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Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).

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14 juillet - Affaire Orelsan : La bal des hypocrites est lancé

« On verra comment tu suces quand j'te déboiterai la mâchoire » : Extrait d’une œuvre poétique du XXIème siècle. Serait-ce une blague ? Une escroquerie ? Pire : un délit ?

C’est en tous cas l’objet de la polémique de ce mois de juillet.

Pour ceux qui auraient les pieds en éventail depuis quelques jours, la peau badigeonnée de crème solaire, et qui n’auraient pas suivi l’actualité, rappelons les faits. Un soi-disant rappeur (il se nomme comme tel…) Oreslan exhume de ses mémoires une chanson appelée « Sale pute » (tout un programme) qui raconte l’irrésistible envie d’un homme trompé de mutiler, torturer et même tuer celle qui l’a trahi. En boucle sur internet, la chanson fait scandale notamment dans les milieux féministes. Ces derniers jours, Orelsan est invité aux Francopholies de La Rochelle, mais il lui est demandé de ne pas interpréter l’objet de la polémique. Puis coup de théâtre ce week-end, Orelsan n’est plus désiré sur le festival… Une histoire de désir… d’avenir… puisque Ségolène est passée par là et a expliqué aux organisateurs que de la non-invitation du rappeur dépendait les subventions de la Région pour le Festival.

Ce fut alors le ballet des hypocrites, des offusqués de tout, et des démagos : Jack Lang, Frédéric Lefebvre (le porte-flingue de l’UMP) et même l’ancienne ni-pute ni-soumise Fadela Amara (ancienne car il n’est pas sûr que la locution adverbiale s’impose depuis qu’elle sert les intérêts du petit nerveux…) sont montés au créneau pour dénoncer une politique de chantage à la subvention.

MAIS DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Quand un groupe écrit une chanson injurieuse envers la police, il passe en jugement. Pourquoi Orelsan n’a-t-il pas été poursuivi pour les paroles qu’il a écrites ?

Comment ose-t-on prétendre que cet excrément putride d’un macho homophobe puisse ressembler de près ou de loin à de l’art ? Auquel cas, mes toilettes regorgent chaque matin de futurs tubes en puissance !

Enfin, depuis quand un élu n’a-t-il pas le droit de regarder comment sont utilisés les fonds publics ? S’il ne le faisait on l’accuserait d’ingérence ! Quand il le fait, on parle d’odieux chantage !

MAIS DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

A la vérité le problème reste qu’en France les artistes sont INTOUCHABLES. Tout ce qu’ils disent est marqué d’intelligence. On leur demande leur avis sur tout, y compris la politique. Ils se sont permis par exemple d’entrer de plain-pied dans la réflexion sur Hadopi , haranguant même Martine Aubry, sans qu’au final personne ne s’en offusque. Tout est art. Et quand on est artiste, tout est pardonné.

Aujourd’hui, il faut dire STOP. La liberté d’expression et l’art sont des choses trop précieuses pour estampiller à la va-vite n’importe qui et n’importe quoi. C’est au nom de cette liberté d’expression que les antisémites comme Dieudonné (sous l’habit d’antisioniste… faudra qu’il change de tailleur, car c’est peu convaincant), les créationnistes, les islamistes et autres hydres de la pensée fasciste intègrent nos cercles pour faire du prosélytisme. La liberté d’expression n’a plus lieu d’être quand elle porte atteinte à nos valeurs républicaines. Orelsan a beau dire que c’est du deuxième degré (j’ai beau relire le texte de sa « chanson », je n’en vois nullement…), qu’il parle d’un homme qui a perdu les pédales, il n’en demeure pas moins que certains jeunes, abêtis par l’extrémisme religieux ou culturel, s’approprient ce texte comme un étendard, et comme une justification à leur pratique quotidienne. Les femmes ne sont plus que l’incarnation faite de chair et de sang, mutilée, de celles qu’ils voient dans les films pornographiques qu’ils s’échangent de portable à portable. Et Monsieur Orelsan, vous participez à votre manière à cautionner ces pratiques.

Alors tant qu’Orelsan n’aura pas été jugé pour son forfait, tant qu’il n’aura pas fait d’excuses publiques aux femmes, tant qu’il n’aura pas compris l’ampleur de ce qu’il a crée de toutes pièces, alors Monsieur Orelsan, ou quelque soit votre vrai patronyme, vous ne serez la bienvenue dans aucun festival. 

Messieurs et Mesdames les escrocs de la rhétorique politique, les élus ont encore le droit de mettre à conditions les financements publics pour ne pas sombrer dans la politique du clientélisme dont vous semblez être les nostalgiques…

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P
Peut-être, tant pis, je continuerais à défendre et à aimer la chanson d'expression française et sous toute forme (tradi/Pop/Hip-hop etc) poétique même si elle parle de choses graves sans concession.
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Y
Le peu que je viens d'entendre me dégoûte ! Attention Philippe : les artistes français vont nous trouver réac'...
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P
Et je rajoute : aujourd'hui, c'est Orelsan qui "trinque", j'aimerais aussi que l'on se penche sur le cas d'Al K-pote (tout un programme) à écouter, jusqu'au bout si vous en avez le courage, sur Youtube ou Dailymotion. Le jour ou ceux là seront sur scène subventionnée, j'ose éspérer que Cali viendra aussi les défendre, se serais là aussi très osé...
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P
Clap clap clap.... merci pour cette opinion rafraichissante ! J'approuve donc sans réserve;
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