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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 10:46

MarianiOn aurait tort de croire que la Droite populaire ne s’occupe que du terrain sécuritaire et de l'immigration. L’un de ses piliers inscrit dans sa charte est le social. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy avait conseillé à ses frondeurs un peu trop zélés sur le territoire déjà géré par Patrick Buisson de s’y atteler davantage.

 

Et à y regarder de plus près, on voit que les députés fondateurs du collectif y mettent une ardeur particulière, comme Georges Mothron, maire d’Argenteuil qui s’est singularisé pour avoir fait voter un arrêt antimendicité dans sa ville et pour avoir fait usage du Malodore pour repousser les SDF

Depuis ce week-end, c’est Thierry Mariani qui s’est penché au chevet du social. Normal, puisqu’il est ministre chargé des Transports. Sa proposition est clairement sociale : il désire organiser un fichier des allocataires sociaux afin de lutter contre les fraudes.

 

À l’heure où Madame Lagarde, tout juste sortie du gouvernement pour se placer sur le trône du FMI, vient de voir son avenir s’assombrir, comme il était prévisible, dans l’affaire de l’arbitrage de l’affaire Tapie pour "complicité de détournement de biens publics" et "complicité de faux", la sortie médiatique tombe à pic. Comme souvent à l’UMP.

 

Le problème, encore une fois, c’est que la démagogie, c’est un peu comme la rumeur : vous pouvez bien la démonter et démontrer le faux, il en restera toujours quelque chose dans l’opinion.

 

Mariani2Car évidemment Thierry Mariani, c’est Robin des bois. Dans la forêt de la Présidentielle, il met tout en œuvre pour sauver son Richard, un Lion affamé qui craint pour son trône. Et tous les coups sont permis, même celui qui consiste à occulter la fraude bien plus importante chez les employeurs que chez les allocataires, comme le rapport du MECSS l’avait souligné en juin dernier, relevé notamment sur Marianne.

Mais Thierry Mariani et l’UMP aussi – puisque Xavier Petit Jean Bertrand a abondé dans son sens ce lundi – savent trop bien que, sur ces sujets, la maxime de Madame Jourdain, femme du Bourgeois gentilhomme, primera toujours sur la recherche de la vérité : "Il le gratte par où il se démange." Dénoncer les salauds de pauvres qui volent sera toujours plus porteurs que de s’attaquer aux plus puissants.

 

"Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir." Robin a quitté Sherwood et hante les bois de La Fontaine.

 

Mais le peuple n'y voit rien dans le crépuscule vespéral de la forêt, bien loin des clairières de la lucidité. Pour eux, Mariani reste Robin des bois, qui récupère les bourses pour les redistribuer aux braves gens.

 

Mais le Robin de la droite n’est pas celui de Sherwood. Quand le sauveur de Richard Cœur de Lion volait aux riches pour redistribuer aux pauvres, Robin de la Droite prétend que les voleurs sont les pauvres, les pestiférés, pour voler au secours de son Richard, Lion avide de garder sa couronne et prêt à marquer au fer noir tous les animaux qu’il estime touchés par la peste. Robin s’invite dans la forêt de La Fontaine :

 

À ces mots on cria haro sur les pauvrets.

Un Mariani quelque peu clerc prouva par sa harangue

Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Se faire aider par autrui ! Quel crime abominable !

 

Hardi. Quelle dextérité dans la duperie !

 

Mariani3D’autant que, Mariani, à qui on ne la fait pas, avait bien anticipé la grogne de ses éternels détracteurs : équilibrons les choses en s’attaquant aussi aux fraudeurs du Haut. Les promesses n’engagent que ceux qui le croient. Le corbeau Mariani avait parfaitement retenu la leçon de Maître Renard Pasqua, l’ancêtre de ces bois…

Et un homme averti en vaut deux. Rappelons pour la vigilance de chacun la récente polémique concernant les grands groupes pétroliers. Ces derniers étaient accusés de ne pas répercuter de manière égale la baisse et la hausse des prix de l’essence en fonction des fluctuations du prix du baril. Pourtant, Eric Frère Tuck Besson crut presque Total sur parole au nom d’une étude de la DGCCRF qui portait sur quelques mois, quand celle de l'ESG Research Lab publiée le 6 juillet analysait les deux dernières décennies…

 

Deux poids deux mesures, avez-vous dit ?

 

On le sait bien, Robin est fidèle à son souverain. Il met tout en œuvre pour que son Richard retrouve son trône. Et le dos des gueux est suffisamment large pour assurer ses arrières…

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 16:45

Parlons de la rhétorique de nos chers politiciens. Et maître parmi les maîtres, débutons notre revue par le tenant du titre, j’ai nommé Nicolas Sarkozy.


La conférence de presse du G20 du mois de juin avec Angela Merkel a accouché d’un tour de force, passé relativement inaperçu. Pourtant, la réponse du Président à un journaliste du Monde relève d’un artifice verbal des plus brillants de sa, déjà, longue carrière :

 

 

 

 

Décortiquons le phénomène :

Tout d’abord, il part d’un argument de logique des plus implacables : 1 contre 40.000. Anne Lauvergeon seule face à 40.000 employés ! Quelle que soit la nature de la comparaison, le différentiel chiffré engendre un tel déséquilibre qu’il est largement suffisant pour convaincre. Aussi la sentence qui suit est implacable : "la crédibilité de la filière nucléaire française ne se réduit pas à l’action d’une personne quelle qu’elle soit".

Mais le plus fort reste à venir.

Le journaliste du Monde pose une question sur la direction d’Areva. Nicolas Sarkozy fait lui une comparaison entre l’entreprise Areva et la rédaction du Monde. Et file même sa comparaison en expliquant que le changement de direction du Monde ne changerait pas pour autant la crédibilité des journalistes.

Arrive alors la question rhétorique assassine : "Dois-je comprendre, d’après votre question que c’est tout le travail des journalistes qui est mis en cause parce qu’on change de Directeur ?" : Jamais le journaliste n’a pourtant affirmé pareille chose ! Incroyable tour de force : Nicolas Sarkozy fait dire à son contradicteur un argument qu’il n’a jamais dit.

Par un syllogisme implicite, il sous-entend que si le journaliste estime que le départ d’Anne Lauvergeon changeait quoi que ce soit à Areva, il en serait de même si on changeait la Direction du Monde à propos de la ligne éditoriale. Ce que, encore une fois, le journaliste n’a jamais dit ! Nicolas Sarkozy ne se contente pas de faire une analogie.

Il la produit et l’attribue à son contradicteur pour mieux lui rétorquer que l’argument est donc fallacieux. Le tout lors d’une conférence de presse, devant le monde entier, à un moment où le journaliste ne pourra pas répondre ! Ecoutez bien les crépitements des photographes au moment où il échafaude sa stratégie, comme pour mieux saisir l’extase qui envahit son visage, comme s’il était conscient que sa rhétorique allait faire mouche, sans coup férir :

 

 

 

 

Pourquoi une telle hargne ?Tout simplement parce que Môssieur le Président n’a pas supporté l’insolence de la question. Comment un journaliste français, du Monde de surcroît, dont la renommée dépasse largement les frontières, a-t-il osé résister à l’allégeance naturelle due à sa fonction ? Oser remettre en question les propos rassurants de Nicolas Sarkozy sur la crédibilité du nucléaire français ? Vous n’y pensez pas.

 

L’approche fut taxée au prix fort, d’un soufflet qui laisse une trace indélébile sur la joue. Ne l’oubliez jamais, journalistes, opposants, ou simples débatteurs : au moment d’affronter Nicolas Sarkozy, il faut être préparé, et reconnaître au quart de tour les tours de passe-passe rhétorique de Nicolas Sarkozy… Au risque de ne pas s’en relever.

Publié par Yves Delahaie, sur Le Plus – Nouvel Obs le 29 juin 2011.

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 19:14

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’invitation n’est pas passée inaperçue ! En fin de semaine dernière le Collectif parlementaire de la Droite populaire a convié la presse pour fêter  le premier anniversaire du collectif. Enfin pas tout à fait car le tract déclare aussi : "Apéritif saucisson vin rouge afin de fêter dignement la fête nationale"…

DP-copie-1

L’annonce a fait tout de même l’effet d’une bombe, car l’invitation n’a rien d’anodine et se place dans la droite ligne des apéros "saucisson pinard" initiés par Riposte laïque, le Bloc identitaire ou encore le FNJ.

Certains semblent tomber des nues de découvrir que cette branche parlementaire de l’UMP qui aime se faire appeler "Droite décomplexée" puisse jouer avec la fibre nationaliste. En y regardant de plus près, cette invitation n’est finalement pas une provocation en soi : c’est une suite logique d’un groupe qui se veut de plus en plus pressant auprès de l’Elysée.

DP2Au lendemain de régionales catastrophiques pour l’UMP, qui ont marqué une forte poussée du Front National, un vent de droitisation souffle dans l’hémicycle. Dénonçant l’ouverture de Sarkozy à la Gauche, Lionnel Luca et Thierry Mariani estiment que le président a été élu pour faire appliquer avant une politique de droite. En juin 2010, ils fondent le Collectif parlementaire de la Droite populaire et rédigent sa Charte. Le 14 juillet, le collectif s’honore de la signature de 25 députés autour de la charte qu’ils ont établie.

Que retenir de cette charte ? L’importance accordée à la Nation, le patriotisme et la République. Et la charte de marteler : "Contre les tabous du ‘politiquement correct’, nous sommes attachés au patriotisme pour redonner fierté, espoir et ambition aux Français. Fiers de notre langue et de notre histoire, nous défendons aussi les symboles de notre Nation".

Par ailleurs, le collectif affirme haut et fort son opposition "au communautarisme qui abîme la France et dissout la Nation. Nous défendons les valeurs de la République, tout particulièrement la laïcité contre l’intégrisme religieux. Ceux qui choisissent de vivre en France doivent adhérer aux valeurs de notre République par une démarche volontaire. L’immigration doit être contrôlée et maîtrisée."

Pour le reste le collectif insiste sur les valeurs de la France et de son rayonnement, et tout particulièrement sur quelques aspects qu’ils estiment primordiaux : la transmission des valeurs morales et civique à l’école, la famille comme "pilier qui garantit la solidité de notre cohésion sociale" et enfin la sécurité comme "première des libertés"…

DP3Des thèmes très à droite, très portés sur le patriotisme et qui a tout pour séduire un certain électorat. D’ailleurs, les fondateurs n’en font pas un secret. Michel Voisin, un des membres fondateurs, le confiait au Figaro en mars dernier après les cantonales, à propos du cordon sanitaire auquel s’était astreint la droite depuis toujours : "La droite ne peut plus appréhender le Front national, comme du temps où François Mitterrand le diabolisait". 

"Le problème du FN mérite une analyse plus poussée", poursuit-il. Il faut écouter nos électeurs sur le terrain. Pour eux, le vote FN n'est plus seulement un vote contestataire. Le parti de Marine Le Pen a changé. Il faut en parler (…)".   "On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment", ajoute Bernard Carayon, qui regrette l'appel de Fillon à voter "contre le FN".

Ajoutons à cela la position encore moins ambigüe de dès octobre 2010 de Christian Vanneste, autre membre fondateur du collectif ("Il est nécessaire et indispensable que l'on arrive à cette union de toutes les droites, y compris avec le FN", dont il dit que "c’est un parti comme les autres") et l’on verra que le dessin jadis esquissé par Bruno Mégret, notamment lors des régionales 1998, qui lui valut l’ire du fondateur du FN, et son exclusion, prend forme… 

Il faut dire que ce collectif, composé tout de même de plus de 40 députés UMP ou apparentés à présent sur les 314 que comptent l’Assemblée, a tout pour séduire l’électorat frontiste et confirmer le fait, qu’à droite, les idées du FN ont clairement fait leur chemin… 

On l’a vu dans la charte, les questions relatives à l’immigration et à l’identité nationale sont très au cœur de ce collectif. En janvier 2002, Thierry Mariani avait refusé de voter la loi qui reconnaissait le 19 mars 1962 comme Journée nationale du souvenir au victimes de la guerre d’Algérie. Le 5 mai 2006, Lionnel Luca demande l’abrogation de l’article sur l’enseignement de l’esclavage en ajoutant : "ceux qui au Antilles font toutes sortes d’amalgames avec l’esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs". Le même député se singularise en en 2009 à propos de l’exclusion des réfugiés afghans en déclarant : "Je trouve un petit peu indécent qu’on s’apitoie sur leur sort quand au même moment nos soldats se battent pour leur liberté. S’ils étaient des hommes, ils se battraient aussi pour leur liberté, sur leur territoire".

Un brin zélé les membres du collectif sur la question d’immigration ? Sans doute un peu trop puisque Nicolas Sarkozy leur a demandé de lever le pied en juin dernier pour se consacrer davantage au social : "Lâchez un peu les questions d'immigration et d'insécurité. Claude Guéant s'en charge très bien. Recentrez-vous sur le social". Il faut dire qu’avec Monsieur Guéant, la coupe est déjà bien pleine…

DP6Le social est d’ailleurs au cœur de leurs valeurs et le parcours de certains membres du collectif le montrent bien, comme Georges Mothron, maire d’Argenteuil qui s’est singularisé pour avoir fait voter un arrêt antimendicité dans sa ville et pour avoir fait usage du Malodore pour repousser les SDF. Toujours plus social, Lionnel Luca a proposé cette semaine d’interdire la grève pendant les vacances

Autre point d’accord avec le Front National, bon nombre de députés du collectif sont pour le rétablissement de la peine de mort et le 8 avril 2004, certains d’entre eux ont soutenu la proposition de loi 1521 qui visait à la rétablir pour les auteurs des actes terroristes (Jean-Michel Ferrand, Franck Gilard, Daniel Mach, Eric Raoult). Lionnel Luca va encore plus loin puisque en 1997, il a carrément déclaré à propos de la peine de mort que c’est "la seule façon d’empêcher la récidive des crimes sexuels". Sur ce point là, trouver la différence avec le Front National s’avère un peu plus complexe que de retrouver Charlie dans la foule…

Si le collectif déclare que la sécurité est la première des libertés, il joint la pratique à la théorie puisque Eric Raoult fut le premier à décréter le couvre-feu dans sa commune lors des émeutes qui embrasèrent nos banlieues en 2005… Logique puisque sa commune fut une des moins touchées du secteur. Monsieur Raoult qui, on s’en souvient, a pris soin de rappeler l’importance de la liberté d’expression en France quand il avait demandé au Prix Goncourt, Marie Ndiaye, un devoir de réserve, elle qui avait osé dire que la France de Sarkozy était "monstrueuse"…

 

Il faut dire que pour certains membres du collectif, la liberté d’expression ne peut aller que dans un sens : celui de la Droite décomplexée. Ainsi,il a officiellement soutenu Eric Zemmour, dénonçant "la judiciarisation du débat d’idées", en ajoutant : "Des initiatives seront prises prochainement afin de faire prévaloir la liberté de pensée fondée sur l’examen rationnel des arguments et non sur la diabolisation de certains protagonistes, coupables de quitter les sentiers battus de la pensée unique".

DP4Pour autant, cela n’a pas empêché Jean-Marc Roubaud d’être moins regardant sur la liberté d’expression puisque en mars 2006, il soumet à l’Assemblée Nationale un projet de loi visant à interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religions… Ce qui revenait en somme de rétablir l’interdiction du blasphème pourtant aboli en… 1791 !

Liberté de parole enfin dénoncée pour Roselyne Bachelot, puisque le collectif a tout bonnement réclamé sa démission pour son manque de solidarité avec les députés de la majorité dans l’affaire du mariage gay.

Mais là encore une fois, on touche un sujet hautement sensible. Si dans la charte la mention peut passer relativement inaperçue, le collectif ne mégote pas sur la famille : "Le collectif de la droite populaire croit en la famille, pilier qui garantit la solidité de notre cohésion sociale. Au sein des familles, l’éducation, les repères et la solidarité entre les générations doivent être promus et encouragés". Et force est de constater que la famille et les repères de la société ne passent pas par l’homosexualité. 

Faut-il rappeler l’ensemble de l’œuvre de Christian Vanneste qui de l’ "aberration anthropololgique" à l’amalgame entre pédophilie et homosexualité, n’a plus à fournir de preuve pour donner davantage de lettres de noblesse à l’homophobie. Brigitte Barèges l’a rejoint en obtenant la meilleure entrée de l’année, directement dans le top 10 de l’homophobie avec son célèbre "et pourquoi pas avec les animaux" quand l’Assemblée évoquait l’union de deux personnes du même sexe. Problème, Madame Barèges s’adonne au plagiat d’un de ses collègues du collectif, puisque François Vannson l’avait déjà faite en 1999, décliné sous une autre forme : "et les animaux de compagnie ?" à propos de personnes concernées par le PACS…

D’ailleurs, étrange transition entre Madame Barèges et Monsieur Vannson que l’affaire du PACS. Car, à regarder de plus près cette liste des membres fondateurs, une dizaine d’entre eux ont un point commun, et non des moindres, concernant la période du PACS : Lionnel Luca, alors maire de Villeneuve-Loubet, Patrice Calméjane alors Adjoint de son propre père à Villemomble, Bernard Carayon, maire à Lavaur, Jean-Michel Ferrand, maire de Carpentras, Franck Gilard, maire d’Andelys, Daniel Mach, maire de Pollestres, Richard Mallié, maire de Bouc-bel-air, Eric Raoult, maire de Raincy, Michel Voisin, maire de Replonges ou encore Bernard Reynes, adjoint au maire de Chateaurenard… 

DP5Leur point commun ?Ils ont tous signé (ou presque pour les adjoints) la pétition contre le CUS, le contrat d’Union Social, projet de départ du PACS. Outre l’opposition "à la mise en place d’un contrat d’union pour les personnes de même sexe" la pétition dénonçait "l’implication du maire en tant qu’officier d’état civil dans les célébrations d’un contrat de ce genre" et appelait les maires à refuser d’unir deux personnes du même sexe même si la loi leur imposait.

La liste des signataires est publiée dans Les Anti-PaCS ou la dernière croisade homophobe, par Caroline Fourest et Fiammetta Venner qui analysent : "En menaçant de ne pas appliquer une loi de la République, les maires anti-CUS ont (…) commis un abus de pouvoir en contradiction avec leur mission". 

Il est alors temps de relire la Charte du collectif : "Nous défendons les valeurs de la République"

Alors favorables pour certains à la peine de mort, quelques mesures anti-sociales ici ou là, une immigration choisie et contrôlée, quelques dérapages et autres déclarations fracassantes, une homophobie latente et à présent un apéro saucisson vin rouge. Mais dites moi, le 12 juillet le Collectif de la Droite populaire ont-il fêté dignement la fête nationale ou la fête nationaliste ?

Publié par Yves Delahaie, sur Le Plus – Nouvel Obs le 12 juillet 2011.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:54

GuéantAlors que la Cour des comptes émettait des doutes sérieux sur la gestion et l'efficacité des forces de sécurité en France, Claude Guéant, furieux, est monté au créneau en dénonçant, selon l'AFP qui s'est procuré une copie, "un nombre important d'inexactitudes, d'erreurs d'analyse, d'oublis et d'appréciations manquant parfois d'objectivité", ainsi que des "formulations abruptes" et des "sous-entendus contestables".

Le ministre de l'Intérieur enchaîne puisqu'il "conteste l'appréciation portée, dès les premières lignes du rapport, sur le caractère soi-disant 'contrasté' des résultats obtenus dans la lutte contre la délinquance depuis 2002". Enfin, Guéant d'en conclure : "Les rapporteurs adoptent une lecture trop systématiquement quantitative des ressources et des moyens disponibles, en omettant la dimension qualitative."

A la première lecture de ces déclarations, une première remarque, d'ordre linguistique s'impose : les résultats ne pouvant prendre eux-mêmes la parole, à moins d'une personnification propre à la fable ou au conte, il est impropre de parler du "caractère soi-disant contrasté des résultats". Il faut plutôt évoquer le "caractère prétendument contrasté des résultats". Mais il y a si longtemps que ce gouvernement s'essaye aux barbarismes qu'il ne convient plus de s'en offusquer.

En revanche, concernant le fond de la déclaration, il serait de bon ton de crier "Au barbare !". Car la seule réflexion qui devrait venir en tête de chaque observateur, de chaque journaliste, et pour le dire tout simplement de chaque citoyen :

 

Mais de quoi je me mêle ? 

 

Au nom de quoi Monsieur Guéant s'autorise-t-il à faire des commentaires sur les conclusions et les préconisation de la Cour des comptes ? Mais quel diable l'a piqué au vif pour lui autoriser ce que d'aucuns ne se serait permis de faire en des monarchies moins sarkozyennes ? Car il n'est nul besoin d'être un devin pour imaginer que le ministre de l'Intérieur ait eu le feu vert de l’Élysée pour faire une sortie de la sorte. Et il en est de même pour toutes les prétendus couacs ou autres boulettes qu'il fit par exemple sur l'immigration...

Alors que depuis hier, ses collègues du gouvernement n'en finissent plus de commenter la polémique et d'alimenter le spectre du populisme, la réalité est bien plus cruelle : le gouvernement n'a pas le droit de commenter le rapport de la Cour des comptes. Il en retourne de la séparation des pouvoirs qui fait que chacun d'eux est indépendant.

La Cour des comptes est la juridiction financière de l’ordre administratif en France. Elle est elle aussi complètement indépendante. C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'on y a placé un socialiste à sa tête, en l'occurrence Didier Migaud. Son rôle est d'aider et de renseigner les pouvoirs exécutifs et législatifs. L'accuser de partialité n'est donc qu'une affabulation des plus grotesques. Sous l'ère Sarkozy, quand on n'est pas d'accord avec le président on est partial. Normal puisque quand on enquête sur un des ministres, on utilise des méthodes fascistes...

Pour autant, en gardant la tête froide et en revenant aux principes mêmes de notre République, et en faisant fi des représentations fantasmagoriques que certains veulent lui substituer, le gouvernement n'a pas le droit de commenter ce rapport. De même que Monsieur Hortefeux n'avait pas le droit de dénoncer le laxisme de la justice il y a exactement un an, qu'il n'avait pas le droit de pointer du doigt des magistrats en septembre dernier, de qualifier une décision de justice "disproportionnée" en décembre dernier. De même que Monsieur Sarkozy n'avait pas respecté la présomption d'innocence dans l'affaire Clearstream, en parlant de coupables au lieu de prévenus...


 Une séparation des pouvoirs qui vacille 

 

La séparation des pouvoirs n'existe plus depuis 2007. Et sans doute même depuis 2002, pour ce qui est des faits relatifs au ministère de l'Intérieur. Et l'exécutif, le législatif et le judiciaire ne sont pas les seuls touchés. D'autres domaines, que l'on peut légitimement intégrer dans une vision moderne de la séparation des pouvoirs sont atteints : le président de France Télévisions est désigné par le président de la République (car nul n'est dupe de la ratification automatique aux 3/5ème d'une Assemblée qui n'est que factice depuis l'inversion des calendriers électoraux), les grands groupes de presse sont détenus par des puissants industriels qui sont, de notoriété publique des proches de Nicolas Sarkozy, lui-même s'est proclamé pour le financement des mosquées pour mieux contrôler l'Islam de France. Il ne manquerait plus d'ouvrir le budget de la France à la Bourse pour que la séparation des pouvoirs ne subissent un inceste suprême...

 

A l'approche des présidentielles, il serait grand temps de rappeler quelques principes. Anciens certes. Mais la démocratie ne date pas d'hier : de la Grèce antique précisément. Et pourtant, ses édifices sont plus fragiles que jamais aujourd'hui. Sarkozy et le gouvernement ou les éléphants dans le magasin de porcelaine démocratique...

Publié par Yves Delahaie, sur Le Plus – Nouvel Obs le 8 juillet 2011.


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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:14

Premier billet sur le thème de la rhétorique de nos chers politiciens. Et maître parmi les maîtres, débutons notre revue par le tenant du titre, j’ai nommé Nicolas Sarkozy.

La conférence de presse du G20 la semaine dernière avec Angela Merkel a accouché d’un tour de force, passé relativement inaperçu. Pourtant, la réponse du Président à un journaliste du Monde relève d’un artifice verbal des plus brillants de sa, déjà, longue carrière :

 

 

 

 

Décortiquons le phénomène : tout d’abord, il part d’un argument de logique des plus implacables : 1 contre 40000. Anne Lauvergeon seule face à 40000 employés ! Quelle que soit la nature de la comparaison, le différentiel chiffré engendre un tel déséquilibre qu’il est largement suffisant pour convaincre. Aussi la sentence qui suit est implacable : "la crédibilité de la filière nucléaire française ne se réduit pas à l’action d’une personne quelle qu’elle soit".


Mais le plus fort reste à venir.

 

Le journaliste du Monde pose une question sur la direction d’Areva. Nicolas Sarkozy fait lui une comparaison entre l’entreprise Areva et la rédaction du Monde. Et file même sa comparaison en expliquant que le changement de direction du Monde ne changerait pas pour autant la crédibilité des journalistes.

Arrive alors la question rhétorique assassine : « Dois-je comprendre, d’après votre question que c’est tout le travail des journalistes qui est mis en cause parce qu’on change de Directeur ? » : JAMAIS le journaliste n’a pourtant affirmé pareille chose ! Incroyable tour de force : Nicolas Sarkozy fait dire à son contradicteur un argument qu’il n’a jamais dit. Par un syllogisme implicite, il sous-entend que si le journaliste estime que le départ d’Anne Lauvergeon changeait quoi que ce soit à Areva, il en serait de même si on changeait la Direction du Monde à propos de la ligne éditoriale. Ce que, encore une fois, le journaliste n’a JAMAIS dit ! Nicolas Sarkozy ne se contente pas de faire une analogie. Il la produit et l’attribue à son contradicteur pour mieux lui rétorquer que l’argument est donc fallacieux. Le tout lors d’une conférence de presse, devant le monde entier, à un moment où le journaliste ne pourra pas répondre ! Ecoutez bien les crépitements des photographes au moment où il échafaude sa stratégie, comme pour mieux saisir l’extase qui envahit son visage, comme s’il était conscient que sa rhétorique allait faire mouche, sans coup férir :

 

 

 

 

Pourquoi une telle hargne ? Tout simplement parce que Môssieur le Président n’a pas supporté l’insolence de la question. Comment un journaliste français, du Monde de surcroît dont la renommée dépasse largement les frontières, a-t-il osé résister à l’allégeance naturelle due à sa fonction ? Oser remettre en question les propos rassurants de Nicolas Sarkozy sur la crédibilité du nucléaire français ? Vous n’y pensez pas. L’approche fut taxée au prix fort, d’un soufflet qui laisse une trace indélébile sur la joue. Ne l’oubliez jamais, journalistes, opposants, ou simples débatteurs : au moment d’affronter Nicolas Sarkozy, il faut être préparé, et reconnaître au quart de tour les tours de passe-passe rhétorique de Nicolas Sarkozy… au risque de ne pas s’en relever.

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 17:13

Quel capharnaüm suite aux déclarations fracassantes de Laurent Wauquiez ! Lui, le bon élève de la classe Sarkozy, le benjamin, le genre d’abonné au premier rang, toujours bien élevé, toujours bien coiffé, toujours tout sourire, que l’on a envie de baffer à la sortie de la récré. Incroyable scénario qui voit ce homme au parcours sans faute, à la rhétorique si policée, à la pensée toujours nuancée se faire prendre comme un débutant.

Oui tellement incroyable… que je n’en crois pas un mot. Pas un seul.

laurent-wauquiez-le-11-mai-2011-10456854njvlf 1713Revenons un peu sur les polémiques de l’UMP. Difficile d’en dresser une liste exhaustive depuis le début du quinquennat. Chaque semaine, des sorties, en apparence incontrôlées, viennent émailler le quotidien des médias, qui trop heureux se de mettre un peu de soufre sur la dent, en font leur choux gras en déclinant à l’envi ce mot devenu un tic de langage  : couac. Et force est de constater que le rythme s’accélérant, le couac est devenu le toc de l’UMP :  Des immigrés dans un bateau jusqu’au débat sur la laïcité, de la suppression du bouclier fiscal à celle de l’ISF, d’une laïcité « ouverte » prête à financer des mosquée jusqu’à le rétablissement d’un concours d’entrée en sixième type « certificat d’étude », des salles de shoot jusqu’à la possibilité envisagée de faire composer des étudiants juifs la nuit pour cause de Pâques juive, de la destitution possible de la nationalité française au sentiment de ne plus être chez soi, de la croisade en Lybie l’embauche à vie des fonctionnaires… Toutes ces sorties médiatiques qui ont alimenté la chronique et provoqué tollé sur tollé ne sont pas toutes l’œuvre d’anonymes députés de l’UMP en mal d’images, comme l’excentrique et non moins extrémiste Chantal Brunel ou encore l’inutile Christian Jacob. Non. Ils ont pour la plupart des noms biens connus, des fonctions parmi les plus hautes placées, des responsabilités qui montrent la confiance que Nicolas Sarkozy leur porte : Valérie Pécresse pour l’histoire des étudiants juifs, Jean-François Copé pour le certif’ et le débat sur la laïcité, Roselyne Bachelot pour la salle de shoot, Benoit Apparu pour la laïcité light ou laïcité zéro selon vos goûts,  Brice Hortefeux pour la destitution, et Claude Guéant pour… l’ensemble de son œuvre.

Et croyez-vous que tout ce joli monde se permettrait autant de dérapages, autant de polémiques, porteurs d’opprobre publique et de baisse dans les sondages avec la mansuétude de Nicolas Sarkozy ? Pensez-vous vraiment que tout ceci ne serait que le fruit d’un hasard et d’une totale improvisation ? En tous cas les médias semblent le croire puisqu’ils relayent chacune de ces polémiques. Et les opposants politiques n’en ont cure puisque cela donne de l’eau à leur moulin de la critique pavlovienne. Tout est beau dans le meilleur des mondes.

Sauf que tout ceci est parfaitement calculé. Avec deux mots d’ordre : tester l’opinion publique. Mais surtout que l’on en parle. Et ça marche.

Pour preuve, analysons la dernière en date, celle par laquelle j’ouvrais mon billet, celle de Monsieur Wauquiez.

En apparence, tout ressemble à une sortie de route : le style « l’assistanat, cancer de la société », les remontrances de Fillon qui affirme que la séquence sur le bilan des quatre ans vient d’être gâchée, la gauche, les Verts, Mélenchon, les faux-culs faux-centristes avec Daubresse en tête à queue avec le parti dont il est vice-président, le relais médiatique tambour battant… A l’unisson.

BuissonSauf que cette idée n’a pas eu que des opposants. Et les débats se multiplient pour savoir si c’est une bonne ou une mauvaise idée. Encore une fois, la droite se divise entre des libéraux qui veulent se droitiser et les autres qui jouent les offusqués. En arbitres, Fillon et Sarkozy viennent siffler la fin de la récré et tranchent en faveur des plus bruyants, ceux qui se sont plaints. « On en tiendra compte pour le programme de 2012 »… Le beau rôle. Officiellement on a gâché le bilan des quatre ans. Officieusement, qui a pu croire deux secondes dans l’entreprise de persuasion lancée par le gouvernement pour vanter quatre années d’incompétence ? En ces temps où les primaires socialistes et les affaires de jaguar prenaient trop de place, il était temps de reparler un peu de l’UMP. Le coup de com’ est parfaitement réussi.

D’autant, qu’en idiot utile, Martin Hirsh, papa du RSA, vient le rappeler et y ajouter sa graine :

 

 

 

Cette intervention est autrement plus efficace pour vanter le bilan des quatre ans, surtout de la part d’un débarqué plutôt amer, trop content de faire la leçon, plutôt que la campagne d’affichage et de publication organisée par Sarkozy et sa fine équipe de com’, non ?

Autre point subtile, notée par Nicolas Domenach. L’idée ne vient pas de Wauquiez, ce dernier n’étant que le porte-parole d’un conseiller et non des moindres : Patrick Buisson !

 

 

 

Pensez-vous vraiment que Monsieur Buisson se serait permis une telle sortie, même déguisé sous les oripeaux du délégué aux affaires européennes, sans en avoir averti le Président lui-même ? Quelle bonne blague !

Et à ceux qui douterait que l’Elysée soit capable de pareille manœuvre, sans doute faut-il rappeler ce passage de l’émission Complément d’enquête diffusée lundi soir sur France 2 et qui évoquait les stratégies pour le moins farfelues de Monsieur Buisson et qui ont tant de succès auprès du Président :

 

 

La stratégie est donc bien double ici : à court terme, créer du débat et quoi qu’il arrive avoir le bon rôle (celui qui arrête les polémiques quitte à renier les siens, ou au mieux, prendre l’idée au vol si la réception se veut positive), et faire doper le score du Front National en créant un climat délétère. C’est à présent une certitude : Wauquiez n’est qu’un prétexte, un simple vecteur d’une idée voulue par Sarkozy et soufflée par son conseiller Monsieur Buisson. Rentrant dans son logiciel politique qui condamne l’assistanat, l’idée a pu ainsi atteindre l’opinion publique et très vite dans les 48 heures un sondage d’opinion viendra confirmer ou infirmer l’opportunité d’une telle proposition de loi. C’est la stratégie du fusible : s’il tient malgré le court-circuit, il le laisse et l’utilise. S’il a sauté, il pourra le remplacer par un autre et dire qu’il était responsable de la panne. Ce qu’il ne dit pas c’est que l’incendiaire a un nom composé : Nicolas Sarkozy Buisson. 

Vous n’êtes pas encore convaincus ? Ne vous inquiétez pas ! A encore 11 mois de la Présidentielle, vous n’avez encore rien vu…

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 05:57

Quatre ans de Sarkozysme : bail à renouveler ou mise en vente ?

A louerC’est une belle demeure située en plein centre de Paris. La crémaillère fit grand bruit, il y a quatre ans, Place de la Concorde. Un ballet ininterrompu de chanteurs morts ou de chanteurs à mourir (d’ennui), ou encore destinés à mourir (artistiquement) ne s’étaient pas fait priés pour inaugurer les le nouveau bail. A l’époque, l’état des lieux mentionnait une bâtisse vieillissante, poussiéreuse, archaïque dans ses fondations. « A rénover » avait-on pris la peine de marquer sur l’annonce. Des travaux depuis, il y en a eu. Des tas. Des tonnes. Souvent le projet a été modifié pour laisser place à la même chose, quand il n’en est pas resté au simple devis, faute de financement. Si bien qu’à un an du  terme de ce bail, il serait temps de se poser la véritable question : le bail présidentiel est-il renouvelable en l’état ou une mise en vente s’avère-t-elle nécessaire ?

La visite s’ouvre sur un patio superbe, qui rappelle les débuts, l’état de grâce. A l’époque, par cette porte dérobée, sur la droite, se trouvait le passage conduisant vers les cuisines du restaurateur Fouquets, remercié depuis parce que cela jasait au-delà du buisson, dans la rue. D’ailleurs , c’est tout le personnel de maison qui a connu des va-et-vient impromptus : Fillon I, Fillon II, Fillon III ; sans compter les mini-remaniements, dus au personnel devenu dérangeant comme la petite Michèle. D’aucuns se sont dit que c’était sans doute le majordome qu’il fallût changer. Mais le locataire n’en démordit pas. Il avait, il faut dire, fait du choix de son petit personnel un véritable enjeu de Cour. Débauchant à sa gauche, détroussant le Centre, et déboussolant sa Droite, il avait imaginé une petite équipe au garde-à-vous, qui lui jurerait allégeance, affidés qu’ils étaient tous, jusqu’à renier leurs valeurs. Mais revenons-en au patio.

Sur les murs trônent encore les unes et les éditos élogieux qui foisonnaient. Il n’en figure qu’une maigre partie ici, tant les dithyrambes ne cessèrent de s’enchaîner des semaines durant. Même les plus railleurs, qui accusèrent leurs homologues de servir la soupe présidentielle en monopolisant l’espace médiatique autour d’un seul personne, se mordirent la queue en ornant leur « une » du nouveau locataire, semaine après semaine. Une sorte de fascination.

En avançant un peu plus loin, vous découvrez la pièce principale de cette construction bourgeoise, un rien baroque par son côté m’as-tu-vu et sa pendule Rolex qui trône majestueusement à côté de la bibliothèque verte (tous les exemplaires de la Pléiade, si ennuyeux et inutiles quand on veut travailler véritablement, ont été classés sans suite au grenier. Ne restent que cet exemplaire de Zadig & Voltaire et un disque de Renaud « tous coupables... sauf Carlos Ghosn ? » ). C’est dans cette pièce que le locataire y a rangé ses plus beaux trophées : la réforme des Universités, celle des droits de succession, celle de la Constitution…. En revanche au-dessus de la cheminée, la chose déglinguée que vous voyez là était un bouclier, le bouclier fiscal. Branlant comme pas un depuis son érection sur le mur, il finit par tomber comme on le pressentait un beau matin. Car c’est peu de dire que le séjour ressemble parfois à un véritable champ de ruine : la table dite du « travailler plus pour gagner plus », pierre d’angle de la nouvelle décoration, fut annoncée avant même l’emménagement. Notre nouveau locataire fit feu de tout bois pour l’imposer. Las, elle couta bien plus qu’elle ne rapporta. Il n’en reste à présent que quelques copeaux qui raviront la cheminée dès les premières lueurs de l’automne.

La porte-fenêtre donne une belle vue, malheureusement gâchée aujourd’hui par les écuries d’Augias, anciennement baptisées Bercy. Le nettoyage se fit attendre. En vain : il se fait attendre. Et se fera attendre. Pire, la dette devient abyssale. Attenantes à la maison principale, les écuries menacent les fondations. L’édifice est à surveiller de près.

A l’étage, les chambres… Enfin moins une. En effet la première chambre nuptiale fut très vite condamnée. Les fenêtres étaient restées grandes ouvertes et l’extérieur y fit des ravages.

La seconde est beaucoup plus harmonieuse. Complètement insonorisée. On eut juré que le locataire y avait élu villégiature sur l’aile gauche de la résidence avant de constater, sans le moindre doute possible, qu’elle se plaçait parfaitement à droite.

La chambre d’ami, elle, a vu de nombreux visiteurs. Certains reviennent avec assiduité comme Brice ou la pièce rapportée du trottoir d’en face le petit Eric (n’allez tout de même pas dire qu’il travaillait sur le trottoir !), ou encore Claude, qui se fait de plus en plus présent au domaine. En revanche, d’anciens locataires, pourtant favoris, n’y ont plus accès comme le grand Eric, banni pour Banier.

chapelleDans la cour, en face des écuries, le domaine peut compter sur sa chapelle. Jamais assez remplie et honorée pour notre hôte. De Latran à Ryad, en passant par la béatification de Jean-Paul II, elle se remplit à chaque occasion avec ferveur laissant parfois un couloir communiquant avec la propriété principale, ce que les anciens locataires s’étaient pourtant toujours refusé à faire. Il faut dire que notre résident a besoin d’espace depuis que sa cave est occupée. Cinq fois par jours. Et tous les vendredis à l’en croire. Il l’a même désignée comme la cause de tous ses problèmes d’installation, de tous les défauts de fabrication de la maison et de tous les incuries dont il était pourtant le seul responsable. A force d’y raviver la braise, il risque à terme d’y mettre complètement le feu. Et la vague Marine s’imposera alors comme le seul recours. Et le Déluge après un incendie a toujours représenté un risque pour les fondations…

Pour conclure, un petit conseil de l’agent immobilier : si vous trouvez un autre locataire, plus fiable, avec de meilleures garanties, n’hésitez pas ! Prenez-le !

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 21:11

Le moins que l’on puisse dire, c’est que mon portrait d’Hervé-Marie Morelle, candidat aux cantonales du canton de Lille Sud-Est pour l’UMP et accessoiriste du Lip Dup de la Majorité présidentielle, a suscité de vives réactions. Très vives mêmes.

peintreNombreux sont ceux qui ont reconnu parfaitement le personnage qu’ils côtoient. D’autres, ne le connaissant peu ou pas du tout, ont pu découvrir cet héritier de la droite sarkozyste qui n’annonce rien de bon pour les années à venir. Enfin, il y eut les fidèles parmi les fidèles d’Hervé-Marie. Remontés comme jamais, ils n’ont pas attendu pour tenter de dégainer. Et de me reprocher d’avoir fait une attaque ad hominem qui n’honore pas le combat politique. Est-il nécessaire de rappeler que ma peinture n’a touché que l’homme politique, Monsieur Morelle dans ses tergiversations de terrain (lui qui s’en revendique à qui mieux mieux), Hervé-Marie lorsqu’il était en action dans le débat d’idées ? Faut-il encore préciser que les cantonales sont scrutin uninominal, et qu’avant de voter, les électeurs sont en droit de connaître l’homme qu’ils ont en face d’eux, dès lors que le portrait ne veille pas à fréquenter les sentiers odieux du graveleux ? Rien de tout cela dans mon trait. Je l’assume.

 

Pour autant, certains ont franchi des limites. Du ridicule, c’était attendu. De la courtoisie, cela n’était en soi pas surprenant. De l’ignominie : là c’est plus grave. Jeudi soir, en sortant du métro, je découvre un message. Afin de ne pas trahir la pensée de son auteur, je vous le livre tel que je l’ai reçu :

« BONSOIR.

j'excuse que des excuses publics soient faite envers herve marie morelle , ce genre de comportement est indoigne de l'image que vous souhaitez donner de vous : un homme de cœur dynamique en fait vous etes un pietre arriviste qui se sert de toutes les opportunites                                                        faute d'excuses publique avant samedi soir , j'engage avec une action anti glaneur pour expliquer à vos clients qui vous etes »

 

Le message est signé Adel Bouzekri, avec l’adresse de campagne d’Hervé-Marie Morelle en copie.

  

La menace sera réitérée quelques minutes plus tard puis envoyée en copie à la Fédération du MoDem Nord le soir-même, se précisant ainsi :

« nous exigeons donc des excuses publiques de :

                                                               1) MR DELEHAYE YVES

                                                               2) du MODEM NORD

 ces excuses doivent imperativement etre formulee avant dimanche matin , nous n'oublions pâs que MR DELEHAYE essaye de se donner bonne conscience avec la tente des glaneurs , un incident etant vite provoque

nous ne souhaitons pas en arrive là mais tous le staff est pret , la balleest dans votrre camp »

  

Quelques précisions (outre le fait que mon nom ait été écorché… un détail) : depuis décembre je suis Président d’une association qui tente de redonner de la dignité aux personnes qui, dans le besoin, sont contraints de fouiller parmi les poubelles et les cageots abandonnés par les commerçant en fin de marché. L’association redistribue ce que les commerçants ne peuvent plus commercialiser mais qui reste apte à la consommation. J’ai pris la peine de ne JAMAIS l’évoquer dans ce blog, afin de ne pas enfreindre une ligne d’éthique : ne jamais mélanger l’engagement associatif et l’engagement politique. Aujourd’hui, devant une telle menace, je suis contraint de soumettre l’affaire à votre jugement : une personne s’est permise de prendre en otage une association de redistribution alimentaire, à visée caritative, pour justifier une vengeance politicienne. Comment peut-on tomber aussi bas ? Comment d’aussi vils actes peuvent-ils exister dans notre société ? Pourquoi les bénéficiaires de cette association devraiten-il être les tributaires et les victimes d’un règlement compte digne de bandes mafieuses les plus crapuleuses : « un incident est vite arrivé »…

 

Qui est Adel Bouzekri au juste ? Un sympathisant UMP à en croire la page de Marc-Philippe Daubresse, vice-Président de la Majorité Présidentielle.

 

AB1

Plus précisément, il fait partie du Conseil de quartier de Wazemmes, où il se singularise par des prises de paroles intempestives et des prises de positions que nous qualifierons de dérangeantes pour le démocrate que je suis (je n’en dirais pas plus car contrairement à lui qui s’étale dans la presse, je rappelle que les débats tenus en Conseil de quartier doivent rester officieux et secrets). Il s’était déjà montré sous un jour déjà fort peu sympathique, à la sortie d’un conseil, alors que je m’indignais de la décision des Supermarchés Match de s’asseoir sur une décision de justice et de forcer les ouvertures dominicales, au grand dam des caissières, qui n’ont pas d’autres choix que d’accepter le bras de fer avec la direction. Ce monsieur, qui travaille en qualité de consultant en immobilier, m’avait alors répondu « Ben moi je travaille bien certains dimanches et je ne me plains pas » ! Il est vrai que sa situation financière et professionnelle est en tous points comparables à celles de caissière de supermarchés…

 

Suite à ce courrier, Monsieur Hervé-Marie Morelle s’est empressé de réagir en se désolidarisant des menaces de Monsieur Bouzekri :

« Cette initiative de soutien est indépendante de l'organisation de ma campagne et même si elle peut être révélatrice de l’indignation de plusieurs personnes ayant lu l'article du blog écrit par votre militant, elle n'est en aucun cas une initiative soutenue et engagée par moi ou mon équipe. »

Vous remarquerez que Monsieur Hervé-Marie Morelle prend tout de même la peine et le temps de comprendre la réaction de son « collègue ». Presque de la justifier.

 

Toujours est-il que Monsieur Bouzekri a été contacté par de nombreuses personnes et a été dissuadé d’agir. Aujourd’hui, en plein marché, il fut aperçu. Mais suffisamment loin de l’association. Il n’y eut point d’esclandre.

 

Mais pour répondre à Monsieur Bouzekri, je veux bien faire des excuses publiques. Oui ! Je tiens à faire des excuses publiques… A LA LANGUE FRANCAISE. Car sans mon portrait, il n'y aurait pas eu tant d'entorses langagières. Comment peut-on écrire avec autant de fautes, autant de gaucherie et aussi peu de style ? Les menaces et les insultes doivent, pour être prises au sérieux, être pour le moins être rédigées dans un langage châtié et non point de la sorte. Alors pour aider ce Monsieur à sortir de cette impasse que représente son verbiage odieux, ce vomi verbal, que dis-je cette logorrhée d’analphabètes (quelle publicité pour l’immobilier ! ), je lui dédicace cette vignette d’Hergé :

 

jurons-Capitaine-Haddock

 

PS : Notons que pour moi l’affaire est close. A présent, je m’attaquerai à la seule chose qui compte : les idées et le programme d’Hervé-Marie Morelle. Mais ne pouvant que supposer les unes, et n’ayant pas trace de vie de l’autre, l’attente atteint ma patience…

 

PS2 : C’est bien la seule et unique fois que j’évoque ici même mon association. Croyez-moi, c’est bien malgré moi que je le fais. Puissions nous laisser tous les bénévoles et les bénéficiaires faire le fabuleux travail qu’ils effectuent chaque dimanche (et je ne m’inclus pas dans cette phrase parmi eux).

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 14:03

Il se présente comme le plus jeune candidat investi par l’UMP de la région. Tout sourire, ce lundi 3 janvier à Faches Thumesnil,  aux côtés du vice-président de l’UMP Marc-Philppe Daubresse et du Président des Jeunes Pop Benjamin Lancar, le premier, gardien de la nouvelle mouture façon Copé, le second représentant l’ancienne garde façon Bertrand.  Toute la famille de la droite gouvernementale est réunie autour de ce futur cadre amené à occuper des responsabilités, à en croire son blog éponyme.

 

Mais qui est au juste Hervé-Marie Morelle ? Les citoyens du canton de Lille Sud-Est connaissent-ils véritablement celui qui va se présenter au suffrage universel en mars prochain ?

HMM3Une petite recherche sur google sur le personnage donne rapidement le vertige : les occurrences sont nombreuses. Très nombreuses. Mais ce qui frappe l’œil, ce sont surtout les polémiques qui abreuvent les premières pages : héros d’un esclandre au conseil municipal de Lille, chef de fil des anti-blocage à Lille 3, des sobriquets peu avantageux comme « H meuh meuh » ou « troll »… Mais aussi, défenseur et soutien inconditionnel de son « ami » Benjamin Lancar, même quand ce dernier s’égare en faisant l’éloge de Pierre Laval, Président du Conseil sous le régime du maréchal Pétain et symbole de la collaboration, qu’il présente comme un membre "d'une classe politique autrefois courageuse" en lui reconnaissant d'avoir "redressé économiquement la France en 1932"… Délicat quand on revendique la légitimité pour incarner les jeunes "gaullistes". Il faut dire qu’Hervé-Marie Morelle est avant tout un homme d’image.

Comme celles, filmées, qu’il déroba en plein conseil municipal lillois, malgré les avertissements répétés des appariteurs… Ce jour-là, Martine Aubry rappelle à l’impertinent que ses méthodes sont celles d’une autre époque. Puis, fait confisquer le matériel du réfractaire, avant de lâcher un importuné « petit facho », précisant qu’il était un indigne conseiller de quartier. Dérapage que s’empressa de relater très rapidement notre futur candidat à la cantonale, jugeant exquises les délices colériques de la Maire de Lille pour le servir en notoriété. Il fut épaulé pour l’occasion de fidèle façon par les cadres de son puissant parti, jusqu’à Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat chargé à l’emploi,  qui s’exprima dans Les 4 vérités, l’émission politique matinale de France 2. Quelle meilleure audience Hervé-Marie Morelle pouvait-il espérer ? Dans son blog, il relaya tout ce qu’il put de coupures de presse en relais-télé, se posant alors en victime. Coup double : il  tente alors de déstabiliser celle contre qui s’oriente systématiquement la moindre de ses critiques, et il se pose en candidat rêvé pour les cantonales dans la capitale des Flandres pour une droite locale qui peine à faire émerger des têtes d’affiche jusqu’à faire appel à la nièce du célèbre Pierre Mauroy pour donner de la consistance… patronymique à son groupe d’opposition.  

Il fallait le voir s’émouvoir, en tous lieux du Web, de ce « petit facho » qu’il a répété à l’envi comme pour retourner l’argument de Martine Aubry (« des méthodes d’une autre époque »…). Pourtant à  voir Monsieur Morelle censurer le moindre commentaire sur son blog et sur sa page facebook, refusant la moindre contradiction, même parmi les plus argumentées, qui oserait lui montrer qu’il fait fausse route, il n’est pas dit que le qualificatif qui fusa ce soir de conseil municipal fût si mal choisi que cela…

HMM2Force est de constater que la vidéo est une marotte chez ce Sarkozyste revendiqué (enfin, beaucoup moins depuis qu’il est en campagne étrangement…). Et de voir Monsieur Morelle la proposer à tout bout de champ sous le vocable magique de « vidéo surveillance ». Véritable radotage institué par son maître local, Monsieur Christian Decocq qui en use et abuse dans ses saillies plus ou moins heureuses en conseil municipal, il sert de refrain à son disciple Morelle qui tente d’imiter le Sage en conseil de quartier. Las, ses propositions font sourire, pour les plus indulgents de l’assistance, surtout quand elles visent à empêcher le dépôt sauvage d’ordures sur la voie publique… Peu importe que ces vidéos touchent à l’intimité et aux libertés publiques. Il n’en démord pas. En vain. Le Truman show à la Morelle n’a pour le moment pas encore eu lieu. Mais les électeurs du Canton Lille Sud-Est sont prévenus.

HMmmmmmmmmmmmmm2.jpgPourtant, nous avions connu un Hervé-Marie Morelle plus respectueux de ce droit à l’image jusqu’à faire preuve d’un peu trop de zèle comme lors des Européennes où il exigea d’un opposant qu’il retirât de son blog une prise de vue le montrant de dos (donc méconnaissable a priori), en plein tractage pourtant, revêtant fièrement un Tee-shirt d’un goût plus que douteux : « Moi je suis de la France d’en haut »… Réminiscence de ses origines notables du Cambrésis qu’il aime rendre ostensibles, y compris sur ses tracts, comme celui qui inaugura sa cantonale sur lequel il paradait lunettes de soleil à la main, col roulé et chevalière au doigt. (voir plus bas) Ou encore dans la conversation, comme ce 9 juin 2009, lors du scrutin européen : alors que les électeurs se faisaient rares dans le bureau de vote qu’il présidait, quelques paroles fut échangées. Jusqu’à ce qu’une employée municipale qui ne savait plus où était la rue Brûle-Maison déclara : « Ah oui la rue de la CAF ! ». Hervé-Marie Morelle lança alors un retentissant « oui, chacun ses références »… Chacun appréciera l’à-propos de sa remarque qui en dit long sur le personnage. Il n’y a donc rien de surprenant à savoir que l’homme ne compte pas que des amis. Et c’est bien normal quand on le voit parler de l’une de ses collègues conseillères de quartiers en des termes assez peu élogieux qu’il adresse… à son fils sur le blog de Le journal de Geed  : « Votre maman ne s’exprime pas en conseil de Wazemmes, elle éructe en gesticulant sur son siège des inepties aussi vieilles qu’elle ! ». L’on comprend mieux à présent ce qu’il entend par « l’énergie de la jeunesse » sur son slogan de campagne… 

H2M4Preuve s’il en fallait que le bonhomme a du mal à canaliser cette énergie et plus précisément sa colère, Hervé-marie Morelle s’illustra avec encore plus de vigueur, et davantage d’incorrection lors de la campagne des régionales en mars dernier, quand Sciences-Po Lille l’invita à débattre au nom de l’UMP. Etant le seul représentant à ne pas figurer sur une liste, il était accompagné de fiches manuscrites par Valérie Létard elle-même qu’il exhiba non sans fierté. Sans doute aurait-elle dû insister plus encore sur le comportement à adopter devant l’adversité. L’impétueux, mal content de son fait, et des arguments incisifs de l’assistance, s’emporta vigoureusement contre une auditrice, à qui il demanda de justifier le bilan d’un maire PS d’une ville située à plusieurs centaines de kilomètres de notre campagne, lui aboyant même dessus. Puis, sommet de goujaterie, alors que Marine Tondelier, pour Europe Ecologie lui proposait de relire le programme de son parti, en tentant de corriger les inepties que proférait Monsieur Morelle, ce dernier refusa de prendre le document et le jeta à terre avec dédain en hurlant qu’il ne lisait pas « ça ». Tous les témoins s’en souviennent encore, ahuris devant un tel esclandre, teinté d’impolitesse et d’irrespect pour ses contradicteurs. Le soir même interrogé sur son facebook, il confesse alors n’avoir pas eu la bonne attitude mais se justifie en précisant que « tout le monde était contre [lui] ».

Mais Hervé-Morelle ne se prend pas toujours au sérieux. Du moins l’espère-t-on ! Car qui ne sait qu’Hervé-Marie Morelle fut costumier et accessoiriste du célèbre Lip Dub qui ridiculisa une bonne fois pour toutes l’UMP ! Changer le monde, entonnèrent-ils vêtus des oripeaux fournis par notre candidat aux cantonales. C’est cela aussi l’énergie de la jeunesse et l’expérience du terrain. Sans doute faut-il attendre un prochain clip de Monsieur Morelle sur le canton de Lille Sud-Est ?


Lipdub

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 16:23

Benjamin Lancar, le terroriste de la pensée unique a encore frappé. Une victime. Une autre. Un mort-vivant revenu d’un sombre passé… Le trailer de ce nouvel opus intitulé :

Le Djihad selon Lancar, Acte II…

 

Diabolique, ce Benjamin Lancar. A peine avait-il ravalé sa fierté après son attentat suicide à Cdans l’air, qu’il récidive quelques semaines plus tard à Revu et corrigé. Pour Lancar, France 5, c’est les Etats-Unis. L’impérialisme d’une pensée qu’il combat. Pensez donc : le service public ! Le lieu idéal pour perpétrer ses plus funestes attentats. Et à la guerre comme à la guerre, on exhume de la manière la plus sordide et la plus abjecte qui soit. Ressortir une affaire, vieille de 24 ans ! Le terroriste n’avait pas encore soufflé sa première bougie qu'il pensait déjà à allumer sa première mèche ! Et de souffler sur les braises ardentes d'un souvenir douloureux pour la République. Malik Oussekine est la malheureuse victime d’une bavure policière alors qu’il protestait contre le projet de loi du Ministre Devaquet, qui proposait à l’époque une sélection à l’entrée de l’université ! L’affaire fit grand bruit et contraignit le Ministre délégué chargé de la recherche et de l'enseignement supérieur de l’époque à démissionner, avant que la loi ne soit envoyée aux oubliettes.

Plus fort que l’attaque terroriste en martyr, Lancar invente la contre-attaque terroriste, en supputant le désir d’avoir un martyr dans les rangs de l’adversaire. L’on appréciera les méthodes de ce franc-tireur, dont, rappelons-le, la réélection à la tête des Jeunes Pop fut un véritable chemin de croix, qui se solda par une victoire digne des Républiques bananières… Consternant Lancar pour qui la foi justifie les moyens. Dieu Sarkozy mérite tous les sacrifices. Même celui de la dignité.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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