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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:23

Alors que les médias prétendent qu’une fronde au sein même du Mouvement Démocrate se met en place pour contester François Bayrou, à la suite d’une fin de campagne hasardeuse et au final catastrophique, il est temps de s’interroger sur une question simple, mais qui semble laissé perplexe beaucoup d’observateurs : Qu’est-ce que le MoDem ?

Est-ce le parti de Bayrou ? Un parti de militants ? Des valeurs ? Des idées ? Une mécanique anti-Sarkozy ? Avec un peu de mauvaise foi, les médias ont contribué à brouiller le message que comptait donner le Mouvement Démocrate. Et ce dès l’origine, lors du Forum des Démocrates à Seignosse en 2007. Alors voici quelques éléments de réponse :

Le Mouvement Démocrate est le résultat d’un élan populaire né de la Présidentielle de 2007, autour de la candidature de François Bayrou. De ce fait, il en est le leader naturel et incontestable pour l’heure. Il a insufflé les valeurs du MoDem autour de l’humanisme. Insufflé. Il n’est donc en aucun cas le souffle. Aussi toutes les accusations de gouroutisme ou autres ne sont que pures spéculations. Qu’on se le dise, il y aura un après Bayrou au MoDem.

Pourquoi ? Parce que les adhérents et les militants qui depuis 2 ans travaillent d’arrache-pied se retrouvent autour de valeurs communes, qui ne sont ni la conception keynésienne du PS, et encore moins la version du tout consuméristes de la droite républicaine. C’est une autre voie qu’ils entendent ouvrir. Une autre voix. Bayrou l’a déterrée(s). Avec talent. Mais il ne se substitue pas à elle(s).

Alors, si le Béarnais a encore notre soutien indéfectible, il est grand temps de montrer à l’extérieur de notre Mouvement ce que nous voulons défendre. Les idées que nous voulons porter.

Pour ce faire, Corinne, Jean-François, et Yann seront des alliés utiles et nécessaires. Et au lieu d’entendre partout que tout le monde nous quitte, nous pourrons enfin dire : « regardez qui nous a rejoints ! », non sans fierté.

Ainsi notre message sera audible. Ainsi nous ne verrons plus rabâcher cette équation qui nous a tant coûté Bayrou = MoDem. Faux. Il en est le leader naturel, l’inspiration. Et c’est déjà beaucoup. Nous l’en remercions.

Ainsi, enfin, nous ne voulons plus entendre à l’interne que le MoDem c’est 2012 ou rien. Car cela a contraint au zèle de notre leader, à anticiper 2012 et à substituer une élection par une autre. Même en cas d’échec aux Présidentielles, les valeurs du Mouvement Démocrate subsisteront. Notre programme ce n’est pas l’accession au pouvoir. Cette politique à la papa, nous l’exécrons.  Même sans Bayrou, les hommes et les femmes du Mouvement Démocrate restent des Humanistes.

Reste le problème de nos élus qui ont besoin, nécessairement de fondations solides pour assurer leur réélection. A nous d’œuvrer, et de nous engager avec eux. Voire de prendre nos responsabilités. Il est grand temps.

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commentaires

L
Désolé, j'ai posté au mauvais endroit sur l'article du dessus.<br /> Je reprends donc :<br /> C'est la première fois que je commente sur ce blog que je suis régulièrement depuis quelque temps.<br /> Je suis étonné que tu opposes les valeurs que nous portons et une conception keynésienne que tu attribues au PS. A mon humble avis, peu de monde a lu J.M. Keynes au PS et la conception portée au PS est surtout productiviste comme à l'UMP. L'un comme l'autre ne remettent pas en cause le régime productiviste, la culture de la sainte croissance qui nous mènent droit dans le mur quelle que soit la voie suivie, socialiste (communiste) ou capitaliste.<br /> <br /> Au contraire, au MoDem, nous avons encore beaucoup à apprendre de J.M. Keynes qu'il ne faut pas circonscrire aux politiques menées dans les Trente Glorieuses. <br /> Sa Théorie Générale s'inscrit en effet dans la remise en cause de la théorie néo-classique dominante à son époque et dont les héritiers ultra-libéraux ont promu le modèle qui nous accable depuis les années 70 (Friedman pour la théorie, Reagan et Tatcher pour la politique... jusqu'à nos dirigeants actuels)<br /> D'autre part il n'avait aucune affinité pour le modèle soviétique...<br /> Lis ou relis ses écrits ou interventions radiophoniques repris dans ce formidable livre qu'est "La pauvreté dans l'abondance" aux éditions Gallimard (traduits par des maîtres de conférences de Lille1) et tu verras qu'aujourd'hui encore il a beaucoup de choses à nous dire et nous avons beaucoup à apprendre de lui.<br /> La "conception keynésienne" doit être revendiquée par le Modem. <br /> Ce que Keynes développe sur le taux d'intérêt réel ("l'euthanasie des rentiers" ça te dis quelque chose),sur la morbidité de l'amour de l'argent, sur la religion de l'épargne, sur l'investissement, sur les politiques économiques, (sur la notion de dette publique voir cet article de vrais keynésiens d'aujourd'hui : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/07/TINEL/16109), sur sa vision de l'avenir, place toujours l'homme au centre.<br /> Démocratiquement<br /> Lorenzo
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L
Désolé, j'ai posté au mauvais endroit sur l'article du dessus.<br /> Je reprends donc :<br /> C'est la première fois que je commente sur ce blog que je suis régulièrement depuis quelque temps.<br /> Je suis étonné que tu opposes les valeurs que nous portons et une conception keynésienne que tu attribues au PS. A mon humble avis, peu de monde a lu J.M. Keynes au PS et la conception portée au PS est surtout productiviste comme à l'UMP. L'un comme l'autre ne remettent pas en cause le régime productiviste, la culture de la sainte croissance qui nous mènent droit dans le mur quelle que soit la voie suivie, socialiste (communiste) ou capitaliste.<br /> <br /> Au contraire, au MoDem, nous avons encore beaucoup à apprendre de J.M. Keynes qu'il ne faut pas circonscrire aux politiques menées dans les Trente Glorieuses. <br /> Sa Théorie Générale s'inscrit en effet dans la remise en cause de la théorie néo-classique dominante à son époque et dont les héritiers ultra-libéraux ont promu le modèle qui nous accable depuis les années 70 (Friedman pour la théorie, Reagan et Tatcher pour la politique... jusqu'à nos dirigeants actuels)<br /> D'autre part il n'avait aucune affinité pour le modèle soviétique...<br /> Lis ou relis ses écrits ou interventions radiophoniques repris dans ce formidable livre qu'est "La pauvreté dans l'abondance" aux éditions Gallimard (traduits par des maîtres de conférences de Lille1) et tu verras qu'aujourd'hui encore il a beaucoup de choses à nous dire et nous avons beaucoup à apprendre de lui.<br /> La "conception keynésienne" doit être revendiquée par le Modem. <br /> Ce que Keynes développe sur le taux d'intérêt réel ("l'euthanasie des rentiers" ça te dis quelque chose),sur la morbidité de l'amour de l'argent, sur la religion de l'épargne, sur l'investissement, sur les politiques économiques, (sur la notion de dette publique voir cet article de vrais keynésiens d'aujourd'hui : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/07/TINEL/16109), sur sa vision de l'avenir, place toujours l'homme au centre.<br /> Démocratiquement<br /> Lorenzo
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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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