Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire »
La phrase de Voltaire peut paraître contradictoire pour la Voix du nord. Hélas. Hélas que l’on en arrive encore à confondre paradoxe et contradiction. Car elle exprime l’essence même du débat démocratique. Visionnaire, elle montre quelle erreur les médias ont faite durant des années, et qui, en partie explique le funeste résultat du 21 avril 2002. Car en voulant bâillonner Jean-Marie le Pen durant les années 80 et 90, les médias, plutôt à gauche dans ces années-là ont cru pouvoir l’étouffer.
Profonde erreur.
Chaque élection qui passait donnait encore plus de voix au leader de cette droite extrême. Plus on l’évitait, plus il flirtait sur la victimisation, son refrain préféré, déclarant, avec une démagogie redoutablement efficace, que l’on ne veut faire taire que ceux qui détiennent la vérité. Croire que c’est le Pen qui a utilisé la thèse de la conspiration, c’est oublier quelle responsabilité endosse les médias dans cette affaire.
Toutes ces années nous auront montré que ce n’est pas en raréfiant les propos de Le Pen que l’on atténue la propagation des idées fâcheuses. Bien au contraire.
Alors encore une fois la phrase de Voltaire n’est pas contradictoire. Loin s’en faut. Elle est l’expression même de ce que doit être la démocratie : combattre par les idées. Et sur ce terrain là, Le Pen et le Front national ne font assurément pas le poids. A condition que l’on veuille bien accepter le débat.
Jean-Marie Vanlerenberghe n’a donc pas seulement fait son travail. Il laisse la démocratie faire le sien. En ces temps, c’est suffisamment rare pour être applaudi. Des deux mains, droite comme gauche…