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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 14:28

C’est avec une trivialité sans égards que je m’adresserais, sans déférence, au Ministre de l’Education nationale : c’est bien fait !

L’inopportunément dénommée « réforme » des rythmes scolaires n’est plus un caillou dans la chaussure du Ministre. Elle est désormais une véritable bombe à retardement qui se paye le luxe de mettre tout le monde d’accord… contre le gouvernement. Parents comme enseignants refusent en bloc cette disposition, mal expliquée, mal amenée et mal préparée.

Soyons honnête, la mauvaise foi est de part et d’autre. Et comme l’a si maladroitement rappelé Vincent Peillon au journal de TF1, si tous les parents faisaient leur travail d’éducation, sans doute l’école ne serait-elle pas contrainte de jouer les garde-chiourme. De la même manière, on ne peut que s’agacer à voir ses représentants des parents d’élèves prétendre que leur progéniture est épuisée depuis cette réforme, quand les élèves avouent, en cour de récréation, se coucher de plus en plus tard dans ce qu’il convient d’appeler une antichambre de Darty, où les écrans rivalisent de puissance et de rayonnement. 

La faute de Vincent Peillon, et de François Hollande, puisque le Ministre ne fait qu’appliquer à la lettre les contours flous d’un programme qui prétendait mettre la priorité sur l’éducation, n’est pas d’avoir voulu revenir à l’école des quatre jours et demi.

Sa véritable faute c’est de prétendre, de plateaux en micros, épaulé sur cette litanie par George Pau-Langevin, ministre déléguée à la réussite scolaire (sic), que les rythmes scolaires modifiés sont la corolaire de la réussite scolaire. Parce qu’il ne s’agit plus de petits mensonges ou de petits non-dits : c’est assurément une escroquerie sans nom qui met à mal les valeurs de la République qui a pour mission de donner une éduction digne de ce nom à nos enfants.

La raison pour laquelle notre école est exsangue depuis trente ans, comme le révèle, années par années, le classement PISA, décrié énergiquement par les fossoyeurs pédagogistes, qui pourtant l’utilisent hypocritement pour vanter les mérites de son leader, la Finlande, réside dans l’abandon de la transmission du savoir. On a interdit aux enseignants de faire apprendre des choses, parce que apprendre c’était mécanique, c’était abêtissant, c’était vulgaire.

L’élève devint ainsi un être pensant… Pensant quoi ? Nul ne le sait puisque cette force pensante n’avait point de matière pour s’accomplir.

rythme.jpg

Fi des tables de calcul quand la calculatrice vient à l’aide de l’apprenant, terme hallucinant qui s’est imposé quand, dans le même temps, on tuait pourtant l’apprentissage.

Fi de l’orthographe, la « science des ânes », quand l’ordinateur vient souligner toutes vos erreurs.
Fi des dates historiques qui ne servent à rien pour écrire l’avenir.

Dans ce no man’s land de la culture, Vincent Peillon a voulu refonder l’école. Vaste fumisterie quand la réforme des rythmes scolaires ne s’est accompagnée que de l’embauche d’enseignants, avalant la seule marge budgétaire qui restait à un pays au bord de la faillite. Même la formation rétablie des néo-titulaires est un simulacre, puisque les stagiaires ont encore 15 heures de cours hebdomadaires avec en outre leur formation, quand ils n’en avaient que 6 avant l’ère mortifère Sarkozyenne.

Il ne suffit pas de dire que la gauche aime les enseignants et met la priorité dans l’éducation pour que cela suffise. Les paroles ne remplaceront jamais les actes.

Mais le plus grave dans l’affaire, le plus cynique même, c’est que ce weekend, le PS vient officiellement d’investir Vincent Peillon pour être tête de liste des Européennes, pour la région Sud-Est. Avec donc la certitude de siéger et de quitter le Ministère. Histoire de dire aussi à quel point, finalement, il(s) s’en lave(nt) finalement les mains.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:30

La tribune d’Harry Roselmack publiée dans le Monde a fait grand bruit. Et sans doute, tel était son but. Pour autant, tout aussi talentueuse que soit la plume de l’ancien présentateur du 20 heures de TF1, elle offre un miroir déformant de la réalité, en minorant finalement l’irrespirable atmosphère qui règne dans notre pays, et que le journaliste a pourtant bien sentie.

Que retient-on finalement de ce coup de gueule ? Que la France redevient raciste et que le Front national est tout à la fois le repaire de ceux qui le sont et le propagateur d’un tel climat. Et ce même si le journaliste reconnaît que ce qui le chagrine, « c’est le fond de racisme qui résiste au temps et aux mots d’ordre, pas seulement au sein du FN« .

Mais en réalité, Harry Roselmack ne perçoit ici que la partie immergée de l’iceberg. Tout d’abord, et comme il le suggère seulement, comme si c’était un fait minoritaire, les racistes ne sont pas seulement hébergés dans le parti de Marine Le Pen.

On se souvient par exemple, à droite, des propos insupportables de Jean-François Copé et sa légende des pains au chocolat, des regrets du Président de CNIP de voir que Hitler n’avait pas suffisamment tué de Roms ou encore de ce maire UMP qui, lors de l’inopportunément dénommé débat sur l’identité nationale, avait expliqu » qu’ »ILS »(…) étaient dix millions et que la France les payait « à rien foutre ».

Qui a oublié le jeune musulman, qui selon Nadine Morano, porte la casquette à l’envers, parle le verlan et ne travaille pas, ou encore Chantal Brunel qui voulait remettre les migrants dans un bateau ?

Mais la droite n’est pas la seule responsable et la seule famille politique qui peut revendiquer abriter ou encore distiller du racisme. N’oublions pas que dans les années 80, les électeurs de l’extrême gauche se sont massivement tournés vers le Front National, et notamment les ouvriers, à une période où Jean-Marie Le Pen ne laissait guère de doute sur son discours ségrégationniste.

Et que dire de la responsabilité de ceux qui, à gauche, par angélisme ou par cynisme, se sont interdit d’invoquer la laïcité, l’intégrisme religieux ou encore le risque communautariste, en prétextant que ces sujets étaient nauséabonds et n’étaient qu’une vue de l’esprit ? Qui ne sait que toutes atteintes aux principes républicains, aussi minoritaires soient-elles, sont autant de tentatives pour les subvertir ?

Qui se souvient du tollé provoqué par Ségolène Royal quand elle avait proposé de se réapproprier le drapeau français ? Tous ces pisse-froid, ces bobos inconséquents, ces négationnistes inconscients sont tout aussi responsables des amalgames qui ont pu naître et se propager, comme celui fréquent de confondre islam et islamisme, islam et terrorisme. Car en refusant de séparer le bon grain et l’ivraie, ils ont laissé des territoires entiers de notre République aux nauséabonds qui ont pu distiller leur haine, en prétendant à être les seuls à la défendre quand ils n’en étaient que les moribonds fossoyeurs.

Enfin, Harry Roselmack a certainement eu tort dans le choix du thème et du terme pour expurger sa légitime colère. Car le racisme est bien une notion est trop restrictive pour parler de ce climat d’ostracisme assumé. Plus que le racisme, c’est la xénophobie, au sens étymologique du terme, qui est en jeu. La peur de l’étranger, de celui qui est étrange à soi, celui qui n’est pas comme soi.

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Et si l’on partage complètement le cri du cœur du journaliste envers cette stigmatisation extrême des Noirs, surtout à l’aune des ignobles attaques dont a été victime la Garde des Sceaux, ils ne sont malheureusement pas les seuls à être dans l’œil du viseur des xénophobes : les maghrébins, les musulmans, les Roms, les asiatiques…

Et qui a oublié malgré les grands boucliers anti-homophobes dépolyés, la violence entendue à l’égard des homosexuels pendant des mois d’un débat nauséabond et qui aura réveillé la France la plus réac’ et la plus extrême qui soit ? D’ailleurs, on remarquera que si le FN s’est finalement peu investi dans le sujet (malgré des démarches individuelles très marquées comme celle de Bruno Gollnisch auprès de Civitas), la droite dans tout son ensemble n’a eu de cesse de marteler que certains citoyens n’étaient pas des Français comme les autres. Marianne saigne. Preuve que le FN n’est pas le seul sur le créneau de la xénophobie… même si nul ne peut contester son avance très large sur les autres partis.

La xénophobie a le vent en poupe dans une période de Crise permanente, économique, politique et même éthique. L’histoire se répète inlassablement. Aussi, au lieu de répondre à l’anathème par un autre, sans doute faut-il urgemment faire preuve de pédagogie. Sans discontinuer.

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 14:32

La photo de famille en avait surpris plus d’un. La noce avait été célébrée en grande pompe du côté de Marseille, quelques jours avant les Universités du PS en guise de pied de nez. « Jetez-nous des grains de riz », lançait alors hilare l’entremetteur Vincent Peillon pour lancer « L’espoir à gauche ». Oui à gauche. Pourtant, aux côtés de Christiane Taubira, Daniel Cohn Bendit ou encore Robert Hue, c’est une figure connue du centrisme qui fait sensation : Marielle de Sarnez, l’âme sœur de François Bayrou.

A l’époque, emportée dans son élan, celle qui fut si proche de Giscard, avait alors expliqué que « les lignes (devaient) bouger. Nous avons tant à faire ensemble ! » lançait-elle alors à une foule conquise, invitant « à ne pas jouer les uns sans les autres ou les uns contre les autres. »

Sa diatribe contre Nicolas Sarkozy et le néo-libéralisme avait clairement séduit Robert Hue, l’ancien secrétaire national du… parti communiste (!) mais aussi les cadres socialistes, Rebsamen lui rétorquant à la tribune “Tu as mis la barre à gauche”, à la fois mi surpris, mi admiratif. 

De son côté Patrick Menucci, qui s’attaquera à la mairie de Marseille en mars prochain, avait exprimé la même impression, avec un humour qui a dû en défriser plus d’un : “Finalement, il faudrait mettre Marielle de Sarnez à la place de Martine Aubry !

2009… Si loin, si proche. C’était le temps où François Bayrou expliquait sur les tribunes, avec une foi inébranlable, la main sur le coeur : “Nous avons dit aux Français : l’affrontement clanique d’un camp contre l’autre n’est pas l’avenir de la France !

C’était donc le temps où le MoDem voulait changer la France, changer la politique, changer même la langue, en gommant discrètement le mot “gauche” pour lui préférer le terme “progressiste”.

 

Oui mais c’est c’était avant.

Quatre années sont passée. Quatre années d’échec, certainement. De louvoiement surtout. Cette semaine, le MoDem a décidé de se renier, en pratiquant la terre brûlée. Lui qui avait construit son fragile édifice sur la volonté de transcender les logiques partisanes a décidé de rebrousser chemin et de célébrer ses noces avec l’UDI. Dans le panier de la mariée, les Européennes.

Mais la belle famille est dure à assumer pour l’UDI et notamment pour ceux qui avaient décidé, parfois depuis 2007 de travailler avec la gauche, comme à Lille ou à Dijon.

Et il y aussi ceux qui, à la force de leur travail quotidien d’élu, ont pu remarquer les habitudes et les valeurs des uns et des autres, leur permettant de savoir très clairement avec qui travailler pour représenter au mieux les valeurs du Mouvement, et surtout être au service des Français.

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Mais voilà, l’homme qui refusait les luttes intestinales claniques, ne l’entend plus de la même oreille.

Jean-François Martins, son ancien directeur de campagne pour la présidentielle 2012 en fera les frais. Refusant de se voir imposer Nathalie Koscisko Morizet comme candidate, bien qu’elle lui proposait une place au chaud, a fait le choix des valeurs en choisissant de soutenir celle qu’il estime le plus à même d’être dans l’intérêt des Parisiens. Sa décision, dans la plus logique tradition du MoDem, de celle qui le voyait même discuter avec les communistes, le crucifie au piloris. A peine sa décision annoncée, il fut suspendu avant d’être exclu du Mouvement. Pour avoir voulu soutenir la gauche. Non parce que c’est la gauche, mais parce qu’à ses yeux, les valeurs et le projet l’emportaient sur les étiquettes partisanes. Le Programme dans le texte des Universités d’été de Seignosse en septembre 2007 pour poser les fondations du Mouvement.

Clan contre clan, retour au bercail. UDF.

Dans 2012 Etat d’urgence, le président du MoDem écrivait : “Cette bipolarisation, cette guerre des deux, porte en elle le crétinisme de la démagogie. » Avant de prédire : « Si la guerre des deux perdure, c’est la certitude de l’échec et, partant, la certitude du clash.« 

Force est de constater, qu’aujourd’hui en 2012, François Bayrou n’a plus peur de lu crétinisme de la démagogie, ni de la certitude de l’échec, et encore mois celle du clash.

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 11:56

Voilà des semaines que les centristes n’ont plus que cette question à la bouche : quand est-ce que le MoDem passera enfin la bague au doigt à la toute jeune UDI ? Les bans ne cessent d’êtres publiés mais la cérémonie est reportée jour après jour.

Il faut dire que l’alliance ne se formera que sous la contrainte d’un imposant contrat, qui pousse d’ailleurs les deux partis à jouer la fine bouche. Le « grand centre », car tel sera le nom de cette union, a beau proclamer à qui veut l’entendre qu’il s’agit là du mariage de deux âmes sœurs, partageant le même sens des valeurs, personne ne peut ignorer que la seule chose dont on parle, pourtant, en coulisse porte surtout sur ce qui les séparent.

Deux points sont au centre  des négociations : la municipale et la présidentielle, étant entendu que les Européennes ne poseront aucun problème pour proposer des listes unies, et ce même si personne ne sait dans quel groupe les futurs (ré)élus siègeront, entre le PPE ou l’ADLE où figure notamment le PDE, le parti démocrate européen cher au MoDem.

La présidentielle, l’obsession de Bayrou. Celle qui lui aura tant de fois fait perdre la tête et qui a conduit au désastre du MoDem, l’homme sacrifiant toutes les élections intermédiaires, empêchant l’émergence de tout nouveau cadre dans le parti au seul profit de son destin qu’il croit abrité du côté de l’Elysée. Avec l’UDI, François Bayrou voulait avoir l’assurance qu’une candidature centriste, indépendante du candidat de droite, viendrait vendre chèrement la peau centriste au 1er tour de 2017. Avec l’espoir de rentrer une quatrième fois dans la peau du personnage.

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Si la perspective ne réjouit pas particulièrement Jean-Louis Borloo, qui s’inquiète légitimement de son imposant camarade dans la nouvelle auberge centriste, il fut décidé de laisser la porte ouverte à une sorte de primaire. La même que François Bayrou avait catégoriquement refusée fin 2011, estimant qu’il était le seul « centre », et qu’on ne pouvait pas s’en revendiquer quand on estimait que l’on ne pouvait travailler qu’avec la droite.  Autre temps, autre foi. Dis-moi ce que tu me donnes, et je te dirai en qui je crois.

Pour autant, 2017 est assez loin et  il faudra que le « grand centre » parvienne à tenir jusque là. Car les municipales qui s’annoncent risquent fortement d’épicer les relations entre nos deux tourtereaux. Le mariage sera fêté en grande pompe d’ici Noël mais il n’est pas bien sûr que l’on n’entende pas la vaisselle cassée d’ici le premier trimestre 2014. Dans le panier de la mariée orange, se terre un héritage dont l’UDI se serait bien passé : des élus… sur des listes de gauche.Vade retro satanas. Le cassus belli. Parce que du côté de ses élus, de Lille ou de Dijon, il est impensable de faire machine arrière. Mieux, à Lille, alors que Jacques Richir s’était porté candidat en 2008 sous les couleurs du MoDem, avant de fusionner au second tour avec la liste de Martine Aubry, il entend se positionner dès le 1er tour derrière la Maire de Lille en mars 2014. Avec celle dont François Bayrou a dit lors des récentes Universités d’été à Guidel qu’elle avait « le sectarisme dans les gènes ». Savoureux. D’ailleurs matois et facétieux, Jacques Richir expliquait la semaine dernière qu’il n’était pas impossible que cette union « aboutisse à des clarifications ».

D’autant, que François Bayrou a dû trancher : refusant de sacrifier certains de ses matelots trop roses pour l’UDI, mais devant prouver qu’il s’inscrivait dans un démarche d’opposition avec le gouvernement, il a proposé de ne pas accorder le soutien officiel du MoDem aux élus qui s’allieraient à des listes de gauche… sans toutefois les exclure. En d’autres termes, il n’y aura pas d’étiquette MoDem pour ceux qui s’engageraient sur des listes d’union à gauche. Personnalité à la ville, MoDem dans le cœur. Pas vu pas pris. Déjà des secrets de famille.

On imagine déjà les candidats de Lille ou de Dijon, faire les marchés, avec un tract Aubry ou Rebsamen dans la main gauche, et un tract « le grand Centre » pour les Européennes dans la main droite…

Cette mascarade montre que cette union est une illusion de l’esprit, construite sur un mensonge. François Bayrou fait croire qu’il est dans l’opposition, en y ajoutant toujours une épithète (« constructive »), et de l’autre côté, à l’UDI, on fait mine de croire que le MoDem accepte de ne collaborer qu’avec la droite, en cachant les mots doux encombrants sous le tapis.

La question n’est donc pas de savoir si l’union de ce « grand centre » va durer dans le temps, mais bel et bien quand le divorce sera prononcé.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 10:54

Populisme, du latin populo «  le peuple  » : «  école littéraire qui cherche dans les romans à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple », explique le Robert. Larousse y ajoute une autre acception : «  Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes ».

Étonnamment donc, le dictionnaire, juge de paix de notre langue, ne reconnaît pas le sens que le tout média emploie en permanence pour évoquer celles et ceux qui, par une propagande démagogique, vise à flatter les bas instincts du peuple ou à le complaire dans ce qu’il veut entendre.

Comme cela arrive parfois, notre langue est un miroir déformant de la réalité, un comble quand on relit le sens originel du mot «  populisme ». Seule la vie nous permet ici de saisir son sens. Et force est de constater qu’avec Samia Ghali, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, les exemples ne manquent pas, chacun d’entre eux déclinant à l’envi ses multiples usages.

Le populisme, c’est ainsi faire croire que le problème c’est l’Europe et que la solution réside dans le rétablissement des frontières, en esquissant par les diatribes enflammées le spectre d’un autre, nécessairement dangereux.

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Le populisme, c’est de faire croire que tous les patrons sont nécessairement des fous sanguinaires, obnubilés par l’appât du gain et que tous les ouvriers sont par natures bons et victimes. Mettre des citoyens dans des cases, et les laisser finalement à leur condition en antihéros tragique, puisque dans ce monde capitaliste,  leur combat paraît vain et perdu d’avance.

Le populisme, c’est l’outrance dans les mots, la harangue, la vocifération qui se substitue à la pensée et au rationalisme. C’est la volonté de faire passer les émotions en lieu et place de la réflexion.

Le populisme, c’est le clientélisme, qui vise à rendre des services en échange de quelques voix. C’est ne pas rompre avec ceux qui sont dans le viseur de la justice, en mettant la présomption d’innocence comme un bouclier quand la main est encore dans le pot de confiture, à la vue et au su de tous. Option minibus cette fois.

Le populisme, c’est de flatter les communautarismes pour doper les urnes ou à l’inverse les stigmatiser quitte à les confondre avec les communautés, pour complaire la peur de l’étranger, en un mot la xénophobie.

Le populisme c’est s’acharner à croire que la bulle médiatique vous est hostile et défavorable, que la liberté de la presse est une plaie et que les journalistes veulent vous faire la peau. Difficile ici de ne pas reconnaître nos trois protagonistes dans pareil forfait…

Samia Ghali, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont la tête de classe de cette nouvelle génération qui renoue avec les anciennes pratiques, qui affaiblit les piliers de la démocratie et de la République, bercés par les effluves d’un tout manichéisme. Qu’importent les programmes quand la fin justifie les moyens. Ces fossoyeurs puisent leur force dans les mirages de ceux qui les ont précédés. Car comment ne pas ainsi accabler François Hollande qui a fondé le volet économique de sa campagne sur des mensonges de projections de croissance, et qu’il tente, tant bien que mal de travestir en prétendant qu’il n’avait aucune conscience de l’ardoise de son prédécesseur. Le même qui avait menti aux Français pour gagner en 2007, à grandes flopées de gimmick démago «  travailler plus pour gagner plus », une gageure dans un système qui accepte qu’un actionnaire rentier gagne jusqu’à mille fois ce que parvient péniblement à réunir celui qui travaille de ses mains.

Le populisme est une mauvaise herbe, tenace et moribonde, qui fait son lit dans les lisiers de l’inculture. Triste société que l’on croit de l’information et qui pourtant n’a jamais été peu informée pour elle-même.

Populisme, toi que l’on connaît par ton nom sans avoir de définition, mais qui ne manques pas d’engrais pour gangrener…

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:52

Dreux 1983. Beaucoup de citoyens l’ignorent ou l’ont oublié, mais c’est à Dreux que le FN recueillit ses premières lettres de noblesse. Groupuscule depuis 1972 (ce qui en fait, soit dit en passant, l’un des partis les plus vieux de France, devant le PS crée en 1973), le parti de Jean-Marie Le Pen enflamme les Municipales de 1983, lorsque Jean-Pierre Stirbois obtint plus de 16% des voix et provoque une triangulaire. A l’époque, la droite parlementaire fusionne avec le FN, ce qui contredit tous ceux qui prétendent aujourd’hui, le nez allongé, que jamais la droite française n’a signé d’accord avec le FN. Quelques mois plus tard, Jacques Chirac qui s’est toujours auto-promu comme la digue inébranlable contre le FN déclarait pourtant « Je n’aurais pas du tout été gêné de voter au second tour pour la liste [RPR-FN] ». Preuve, comme le souligne Edouard Balladur dans son récent ouvrage, que l’ancien Président de la République a bel et bien été, dans carrière, tout et son contraire, pourvu qu’il soit élu.

Le tonnerre de Dreux avait été riche de deux enseignements précieux. D’une part, le Front national s’inscrivait dans les partis qui allaient compter dans le paysage politique français. D’autre part, c’est par la droite républicaine que la digue allait, tôt ou tard, sauter.

Trente ans plus tard, après une accession au second tour de la présidentielle qui résonna comme une victoire à la Pyrrhus, et une transition plus que réussie dans la succession familiale à la tête du parti, il y aura eu « la foudre de Brignoles ».

Avec 700 voix d’écart, la cantonale partielle ne risque pas d’être annulée comme celle de 2012, quand le FN avait déjà remporté la mise mais avec 3 voix d’avance, puis en 2012 quand le PC l’avait emporté avec 13 voix de plus. Cela signifie que le FN a fini par briser la logique majoritaire de la cinquième République qui broie tous ceux qui ne font pas partie de l’hydre bipartite ou qui n’ont pas négocié avec elle.

Les deux partis majoritaires ont eu beau jeu de maintenir des systèmes électoraux anti-démocratiques, dans des élections qui ont toutes renoncé à la proportionnel pour favoriser des assemblées non représentatives, quitte à augmenter le seuil pour se maintenir au second tour en cas de triangulaire, le piège s’est refermé sur eux. Et la République doit retenir que ce n’est pas en trafiquant la démocratie qu’elle parviendra à préserver ses valeurs mais bel et bien en faisant la pédagogie auprès des électeurs pour leur montrer quelles idées sont funestes pour ses piliers.

Par ailleurs, il faut regarder de près les comportements des électeurs dans l’entre deux tours, qui tordent le cou à cette analyse éculée selon laquelle d’une part l’abstention favorise nécessairement le FN et que d’autre part, le FN n’est qu’un parti du premier tour.

brignoles.JPG

Dimanche soir, l’ensemble des observateurs notaient que le report de voix entre la gauche et la droite avait plutôt bien fonctionné (en témoignent les résultats dans les bureaux, dits « de gauche » qui ont placé la candidate UMP largement en tête), comme ce fut le cas en 2002, montrant que l’électorat de gauche est bien plus respectueux des frontières du champ républicain, du point de vue des idées défendues, que ne l’est celui de droite, orienté il faut le dire par des cadres qui, à l’image de Fillon, ne voient de différence entre le PS et le FN qu’en termes de degré de sectarisme.

A compter que, comme cela semble se confirmer, le front républicain ait fonctionné et que dans le même temps, on note que la participation a progressé de 12 points, on obtient finalement les résultats suivants :

-       L’UMP, fort des reports de la gauche et du candidat divers droite a donc obtenu en théorie 3330 voix du 1er tour, ce qui suppose qu’il a bénéficié de 903 voix d’abstentionnistes ayant décidé de faire le déplacement au second tour

-       Le FN, fort des report du candidat du Parti de France a obtenu en théorie 3330 voix du 1er tour, ce qui suppose qu’il a bénéficié de… 1701 voix d’abstentionnistes ayant décidé de faire le déplacement au second tour.

En d’autres termes, le FN ne se contente plus de progresser en nombre de voix entre le premier et le second tour. Il en gagne plus que ses concurrents de la droite républicaine. Et surtout, le regain de participation lui est profitable puisqu’il n’en récupère pas moins des deux tiers.

Ce qui signifie que, parmi les abstentionnistes, il y a encore des électeurs du FN, jusqu’à en avoir une majorité, cassant le mythe, jadis vérifié et vérifiable pourtant, selon lequel le FN ne triompherait que si l’abstention était forte.

En réalité, il faut arrêter de croire que les électeurs du PS et de l’UMP votent par adhésion quand ceux du FN voteraient seulement par dépit ou par colère. Le vote du FN devient progressivement un vote d’adhésion et les chiffres montrent que les idées de Marine Le Pen commencent à s’assumer parfaitement, grâce à une droite qui les a complètement légitimées.

Certes Brignoles reste une cantonale partielle, et une majorité de Français ne savent sans doute pas ce que l’on élit dans ce type d’élection. Certes Brignoles n’est pas la France. Mais croire que Brignoles n’est pas un symbole comme Dreux le fut il y a trente ans, c’est au mieux pêcher par naïveté. Au pire céder au cynisme. 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 10:44

Ce n’est pas la première fois que la mouche l’a piquée mais Marine Le Pen voit rouge quand on classe son parti dans l’extrême droite et promet à l’avenir de porter plainte. Contrairement à ce que l’on a pu lire ou entendre, la polémique n’est pas seulement sémantique : c’est l’acte final de la métamorphose du Front national.

La question n’est pas de savoir si le Front national fait effectivement partie de l’extrême droite : comme le rappelle Laurent de Boissieu, le Ministère de l’Intérieur distingue lui-même le FN de l’extrême droite, car rappelle-t-il « Parce que le bureau des élections du ministère de l’intérieur sort un parti des grandes catégories si celui-ci a atteint un certain poids électoral, c’est-à-dire en ce qui concerne le FN depuis les élections législatives de 1986. »

C’est en quittant son statut de groupuscule qu’il s’était débarrassé de son étiquette. Pour autant, le Front national en avait-il quitté la matrice ?

Bien évidemment que non.

En faisant des immigrés des boucs émissaires permanents, en étant Provie contre l’égalité des Droits et pour la peine de mort, le FN était devenu une grande auberge espagnole, fidèle d’ailleurs à la tradition de l’extrême droite qui a toujours eu du mal à se rassembler. Des identitaires aux intégristes traditionnalistes, sans oublier les antisémites que Jean-Marie Le Pen n’a jamais cessé de flatter et de séduire à grande gerbe de déclarations fleuries, pot pourri, tout ramenait le Front national à l’étiquette décriée.

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L’arrivée de Marine le Pen à la tête du parti a quelque peu brouillé les pistes. Faisant mine de s’attaquer à tout ce qui faisait patibulaire, elle a exclu les bombers et autre crânes rasés des défilés, exclu également Alexandre Gabriac pour un salut nazi, ou encore fait le ménage dans le réseau de Gollnisch plus isolé que jamais au Bureau national.

Mais, naïfs, et ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui ont pu y voir un virage à 180 degrés. Marion Maréchal Le Pen qui deviendra députée et Julien Rochedy, chef de fil des jeunes Marinistes se sont rappelés au bon souvenir de certains, clichés à l’appui pour démontrer que la relève n’était pas prête à rompre avec les anciennes relations, à l’image de la Présidente qui valsa dangereusement à Vienne. Bruno Gollnisch continue de protéger au sein du Conseil Régional Alexandre Gabriac, alors que celui-ci était à la tête des Jeunesses nationalistes avant que le groupe ne soit dissout en juin dernier. Le même Gollnisch qui dit d’un député de la République qu’il est un « français de relativement fraîche date », et explique que « ces gens-là » manquent de décence parce qu’ils veulent « faire venir tout le monde » alors qu’on les a « invité chez nous »… Toute ressemblance avec l’extrême droite serait donc fortuite à croire Marine Le Pen.

Récemment, c’est le leader du bloc identitaire, organisateur des apéros saucisson-pinard, et ouvertement anti-musulman qui a rejoint les rangs des Marinistes

En réalité, peu importe tous ces faits que le citoyen continue à ignorer superbement, faute d’une sphère médiatique consciencieuse, et qui mettrait en face de Marine Le Pen ou de Florian Philippot, quand ils sont invités sur les plateaux, à s’exprimer. La Faute aussi à Mélenchon et ses amis, dont les outrances ne font que le placer à hauteur de Marine Le Pen… en moins séducteur pour les électeurs…

Ce qui semble aujourd’hui irrémédiable c’est que dans la tête de ces fameux citoyens, le Front national a réussi là où François Bayrou a lamentablement échoué : ringardiser définitivement l’étiage gauche/droite. Florian Philippot, à qui Marine Le Pen doit beaucoup, est parvenu à modifier une partie de l’ADN du parti. Pas celle de ces adhérents. Mais celle de son volet économique.

Pendant des années, le FN surfait sur des lendemains incertains, car sa poussée dans les classes populaires se heurtaient violemment à un programme économique ultra-libéral, pour une négociation des salaires directement avec l’employeur sans smic, pour la liberté de licenciement, contre les impôts… Ses fiascos à la tête des municipalités n’en furent qu’une conséquence directe.

Issu des rangs chevènementistes, Florian Philippot est parvenu à placer le FN sur les mêmes bases que le Front de gauche, avec un état fort et une condamnation sans partage de l’Europe, devenue bouc émissaire numéro un. Evidemment, le FN rajoute un autre bouc émissaire, en la personne de l’immigré ou même de l’islam que l’on maquille en islamisme pour faire bon genre, mais le discours lui est semblable.

Le FN est parvenu à inventer un nouveau baromètre qui n’est plus dans un clivage droite/gauche mais qui est dans celui europhile/eurosceptique. Et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles sa position est apparue confuse et maladroite lors du mariage pour tous, quand le clivage droite/gauche, progressiste/conservatisme refaisait surface.

Dans cette nouvelle grille de lecture, qui tend à s’imposer dans la population, l’étiquette même d’extrême droite n’existe plus. Du moins dans la tête des électeurs. C’est tout le pari que fait Marine le Pen à la veille d’une année électorale capitale.

Caricature du talentueux Placide

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 10:43

Cette fois-ci, c’en est trop. Le cacophonique duel opposant le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, à celle du Logement, Cécile Duflot, doit sceller le sort de ce gouvernement. « Doit », car à l’heure qu’il est, rien ne semble indiquer que Jean-Marc Ayrault rendrait la démission de son gouvernement. Pour autant, la situation ne peut plus durer.

Il ne s’agit plus ici d’un simple couac, d’une boutade, d’un dérapage ou je ne sais quel fiasco que le gouvernement s’évertue à décliner à l’envi depuis plusieurs mois. En déclarant que Manuel Valls mettait en péril « le pacte républicain », pour tenter de redorer son blason plus qu’écorné après le départ retentissant de Noël Mamère d’EELV et donner des gages de légitimité à sa participation au gouvernement, Cécile Duflot a commis l’irréparable.

Cécile Duflot a-t-elle pris conscience du sens de ces mots quand elle a lancé tel un pavé dans la mare « pacte républicain » ? A-t-elle pris conscience de ce que cette expression, pleine de majesté, impliquait ? Le pacte républicain, ce n’est pas seulement la fraternité comme l’angélique s’entête à le croire dans un parti qui n’aura décidément jamais rien compris aux valeurs françaises, en témoigne son obsessionnel penchant pour le multiculturalisme au détriment des valeurs universelles. Le pacte républicain c’est à la fois les trois piliers de notre devise, mais aussi la démocratie. Mais aussi l’école républicaine. Mais aussi la probité. Mais aussi la laïcité.

Faut-il alors rappeler à Cécile Duflot les liaisons dangereuses de son parti avec le communautarisme musulman ? Faut-il rappeler à Cécile Duflot, qu’à ce titre, les Verts ont refusé notamment de voter la loi sur les signes ostentatoires dans l’école publique de 2004 ? Faut-il rappeler à Cécile Duflot les trente années d’errance de Philippe Mérieu un des élus cadre d’EEV qui a détruit à grand coup de pédagogisme notre belle école républicaine qui avait mis la transmission des savoirs au cœur de l’éducation ? Faut-il rappeler à Cécile Duflot qu’une des élus Vert a été épinglée avec un compte en Suisse de 350000 euros, suspectés de provenir d’un blanchiment d’argent lié à la drogue ? Faut-il rappeler à Cécile Duflot que les Verts ont eu une sénatrice, Alima Boumediene-Thiery, qui non seulement appelait à un boycott illégal contre les produits israélien ou qui dénonçait un « lobby sioniste » qui sévirait en France mais avait en outre demandé des faveurs pour scolariser son fils dans un internat public, en se plaignant que ses revenus soient étrangement plus élevés que les plafonds des critères sociaux (10000 euros mensuels pour un sénateur !) et que sa réélection était incertaine et compromettait donc son avenir financier ?

Sont-ce là des comportements et des agissements conformes au « pacte républicain » ?

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Madame Duflot aurait sans doute dû nettoyer devant sa porte avant de jeter l’opprobre sur Manuel Valls. Certes ce dernier n’a certainement pas été très adroit sur la forme de ses déclarations. Mais comparer sa position, comme l’ont fait certains, à celle de Nicolas Sarkozy, l’homme de Ministère de l’identité nationale, du discours des frontières de Toulouse ou encore celui qui dissimule derrière le Buisson un panneau douane écrit en arabe dans son spot de campagne, il y a là une autre frontière qui a été plus que franchie.

Comment d’ailleurs Cécile Duflot peut-elle continuer de travailler et de collaborer dans un gouvernement dans lequel le numéro deux romprait avec le pacte républicain ? La Ministre du Logement pourrait-elle s’affranchir de pareilles valeurs ? Comment n’a-t-elle pas pu demander sa tête ou celle du Ministre de l’Intérieur pour trancher net ?

L’heure est grave. Alors que la France n’est toujours pas sortie de la crise, et que le Front national ne cesse de montrer les crocs à la veille d’une année électorale de tous les dangers, le gouvernement Ayrault n’a plus le choix. Il doit cesser de montrer ce spectacle indécent d’une équipe qui n’en est plus une depuis longtemps déjà. La synthèse à la Hollande, qui l’a vu composer un gouvernement qu’avec des socialistes et les Verts, a montré ses limites et surtout ses échecs.

En proposant un nouveau gouvernement, François Hollande enverrait un signal fort : celui d’avoir pris conscience des errements et de ses erreurs. Faute avouée à moitié pardonnée dit le proverbe. La sagesse doit l’emporter au risque de perdre bien plus qu’un ou deux scrutins…

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 10:40

« Il faut savoir finir la guerre de Cent Ans » : c’est avec cette référence hautement historique que François Bayrou entrevoit l’avenir de son mouvement. Pas celui du MoDem. Celui du Centre. Et la nuance est de taille.

Le MoDem n’aura donc survécu qu’un peu plus d’un lustre. Car il ne fait aucun doute qu’une fois absorbé dans la force centripète de l’UDI, un nouveau parti renaîtra de ses cendres, tel un Sphinx qui vérifiera définitivement l’adage pourtant sarcastique de François Mitterrand : « le centre est ni de gauche, ni de gauche ».

François Bayrou a beau multiplier les déclarations, la joie de ressuciter « LE » centre, de mails aux adhérents pour les rassurer au son du « non, je n’ai pas changé d’une ligne » en réponse à Borloo quand il choisit parfaitement sa formule en déclarant qu’il est entré dans « l’opposition », en faisant chuter cette épithète « constructive » qui faisait toute sa singularité, il ne fera croire à personne que la perspective d’un rapprochement, ou d’une union entre le MoDem et l’UDI ne résonne pas comme l’aveu d’un échec. SON échec.

En 2007, alors porté par un mouvement populaire qui recueillit presque 7 millions de voix lors de la présidentielle 2007, le Béarnais avait alors toutes les cartes en main. C’est lui qui impose un débat dans l’entre deux tours avec Ségolène Royal, dérogeant avec la tradition de la Cinquième qui ne voit qu’un débat entre les deux finalistes. C’est lui qui est courtisé par la même candidate du Poitou, jusqu’au bas de son appartement parisien pour tenter d’empêcher la victoire annoncée de Nicolas Sarkozy.

C’est surtout lui qui crée le Mouvement démocrate qui avait alors l’ambition de casser l’étiage droite gauche pour imposer une nouvelle vision de la politique, qui ne se plaçait plus au service des partis mais au service des Français. Une force idéologique qui comprenait, enfin, qu’une loi n’a pas à être votée parce qu’elle est de droite ou de gauche, mais parce qu’elle est utile au citoyen.

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Ce mouvement est véritablement né un été indien, en ce mois de Septembre 2007 à Seignosse, lors des Université d’Eté qui réunirent 2000 personnes de tous horizons de centre droit, mais aussi de gauche. Plus généralement, de nombreux citoyens étaient alors réunis pour construire quelque chose quand beaucoup d’entre eux n’avaient jamais franchi le cap de l’engagement.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces promesses si ce n’est un tas de fumier que l’on tente de dissimuler dans un joli paquet cadeau pour faire bonne figure ?

Il serait injuste de prétendre que l’escroquerie du MoDem se résume à un seul homme, car la sentence ferait l’économie de remises en question et des erreurs, qui, au-delà des décisions parisiennes, ont été faites.

Mais elle est née d’une stratégie entièrement tournée envers l’ambition et la trajectoire d’un homme, qui a fait du destin présidentiel, son destin. Sacrifiant toutes les élections intermédiaires qui auraient pourtant permis de faire émerger les nouveaux cadres du mouvement, et, techniquement parlant, de fonder le maillage local indispensable pour former les armées pour le combat électoral, le Bureau politique du MoDem parisien s’est évertué à foncer droit dans le mur, en continuant d’imposer une communication verticale : Bayrou et son cercle décident, et le mouvement suivra.

En Conseil national, les décisions étaient déjà parties à l’impression alors que la journée de « débat » s’ouvrait. A l’issue d’une distribution des paroles savamment pensée, les motions encore fumantes étaient soumises au vote de confiance, à la main levée.

Mais au-delà de l’échec de l’organisation d’un mouvement qui voulait faire de la politique autrement en dupliquant ce qui se faisait déjà à l’époque de l’UDF, le courage aura manqué et chaque ambition promise en 2007 s’est vue cocufiée avec un déterminisme acharné. Comment vouloir proposer une autre politique et une autre éthique, avec un véritable Parlement reprenant tous ses pouvoirs, quand on s’évertue à s’inscrire dans le système castrateur de la présidentielle telle qu’elle est instituée dans la  Cinquième République ?

François Bayrou a échoué là où Marine Le Pen a construit le fruit de son succès : le Béarnais voulait casser la lecture droite/gauche, cette hydre à deux têtes qui puise sa force dans une bipolarisation abêtissante, mais il n’a eu de cesse de revenir à la sémantique du « Centre », se plaçant de facto entre la droite et la gauche, ce qui revient à les conforter dans leur existence. Le Front national a non seulement mis dos à dos l’UMP et le PS avec son terrible mot valise « UMPS » mais il a fait bien davantage en imposant dans l’opinion publique que la véritable fracture politique réside sur la position européenne et sur la notion de frontière. Et dans cette grille de lecture, Bayrou est ringardisé, placé dans le même placard que les autres, dans un jeu de massacre dans lequel la République française finira par y perdre son âme.

L’union nationale doit s’incliner face à la division et l’ostracisme. Quel effroi ! Mais comment en serait-il autrement quand celui qui appelle de tous ses vœux à l’union nationale ne la conçoit que s’il en est le centre ?

Alors François Bayrou pourra toujours fêter ce week-end à Guidel la résurrection du Centre. Et se partager les postes à venir. Parmi les invités, certains porteront, seuls et en silence, le deuil d’un espoir désenchanté.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 10:38

Ce sera donc un braquage, un de plus, un de trop, qui aura fait saigner les stigmates. Ceux d’un pays exsangue qui a perdu ses repères et ses valeurs et qui avance titubant en attendant la prochaine catastrophe. On imagine l’affaire du bijoutier de Nice se produire une semaine avant une échéance électorale, à la manière de celle de Papy Voise qui avait « hystérisé » la présidentielle 2002.

Aujourd’hui, ce sont plus d’un million d’internautes qui soutiennent le bijoutier, qui n’a nullement agi en position de légitime défense comme il tente de l’imposer dans l’opinion publique, puisque le braqueur était reparti et qu’il était de dos. Rien de légitime ici, mais seulement un abattage cynique qui rappelle l’Amérique parano décriée par Michaël Moore et qui a fait de la vengeance par l’arme une liberté quasi fondamentale.

Nulle question ici d’amender l’odieux forfait du braqueur. Mais au nom de qui agissent ceux qui se font justice eux-mêmes ?

Pas de bourreau où le geôlier suffit.

      Mais, reprend-on, - il faut que la société se venge, que la société punisse. - Ni l’un, ni l’autre. Se venger est de l’individu, punir est de Dieu.

      La société est entre deux. Le châtiment est au-dessus d’elle, la vengeance au-dessous. Rien de si grand et de si petit ne lui sied. Elle ne doit pas « punir pour se venger » ; elle doit corriger pour améliorer.

Ces quelques lignes de Victor Hugo écrites en 1832 en préface à son récit “Le Dernier Jour d’un condamné” n’ont jamais été autant d’actualité. Atemporelles. Et quelle vertu exprimée au regard du cynisme de ceux qui, comme dans les JT, estiment que le braqueur n’a que “ce qu’il mérite”.

Tout manichéisme est à proscrire ici. Nier qu’un sentiment d’impunité domine dans notre société, dans laquelle il devient aussi simple de braquer une bijouterie que d’aller au distributeur automatique, serait d’une crasse bêtise. La France traverse une véritable crise judiciaire et ne semble plus remplir sa fonction qui est de punir et corriger les délinquants. Dans une société dans laquelle les voleurs et les criminels sont punis par la Justice des hommes, avec justice et justesse, il ne viendrait à l’idée d’aucun bijoutier de prendre une arme pour se faire justice soi-même.

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Mais se contenter de cette analyse n’est pas seulement céder à la paresse : c’est aussi préparer avec cynisme la démagogie nécessaire à l’instrumentalisation. Car il ne viendrait à l’idée d’aucun bijoutier de prendre une arme pour se faire justice soi-même non plus, si nos politiques, les représentants du Peuple, n’avaient pas, eux-mêmes, montrer la voie du désordre, de la gabegie et surtout de l’anarchie. A grands coups de boutoirs, combien d’entre eux ont piétiné de leurs godasses crasseuses la République et ses Institutions, devenues un paillasson sur lequel on construit ses trajectoires électoralistes ?

Que penser de Samia Ghali quand elle refuse de condamner l’incendie criminel d’un camp de Roms, ajoutant même qu’elle “comprenait” l’exaspération de ceux qui ont voulu faire “un petit nettoyage (…) pour faire propre” ?

Que penser d’Henri Guaino, le mal payé le plus bruyant de la République, qui humilie la Justice et un Juge d’instruction, quand il estime qu’une décision de justice ne correspond pas à son intime conviction ? Contribue-t-on à la pérennité et au respect des Institutions quand un député de la République par alors d’“indignité” ou encore de “déshonneur des Institutions” ? Le même fossoyeur qui avait déjà réinventé la Constitution en prétendant que “sociétal” et “social” étaient synonymes dans le but de vendre une parodie de référendum pour le mariage pour tous, prétendant que le “Robert des noms communs” était préférable au Dalloz pour interpréter les articles de notre Droit fondamental.

Que penser de Christian Estrosi quand il s’acharne sur les Roms en menaçant “J’en ai maté d’autres, je vous materai”, et en détaillant tout un plan de harcèlement qu’il prétend pouvoir donner à tous les maires de France ? Sont-ce là des méthodes respectables d’un élu du Peuple, celui des Lumières et des Droits de l’homme ?

Que penser enfin de cette minable mise en scène orchestrée par David Pujadas, quand, sur le plateau de “Des paroles et des actes”, il a fait témoigner à visage caché, la mère d’une victime de viol, dont l’agresseur vit en toute impunité, pour la confronter à la Garde des Sceaux, summum du voyeurisme et de la politique spectacle qui, comme par hasard, s’est déroulé quelques jours avant le drame de Nice ? Ce genre de mise en scène de l’odieux ne participe-t-il pas au climat de peur et surtout au sentiment d’impunité qui pousse tout à chacun à croire que, la Justice l’abandonnant, il ne reste plus qu’à se faire justice soi-même ? Monsieur Pujadas dort-il sur ses deux oreilles depuis jeudi dernier ?

Il y a trente-deux ans, Robert Badinter, contre l’opinion publique, avait fait adopter par la nouvelle Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort. Une loi historique qui montrait que la République ne voulait plus se substituer à la nature ou à Dieu. Le 18 septembre 1981, la République avait choisi d’écarter la vengeance de son vocabulaire. Mais ça, c’était avant.

Aujourd’hui, la France est en deuil. Car cette France de Badinter se meurt. Plus que jamais.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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