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Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).

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PS : Grand Corps Malade

Dire que le Congrès de Reims est un échec n’est pas une information. C’est une idée tenace, dominante, maintes fois entendues ; tant de fois même que l’on s’amuse à se dire que comme tout dogme trop admis, il est peut-être exagéré.

Las !

Non seulement, il fut un échec. Mais je doute que l’on puisse dans ce présent perpétuel dans lequel le temps n’existe pas (référence à une très belle phrase prononcée par Suzanne Flon dans La Fleur du Mal, de Chabrol), dans lequel l’Histoire se dessine sans pouvoir se décrypter dans l’instant (faute de temps…) concevoir l’ampleur de ce qu’il s’est passé. C’est cataclysmique.

Pour le parti, qui agonise sous nos yeux. Avec frénésie, névrose. Une crise épileptique qui accouchera jeudi d’un cerveau incapable de diriger les organes.

Pour la politique française. Car le paysage français vient de prendre un tournant dont reparlera dans trente ans quand l’on évoquera le tournant que fut la mort du PS.

Tout d’abord, revenons au mourant.

Je disais ici même que Delanoé était le grand perdant du vote des motions. J’avais sans doute sous-estimé l’ampleur du désastre. Car il but le calice, jusque la lie. Jusque très tard dans la nuit de samedi dans les couloirs du Congrès. Jusque très tôt lundi, quand il lance un appel à voter Martine Aubry. Ne croyez-pas qu’il le fit en toute gaieté. C’est bien la mort dans l’âme qu’il s’est senti contraint de le faire. Lui dont l’orgueil est entré en légende comme jadis celui de De Gaulle ou encore comme la culture de Mitterrand, aura du mal à se remettre de cet échec. Il devra ranger ses ambitions présidentielles et honorer, bien malgré lui son engagement à consacrer tout son énergie à la Ville de Paris ; s’il le fait avec un travail de qualité, il contentera tout le monde. Et beaucoup aimerait embrasser son parcours déjà très riche.
Pour Royal, c’est la déroute. Le camouflet subi samedi soir n’est rien comparé à ce ralliement de dernière minute de Delanoé.
Elle a eu tout faux. Combien sommes nous à avoir considéré qu’elle n’avait AUCUN intérêt à se présenter au poste de Secrétaire du parti, d’autant plus depuis qu’elle avait remporté le vote des motions. AUCUN. Peillon pouvait lui servir de bouclier ; Julien Dray l’en priait de toutes ses forces. En Vain. Elle voulut aller au combat et, c’est une première, elle fit un mauvais choix stratégique.
Les conséquences sont pour elles inestimables : elle pensait que l’ego des éléphants étaient trop surdimensionnés pour faire alliance contre elle. C’était vrai. Mais elle oublia dans son calcul, qu’il y avait encore plus fort que l’égocentrisme : la haine viscérale qu’ils avaient envers elle.



Echec et mat
 : Ségolène à moins d’un miracle qui verrait vendredi au 2ème tour réunir tous ceux qui ne sont pas allés voter lors des motions autour de son nom, ne peut plus prétendre l‘emporter. Elle a voulu jouer. Elle a perdu. Tout perdu. D’autant que même si miracle il y avait le schisme ouvert n’en serait que plus violent encore. Et les blessures de novembre 2006 ne sont rien en comparaison aux plaies béantes que laissera Reims.

Pour Martine Aubry, enfin, que j’avais vu venir dès juin et que j’avais placé en favorite, de par sa capacité à faire le grand écart entre toutes les sensibilités, quitte à mentir notamment sur d’éventuelles collaborations avec le Mouvement Démocrate, la partie semble bien s’engager. Même si au final elle dut beaucoup duper, y compris son ami Hamon, qui n’a pas particulièrement apprécié les manigances de notre Dame de fer à gauche. Il ne fallut pas que Martine sciât la branche sur laquelle elle est assise. Vendredi apportera son verdict sur la solidité de l’arbre. Mais en tout état de cause, elle sera à la tête d’un parti ingérable, qui verra de nombreux départs, des situations bloquées, des réponses à l’envoyeur par presse interposée. Pauvre Martine. Elle appréciera d’autant plus ses conseils municipaux de Lille, bien plus calmes en ces temps de tempête Solférinienne !


Alors quid du nouveau paysage politique. Je vais essayer d’extrapoler le plus probable
.

Le PS ne peut survivre en l’état. Il se morcellera avec en apogée la Présidentielle qui verra, plus encore qu’en 2002, plusieurs candidats se réclamant de gauche voulant se porter candidat. Le PS ne pourra en l’état être présent au 2ème tour.

Hamon ne trouvera pas grâce aux yeux du public, étouffé par le NPA. Lui l’homme de l’appareil PS, même s’il voulait le rénover, ne pourra faire ce pas trop à gauche.

La Sociale Démocratie de Gauche tentera de se construire autour de Ségolène Royal, sans doute autour d’un nouveau parti avec Peillon et Valls. En misant tout sur la forme pour petit à petit fournir le fond. En d’autres termes, on s’oppose d’abord à Sarkozy, et les idées viendront d’elles-mêmes…

Le Mouvement Démocrate, bien que petit parti de militants sans élus, à entendre les médias, a tout à gagner même s’il n’y a pas lieu de s’en réjouir. Et d’ailleurs, cela montre tout simplement que la troisième voie esquissée par Bayrou depuis deux ans était la voie gagnante. Non d’un point de vue électoral. Mais sur le point de vue des valeurs, celle d’une sociale démocratie, qui nie à l’argent l’arrogance de pouvoir être la clef de voûte de notre société, qui entend être plus juste avec une récompense adaptée à ceux qui le méritent, et qui refuse de diaboliser Bruxelles et l’entreprise, deux des piliers de notre Economie, et qui sont bien au contraire les moteurs d’une société durable.
Fort de ses valeurs Bayrou peut battre le pavé et aller se présenter pour la Présidentielle de 2012. Il en sera à mon sens le favori.

Quant à la droite, elle devra se démarquer de Sarkozy. Mais cela c’est une autre histoire.

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