Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 21:31

A l’heure où certains se glorifient d’une victoire, aujourd’hui triste cliché jauni par le temps, celle d’un jour célébré à grande pompe chez Maxim’s, il est tout au contraire le temps de rappeler le triste bilan qui, n’en déplaisent à certains sympathisants trop peu objectifs ou tout simplement amnésiques, est désastreux, et, ce qui est plus grave, inquiétant pour la suite des événements.

 


Tout d’abord, la politique des finances publiques, inepte et nocive à l’ensemble des Français, qui a laissé croire que l’équilibre reviendrait en offrant des cadeaux à la classe de nos citoyens les plus aisés. Alors que le candidat Sarkozy multipliait à foison les promesses de réformes, toutes plus coûteuses les unes que les autres, l’on se privait des derniers deniers de la Nation, pour récompenser ceux qui n’en avaient pas besoin. La pathétique sentence lancée par le Président lors de son discours de vœux à la Presse « les caisses sont vides », que l’on pourrait traduire par « je vous ai bien eu », était tant teintée de cynisme, qu’elle propulse Sarkozy au premier rang des Messieurs Filerin des Présidents de la Vème République. De fausses promesses en complaisante caresse, non il n’y a rien à fêter aujourd’hui.

Dès lors, les espoirs de réformes exprimées tant et plus, enrubannés de la plus rutilante des rhétoriques, n’étaient pas tenables. Le Président du pouvoir d’achat n’a pu que constater ce que d’aucuns avaient relevé d’inepte depuis longtemps : croire en la seule croissance pour relancer l’économie à l’heure où le baril de pétrole approchait déjà le plafond des 100 dollars (presque 120 depuis), où la crise des subprimes menaçait la sphère économique et financière du monde et où le grenier du monde s’appauvrissait au point de ne plus fournir le moindre épi de blé. A présent, il faudra payer l’ardoise pendant des décennies. De dépense en inconscience, non il n’y a rien à fêter aujourd’hui.

Mais le plus grave reste le climat social qui règne en France : comment peut-on fêter un anniversaire quand moins de 1 Français sur 3 fait confiance au Président de la République, et que chaque jour d’avril et de mai compte autant de grèves et de revendications ? L’on craignait que Sarkozy ne mît les Français dos à dos. L’on avait malheureusement raison de le craindre : plus que jamais les fractures dans la société ressemblent à des plaies béantes sur lesquelles on balance de l’alcool pur sans s’assurer que le soin convienne au malade. Et quand ce dernier hurle de douleur, on revoit son diagnostic et on dialogue enfin avec lui pour savoir de quel mal il souffre au juste. La réforme des régimes de retraites de services spéciaux s’est transformé en un référendum sur le fonctionnariat, le débat sur l’Education Nationale se transforme en débat pour ou contre l’inertie des professeurs, celui sur les OGM semble opposer les défenseurs de la nature contre des pollueurs qui veulent éradiquer la race humaine… De caricature en déconfiture, non il n’y a rien à fêter aujourd’hui.

Jacques Chirac s’était fait le Président de l’absence pour la société français. Mais il peut au moins s’enorgueillir d’un bilan flatteur sur le plan International. Où est passé le temps des De Villepin, qui proclamait fièrement de « NON » à la guerre en Irak à l’ONU ? Où est passé le temps où Chirac, dans la tradition et la cohérence gaullienne refusait de faire entrer la France dans l’OTAN pour garder cette indépendance et cette singularité qui permettait à la France d’être partenaire sans devoir s’aligner sur tout ? Kahdafi, Poutine ou encore Zine el Abidine Ben Ali sont devenus des chefs d’Etat démocratique fréquentables… au nom des juteux contrats qui seront signés en coulisses… De l’abandon des valeurs en déshonneur, non il n’y a rien à fêter aujourd’hui.

Et pour finir, comment oublier l’image même du Président, tant et tant ré dupliquée en « une » des magazines, accompagnée de Cécilia ou de Carla ? Télévision, radio, presse, le Berlusconisme à la française est rentré par effraction dans nos chaumières un beau dimanche de mai 2007. Vie privée et vie publique ne font plus qu’une. Et il n’est pas seul : Ministres, secrétaires d’Etat, et autres bras droits très prolixes envahissent chaque studio, chaque émission pour prêcher la bonne parole, en faisant fi des règles de l’indépendance de la presse. Il faut faire acte d’omniprésence, don d’ubiquité. Effacer l’impression bling-bling, les récits trop intimes qu’il a laissés se déverser dans les colonnes, les bourdes les plus décadentes, les « casse-toi connard » ou les envies d’en débattre à coups de poings avec les pêcheurs. Est-ce donc TOUT cela que l’on fête ? Entre apparence et fausse transparence, NON, VRAIMENT NON,  il n’y a rien à fêter aujourd’hui.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
  • Contact

Recherche