Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
L’information risque de faire son effet, et tel était le but : pour la première fois en France, un membre en exercice du gouvernement, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi, a rendu publique vendredi son homosexualité.
La question qui consiste à se demander si cette révélation va faire avancer la cause homosexuelle n’est finalement pas le plus important. Car le pendant de cet éventuel bénéfice est autrement plus gênant.
D’une part, cette révélation n’a pas l’humilité de celle qui entoura les confessions de Bertrand Delanoé. Autant le futur maire de Paris ne s’est plus jamais épanché sur la chose, à l’exception des 20 ans de M6, qui fut la chaîne qui eut la primauté du scoop, autant celle de Karoutchi s’inscrit dans un battage médiatique sans précédent, rappelant ces écrivaillons de circonstance qui exhibent des pans entiers de leur vie chez Ruquier le samedi soir, sous l’œil acerbe de Heckle-Zemmour et Jeckle Naulleaud : déclaration à l’AFP, 7 à 8 dimanche, livre à venir au titre choc, "Mes quatre vérités", à paraître fin janvier…
D’autre part, la révélation arrive le jour-même de la confirmation d’une primaire attendue entre cet ancien inspecteur de l’Education nationale et Valérie Pécresse qu’un récent sondage donnait largement gagnante pour la Régionale de 2010… On se souvient du rôle des enquêtes d’opinion quand à Neuilly nous avions vécu il y a un an le psychodrame Martinon-non-non… Déballage médiatique pour s’attirer des intentions de votes dans une région qui réunit selon des sources officieuses mais somme toute logiques le plus d’homosexuels en France (et notamment Paris) ?
Enfin, ce coming-out nous ramène à cette question : pourquoi vouloir à ce point confondre vie privée et vie publique ? Un citoyen ne doit juger un politique que sur ses actes d’élus. Marié, divorcé, homosexuel, trans, bi : que cela change-t-il ? N’est-ce pas là une résultante d’une dérive pernicieuse d’un système qui privilégie la forme au fond, et qui offre aux strass et aux paillettes une place au moins aussi importante que le débat politique ?
Décidément, notre République est bel et bien malade…