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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 10:54

Populisme, du latin populo «  le peuple  » : «  école littéraire qui cherche dans les romans à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple », explique le Robert. Larousse y ajoute une autre acception : «  Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes ».

Étonnamment donc, le dictionnaire, juge de paix de notre langue, ne reconnaît pas le sens que le tout média emploie en permanence pour évoquer celles et ceux qui, par une propagande démagogique, vise à flatter les bas instincts du peuple ou à le complaire dans ce qu’il veut entendre.

Comme cela arrive parfois, notre langue est un miroir déformant de la réalité, un comble quand on relit le sens originel du mot «  populisme ». Seule la vie nous permet ici de saisir son sens. Et force est de constater qu’avec Samia Ghali, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, les exemples ne manquent pas, chacun d’entre eux déclinant à l’envi ses multiples usages.

Le populisme, c’est ainsi faire croire que le problème c’est l’Europe et que la solution réside dans le rétablissement des frontières, en esquissant par les diatribes enflammées le spectre d’un autre, nécessairement dangereux.

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Le populisme, c’est de faire croire que tous les patrons sont nécessairement des fous sanguinaires, obnubilés par l’appât du gain et que tous les ouvriers sont par natures bons et victimes. Mettre des citoyens dans des cases, et les laisser finalement à leur condition en antihéros tragique, puisque dans ce monde capitaliste,  leur combat paraît vain et perdu d’avance.

Le populisme, c’est l’outrance dans les mots, la harangue, la vocifération qui se substitue à la pensée et au rationalisme. C’est la volonté de faire passer les émotions en lieu et place de la réflexion.

Le populisme, c’est le clientélisme, qui vise à rendre des services en échange de quelques voix. C’est ne pas rompre avec ceux qui sont dans le viseur de la justice, en mettant la présomption d’innocence comme un bouclier quand la main est encore dans le pot de confiture, à la vue et au su de tous. Option minibus cette fois.

Le populisme, c’est de flatter les communautarismes pour doper les urnes ou à l’inverse les stigmatiser quitte à les confondre avec les communautés, pour complaire la peur de l’étranger, en un mot la xénophobie.

Le populisme c’est s’acharner à croire que la bulle médiatique vous est hostile et défavorable, que la liberté de la presse est une plaie et que les journalistes veulent vous faire la peau. Difficile ici de ne pas reconnaître nos trois protagonistes dans pareil forfait…

Samia Ghali, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont la tête de classe de cette nouvelle génération qui renoue avec les anciennes pratiques, qui affaiblit les piliers de la démocratie et de la République, bercés par les effluves d’un tout manichéisme. Qu’importent les programmes quand la fin justifie les moyens. Ces fossoyeurs puisent leur force dans les mirages de ceux qui les ont précédés. Car comment ne pas ainsi accabler François Hollande qui a fondé le volet économique de sa campagne sur des mensonges de projections de croissance, et qu’il tente, tant bien que mal de travestir en prétendant qu’il n’avait aucune conscience de l’ardoise de son prédécesseur. Le même qui avait menti aux Français pour gagner en 2007, à grandes flopées de gimmick démago «  travailler plus pour gagner plus », une gageure dans un système qui accepte qu’un actionnaire rentier gagne jusqu’à mille fois ce que parvient péniblement à réunir celui qui travaille de ses mains.

Le populisme est une mauvaise herbe, tenace et moribonde, qui fait son lit dans les lisiers de l’inculture. Triste société que l’on croit de l’information et qui pourtant n’a jamais été peu informée pour elle-même.

Populisme, toi que l’on connaît par ton nom sans avoir de définition, mais qui ne manques pas d’engrais pour gangrener…

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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