité et de l’immigration. La greffe sur l’actualité n’a pas prise et François Hollande continue de caracoler en tête. Les trois scenarii qui restent peuvent sourire à François Bayrou, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy mais, dans tous les cas de figure, ils verront Hollande encore en course le 6 mai.

 

Récupérer les voix du FN

 

Dans ces conditions, pas d’autres solutions ne se présentent pour Sarkozy que celles qui consistent, comme en 2007, à siphonner les voix de Marine Le Pen. Mais pas sur le même thème qu’en 2007, bilan catastrophique oblige. Il lui fallait appuyer sur le talon d’Achille de la présidente du FN. Et qui d’autre mieux que Patrick Buisson connait cet électorat, originel du FN qui peut se trouver désabusé et désorienté par le discours républicain et trop "laïciste" à leur goût de Marine Le Pen, à savoir l’électorat tradionnalistes ?

 

Les apôtres de Bruno Gollnisch – lui qui est toujours prêt à venir défiler à la Marche pour la Vie, où l’on défile pour abroger la Loi Veil – ont été malmenés depuis quelques mois, et l’assouplissement de la position de Marine Le Pen sur certains sujets comme l’IVG par exemple (elle ne propose plus que le déremboursement et non son abrogation comme le préconisait le programme paternel), ont suffi à rendre cet électorat comme orphelin. Et ce n’est pas une surprise si Christine Boutin a sauté dans les bras de son ancien ennemi, sitôt l’entretien du "Figaro Magazine" publié.

 

Le calcul de Nicolas Sarkozy est simple : en récupérant une frange, aussi minoritaire soit-elle, du FN que représente l’électorat le plus réactionnaire et le plus conservateur qui soit à savoir l’électorat traditionnaliste, le président sortant espère ainsi freiner la progression de Marine Le Pen et s’assurer une avance suffisante pour tenir jusque avril.

 

Mais avait-il imaginé que, ce qu’il avait gagné par ailleurs, allait lui faire perdre bon nombre de voix, pour tous ceux qui, comme Guillaume Blanc, se reconnaissent dans la droite mais certainement plus dans le Sarkozysme ?

 

Pris dans la tempête Vanneste, mercredi, quelques heures avant sa déclaration de candidature chez Laurence Ferrari, Nicolas Sarkozy n’a pas eu d’autres choix que de sacrifier sur le bûcher le pourfendeur pour éteindre l’incendie. Mais personne n’a oublié qu’en 2007, il avait semblé prendre pareille direction, avant de renoncer à présenter face à Christian Vanneste un candidat avec l’investiture UMP. Ce qui revenait de facto à le faire réélire, ce dernier ayant rejoint par la suite les rangs de la majorité au sein de l’Assemblée.

 

S’étant vu capitaine d’un navire lors de l’annonce de sa candidature, Nicolas ne se voyait pas quitter le navire. Mais avait-il aperçu les récifs de la question gay sur lesquels se fissurait sa coque ?

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 20:22

Décidément Hervé Morin aura animé la campagne… à sa façon.

 

Si les pérégrinations de Christine Boutin dans sa course présidentielle ont ressemblé à un chemin de croix, celles d'Hervé Morin firent davantage penser à un vaudeville. Des joutes verbales avec Borloo au lâchage d'élus de son propre parti, le candidat du Nouveau Centre a davantage passé son temps à justifier sa candidature et à tenter de convaincre qu'il irait jusqu'au bout qu'à décliner la singularité de ses propositions. Et quelle singularité, serait-on tenté de dire quand il avait annoncé la couleur en voulant positionner le centre...à droite ?

 

Mercredi, alors que le président de la République allait annoncé son entrée en campagne et que Christine Boutin, "la bigote qui radote", avait déjà avalé son chapelet pour rejoindre le loup Nicolas Sarkozy, tout le monde lorgnait du coté d’Hervé Morin pour attendre un probable ralliement.

 

Le débarquement a bien eu lieu, sous la forme d’un lien menant tout droit à la page du site de campagne d’Hervé Morin. Voici le texte que l’on pouvait lire, daté du 15 février :

 

"Mes chers amis, qui m’avez soutenu si nombreux – bien plus que les sondages manipulés ne voulaient le faire croire - je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous faire part solennellement de ma décision, prise dans ma cuisine en surveillant une blanquette de veau, de retirer ma candidature prometteuse à l’élection présidentielle.

 

Cette décision, qui prouve à ceux qui en douteraient encore que je suis un homme d’Etat, est dictée par l’intérêt supérieur de la Nation. J’ai en effet des parrainages à ne plus savoir qu’en faire, ma candidature s’apprêtait à décoller de façon spectaculaire selon un sondage secret de DCRI, mais la menace socialiste qui pèse sur le pays est trop forte pour que je prenne le risque de maintenir la division dans ma famille politique.

 

Après tout ce que j’ai dit sur Nicolas Sarkozy, vous allez sans doute moquer mon ralliement, que j’assume pourtant pleinement. Nicolas Sarkozy est le seul à pouvoir assurer l’avenir de la France, et ma réélection comme député de l’Eure, qui est tout ce qui me reste.

 

Ce fut une belle aventure. Elle s’achève. Mais des tee-shirts et autres goodies "Morin 1944" seront très prochainement en vente sur ce site"

 

Le site du candidat avait été hacké pour offrir, une fois de plus, une tranche de rire sur la toile.

 

Affublé du sobriquet de "Monsieur 0%", Hervé Morin avait déjà provoqué l’hilarité générale il y a trois semaines quand une maladresse lui avait fait dire dans un discours en Normandie qu’il avait vécu le débarquement des alliés. Une prouesse pour cet "encore" jeune homme de la politique (il n’a que 50 ans) qui n’avait pu échappé à l’hilarité des twittos, qui lancèrent un jeu devenu célèbre : le "Morin McFly", en référence au nom du héros du film "Retour vers le futur".

 

Parmi les meilleurs : 

 

- "La gueule de Gutenberg quand je lui ai parlé de Twitter !" Hervé Morin

- "Bon, je vous quitte, j'ai mon char d'assaut en double file sur les Champs" Hervé Morin

- "Le bouquin de Bayrou sur Henri IV est largement basé sur mon journal intime de l'époque" Hervé Morin

- "La Bible, je la préférais en version originale ! J'en ai d'ailleurs signé la préface !" Hervé Morin

- "J'ai vu Louis XVI se faire guillotiner ; je peux vous dire que je faisais pas le malin" Hervé Morin

 

Avouons que de la part de l’homme qui fit ses vœux depuis sa cuisine, cette sortie était crédible, non ?

 

Les vœux d'Hervé Morin aux adhérents du Nouveau... par nouveaucentre

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et ce jeudi, alors que son équipe avait repris en main le site de campagne, on apprenait dans une interview à paraître dans "Le Figaro Magazine"qu'Hervé Morin jetait l'éponge. Et cette fois-ci, il ne s'agissait pas d'un gag.

 

Un centre n'existe que s'il est indépendant. Et pour l'avoir oublié, Hervé Morin, adepte du centrisme hémiplégique, a davantage nourri les risées que fourni un espoir dans le cœur des Français. Que peut-il espérer à présent si ce n'est remercier celui qui n'a investi personne sous l'étiquette UMPdans sa circonscription pour lui garantir une semi-retraite paisible ? Pas sûr que cette nouvelle fasse rire grand monde...

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:21

Autant prévenir tout de suite un lectorat qui aura tôt fait de voir en ces quelques lignes une charge immodérée et partiale à l’encontre de son candidat fétiche ou encore un exercice de style de mauvaise foi, passage obligé du militant que je suis. Il n’en est nullement question ici et je préfère le dire sans ambages : j’ai beaucoup de respect pour François Hollande, son itinéraire et les valeurs qu’il a, avec constance, défendues. L’homme a du talent et y rajoute un zeste d’humour, ce qui n’est pas pour déplaire.

 

Seulement, et c’est une triste litanie, la présidentielle a tendance à transfigurer les hommes et, pour être honnête, à les défigurer. Le candidat s’incarne dans cette métamorphose et ce nouveau costume offre une vision bien éloignée de l’homme et de ses valeurs.

 

François Hollande au Stade de France pour assister le match France-Irlande du Tournoi des Six Nations qui a été annulé, Saint-Denis, le 11 février 2012 (A.REAU/SIPA)

François Hollande au Stade de France, Saint-Denis, le 11 février 2012 (A.REAU/SIPA)

 

François Hollande n’échappe pas à la règle. L’homme qui apparaissait modeste, respectueux et sincère offre au fil de la campagne le visage d’un candidat arrogant, au point d’avoir conjugué les 60 propositions de son projet au futur simple de l’indicatif, comme s’il était sûr de son élection, et surtout aux vérités évolutives. Martine Aubry avait déjà été épinglée sur ce dernier trait, que Philippe Meyer avait identifié sous le néologisme de "menteresse". Chez François Hollande, l’on hésite entre le candidat-caméléon, qui modifie sa couleur de peau en fonction de celui qui observe, et le "menteur" qui tente maladroitement de dissimuler ses erreurs et ses manquements.

 

Et des erreurs, il en fait. Et ce n’est pas moi qui le dis, mais Michel Rocard lui-même dans le cadre d'un colloque organisé mardi soir à l'Assemblée nationale par le club "Inventer à gauche". L'ancien Premier ministre a confié ses impressions sur les "100 premiers jours" imaginés par le président Hollande – et l’on ne pourra pas reprocher à Michel Rocard de céder à un quelconque zèle partisan.

 

Le diagnostic de l’ancien Premier ministre de François Mitterrand, que François Hollande prend comme référence, est sans appel : les prévisions de croissance sur lesquelles est bâti le projet présidentiel ne sont pas "plausibles" : "L'hypothèse de croissance sur laquelle se fonde François Hollande n'est pas plausible." Dans un compte-rendu diffusé par LCP, les observateurs rapportent que Michel Rocard avait reconnu que les chiffres proposés par le PS s’opposaient à ceux que donnent l’Insee et l’OCDE. Et Rocard de rectifier pour tenter d’épargner son candidat : "Ce n'est pas lui que j'engueule, c'est le parti."

 

La révélation offre une brèche béante à ses adversaires, qui l’accusaient déjà de vouloir dépenser plus que nos finances le permettraient, jusqu’à la caricature. La preuve, l’UMP, devant occuper artificiellement le terrain, avait organisé une séance de spiritisme, version Téléthon, pour exorciser l’impact de la primaire sur les enquêtes d’opinion.

 

Comment croire en effet une seule seconde à une erreur de calcul ou de jugement de la part des cadres qui ont estimé le projet de François Hollande ? Ces chiffres n’étaient-ils pas conditionnés par l’ampleur des promesses effectuées par le candidat et qui ne pouvaient être fondées, pour paraître réalistes, que sur une croissance providentielle ? Un maquillage qui fait désordre pour celui qui veut apparaître dans la transparence et la vérité et qui rappelle l’adage de Pasqua : les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire.

 

De la même manière, François Hollande avait fait de la finance son adversaire principal au Bourget. De quoi rassurer la gauche de la gauche qui avait en tête le "capitaine de pédalo" lancé par Mélenchon. Ça, c’est François Hollande côté pile en somme.

 

Mais à la presse étrangère, en l’occurrence "The Guardian", où il faut rassurer ne serait-ce que pour éviter une inquiétude des marchés en cas d’élection, le candidat PS déclare :

 

"La gauche a été au gouvernement pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a rien à craindre !"

 

Soyez donc rassuré, peuple de gauche, avec Hollande au pouvoir, ce sera ouverture des marchés à la finance et à la privatisation ! Et il s’en vante ! Il faut dire que l’on a tous en souvenir la fabuleuse opération réalisée par l’État français qui, sous l’inflexion de Lionel Jospin, privatisa les autoroutes. Ça, c’est François Hollande côté pile.

 

François Hollande au Stade de France pour assister le match France-Irlande du Tournoi des Six Nations qui a été annulé, Saint-Denis, le 11 février 2012 (A.REAU/SIPA)

François Hollande au Stade de France, Saint-Denis, le 11 février 2012 (A.REAU/SIPA)

 

Alors haro sur la finance, ou vive la privatisation et l’ouverture au marché ? Hollande, le candidat-caméléon qui fait de la complaisance l’essence même de la campagne. Dis-moi qui tu es et je te dirais ce que tu veux. Une méthode pour le moins douteuse qui ne s’arrête pas à ces deux récents exemples, qui sont la continuité d’une tradition débutée dès la primaire : la valse sur les 60.000 postes dans l’Éducation (création, puis redéploiement, puis promesse de postes dans l’enseignement et non d'enseignants), celle éternelle sur les retraites (appréciée à sa juste mesurepar le Front de gauche lui-même...), ou encore les aller-retour sur le pacte sulfureux passé avec EELV

 

Finalement, il semblerait que le candidat François Hollande n’ait qu’un seul programme : gagner. Ou de la confusion entre la finalité et les moyens d’y parvenir. Décidément, je préfère nettement l’homme politique au candidat-caméléon Hollande…

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:20

C’est avec une grande tristesse, oui, une grande tristesse, lecteurs, et idolâtres des aventures de "La bigote qui radote" de voir la série se terminer prématurément. Oh, soyons honnête nous nous doutions que l’affaire serait pliée d’ici mi-mars, date limite de la remise des signatures au Conseil Constitutionnel… Mais tout de même, les au revoir ne sont jamais choses aisées.

 

Christine Boutin donne une conférence de presse le 21 novembre 2011 à son QG de Levallois (WITT/SIPA)

Christine Boutin donne une conférence de presse le 21 novembre 2011 à son QG de Levallois (WITT/SIPA).

 

Pensez donc ! "La bigote qui radote" est au "Plus" ce que "Martine" est à la littérature de jeunesse, Ulysse à la mythologie grecque ou encore le piment d’Espelette à la nourriture basque. Pire, nous terminons nos aventures sur une sixième aventure ! Le 6 ! Le 6 ! Le 6 ! Trois fois ! Diable sois-tu de la fête ! Fi de nos déchirures, l’apocalypse est donc survenue. Place à son récit. Aussi pénible soit-il. Le chemin du supplice.

 

La bigote s’en était donc allée sur la route de Compostelle à la quête de parrains. Elle avait déjà bien été baptisée une fois, mais Diable que la péripétie fut douloureuse ! Comme marquée au fer rouge. La fureur ne la quitta jamais. Et elle l’avait promis : la bombe nucléaire serait déclenchée si elle n’obtenait pas satisfaction. Diantre, le monde en eût tremblé, si la bigote ne radotait pas tant. Mais enfin le Petit Chapelet Rouge continua son chemin et s'en alla par le chemin le plus long, s'amusant à cueillir des risettes, à courir après des signatures, et à faire des bouquets des petites promesses qu'elle rencontrait.

 

Le loup, ce Nicolas Sarkozy n’en demandait pas tant pour courir tant et plus vite que la bigote. Et se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, en plaçant tant d’embûches et tant de troncs d’arbre sur la route de la bigote, qu’elle en fût déconfite.

 

La mèche était tout prête à être allumée. Le petit Chapelet y mit les formes et déclama son homélieen faisant de François Bayrou son arche de Noé. Dût-elle en manger son bréviaire et sa haine profonde pour la sainte Laïcité. On allait voir ce que l’on allait voir.

 

Mais le chemin faisant, les badauds se firent rares. L’herbe n’était pas si drue. Les chapelles de fortune pas si accueillantes. Et le déluge menaçait de ses nuages noirs persistants. La noyade menaçait la bombe elle-même.

 

C’est alors qu’arriva le messie. Le loup, dans sa grande générosité se montra clément, voyant que sa frange conservatrice lui faisait défaut en ces temps de famine. Nicolas, puisque tel était son nom, fit appel à son héraut, "Le Figaro", pour rassurer sa population : honni le mariage gay, honni l’euthanasie.

 

Transmission du glaive, la chapelle était sauve. Notre bigote qui se voyait ingérée, ressortit d’un bond du ventre du loup. ragaillardie, elle revendiqua 100 circonscriptions, pas moins, pour s’assurer des prairies fleuries. Oubliée la bombe nucléaire, qui fut métamorphosée en pétard mouillé. Ainsi en va-t-il des contes enchantés.

 

La bigote qui radote va donc faire sa révérence. Et manger son chap…elet. Retour au bercail. Les oies sont bien gardées. Point de rafiot chez Bayrou-Noé mais une bien belle échappée, dûment récompensée. Et la bigote peut souffler ; son avenir est préservé.

 

Moralité :

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

 

Diable ! Serait-ce la morale de "la Grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf" ? Pouf ! Grenouille de bénitier. Certainement. Mais ne l’accablez pas. Elle ne sera pas seule.

 

Ainsi, plus tard cette semaine, nous verrons comment Hervé Morin, Tartuffe chez les Centristes, rejoindra notre bigote pour de plus folles aventures encore.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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