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Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).

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Des mésaventures d’un Roi despote, aux relents totalitaristes mais qui jouissait de la cécité des braves citoyens…

sarkozy-robin-des-bois.jpgL’ère Sarkozy est fascinante. Fascinante vous dis-je. Jamais la fonction présidentielle n’aura suscité autant de légendes, de discussions et de débats passionnés. Lors de mes innombrables pérégrinations facebookiennes (délices exquises du néologisme que je goûte et offre à nouveau), j’ai été en proie à un doute. Un affreux doute. Mon jugement sur Nicolas Sarkozy sombrerait-il dans l’opposition primaire, voire primate ? Serais-je le participant inconscient à une surenchère, infinie, sur la qualification de sa politique au point d’en oublier le sens des mots à force d’en afficher la force des maux ? Méli-mélo qui débuta par une pensée, que j’émis, sans le moindre doute au départ, sur mon mur (virtuel, j’entends !) :

« J'en ai marre que le Peuple français passe pour un bouffon cautionnant les dérives totalitaires de l'autre cinglé !!!!!! Menteur avec ça ! Quelle image ! Merci aux 53% qui ont si bien voté le 5 mai 2007... (Remarquez les 47 autres, dont je fais partie, n'ont guère été plus éclairés...) ».

A cette note, un de mes « amis », puisque Facebook s’entête à placer de la familiarité là où il n’y a que contact informatique, s’est offusqué d’un des termes que j’ai employés. Non pas « cinglé » comme tout à chacun était en droit de s’attendre, mais « totalitaires ». Un dialogue s’en suivit ou plutôt un échange de mots car de dialogue il n’y eut point : mon interlocuteur butait sur le terme, fâcheux selon lui, quand bien même il fut en compagnie de « dérives », ne comprenant pas pourquoi je m’entêtais à comparer l’action de notre chef d’Etat à celle d’un pouvoir qui ressemblait en filigrane aux prémices d’un dictateur totalitaire.

J’aime le débat et l’argumentation. Et je suis tout à fait prêt à faire amende honorable quand je reconnais mes torts. La remise en question, parfois douloureuse, ne me fait pas peur. N’aimant pas la démesure, et craignant le réflexe pavlovien de l’opposant sans âme n’ait guidé mon âme, j’ai donc réfléchi. Et je me suis replongé dans l’histoire, la fabuleuse histoire de notre pays, depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Il était une fois le Ritz… Non, c’est plus fort que moi. Je focalise. J’efface tout et je recommence.

sarko carla disneylandIl était une fois une fabuleuse journée de mai, chaude et ensoleillée. La ferveur populaire emplit les rues de France et de Navarre. Le Roi avait dignement mérité sa couronne en terrassant la marâtre qui promettait d’enfermer les enfants dans des geôles gardées par la soldatesque armée. Le Roi avait les faveurs de tous, et sa Cour lui était toute acquise. On lui prêta le luxe d’un navire sans nulle pareille pour profiter d’un retraite éphémère bien méritée. Car il l’avait promis : son règne se tiendrait tambour battant. Promesse il fit, promesse fut tenue. Le Roi traversa les mois, dans une fascination populaire sans égale, multipliant les plébiscites que la presse commandait à foison. La dictature de la vindicte populaire se métamorphosa en exécuteur testamentaire du programme de la campagne. Ce que le programme voulait, la foule le désirait et le roi l’exécutait. Les mauvais esprits et autres esprits chagrins pouvaient broyer du noir : le Roi « Platine » brillait de mille éclats. Et ce n’est pas sa deuxième épouse qui vint troubler la fête. La belle avait déjà de longues dates préparer ses valises pour convoler en justes noces outre-atlantique. Qu’à cela ne tienne : le Roi en choisit une autre et un beau matin, dans le parc merveilleux de Disneyland, la princesse officialisa sa nouvelle aventure. Le roi, tel Cendrillon avait trouvé chaussures à talonnettes à son pied.

Mais la magie, soudain, se fit moins pressante, et les esprits chagrins purent déverser toute leur ire sur un Peuple désorienté. Y avait-il eu un début au désenchantement ? Nul ne le pourrait le dire avec précision. Toujours est-il qu’en accédant au pouvoir, le Roi avait ouvert la boîte de Pandore.

Pour commencer, il voulut récompenser sa noble Cour, en la préservant de l’horrible dîme qu’il réservait à ses travailleurs les plus courageux. Il dota ses membres d’un bouclier afin qu’il puisse défendre la moitié de leur fortune considérable qui croissait pourtant de manière exponentielle. Fin de la redistribution et retour au servage. Il en profita juste pour le symbole pour doper sa dote, bien maigre pour un Roi, et celle de ses dociles commis. Telle fut la volonté du Roi. Et le Peuple acquiesça.

edvigeEntre temps, ils voulut identifier tout le monde, afin de mieux les contrôler. Il fit appel à la Déesse Edvige pour ficher les habitants du Royaume. Apercevant le spectre d’une époque funeste, et pas si éloignée que cela, le Peuple s’offusqua de cette intrusion dans sa sphère privée. Las, le Roi recula… Le Peuple serait malgré tout fiché sans le savoir. Qu’à cela ne tienne. Telle fut la volonté du Roi. Et le Peuple finit par acquiescer.

Le Roi voulut que l’Eglise s’en mêla comme au bon temps du Royaume de France. Il déclara que le prêtre était au-dessus des enseignants. Terrible coup de machette sur la loi de 1905, comme il avait tenté de le faire, alors qu’il n’était que précepteur de l’Intérieur, quand il fit en sorte que l’Etat finança les lieux de culte. Sa tentative échoua, une fois de plus, alors que telle fut la volonté du Roi. Une bataille était perdue, mais la guerre…

casse toi pov conLa rumeur était tenace et un vent de révolte vint contrarier notre tête couronnée. Le Roi n’aimant pas la contestation, symbole du despotisme dont l’avait pourvu le règne durant, il demanda à un gueux, près d’une vache, de se casser, « pauvre con » qu’il était. A un autre qui lui cherchait querelle, il roula des mécaniques, près d’un port aux navettes restées à quai par la colère des pêcheurs. Pauvre pécheurs. Ne pas être fortuné n’est assurément pas un signe de bonne fortune. Le Roi fit taire toutes ces braves petites gens. Telle fut la volonté du Roi. Et le Peuple commença à s’inquiéter.

A tel point que la presse s’en mêla. Fervente et docile, elle décida de ne plus faire allégeance au Roi et de le défier à coup de manchettes cisaillées et incisives. La Cour en fut choquée. Elle cria au fascisme. Le peuple observa. Puis le coup de massue arriva : l’on bâillonna un des plus hardis, en sanctionnant la source d’un de ces gratte-papiers qu’il avait en horreur. Le Roi rappela alors, de sa main de fer, que la liberté de la presse s’arrêtait là où commençait la sienne. Telle fut la volonté du Roi…

Demain, je vous conterai la suite des mésaventures d’un Roi despote, aux relents totalitaristes mais qui jouissait  de la cécité des braves citoyens…

 

NDLR : Toutes les caricatrures sont issues du site http://www.leplacide.com, excellent site qui traite de l'actualité, au rythme d'une caricature par jour. Cliquez sur les images pour retrouver le site.

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S
<br /> C fait grande cousine ;o)<br /> http://tinyurl.com/297ml8s<br /> <br /> <br />
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N
<br /> dans la même veine que Patrick Rambaud ....bravo !!!<br /> vivement la suite :p<br /> <br /> <br />
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