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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 14:12

Cela devient irrespirable. 2013 nous avait déjà réservé la résurgence médiatique de l’extrême droite, étant entendu qu’elle n’avait jamais disparu. 2014 semble partir à un rythme encore plus effréné. Les semaines se suivent et se ressemblent. Après l’affaire Dieudonné, celle de la « théorie du genre » qui serait enseignée à l’école publique… Et à chaque fois, l’ombre tutélaire d’un Alain Soral, au zénith de sa médiocrité. 

Farida Belghoul, auteur présumée de la diffusion des SMS auprès des familles pour les effrayer, vient des mouvements antiracistes. Comme Dieudonné. Comme les Indigènes de la République. Il faudra un jour s’interroger clairement sur les parois poreuses et paradoxales entre l’extrême droite et une frange des mouvements qui combattent la xénophobie. Et surtout sur l’aveuglement de certains qui refusent de voir qu’au-delà des bons sentiments s’en terrent d’autres, plus pernicieux, qui flattent le communautarisme et utilisent l’intégrisme pour tester la République.

Mais le dire provoque déjà tant de lever de boucliers et tant d’anathèmes…

Au-delà de ce phénomène inquiétant, Il faudrait aussi veiller à ne pas déresponsabiliser les citoyens. De la même manière que les politiques « comprennent » l’exaspération de ceux qui finissent par glisser un bulletin FN dans l’urne, la tentation est forte de croire que ces familles ont été manipulées. Que leur crédulité les a donc poussés à accepter ce boycott de l’école républicaine. Ce serait trop simple.

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Les familles qui prennent la responsabilité de boycotter l’école ne sont pas seulement naïves : elles insultent la République et ses principes. En laissant entendre que les enseignants pourraient être suffisamment dérangés pour apprendre aux enfants à se masturber ou encore à avoir des cours de sexualité avec des pratiques.

La vérité, c’est que les familles concernées, et ce n’est pas un hasard, font partie majoritairement de réseaux communautaristes dans lesquels l’opprobre sur la République est une permanence. Et reviennent encore une fois ces pulsions intégristes qui veulent substituer la loi par la foi.

Et peu importe alors l’identité du culte : les intégristes de tous poils seront toujours prêts à mettre les différends religieux dans leur poche dès lors que César s’incline devant Dieu. A Bruxelles, on voit ainsi les membres de l’UOIE copiner de bonne grâce avec les lobbys envoyés par le Vatican, dès lors qu’il faut s’opposer à l’IVG ou encore à l’ouverture des droits LGBT.

La vérité c’est que la théorie du genre n’existe pas. Les études, elles, oui. Et l’école n’a nulle vocation à les intégrer dans ses programmes scolaires, sauf au lycée pour les évoquer, et ainsi contribuer à une réflexion à un âge où la raison s’émancipe. En revanche, elle a à cœur, et c’est son rôle, de mettre à bas la pensée patriarcale, qui, malgré les lois sur la parité, continue de dominer sur les esprits.

La question sur le genre à l’école ne parle aucunement de sexualité… Et les plus pudibonds devront sans doute s’interroger sur la nature profonde de leurs fantasmes…

N’en déplaise à certains obtus, une fille n’a pas forcément des couettes, vêtue de rose, une poupée à la main, la préservant jalousement du petit voisin, la salopette bleue, qui veut la détruire avec son GI Joe.

C’est le rôle de la République de démonter les clichés, responsables de tant de souffrance tant sociales que psychologiques, et de faire de l’égalité, non pas seulement le pilier central de notre devise, mais le pilier central de nos existences. Nier cette volonté, c’est nier nos valeurs, remettre en cause nos fondamentaux et, en somme, être un opposant revendiqué de la République.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:14

Monsieur le Président,

Est-il possible d’espérer que vous soyez resté sourd ou aveugle à la fronde antirépublicaine qui a battu le pavé hier dans les rues parisiennes, vociférant des slogans nauséabonds, à l’image du groupe hétéroclite qui composait cette foule hagarde et bigarrée ?

Je l’espère et je le souhaite. Même s’il faut savoir écouter les citoyens Français quand la frustration et le désespoir les animent avec passion et parfois raison, il faut aussi rester ferme et ne pas se montrer naïf face à des colères malsaines qui prostituent nos valeurs.

Quand ceux qui vous sifflent et vous conspuent, avancent d’anathèmes en insultes, en ne proposant comme seule solution que de substituer la loi par la foi, s’acoquinent avec les pires délinquants de l’extrême droite,  au point de rendre réticente la pourtant très tendancieuse Ludovine de la Rochère, l’héritière de la Manif pour Tous, il n’y a aucune considération à montrer, juste le mépris par le silence.

Je ne serai donc pas de ceux qui se lamentent avec des effets de manches, des plumes sur le chapeau, les joues empourprées, le tout en manières affectées, de votre action. La République vaut davantage que ces jeux de scène qui épatent la galerie et qui surtout construisent la carrière des acteurs engagés.

Pour autant, il ne faudrait pas vous méprendre. Je vous l’avoue sincèrement, quand je regarde les 18 derniers mois, je me désole. De vos maladresses. De l’incapacité de votre gouvernement à avancer dans la clarté et l’unité. De la transparence de votre Premier Ministre, sans aspérité, sans odeur ni saveur. De vous voir vous revêtir des oripeaux du social démocrate quand cette posture vous aurait permis de travailler avec les progressistes du centre gauche dans une union nationale qui aurait eu de l’allure.

Oui, je me désole. Mais contrairement aux nauséabonds, je n’ai pas perdu la mémoire.

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Et quand je regarde plus loin dans le rétroviseur, alors je me console. Et ma mémoire n’a guère besoin de contorsions périlleuses pour se raviver. Les démonstrations grotesques de Nadine Morano incarnent à elles seules ce que fut le Sarkozysme, cette excroissance putride du populisme et de l’électoralisme, dictant sa loi à grands coups de sondage et d’éléments de langage, faisant de la mauvaise foi l’essence même de son moteur.

Je me console en me rappelant que si vos combats parfois provoquent le débat et ravivent le débat droite/gauche, le Sarkozysme lui divisait clairement les Français, non sur le bûcher des valeurs mais bel et bien sur le dos des boucs émissaires, savamment sélectionnés, du salaud de pauvre au Musulman forcément communautariste.

Je me console en voyant ce qu’est devenu ce Centre, avec Bayrou à sa tête, qui conspuait ses pairs quand ils allaient à la soupe quand lui, avec courage, traversait le désert et qui les a rejoints dans le manichéisme aveugle qui guide les avides du pouvoir. Comment auriez-vous pu travailler avec ceux qui brandissaient des valeurs comme des cache-sexe qui dissimulaient avec pudeur la seule chose qui les animent, les mandats ?

Je me console mais cela n’est pas suffisant. J’attends de vous autre chose que ces histoires de l’intimité que vous aviez juré de laisser dans votre lit. J’attends autre chose que vos belles paroles sur les économies que vous comptez faire, sur cette croissance que vous espérer doper. J’attends autre chose que votre aveuglement sur l’éducation, en continuant de prétendre que vos directions depuis mai 2012 vont dans le bon sens.

Ce n’est pas se renier que de reconnaître que l’on a fait de mauvais choix. Bien au contraire, Monsieur le Président c’est la force des Grands Hommes que d’avoir l’humilité de faire autrement par ce que l’on sait que l’on fera mieux.

En vous déclarant clairement social démocrate, vous avez déjà fait un pas vers la vérité. A vous de l’épouser, à présent, sans ambiguïté.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 14:15

Ce dimanche, la Marche pour la Vie a fait un retour fracassant sur les pavés parisiens, après une pause forcée en 2013 par la croisade contre le mariage pour tous. Toute la cathosphère s’est donc donnée rendez-vous pour hurler son opposition à la loi Veil, en mettant en exergue et en exemple, l’Espagne, qui vient d’opérer sur la question, un terrible retour en arrière.

Comme d’habitude, on prétend devant la caméra que l’on n’est pas nécessairement pour l’abrogation de la loi, mais pour une canalisation des avortements, quand en off, les langues se délient et font écho à l’intégrisme le plus crasse. Entendre parler de « mort », de « tuer » voire de « génocide » sur des pancartes vues mille fois depuis la création de cette Marche par Christine Boutin dans les années 90 pour évoquer l’avortement suffit à faire tomber le masque des bigots.

Sur le plateau du Grand Journal, vendredi soir, Jean-Marie Le Mené, Président de la Fondation Jérome-Lejeune, déclarait ainsi sans ambages qu’il était contre l’avortement tout court, prétendant que l’avortement « n’était pas un droit ». Quand on sait que le personnage est magistrat, il y a de quoi s’inquiéter.

Non seulement l’avortement est un droit, mais contrairement à ce prétendent les marcheurs pour la Vie, le cache-sexe sémantique de ceux qui sont par ailleurs le plus souvent aussi pour la peine de mort en tout paradoxe, on a le droit en France d’être contre l’IVG. Et ce droit, précieux, qui relève de la liberté de conscience de chacun n’existe que parce que, en contre-partie, on a aussi le droit d’être pour, et donc de le pratiquer.

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Cette loi n’impose à personne de se faire avorter contre son gré et les jérémiades des intégristes qui hurlent à la liberté d’expression bafouée, ne font en réalité que révéler le poison qu’ils tentent de distiller pour organiser la contre-révolution. Celle qui, dans leur fantasme, fait substituer la loi par la foi.

Ce week-end marque d’ailleurs le début du marathon de la cathosphère, puisque le week-end prochain, ce sera au tour de « Jour de colère », rejoint notamment par l’institut Intégriste Civitas, et dans quinze jours, la Manif pour tous qui tente d’exister malgré l’échec sans appel de son vain combat en 2013 contre l’égalité.

La cathosphère, et notamment par la vitalité du net, prend ainsi un éclairage qu’on ne lui croyait plus capable de prendre. Le « débat » qu’ils ont accaparé lors du mariage pour tous, a permis de réactiver des réseaux, qui n’ont jamais cessé d’exister. La question n’est pas de savoir si ces intégristes sont plus nombreux qu’avant, ou s’ils ont vocation à se multiplier. Si l’on voit bien une jeunesse prête à prendre la relève, ils restent dans une ultra-minorité, pour ne pas parler de marginalité.

Pour autant, bien aiguillonnée par une Frigide Barjot qui lui a servi d’idiote utile en forme de porte-voix et d’accès au micro, mais aussi par le développement des réseaux sociaux dont elle fait un usage frénétique et qui amplifie la caisse de résonance, la cathosphère est plus bruyante que jamais, tenant par l’art d’un double discours pour faire bonne figure devant les médias, une nouveauté pour la branche intégriste des cathos, à la manière de l’UOIF ou de Tariq Ramadan chez ses alter ego musulmans. 

Ce n’est pas parce que l’on crie le plus fort que l’on doit parler au nom du Peuple. Ce n’est pas parce que l’on est nombreux, que l’on détient la vérité. Et ce n’est pas parce que l’on existe que les médias ont l’obligation d’en parler. Sans doute, faudrait-il replacer ces plaintes hystériques et anti-républicaine à la seule place qu’il convient : celle de l’obscurité. 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 14:16

La nouvelle affaire « people » autour des frasques du président de la République place l’année 2014 sous les pires auspices. La politique et ses principaux acteurs sont plus que jamais décrédibilisés. De l’affaire Cahuzac aux attitudes factieuses des élus de l’opposition lors du mariage pour tous, des scandales sexuels aux faux électeurs, des affaires crapuleuses à la protection indécente que les archaïsmes de la République réservent aux plus puissants, tout concourt à faire rompre le lien qui unit le Peuple et ses représentants dans les Assemblées.

Et les premiers responsables de cette situation sont incontestablement les politiques eux-mêmes. Qu’il n’y ait aucun doute sur la question.

Pour autant, les médias d’information peuvent-ils aussi facilement s’affranchir de leur responsabilité ? Il est largement permis d’en douter.

Ce week-end nous a offert l’exemple le plus flagrant avec la publication par Closer d’une liaison qu’aurait le Président de la République avec une actrice, illustrée par des photographies floues et n’offrant aucune certitude. L’exemple même de la non-information, du faux scoop nauséabond et malveillant qui n’a d’autres objectifs que de vendre du papier dans un climat morose pour la presse papier.

Comment une démocratie, qui a placé l’information comme le corollaire de son fonctionnement, peut-elle se permettre de faire de cet excrément médiatique, une inopportunément dénommée « information » que l’on pilonne en boucle sur les chaines info ou en manchette pour leur alter ego papier ?

L’hypocrisie la plus abjecte de ce système a été expliquée, avec un cynisme rare et, beaucoup plus grave, avec l’air de prétendre qu’il n’y avait pas d’autres choix, par Natacha Polony sur le plateau du Grand Journal jeudi soir. Condamnant l’initiative de Closer, elle a ensuite prétendu qu’elle devait pour autant parler de cet événement qui était, de facto, devenu un fait politique. Ou comment on justifie sa propre pratique du voyeurisme exhibitionniste, en la travestissant sous les oripeaux de la vertu. Ad nauseam.

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Oui les médias avaient le choix de ne pas parler de ce non-événement, de cette probable chronique du quotidien d’un citoyen. Prétendre comme Christophe Barbier qu’il est nécessaire de se demander si le Président de la République n’est pas un citoyen comme les autres revient à laisser la porte ouverte à n’importe quoi. Loin de sacraliser la fonction, ce questionnement à lui seul suffit à confondre l’homme et le président, la contenu et le contenant, et contribue à plonger la démocratie dans ce qu’elle a de plus trouble. 

Oui les médias doivent se poser des questions et cesser de dire qu’ils ne sont qu’un thermomètre, un miroir qui reflète la réalité. Ils ne peuvent prétendre être le vitrier de Stendhal, car contrairement à lui, ils peuvent et doivent même hiérarchiser l’information, la classer, et donner une ligne éditoriale.

Ainsi quand on les voit frétiller autour des Municipales parisiennes, qui sentent le soufre, ou encore vers les villes qui risquent de basculer dans l’escarcelle du Front national, celles de Lille ou de Bordeaux sont complètement occultées. Pourquoi ? Parce qu’elles seraient jouées d’avance. Comme si savoir pourquoi ces majorités municipales sont stables, plébiscitées et crédibles aux yeux des citoyens, à l’abri de toute insurrection nationaliste, dont les forces sont stériles dans ces territoires, ne constituent pas en soi une information.

A vouloir chercher à tous prix, pour l’audience ou en quête d’un lectorat perdu, le parfum du drame, les médias perdent tout sens commun. Les Français qui travaillent, pas ceux qui twittent dans le métro parisien en costume cravate en allant au bureau, sont bien loin des liaisons extraconjugales d’untel, ou de la rivalité féminine qui pimente la course vers l’Hôtel de ville de notre capitale. Pour eux, c’est l’emploi, leur pouvoir d’achat ou encore l’éducation de leurs enfants qui demeurent l’essence même de la vie.

Il serait urgent de convoquer des états généraux des médias et de la presse. Ne serait-ce que pour prendre conscience que l’information est fragile et fragilisée, et qu’ils sont autant influencés par la réalité qu’ils ne l’influencent elle-même.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 14:18

L’UMP et la droite parisienne pensaient avoir touché le fond et estimaient raisonnablement que le pire était derrière elles. En 2001, la fronde menée par Tibéri avait offert les clefs de la Mairie à Delanoë sur un plateau. Sept ans plus tard, La campagne de Panafieu n’eut jamais de prise au sein d’un électorat qui avait profondément changé.

Aussi avec les déboires de François Hollande et du gouvernement, l’espoir était de mise avec Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne Ministre, investie avec la promesse de rassembler une famille décomposée à droite, notamment depuis la guerre des têtes il y a un an.

La désillusion n’en est que plus grande.

Les primaires, qui aboutirent à son investiture, tournèrent en eau-de-boudin, avec un affrontement sur le bûcher du mariage pour tous, la future candidate s’écharpant même rudement avec Pierre-Yves Bournazel… devenu porte-parole de la candidate. Le temps d’apprendre que l’ancienne maire de Longjumeau avait dans ses équipes une certaine Roxane Decorte, condamnée par la justice, révélation faite lors d’un débat télévisé par Bournazel lui-même. La sentence ne tombera que début janvier 2013, avec la mise à l’écart de l’âne malade de la peste, qui décida de faire dissidence dans son élan.

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Le week-end du vote, on crut même revivre l’élection à la présidence de l’UMP avec des accusations de fraude et de triche, dans un vaudeville pathétique pour l’image du parti et de la politique en général. Le score fut si important pour la gagnante que la hache de guerre fut vite enterrée. Mais les plaies sont restées béantes.

Depuis, ce ne fut que couacs et bévues. Entre le ticket de métro, la coupe de cheveux, l’agressivité de la Dame, le dérapage sur les Roms. NKM n’en finit plus de sombrer.

Aujourd’hui, ce sont les présentations de listes qui tournent au fiasco. A droite, surtout à Paris, les dents rayent le parquet et à vouloir faire la synthèse, au lieu de privilégier une équipe en fonction de ses convictions, NKM a fini par frustrer tout le monde et les dissidences se multiplient, du fils Tibéri au moins connu des Beigbeder, compromettant gravement sa dynamique et tout espoir d’accéder à l’Hôtel de Ville. Comment expliquer en effet, que sur la même liste du troisième arrondissement, soit placée en N°3, Catherine Michaud la présidente de Gay Lib, aux côtés de Hélène Delsol, plutôt proche de la Manif pour tous ?

Quel est le signe envoyé aux citoyens et aux électeurs si ce n’est que les listes sont davantage une sélection des ego qu’un groupe uni et motivé par les mêmes convictions au service des citoyens ?
Alors Nathalie Koscisko Morizet se perd. Totalement même quand elle instrumentalise les SDF, en se faisant photographier avec eux, fumant une clope, crapotant même sur l’image telle une adolescente, comme pour souligner le manque de naturel d’une telle mise en scène.

Bien plus grave que ce naufrage annoncé, il est tout de même urgent de s’inquiéter de l’image renvoyée par ce type de campagne sur les électeurs. Les valeurs et les programmes envoyés au feu des ego, de l’image et de la com’ au détriment des engagements, un parachutage pour des Municipales…
La droite avait, depuis quelques années, ouvert les portes au Front national en flattant son programme, quand elle ne le pillait pas au second tour. La nouveauté c’est qu’à présent, son indigence lui déroule le tapis rouge. 2014, l’année de tous les dangers.


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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 14:19

On la croyait réduite à l’obscurité. Au silence. Voire au passé. Pourtant, c’est bien en 2013 que l’extrême droite a fait un retour fracassant sur le devant de la scène française. Pure et dure. Celle des révisionnistes. Celle des racistes. Celle qui fomente la contre-révolution dans ses rêves les plus fous.
Le mariage pour tous fut le prétexte à sa réapparition. Frigide Barjot a beau s’en affranchir, c’est pourtant bien elle qui lui a ouvert la porte d’entrée. Cachée dans les premiers temps, elle s’est petit à petit émancipée pour s’affirmer pleinement.

Projetée sous la lumière des médias, cette néo extrême droite s’est trouvée une mère nourricière, Béatrice Bourges et s’est affublée d’un nom « Le Printemps français ». De provocations envers les forces de l’ordre en actes de violence, de menace de mort envers les élus pour infléchir leur vote jusqu’à la négation de la loi républicaine, cette excroissance de la « Manif pour tous » comme l’a baptisé l’un de ses trublions, qui s’abreuve dans le même bénitier que Civitas, a déferlé sur nos écrans et dans nos vies. Avec une complaisance manifeste des médias et des journalistes dans un premier temps. Les Zemmour et autres Ménard continuant aujourd’hui encore à les nourrir en argumentations fumeuses et autres amalgames odieux.

Décomplexée, cette extrême droite fut incarnée notamment par Alexandre Gabriac, qui a multiplié les happenings, lui le conseiller régional de Rhône-Alpes, qui estime au micro de Canal Plus qu’il n’est pas plus antisémite que Saint Louis, ce Roi croisé qui persécuté les Juifs. Un « républicain » qui menace des journalistes physiquement dans des tweets à peine voilés.

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Lui qui fut biberonné par le Front National, qui a beau jeu de dire qu’il l’a exclu quand Bruno Gollnisch ne cache nullement qu’il continue de travailler main dans la main au sein du Conseil régional. Marine Le Pen s’évertue à menacer ceux qui rangeraient son parti dans l’extrême droite. En vain, quand on voit certains de ses membres comparer la Garde des Sceaux à un singe. Une exclusion (encore une) sera à la clef, mais la règle du jeu au FN semble seulement de ne pas être pris en flagrant délit médiatique. Pour le reste on ne dit rien, on n’entend rien, on ne voit rien. Les Singes de la Sagesse en ironie du sort.

Christiane Taubira aura subi les pires insultes que la République a pu connaître depuis Léon Blum en 1936. Des attaques violentes et racistes, de la part d’anonymes comme de la part de la presse d’extrême droite qui, elle aussi, a fait un retour à la lumière. Brune. Voir la Ministre de la République subir pareils traitements en 2013, en France, a ce quelque chose de surréaliste et qui donne la nausée.Matin Brun de Franck Pavlov nous parle alors.

Clément Méric aura quant à lui payer de sa vie sa lutte contre l’extrême droite. Sans doute n’avait-il pas choisi le combat le plus productif pour combattre les ennemis de la République, mais comment accepter qu’il ait pu en payer sa vie, à seulement 18 ans ?

Mais au moment de faire les bilans, comment occulter la responsabilité politique de ceux qui ont attisé le feu ? Comment dédouaner certains députés d’extrême droite comme Marc Le Fur qui, outre ses excès langagiers lors de débats du mariage pour tous, a cru bon de faire voler le calot d’un représentant de l’ordre ? Une élue, assistant à la scène, a même vu l’élu, bien accompagné, exciter les foules pour laisser place aux provocations et aux heurts. Quelle meilleure légitimité pouvait trouver l’extrême droite pour œuvrer à partir de ce moment ? Est-ce le rôle de nos élus de défier la République et de faire trembler ses piliers pour des raisons purement électoralistes ?

L’histoire retiendra qu’une grande partie de la droite portera une lourde responsabilité a posteriori sur ce réveil antirépublicain de l’extrême droite la plus nauséabonde qui assume ses positions sans risquer grand chose, au nom de la liberté d’expression.

Mais personne n’oubliera non plus d’autres comportements qui participent à la légitimité de certains raisonnements, comme celui de Samia Ghali qui refusa en son temps de condamner l’incendie criminel d’un camp de Roms parce qu’elle comprenait l’exaspération.

En réalité, l’extrême droite se nourrit du populisme qui guide avec gourmandise les discours de nos politiques. Perdant en crédibilité, ils estiment n’avoir d’autres choix que d’emprunter les sillons de la démagogie, non pour être au service des Français, mais pour préserver leur siège. Un terreau fertile pour cette extrême droite qui peut ainsi décliner sa haine à l’envi. En toute légitimité et avec un écho médiatique sans lequel elle serait pourtant réduite à néant.

Aujourd’hui, ce sont les quenelles qui occupent les esprits. Et qu’en sera-t-il demain, en 2014 ?

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 14:20

La France, qui fait de l’éducation son premier pôle de dépense, navigue péniblement au milieu de classe des pays de l’OCDE, incapable de former les jeunes issus des milieux défavorisés. 25% de sa jeunesse est au chômage. Des braquages en série viennent poser une épée de Damoclès sur les buralistes ou les diamantaires. Une violence qui s’impose durablement dans la société, avec la renaissance d’une extrême droite plus zélée que jamais, contestant la légitimité du pouvoir et fomentant la contre-révolution. Les plans sociaux se multiplient et notre industrie est exsangue. Sans compter qu’au loin s’esquisse un conflit de tous les dangers en Centrafrique. 

Mais à entendre les médias, rien de tout cela ne semble intéresser les Français. Non. A les lire, les voir ou les entendre, ils n’auraient qu’une priorité, qu’un désir, qu’une obsession : Nicolas Sarkozy reviendra-t-il en politique pour se prendre sa revanche face à François Hollande en 2017 ?

Les sujets et les unes se multiplient, quand les éditorialistes ne viennent pas broder l’ouvrage de Pénélope, défaisant leurs argumentaires, qui sont autant de fantasmes, au gré des sondages commandés en masse sur la question.

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Un jour l’on apprend que 60% des sympathisants de l’UMP souhaiteraient le voir être candidat en 2017 ; un autre que 46% des Français préféreraient le voir aujourd’hui président, contre 27% qui soutiennent Hollande. Valeurs actuelles qui disputent au Figaro le rôle de la Pravda de droite imagine même Sarkozy « écraser » Hollande à l’aune d’un sondage sur des adjectifs qualificatifs que les Français accorderaient aux deux hommes…

Les médias et les Français semblent à la fois fous, artificiels et frappés d’Alzheimer.

Fous car comment lancer de tels plans sur la comète Sarkozy pour 2017 quand le calendrier n’indique que décembre 2013 ? Soyons précis : il s’est passé moins de temps depuis mai 2012 qu’il n’en reste d’ici la prochaine présidentielle. 19 mois se sont écoulés quand il en reste encore 40… D’ici là, des municipales, des européennes, des régionales des cantonales et mêmes des sénatoriales se dérouleront. Autant d’échéances qui permettront de voir venir et de juger des forces en présence. Autant de moments de vérité démocratique qui donneront la mesure de la menace nationaliste sur nos têtes. Autant de temps qui est donné pour surtout trouver des solutions à cette crise qui n’en finit pas. Certainement pas pour lorgner vers une autre élection, une de plus, surtout à une période où l’on ne cesse de rappeler que le politique a de moins en moins de légitimité aux yeux des citoyens.

Artificiels car cet engouement autour de Nicolas Sarkozy aurait des vertus s’il était motivé par une direction, des idées, un programme. Si l’ancien président avait, enfin, fait amende honorable de son chaotique quinquennat. S’il avait fait son mea culpa sur son insupportable buissonnade notamment lors de la présidentielle 2012. Mais de ces remises en question, de propositions, de projet, il n’en est nullement question. Des images, des sourires, des applaudissements au concert de sa femme suffisent à alimenter la story telling, cet insupportable terme qui s’est imposé à la vie politique française. La forme maquille outrageusement la vacuité que représente actuellement l’épaisseur politique de Nicolas Sarkozy. Finalement, que représente ce retour si ce n’est l’annonce d’une revanche, le pansement attendu sur la blessure de l’ego indélébile pour l’homme ?

Enfin frappés d’Alzheimer. Car il faut se frotter les yeux pour découvrir à quel point les Français ont oublié ce qu’a pu représenter le lustre Sarkozy. Les indécences de sa vie privée, la droite bling bling au mépris des classes populaires et moyennes, la politique des sondages, le bouclier fiscal, le cancer de l’assistanat, l’opprobre sur l’islam et les Roms, des suppressions de postes dans l’éducation nationale à l’aveugle suivi de l’extermination sans rémission de leur formation, Frédéric Lefebvre et Nadine Morano… L’inventaire pourrait noircir des pages, les pages noires de notre République.

Léché, lâché, lynché, Nicolas Sarkozy n’a en réalité jamais cessé d’être le jouet de l’insatiable fascination des médias, et par là même, en gentils consommateurs, de certains Français autour de son personnage. Aujourd’hui, la République doit grandir et apprendre, de toute urgence, à oublier Nicolas Sarkozy. Et les médias avec elle.

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 14:24

Avouons-le, oui j’y ai cru un peu. Un tout petit peu. Quand mardi dernier, les résultats PISA ont rendu leur impitoyable verdict, faisant de la France une élève moyenne de l’OCDE, quand elle est la seule à consacrer 23% de son budget à l’école, j’ai cru que Vincent Peillon allait enfin réagir. Ou être poussé à réagir. Car pour une fois, c’est le premier ministre en personne qui est venu s’alarmer de ses résultats alors qu’il était en déplacement.

Une réaction assez singulière, puisque pendant des années, les officiels se sont évertués à nier la pertinence de ces tests d’aptitude et de culture, à l’image de ces élèves qui, nantis d’une note piteuse, viennent contester le sujet, le barème quand les parents ne viennent pas à la rescousse pour mettre en cause la compétence du professeur.

L’extrême gauche continue d’ailleurs avec une grasse bêtise à l’image de Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), qui sur I>Télé, prétendait que les tests étaient calibrés pour les anglo-saxons… pourtant classés derrière la France. Tout excès est dérisoire et Dieu sait que l’extrême gauche française… est terriblement dérisoire.

Alors quand Jean-Marc Ayrault a semblé prendre la mesure du drame national qui se jouait dans la confirmation de la médiocrité de notre système, j’ai cru (un peu) que Vincent Peillon allait ENFIN prendre ses responsabilités. 

Sans pour autant renier sa non-réforme, discours politique obligeant, il aurait pu, pour le moins, expliquer que le recrutement massif de professeurs et l’obsession d’une modification des rythmes scolaires, mesure cosmétique sans effet sur la pédagogie et la scolarité, devaient s’accompagner d’autre chose. Que la direction prise depuis trente années et qui a détourné tout le monde du savoir et de la culture, délaissant sur la route les enfants de la misère, dont les programmes allégés revenaient à dire qu’ils étaient trop idiots pour avoir de véritables ambitions, était mortifère et insupportable aux yeux de l’égalité républicaine.

En vain.

Le Ministre a beau lire le diagnostique, il persiste dans l’erreur, comme ses prédécesseurs, qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs.

Quand les résultats de PISA insistent sur le fait que l’école française ne fait pas progresser les élèves qui sont en difficulté, le Ministre persiste à dire que notre école est trop élitiste. Misère. Si notre école avait suffisamment d’exigence POUR TOUS bien au contraire, sans doute aurions nous davantage d’enfants d’ouvriers dans les grandes écoles et bardés des plus grands diplômes universitaires.

Peillon

Et alors que justement les résultats de PISA nous expliquent que la seule chose qui fonctionne en France c’est notre élite, à qui l’on daigne transmettre un véritable savoir, et une authentique valeur ajoutée, Vincent Peillon scie la branche de l’arbre sur laquelle il est assise et décide de s’attaquer aux salaires des professeurs des écoles préparatoires

Jacques Julliard a eu les mots justes dans son édito de Marianne cette semaine :

« Depuis des années l’école française est dominée par un pédagogisme compassionnel et une parentocratie démagogique qui se traduisent par un volume de travail insuffisant. (…) Il est parfaitement inutile aujourd’hui de ‘réformer l’enseignement’, de ‘refonder l’école’, (…) si l’on ne s’attaque pas au cœur du problème : la restauration de l’éminente dignité du savoir et le rétablissement d’un rapport de confiance et de respect entre le maître et l’école. Sinon mieux vaut supprimer l’école. »

Car que cherche au juste Vincent Peillon ? Non seulement, il s’apprête à sacrifier la seule chose que l’école française est encore capable de faire avec ses élites. Mais, beaucoup plus grave, au regard du pilier central de notre devise, il ne fait rien pour donner aux enfants qui n’ont pas la culture au biberon, l’exigence d’un savoir qui, seule, les doterait des armes des la compétition qu’est devenue l’entrée dans la vie professionnelle.

Stigmatisés par leurs carences dans les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter), puisque le socle commun des connaissances minimales est devenu le socle commun des connaissances minimums, ces enfants se voient refuser l’idéal républicain voulu par Jules Ferry.

Venez comme vous êtes, et vous repartirez comme vous êtes venus : voici la triste invitation de Vincent Peillon à la jeunesse française. En attendant que le fossoyeur, professeur de philosophie coule des jours heureux à Bruxelles…

Cynisme, vous avez dit cynisme ?

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 14:25

Alors que la France s’enfonce jour après jour dans une tourmente, mal contrôlée, montrant que François Hollande a eu tort de faire sa campagne en occultant les efforts qu’il allait demander aux Français, un serpent de mer est venu faire son retour dans le débat public. La comptabilisation du vote blanc.
Le vote blanc serait l’alpha et l’omega de la démocratie moderne, qui, à en croire certains, permettrait de canaliser la colère de ceux qui ne se sentent pas représentés et qui se retrouvent contraints et forcés de se réfugier dans l’abstention et dans les extrêmes.

Durant la présidentielle 2012, François Bayrou en avait fait un volet de la moralisation de la vie publique, quand Bruno Gaccio avait sorti un argumentaire sur la question l’an passé intitulé Blanc c’est pas nulUn site consacré au « Parti du vote blanc » a même vu le jour.

 Nos élus ne semblent pas partager cet élan avec autant d’enthousiasme et s’ils ont effectivement voté la semaine dernière une proposition de loi reconnaissant le vote blanc, qui fera ainsi différence avec les votes nuls… mais seulement après les municipales.

Faut-il aller plus loin comme le préconisent certains ? Assurément, non.
Tout d’abord, il est parfaitement stupéfiant de voir les tenants d’un vote nul mesuré comme une force politique expliquer que son intégration dans les votes exprimés permettraient de faire entendre cette voix. Rien n’est plus faux.

 Qui peut prétendre ce que signifie réellement l’expression d’un vote blanc, sinon à tenter de faire croire en son omniscience ?

Les raisons qui poussent les électeurs à voter blanc, c’est-à-dire à fournir une enveloppe vide ou encore avec un papier blanc, vierge de tout nom de candidat ou de toute liste à l’intérieur, peuvent être multiples : impossibilité de faire son choix par rapport à une offre, dégoût de la vie politique, expression d’un énervement, facétieux en manque de sensations, personne ayant omis de mettre un bulletin…

En faisant apparaître le vote blanc dans les votes exprimés, l’on ne fera donc ajouter que de la confusion à la confusion et la seule chose qui serait mesurable serait alors « le parti de la non-décision » face à ceux qui choisiraient un candidat.

Par ailleurs, introduire le vote blanc parmi les suffrages exprimés ébranlerait sérieusement la légitimité des élus, qui se verraient ainsi adoubés sans recueillir la majorité absolue, mais une majorité relative, une incongruité dans des Institutions que l’on a voulues à scrutin majoritaire à deux tours pour leur donner les pouvoirs que la IVème République, justement leur disputait. On voit déjà comment certains ont présenté le résultat du 2ème tour de la présidentielle 2012, en expliquant que François Hollande, comme Chirac en 1995 avait été élu sans réunir 50% des inscrits. Et à l’heure du tout scepticisme, nos élus n’ont assurément pas besoin de cela.

La réalité c’est que la démocratie n’est pas modulable et personnalisable. Dans cette société individualiste où chacun veut seulement voir ses intérêts représenter, tout le monde fait la fine bouche et estime que la représentation est insuffisante.

Que la société française soit déçue par la classe politique, qu’elle soit agacée par son manque de transparence, par ses leçons de morales qui se résument le plus souvent à « faites ce que je dis et pas ce que je fais » est parfaitement légitime. Qu’elle refuse de jouer le jeu exigeant de la démocratie est en revanche irrecevable.

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Les électeurs ne se satisfont pas des ceux qui se présentent ? Qu’ils se présentent eux mêmes, qu’ils prennent le courage de mettre eux aussi les mains dans le cambouis et qu’ils convainquent le citoyen du bienfondé de leur critique !

Voter c’est faire un choix, trancher net. Le vote blanc institué, deviendrait le contournement de la démocratie, un refuge de lâcheté pour certains, le refus de se décider pour d’autres, dans une auberge espagnole intraduisible et qui n’aboutirait qu’à une explosion imminente de notre système.

Parce que finalement, quel est le véritable problème ici ? Le véritable problème, c’est que les citoyens et les électeurs ne se sentent pas représentés. Or institutionnaliser le vote blanc ne consisterait qu’à enregistrer au mieux leur colère. Pas à résoudre leur problème.

Or la seule manière de résoudre ce problème à un nom, un mode de scrutin, unique et incontestable : la proportionnelle. Avec ce qu’il faut pour que la liste arrivée en tête puisse avoir de quoi diriger.

Est-il si utopique de voir en France imiter ce que fait l’Allemagne quand Angela Merkel, pourtant arrivée largement en tête des élections fédérales, est en passe de diriger une immense coalition de la droite à la gauche, la contraignant à proposer pour la première fois le SMIC et l’abaissement de l’âge de la retraite ? Un compromis qui fait rêver en France, où l’on préfère agiter la colère plutôt que l’apaiser.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:27

La mauvaise foi fait partie du jeu de l’opposition. C’est un fait. Quelle qu’elle soit, quelle qu’en fut l’époque, son caractère minoritaire la contraint, pour exister, à crier des cris d’orfraie, histoire de ne pas se faire oublier.

Pour autant, la mauvaise foi peut se faire pardonner, quand, en contrepartie, l’opposition se veut prodigue en idées, en suggestions, en solutions. Or, force est de constater que la droite est actuellement bien avare en propositions, rendant sa verve bien vaine… au mieux.

Après avoir tenté de se rabibocher sur le bûcher du mariage pour tous, l’UMP entonne depuis quelques mois son refrain préféré, celui qui, à l’entendre, serait le cœur même de la fracture droite/gauche dans le paysage politique français : la fiscalité.

Il en va de même en 2013, qu’en 1997, 1991 ou qu’en 1983 : la gauche serait cet horrible ogre qui ferait saigner les contribuables aux quatre veines pour abreuver sa soif irrésistible. La légende est tenace mais la critique, venant de l’UMP est d’une hypocrisie sans nom.

Tout d’abord, parce que, dans l’opprobre jeté sur les impôts, les caciques de droite parlent de l’Etat, comme si cette entité était étrangère au commun des citoyens français. Occultant que ces impôts sont nécessaires pour financer la scolarité de leurs enfants, y compris quand ils sont dans le privé compte tenu des financements publics dont ces établissements bénéficient, pour les soigner quand ils sont malades, pour les protéger face à l’insécurité qu’ils prétendent en pleine explosion.

A les entendre, cet argent ne servirait qu’à engraisser l’assistanat, que Laurent Wauquiez avait baptisé en son temps le « cancer de la société », ou encore à financer la CMU. Autant de légendes insupportables qui deviennent crédibles dans une société fragile, prête à céder à la candeur et à la naïveté pourvu qu’elle se croie entendue.

Cette droite est hypocrite quand elle prétend se soucier des classes moyennes et des plus démunis qui ont du mal à adapter leur budget face à la hausse de la fiscalité, alors qu’au pouvoir, et notamment sous l’ère Sarkozy, sa seule œuvre fiscale fut de créer un bouclier pour les plus nantis de France, estimant qu’à partir d’une certaine somme, ils n’avaient plus à contribuer au bien commun.

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Hypocrisie redoublée quand on sait qu’à partir de 2002, la droite a baissé le taux de l’impôt sur le revenu, quand elle décentralisait bon nombre de compétences aux départements et aux régions, faisant exploser la note des impôts locaux. Qu’il fut simple alors de rejeter la faute sur la gauche, qui détenait l’immense majorité des gouvernances de l’échelon local !

Et que dire de l’hypocrisie de ceux qui prétendent fonder une partie de leur campagne municipale sur ce thème, à l’image de Nathalie Kosciusko-Morizet, dont la tartufferie n’a d’égal que la fourberie quand on sait que Paris est la ville où l’imposition est la plus faible de France…

Bien évidemment, la gauche n’est pas exempte de tout reproche concernant la fiscalité. Mais la droite, par une hypocrisie électoraliste, en cache la vraie nature.

La faute de la gauche et du gouvernement n’est pas d’augmenter les impôts, alors que nos finances sont exsangues. Leur faute c’est d’avoir menti durant la présidentielle aux Français, en prétendant que la croissance suffirait, et en occultant les efforts qui étaient plus que prévisibles.

Leur faute c’est d’avoir dilapidé le peu de marge de manœuvre budgétaire dont la France bénéficiait pour embaucher des dizaines de milliers d’enseignants, en estimant que cela suffirait à faire l’effet d’une réforme, quand notre école a surtout besoin de voir le retour de la transmission du savoir, pour remplir la tête de nos écoliers.

La vérité c’est que la droite, restant au pouvoir, n’aurait pas eu d’autres choix, et ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy, à la fin de son quinquennat, avait dû renoncer au bouclier fiscal qui était pourtant le symbole de sa prise de pouvoir.

Inutile de dire qu’entre mensonges et mauvaise foi, il y a, aux marges de l’échiquier politique, des mains qui se frottent, avec frénésie

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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