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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 20:26

Comme cela est arrivé à quelques reprises, le blog, qui se veut mutualiste, s’ouvre à d’autres plumes amies. Aujourd’hui, je prête mes colonnes à Frédéric Lefebvre… Non pas le porte-parole de l’UMP mais le secrétaire départemental du Nord pour le Mouvement Démocrate, qui fut porte-parole et candidat pour les Régionales de la liste emmenée par Olivier Henno. Et le moment est grave et pour le moins sérieux : retour sur le fracassant coming-out de Monsieur Vanneste…

 

 

Vanneste.jpgSi l'idée d'un rapprochement entre l'UMP et le Front National est contre nature, le "coming out" politique du député de la Xème circonscription a le mérite d'être clair et assumé. Monsieur Vanneste s'est toujours senti proche des thèses développés par le Front National. L'annonce récente Urbi et Orbi a le mérite de clarifier la situation si d'aucun en doutait encore.

Si l'idée d'une telle union n'était pas effrayante, nous pourrions nous réjouir du "coming out" de Monsieur Vanneste. Assumer ses attirances politiques, son désir de pacs avec le Front National, il fallait le faire.

J'imagine le soulagement de vivre sous cette identité assumée.

Après cette prise de position, nous avons envie de vous dire : encore un effort Monsieur Vanneste, dites- nous vers quel candidat à la présidence du Front National, votre coeur balance ? Je n'ose imaginer que vous ne rêviez de Monsieur Gollnisch... Ohhh non pas vous Monsieur Vanneste.

Pour ce qui concerne le Modem, nous réaffirmons notre opposition aux idées portées par le Front National et trouvons dans ces nouveaux rapprochements UMP-FN des motivations supplémentaires à notre combat pour défendre l'Humanisme. Comme pour celle de Monsieur Vanneste, notre prise de position est claire et assumée.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 11:51

Comme il m’est déjà arrivé de le faire, j’ouvre mon blog à une autre plume militante : Philippe Pary, membre de Chtinux et militant acharné du logiciel libre. Mon blog s’est toujours voulu un outil de mutualisation et je suis heureux de vous proposer un de ses nouveaux billets, deux ans après nous avoir offert son point de vue sur les langues Régionales. Polémique, son propos tend à ne pas minimiser la défense des logiciels libres face à la déferlante écologiste… A vous de juger ! Bonne lecture !

 

 

La lutte contre le réchauffement est-elle plus importante que la lutte pour une informatique libre ?

 

Évidemment oui, mais ce n'est pas une raison pour ignorer l'informatique libre

 

Souvenons-nous un peu. C'était en 2003 à Tunis, Jacques Chirac, alors président de la République française en fonction, déclarait : « Le premier des droits de l'Homme c'est de manger, d'être soigné et de recevoir une éducation ». Tollé général des défenseurs des droits de l'homme.

 

copenhague

Pourtant, ce n'est pas si faux : quel intérêt à une population affamée, malade et analphabète de pouvoir voter ou voyager librement ? La réponse est pourtant assez simple : chercher à nourrir sa population, à la soigner et à l'éduquer n'est pas incompatible avec le respect des droits de l'Homme. L'Inde en est l'exemple le plus célèbre : si on estime que sortir le pays d'un chaos économique et du drame de la corruption rend acceptable la mise au pas de la presse et l'écrasement de l'opposition, alors M. Poutine fait un travail remarquable et permet à la Russie d'entrer de plein pied dans le XXIème siècle.

 

Je ne suis évidement pas de cet avis. S'il est évident que la faim, la corruption ou encore l'éducation sont des chantiers prioritaires pour toute nation, leur accomplissement ne doit pas occulter l'existence d'une presse libre, du droit de vote …

 

Plus proche de nous se trouve Marc Vasseur, bloggeur éminemment sympathique : quelqu'un qui passe autant de temps à dire du mal des socialistes ne peut pas être totalement mauvais :-)

 

Dans un billet récent,  il tenait les propos suivants :

 

« Hier j’ai participé à la réunion des écolosgeek au Café Citoyen de Lille, deux thèmes devaient présider à cette soirée l’un sur le « Net Militantisme », l’autre sur « l’Open Source et son influence sur la politique» – j’ai découvert hier en fin d’après midi que j’étais signalé là -.

Bon au risque de déplaire, je me fous comme de l’an 40 du deuxième sujet… Bien qu’informaticien de profession, je goute modérément les discussions sur le méchant Microsoft, le gourou Apple et le gentil pingouin (Linux et le monde libre) ; l’informatique n’est qu’un outil et comme tout outil son usage dépend de celui qui le manie. Au regard des enjeux des prochaines décennies, je considère qu’en tant que « cyber militant » l’important se situe sur les problématiques essentiels se situent sur l’économie, le social et l’écologie politique. Il y a déjà une réelle difficulté pour toucher les citoyens sur ces sujets alors si en prime on ajoute à cela un débat cantonné peu ou proue aux seuls initiés… le risque de bogues est grand. »

 

Sa phrase lui est pardonnable car il indique considérer l'informatique comme un simple outil. Mais il se trompe : à ma connaissance, aucun marteau ne peut collecter des données privée, aucune bêche ne contient toutes les photos d'une vie, aucun moulin à café ne contient toute une correspondance privée. L'informatique est plus qu'un outil. Se poser des questions à son égard est normal.

 

Je suis d'accord : le débat est compliqué à saisir pour le grand public. Exactement comme le débat sur les peines pour chaque délit. Exactement comme le débat sur le fonctionnement du parlement. Que le débat soit complexe ne doit pas priver les citoyens qui le souhaitent de s'y consacrer. Que le débat sur l'informatique soit moins prioritaire que celui sur le réchauffement climatique ne fait pas l'ombre d'un doute. Mais, comme avec Manger/Voter, les deux causes ne sont pas incompatibles : lutter contre le réchauffement n'empêche pas d'œuvrer pour une informatique libre.

 

Je ne comprends rien au réchauffement. Par contre je comprends très bien les dangers de l'informatique. Le réchauffement a beau être plus important, je préfère consacrer mes efforts à la petite cause informatique. Le relatif mépris affiché par Marc Vasseur envers la cause à laquelle je consacre mes énergies est vexant. C'est vexant, mais j'ai surtout peur que ce sentiment soit largement partagé.

PS : Cliquez sur la caricature pour découvrir Le Placide, excellent caricaturiste dont je vous donne régulièrement les prouesses ici...
 

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 19:45

Thibaut Lanoy notre talentueux secrétaire de la section de Lille (entre autre !)  s’est fendu d’un papier à la suite de la lecture d’un article pour le moins singulier, signé Jean-Pierre Robin dans Le Figaro. Pour vous lecteurs, voici sa réaction face à une idéologie, trop dominante qui tant à réhabiliter l’argent quand la priorité devrait être de réhabiliter le travail (dixit François Bayrou, lors de son discours de clôture du Forum des Démocrates à Seignosse en septembre 2007).


Les « pages saumon » du Figaro regorgent parfois de papiers qui seraient forts amusants s’il ne s’agissait pas de sujets sérieux. Mardi dernier on pouvait y découvrir une grande chronique économique commençant par un éloge de … Paris HILTON. On croyait la droite bling-bling rangée des grosses berlines en ces temps de prime à la casse pour relancer l’économie ; que nenni ! Chassez le superficiel il revient au galop, sous la plume de Jean-Pierre Robin (pour le lien cliquez sur l'image).

Sans doute envoûté par la « nymphette attardée » (dixit) dont il relate une des plus récentes crises de fièvre acheteuse, le chroniqueur nous assène une « leçon » d’économie où tout se mélange : « jet-setteurs », KEYNES, Luc CHATEL, Paul KLEE, La Rochefoucauld, HAYDN et DARWIN … une liste aussi hétéroclite que celle d’une réception pour les vœux de l’Elysée !


Qu’en apprend-on ?


Pour sauver l’économie, par conséquent nos emplois et notre pouvoir d’achat, c’est très simple : prenons exemple sur les très riches, ces parangons de vertu qui ornent les unes des magazines qui nous font tant rêver et achetons frénétiquement, n’importe quoi , n’importe quand et si possible tout de suite ! Les caprices de ces enfants gâtés ne sont plus des frasques mais des actes citoyens ! Les riches et oisives héritières parcourent le monde en distribuant la manne financière à leurs pauvres ? Quel beau geste solidaire ! A votre bon cœur madame, dieu vous le rendra !

Allons plus loin avec ROBIN : la gabegie c’est l’avenir de l’économie ! En effet, ces attitudes individuelles d’ultra-consommation frénétique devraient inspirer les politiques publiques locales. Les municipalités mettent le holà sur les réceptions organisées pour les vœux ? Quelle irresponsabilité ! C’est prendre le risque de fragiliser les grands traiteurs ! Faut-il apprendre à monsieur Robin qu’il est tout à fait possible d’organiser une belle réception en l’honneur de ses concitoyens en privilégiant les producteurs locaux et le bon rapport qualité/prix ? Est-ce là faire preuve d’un « prétendu sens commun » dénoncé par celui qui n’en doutons pas a su, dans « l’art » de Paris HILTON, déceler les « vraies réalités et leurs enjeux, au-delà des apparences » et des « préjugés de la morale » (sic) …


Comme le rappelle justement notre chroniqueur, le terme « économie » signifie étymologiquement « gestion de la maison ». Il m’avait semblé, mais peut être est-ce là mon satané « sens commun » que la bonne gestion c’est le juste équilibre entre recettes, dépenses de fonctionnement et d’investissement …


Pour distribuer l’argent des riches aux manants notre ROBIN national, en bon pragmatique sauce Sarkozy, prend appui sur Keynes et Paul Krugman, confondant allégrement dépenses privées et gestion de l’argent public, travestissant au passage le discours de ces économistes. Une citation par ci par là , sortie de son contexte, ça fait chic et ça ne mange pas de pain (ni même de brioche).


ROBIN cite La Rochefoucauld ? Nous l’encourageons à relire La Fontaine ! Le poète n’est pas tendre avec la fourmi mais l’est-il avec la cigale ? Est-ce faire preuve de moralisme que de rappeler que l’argent des citoyens, dans une République, ne provient pas essentiellement de l’héritage, ne « tombe pas du ciel », mais est généralement issu du travail et de la répartition solidaire des fruits de ce travail. Le fameux « Pouvoir d’achat » ne se décrète pas. On ne le crée pas d’un coup de baguette magique dans un grand tourbillon de déclarations médiatiques vite faites, mal faites. Nous préférons vivre dans une société qui crée de la richesse par son travail ( et encouragée en cela par l’Etat ) à une survie grâce à l’aumône de la société des riches.

Certes « le soutien de la consommation des ménages, affaire collective et individuelle, est crucial » en Europe comme aux Etats-Unis et en Asie. La part de la consommation des ménages dans le PIB tant aux USA, que dans l’UE, au Japon et en Inde dépasse largement 60%. Dans le même temps il est bon de rappeler que la dette totale (publique et privée) aux USA est de 210% du PIB et que la dette privée dans la zone euro est passée en 10 ans de 75% à 145% du PIB ?

Soutenir les moins favorisés qui malgré leurs efforts vont subir de plein fouet la crise économique, c'est une question de justice. Pour cela il faut sortir du modèle d'inégalité croissante incompatible avec le modèle républicain et dont les marques de fabrique sont entre autres l'accroissement de la dette et des exemptions fiscales pour les plus aisés encore plus injustifiables en période de crise.

Car le modèle de vie et de société que M. ROBIN nous donne en exemple est précisément celui qui a conduit à l’endettement massif et par conséquent à la crise mondiale actuelle. Il s’effondre petit à petit sous nos yeux. Paris HILTON en est un des fantômes imprimés sur papier glacé. C’est celui qu’on nous a vendu pendant des années et qui a mystifié un grand nombre de français en 2007. C’est celui dont beaucoup de Républicains français, dont François BAYROU, avaient prévu l’échec.

Aujourd’hui plus que jamais nous sommes résolus à ne pas participer à l’ « acharnement thérapeutique » pour nous concentrer sur l’alternative, le projet de société humaniste reposant sur les bases solides de la République française (laïque, démocratique et sociale) et respectueux de l’environnement (car nous n’oublions pas cette autre crise majeure qui s’annonce). En 2009 ce projet sera porté en Europe par la famille politique démocrate à laquelle le Mouvement Démocrate est fier d’appartenir. 
                                                                                                                  Par Thibaut Lanoy.

PS : Par respect pour vous lecteur, je me suis dispensé de mettre une photo de P**** H*****... On le sait les plus gros trous noirs, d'où nait le néant, provoque des big bangs... Je tiens à préserver ma planète... C'est donc un blog... durable que le vous propose ;o)

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 14:17

Au tour de Philippe Pary, autre militant émérite des D’jeuns Démocrates Lillois de prendre la plume, à propos de la motion déposée par François Bayrou sur les langues régionales. Ou de l’importance de la diversité culturelle au service d’une nation.


L'assemblée nationale a inscrit dans le projet de loi sur la réforme la Constitution une motion : "Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la Nation"

http://afp.google.com/article/ALeqM5gGJvbkbZXXbchRRVO3lPlGHZpSNw

Un coup de tonnerre important. L'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539, de François Ier ordonnant l'usage du Français comme unique langue administrative)  n'est pas remis en cause, rassurons-nous : La France ne deviendra pas Babel. C'est néanmoins à mes yeux une victoire majeure, obtenue à l'unanimité de la classe politique française dont évidement le mouvement démocrate.

Un peu d'histoire des langues en France ...


Tout d'abord il y eu Villers-Cotterêts, j'en ai parlé. Richelieu fonde en 1635 l'Académie française (plus ancienne de nos institutions) dans le but de veiller sur la langue française et d'en faire la promotion.
La République naissante  dans une volonté d'uniformisation (qui aboutit à la création du système métrique) enrichit et généralise l'usage du français sans pour autant chercher à imposer cette langue autrement qu'en langue véhiculaire.
La défaite en 1870 et la IIeme République vont changer tout ça. Lors de la guerre franco-prussienne les généraux français se méfient des minorités linguistiques (les soldats bretons sont parqués dans un camp de misère à Conlie car Gambetta se méfie d'eux). Jules Ferry va rendre l'école obligatoire avec une mission civilisatrice, une sorte de colonialisme intérieur. Le Français devient la langue de l'enseignement public (bien qu'à ma connaissance rien ne l'oblige : si vous êtes renseignés sur le sujet n'hésitez pas à me confirmer ou m'infirmer).
La seule exception arrivera avec les écoles Diwan crées en 1977. Ces écoles bretonnantes sont un exemple de réussite de l'enseignement en langue régionale : d'une seule école en 1977, les écoles Diwan totalisent maintenant près de 3000 élèves aujourd'hui.

En 1900, dans les flandres française, le flamand est la langue véhiculaire de plus de 300 000 français. Aujourd'hui ils ne sont plus que 20 000 locuteurs. En 1900 deux millions de personnes parlent breton. Ils ne sont plus que 200 000 aujourd'hui.
La loi Toubon (1994) vise à la protection du français contre les autres langues. Elle fait suite à une modification de la Constitution en 1992 stipulant que le français est la langue de la République. Une initiative louable, qui force à traduire les slogans en anglais et à
enrichir la langue française en néologisme. Cette loi vise à protéger le français du colonialisme culturel anglo-saxon mais ne protège pas les langues régionales du colonialisme culturel français. Pourquoi le français seul devait-il être défendu ?



C'est là que la prise de conscience commence. En 1999, le rapport Cerquiglini commandé par le ministère éducation nationale et le ministère de la culture parle des langues en France. Je vous recommande la lecture de ce très bon document qui invite à ne pas se focaliser sur les ressentis du passé pour se tourner vers l'avenir possible pour les langues régionales. Ce rapport reconnait 18 langues (ou groupes de langues) sur les départements français (j'y inclus les DOM, la majorité des DOM étant des territoires français depuis plus longtemps que les départements du Nord, de Savoie, ou du Haut et Bas Rhin) :
http://www.dglf.culture.gouv.fr/lang-reg/rapport_cerquiglini/langues-france.html

Et il y a eu le frémissement récent. L'Union Européenne reconnaît l'importance des langues régionales (dix millions de catalans ont le droit à leur reconnaissance...). Jean Lasalle chante en basque à l'Assemblée Nationale.

Mais pourquoi est-ce important de reconnaitre les langues régionales ?

Pourquoi diable se compliquer la vie alors que nous pourrions tous parler français ? Ou comme le disait benoîtement Claude Allègre : "la France a besoin de fabriquer des informaticiens parlant anglais et on va fabriquer des bergers parlant breton ou occitan" !
Merci M. Allègre, la réponse à votre inquiétude est dans votre question. Vous auriez pu réfléchir à plusieurs fois avant de sortir cette magnifique réflexion de pilier de comptoir.

Je ne m'attaquerai pas au berger qui parle breton et l'informaticien qui parle français.
L'informaticien ne peut-il pas parler breton
http://www.drouizig.org http://www.pointbzh.com)

…et le berger le français ? 
http://images.google.fr/images?hl=fr&q=Jos%C3%A9%20Bov%C3%A9&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wi)


Pourquoi parler français ? Pourquoi s'embêter de français d'allemand de chinois ou d'anglais ? Choisissons une langue internationale et parlons la tous. Prenons le temps de gommer les gouts locaux (même McDonald’s
® doit adapter sa gamme d'un pays à l'autre ! Seul le BigMac® ne varie pas) et uniformisons la planète !
Sus au français, langue compliquée et n'ayant jamais fait sa réforme de l'orthographe contrairement à l'allemand ou l'espagnol ! Parlons anglais ! Dès la maternelle plus un mot de français, et dans 70 ans nous ne conserverons de notre langue d'origine que nos prénoms, nos noms et quelques gros mots, comme pour les polonais arrivées dans les années 30 en France.

Protéger le français et protéger le flamand tient du même combat : celui de la diversité culturelle. Le droit de français de manger des Royal Cheese
® à la place de « Quarter pound® with cheese ». Le droit des Dunkerquois à chanter et se bousculer en bande pendant que les niçois se jettent des fleurs en suivant un cortège.

C'est le droit à être soi-même.

Ce n'est pas parce que je prononce le "t" de vingt, que le wagon est un "ouagon" et que je ne comprends qu'un mot sur deux dans l'accent Marseillais que je souhaite que ma région rejoigne la Wallonie. Ce n'est pas parce que le beffroi de Lille joue le petit quinquin à
chaque heure que je ne connais pas la Marseillaise :)
Les séparatismes modernes tiennent des rancoeurs historiques (écossais contre anglais) ou de raisons économiques (flamand contre wallon). La Suisse avec 4 langues (allemand, français, italien et romanche) est un état sans volontés indépendantistes.

La reconnaissance des langues régionales ne tient pas du séparatisme mais de la diversité culturelle.

Et il faudra, à mes yeux, aller plus loin : Redonner la possibilité à ces langues de vivre en autorisant l'enseignement de ces langues ou l'enseignement en ces langues, car nos langues ne doivent pas devenir des souvenirs poussiéreux, mais rester vivantes et évoluer. Chacune
des langues devrait bénéficier de sa loi Toubon et de son Académie française en quelque sorte ...

La République sera grandie quand cette reconnaissance sera définitivement inscrite dans la constitution.

Par Philippe Pary.

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 10:31

Suite à un appel à contribution concernant les réformes à engager dans l’Education Nationale auprès de quelques amis et autres sympathisants du Mouvement Démocrate, mon ami « de Seignosse » (qui par ailleurs fut sauvé de la noyade en plein Forum des Démocrates…) Blackangel59 de son pseudo, nous propose sa vision des choses, enrichie de son expérience et de son pragmatisme :

 
Je crois que l'une des solutions est le programme français de 1966. Je ne pense que ce soit un problème d'effectif, mais plutôt un grave problème sur les méthodes d'enseignement et les programmes scolaires.
Au Cameroun
, pays dont je suis originaire, existe encore le concours d'entrée en 6ème et le C.E.P.E. Aucun enfant ne peut entrer en 6ème sans savoir lire, écrire, compter et multiplier jusqu'à 9.
Il est impossible de passer en Terminale sans l'examen probatoire de 1ère, examen qui contient toutes les matières et non uniquement le français.

C'est un programme difficile, celui de 1966, mais il fait ses preuves.

Ce programme a été maintenu au Cameroun car ils n'ont pas assez  d'universités, alors il faut bloquer un maximum d'élèves, on vise ainsi un taux d'échecs par la difficulté. En France, on vise un taux de réussite afin de remplir les universités, et ainsi on baisse le niveau des programmes.

C'est assez désolant.

Le grand hic, c'est que le niveau de la fac n'a pas bougé, le déphasage entre le lycée et les facultés est grand. Un petit exemple en mathématiques: Les espaces vectoriels sont vus en 2nde dans l'ancien programme, alors qu'aujourd'hui, ils sont vus en 1ère année d’université.

Est-ce qu'à l'école primaire aujourd'hui, les jeunes savent ce qu'est un  verbe pronominal, un adjectif qualificatif, un complément circonstanciel de manière ?

Mon commentaire :

Je trouve ta réponse extrêmement enrichissante d'autant que l'on nous parle sans arrêt que de l’exemple de la Finlande ou de la Corée du Nord, alors que la culture et la densité de population de ces deux pays sont aux antipodes de notre système.

De par notre histoire commune, le Cameroun a un écho bien plus significatif et ce que tu expliques confirme ce que je pense. A savoir qu'à force de niveler le niveau par le bas dans les petites classes, on détruit l'ensemble d'un système.

On peut très bien, en France, non pas stopper le nombre d'élèves par la difficulté, mais reconnaître que l'on ne peut envoyer 50% d'élèves en université quand on est un pays de 63 millions d'habitants. Vision utopiste et cache-misère. Tout cela parce que l'on dénigre avec arrogance l'enseignement professionnel et ses vertus. Et pourtant : de combien de plombiers, serruriers, et autres artisans en tous genres manque-t-on aujourd'hui ? En comparaison combien d'étudiants sortent avec une licence d'AES, de psycho, ou pire encore avec une licence "pluridisciplinaires", et ne savent au fond rien faire, pas même une lettre de motivation sans fautes d'orthographe, l'enseignement primaire ayant renoncé à ses fondamentaux ?

L'on a longtemps cru au nom de l'égalité qu'il fallait envoyer tout le monde à la fac et au lycée. Sous entendant que les "boulets" devaient être mis dans les LP. Pour se donner bonne conscience on a crée quelques passerelles histoire de récupérer éventuellement depuis le Bac pro ceux que l'on aurait mal orientés ou ceux qui se seraient révélés sur le tard...

Plus on mettra en place un processus de sélection avec un niveau d'exigence, plus on dotera nos futurs étudiants d'armes essentielles dans notre monde moderne
.

Pour faire une comparaison acrobatique, je rappellerai qu'il y a dix ans, la Fédération française de Natation avait déclenché des grands remous en imposant des temps de très haut niveau pour tous ceux qui prétendaient à une place dans un grand championnat, en contraignant, qui plus est, les nageurs à décrocher une des 2ères place au championnat de France, et en fixant des temps minimum en séries et/ou en demi finales pour se mettre dans le contexte des championnats. A l'époque, l'équipe de France sombrait dans l'anonymat, rentrant bredouille, à des années lumières de l'Allemagne, des Etats-Unis et de l'Australie...

Dix ans après ces mesures courageuses, la France compte 3 champions du monde différents, 1 championne olympique, 5 records mondiaux, et va envoyer plus de 30 athlètes à Pékin dont les 3/4 ont signé une des 10 meilleures performances mondiales de tous les temps. En 2008, les fous sont devenus des sages. Au plot de départ, l'Education nationale sait à présent quelle nage adopter…

Quant à ceux qui persistent à croire que différence sociale et difficultés des quartier s’accordent mal avec niveau d’exigence et concours d’entrée, je persiste à dire qu’ils se trompent. Leur vision se résume à de l’égalitarisme qui a conduit vers l’illettrisme tant et tant d’élèves, condamnés dès leur arrivée en 6ème. Pourtant si l’on investissait ne serait-ce que la moitié des moyens colossaux engloutis par les ZEP, REP et autre ambition réussite, dont les « activités » ne servent que d’animation, de remplissage d’emploi du temps, tout en confortant les élèves dans leur culture de quartier au lieu de leur apporter une autre vision et le savoir qu’ils n’ont pas, dans un vrai programme qui viserait à découvrir littérature, goût de la langue, découvertes des sciences (ce que l’enfant du lycée Henri IV a au biberon…), l’on casserait la spirale infernale qui confine ad vitam æternam l’élève de banlieue dans les ronces de l’ignorance.  

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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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