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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:21

Ségolène Royal et Olivier Falorni à Paris et la Rochelle en 2011 et 2012 (X.LEOTY/A.KLEIN/AFP)

 Ségolène Royal et Olivier Falorni à Paris et la Rochelle en 2011 et 2012 (X.LEOTY/A.KLEIN/AFP).

 

Le feuilleton Trierweiler n’en finit plus de battre son plein. Exercice de style rébarbatif dans lequel chacun croit trouver le ton juste. En vain.

 

L’UMP use et abuse d’une mauvaise foi sans nom, oscillant entre humour noir et condescendance, tout heureux de voir sa danse de Salomé avec le Front national glisser au second plan.

 

Pourtant, la honte devrait leur interdire toute suffisance : entre Nadine Morano qui s’exhibe en une de l'hebdomadaire Minute, d’autres qui se trouvent des valeurs communes avec Marine Le Pen, ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, dont on avait du mal à reconnaître en elle en début de semaine l’auteur du livre "Le Front antinational"…

 

Tout laisse à croire que la droite va encore plus loin que l’épisode de 1998 qui avait vu des présidents de régions se faire élire par les voix du FN.

 

L'indécence des parachutages

 

Le PS lui n’en finit plus de flinguer celle qui refuse qu’on la considère comme la "Première dame de France", en la désignant comme l’âne malade de la peste, à qui le lion François Hollande a laissé une liberté qu’il faudrait à présent restreindre à tout prix.

 

Haro sur le baudet. S’il fallait trouver une seule responsable, celle par qui tous les maux naissent, à commencer par une probable répercussion lors du second tour des législatives, ce serait donc elle, Valérie Trierweiler.

 

Ces acteurs de la vie politique se trompent de cible. La seule responsable de tout cela, c’est Ségolène Royal, ou plus précisément la candidature de Ségolène Royal. Et sa défaite annoncée par un sondage mercredi soir, dans des proportions larges, laisse à penser qu’elle serait avant tout une victoire morale. Une double victoire morale même.

 

Tout d’abord, cette défaite condamnerait au fer rouge l’indécent partage des postes qui a eu lieu, non pas au lendemain de l’élection de François Hollande mais dès la fin des primaires socialistes.

 

Voulant obtenir de l’ancienne candidate son implication la plus ostensible pour la présidentielle à venir, et de peur qu’elle ne rende la monnaie de la pièce à ceux qui ne s’étaient pas pressés pour en faire autant en 2007, Martine Aubry et François Hollande avaient promis de sécher les larmes de la "présidente du Poitou" pour lui offrir la tant convoitée place au perchoir de l'Assemblée. Nous n’étions qu’à l’automne 2011.

 

Cynique promesse qui faisait fi de la démocratie, qui elle n’avait pas encore décidé. Mais dans ce beau monde politique, les sièges ne se briguent pas : ils s’échangent et se promettent. La politique est un métier et à un mandat perdu se succède un autre tout fraichement gagné.

 

Le jeu démocratique bafoué

 

Mais au-delà de cette éternelle distribution de cadeaux de Noël qui empêche le renouvellement de la classe politique et qui fait de nos élus des notables d’assemblée, "cumulards" et "rempilards", la défaite de Ségolène Royal punirait comme il se doit l’autre affront fait par la gauche à la règle républicaine et démocratique. Car la gauche a instauré une règle à géométrie variable, c’est le moins que l’on puisse dire.

 

En quoi consiste-t-elle ? Afin de préserver toutes les chances de la gauche et d’éviter des triangulaires qui pourraient rendre marris deux de leurs listes, la règle veut que le candidat de gauche arrivé derrière un autre laisse automatiquement sa place au second tour.

 

C’est au nom de cette règle, qui garantit en théorie la victoire au clan de gauche, que le PS a demandé à Olivier Falorni, dissident PS, de se retirer au profit de Ségolène Royal.

 

Seulement voilà : la règle a été faite pour éviter des triangulaires qui profiteraient à la droite. Elle n’a pas été crée pour laisser seul un candidat au second tour, niant ainsi le jeu démocratique. On se plaint de la désaffection de nos citoyens pour la politique et on propose un second tour où un seul candidat resterait en lice ? Mais de qui se moque-t-on ?

 

Un épisode tragique pour le PS

 

En outre comment expliquer qu’à la Rochelle, on demande à Olivier Falorni, arrivé second de se retirer quand dans le même cas de figure, Slimane Tir à Roubaix, arrivé deuxième avec moins de 10% des inscrits est encouragé à se maintenir face à Dominique Baert, dissident de gauche ? Le deux poids deux mesures s’appliquerait-il donc sans morale au PS ?

 

La vérité, c’est que cet épisode est tragique. Tragique pour le PS qui montre, une fois de plus, que sa persistance au sectarisme et à la survie clanique l’emportent toujours sur le service rendu au citoyen.

 

Tragique aussi pour la classe politique dans son ensemble, puisque les citoyens assistent, éberlués, à ce jeu cynique de candidat, de voix et de report se décliner sous leurs yeux et dans les colonnes des journaux, bien loin de leurs préoccupations quotidiennes et des programmes sur lesquels les débats d’une élection devraient en principe porter.

 

La défaite de Ségolène Royal doit marquer un avertissement pour le PS : il ne faut plus se jouer de la sorte de la démocratie. C’est par ce genre d’ingérence que certains cadres de l’UMP vagabondent sur les contrées de la "Madone de Saint-Cloud", qui, quoi qu’il arrive à présent, sortira comme la grande vainqueur de ces législatives.

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Published by Yves Delahaie - dans Législatives 2012
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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