Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
Ils sont là.
Où ?
Mais partout là, rôdant, excités par l’odeur de la contestation. Tels des vautours, ils préparent leur macabre procession autour du tumulte.
Qui ?
Mais eux ! Regardez : Ils veulent rebaptiser Paris, Capharnaüm renaît de ses vestiges.
Qui ça ?
Mais les extrêmes bien sûr.
Arlette sort de sa retraite, Jean-Marie s’apesantit de thèses négationistes en longues litanies, Et Olivier espionné s’invite au JT…
Les liens :
Arlette :
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080509/tts-france-laguiller-ca02f96.html
Jean-Marie :
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080506/tts-france-detail-le-pen-ca02f96.html
Olivier Besancenot :
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080508/tfr-partis-enquete-lcr-prev-f56f567.html
Quelle belle semaine pour les grands défenseurs de la démocratie qu’est la France ! Chacun a sa manière continue de déverser son fiel, ses théories les plus ineptes, les plus fumeuses avec une rhétorique parfaitement huilée et commune : profiter de la misère humaine, de l’essence même du désespoir pour mener leur vain combat.
Tout est bon pour opposer les Français entre eux : Laguiller oppose les ouvriers au reste de l’humanité, Besancenot dans une version « allégée » oppose les riches aux pauvres (de là dire que Besancenot est le Bridelight de l’extrême gauche, il y a un pas que je ne franchirai pas…) et Jean-Marie le Pen oppose les Français de pure souche (concept inepte produit de sa reptilienne invention) à tous les autres sans distinction aucune, sous l’étiquette « étrangers ».
Tout est bon pour faire de l’événement. Mais le tour est différent. Arlette et Jean-Marie qui sortent d’outre-tombe s’en remettent aux vieux pots pour produire leur meilleure soupe. La quintuple candidate aux présidentielles réactivent les spectres des pavés tentent et tente de raviver la nostalgie de ceux qui n’ont pourtant pas vécu Mai 68 (sic) avec une délectation rare (y aurait-il du Atila chez Arlette ?). Jean-Marie, quant à lui, nous sert du réchauffé avec la question du détail, qui semblait pourtant avoir été résolue au tribunal. Rien ne vaut au fond un parfum de scandale pour revenir sur le devant de la scène. Un bon procès, même perdu vaut mieux qu’une grosse déroute dans des élections. Il faut dire que la facture des tribunaux est infiniment moins salée que celle d’une campagne ratée, alors que le retentissement médiatique est sensiblement le même. Mais le nec plus ultra reste la victimisation, et Le Pen en vieux singe à qui l’on n’apprend pas la grimace, brandit son étendard en prétendant qu’il n’a pas le droit d’exprimer un « simple point de vue » (litote quand tu nous tiens…)
En génie de la synthèse, Olivier a repris les slogans de l’une, et appliqué les méthodes de l’autre, pour faire le 20 heures de Pujadas, et confirmer qu’il a été la grande victime d’une filature. Que l’affaire soit dégueulasse, personne n’en doute, mais qu’il s’invite au 20h le soir-même de la révélation alors qu’il sera ce dimanche aux côtés de Michel Drucker toute l’après-midi… Permettez-nous de nous poser des questions.
A l’heure où l’on célèbre Mai 68, en n’évoquant que ses avancées sociales, sans faire la part des choses (mais c’est une tradition en France que de manquer singulièrement de nuances lors des commémorations… Une mémoire sélective en quelque sorte pour soulager la bonne conscience), les extrêmes s’invitent aux festivités et paradent en tête de cortège et de une des journaux. Sentant l’âcre odeur du soufre qui traine sur les pavés, ils guettent la moindre opportunité pour porter l’estocade. Ils sont là. Ils se postent. Prêts à mordre. Car la lutte est leur seul moteur. Contre quoi ? Contre qui ? Peu leur importe. Résoudre le problème des Français marquerait la fin de leurs idéaux*. « Tout sauf ça », semblent-ils penser. « Tout sauf eux », ose-t-on leur lancer.
* Résoudre le problème des Français marquerait la fin de leurs idéaux : Tout l’inverse du Mouvement Démocrate qui doit être le premier à se désoler de la situation de désespérance dans laquelle Sarlozy et le Gouvernement Fillon a mis la France. Etre dans l’opposition, ce n’est pas se réjouir des débacles de l’adversaire surtout quand seuls les Français trinquent… Laissons cette triste tradition au PS, qui au lieu de comptabiliser les Français en détresse, comptabilise leur chance d’accéder à la tête du parti, ou les futurs sièges à pourvoir aux Européennes et aux Régionales…