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Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).

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Pourquoi le petit glaçon (deviendra Iceberg) Mouvement Démocrate a fait sombrer le Titan PS…

Le vote de jeudi soir qui avait provoqué une montagne de palabres a accouché d’une souris : on n’en sait pas beaucoup, plus sur les positions dominantes du parti socialiste. Et plus que jamais une culture d’égo s’est instituée dans un parti qui se fissure petit à petit. Pour François Bayrou, il n’y a finalement qu’un seul perdant, et pas de gagnant.

Il est vrai que le grand perdant reste Bertrand Delanoë qui au printemps dernier avait voulu ringardisé l’ancienne candidate à la présidentielle en lançant en pâture être « libéral et socialiste». Anticipant mal la faillite de notre système économique dans un mois d’octobre noir, sa boutade lui revint tel un boomerang et il y a fort à parier que dans les 19% de Benoît Hamon, bon nombre de voix ont quitté son escarcelle pour nourrir celle du député européen.

Alors pourquoi François Bayrou explique qu’il n’y a pas de vainqueur, quand Ségolène arrive en tête, presque à la surprise générale et que Benoît Hamon obtient un score impressionnant sur l’aile gauche du Parti ?

Tout simplement parce que Ségolène Royal n’a aucune réserve de voix. Le TSS (Tout sauf Ségolène) continue de battre son plein. La différence avec novembre c’est que les adhérents à 20 euros sont partis pour la plupart. De 62% d’approbation, elle est passée à 29%. D’où son idée la veille du scrutin de « rembourser » les adhésions de ceux qui n’auraient pas les moyens… Manœuvre démagogique qui montrait bien que Ségolène n’était plus en position de force avec la base qui l’avait portée sur la vague présidentielle.

Et cet isolement se calcule en une question, fondamentale, sur laquelle seule elle et Hamon ont parfaitement tranché :  celle du dialogue et d’une ouverture avec le Mouvement Démocrate. Ségolène s’y est montrée favorable depuis qu’elle a compris dans l’entre deux tours de la présidentielles que la France était ancrée à droite et que seul le PS ne pouvait plus parvenir à ses fins (elle était moins catégorique avant le premier tour…). Hamon, représentant la branche gauche, comme jadis Mélenchon (qui a enfin assumé ce que tout le monde savait de lui, à savoir qu’il n’était plus et depuis longtemps socialiste, mais bien communiste…), lui s’y est farouchement opposé considérant que Bayrou était un homme de droite (sic).

Pour Delanoë et Aubry, les choses sont différentes. Maires de deux grandes villes, ils ont dû composer avec pragmatisme sur la question. Quand Delanoë a regardé l’avance qu’il possédait au soir du 1er tour, il a tout d’un coup fermé l’ouverture qu’il s’était promise de faire quelques semaines auparavant. Aubry, elle, allait être tout aussi confortablement élue, mais a estimé que le Mouvement Démocrate de Lille s’inscrivait parfaitement dans l’opposition à la politique de Nicolas Sarkozy (de source sure, elle s’entend même davantage avec les membres du Mouvement Démocrate siégeant, qu’avec certains Verts ou autres communistes assis à ses côtés au conseil municipal…). Mais au niveau national, leur discours est plus ambigu, notamment celui de Aubry qui voulant ne froisser personne, tente de faire le grand écart entre Fabiusien et Strauss-Kahnien, irréconciliables depuis le Non à la Constitution européenne.

A défaut de clarification, les hésitations des uns valent davantage que les positions des autres, et il n’est guère surprenant de constater qu’Emmanuelli, porteur de la motion de Hamon, propose une alliance entre son poulain, Aubry et Delanoé (alliance qui propulserait à coups sûr Martine Aubry au poste de Secrétaire, hypothèse que je privilégie depuis juin… à suivre ;o)

Et au final, il y a bien plus perdant que Bertrand Delanoé. La fin du PS est en marche.

Car Ségolène Royal se voyant isolée ne prendra pas la tête du parti. Elle n’aurait souhaité être secrétaire du parti que s’il lui assurait d’être candidate pour 2012 (rappelons qu’elle demanda à ce que le futur candidat PS soit choisi dès… novembre 2007, au moment où sa notoriété était encore au zénith et où ses adhérents à 20 euros n’avaient pas déserté…). Elle préférera avancer Peillon ou Dray, plutôt que de connaître un échec en interne.
Mais plus que ces tergiversations d’égo, la vraie fracture vient d’être découverte : l’avenir du PS tient au fait de savoir s’il peut ou non travailler dans l’avenir avec le Mouvement Démocrate, ou à défaut dialoguer, sachant qu’il n ‘est plus majoritaire dans le pays et qu’à défaut le parti se borgne à échouer systématiquement aux échéances majeures, liées par le calendrier Jospin, que sont les Présidentielles et les Législatives.

Ceux qui refusent le dialogue enfonce progressivement le parti dans une disparition annoncée et progressive à la manière de Parti communiste. Avec en outre une rude concurrence que sera le NPA de Besancenot, dopé par une rhétorique implacable.

Ceux qui l’acceptent, comme Royal, ne sont de toutes façons pas majoritaires. Seulement 29%. C’est trop peu pour espérer rénover le PS.

Il n’y a pas de quoi se réjouir de l’échec d’un des partis qui aura tenu le haut du pavé depuis trois décennies passées. Mais il montre que l’ivresse du pouvoir et ses effluves diaboliques font des ravages. Les idées tel l’opium s’envole en fumée pour sentir le vertige du pouvoir… Une bien pathétique décadence, que nous aurions tôt fait de méditer, nous qui aspirons à rebâtir l’éthique politique.

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M
Bonne analyse! Néanmoins il n'y a pas lieu de s'en réjouir mais de tirer en ce qui nous concerne, j'entends par là, au Mouvement Démocrate, des enseignements quant aux causes profondes d'une fin annoncée... pour ma part, j'y vois un déficit de démocratie interne liée à l' absence de renouvellement des cadres hormis ceux issus d'élevages (style "SOS Racisme", Mouvement Léo Lagrange et autres anti-chambres....), un discours et des pratiques enfermés dans des certitudes auxquelles même la candidate aux présidentielles ne croit pas... un parti qui s'est coupé de ses militants et de sa base et dont les ministrables pour être sûr d'être ministres à choisir préfèrent se jeter dans les bras de Sarkozy (toute ressemblance avec le Nouveau Centre n'est ni fortuite, ni involontaire)! <br /> Tout cela est à méditer ... de la politique et de la démocratie, il en va comme de l'orthographe et de la grammaire, il faut se méfier des faux amis si l'on veut écrire l'Histoire....
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