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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 10:46

Quel plateau de télévision, quel studio de radio, quel animateur n’a t-il pas vu passer Olivier Besancenot ces derniers mois ? Marionnette de Sarkozy pour les uns, homme proche du peuple pour les autres, le facteur le plus célèbre de France attire les flashs et les cameras. La moindre de ses prises de position est relayée, commentée et débattue. Il est plus présent médiatiquement que Bayrou, qui a pourtant fait 4 fois et demi plus de voix au 1er tour de la Présidentielle…

Reprenant à son compte l’adage des chevaliers, « sauver la veuve et l’orphelin », le leader du NPA est à l’écoute de la moindre larme, de la moindre colère, doté d’ubiquité parfois, d’omniscience tout le temps. Empathique, il écoute et tape sur les puissants. Toujours plus facile que faire l’exercice inverse. Pas encore assez affuté pour être le néo-Robin des bois, capable de voler aux riches pour redistribuer au pauvre, il se tourne vers la légende hispanique et se contente de griffer, d’un B qui veut dire Besancenot. Serait-il devenu le Zorro  des temps modernes ?


Creusons un peu, affinons le personnage, tentons de lui ôter le masque.


Tout d’abord, intéressons nous à son image. Arrivé sur le PAF pendant la campagne des Présidentielles de 2002, l’homme a tout de suite séduit. Il a bénéficié d’un double concours de circonstance. Alors que le discours de l’extrême gauche lassait, comme le montra la lente érosion d’un PC tenu à l’époque par Robert Hue ou encore la multiplication des petites listes qui rendaient leur discours inaudible, un changement intervint à l’automne 2001 avec un formidable élan de sympathie qui naquit autour d’Arlette Laguiller. Davantage pour l’image de la femme courageuse et militante que pour les idées qu’elle véhiculait. Songez donc que les sondages lui donnèrent jusqu’à 11% d’intention de votes au 1er tour. L’extrême gauche retrouvait de la voix. Arlette emmena dans son sillage Olivier Besancenot, lui aussi travailleur sur le terrain et candidat à une élection présidentielle.

D’autre part, c’est l’image de Besancenot qui lui assura sa propre réussite. Assez charismatique pour séduire la ménagère de moins de 50 ans, tout en donnant l’image du genre idéal, et surtout, la base de son succès, sans être trop édulcoré avec un physique trop proche des papiers glacés des magazines : juste ce qu’il faut pour être mignon, sans être beau et arrogant. Un homme du peuple. Le casting était presque trop parfait. Au placard Krivine et sa compagnie. Place à l’artiste. Son destin était tout tracé.


Lâché comme un pur sang, Besancenorro fit une percée improbable dans ce 1er tour marqué par le sombre épisode Le Pen : plus de 4% dès sa première candidature… De quoi faire pâlir de jalousie sa concurrente directe, qui rama elle durant 6 élections pour égaler le score. 30 années de lutte d’un côté de la balance, pour 6 mois de représentation de l’autre. Cela vous dessine le costume…

Mais l’image ne suffit pas. Certes, l’on peut se dire que cela a suffit pour certaines candidates à la présidentielle, dont nous ne mentionnerons pas le nom ici même par pure décence, mais une image sans slogan et sans idées s’affadit et se sclérose à l’épreuve du temps.
Place donc aux idées.

Et cette fois-ci le vrai Besancenot va être démasqué.


Car le facteur de Neuilly met au service de ses idées une redoutable rhétorique, qui lui permet de tenir tête aux hommes politique en place tout en se faisant comprendre du grand public. L’elocutio revisitée par Besancenot est redoutable et unique dans le PPF (paysage politique français…).  Car maitriser un discours tout en maniant avec aisance le variation de style (haut et bas) n’est pas la chose la plus aisée. Raison de plus devant tant de maîtrise rhétorique de se méfier. Car il n’est d’armes plus redoutable pour vous faire avaler des quantités de couleuvres…

Et il ne s’en priva pas lors de la dernière Présidentielle, en proposant un budget pour la France à hauteur de 350 milliards d’Euro par an… ce qui revenait à présenter chaque année un déficit équivalent à… 18% du PIB… Assez éloigné des critères européens (3 pour rappel) et surtout aller sans-retour vers la faillite du pays…


Alors pourquoi proposer quelque chose d’utopique ? Certains avancent que l’utopie fait partie de l’extrême gauche. Ce n’est pas faux. D’autres que les promesses font partie du jeu politique, rappelant l’adage cynique de Pasqua : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». C’est vrai aussi. Mais la démarche de Besancenot est bien plus dangereuse.

Car la faillite de la France provoquerait un séisme digne de celui qui secoua l’Argentine en 2001. Cela ne vous rappelle rien, la théorie du grand soir ? Trotskiste un jour, Trotskiste toujours pour Olivier Besancenot. Ce n’est plus le Zorro de la Vega, mais plutôt un justicier version Dark Vador, le Zorro de la force obscure.


Tout concourt à cette image :



Le pouvoir ? Il n’en veut pas. Du moins tant que le système actuel perdure (le système actuel ? La démocratie ?)

Son séjour en Martinique ? Des travaux pratiques pour l’étudiant en renifleur de colère qui vient voir comment unifier les maux et les exaspérations pour les appliquer en France !

 



Edifiant


Son nouveau parti fait comme lui : il avance masqué. Il a pris le soin de faire enlever le terme « révolutionnaire » comme pour taire la finalité.  Son avatar ? un porte-voix.


 

Version De la Vega : pour faire entendre les petites gens.

Version Dark Vador : car la manifestation et la colère est nécessaire à l’accomplissement d’un objectif unique : le grand soir, la révolution et la prise du pouvoir par le Peuple dans la rue. Cela s’appelle un coup d’Etat…

 

Il avance, masqué. Déguisé. Le Zorro de la force obscure n’a peur de rien. Et surtout pas de la veuve et de l’orphelin . 

L’itinéraire de Besancenot, ne l’oublions jamais c’est donc avant tout des circonstances propices et un casting parfait, fortuit peut-être, mais parfait au final.

Alors méfiez vous ! Méfiez-vous de ces médias qui font passer de La Vega pour Dark Vador. Olivier Besancenot est Janus : un gentil facteur qui entend corriger les marasmes sociaux provoqués par le néo-libéralisme mais aussi un révolutionnaire qui ne craint pas d’aller dans la rue, au combat, et d’attendre le grand soir pour prendre le pouvoir par la rue…   

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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