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Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).

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Affaire Mitterand : entre littérature, perversions et manœuvres politiques

Au début, ce n’était qu’un énième coup de gueule démago de Marine Le Pen. Mais grâce à Benoit Hamon, cela est devenu un débat public, une question philosophique même sur laquelle il est bien difficile de trancher.

Pour autant, il faut faire face aux vraies questions, celles qui dérangent :

Pourquoi avoir nommé Ministre un homme dont on savait depuis 2005 et la sortie de son livre choc La Mauvaise Vie qu’il avait pratiqué tourisme sexuel en Asie ? Cohn Bendit, Pascal Sevran, Frédéric Mitterand : aurait-on l’audace de nous dire que lorsque l’on est connu, lorsque l’on a de l’influence, lorsque l’on a œuvré pour la France, les actes les plus ignobles peuvent être pardonnés, occultés, voire oubliés ?

Mais dans ce cas, pourquoi avoir attendu trois mois avant de relater l’indignation apparemment insupportable de certains politiques ? L’affaire Polansky suffit-elle à justifier une telle réapparition ? Préparait-on de longue date ce coup fumant en attendant le moment opportun ?

Pourquoi Benoit Hamon a-t-il emboité le pas de Marine Le Pen sachant qu’il la crédibilisait en se rangeant derrière elle malgré les antagonismes de valeurs ? Voulait-il régler des comptes personnels avec Frédéric Mitterand ? Tente-t-il de se faire une place au moment où Martine radote sa politique en prétendant faire sa révolution en rappelant les (trop) vieux éléphants à ses côtés et où Ségolène parait plus isolée que jamais… Etrangement Valls l’a suivi sur les chemins scabreux… Un autre ambitieux aussi…

Mais revenons-en à la preuve du délit : l’écriture confession de l’actuel Ministre de la Culture. Lisons les morceaux choisis par Le Monde.

Je n’ai pas lu le livre, mais juste ces quelques extraits. D’une part reconnaissons le morceau de littérature et le talent d’écrivain de Frédéric Mitterand qui avec habilité et dextérité, tente par le verbe d’exprimer des sensations, ce qu’il parvint à faire avec grâce. Il n’est nulle question de pédophilie mais d’homosexualité. Pour autant, en filigrane, l’auteur laisse suffisamment d’indices pour  disséminer le doute, le malaise, voire l’écœurement : deux mots « juvénile » et « éphèbe » laissent à penser que le prostitué en question est jeune, adolescent (et même si dans l’écriture il évoque de l’amour, du désir viril et mâle, on sent la volonté de se déculpabiliser par cet aveu, lui-même en en ayant presque conscience sous la plume). Et puis il y a surtout le contexte, celui qu’il rappelle à travers l’évocation des reportages occidentaux : le tourisme sexuel des Philippines et de la Thaïlande qui se pratique avec de jeunes tout justes sortis de leur enfance et à peine âgé de plus de dix ans… quand ce n’est pas moins… Même si, l’objet du désir du narrateur parait un peu plus âge (« sa musculature », « presque aussi grand que moi »…)

Alors contrairement à ce qu’affirme la machine à dire n’importe quoi, Monsieur Lefebvre porte-rhétorique de l’UMP, ce n’est pas du fantasme littéraire, même si rien ne dit que ce récit est clairement autobiographique. C’est à la fois de la littérature et un aveu d’homme qui tente par l’écriture, même poétique, de déculpabiliser sa pratique par l’écriture, pour soulager sa conscience de citoyen tout en jouissant par l’encre qui jaillit sur le papier. Ces actes sont-ils compatibles avec la fonction honorable de Ministre de la République ?

Tant de questions et peu de réponse, car la vérité est certainement trop complexe. Mais au-delà de nos interrogations, prenons garde de ne pas condamner de manière péremptoire Frédéric Mitterand… tout en prenant de la distance. En revanche, rien ne nous interdit de condamner les vautours politiques qui se prétendent de gauche et qui sont capables pour un peu d’éclairage de faire la danse macabre avec le Front national…

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Y
<br /> Sur tous ces points je te rejoins pleinement... tout en maintenant à titre personnel ma conclusion :o) Rien d'antinomique là-dessus !<br /> <br /> <br />
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Z
<br /> Il y a certes les luttes internes au sein du PS, mais elles sont endémiques,qui pouvait croire sérieusement à une démission de M.Aubry ? N'oublions pas toutefois le contexte de l'affaire : personne<br /> n'aurait exhumé le livre de F. Mitterrand si le gouvernement n'avait pas commencé à exploiter un fait divers, la joggeuse assasssinée, en reprenant les thèmes sécuritaires du Front national, et si,<br /> au même moment, F. Mitterrand n'avait pas jugé bon de prendre la défense de R. Polanski accusé du viol d'une enfant de 13 ans et de délit de fuite . C'est là que réside la 1ère erreur politique .<br /> N'oublions pas, par ailleurs, que, peu de temps après sa nomination, il s'était déjà illustré en comparant le rappeur Orelsam,chantre de la violence faite aux femmes, à Rimbaud . Le ministre de la<br /> Culture ne doit pas oublier que les artistes sont des citoyens comme les autres et qu'avant d'être ministre de la Culture il est ministre de la République .<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Tu dis ne pas être d'accord avec la conclusion... tout en confessant qu'il y a incontestablement de la mauvaise foi de la part de ceux qui ont grogné :o) Je crois que reprendre à la volée Marine Le<br /> Pen était une grave erreur de communication au moins, de politique au pire.<br /> Et puis la sortie d'Hamon dans la presse intervient alors même que de fortes rumeurs selon Le Canard enchaîné faisaient état d'une démission de Martine Aubry à la direction du PS... Proche de la<br /> maire de Lille aurait-il voulu faire un putsch... On comprend mieux pourquoi Valls et Montebourg l'ont suivi dans le sillon... D'autant que Martine avait envisagé de laisser une co-direction par<br /> les quadras...<br /> Bref, que de la mauvaise foi, là-dedans... Tout le monde est choqué par le tourisme sexuel. Mais l'on attend pas 3 mois après la nomination d'un Ministre pour exhumer une affaire révélée il y a 4<br /> ans, sans avoir d'autres idées en tête... Surtout quand c'est Marine Le Pen qui a ouvert le bal...<br /> <br /> <br />
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Z
<br /> Je ne partage pas la conclusion de cet article . Si je ne doute pas que les interventions de M.Valls et d'A.Montebourg résultent de calculs politiques, je crois que B.Hamon - même si je n'aime pas<br /> d'ordinaire ses prises de positions dogmatiques - est sincère quand il s'élève contre l'exploitation de la misère que constitue le tourisme sexuel . Certes il a été maladroit et hatif en réclamant<br /> la démission du ministre pour ce motif, mais plus que sa dénonciation, n'est-ce pas le silence hypocrite d'une partie de la classe politique, celle qui "n'a pas lu le livre", ou la mauvaise foi de<br /> ceux qui font de F. Mitterrand une victime, qui font le lit du Front national, en donnant le sentiment aux Français que les élites sont protégées par un bouclier social .<br /> <br /> <br />
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