Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 17:55

A l’approche des Européennes, une journaliste de France 3 Nord Pas-de-Calais présent un « François Bayrou en campagne », hier soir juste avant la visite de notre Président dans la belle province de Lesquin à la rencontre des militants. Sitôt lâché, le complément du nom fit bondir le fondateur du Mouvement Démocrate : « à la rencontre des gens », corrige-t-il.

Car le troisième homme de la Présidentielle n’entend pas entrer trop vite en campagne. La Crise financière puis économique est passée par là. Et même si les cadres du parti s’évertuent à prôner une solution « européenne », avec l’idée d’un « emprunt global européen », nul n’est dupe : les Européennes se joueront au moins autant sur les sujets nationaux que sur des considérations strictement bruxelloise. Et l’enjeu national repose sur deux questions fondamentales pour le Mouvement Démocrate :

Premièrement, les Français utiliseront-ils le scrutin du 7 juin  pour exprimer sa défiance envers la politique gouvernementale ?

Deuxièmement, ce vote sanction se reportera-t-il, comme ce fut le cas dans les élections intermédiaires sur le PS, devenu hydre à mille têtes d’éléphants, aux pieds d’argile depuis la pugilat de Reims ?

C’est de la réponse à ces deux questions que dépend la victoire du Mouvement Démocrate.

Voilà pourquoi François Bayrou n’a de cesse de fustiger avant tout la vision de la société selon Nicolas Sarkozy-Bruni, celle qui « réhabilite » le pouvoir de l’argent (comme si l’argent avait eu ce besoin si pressant en ces temps !), celle qui nomme des hommes de culture et de savoirs en qualité de cadre du parti dominant, Bernard Laporte, David Douillet ou encore Gilbert Montagné pour l’intelligentsia française à la mode Sarkozy, ou celle plus grave qui place ami et haute influence aux places stratégiques des finances, en toute illégalité,  Monsieur Pérol pour vous servir. L’on pourra toujours faire le procès à François Bayrou de ne taper que sur Nicolas Sarkozy pour s’assurer son destin présidentiel. Mais quel Démocrate, quel républicain, quel amoureux de la France ne ferait pas de cette vision de la société une cible permanente tant elle dénature nos valeurs et nos Institutions ? Un pays dans lequel un président peut prendre des décisions illégales sans qu’aucune autorité ne puisse contester le délit ?

Mais surtout, voir en François Bayrou un simple opportuniste c’est se fourvoyer dans la mauvaise foi et oublier bien vite le désert qu’il n’ a pas hésité à emprunter, alors que les sirènes de Matignon sonnait pour une deuxième fois dans ses oreilles, après les propositions indécentes du prédécesseur de Nicolas Sarkozy. C’est en refusant d’aller à la soupe, et en acceptant de siéger avec deux autres élus, à l’Assemblée Nationale, tout en haut, sans groupe, sans possibilité d’expression, que le Président du Mouvement Démocrate a tenu a rappelé qu’il n’avait pas détourné les 7 millions de voix qui lui avait donné sa confiance en 2007, comme il le rappelait hier soir à Lesquin. Il avait proposé une troisième voie… Pour qui serait il passé s’il avait troqué ses belles idées pour un retour dans l’une des deux seules que deux partis veulent imposer au paysage politique français ? Courageux et juste, il entend mener son combat sur l’éthique, la justice, et l’humanisme. Alors nécessairement, François Bayrou a dénoncé, dénonce et dénoncera encore et toujours la politique de Nicolas Sarkozy, qui impose la rolexisation des esprits.

C’est en cela qu’il est la seule opposition crédible. Ce qui entend répondre à la deuxième partie de la problématique. Car s’opposer pour le Mouvement Démocrate, ce n’est pas choisir cette posture d’un Non systématique, pavlovien, reniflant les moindres aléas du vent pour suivre l’opinion. Une posture rendue aisée par un système d’alternance du pouvoir, qui s’il a vu le PS perdre plus de fois qu’il ne l’a gagnée l’élection présidentielle, l’a surtout vu se construire un nombre abyssal d’élus, garantissant pouvoir et richesse du parti. Aujourd’hui le PS est un fantôme, mais un fantôme encore riche et puissant, peuplé d’élus hagards qui ne partagent plus grand chose du grand écart entre Hamon et DSK, mais qui s’accrochent à leur siège comme des meurt-de-faim. Le mandat est leur profession : les élus PS n’ont jamais fait que cela. Alors l’on rentre dans le rang et l’on attend que l’on resserve les plats. Si l’on vous a oubliés, repassez l’année suivante : nos institutions ne manquent pas de générosité, à hauteur de 1 élection par an, au bas mot…

Le Mouvement Démocrate, par la grâce de François Bayrou a décidé de s’opposer autrement. Par les valeur. L’action face à la tradition : voilà la combat que nous entendons engager contre le PS, qui devra répondre durant ces Européennes à la contradiction entre les « nonnistes » et les « ouiistes » à l’heure où ils sont tous rangés en en rang d’oignon pour dire qu’ils aiment l’Europe. Qui aime bien châtie bien, mais il est des blessures profondes qu’un simple pansement se suffit plus à guérir. Reste à savoir si les électeurs sont enfin prêt à croquer la pomme.  … et il mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient trahis; ils prirent alors le seul bulletin qui convenait : celui du Mouvement Démocrate….


 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
  • Contact

Recherche