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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 18:47

Les nouvelles aventures de la bigote qui radote semblent tourner en eau-de-boudin. Comment notre héroïne qui est au Plus ce que les Rougon-Macquart sont à Zola put elle à ce point subir pareil sort ? Pareil sortilège même serait-on tenté de dire.

Bannie. Bannie, vous-dis-je, du ventre de la République ! Christine Boutin, qui fut députée pendant deux décennies, Forte comme Samson la Madone des Yvelines, elle qui anima tant et encore les débats sur le PaCS se voit interdire son Jardin d’Eden. La bigote qui radote est de retour et ses complaintes font fi de la liturgie pour épouser les réseaux sociaux :

 Capture d’écran 2012-11-25 à 18.48.38

 

L’on pourrait s’étonner de voir le Petit chapelet  créer pareil tohu-bohu quand, elle l’affirme elle-même, les auditions sont fermées au public. Et Madame Boutin n’ayant pas, contrairement à Roselyne Bachelot, embrasser les tubes cathodiques pour devenir chroniqueuse ou journaliste, elle fut tout naturellement refusée à l’entrée. On l’imagine, droite comme la justice, apprêtée comme un dimanche, arriver d’un pied ferme, dans les coulisses du théâtre où elle fut si souvent actrice, et se voir refuser l’entrée…

Tu es poussière et tu redeviendras poussière.

Et décidément, nul n’est prophète en son pays, puisque la veille, elle se lamentait, déjà, du piètre traitement que le Président de la République lui réservait, et le criait sur tous les toits :

 Capture d’écran 2012-11-25 à 18.48.54 

Comment ? On reçoit l’Inter-LGBT en 24 heures et on lui refuse elle le moindre entretien qu’elle réclame à cors et à cris depuis 2 mois ? Que reste-t-il à la bigote, si ce n’est ces gazouillis pour porter sa croix et continuer le combat…

Seulement, il ne faudrait pas que Christine Boutin, à l’image des opposants au projet de loi n’en vienne à proclamer sur la place publique que l’on refuse le débat. Nul besoin de pleurer comme une madeleine.

Si nous avons vu que Madame Boutin fut persona non grata à l’Assemblée Nationale, faute de détenir la carte de presse, la confession qu’elle avait demandée auprès du Président de la République fut tout aussi illégitime : au nom de quoi et à quel titre Madame Boutin serait incontournable sur ce sujet ? Elle fut certes Députée et Ministre. Mais si chacun de ceux disposant du même CV venait à imposer pareille exigence, on imagine l’embouteillage chaque matin sur le parvis de l’Elysée.

L’Inter-LGBT, elle, est une association, qui connaît parfaitement les données du problème, pour croiser et rencontrer chaque jour les familles homoparentales, avec ou sans enfants. Et non guidée et portée par une idéologie, au nom de Dieu.

Le problème c’est que Christine Boutin s’estime incontournable sur la question. Comme si ce sujet ne pouvait pas se passer d’elle. Elle entama dès le début de l’année sa croisade médiatique, pour jeter la pierre d’un projet qui n’était, encore que l’engagement 31. Elle enchaîna les entretiens au JDD, puis au Parisien, avant d’enchaîner en juin avec RTL, BFMTV… Avec la volonté affirmée d’être l’interlocutrice privilégiée comme ce fut le cas en 1999.

Seulement voilà : Madame Boutin n’a plus de mandat. Et son point de vue, en plus d’être prévisible, est déjà repris par bon nombre d’interlocuteurs qui ne l’ont pas attendu pour dominer le débat public. Il n’est pas une semaine sans qu’un opposant au projet ne vienne fleurir le débat d’une gerbe de clichés les plus grotesques et les plus caricaturaux, de Monseigneur Barbarin, à Monseigneur Vingt-Trois, en passant par François Lebel, Ivan Rioufol, Eric Zemmour, et bien évidemment Alain Escada de Civitas.

La bigote qui radote est déjà bien heureuse de voir tant de micros de brandir à la moindre de ses homélies. Le petit montage du Nouvel observateur qui mettait en scène sa différence, et c’est le moins que l’on puisse dire, avec Roselyne Bachelot, vint rappeler cette image de la Bible brandie à l’Assemblée Nationale. Dans le ventre de la République.

  

Madame Boutin n’est pas une sainte, elle en convient. C’est pourtant en s’étant comportée comme tel au sein de l’hémicycle qu’elle a brouillé la laïcité, sa Tour de Babel. De versets et commandements, elle a voulu réécrire les principes même de la République. Dès lors qu’elle ne soit pas surprise, lorsqu’elle revient à elle, que la République ne lui ouvre pas grands les bras.  

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 18:46

Et si l’énorme boulette de François Hollande, ce mardi au Congrès des maires, avait eu sa part de vertu ? Renversement de situation dans un débat qui fait rage depuis des semaines, et qui pourtant continue d’être nié par les opposants, qui prétendent se languir d’en voir s’ouvrir un...

Du discours de mardi après-midi, la France n’aura retenu qu’une information, une seule, sans doute prononcée pour apaiser l’assistance : "La loi s'applique pour tous dans le respect de la liberté de conscience."

François Hollande, l’homme de la synthèse, a voulu faire comme à son habitude : ne vouloir froisser personne. Mais, comme ce fut le cas pendant dix ans à la tête du PS, ne vouloir se brouiller avec personne revient parfois à flouer tout le monde. Le compromis est un art et une arme mais à condition, d’être juste, d’être cohérent, et surtout de rester dans les valeurs de la République.

En offrant sur un plateau la liberté de conscience, que les opposants les plus immodérés et les plus farouches réclamaient à grands coups de pétitions ou de déclarations fracassantes, la justice a volé en éclats, la cohérence a implosé quand on sait que ses émissaires n’avaient cessé de dire le contraire jusque là, et pire, le président de la République a ouvert la boîte de Pandore.



Qu’est-ce qui empêcherait un maire de refuser de marier des noirs, des blancs, des asiatiques, des musulmans, des juifs, au gré de sa liberté de conscience ? Qu’est-ce qui empêcherait un maire homosexuel de refuser l’union d’un couple hétérosexuel ?

Pire, puisque le représentant de l’exécutif, celui est qui en charge de faire respecter la loi, devient le premier à la bafouer au gré de ses convictions intimes ou de sa foi, comment punir un restaurateur qui refuse par exemple de servir au restaurant une femme portant un simple voile, au nom de sa liberté de conscience ? Certains partis en auraient rêvé. Une telle faille dans l’engrenage était la porte entrouverte à toutes les xénophobies et tous les intégrismes, ravis de voir pareille brèche s’offrir à eux.

D’autres voyaient en cet épisode la répétition de ce qui avait eu lieu pour l’IVG, quand on permit aux médecins d’évoquer une clause de conscience pour en refuser la pratique. À tort. Car les médecins, contrairement aux maires ne sont pas élus, et ne sont pas représentants de l’exécutif. Et que la première chose à faire, dès lors que sa liberté de conscience vous empêche de respecter et de faire respecter la loi de la République, est de ne surtout pas se présenter à une élection, ou, si la loi change, de démissionner au plus vite.

  

Après les couacs du gouvernement, le couac du président

 

Et l’on assista à une première dans ce quinquennat. Alors que depuis 6 mois, le président de la République ou le Premier ministre sont contraints de recadrer leur jeune équipe après les couacs qu'ils enfilent presque chaque jour comme des perles, ce fut au tour de l’ensemble des membres de gouvernement d’aller à la rescousse du président de la République sur tous les médias, martelant que la liberté de conscience ne s’appliquera pas. Suggérant aussi, en filigrane, quel’expression avait été mal comprise.

manif-pour.jpg

 

Pourtant pour une fois, opposants et partisans furent en harmonie sur le champ de la perception. Christine Boutin évoqua une victoire quand l'Inter-LGBT, la principale interlocutrice des associations homosexuelles, décida de suspendre toutes ses relations avec le gouvernement tant qu’elle ne serait pas reçue dans l’urgence à l’Elysée. Et à réécouter le président, il ne semble pas s’être embrouillé dans le fil du discours…

L’affaire est close, mais elle pourrait laisser des traces. Les opposants sont remontés comme jamais, et crient au lobby ou au "conspirationnisme", ayant pensé pendant quelques heures qu’une bataille venait d’être gagnée. Raté. La "Cocoe gouvernementale" est venue leur annoncer qu’après "recomptage" des voix, ils n’auraient finalement pas gain de cause.

 

Quand la boulette de Hollande relance les partisans du mariage pour tous

 

À l’inverse, les partisans du projet de loi s’étaient faits assez rarement entendre ces derniers temps, laissant le champ médiatique à tous les autres, à l'exception du coup d'éclat de "Charlie Hebdo". Excès de confiance ou péché d’orgueil ? Toujours est-il que la boulette de François Hollande aura au moins eu le mérite de les faire entendre. D’ailleurs l’inter-LGBT, dans son communiqué, laisse entrevoir un changement de posture :

"Les homosexuel-les – depuis des semaines – font preuve d’une incroyable dignité devant les propos quotidiennement insultants des opposants au projet de loi sur le mariage pour tous et l’homoparentalité."

On a là presque l’aveu d’avoir été finalement un peu trop conciliant face aux dérives de toutes parts.

Est-ce à dire qu’elle va enfin prendre les mesures qui s’imposent, et trainer en justice tout dérapage clairement homophobe, comme ceux pratiqués par Civitas ? En tous cas, les partisans du projet auront à cœur à défiler à Paris le 16 décembre prochain pour soutenir le projet. Et répondre aux plus de 100.000 manifestants de "la manif pour tous", car les chiffres seront à coups sûr observés à la loupe.

L’invasion médiatique des opposants va enfin connaître sa réplique. Il était temps. La bataille ne fait que commencer. Bataille, car la guerre, celle du combat contre l’homophobie, sera loin d’être gagnée après le vote de la loi. La bataille pour le mariage et l’adoption sera insuffisante, et ne saurait faire l’économie d’une vraie politique contre ce fléau que la loi de 2004 ne résout en aucun cas, comme on le voit depuis quelques semaines. Insuffisante donc, mais ô combien nécessaire. 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:42

Lamentable. Pathétique. Les mots manquent pour qualifier la déclaration de François Hollande devant le Congrès des maires ce mardi : "les maires sont des représentants de l'Etat […] Ils auront, si la loi est votée, à la faire appliquer".

Mais à lui aussi d'ajouter : "la loi s'applique pour tous dans le respect de la liberté de conscience".

Et les réactions n’ont pas tardé : 

  Capture-d-e-cran-2012-12-02-a--18.43.50.png

 

Au lendemain d’un week-end marqué notamment par la manifestation de Civitas qui s’est organisée dans la confusion de l’homophobie du message "contre l’homofolie" et la violence du service d’ordre qui s’en est pris physiquement et sauvagement à des femmes qui n’avaient qu’un message peinturluré sur leur corps comme bouclier, les partisans du projet de loi de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels avalent une couleuvre. Une de plus. Une de trop.

Le désormais inopportunément dénommé engagement 31 s’abîme chaque jour dans le déni et le reniement. En octobre, c’est Christiane Taubira qui dans "La Croix" enterrait la PMA (procréation médicalement assistée) avant même l’ouverture du moindre débat ou de la moindre commission.

Puis lors de sa conférence de presse, la semaine dernière, François Hollande précise que la loi sera votée tout en précisant "et l’adoption dans certains cas", prenant des pincettes sur la partie "filiation" du dossier.

Hollande.jpg

 

Aujourd’hui, il semble donner raison à tous les maires qui ont menacé de ne pas respecter la loi républicaine, eux, les représentants du pouvoir exécutif, à l’image de Jacques Bompard, co-fondateur du FN, président aujourd’hui de l’extrémiste parti nommé Ligue du Sud, qui a ouvert une pétition qui regroupe jusqu’à présent 2030 signatures d’élus.

 

Un virage à 180 degrés

 

Alors, même si Hollande tente de faire bonne figure en expliquant que "les possibilités de délégation existent" et qu’"elles peuvent être élargies", il n’en demeure pas moins que cette déclaration sonne lourd dans le débat pour ceux qui croyaient, visiblement à tort, que le président était leur meilleur atout.

Car qu’est-ce qui peut motiver un maire dans son refus de célébrer un mariage de deux homosexuels inscrit dans la loi, si ce n’est soit une homophobie qu’il ne peut combattre ou la foi qui l’en empêche ?

Qu’on se le dise, pour François Hollande, l’homophobie et la foi sont au-dessus des lois républicaines. Un tournant à 180 degrés pour celui qui avait promis d’inscrire dans la Constitution française la loi de 1905.

Aujourd’hui, loin de cette promesse, il enterre deux lois en une phrase : celle de 1905 donc et celle de 2004 qui condamne l’homophobie. Triste journée pour la République française, d’autant qu’entre temps, le pilier central de notre devise, "égalité", semble plus émietté que jamais. À moins dans ce cas de considérer que la liberté de conscience d’un maire homosexuel ne l’empêche de marier deux hétérosexuels…

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:35

Si l’institut Civitas et son président Alain Escada étaient encore inconnus du grand public, force est de constater que le dernier week-end a rectifié le tir.  Ciblant une manifestation ce dimanche pour s'opposer au projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels, les intégristes, puisque se revendiquant de la Fraternité Saint-Pie X proche de Saint-Nicolas du Chardonnet, ont pourtant eu la désagréable surprise de voir que la notoriété de l'institut n’était pas liée à l’adhésion à son message.

Bien au contraire, étouffée par la gigantesque "manif pour tous", qui a réunit plus de 100.000 manifestants, soit dix fois plus que la sienne, Civitas a surtout marqué les esprits par l’affrontementqui a opposé les Femen et le service d’ordre particulièrement viril de l’institut, certainement renforcé par les gros bras du GUD ou encore de l’œuvre française, deux piliers de l’extrême droite française, qui feraient passer le FN pour un parti républicain, si Marine Le Pen n’avait pas passé tant de temps avec les leaders du premier cité dans sa prime jeunesse, dans des soirées mouvementées comme le confirma l’été 2011, le hors-série du "Canard Enchaîné", intitulé "les Dégâts de la Marine".

 Civitas-Femen.jpg

Des violences choquantes, avec coups de pieds, de poings sur des femmes qui n’avaient que leur message peinturluré sur leur corps en guise de bouclier et de haubert… Difficile de garder la tête haute face à ce déferlement de violence, dont fut victime aussi Caroline Fourest, venue réaliser un reportage sur les Femen, et qui subit le même sort que son sujet de travail, et qui a décidé de porter plainte.

Vexé, Alain Escada a senti que l’affaire allait tourner en sa défaveur, et il rédigea par précipitationun communiqué dès le dimanche soir, dont la mauvaise foi est assez unique en son genre, vous laissant lecteurs seul juge du subterfuge.

Civitas

 

Revendiquant 20.000 manifestants (2000 de plus que ce qu’il annonça dans la rue de sa propre bouche, et 11.000 de plus que la police), le président de Civitas a tenu à féliciter chaleureusement tous les participants et évoquant donc "un grand succès". Puis s’empressant de se justifier, il ajouta :

 

"C’est sans doute ce qui a suscité les vives craintes de Caroline Fourest qui a immédiatement répandu dans la presse sans apporter de preuve qu’elle était venue comme journaliste et qu’elle avait  été 'tabassée' à plusieurs reprises. Compte tenu de ses revendications affichées sur le sujet de l’homosexualité, on peut clairement s’interroger sur l’impartialité de cette journaliste en la matière et sur le caractère plus que provocateur de sa présence."

Eh oui, être pour le mariage – et sans doute être lesbienne à lire entre les lignes – est rédhibitoire quant à l’authenticité de votre parole. Pire, sa simple présence est une provocation. Qui pourrait sembler être un prétexte suffisant à justifier une agression ?

 

 

Mais finalement, puisque Alain Escada ne peut contester, images à l’appui, que des violences ont bel et bien été perpétrées (et malheur à Caroline Fourest de ne pas avoir filmé son tabassage, à en croire Escada), que reproche-t-on aux Femen ?

"Lors de notre marche de ce dimanche, cette dame accompagnait des extrémistes féministes et homosexuelles qui se sont présentées entièrement dénudées devant les enfants (ce que cette journaliste appelle de 'l’humour'). Leur contre-manifestation n’était pas déclarée. Elles se sont approchées de notre colonne en hurlant, en présence des forces de sécurité."

Diantre, la nudité, pardi ! On n’imagine ce qu’il serait advenu à Eve s’ils l’avaient rencontrée au coin de la rue…

 

Des violences méritées ?

 

Finalement, on en arrive à la conclusion que non seulement Alain Escada et Civitas nient presque les violences faites sur Caroline Fourest, mais, ne pouvant s’amender de celles qu’ont subies les Femen, en arrivent à faire comprendre en filigrane qu’elles l’avaient finalement bien mérité. Toute ressemblance avec une affaire de viol provoquée par une "femme aguicheuse" est bien évidemment purement fortuite.

Il faut dire que pour Civitas, la violence est devenue une routine. Au printemps 2011, le lendemain d’une manifestation retentissante organisée par ses soins pour contester la présentation du Piss Christ à Avignon, l’œuvre est vandalisée après séquestration du gardien du musée et menaces réitérées à l’encontre du directeur. À l’époque, Alain Escada banalise l’événement :

"Je n'ai ni à cautionner, ni à condamner ce qui s'est passé ce matin à Avignon. Cela reflète une exaspération compréhensible."

Déjà à l’époque, Alain Escada manifeste le goût pour inverser les rôles de victimes et bourreaux :

"Je m'étonne que les personnes qui sont intervenues aient pu entrer et agir si facilement, alors qu'on nous avait annoncé un renforcement des mesures de sécurité du musée."


 Christianophobie-ca-suffit.jpg

Pour la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu" et de "Golgota Picnic" à l’automne 2011, il va plus loin puisque, alors qu'une des représentations est interrompue, et que des manifestants sont arrêtés avec des couteaux dans la poche, sans doute une preuve de leurs amicales intentions, il n'hésite pas à affirmer : 

"Je rends hommage à ces jeunes qui ont eu le courage de s’exprimer publiquement."


Une association en contradiction avec la République


Les scènes de dimanche ne viennent qu’alimenter une chronique régulière de la violence perpétrée ou cautionnée par Civitas. Voilà pourquoi, Anne-Yvonne Le Dain, députée PS de l’Hérault, va demander ce mardi à interdire l’association. Et d'autres avec elle.  Une requête qui, à en croire les spécialistes, est loin d’être acquise, concernant le droit associatif.

Pourtant, il conviendrait d’aller au-delà. Car Civitas ne revendique pas seulement un caractère sulfureux : elle est en contradiction avec la République qu’elle souhaite raser pour réinstaurer un système donnant le pouvoir au droit divin.

Ainsi, à l’automne 2011 chez "Zemmour et Naulleau", Alain Escda expliquait très simplement les visées de son institut :

"C'est un lobby catholique qui vise effectivement à restaurer une France dont les décisions seraient inspirées de la doctrine de l'Église."

 

Alain Escada de Civitas chez Zemmour - La... par confiteor-II

On ne saurait être plus clair dans sa volonté de pourfendre la République et ses valeurs. Ceux qui estimaient que seuls les intégristes musulmans voulaient abolir la République en instaurant la charia en seront pour leur compte.

Dans un entretien publié peu après sa nomination au poste de président de Civitas le 15 mai dernier, Alain Escada confirme sa détestation de l'héritage révolutionnaire, et de la République en évoquant un futur sans elle :

"Avec la révolution de 1789, la France exerça un rôle mondial dans la propagation de la subversion révolutionnaire. Lorsque la France retrouvera les promesses de son baptême, l'influence bienfaisante sera elle aussi mondiale."

Pour Civitas et Alain Escada, les lois divines sont supérieures aux lois de la République. Dans ces conditions, la question de la survie de Civitas ne tient pas seulement du droit associatif : il en va de son incompatibilité, son hostilité, et surtout de sa dangerosité vis à vis de notre République. Ni plus, ni moins. 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 18:27

La quête de Civitas et d’Alain Escada aura été un naufrage. L’institut intégriste se revendiquant de la Fraternité Pie X avait prévu de longue date sa manifestation du 18 novembre. Voilà plusieurs semaines que la date avait été choisie pour marquer les esprits.

Alain Escada a longtemps cru, dans cette lignée, que Civitas allait être la tête de file des opposants au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux homosexuels. Dès juin dernier, il avait tenu à faire la tournée des médias, martelant son discours, de "Revu & corrigé" sur France 5, jusqu'àFrance Culture en passant par la LCP. Incontournable dès qu’il fallait décliner les arguments pour s’opposer au projet de loi, il avait cru que le lièvre allait l’emporter.

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Quelques mois sont passés et la manifestation de dimanche montre bien, au contraire, qu'il a lamentablement échoué dans son entreprise. Samedi, la manifestion organisée par Frigide Barjot avait réuni entre 70.000 et 200.000 personnes dans les rues parisiennes quand celle de Civitas ne parvint à n’en rassembler que 9000 à 18.000. À peine l’écho de la veille.

 

Des manifestations indignes de la République

 

Pire la manifestation fut marquée par un affrontement violent entre les Femen – venues s’opposer à leur message – et le service d'ordre de Civitas, qui ne rassemble vraisemblablement pas que des enfants de choeur, ces derniers n’hésitant pas à en venir aux mains et aux pieds avec frénésie, face à des contre-manifestantes sans d’autres défenses que leur message.

Certains auront le bon goût d’affirmer que les contre-manifestations n’étaient pas autorisées. Pour autant, il eut fallu que les organisateurs s'en référent aux autorités pour faire valoir ce qu'il considérait leur bon droit. Il semblerait pourtant que les intégristes catholiques croient davantage à la justice des coups qu'à celle de la République.

Et comment expliquer par ailleurs que Caroline Fourest, venue caméra au poing faire son travail de journaliste, fut elle aussi prise à partie, "tabassée" pour reprendre ses termes, avant de l’être à nouveau sitôt son visage reconnu ? De tels agissements sont indignes d’un débat républicain. On peut ne pas être d’accord avec le message de la manifestation de samedi, mais au moins fit-elle l’économie d’une telle débauche de violence.

Un défilé dimanche – et qui s’en surprendra – qui a vu la participation d’élus du Front national, comme Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti, Alexandre Simonnot, Cyril Bozonnet, Jean-Marc de Lacoste-Reymondie, Gonzague Malherbe ancien candidat à la législative de la 12e circonscription de Gironde ainsi que quelques militants FNJ franciliens, selon le blog "droite(s)-extrême(s)" hébergé par "Le Monde". Une présence qui montre encore une fois qu'au Front National, la laïcité s’arrête là où commence la chrétienté. Tartuffe chez les laïques.

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Et comme la famille ne pouvait se réunir qu'en étant au complet, Abel Mestre et Caroline Monnot notent la présence remarquée de l'Action Française, du Mouvement national républicain (MNR, ex formation de Bruno Mégret), du Parti de la France de Carl Lang, du Renouveau Français, de la Renaissance catholique, de l'Alliance Royaliste ou encore de quelques militants du GUD. Allez savoir pourquoi l’affaire tourna à l’émeute…

La vraie question est de savoir pourquoi le défilé a été maintenu par la préfecture, compte tenu des risques potentiels engendrés par ceux qui ont appelé à marcher aux côtés de Civitas. Pour les mêmes risques potentiels, il avait été décidé d’interdire la manifestation contre un film anti-islam et la une de Charlie Hebdo il y a peu. Pourquoi autoriser alors celle-ci, alors que les risques étaient aussi grands ?

En arriverait-on à croire que les intégristes catholiques sont moins dangereux que leurs homologues musulmans ? A-t-on oublié l’incendie du cinéma Saint-Michel lors de la sortie de "La Dernière Tentation du Christ", qui fit un mort ? A-t-on omis que les manifestants qui avaient été arrêtés suite à la perturbation de la représentation de Golgota Picnic il y a un an avaient pour certains des couteaux sur eux ?

 

Un discours haineux

 

Mais, au-delà de ce manque d’anticipation, Civitas avait, depuis longtemps, réuni suffisamment de discours haineux pour que la manifestation dût être annulée. Ce week-end, en préparation de la manifestation, Alain Escada avait affirmé que l’homosexualité était un "mauvais penchant qui nécessite d'être corrigé et une personne qui a de tels penchants devrait être abstinente".

De la même manière, depuis des semaines, il refuse de parler de couples homosexuels mais évoque des "duos". Civitas avait aussi édité des juin des autocollants injurieux avec un usage douteux du démonstratif composé.

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À la Madeleine, dans la périphérie lilloise, il avait tenu une réunion publique le 18 octobre dernier, évoquant  "un droit qui déroge à la norme humaine", "des exigences contraires au simple bon sens" qui "défigureraient la nature de la famille", des "individus homosexuels" et leur "comportement déviant"…

Autre temps car, depuis 2004, la République française condamne les propos homophobes. Najat Vallaut-Belkacem a donc raison de condamner le dérapage du message de Civitas, "Non à l’homofolie". Ou encore d’exprimer sa consternation après les événements de  dimanche tout comme le premier secrétaire du PS.

Mais il ne faut se contenter d’être choqué quand on voit à ce point bafouées les lois françaises. Ce débat est suffisamment complexe pour ne pas laisser les homophobes peser de tout leur poids. La loi contre l’homophobie existe et elle doit s’appliquer. Avec fermeté. Alain Escada doit être poursuivi pour ses propos. Et la manifestation de dimanche aurait dû être interdite.

Puisse toute nouvelle initiative être avortée. Sans la moindre clause de conscience. 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 18:24

Par la grâce du Conseil français du culte musulman (CFCM) créé et soutenu par Nicolas Sarkozy qui était ministre de l'Intérieur, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) est devenue en France un interlocuteur privilégié dès qu'il s’agit de faire parler les hérauts de l’islam, sachant qu'il ne dispose pas de clergé.

L'UOIF refuse de se voir taxer d’intégriste, alors qu'elle fait intervenir dans ses congrès et autres conférences les théoriciens les plus réactionnaires et les plus dangereusement littéralistes que cette religion connait, comme le révéla notamment Fiammetta Venner dans son essai "OPA sur l’islam de France, les ambitions de l’UOIF". Proche des Frères musulmans, l'UOIF tente de faire son possible pour présenter une figure honorable de son institution et notamment au regard des canons républicains.

 

Dérapages

 

Pour autant, chassez le naturel, il revient au galop. Le projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les homosexuels a donné l’occasion à l’UOIF de se révéler un peu plus aux yeux de ceux qui refusaient de voir la vérité en face. Sur son site, elle a publié une position très argumentée, texte coranique à l’appui, avant de déraper, à la manière d’un Alain Escada ou d’un Monseigneur Barbarin :

"Si le mariage entre deux personnes de même sexe devenait une norme, alors où s’arrêteront les revendications ? Les plus incongrues peuvent, un jour, être légitimées au nom du même principe d’égalité."

Et l’UOIF de préciser les risques encourus selon elle :

"Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saint amour ? Ne sommes-nous pas en train de suivre une voie où le principe d’égalité ne serait plus défini par des limites et des normes communes, mais par des perceptions personnelles, aussi égoïstes et affectives puissent-elles être ?"

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 Un meeting de l'UOIF au Bourget le 7 avril 2012 (R. CHAMPALAUNE/SIPA)

Najat Vallaud-Belkacem a exprimé sa désapprobation face à ce qu'elle considère comme un "dérapage". Tout en tenant à bien différencier la position de l’UOIF et celles d’autres représentants musulmans qui ont appelé "à bien respecter la distinction entre ce qui est religieux et ce qui relève du civil, bien respecter la laïcité dans ce pays".

 

Amalgame et mépris

 

La précision de la porte-parole du gouvernement est louable car il ne faudrait pas que la position de l'UOIF soit interprétée comme étant celle de l’islam en France. Bien au contraire, cette position, ainsi exprimée, est l’œuvre d’intégristes qui ressemblent en tous points à leurs homologues catholiques.

Personne ne demande aux religions de prendre fait et cause pour cette loi. Même si l’on peut regretter qu'elles fassent l’économie d’un aggiornamento qui pourraient leur permettre d’être en phase avec leur temps, on peut comprendre qu'elles s’en tiennent au dogme. Mais cela ne justifie pas des amalgames et le mépris à l’égard de l’homosexualité.

De tels messages d’intolérance desservent les croyants eux-mêmes. Et l’on en vient à se demander à quoi peut bien servir la loi qui condamne les propos homophobes si tout le monde peut se laisser aller de la sorte sans craindre de se voir condamner.

L’amalgame entre la zoophilie et l’homosexualité engendré par le communiqué de l’UOIF n’est qu’une chronique, une de plus, de l’homophobie ordinaire qui s’est imposée avec un rythme effréné depuis septembre dernier.

Mais, au-delà de cet énième dérapage, qui n’aura pas vu l’offense faite aux femmes dans la déclaration de l’UOIF ? Car qu'affirme-t-elle craindre ? La polyandrie. Le fait qu'une femme puisse avoir plusieurs hommes, étant convenu que la réciproque est, elle, parfaitement respectable. Les intégristes insistent donc sur le fait que les femmes n’ont pas le droit d’être polygames contrairement aux hommes qui, eux, peuvent multiplier les épouses. Et l’UOIF osera-t-elle encore dire qu'elle défend des principes modérés et républicains ? Elle vient définitivement de lever le voile sur son caractère parfois intégriste, au moins pour ceux qui avaient encore un doute.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:10

Alors que le débat sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels n’avait même pas débuté, les opposants qui préparaient déjà leur campagne avaient déjà prévu que l’on allait les taxer d’homophobes. Avant même que toute hostilité n’ait été lancée. Par instinct. Christine Boutin avait même exprimé son ras-le-bol d’être taxée d’homophobes, évoquant des vacances avec des "amis homosexuels".

Alain Escada de son côté n’avait pas dit autre chose sur France Culture le 13 juillet dernier :

"Nous ne manquerons pas dès la rentrée de septembre de mener comme il se doit une campagne vers les Français destinée à libérer la parole des Français et à leur permettre de s’exprimer sans craindre l’accusation d’homophobie".

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Il faut dire que la campagne du PaCS avaient laissé quelques cicatrices et quelques slogans que la postérité retiendra comme homophobes, comme "les pédés au bûcher" ou "Pas de neveux pour les tantouses", n’en déplaisent à ceux qui prétendent ne pas les avoir entendus dans le défilé qu’ils avaient emprunté.

Homophobie qui ne dit pas son nom

Aujourd’hui, l’argument est brandi de manière quasi-pavlovienne par les opposants même du projet avant que de n’avoir été même soupçonné de pareil forfait comme le fit ainsi Ivan Rioufol quand il débattit avec Caroline Fourest, provoquant la remarque amusée de cette dernière : "il n’a même pas été encore accusé qu’il y répond déjà !" :

 

 

Gimmick du débat à venir, le "on peut être contre le mariage homo sans être homophobe", est devenu une arme rhétorique, condamnant l’interlocuteur à ne jamais se référer à pareil argument sous peine d’être abominablement réducteur ou pire de vouloir esquiver le débat à grands coups d’anathèmes. Le bourreau est donc devenu la victime par la grâce de l’antithèse : "vous n’allez tout de même pas m’accuser d’homophobie ?"

Le problème, car problème il y a, c’est que jusqu’à présent, les opposants au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels n’ont jamais fait autre chose que de brandir, de manière consciente ou inconsciente l’homophobie la plus primaire, et aujourd’hui, il n’y a guère eu de raisonnement suffisamment brillant pour faire l’économie d'une quelconque homophobie.

 

Attaques frontales

 

Alain Escada, le président de Civitas, est certainement le plus gonflé de tous. Fervent de la Fraternité Pie X, branche intégriste qui fait d’elle l’une des moins tolérantes de l’Église, le Belge n’a pas son pareil pour manier l’ironie, quand il déclare dans la banlieue lilloise, le 18 octobre dernier, devant une assemblée presque entièrement acquise à sa cause : "dans ce débat, il n’est pas question de mépriser qui que ce soit", surtout quand le bibliothécaire bruxellois a pris soin d'enfiler comme des perles, durant près d’1h30, des expressions, qui, s’il ne les estime visiblement pas méprisantes, n’en demeurent pas moins odieuses puisqu'il évoque pèle-mêle "un droit qui déroge à la norme humaine", "des exigences contraires au simple bon sens" qui "défigureraient la nature de la famille", des "individus homosexuels" et leur "comportement déviant", etc.

Et que dire de cet autocollant, conçu par Civitas, qui à l’image, reprise à la "Une" de Minute (c’est dire…) ajoute le doucereux et si bienveillant emploi du démonstratif composés "ces gens-là" ?

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D’autres tentent d’être plus subtils.

Christine Boutin prend, elle, la posture de la femme qui a changé, qui "a un ami homosexuel" et explique que, si cela ne tenait qu’à elle, et sa générosité, elle voterait ce projet de loi. Seulement voilà, elle serait envahie par…sa passion :

"Je pense que lorsque l'on pose une question aux Français sans avoir organisé un débat au préalable sur les conséquences d'une pareille décision, ces derniers laissent parler leur générosité. Moi aussi, je n'aime pas voir les gens souffrir. Je comprends que par affectif, par sensibilité ou par souci de l'autre, les Français puissent répondre oui", confie-t-elle d’abord au Parisien. "Qui ne répondrait pas à la souffrance de l’autre", renchérit-elle face à Ruth Elkrief sur BFMTV en marge de la Gay Pride en juin dernier…

 

Créer des divisions là où il n'y en a pas

 

Pour autant, quel argument utilise-t-elle pour montrer la dangerosité de la loi, si ce n’est celui qui estime que l’homosexualité ne relève pas de l’ordre naturel quand elle déclare que "l'homoparentalité est une tromperie" ou encore que "l'enfant a besoin d'avoir un homme et une femme pour pouvoir exister. Est-ce qu'une société doit se construire sur une exception, je ne pense pas" ?

La religion musulmane n’est pas en reste puisque le CFCM rappelle qu’il condamne fermement tout acte homophobe … tout en expliquant aussi que le mariage résulte de la fondation d'une famille stable sous la direction des deux époux, sous-entendant donc que le couple homosexuel ne répond pas à ces critères… On lutte contre l’homophobie tout en perdurant à véhiculer les clichés à grands coups d’arguments d’autorité régis par les textes sacrés.

Est-il enfin nécessaire de rappeler l’argument dit "de bon sens" qui explique que le mariage a toujours été entre un homme et une femme fondé sur l’anthropologie, donc et cher à Eric Zemmour, revient à dire que les homosexuels sont différents des hétérosexuels de par la nature et que le droit français est censé reproduire cette différence nie le pilier central de notre République – l’égalité –, et fait d’une orientation sexuelle un particularisme ce que la République, encore elle, ne différencie nullement ? Dire aux homosexuels "vous êtes à part" ne relèverait-il donc pas de l’homophobie ?

Alors, les opposants au mariage pour tous ne seraient, soi-disant, pas tous homophobes... Soit. Mais sans doute faudra-t-il avancer d’autres arguments samedi et dimanche prochains dans la rue, pour tenter de convaincre du contraire… 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 17:44

Après la pédophilie, l’inceste, la consanguinité, la zoophilie et bien évidemment le gimmick qui a remporté tous les suffrages cette année, la polygamie, place à la fin de la civilisation ! Bien plus fort que Christine Boutin qui avait parlé de sa "déstructuration" et de sa mise en "danger", Serge Dassault, 87 ans et toujours sénateur a donné son point de vue sur le projet de loi sur l’ouverture du mariage aux homosexuels en présence du journaliste Frédéric Says, qui relatait le moment surFrance Culture :

"Y’a plus de renouvellement de la population, à quoi ça rime ? On veut un pays d’homos eh bah, dans dix ans, on n’aura plus personne, c’est stupide", a ainsi estimé une des cent plus grandes richesses du monde et accessoirement un des grands patrons de la presse française.

Inspiré, l’octogénaire a cru bon, ensuite, de faire un parallèle historique avec la Grèce antique :

"Regardez dans l’histoire : la Grèce, c’est une des raisons de sa décadence à l’époque. Décadence totale, bah bien sûr. C’est l’arrêt de la famille, c’est l’arrêt du développement des enfants, c’est l’arrêt de l’éducation. C’est un danger énorme pour l’ensemble de la nation. Énorme."

 

Venant d'un élu, ça fait froid dans le dos

 

Oui, c’est énorme de se rendre compte que des sénateurs, et donc représentants du législatif, puissent en France commettre pensée aussi profonde et étayée.

Plus inquiétant encore, sont les réactions des autres sénateurs UMP qui ont soupiré, un sourire gêné à en croire Frédéric Says : "Ça, ça devait arriver." Comme si personne n’était surpris. Et ces grands courageux de continuer à placer de grand républicain sur leur liste des sénatoriales, scrutin après scrutin.

Autant on peut en rire quand la sortie de route est l’œuvre d’une anonyme comme dans "le Petit Journal". Autant, venant d’un élu, ce type de raisonnement fait tout de même froid dans le dos.

Chaque jour fait son œuvre et la surenchère laisse augurer à l’Assemblée d’un débat qui sera tout sauf serein. À l’image de la déclaration de Michel Meylan (UDF), lors des débats sur le PaCS, qui, avec la délicatesse des tailleurs de diamants, avait lancé un brillant : "S'il y a des pédés ici, je leur pisse à la raie." Mieux vaut être "uro" qu’homo, à en croire certains de nos élus.

 

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Il n’y a en réalité que deux motivations à cela.

1ère hypothèse : Les opposants cèdent tout simplement à la passion et à de l’homophobie primaire. Leur haine envers les homosexuels les rend déraisonnables et les empêche de parler du sujet de manière sereine. Les mots qu’ils emploient dépassent leur pensée. Et leur dénégation n’y change rien. Les dérapages sémantiques se multiplient : la "supercherie" d’André Vingt-trois, le "ces gens-là" de Civitas, le démonstratif simple "ces gens" pour Patrice Carvalho, député du Front de gauche, ou encore Noël Faucher, maire de Noirmoutier qui, sur Twitter, disait en mai dernier : "Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle."

Inconscient ou conscient religieux ? Éducation ? Refoulement ? Difficile en tous les cas de ne pas qualifier d’homophobes ce type de dérapages. Et l’on en vient à se demander à quoi sert la loi de 2004 réprimant les propos injurieux ou diffamatoires "en raison de l'orientation sexuelle", puisque ces déclarations n’ont, jusqu’à preuve du contraire, jamais été poursuivies au nom de la liberté d’expression. De la même manière, Christian Vanneste fut relaxé en 2008 alors qu’il avait affirmé que l’homosexualité était inférieure à l’hétérosexualité, et même dangereuse pour l’humanité.

 

2e hypothèse : Les opposants savent très bien ce qu’ils font. Alors qu’officiellement ils se plaignent que le débat n’ait pas été ouvert et que le gouvernement souhaite passer en force, ils n’aspirent qu’à une seule chose : pourrir le débat pour provoquer le renoncement. Ce sont eux, encore, qui demandent un référendum pour que le débat citoyen puisse s’ouvrir, sachant très bien que la passion l’emportera sur la raison.

 

Les limites de la démocratie

 

Avec la peine de mort ou l’avortement, le projet de loi sur le mariage homosexuel fait partie de ces sujets qui montrent les limites de la démocratie : l’intime et le subjectif empêchent toute sérénité. Et il n’est, pour ce sujet, aucun débat qui ne saurait être dépassionné dès lors que l’on oppose les deux camps sur la question.

Pire, le débat se réduit à des monologues sans concession et sans communication engendrant des dérapages qui n’honorent en rien la pensée et qui ne peut finalement profiter qu’à un seul camp : ceux qui mettent tout en œuvre pour faire échouer le projet de loi.

En ce sens, la République se doit d’être supérieure à la démocratie : la première est fondée sur des valeurs, quand la seconde s’affirme par la majorité. Et quand en outre, sur l’ouverture du mariage aux homosexuels, la démocratie s’accorde avec les valeurs de la République, avec des sondages continuellement favorables depuis 15 ans pour l’un et le pilier central qu’est l’égalité pour l’autre, pourquoi continuer d’aussi vains palabres ?

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 17:37

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Alors que le débat sur le mariage et l’adoption ouverts aux personnes de même sexe bat son plein,au moins chez ses opposants, "Charlie Hebdo" a décidé de "contribuer" à sa manière au débat, comme l'a révélé sur Twitter l’Abbé Grosjean, lundi 5 novembre  :

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On imagine déjà ceux qui hurlaient aux loups, par ignorance, en prétendant que l’hebdo n’était capable que de brocarder l’islam pour faire "un coup" ! On imagine ceux qui le qualifiaient d’islamophobe quand je n’ai jamais cessé de rappeler que "Charlie" blasphémait toutes les religions et tout particulièrement son instrumentalisation par les intégristes...

Entendra-t-on à nouveau dans les prochaines 24 heures que "Charlie hebdo" est en train de mettre de l’huile sur le feu ? Et surtout, seront-ce les mêmes qui joueront le rôle du procureur ou décideront-ils rejoindre cette fois-ci le banc de la défense ?

On attend encore à cette heure la réaction de l’institut Civitas...

 

Une réponse aux propos choquants de Mgr Vingt-Trois

 

Preuve est faite, s’il en fallait encore une, que le travail de l’équipe de "Charlie Hebdo" n’est pas, n’en déplaise à l’Abbé Grosjean, de faire du "journalisme", dans le sens de la transmission d’informations. À ce titre, la réaction de cet homme d’Église est confondante de naïveté et de méconnaissance.

Chaque semaine, le travail de "Charlie Hebdo" est de traiter de l’actualité à des fins humoristiques. Et de la même manière que l’on vit il y a peu Mahomet cul nul, l’on voit aujourd’hui l’hebdomadaire revenir à sa longue tradition anticléricale.

Encore une fois, on peut estimer cette une grossière, de mauvais goût, et même choquante. Tel est le droit du lecteur. Mais le droit du caricaturiste est aussi de dessiner. Et ceux qui parlent d’outrance devraient tout de même réfléchir à la violence des propos exprimés par André Vingt-Trois ce week-end lors de la Conférence des Evêques de France, à Lourdes :

"Alors que l’on prescrit la parité stricte dans de nombreux domaines de la vie sociale, imposer dans le mariage et la famille, où la parité est nécessaire et constitutive, une vision de l’être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants."

Et que dire encore de : "Ce ne serait pas le 'mariage pour tous' (...) Ce serait le mariage de quelques-uns imposé à tous"...

 

Une forme de contribution au débat

 

Si l’on peut toujours estimer que les caricatures de "Charlie Hebdo" sont grossières, force est de constater que celle de Monseigneur Vingt-Trois se caractérise également par une certaine vulgarité. Combien de catholiques se sont sentis gênés par ces déclarations ?

À ce titre, "Charlie Hebdo" contribue réellement au débat. D’une part, parce que les partisans du projet, par excès d’optimisme, ou par refus d’assumer pleinement un débat, ont déserté l’espace médiatique pour laisser la place aux opposants, qui s’en sont donnés à cœur joie (de Civitas à François Lebel de l’UDI, en passant par Monseigneur Barabarin, Christine Boutin et le grand retour du funeste Vanneste cette semaine).

D'autre part, les caricatures sur ce projet de loi sont allées crescendo, laissant entendre qu’une telle orientation aboutirait nécessairement à légiférer sur la polygamie, pour ne retenir que l’amalgame le moins odieux.

 

Combattre la caricature par la caricature

 

La une proposée par "Charlie Hebdo" s’inscrit donc dans la réciprocité, suivant à la lettre les recommandations d’Honoré, dessinateur à "Charlie" en 2007, lors de l’affaire des caricatures de 2006 durant laquelle la Mosquée de Paris et l’UOIF avait porté plainte contre le journal, qui préconisait à ceux qui se sentaient souillés des conseils pétris de sagesse :

"La réponse devrait être du même acabit. C’est-à-dire que Monsieur Boubakeur devrait apprendre à dessiner et faire des caricatures sur les athées qui nous feraient rire" [1]

Conseils que d'ailleurs s'est employé de suivre l'abbé Grosjean lui-même, autrement plus dans son rôle dans cette réponse que dans la condamnation effarouchée par laquelle il avait commencé : 

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Aussi quand on entend des hommes d’Église ou leurs hérauts amalgamer homosexualité, inceste, pédophilie et polygamie, l’on se dit que, finalement, la une de "Charlie Hebdo", loin d’être irresponsable, est même assez sobre.   

[1] Propos tenus dans le film "Dur d'être aimé par des cons", de Daniel Leconte, retraçant l'affaire. 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 17:27

N’a-t-on jamais autant parlé du mariage pour les homosexuels ? Il est permis d’en douter, au point qu’un membre d’une association gay me confiait il y a peu que si le projet ne passait pas, au moins il y aurait à se réjouir de voir le sujet aussi présent dans l’actualité.

Étonnante confession qui laisse à penser que la loi, qui n’est encore qu’à l’état de projet, est loin, très loin, d’être votée, contrairement à ce que pensaient certains avec un peu trop d’optimisme, estimant que l’élection de François Hollande et la victoire de la gauche aux législatives suffiraient à leur donner gain de cause. Bien au contraire le vent tourne, comme le confiait cette semaine Nicolas Domenach dans "La Nouvelle Edition" (à partir de 10’20) :

 

 

"Certains conseillers élyséens ont dit à François Hollande : 'Attention, on va au casse-pipe. Il faut peut-être s'arrêter là-dessus, stopper tout'", raconte Domenach, qui était au cœur du Congrès de Toulouse la semaine dernière et qui a pu sentir la peur des élus, face aux citoyens qui paraissent plus partagés que ne le laissaient présager les sondages de la fin de l’été, qui donnaient 65% d’opinions favorables pour le mariage et 53% pour l’adoption.

Seulement entre temps, les opposants au mariage homosexuel se sont manifestés. Vivement. Et leur omniprésence dans les médias fait que chaque prise de position contradictoire au dessein du gouvernement est reprise quand les partisans de la loi sont eux atteints d’une inquiétante aphasie.

 

Lebel, Barbarin, Bompard, Zemmour...

 

Qui n’a pas entendu François Lebel, maire du VIIIe arrondissement de Paris et membre de la toute nouvelle formation prétendument humaniste qu’est l’UDI, affirmer que si la loi venait à passer,"comment s'opposer demain à la polygamie en France ?". Et ajoutant à sa longue liste de tabous qui risqueraient de tomber l'âge légal des mariés, les mariages consanguins, la pédophilie et l'inceste.

Qui n’a eu écho du cardinal Barbarin, affirmer que le mariage pour les homosexuels ouvrirait la voie à la polygamie ou à l’inceste ?

Qui ignore la promesse de Jean-François Copé de ne pas marier des homosexuels si la loi venait à passer, après celles de 1.828 autres maires que compte la pétition initiée par le député-maire d’Orange Jacques Bompard ?

Sans oublier, bien évidemment, la surenchère opérée par François Fillon lors de son monologue contradictoire face à Jean-François Copé, visant à annuler la loi si la droite venait à gagner la présidentielle en 2017 ?

A l’inverse, que sont devenues Christiane Taubira et Dominique Bertinotti, ministres en charge du projet de loi ? Depuis la sortie prématurée de la première dans "La Croix", et la participation de la seconde à l’émission de Laurent Ruquier "On n’est pas couchés", les deux femmes ont tout simplement quitté l’espace public, laissant la part belle aux opposants du mariage qui continuent de défiler sur les plateaux ou aux micros des radios.

Et les personnalités politiques ne sont pas les seules à donner de la voix, puisque Christine Boutin s’est rappelée à notre bon souvenir, Alain Escada de Civitas continue sa croisade en attendant la grande manifestation parisienne le 18 novembre prochain à Paris, et des éditorialistes comme Zemmour, Menard et Rioufol martèlent toujours leur opposition farouche d'émissions en chroniques.

 

L'argument facile de "la police de la pensée"

 

Mais au-delà de ces arguments qu’il conviendra au plus vite de décortiquer avec pédagogie, il est intéressant de noter l’omniprésence d’un élément de langage qui revient sempiternellement chez les opposants au projet de loi, et qui explique sans doute la raison pour laquelle la parole leur est plus facilement donnée.

Se rappelant de l’affaire du Pacs (Pacte civil de solidarité) et de la violence des affrontements qui les avaient fait passer pour les offenseurs, ils ont décidé cette fois-ci de contre-attaquer avec un coup d’avance et de passer systématiquement pour les offensés. Ainsi, ils prétendent incarner la voix minoritaire, se battant contre des moulins, véritable rouleau compresseur de l’opinion et du gouvernement qui veut passer en force.

 

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Premier mariage bouddhiste entre deux personnes de même sexe à Taïwan, le 11 août 2012(S.YEH/AFP)

 

C’est en substance ce que prévoyait déjà Alain Escada en juillet dernier, sur France Culture, alors que le débat n’était même pas lancé, preuve que cet argument tient davantage à la posture qu’à la réalité des faits :

"Et surtout pour libérer la voix des Français. Leur faire comprendre que malgré le rouleau compresseur qui vise à leur faire croire que quiconque oserait ne pas être d’accord avec les revendications du lobby homosexuel serait un homophobe, et que par-delà même, il serait presque devenu quelqu’un d’infréquentable, eh bien nous nous allons dire que c’est la voix du bon sens que nous sommes en train de proclamer à nouveau et que nous voulons que les Français puissent s’exprimer librement à ce sujet et disposer d’un véritable débat. Que les opposants au mariage homosexuel puissent s’exprimer sans un carcan imposé par une police de la pensée."

Depuis, l’argument est lancé comme un leitmotiv : le gouvernement et le "lobby gay" interdiraient le débat public. Ainsi le cardinal Vingt-Trois, dans "La Croix", estime qu'il faut "résister au conformisme de la pensée 'prête-à-porter'" qui domine actuellement vis-à-vis du "mariage pour tous". Il enchaîne : "La liberté doit se gagner et se défendre face aux lobbys qui saturent les espaces de communication" (sic).

Les lobbys qui saturent les espaces de communication ? Mais à quel lobby appartient pourtant Ivan Rioufol, éditorialiste du "Figaro", qui ne cesse de rappeler son hostilité partout où il est invité comme ici sur BFM TV où il en rajoute une louche sur la confiscation prétendue du débat :

"Pour l’instant on maltraite la démocratie notamment avec ce dossier car le débat est quasiment interdit  aujourd’hui dans la mesure où (il) n’a pas encore eu lieu publiquement. Et le gouvernement essaye d’intimer l’ordre de passer en force. Il y a une insulte à la démocratie au prétexte que le projet avait été avalisé par les Français et je suis très hostile à cette nouvelle tyrannie des minorités, qui sous prétexte d’être victimes, essayent de subvertir à nouveau ce débat".

 

On le voit, la technique de la dialectique employée par les opposants au projet est très clair : il s’agit de se poser en victime pour qu’ainsi, les partisans de la loi passent pour les agresseurs, les pourfendeurs, les déstabilisateurs. Alors que ce sont eux qui sont spoliés de leurs droits. De la même manière, on taxe leur démarche de communautariste, quand c’est la loi actuelle qui les prive des droits dont jouissent les hétérosexuels, ce qui les communautarise.

La posture victimaire des opposants au mariage pour les homosexuels est d’autant plus grossière que lorsqu’Alain Escada, de l’institut Civitas, prétend faire des "réunions publiques" pour ouvrir le débat, il parle sans discontinuer durant près de 1h40 sans laisser la moindre intervention le contredire, alors que ses propos regorgent d’inepties, de caricatures ou d’éléments falsifiés. Tout juste autorise-t-il à la fin de ses interventions un petit quart d’heure de "débat", durant lequel le micro est "distribué" de manière soigneusement sélective aux différents intervenants de la salle, veillant toutefois à ce que le son produit par son micro soit deux fois plus fort que celui qui circule en salle.

Et dès que l’insoutenable vient prendre certains à la gorge, qui ne peuvent le laisser dire ses billevesées, observez bien quel argument revient, comme par enchantement. Démonstration dans une intervention à laquelle j'ai pu assister à la Madeleine, le 18 octobre dernier, sous les applaudissements du conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais du Front national, Eric Dillies, seul élu présent dans la salle (visible en manteau debout à la toute fin de la vidéo) :

 

 

"Que je sache vous occupez bien plus que nous l’espace médiatique", "la démonstration de votre totalitarisme permanent"… Ou comment le bourreau endosse le masque de la victime pour l’accabler de ses propres excès.

Le débat a bel et bien lieu actuellement. Mais il est cruellement biaisé. Seuls les opposants donnent la voix au son d'un "on nous empêche de parler".

 

Où sont les partisans du mariage pour tous ?

 

Qu’attendent donc les partisans du projet pour se faire entendre ? Qu’attendent-ils pour prendre la parole et aller débattre ? Lorsque la fameuse photo des deux jeunes femmes s’embrassant devant des manifestants d’Alliance Vita avait défrayé les chroniques des réseaux sociaux, Romain Pigenelavait, de manière éclairante, décrypté l’impact de l’image, rappelant ainsi la posture prise par les opposants dans le débat actuel :

"Les opposants au mariage pour tous, récupérant des techniques de happening auparavant dévolues à ses défenseurs, peuvent avoir le beau rôle, celui des libres penseurs minoritaires qui refusent de passer sous le joug d’une "pensée unique" d’État, majoritaire. La présente photo rétablit d’un coup minorité et majorité à leurs places initiales : les deux jeunes femmes incarnent sans discussion possible la subversion, révélée comme telle par les expressions outrées des manifestants en arrière-plan, la bouche ouverte en un 'O' réprobateur."

Rétablir le rapport de force et la vérité. Telle est l’urgence si l’on souhaite véritablement que le pilier central de notre devise républicaine, ne soit pas un artifice, servant d’ornements aux livres d’histoire. 

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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