Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Quelle aventure rocambolesque que cet accord, que l’on avait dit à l’eau de rose, entre le PS et les Verts ! Sommés de trouver des atomes crochus en vue de la présidentielle, François Hollande et Cécile Duflot sont surtout parvenus à se prendre le chou.
Le PS, comme il sait le faire, a tenté de marcher à la carotte en proposant des circonscriptions. La présidente d’EELV a cédé à la tentation, quitte à prendre le RER pour aller siéger, enterrant de facto le destin présidentielle d’une Eva Joly, meurtrie, qui n’eut d’autre choix que d’aller planter ses choux. Verte de rage.
Eva Joly au 4e congrès du Parti vert européen, à la Maison de la chimie, Paris, le 12 novembre 2011 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)
La pré-campagne aura donc fait deux victimes chez les Verts : Nicolas Hulot, à qui l’on ne trouvait pas assez de sang vert, et Eva Joly qui était trop verte dans ces plantations expérimentées où l’on sait donner des châtaignes et faire chou blanc de ses convictions pourvu que la moisson soit bonne. Le Joly carrosse est redevenu une citrouille et, sur la pointe de la seule pantoufle de vair qui lui reste, verra-t-on bientôt l’actuelle candidate faire marche arrière pour battre en retraite, lâchée en rase campagne ? Les carottes semblent cuites.
Un bien drôle de parti qu’EEV. Certains voient en lui un refuge pour les faucheurs d’OGM ou les protecteurs des animaux. D’autres les imaginent sans électricité, à vélo, sans téléphone mobile. Miroir aux alouettes. Ses cadres sont surtout connus pour un cynisme sans égal. Et Eva Joly n’est pas la dernière.
En 2009, l’ancienne magistrate avait décidé de se lancer dans la politique en débarquant aux européennes. Elle alla lustrer le tracteur de François Bayrou qu’elle estimait le plus à même pour tracer les sillons de ses valeurs éthiques. Elle lorgna sur la liste d’Ile-de-France sur laquelle était déjà implantée une certaine Marielle de Sarnez, autrement plus légitime pour mener la liste, puisqu’elle était la députée sortante. Madame Joly fut mécontente de son sort et de sa troisième place qui lui serait dévolue si elle s’entêtait à ne pas choisir une autre région. Elle claqua la porte du MoDem pour se réfugier dans les bras d’un Cohn Bendit qui sut parfaitement fructifier ce parachutage.
Elle est comme ça Eva, un vrai cœur d’artichaut, prête à s’ouvrir à qui la séduit. Les Verts lui ont fait de l’œil ? Qu’à cela ne tienne. On l’a dit sans expertise écologique, mais elle devient un des piliers d’un parti qui n’a jamais mis ses mandats au service de ses convictions, bien au contraire. Sa propagande écolo est brandie en étendard au service de ses ambitions.
Dernier épisode en date, Jean-Vincent Placé, qui, à peine arrivé au Sénat, a mis la pression sur le futur président de l’Assemblée, en menaçant de proposer sa candidature s’il n’obtenait pas certaines garanties. Chez les Verts, on n’a pas du sang de navet, qu’on se le dise.
On se souvient aussi de l’ancienne sénatrice Alima Boumediene-Thiery qui, forte de ses 10.000 euros mensuels, avait écrit en juillet dernier au ministre de l’Éducation nationale pour se plaindre que les conditions de ressources soient plafonnées pour les internats publics, ce qui l’empêchait de scolariser son fils. Soyez rassurés : la mousson de septembre l’emporta et elle ne fut pas réélue. De quoi revenir à des ressources suffisamment modestes pour placer son petit garçon.
Quelle drôle de salade que ce parti, qui ressemble davantage à un cheval de Troie qui recycle tout et tout le monde, afin d’assouvir les ambitions personnelles de chacun. Quitte à prendre tout le monde pour des pommes. C’est bête comme chou, mais ça rapporte énormément.
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