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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 18:38

Avant que Xavier Bertrand ne nous sorte de derrière les fagots (aux côtés de Christine Lagarde) une loi sur le travail dominical, il est grand temps de s’intéresser à la question , avant que le dialogue social ne soit, comme à son habitude, biaisé et sans finalité aucune.
Tout d’abord prenons le point de vue du Gouvernement. Il est à ce titre très clair : tout doit être fait pour le consommateur pour doper la croissance, et tout particulièrement la consommation des ménages, en berne depuis quelques mois : il est donc très favorable à l’ouverture dominical, voire davantage encore.
Sarkoy s’est fait de cette idée le plus talentueux des porte-paroles, faisant montre à l’occasion de ses grands talents de conteurs. Attention au marchand de sable, quand il va passer…
Lien : http://www.dailymotion.com/video/x5ice6_quand-nicolas-sarkozy-fait-deux-foi_news

 La gauche, elle, s’y oppose… en théorie… et en fonction des interlocuteurs ! Selon que vous avez en face de vous Vals, Royal, Hollande, Straus-Kahn, Fabius ou Montebourg, vous aurez des avis divergents, discordants, incohérents entre eux. S’il y a un bien encore des Socialistes, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus ni idées au parti socialiste, ni parti socialiste tout court…

Pour François Bayrou, la donne est simple : c’est NIET. Et le Béarnais de reprendre l’exemple de la mère de famille, élevant seule son enfant qui, travaillant déjà pour très peu, n’aura d’autres choix que de céder à la demande des grandes surfaces de venir travailler pour quelques euros de plus, rendant plus fragile encore la vie familiale.

Alors qu’en penser ?

Si l’on fait fi des considérations proprement religieuses, le dimanche sacré n’étant pas l’affaire de l’état et de la loi, le problème reste encore et toujours la main-mise des grandes surfaces dans le monde de la consommation. Car au fond, que craignent ceux qui s’oppose à l’ouverture domnicale : qu’encore et toujours les grandes marques en profitent, en mettant la pression sur leurs employés, pour faire une marge, plus large qu’elle ne l’est déjà. Voici quelques propositions concrètes veillant à satisfaire le client, sans léser les employés et les commerces de proximité :

 

1. Pour ne pas favoriser encore et toujours les grandes surfaces au détriment des commerces de proximité, pourquoi ne pas imposer une « taxe à la consommation » sur les produits achetés dans les grandes enseignes ? Complètement défiscalisée, elle serait intégralement reversée à l’employé. Ainsi, d’une part, le consommateur qui ne veut pas payer plus, peut très bien faire ses courses un autre jour (après tout, l’ouverture dominicale n’est qu’un service rendu au consommateur. Et tout service à un prix. On n’impose à personne de faire ses courses le dimanche).
Au final tout le monde y gagne : Les grandes enseignes profitent d’un jour d’ouverture supplémentaire. Et les employés gagnent une prime intégralement défiscalisée qui se rajoute à l’obligation légale d’être payé double le dimanche. Enfin les commerces de proximité redeviennent à nouveau compéttitf avec cette taxe qu’ils n’ont pas à répetorier sur leurs produits.

Pour que cette loi soit coercitive, aucune autorisation d’ouverture du dimanche ne peut être attibuée à la grande surface qui n’applique pas cette taxe.

 

2. Interdire l’ouverture du dimanche aux grandes surfaces à l’exception de 5 semaines par an, comme c’est actuellement le cas, et autoriser en revanche l’ouverture des commerces de proximité, qui seraient assujetis au doublement de salaire de leurs employés.

 

3. Pour les magasins de mode, pourquoi ne pas plutôt augmenter le nombre d’ouverture, à raison par exemple d’une fois tous les mois, chaque magasin pouvant alterner, de sorte à ce que l’on trouve chaque dimanche quelques boutiques ouvertes. En revanche, chaque enseigne est assujetie au doublement du salaire des salariés.

 

4. Les quartiers qui accueillent un marché le dimanche matin ne doivent pas voir arriver cette nouvelle concurrence. Aussi les commerces qui souhaitent ouvrir le pourront après 13 heures.

Voici mes bien modestes propositions. En attendant les vôtres :o)

 

 

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commentaires

L
Pour Nicole, votre raisonnement reviens à dire que les chômeurs qui travailleront le samedi et le dimanche, n'auront pas le droit d'exercer un travail en semaine? Ou alors travailler autre part mais là ils ne sont plus considérer comme chômeurs, ça n'a pas de sens. De plus je ne pense pas qu'en travaillant 8 jours par mois même avec des compensations pécuniaires pour WE travaillés, le salaire soit mirobolant pour vivre décemment,à moins qu'ils puissent bénéficier du système d'assistanat Français (CAF....) et gagner plus qu'un salarié se démenant 20 jours par mois sans bénéficier d'aides... Travailler moins pour gagner autant si ce n'est plus!! C'est creuser l'inégalité, et créer des tensions entre les gens. On en a suffisamment comme ça.
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N
En réponse à Loic : je constate que tu n'a pas lu mon commentaire. Cela ne m'étonne à peine. Lorsqu'on parle des 7 millions de pauvres en France, tout le monde fait l'autruche......et bien restez entre vous....bye
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S
Non non Loïc, cela n'a absolument rien de confus.
Ayant eu le message de Thibaut ce matin avant de partir au boulot, j'ai préparé quelques réponses. Je propose de remonter en post la réponse pour avoir plus de clarté.
Yves.
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L
Bonjour,
en réponse à Nicole, pourquoi faire travailler obligatoirement des chômeurs le dimanche? pourquoi les salariés travaillant en semaine n'y auraient pas droit? Car il faut faut rappeler que les conditions de travail dans les commerces et surtout les supermarchés ne sont pas des plus belles, temps partiel imposé, horaires bâtards sur la journée(ex.: 3h le matin(9>12), creux horaire puis 3h le soir(16>18), => salaires médiocres....
Je pense qu'avant de vouloir faire du dimanche un jour travaillé et le rendre banal, il faut penser à revaloriser le temps de travail des salariés sur la semaine, meilleures conditions = meilleur moral = consommation.
Faire du dimanche un jour travaillé, c'est abolir le traditionnel jour de repos commun à presque tous les salariés, et de mon avis qui m'est propre, cela sera non bénéfiques, comment feront les familles quand chaque membre aura un jour de repos différents? Fini les repas et autres rencontres dominicales. Le travail le dimanche c'est casser la famille, individualiser un peu plus les gens, et au bout du compte n'engendrer de perte de moral, violence...effets néfastes à la consommation et à l'économie.
Personne n'est obligé de faire ses courses le dimanche, chacun doit s'organiser pour faire ses achats en semaine, c'est plutôt les horaires d'ouvertures et fermetures en semaine des magasins qu'il faut retravailler, ce n'est pas en ouvrant le dimanche que l'on relancera la consommation.Mieux vaut comme l'indiquait plus haut Thibaut ouvrir plus tard certains soirs, avec une mise en place d'une indemnité salariale sur les heures travaillées après 21h par exemple.
Comment nos aïeux ont-ils fait jusqu'à maintenant? je ne pense pas qu'un jour durant votre enfance le frigo était vide un samedi soir, vous n'aviez rien à vous mettre le dimanche? de plus pour consommer il faut de l'argent et le problème est là, ce n'est pas en ouvrant le dimanche et en faisant travailler une minorité de gens, qu'on va faire que les Français vont gagner plus.
Ou encore une fois de plus cela bénéficiera à ceux qui ont les moyens, de quoi la encore creuser la fracture sociale, riche qui consomme le dimanche pendant que l'employé précaire travaille pour nourrir sa famille....
Je pourrais en rajouter mais je dois quitter, pas le temps de me relire, tout cela est peut_être confus, milles excuses..
cordialement.
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N
Le dimanche est un jour comme les autres. Ceux qui ne veulent pas d'ouverture des commerces le dimanche ne pensent pas à ceux pour qui le dimanche est le seul jour de la semaine libre pour "se ravitailler". Ils sont plus nombreux qu'on ne le pense.
Ils sont nombreux aussi ceux qui aimeraient pouvoir travailler le dimanche à défaut de la semaine.

Les premiers, je dirais même surtout les premières car ce sont souvent des femmes seules de condition très modestes. Elles travaillent dure la semaine et le soir est réservé aux enfants pas aux sorties nocturnes. La journée d'une femme est déjà assez longue sans encore en rajouter.

Quand aux seconds qui sont aussi surtout des secondes, elles sont chômeuses et ont le même droit au travail que ceux qui ont la chance d'en avoir un.
Bien souvent, les deux catégories se recoupent. En effet, ces femmes occupent des emplois précaires, souvent à mi-temps, toujours sous-payés. Certaines d'entre elles occupent 2 emplois dans la même journée à des heures de leur domicile pour gagner une misère.

Je propose donc l'ouverture sans condition des commerces quels qu'ils soient le dimanche, mais avec une condition incontournable : employer des chômeurs et non pas les employés de la semaine. Autrement dit, ne pas employer les même personnes que dans la semaine. Ceci devrait aussi être valable pour le samedi.
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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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