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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 10:36

Alors que la rentrée battait son plein lundi dernier, les professeurs écoutaient bien sagement, une journée avant les élèves, les chiffres que les chefs d’établissement communiquent chaque année, avec la même litanie : est-on au-dessus ou en dessous de la moyenne nationale ? Avec la remise en question nécessaire quand on est passé sous la ligne rouge.

Une ligne pourtant largement surélevée : 84,5% pour le brevet des collèges et 86,8% pour le bac. Et pendant ce temps, dans les classements internationaux, la France ne cesse de s’effondrer loin derrière la Finlande et la Corée du Sud.

Ce même lundi, on attendait le Ministre de l’Education venir vendre sa réforme, celle qui devait refonder l’école : on eut le droit à la visite de François Hollande à Denain, dans un des bastions les plus massacrés sur le plan scolaire et culturel. Et alors que le Président de la République était venu parler de la réforme des rythmes scolaires, on eut le droit à une polémique sans fins sur un cliché malheureux de l’AFP. Pendant ce temps, Vincent Peillon, à ses côtés, jouait les figurants. Amusante scène quand on sait avec quelle véhémence, et pourtant quelle justesse, le PS fustigeait en son temps le Ministre laqué, Luc Châtel, lisse parce qu’il le valait bien, et qui s’effaçait sans laisser de trace en toutes circonstances pour laisser Nicolas Sarkozy prodiguer la bonne parole. Le changement, c’est pour quand ?

Il faut dire que la montagne que devait être la réforme de Vincent Peillon aura accouché d’une famélique souris. Censée refonder l’école républicaine, elle n’aura finalement abouti qu’à trois placebos, aussi futiles que dispendieux pour certains : la création de 60 000 postes, le rétablissement d’une partie de la formation professionnelle pour les professeurs stagiaires et un retour de la semaine à 4 jours et demi dans le primaire.

Comment peut-on nous faire croire qu’un tel dispositif pourrait avoir la prétention de guérir notre système scolaire ? François Hollande persiste et signe dans cette idéologie mortifère pour nos comptes publics, qui consistent à considérer que l’éducation ne serait qu’une affaire de moyens, et que l’argent suffit à combler nos manques. Illusion.

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L’autre lubie consiste à croire que les rythmes scolaires sont en cause, et que les élèves ont trop de cours, tout en sous-entendant que les professeurs ne travaillent pas assez, dans un paradoxe épuisant. Peu importe que les élèves se couchent de plus en plus tard dans leur foyer, à grands coups d’écrans et d’(anti)chambres de Boulanger qui leur sert de dortoir : l’école est stigmatisée comme étant la seule responsable, comme si le rythme biologique était LA raison de notre échec. Dans le même temps, la Corée du Sud caracole en tête des bilans internationaux tout en créant des lois pour empêcher les cours du soir au-delà de minuit…

Avec la même crasse bêtise, on continue de vanter les mérites de la Finlande, l’autre nation qui domine leclassement PISA, en expliquant que l’individualisation doit primer, et que le redoublement et la notation sont traumatisants et empêchent les élèves de réussir… quand les méthodes de la Corée du Sud multiplient les exigences et la pression pour des résultats spectaculaires.

La vérité est ailleurs. Elle n’est ni en Finlande, ni en Corée du Sud, dont l’antinomie montre seulement que la réussite est au bout de ceux qui restent fidèles à une ligne claire et conformes à leur culture. En France, il y a eu une rupture. Et quelle rupture ! Le Pays des Lumières, du savoir et de la culture a rompu, voilà plus de trente ans avec ce qui avait fait la puissance de son système scolaire : la transmission du savoir. Même avec un simple certificat d’étude et en quittant le système scolaire à douze ans, un enfant savait écrire sans faire de fautes… en tous cas bien moins qu’un élève passant le bac aujourd’hui.

La question n’est pas de savoir si l’école était mieux avant : ce débat n’a aucun sens quand on sait comment l’école s’est démocratisée. La question est de savoir comment nos enfants, ceux qui feront la Nation de demain, font pour acquérir du savoir et des connaissances, quand ils n’ont pas eu la chance de l’avoir au biberon. Il est trop facile de blâmer l’école en l’accusant de ne pas savoir faire progresser ceux qui sont en difficulté : comment le pourrait-elle quand on l’empêche de transmettre et de faire apprendre ?

C’est cela que Vincent Peillon devait travailler. Las, sa copie s’égare dans un hors sujet des plus consternants, quand on sait qu’elle concerne plus de 20% de notre budget. Et dire que l’éducation devait être la priorité de ce gouvernement…

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 10:34

La France doit-elle entrer en guerre avec la Syrie accompagnée par les Etats-Unis ? Bien malin, celui qui, d’un ton péremptoire, peut donner une réponse qu’il estime incontestable.

La zone du Moyen-Orient n’est pas seulement une poudrière, les Balkans du XXIème siècle : c’est aussi un territoire sur lequel règne une alternative incompatible avec nos valeurs humanistes : la dictature ou l’islamisme. Le Printemps arabe s’est rappelé à notre bon souvenir et l’instable Egypte est une épée de Damoclès qui flotte sur la moindre de nos décisions.

Pour le dire plus simplement, il n’y aura aucune bonne décision. En entrant en guerre sans l’aval de l’ONU, on fragilise encore davantage une Institution qui avait déjà été bafouée en 2003 lors du conflit Irakien en ouvrant la porte à une démocratie que l’on sait peu hermétique aux fous de Dieu. En ne faisant rien, on se résigne à voir Bachar el-Assad continuer de massacrer la moindre opposition le contestant.

François Hollande est le chef des armées. C’est à lui que revient la décision d’entrer ou non en guerre. Et les grotesques leçons de républicanisme de Mélenchon n’y feront rien : s’il est un domaine qui est chasse gardée de l’Elysée, c’est bien celui-ci.

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Cela ne le dispenserait pas de prendre en compte la gravité du moment et d’en parler avec les différents responsables des autres partis politiques, et même avec l’Assemblée nationale. Un vote du Palais Bourbon serait même envisageable. Mais le conditionnel s’impose, car, s’il n’avait pas lieu, il n’y aurait pas de scandale à dénoncer.

Personne ne semble en réalité faire confiance à François Hollande, de suspicions en avertissements au Président.

La Présidente du Front National rejoue là la partition qu’elle préfère en brandissant le spectre de l’islamisme, renouant aussi avec la tradition d’un parti qui a toujours fait ses yeux doux aux dictateurs. Marine Le Pen a même été prêché la bonne parole en janvier dernier sur une chaîne d’information pro-Assad pour étayer sa vision qui n’a rien d’ambiguë…

Plus surprenant, François Bayrou a entonné le même chant, accusant le Président de la République de vouloir remettre la Syrie aux fondamentalistes, comme si Bachar El-Assad était le garant de la laïcité en son pays. Une fumisterie. Une de plus. Surtout quand on voir la tête de la Syrie faire la danse du ventre avec l’Iran, qui n’a rien d’un état laïc.

De Marine Le Pen à François Bayrou en passant par Mélenchon et les réticences entendues à droite, tout laisse à croire que vient de s’ouvrir le bal des faux-culs. Parce qu’au lieu de reconnaître qu’aucun choix n’est en soi satisfaisant, chacun tente de tirer la couverture de son côté, préparant une saison électorale qui sera fatidique pour nombre d’entre eux. Avec quel cynisme, ils en oublient que depuis deux ans, ce sont des milliers de Syriens qui, privés de liberté de parole, sont massacrés dans le silence assourdissant de la communauté internationale, voire la complaisance d’autres grandes nations comme la Russie ou la Chine toujours prête à protéger ceux qui bafouent les Droits de l’homme.

La décision de 2013 n’a rien à voir avec celle qui avait été prise en 2003 : les victimes se comptent dans des proportions bien plus insupportables et les preuves sont autrement plus concrètes que les photos à géométrie variable proposées en leur temps par Colin Powell.

Alors il faut avoir du courage. Le courage de se retrousser les manches quand des femmes et des hommes meurent pour penser autrement. Le courage aussi de prendre le risque de la démocratie, tout en ayant conscience qu’elle n’a rien d’une panacée.

Mais qu’on se le dise : le pire serait de ne rien faire. Et d’attendre. 

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 10:28

Il est toujours amusant de se pencher sur La Manif pour tous. On a beau chercher dans tous les coins et tous les recoins, rien n’y fait : ce collectif organisé en nébuleuse ment, ment et ment encore quand il prétend être aconfessionnel.

Personne n’est dupe : il n’y a qu’à regarder tous ceux qui se sont succédés à l’organisation pour se rendre compte que le catholicisme est aux avant postes, de Frigide Barjot, à Ludovine de la Rochère en passant par Béatrice Bourges, Xavier Bongibault ou encore la caution gauchiste en la personne de Laurence Tcheng.

Aujourd’hui, alors que la pression sur le mariage pour tous s’est nécessairement atténuée, le collectif hésite sur l’avenir de son engagement entre une intrusion dans les Municipales ou l’aventure de Christine Boutin.

Mais il est un détail, un seul, qui permet de bien cerner qui se cache derrière ce que d’aucuns ont estimé être la voix du peuple, quand celle-ci ne représentait qu’une minorité, certes bruyante, mais réduite à ce qu’elle est : presque rien.

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Alors que le président de la République défilait sur les Champs-Elysées, personne n’a pu ignorer les sifflets et les quolibets qui ont été déversés lors du passage. Des manifestations d’hostilité qui ont été revendiquée sur Twitter notamment par des militants de la Manif pour tous comme ils se l’étaient promis depuis des semaines. On voit ici un de ces spécimens pour le moins intéressant.

Se définissant comme « Catho à réaction » et « Zoulou de la Manif pour tous », ce très jeune militant semble fier de sa performance, sa tweet line se vantant d’avoir fait connaître  « une première » à un président de la République. Au-delà de la vacuité de cette action, il est intéressant de voir que cet énergumène s’est attaqué de manière ostentatoire à un symbole de la République. Lui qui prend pour pseudonyme « Konstantin », qui avec une variable orthographique correspond au premier empereur romain à épouser le catholicisme. Comme si les symboles républicains rappelaient que la France n’était plus chrétienne.

Une réaction qui fait écho à Vivien Hoch, ce pseudo Philosophe qui a, sur Mediavox même, défini ce qu’était le Printemps français, et qui se prétend lui-même coordonnateur du Mouvement et qui, après avoir défendu Civitas, déclarait samedi sur son compte Twitter : “Catholiques, le #14Juillet a 1 saveur particulièrement sanguinolent » avant d’effacer son forfait.

En réalité, ce mouvement qui de Vivien Hoch à David van Hemelryck, Samuel Lafond en passant par Nicolas Buss a fait les gros titres pour avoir été prétendument un prisonnier politique incarne cette jeunesse versaillaise, à la rhétorique et au langage ciselé, qui sont les héritiers de cette extrême droite qui estime comme Monseigneur Aillet que sur certains sujets la foi est supérieure à la loi. D’ailleurs Vivien Hoch ne disait-il pas l’hiver dernier qu’il fallait obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ou encore qu’il fallait rétablir le délit de blasphème ?

Renaît ainsi cette tendance royaliste, au lys triomphant, qui entend par exemple imposer à la Constitution européenne ses origines chrétiennes, à la manière de celle de Hongrie. Une tendance qui aurait même vite fait de trouver le virage laïque de Marine Le Pen assez dérangeant quand Bruno Gollnisch assure les arrières de la vielle garde au FN à la mémoire de Bernard Anthony.

Qu’on se le dise, si notre église déplore dimanche après dimanche des bancs désespérément vides, elle se réjouit, jour après jour, d’un renouvellement intégriste fait de sang neuf qui n’attend qu’une seule chose : sa contre-révolution pour attenter à la République.

Ne nous y trompons pas : les sifflets contre François Hollande ce 14 juillet ne sont pas synonymes de sa côte de popularité. Ils sont le reflet de cette minorité revancharde qui veut faire la nique à la République, et sa laïcité.

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 10:24

Mais où est donc passée cette droite qui s’enorgueillit si souvent des valeurs républicaines insufflées par « Le général » ? Où est passée celle qui se targuait de faire barrage au front national ? Où est passée celle qui se reconnaissait dans la droite sociale quand, ce week-end, Christian Estrosi propose de donner des méthodes pour « mater » des gens du voyage ? Où ?

Après le spectacle indigne lors de la rocambolesque élection de son président à l’automne dernier, le dénigrement de la mission du député par Guaino qui estime que l’Assemblée nationale n’est pas légitime pour légiférer (sic) et des primaires parisiennes qui tournèrent au pugilat, l’UMP n’en finit plus de sombrer dans les tréfonds de la République. Avec un Graal trouvé dans l’affaire de la présidentielle 2012.

L’infamie n’est pas dans l’invalidation définitive des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Cette décision du Conseil Constitutionnel est on ne peut plus normale et logique puisqu’elle suit à la lettre celle du CNCCFP. Un candidat a fauté et il paye pour réparer sa faute. Tel est le fonctionnement de la République.

L’infamie réside dans ces réactions affectées qui ont suivit et qui salissent la République. Souillures indignes.

Les barons de l’UMP se sont succédés pour dénoncer et critiquer vertement le Conseil Constitutionnel, s’asseyant sur son jugement comme on pose son séant sur des toilettes. Avec quelle arrogance et quel mépris ont-il expliqué, la main sur cœur que seul un complot pouvait expliquer un tel acharnement (sic).

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Nadine Morano, qui est à l’intelligence ce que le pâté Hénaf est à la gastronomie française a même tenu à évoquer « une décision politique » alors qu’on l’invitait à réagir. Et d’ailleurs, il serait temps de se demander pourquoi l’on se presse tant à son chevet quand celle qui se déguisait pour torpiller les rencontres de Ségolène Royal en 2007, n’a plus aucun mandat pour asseoir sa légitimité à parler, à l’exception d’un mandat de conseillère régionale, comme il en existe 1880 en France. Tant que Nadine Morano ne sera pas candidate à autre chose qu’à l’oscar du François Pignon de la politique française, les medias seraient bien avisés d’y réfléchir à deux fois avant de charrier sa prose.

Seule Bernard Debré a montré davantage de mesure, en critiquant ceux qui osaient remettre en question la décision du Conseil Constitutionnel mais dans un élan forcément suspect, quand on sait que c’est son frère qui en est le président et que son réquisitoire avait autant vocation à tempérer l’ardeur de ses collègues que de défendre la famille.

La réalité c’est que cette décision se place dans un logique. Des députées PS avaient vu leur élection annulée, alors que le plafond des dépenses n’était même pas engagé. Une peine d’inéligibilité s’était même ajouter à leur peine, ce qui est impossible pour un candidat à la présidentielle : sans doute est-elle là la véritable injustice.

Mais qu’il est insupportable de voir défiler, un à un, les bon petits soldats de ce président déchu, qui a non seulement perdu la présidentielle malgré son hold-up opéré dans les tiroirs du FN, mais qui a en outre triché pour tenter d’y parvenir !

L’UMP a cocufié la République et elle retourne sur la place publique, se placer en victime de ce qui est pourtant son forfait, pour accabler celle qu’elle a trahie de ne pas être suffisamment vertueuse ! L’infamie à l’état brute, qui tente de duper une opinion publique toujours prête à croire celui qui pleure le plus fort, plutôt que celui qui prêche la vérité le plus sobrement du monde.

Aujourd’hui le spectacle abject donné par la droite républicaine a marqué au fer rouge l’UMP. Pestiférée à jamais. Soit la droite républicaine se fonde un autre parti, une autre identité et tente de racheter son âme. Soit elle choisit de vivre avec cet héritage qui n’empêchera plus le FN de passer pour un parangon de vertu et qui voit là une occasion unique de rivaliser avec l’UMP pour devenir le parti leader de la droite.

Tant que cette droite-là n’a pas changé l’ADN qui actuellement la pourrit jusque dans ses gênes, il est inconcevable pour un républicain de voter pour l’un de ses représentants. De la même manière que seront condamnables sans rémission tout ceux qui s’accommoderont des circonstances, qu’ils soient de l’UDI ou du MoDem, comme cela se dessine pour certaines listes des Municipales ou des Européennes.

L’auteur de ces lignes a toujours lutté et combattu pour dénoncer l’hydre bipartite et refuser le manichéisme de la politique française. Mais il est des heures où les valeurs importent davantage que les principes. Sans renaissance sous d’autres bases, la droite n’est aujourd’hui tout simplement plus légitime pour incarner les valeurs de la France.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 08:12

C’est fait. Depuis minuit, la Croatie a rejoint l’Union Européenne, devenant le 28ème pays à l’intégrer. D’une manière symbolique, le panneau « douane » qui la reliait à la Slovénie a été enlevé pour rendre plus concret la libre circulation.

Je me refuse ici à broyer du noir, à expliquer que cette intégration, tardive, tombe mal pour une Union en pleine Crise, alors que la Croatie vient apporter son lot de mauvaises nouvelles, avec un chômage à 20%, son PIB à 39% en dessous de la moyenne européenne, ou encore la corruption qui gangrène le pays. Il y a trop eu en 2013 d’affaires, de catastrophes et de mauvais sentiments pour s’apitoyer de pareille façon. 

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Et quel meilleur signe envoyé à l’Europe que celui d’accueillir comme il se doit un nouveau pays ? Carrefour de culture entre l’empire romain et ottoman, la Croatie a connu une Histoire tumultueuse. Il ne faut pas oublier qu’il y a encore vingt ans, le pays était en guerre alors que la Serbie tentait de préserver coûte que coûte de ce qui restait de cette incongruité qu’était la Yougoslavie.

Aujourd’hui encore, les terres croates sèchent ses cicatrices, entre ces champs délaissés au bord des routes où on vous interdit de vous arrêter faute d’avoir encore tout déminé, et ces façades de Sibenik ou de Zadar, lézardées, et surtout encore marquées par les impacts des balles.

Des cimetières regorgent de tombes faites à la hâte dans les années 90, alors qu’au même moment, les touristes allemands continuaient, comme si de rien n’était, d’aller en vacances au bord de l’Adriatique, devenue en quelques décennies leur côte d’Azur.

C’est parce que l’Europe a été pensée, à l’origine, pour panser justement les plaies de la guerre, pour refermer deux des chapitres les plus sombres de son Histoire que l’intégration de la Croatie, aujourd’hui, en 2013, prend tout son sens.

L’arrivée d’une nouvelle nation dans l’Union européenne n’est pas nécessairement synonyme de dette supplémentaire, comme certains aiment le radoter. C’est aussi l’occasion d’être encore et toujours plus fort face à un marché mondialisé dans lequel l’Union fait nécessairement la force, ou plus exactement dans lequel la désunion fait nécessairement la la faiblesse, et à long terme la disparition. Chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en Croatie, Paul Vandoren qui explique pourtant dans « Le Monde » que la Croatie sera assurément « un des pays à problème », au même titre que la Grèce, est très clair quand on lui demande si elle n’aurait pas dû intégrer l’Union Européenne :

« Je pense au contraire que c’est une bonne chose, et qu’il n’y avait pas d’alternative pour la Croatie. Que pourrait-elle faire sans l’UE ? Comment pourrait-elle se défendre ? En 2004, quand elle a commencé son parcours d’adhésion, la Croatie allait mieux, c’est vrai, et l’Europe aussi. Faudrait-il aujourd’hui laisser le malade en dehors de la maison, sous prétexte qu’il est souffrant ? Certainement pas. »

L’Europe ne doit pas oublier ses idéaux : au-delà du grand marché économique qui l’a devancée (et qui a malheureusement provoqué le deuil d’une « Europe politique » pour longtemps), elle reste un symbole, observé et respecté fait de paix et de solidarité.

Václav Havel, avait eu cette phrase savoureuse qui résume à la perfection la situation, et qu’a exhumée un journaliste croate : « L’Europe ne se résume pas au prix d’un sac de pommes de terre ».

Et c’est parce que nos valeurs ne sont pas seulement à apprécier l’aune des cours de la bourse et des marchés qu’il convient, sans angélisme mais avec sincérité, de souhaiter à la Croatie la bienvenue chez elle, en Europe.

 

Publié sur Médiavox, le 1er juillet 2013

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:10

Dimanche soir, peu avant 20h, alors que l’on annonçait un résultat partiel mais consolidé de Jean-Louis Costes, l’ambiance n’était pas à la fête. Prudence semblait mère de sureté et il ne fallut véritablement que l’annonce de la défaite par le FN, d’abord par Florian Philippot, puis par le candidat FN lui-même, pour entendre enfin un discours de victoire. Sans emphase.

Et pour cause. La victoire de l’UMP à Villeneuve-sur-Lot n’est qu’électorale. Politiquement, c’est une épée de Damoclès qui se dessine, toujours plus proche au-dessus de la tête de la République.

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Quand Jean-Marie Le Pen atteint le second tour de la Présidentielle en 2002, son score brut ne progresse que de 1 point entre le premier et le second tour, laissant le président sortant être réélu avec un score de République bananière. Cet échec brutal, marqué par des manifestations d’une densité exceptionnelle qui affectèrent durablement la famille le Pen, comme en témoignera l’actuelle présidente du FN dans son autobiographie A contre flots, sera la marque de fabrique de ce parti. Le Front national était un parti pour faire peur, épouvanter les élus en place, l’establishment comme l’appelait Jean-Marie Le Pen, qui n’avait pas vocation à gouverner. Les électeurs pouvaient ainsi en toute lâcheté dans l’isoloir voter pour un parti, qui, même en cas d’accident avec une qualification au second tour, n’avait aucune chance ou presque d’accéder au pouvoir (ou presque eu égard aux expériences municipales qui restèrent, il faut le rappeler, dans les annales de la Justice française…).

Aujourd’hui il n’en est rien. En 11 ans, le Front national, bien aidé par une succession patrimoniale parfaitement réussie, par un maquillage d’une exceptionnelle efficacité pour occulter les négationnistes, les intégristes cathos ou encore les fachos trop racés et par un pillage méthodique de l’UMP dans le programme nationaliste, est devenu un parti qui revendique le pouvoir. N’en déplaise à Jean-François Copé qui s’est évertué ce dimanche à prétendre le contraire, quand il aurait mieux fait d’expliquer avec plus de clarté sa différence idéologique avec le FN plutôt que de ne citer que la capacité de ce dernier à surfer sur les peurs. Il y avait pourtant bien d’autres choses à dire pour marquer sa différence que de souligner, bien au contraire, ce qui a marqué sa propre rhétorique politique.

Quand le FN atteint le second tour dans un duel en 2013, il ne stagne plus. Il ne progresse plus de seulement 10 points. Dans la troisième circonscription du Lot-Et-Garonne, Etienne Bousquet-Cassagne a presque doublé son score entre le 1er et le second tour. Alors que la participation a, elle aussi, progressé de plus de 5 points, laissant augurer un sursaut républicain. Impensable il y a encore peu de temps alors qu’un front de la même épithète avait été évoqué.

Et c’est sur cet unique point qu’il faut reconnaître la pertinence de la déclaration de Jean-François Copé ce dimanche soir : le front républicain n’existe plus. Il faut dire que le président contesté de l’UMP en est le principal fossoyeur, depuis les cantonales de 2011 durant lesquelles il s’était opposé à cette ligne pourtant exercée depuis plusieurs décennies.

Bien au contraire, le « front républicain » devient contre-productif, alimentant le poujadisme du FN qui vogue sur la vague Marine UMPS. Ce « front » qui fait s’allier des ennemis idéologiques renforce le FN, qui devient finalement « le » parti d’opposition et surtout qui confirme que la frontière idéologique actuelle n’est plus celle qui fracture la gauche et la droite mais bien celle qui sépare les européistes de ses sceptiques (ou de ses « septiques » quand il s’agit du FN, partisan du rétablissement des frontières pour les raisons que nous tairons).

Dès lors, que faire en cas d’un second tour dans lequel le FN aura gagné sa place sans triangulaire ? Ce sera certainement un des axes de réflexion à mener tant au PS qu’à l’UMP, les partis du centre que sont le MoDem ou encore l’UDI ne se posant pas tant de questions sur le concept d’une « cohabitation », choisie ou non.

Les deux députés FN de l’Assemblée nationale avaient été élus en 2012 par deux triangulaires. A présent, le FN n’entend plus seulement troubler le jeu électoral. Ses prétentions sont colossales. Et bien avant les Municipales et encore plus les Européennes, qui avec un scrutin strictement proportionnel pourraient offrir une victoire historique du FN dans une élection à dimension nationale, il restera une autre élection législative partielle dans la 3ème circonscription des Bouches-du-Rhône, avec un Stéphane Ravier plus favori que jamais et que le score de Villeneuve-sur-Lot a du mettre en appétit.

Oui. Naïfs, si naïfs ceux qui ont cru hier soir à la défaite du Front national.  

 

Publié sur Médiavox, le 24 juin 2013.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 08:07

Les urnes de la désormais ancienne circonscription de Jérôme Cahuzac ont donc rendu leur terrible verdict pour le gouvernement : pour la 8ème législatives partielles consécutives, le PS est sur de perdre un nouveau siège au Palais Bourbon puisque son candidat arrive 3ème, largement en deçà de la limite des 12,5% nécessaires pour provoquer une triangulaire. C’est le FN qui défiera donc l’UMP, comme dans l’Oise en mars dernier.

Ironie du sort, ce seuil de 12,5% des inscrits avaient été réévalués pour diminuer les triangulaires et par là même pour barrer la route du FN. Le retour du boomerang avait frappé l’UMP lors des cantonales 2011 qui fonctionnaient sur le même principe. Il frappe aujourd’hui durement le gouvernement en place.

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Et la messe n’est pas encore dite quand on sait que la législative de la 3ème circonscription des Bouches-du-Rhône s’annonce plus que périlleuse, puisque la députée invalidée, Sylvie Andrieux, a écopé de 3 ans de prison dont 1 an ferme… Pas de quoi mettre en confiance le candidat socialiste qui se présentera pour sa succession d’autant qu’en juin 2012, le candidat FN, Stéphanie Ravier avait échoué sur le fil avec 49, 01% des voix, échouant à 699 voix du but.

Comme un symbole, c’est dans la commune de Villeneuve sur Lot, la ville de Jérôme Cahuzac, que le FN fait son meilleur score en arrivant en tête devant l’UMP. Sur les plateaux de télévisions, les représentants du PS rivalise dans le pathétique en sortant les calculs d’apothicaires et en expliquant que le candidat FN fait moins de voix que Marine Le Pen lors des Présidentielles (comme si les deux scrutins étaient comparables) oubliant que le score de leur candidat a été divisé par deux ! Il serait ridicule de croire que le FN ne réalise pas une poussée sur l’éternel argument d’une participation en berne.

Qu’on se le dise, en démocratie, ce qui compte, ce sont les bulletins de vote qui sont déposés et comptabilisés. Les abstentionnistes ont toujours tort et remettent leur destin à d’autres, et n’ont, de ce fait aucun message à apporter au débat.

La réalité, c’est que dans la tête d’une partie non négligeable de français, le FN fait augure de partie propre, de parti qui n’est pas dans les affaires, puisqu’il n’a pas été au pouvoir. Et c’est bien là la mascarade, que dis-je l’escroquerie qui consiste à croire que le FN aurait les mains propres.

Le bilan des mairies gagnées par le FN dans la fin des années 90 est catastrophique, oscillant entre faillite, scandales et sanctions judicaires. Marine Le Pen a beau rôle de dire qu’aucun des maires salis ne sont encore au FN, de la même manière qu’elle est fière de dire qu’elle a exclu Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses nationalistes, ce qui montre au mieux que son parti est un véritable aimant à nauséabond qu’il lâche quand la boule devient trop puante, histoire de sauver les apparences.

La réalité est tout autre : l’affaire des arrangements de Carpentras n’ont visiblement pas été assez médiatisée puisque l’on a appris le mois dernier que Marion Maréchal Le Pen aurait pu être élue grave à un arrangement avec le PS : preuve que le FN sait parfaitement se jouer du système qu’il prétend dénoncer et qu’il sait parfaitement tomber dans les combines les plus crapuleuses.

Marine Le Pen vogue sur le « tous pourri », mais oublie par exemple de remplir entièrement sa déclaration de revenus et d’activité imposé à Bruxelles pour tous les députés européens.

Le problème n’est finalement pas que le FN soit nauséabond : le problème c’est qu’il parvient à faire croire l’inverse. Sa persuasion est telle qu’elle fait craindre aujourd’hui le pire. Il ne suffira pas de dire que le FN version Marine n’est pas un parangon de vertu : il faut le démontrer, sans cesse. Mais se contenter de brailler « F comme fasciste et N comme Nazi » comme cela se fait depuis trois décennies ce qui n’empêcha pas Jean-Marie Le Pen, personnage pourtant autrement plus sulfureux que sa fille, d’atteindre le second tour de la Présidentielle, relève au mieux de l’inconsciente naïveté, au pire de la collaboration inconsciente avec celui que l’on prétend combattre.

Publié sur Médiavox, le 17 juin 2013

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 08:05

Elle fêtera ses 108 bougies en décembre et pour l’instant, elle se porte bien. Fière et résistante. Mais pour combien de temps ?

En 2013, la laïcité, née d’un long débat et de nombreuses luttes face à l’église, continue de subir des assauts de toutes parts. Depuis deux décennies, c’est l’intégrisme musulman qui est pointé du doigt. Non sans raison.

Et les suites de la crèche Baby-Loup continueront d’alimenter la vigilance. Imaginée au cœur d’une cité de la région parisienne, ouverte 24 heures sur 24 pour accueillir les enfants de ceux qui travaillent avec des horaires décalés, Baby Loup a vu sa fondatrice, Natalia Baleato, exilée politique chilienne, devoir repenser un règlement intérieur quand des parents lui avaient demandé de réveiller les bébés aux heures de prières. Voulant préserver les enfants de ces souffles religieux un rien précipités pour des êtres aussi jeunes, la fondatrice avait ainsi tenu à imposer une neutralité de l’ensemble du personnel, notamment concernant la tenue vestimentaire, s’inspirant des valeurs laïques, puisqu’en sa qualité d’établissement privé, Baby Loup ne pouvait se revendiquer de la laïcité.

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Une employée, en congé maternité depuis 6 ans, était revenue voilée, et avait tenté de l’imposer malgré un règlement intérieur qu’elle avait accepté de respecter. Son licenciement avait fait grand bruit, après que des groupes, représentant un islam fondamentaliste à Chanteloup-les-Vignes, relayés notamment par le CCIF, ont décidé de faire de cette affaire un symbole.

La justice avait dans un premier temps rejeté la demande de la plaignante avant une inversion de la décision par la Cour de Cassation en mars dernier. Aujourd’hui, les fondamentalistes ont obtenu gain de cause : la crèche a été désavouée, et l’affaire montre qu’en France un établissement privé a parfaitement le droit de se revendiquer d’une confession religieuse mais pas des valeurs laïques !

Mais ils ont obtenu aussi la fin de cette crèche au concept unique.  Lassée des revendications religieuses qui après l’affaire se sont amplifiées, de la demande d’une alimentation halal à l’exigence d’un personnel musulman entre autres pressions exercées sur le personnel, Natalia Baleato a baissé pavillon et décidé de quitter Chanteloup-les-Vignes pour Conflans Ste-Honorine. Bien malgré elle, elle abandonne les travailleurs de la cité situé à 20 km de Paris, qui, pendant des années, ont pu compter sur la présence de cette crèche 24/24 avec la promesse de la neutralité, aux mains d’intégristes qui n’ont d’autres fins que d’imposer leur vision aux autres, et d’une manière plus ambitieuse à la République.

Mais l’on aurait tort de croire que ce danger intégriste serait le seul et surtout univoque : l’intégrisme traditionnaliste catholique a ainsi repris des couleurs vives depuis quelques mois, revigoré par sa croisade contre le mariage pour tous. Et sa volonté de faire plier la République est au moins aussi dangereuse et activiste, d’autant qu’elle profite d’oreilles bien disposées à les entendre chez les élus de droite notamment. 

Certains circonscrivent l’intégrisme catholique au schisme lefebvriste, rattaché à la Fraternité Saint Pie X et qui tournent le dos au Vatican, trop réformiste à leur goût (sic), comme Civitas. C’est oublier que ce qui relève de l’intégrisme, c’est l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques. Qu’elle soit éloignée ou non du Vatican ou du Clergé. Et il est un homme qui, la semaine dernière, a parfaitement résumé la pensée de cette vision, qui tente de faire de la foi une référence supérieure à la loi, en la personne de Monseigneur Maillet : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu: mais quand César s’oppose au dessein de Dieu, il vaut mieux désobéir à César ».

Qu’Alain Escada, de l’institut Civitas, s’en revendique n’étonnera personne puisqu’il affirme que son « lobby (sic) vise à restaurer une France dont les décisions seraient inspirées de la doctrine de l’église ». Mais quand on sait que Christine Boutin, qui fut tout de même Ministre de la République, ne dit pas autre chose quand elle affirme qu’elle croit en des lois supérieures alors qu’on lui explique que la loi du mariage pour tous a été votée et promulguée, elle qui avait déjà affirmé en 1998 au Nouvel Observateur qu’elle était « catholique avant d’être élu », l’effarement est de mise.

Et l’on se demande si ceux qui crient au loup vert en dénonçant l’intégrisme musulman, ne cache pas à l’intérieur du livre gigogne titré « code civil » qu’il brandisse bruyamment, un missel qui prie en silence, avec force et fracas.

 

Publié sur Médiavox, le 10 juin 2013.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:02

Il y a un an et demi, les primaires socialistes avaient montré quelle formidable machine à gagner ce processus pouvait être. Succès populaire avec plusieurs millions de participants au scrutin. Succès démocratique avec un véritable débat laissant surgir d’authentiques fractures dans la manière d’aborder la politique. Succès électoral, fruit de cette dynamique.

L’UMP avait tant et tant critiqué ces primaires que la voir en organiser pour les municipales parisiennes, avant sans doute celles des présidentielles 2017, peut paraître grotesque. Mais il n’y a même pas besoin de puiser dans sa mauvaise foi manichéenne pour espérer voir du grotesque, tant le spectacle donné par la droite est absolument pathétique.

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L’épisode ubuesque de la présidence du parti en novembre dernier n’a donc pas suffi. Lui qui avait abouti à trois discours successifs de victoire pour Jean-François Copé, des suspicions de triche, une Commission électorale au nom ridicule, la Cocoe et à la compétence qui l’était encore plus puisqu’elle avait « oublié » de compter des bureaux de vote… Le spectacle affligeant vit d’ailleurs le groupe se scinder en deux à l’Assemblée nationale entre l’UMP d’un côté et le… RUMP de l’autre, ce qui en anglais dans le texte signifie le « croupion »… Quand ça ne veut pas…

Sur le bucher du mariage pour tous, l’UMP avait péniblement recollé les morceaux en empruntant la croisade de Frigide Barjot. Tout feu contre le gouvernement, plus que contre un projet quand on sait, depuis ce week-end, que Jean-François Copé a préféré occulter ses convictions personnelles à des fins électoralistes. Bras dessus, bras dessous avec les ducs du Front national, on a vu les barons de l’UMP s’égosiller dans les rues, à hurler au gazage d’enfants, au vol de la République et même au viol de la démocratie.

Happés par ce Peuple de droite qui découvrait les vertus des pavés, quitte à bafouer les lois de la République, en se bastonnant contre les CRS ou même au sein même de l’Assemblée, la droite n’avait certainement pas gagné en respectabilité. Loin s’en faut. Mais elle avait, pour le moins, retrouvé des couleurs.

Mais c’est étrangement sur ce même thème, si fédérateur et qui avait cicatrisé les blessures, que le sang a de nouveau coulé. La Manif pour tous avait tenu à mettre son couteau dans la plaie en distribuant ses bonus/malus puis en mobilisant ses réseaux, comme elle avait su le faire pendant des mois, en proposant notamment une inscription aux Primaires via son site. Puis en utilisant les mêmes méthodes chiffrées aux sources douteuses en annonçant, pour faire bien peur, des milliers d’inscriptions par leur intermédiaire.

Tout était prêt pour le désastre : Jean-François Legaret fut désigné l’opposant principal de NKM pour son opposition sans faille au mariage pour tous, tandis que cette dernière s’étripait avec Pierre-Yves Bournazel sur celui qui était le plus gay-friendly. Ce fut alors au tour de Guillaume Peltier de déclarer vouloir tout mettre en oeuvre pour faire échouer la favorite, avant que les cadres du Parti ne viennent le désavouer publiquement…

Tout cela dans une même famille. Ironique de la part de ceux qui s’en revendiquent. Et le vote n’avait pas encore commencé.

Parce qu’une fois le vote ouvert, ce fut le tir au pigeon, avec la découverte d’un vote électronique défaillant, où l’on pouvait usurper des identités, ou encore voter plusieurs fois. Un tel couac qui poussa la CNIL à ne pas donner son homologation…

Le capharnaüm continua durant quelques heures avant que les cadres de l’UMP ne sonnent la fin de la récréation : interdiction formelle à tous les acteurs de s’exprimer sous peine de sanction. Le comble que de devoir interdire la liberté de parole pour un parti qui s’était enorgueilli d’avoir laissé la liberté de vote à ses députés sur le mariage pour tous…

L’UMP n’est pas un parti politique : elle est devenue l’incarnation de la décadence politique, un running gag permanent qui se produit à guichets fermés.

Jean-François Copé eut ce week-end une phrase à la fois lucide et ahurissante dans l’aveu de faiblesse pour décrire l’événement : « A l’UMP, nous apprenons la démocratie, c‘est assez nouveau »

Voir un parti républicain qui œuvre en France, terre des Lumières et des Droits de l’homme et qui a montré la voie à tant de Nations, en arriver à en balbutier les principes de la démocratie en dit long, très long sur sa maladie.

 

Publié sur Médiavox, le 3 juin 2013.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 08:00

Elle devait être, à entendre la Primaire socialiste puis François Hollande, la priorité parmi la priorité. On se souvient que celui qui allait devenir le Président de la République s’était même étripé avec Martine Aubry sur le bûcher du redoublement, pendant que Ségolène Royal montrait, avec justesse, que 12000 enseignants par an ne correspondaient pas à 2,5 milliards d’euros mais à 3 fois plus. Pour autant, l’éducation reste la grande absente de la gouvernance Ayrault. La réforme votée par l’Assemblée nationale a accouché d’une souris insignifiante qui ne change en rien l’énorme bâton dans la roue éducative de la France : l’absence de savoir et de sa transmission.

En guise d’une réforme de fond, visant à redonner savoirs et culture à des élèves qui en sont d’autant plus dépourvus quand ils ne les ont pas eus au biberon, ce qui en fait donc une priorité sur le plan de l’égalité à l’accès de la formation, la loi n’a proposé que l’embauche de 60 000 enseignants. Pour le reste, la formation initiale des enseignants n’a nullement retrouvé le volume horaire qui aurait dû être le sien, puisque non seulement le gouvernement socialiste n’est pas revenu sur la nécessité d’un Master pour être enseignant et qu’un stagiaire a toujours 15 heures de cours hebdomadaires contre 6 avant l’ère mortifère de Sarkozy.

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De manière assez discrète il faut bien l’avouer, La Cour des comptes à rendu public un rapport le 22 mai sur la gestion de l’Education Nationale, Gérer autrement les enseignants. Et force est de constater qu’elle désavoue complètement la politique éducative du trio Peillon-Ayrault-Hollande en expliquant que l’Education nationale « ne souffre pas d’un manque de moyens budgétaires ». Bien au contraire, c’est la gestion elle-même qui est pointée du doigt et qui montre que les effectifs sont mal employés.

Un cas est notamment intéressant à analyser : celui des ZEP. Depuis leur création en 1981, les gouvernements socialistes n’ont eu de cesse de rappeler qu’il fallait dans ces zones des moyens supplémentaires et des enseignants en plus. S’il est absolument nécessaire de conserver des classes plus restreintes dans ces zones (25 élèves maximum par classe en collège, contre 30 dans un établissement non classé), le rapport rappelle que ces établissements ne bénéficient jamais des enseignants les plus expérimentés et les plus chevronnées mais bien au contraire se voient affecter les néo-titulaires, en masse.

La raison de ce cercle vicieux ? La prime dérisoire (et jugée comme telle par le rapport) donnée aux enseignants pratiquant en ZEP, qui ne les motivent qu’à fuir au plus vite à la prochaine mutation. Aujourd’hui, un enseignant en ZEP ne gagne que 80 euros nets de plus dans un établissement où il fait 18 heures comme ses collègues du centre-ville… Dans ces conditions, l’afflux d’enseignants supplémentaires revient à rajouter des couches d’enseignants sans expérience à une autre, sans régler le moindre problème d’un point de vue pédagogique… La Cour des Comptes évoque même la possibilité de réduire le nombre d’heures effectuées devant les élèves.

Pour autant, faut-il prendre pour argent comptant tout ce que préconise ou explique la Cour des comptes ? Loin s’en faut.

Comme le rappelle le Ministère sur son site, on peut douter du calcul effectué quand il est dit que « les moyens alloués au système éducatif ont été en hausse constante » entre 2008 et 2012, se contentant des sommes engagées, sans tenir compte du nombre de postes en lui-même. De la même manière, on ne peut rester que dubitatif face à cette obsession de la bivalence (deux matières par enseignants) en croyant qu’abandonner la spécialisation règlerait les problèmes qui restent avant tout ceux de la transmission des savoirs. Quant à cette autre obsession qui consiste à vouloir absolument décentraliser en rendant autonomes les chefs d’établissements pour gérer les personnels ou encore annualiser les heures des enseignants, il paraît toujours inquiétant de constater que seuls les arguments d’ordre pécuniaires semblent orienter les décisions quand, encore une fois, quitte à radoter, ce sont les préoccupations pédagogiques qui doivent primer.

En réalité, la Cour des comptes ne répond pas à cette question : comment fait-on pour que nos élèves apprennent leurs leçons, acquièrent des savoirs, maîtrisent la lecture, le calcul, et puissent connaître l’Histoire des France et faire de la maîtrise de la langue française une excellence dont on peut s’enorgueillir, y compris en société ? Cela fait quarante ans que la réponse se fait pourtant, durement et cruellement, attendre.

 

Publié par Médiavox, le 27 mai 2013.

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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