Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
La polémique sur le redécoupage électoral fait rage. L’UMP tente de rassurer en affirmant que jamais l’opposition n’aura été aussi investie dans le débat, qualifiant le projet d’équilibré en annonçant un chiffre de 15 circonscriptions « perdues » à droite contre 18 pour la gauche. A l’inverse, le PS crie au scandale, évoquant un rapport plus large en faveur de l’UMP 10 contre 23.

Toute cette polémique est à la fois légitime, énervante et au final relevant d’une grande hypocrisie.
Tout d’abord, il m’est toujours choquant d’entendre que tel parti « perdrait » une circonscription. Combien de fois faudra-t-il répéter que les circonscriptions, autrement dit les voix des électeurs, n’appartiennent à personne et que chaque élection met aux prises des candidats qui devront gagner une confiance TEMPORAIRE !
Ensuite, il faut rappeler que ce redécoupage devenait INDISPENSABLE, puisqu’il était resté figé depuis plus de 20 ans alors que la démographie et les flux de population ont radicalement été modifiés.
Enfin, reste le fond de la polémique. La Droite a-t-elle opéré à son avantage ? Sans doute. Mais c’est de bonne guerre : pourquoi la Gauche, qui fut pendant cinq ans au pouvoir ne l’a-t-elle jamais effectué ? Elle aurait pu elle aussi s’autoriser ce petit privilège de regarder au plus près « ses circonscriptions » ! Mais voilà au PS, on ne mégote pas sur le nombre de sièges et pour éviter un baroud de la majorité plurielle de l’époque, Jospin n’a jamais pu mettre se redécoupage en place. Personne n’était prêt à se sacrifier au nom de la cohérence. Car seul le siège compte.
Donc, je ne vais pas pleurer sur les quelques pertes du PS, qui au final, n’aura jamais eu le courage d’affronter un tel redécoupage. Si elle l’avait eu, on lui aurait pardonné tout autant de prendre la meilleure des parts. Il n’est nulle question ici d’en rendre la majorité responsable. C’est encore une fois de bonne guerre.
Reste que le courage extrême eut été de réduire le nombre de députés, voire de faire disparaître les circonscriptions, pour pratiquer la proportionnelle partielle ou intégrale. Mais là ni la droite ni la gauche n’auront ce courage. Un coup à toi, un coup à moi restera jusqu’à longtemps leur jeu de prédilection…