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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 12:59

Une semaine après le résultat des Municipales, les partis font les bilans chiffrés. On a beaucoup (trop ?) glosé sur ceux du PS, de l’UMP et surtout du Front national. Mais comment aurait-il pu en être autrement quand voit comment ses municipales ont été sans doute pour la première fois de la cinquième république, et dans cette ampleur, kidnappée par le contexte national.

Table rase des considérations locales, des poubelles, de la circulation en ville, des transports. Les électeurs ont exprimé leur colère parce qu’ils payaient trop d’impôts, ou parce qu’ils n’avaient pas de boulot. Sans doute faut-il voir ici le syndrome de notre démocratie malade et une des alertes ultimes du manque de représentation dans nos élites politiques, quand on sait par exemple que deux partis monopolisent presque 95% des sièges.

A ce petit jeu du chamboule-tout, il y a un parti qui peut avoir le sourire : le MoDem. Marc Fesneau, le débonnaire mais transparent Secrétaire général du Mouvement Démocrate, envoyait ainsi un message chaleureux aux adhérents mercredi dernier :

« Au total, lors de ces municipales, nous avons doublé notre nombre d’élus et nos candidats de premier tour ont en moyenne réalisé un score de plus de 15 % ».

C’est assez incroyable pour être noté : le MoDem a tout simplement obtenu les meilleurs résultats de son histoire, puisque le coup de tonnerre de mai 2007 était pour le compte de l’UDF. Ce parti qui souffrait d’une représentativité dans les assemblées exécutives vient d’y faire une entrée fracassante dans certaines zones. Sans oublier que certains se sont vus réélire en passant du camp de l’opposition à celui de la majorité.

Un succès ces municipales pour le MoDem ? Difficile d’en convenir.

La campagne aura été meurtrière pour ses rangs. A Paris, le seul conseiller municipal, Jean-François Martins a choisi de soutenir Anne Hidalgo, avant même que la Direction du Mouvement n’ait pris une décision, décidée par la suite unilatéralement par Marielle de Sarnez et… elle-même. Ou de l’art d’honorer l’épithète du nom de ce Mouvement.

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Dans le même mouvement, le Directeur de la communication a décidé pour sa part d’être en rupture avec la ligne choisie par la députée européenne, considérant qu’il était impensable au nom des valeurs défendues par le MoDem de soutenir le projet (sic) de Nathalie Kosciusko Morizet. Un choix courageux qui l’a placé sur le marché du travail. A partide pour l’heure.

A Lille et Tourcoing, après avoir fait croire que leur engagement auprès des listes de gauche dès le 1er tour ne poserait aucun problème, François Bayrou a fait volte face pour apaiser les colonels de Jean-Louis Borloo. A Lille, ce revirement a couté plusieurs dizaine de milliers d’euros à Martine Aubry qui avait placé le logo MoDem sur quantité de documents officiels, Bayrou ayant rédigé une lettre pour soutenir officiellement le candidat investi par la droite. On demanda même l’espace d’un moment au Président de la Fédération du Nord de se mettre en retrait de sa fonction, pour laquelle il a été pourtant élu, parce qu’il avait décidé de ne pas soutenir Gérald Darmanin à Tourcoing.

A Marseille, les vice-présidents Jean-Luc Bennahmias, également député européen, et Christophe Madrolle ont quitté le parti dans un même jeu de dupe, Bayrou leur faisant croire qu’il pouvait ne pas soutenir Jean-Claude Gaudin, avant que lui-même ne le fasse officiellement au nom du mouvement.
Les militants les plus fidèles parlent de succès, de compromis nécessaire et d’intérêt général. La réalité est tout autre : inféodé à la droite à présent, le MoDem a sombré dans la compromission et dans l’intérêt personnel de son président et de sa plus fidèle alliée, Marielle de Sarnez qui ont imposé aux autres l’inopportunément dénommée « Alternative ».

Aujourd’hui le MoDem a bien des élus, mais quel programme défend-il ? Quelle valeur ? Quelle vision de la société ? Depuis des années, quand on demande la position du MoDem, on en revient à ce qu’en dit François Bayrou.

A ce niveau-là, ce n’est plus un mouvement : c’est un fan club, composé d’élus sans autre fil directeur qu’une étiquette orange ternie. L’illusion durera sans doute jusqu’aux Européennes. Mais après ?

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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