Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Hier matin, le site du Figaro publiait cette dépêche AFP :
Ce genre d’information me dérange terriblement. Outre le fait que la méthode de comptabilisation de ces actes est contestée par certains (en somme jeter une pierre dans une vitrine tenue par un Juif est-il un acte antisémite ? Ne se peut-il pas qu’il s’agisse de l’acte isolé d’un simple délinquant stupide, sans éducation et provocateur ? Mais là est un autre débat), comment ce genre de données chiffrées est-il rendu possible d’un point de vue officiel quand on sait qu’en France il est interdit de classer les personnes et de les comptabiliser, même à des fins statistiques ou sociologiques selon des critères de religion, de couleur de peau, d’origine ethnique… on hurle au scandale quand on annonce le fichier Edvige, la grogne se faisant plus fort quand cette semaine l’on apprend qu’un nouveau fichier va donner l’origine géographique des délinquants comme pour mieux les stigmatiser… et lorsqu’une telle dépêche tombe, personne ne dit rien. Pourtant le fait d’être Juif ne relève-t-il pas de la religion ? Ou de l’appartenance à un peuple ?
Pourquoi alors ne pas comptabiliser les agressions contre les Noirs ? Les Maghrébins ? Les Français blancs de peau parce qu'ils sont blancs ?
Pourquoi y-a-t-il deux poids deux mesures dès lors que l’on traite de la question juive ?
On peut ne pas être d’accord sur le fait qu’on ne puisse pas répertorier les citoyens français selon certains critères. C’est une question philosophique sur laquelle chacun peut et doit s’interroger. Chacun est libre de penser et d’exprimer son opinion sur le thème. La question n’est pas là. En revanche la République et la loi française, elles, ont tranché : c’est illégal. On peut être d’accord ou non : la liberté d’opinion ne peut aucunement se substituer à la loi, et chacun doit s’y soumettre. Quand la loi impose, le citoyen dispose. Cela ne l’empêche pas d’en parler et d’en débattre.
Je repose donc ma question : Pourquoi y-a-t-il deux poids deux mesures dès lors que l’on traite de la question juive ?
Au nom du génocide ?
Est-ce un argument qui tiendra jusqu'à la nuit des temps ?
Les "Juifs" sont-ils les seuls à avoir subi un génocide ?
Faut-il alors répertorier en France toutes les communautés qui ont subi un génocide dans leur Histoire ?
Et enfin et surtout, en posant ses questions, osera-t-on me balancer à la figure que ces interrogations sont antisémites ?
NON. Je suis juste Républicain, laïque et Démocrate de surcroît, et au nom de l'Egalité je ne vois pas pourquoi en 2009, il faudrait faire un cas Juif en France.
Mais le plus grave dans tout cela, c’est que j’ai posté à deux reprises mon étonnement dans les commentaires du Figaro (qui reprenait à quelques mots près ce que je viens de publier ici)… Pourtant les deux fois mon commentaire ne fut pas publié. C’est sans doute ce qu’il y a de plus grave dans l’affaire… Il y a en France une question taboue… qui défie les lois et les principes de la Démocratie Française et qui pour une fois ne vient pas du sommet de l’Etat.