Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
La nomination de Yazid Sabeg en sa future qualité de « commissaire à la diversité et à l’égalité des chances » est une bonne nouvelle. Car il est important de s’intéresser, enfin, à ce brûlant sujet. Nicolas Sarkozy avait cru avoir fait l’essentiel en offrant à Rachida, Rama et Fadela des postes parmi les plus importants de son gouvernement. Las. L’image ne suffit pas. Ne suffit plus. Sarkozy commence, enfin, à le comprendre.
Pour autant, il persiste dans certaines erreurs : "Je me souviens du charivari que j'avais provoqué en disant que j'étais intéressé par la discrimination positive", a lancé le président. "Comme si le simple fait d'être intéressé par cette idée devenait la preuve que je justifiais le communautarisme. C'est exactement le contraire!"
Comme souvent le diagnostic est correct mais la réponse n’est pas la bonne.
Alors n'en déplaise à Nicolas Sarkozy qui affirme sans vergogne : "On ne traite pas de façon égale une situation inégale", le problème de la discrimination positive est qu’elle créé des inégalités pour en corriger d’autres, ce qui en soi n’est guère satisfaisant.
Le cas le plus récent en France concerne les femmes et la politique, avec l’obligation de la parité. Ce qui devrait être une utopie est devenue une pratique. Près d’une dizaine d’années après cette loi, le résultat est consternant : elles ne représentent que 22% du Séant, et 18% de l’Assemblée Nationale.
En pratique et dans les coulisses des partis, les résultats sont tout aussi décevants. Quand il fallut composer des listes lors des élections des conseils départementaux du Mouvement Démocrate, qui osera dire que sa tâche fut facilitée par la parité ? Combien de migraines, de cas de conscience, de colère sont apparus au moment de composer la (mau)dite liste ?
La vérité est difficile à dire. Mais je n’hésite pas à la faire : les femmes s’investissent peu en politique et même, pour certaines, refusent de le faire. Les assemblées dans le Nord montrent leur faible participation, et il faudrait déboucher un grand cru quand elles atteignent les 25% des présents. De la même manière, la tradition d’alterner une question/homme avec une question/femme, s’essouffle dès lors que celles qui ont voulu s’exprimer l’ont toutes fait quand d’autant piaffent d’impatience…
Alors comme d’habitude ce genre de pensée fait passer pour sexiste. De la même manière être contre la discrimination positive vous donne l’étiquette de raciste. Je suis déjà réac’ depuis lundi. Je n’ai donc peur de rien.
Il ne faudrait donc pas que l’erreur commise sur une législation sur la parité fasse tache d’huile et que la discrimination positive refasse surface. Il faut refuser l’inégalité pour corriger l’égalité.
Car c’est se priver de talents qui ne pourront s’exprimer et accepter que des compétences, des convictions et des investissement plus contrastés prennent la place des sus-cités.
Combien de femmes présentes sur des listes confessent n’avoir accepté que parce qu’il fallait remplir le quota ?
Si l’on veut que les personnes issues d’une origine ethnique différente puissent s’en sortir, il faudrait alors se demander comment faire en sorte que les inégalités diminuent, et en ce sens , comment donner la chance à la plus grande des inégalités : celles des quartiers défavorisés.
"L'égalité réelle des chances c'est d'abord par l'école qu'elle passe", a parfaitement dit M. Sarkozy.
Que son diagnostic soit entendu. Mais encore faudrait-il y apporter une solution ad hoc. Alors le problème ne se résoudra pas nécessairement par des quotas d’accession aux grandes écoles.
Et si, pour commencer, on prodiguait aux élèves en ZEP un enseignement de qualité qui allie culture, exigence et rigueur, de celle que l’on donne à Henri IV et à laquelle l’on a renoncé par manque de courage ? La vraie lutte des inégalités ne crée pas d’autres inégalités. Bien au contraire, elle passe par une mise à niveau, de sorte à ce que l’on donne à ceux qui vivent aux lisières des centres-villes, les mêmes nourritures intellectuelles que celles dont sont abreuvées dès la naissance les têtes blondes issues des familles les plus aisées. Le reste, l’investissement dans la politique des minorités, leur recrutement, la confiance en eux, viendront d’eux-mêmes…