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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 18:54

crise au sarkosistanLe voyage prévoyait d’être inoubliable. En bon tour opérateur, Daniel Schneidermann nous avait alléchés, jour après jour, avec une brochure irréprochable, à grands coups de mails,  pour nous vendre le premier ouvrage collectif d’Arrêt sur images. Un sorte d’aboutissement pour ce que fut cette émission de la prise de conscience de la lecture médiatique, qui survécut sur le net, après une sortie de route bien sévère. On allait voir ce que l’on allait voir. Et l’organisateur de la croisière de sortir les bonnes recettes des plus efficaces camelots : un livre offert pour trois achetés. Une jolie promotion pour une direction paradisiaque. En quelques jours, le buzz était créé : 10000 ouvrages en précommande. Pour une première, ce fut un coup de maître. Restait à montrer un navire à la hauteur des flots, à la hauteur des attentes.

Le titre, Crise au Sarkozistan, n’était pas sans rappeler ces patries de l’ancienne Perse. La couverture confirma l’impression. Le pitch finit de nous convaincre :

 

« Une nomenklatura qui jouit de nombreux passe-droits, une Justice aux ordres, une police secrète paranoïaque, et évidemment des médias silencieux : bienvenue au Sarkozistan, étrange et fascinant Etat voyou. Certains de vos proches refusent encore sûrement de croire que nous sommes désormais au Sarkozistan. Plutôt que de vous épuiser à les convaincre dans les repas de fin d'année, offrez-leur Crise au Sarkozistan. Vous les verrez partagés entre le rire et l'effarement. »

 

Les Lettres persanes se rappelèrent à notre bon souvenir. Les premiers mots n’en sont-ils pas un hommage pour le moins… flagrant ? « Ce qui surprend le plus le voyageur revenant au Sarkozistan après de longues années… ». Usbek et Rica reprenaient enfin vie. A l’heure où notre Président ressemble plus que jamais à un monarque électif, pour décliner l’expression chère à Laurent Joffrin, l’invitation au voyage ouvrait les envies d’évasions lexicales. Notre excitation allait bon train. Au souvenir des délices exquises de l’ironie de Montesquieu, lui, le père fondateur de la séparation des pouvoirs, à une époque où notre Gouvernement, et notamment Brice Hortefeux, s’assoient dessus comme l’on s’assied sur la cuve des toilettes (d’aucuns auront reconnu la critique que j’avais, jadis, formulée à l’égard de la rédaction de LCI, et qui avait mis son rédacteur en chef dans une humeur irascible…).

Le colis arrive. Le cœur battant, j’ouvre la boîte et en ressort le précieux trésor. Et le place délicatement sur la table de chevet pour illuminer ma soirée. En avant matelot.

 

Las ! Las ! Triplement las ! la croisière tourne court. Le spectre de Montesquieu promettait d’accompagner ma lecture. C’est celui du Titanic qui surgit.  

 

Point d’ironie ici. Une charge sans nuance, un réquisitoire cynique, une attaque brutale, frontale, quand elle n’est pas ad hominem. De la révélation d’un lifting à celui d’implants, le délit de sale gueule n’est même pas loin.

 

La description de Sarkozistan n’est pas fausse pour autant. Chaque fait, qui y est détaillé, est somme toute réaliste. Mais c’est sans doute ce qu’il y a de plus décevant : l’on attendait de la part de Daniel Schneidermann et de son équipe une inventivité dans la critique, ce zeste de génie qui accompagne la genèse des plus brillants pamphlets, un coup de crayon à la fois généreux et subtil. Mais rien de tout cela ne récompense notre lecture. Bien au contraire. Tout ce qui est révélé est déjà connu pour quiconque s’intéresse quelque peu à l’actualité, pour quiconque attendait donc cet ouvrage au tournant. Les personnages n’y sont caricaturés que dans les illustrations. Pour le reste, ils sont d’un sordide réalisme rendant presque cette prose grossière, dénuée de finesse, au risque de paraître dérisoire. Un crève-cœur quand on apprécie les auteurs. Les oripeaux de la métaphore n’ont jamais constitué pour autant la moindre essence d’ironie…

 

Non que la condamnation contre Sarkozy et son oligarchie soit fantasmée. Mais c’eût été, en un certain sens, plus goûteux et voluptueux pour nos papilles. L’on pourrait même reprocher au narrateur, inutilement interne ici, tant cette posture n’apporte qu’assez peu au récit, de relier hâtivement certains faits entre eux, d’y ajouter des personnalités comme certains déposent des cheveux sur la soupe (que diable Delarue avait-il sa place dans pareilles pérégrinations ?).

 

Non, décidément non, les Lettres persanes ne sont nullement revisitées. L’idée, sur le papier, pouvait séduire… Las, elle a déçu, au moins à la hauteur des espérances. N’est pas Montesquieu qui veut. Et l’équipe d’Arrêt sur Images en a fait la plus cruelle expérience. Son professionnalisme n’en sera pas pour autant entaché. Leur talent, qui a délimité notre esprit critique (pour tous ceux de ma génération) durant des années sur la Cinquième, et qui se décline à présent sur la toile, après un arrêt d’images aussi brutal qu’injuste, continuera de s’exercer pour décrypter ce que l’œil du profane ne voit pas toujours. En créateur de réflexe. Agitateur de conscience. Tout cela est assurément intact. Crise au Sarkozistan n’aura de ce point de vue aucune incidence. Tout juste leur en coûtera-t-il une petite blessure à l’orgueil… 

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 12:42

L’affaire Ndiaye a de quoi inquiéter tout le monde. Pas tant sur la position de Raoult, homme à la réputation sulfureuse et justifiée, peu fréquentable en ville, s’étant déjà distingué en proposant le rétablissement de  la peine de mort ou encore en affichant  son refus dogmatique d’envisager l’homoparentalité en radotant l’éternel « il faut un papa et une maman » (idéologie chrétienne ? Homophobie ? Bêtise ? Comprenne qui pourra…). Le député traîne presque autant de casseroles au derrière que George Frèche ou Christian Vanneste… Les Tefal boys ont donc le vent en poupe… médiatiquement.

Le problème vient surtout des réactions ou de l’absence de réactions que suscita cette vaine politique.

 

Les propos tout d’abord. En quoi les propos de Ndiaye sont-ils indéfendables ?  Revenons à la signification des mots plutôt de s’exciter vainement sans appréhender le sens. Ce qui relève du monstre, c’est "ce qui est anormal, qui est marqué par l'excès"... En quoi cette appréciation est-elle discourtoise, maladroite ou même vulgaire comme certains hallucinés ont tenté de démontrer ?

 


La position de Raoult
. Ridicule et PATHETIQUE. Et ce pour plusieurs raisons :


Historiquement, elle s’oppose à la tradition républicaine qui lie la France et les artistes.


Juridiquement, elle est fausse puisque le « droit de réserve » s’applique seulement aux hauts fonctionnaires.


D’un point de vue temporel, elle est décalée et même à l’ouest, puisque les propos de l’écrivain ayant été exprimés il y a plusieurs semaines, comment aurait-elle pu anticiper le Prix Goncourt ?


Enfin, et surtout, d’un point de vue politique, elle est dégradante et nauséabonde : comment ne pas y voir une visée électoraliste dans la perspective de siphonner comme en 2007 l’électorat extrême… Ecoeurant.

Il n’y a des lors rien de surprenant à ce que, jeudi dernier, Monsieur Raoult reçût le prix Busiris de la mauvaise foi juridique décerné par l'Académie Busiris réunie autour de l'avocat parisie Maître Eolas...
 

Les réactions. Caricaturales. Passons sur l’irresponsable silence de Frédéric Mitterand qui se gêna moins pour défendre Polanski, accusé de détournement de mineur, rien que cela !, pour s’intéresser au bal des faux-culs qui se pressèrent telles des mouches sur un étron fumant pour défendre la théorie fumeuse de Raoult. Comment peut-on à ce point nier ses convictions profondes pour préserver quelques semaines encore un marocain inconfortable qui flatte les ambitions mais vous fait passer pour un opportunistes des plus répugnants ? La Mode Lefebvre a fait des émules. Même si l’UMP a réagi en rappelant dans un communiqué que la liberté d'expression est un droit fondamental, ce fut trop tard : sommé d’être solidaire sous peine de tout perdre à court terme, d’aucuns n’avait songé que le parti allât lâcher un des siens. Ou de la difficulté d’être élu à droite… Pour prendre position, il ne suffit plus de connaître les valeurs du parti, ni même la ligne du Président…. Il suffit de savoir anticiper les lignes des graphiques qui reproduisent l’opinion. Anticiper le sondage avant qu’il ne tombe. Et foncer à toute bombe. Au risque d’avoir fait le mauvais choix.

 

A la vérité, ce Gouvernement ne fait que donner encore plus de crédibilité aux propos de Ndiaye. Car, depuis 2007, la France devient un territoire où le débat contradictoire envers la politique de Sarkozy devient impossible sans être taxé de mauvaise foi. IMPOSSIBLE. La droite sarkozyste ne  supporte  plus la contradiction. Dès que l'on s'oppose à une pseudo-réforme, elle prétexte que l'on a signé un blanc seing en 2007 avec 85% de participation ! Mais gagner une élection même avec de la marge n'autorise nullement à faire n'importe quoi et surtout pas à faire taire le débat politique. Ces postures relève parfois de la dictature !

 

Alors oui Madame Ndiaye avait le droit d’exprimer son opinion sur ce qu’elle ressent au plus profond de ses tripes. Oui les réactions de certains à droite pour soutenir l’insoutenable sont électoralistes, malsaines et malhonnêtes. Oui en France, il y règne un climat « monstrueux » depuis 3007 quand on voit enfler telle une verrue cette polémique obscène.

Enfin, petit clin d’œil à notre Prix Goncourt : Berlin est en effet une ville où il fait bon vivre. Et  si j’en avais l’occasion, j’aimerais tant être son voisin car ce serait toujours plus agréable que de vivre sous l’ubiquité Sarkozyenne…

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 19:13

Au début, ce n’était qu’un énième coup de gueule démago de Marine Le Pen. Mais grâce à Benoit Hamon, cela est devenu un débat public, une question philosophique même sur laquelle il est bien difficile de trancher.

Pour autant, il faut faire face aux vraies questions, celles qui dérangent :

Pourquoi avoir nommé Ministre un homme dont on savait depuis 2005 et la sortie de son livre choc La Mauvaise Vie qu’il avait pratiqué tourisme sexuel en Asie ? Cohn Bendit, Pascal Sevran, Frédéric Mitterand : aurait-on l’audace de nous dire que lorsque l’on est connu, lorsque l’on a de l’influence, lorsque l’on a œuvré pour la France, les actes les plus ignobles peuvent être pardonnés, occultés, voire oubliés ?

Mais dans ce cas, pourquoi avoir attendu trois mois avant de relater l’indignation apparemment insupportable de certains politiques ? L’affaire Polansky suffit-elle à justifier une telle réapparition ? Préparait-on de longue date ce coup fumant en attendant le moment opportun ?

Pourquoi Benoit Hamon a-t-il emboité le pas de Marine Le Pen sachant qu’il la crédibilisait en se rangeant derrière elle malgré les antagonismes de valeurs ? Voulait-il régler des comptes personnels avec Frédéric Mitterand ? Tente-t-il de se faire une place au moment où Martine radote sa politique en prétendant faire sa révolution en rappelant les (trop) vieux éléphants à ses côtés et où Ségolène parait plus isolée que jamais… Etrangement Valls l’a suivi sur les chemins scabreux… Un autre ambitieux aussi…

Mais revenons-en à la preuve du délit : l’écriture confession de l’actuel Ministre de la Culture. Lisons les morceaux choisis par Le Monde.

Je n’ai pas lu le livre, mais juste ces quelques extraits. D’une part reconnaissons le morceau de littérature et le talent d’écrivain de Frédéric Mitterand qui avec habilité et dextérité, tente par le verbe d’exprimer des sensations, ce qu’il parvint à faire avec grâce. Il n’est nulle question de pédophilie mais d’homosexualité. Pour autant, en filigrane, l’auteur laisse suffisamment d’indices pour  disséminer le doute, le malaise, voire l’écœurement : deux mots « juvénile » et « éphèbe » laissent à penser que le prostitué en question est jeune, adolescent (et même si dans l’écriture il évoque de l’amour, du désir viril et mâle, on sent la volonté de se déculpabiliser par cet aveu, lui-même en en ayant presque conscience sous la plume). Et puis il y a surtout le contexte, celui qu’il rappelle à travers l’évocation des reportages occidentaux : le tourisme sexuel des Philippines et de la Thaïlande qui se pratique avec de jeunes tout justes sortis de leur enfance et à peine âgé de plus de dix ans… quand ce n’est pas moins… Même si, l’objet du désir du narrateur parait un peu plus âge (« sa musculature », « presque aussi grand que moi »…)

Alors contrairement à ce qu’affirme la machine à dire n’importe quoi, Monsieur Lefebvre porte-rhétorique de l’UMP, ce n’est pas du fantasme littéraire, même si rien ne dit que ce récit est clairement autobiographique. C’est à la fois de la littérature et un aveu d’homme qui tente par l’écriture, même poétique, de déculpabiliser sa pratique par l’écriture, pour soulager sa conscience de citoyen tout en jouissant par l’encre qui jaillit sur le papier. Ces actes sont-ils compatibles avec la fonction honorable de Ministre de la République ?

Tant de questions et peu de réponse, car la vérité est certainement trop complexe. Mais au-delà de nos interrogations, prenons garde de ne pas condamner de manière péremptoire Frédéric Mitterand… tout en prenant de la distance. En revanche, rien ne nous interdit de condamner les vautours politiques qui se prétendent de gauche et qui sont capables pour un peu d’éclairage de faire la danse macabre avec le Front national…

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 19:45

Les Habits neufs des Faux-Centristes de Dominique Paillé se lit vite. Non que sa prose y soit légère et raffinée, le compte est même loin d’y être de ce point de vue. Mais la subtile alliance entre une police de caractère faisant écho au célèbre Oui-Oui (qui laisse à penser que l’on a enfin pensé aux malvoyants en écrivant un livre !) et une pléthore de pages blanches précédent et succédant les chapitres transformant cet opus en excellent compagnon de plage pour y écrire son journal intime ou la liste de ses courses raccourcit l’exercice de lecture de manière drastique. Si bien que la question qui taraude le lecteur est celle-ci : qu’est ce donc que ce livre ? Si pour Paillé le MoDem est un OPNI (« Objet Politique Non Identifié »), nous aurons tôt vite fait de qualifier cet « essai » d’OMFMR « objet de mauvaise foi mal rédigé »

Qu’est ce au juste ?

Un pamphlet sur François Bayrou ? Assurément. Paillé pense même avoir taillé un sacré costard au Béarnais. Sans nuance, manichéen au point de ne reconnaître que peu de qualité en ce celui qui fut un collaborateur de longue date, il s’acharne sur le troisième homme de la présidentielle (dont il considère les 18,57% de la présidentielle soit près de 7 millions de voix  comme un résultat « convenable » -sic !- )par des attaques ad hominem (« je sais d’expérience que l’humilité n’est pas son fort »), ou des offensives à peine déguisée (« mais il ne s’agit pas de remonter à Cicéron ni à Henri IV »)… Ses deux charges qui se voulaient les plus virulentes et les mieux ciblées concernaient la religiosité de Bayrou (la belle affaire !), Paillé le rendant tour à tour mystique et dilettante, dans l’attente que la Providence fasse son œuvre, et son positionnement à droite. Las ! Ne vous attendez pas à voir un petit précis tendant à prouver que Bayrou est de Droite : vous ne trouverez rien d’autres qu’un leitmotiv martelé à toutes les sauces, sans références précises, sans foi, sans intérêt en somme.

Une auto-congratulation ? Parfaitement, l’auteur se révélant expert en l’art de l’auto-cirage de pompes. L’on apprend que sa vocation politique est née un soir, durant lequel, enfant, il entendit sa mère lui confier qu’elle allait voter Lecanuet, et lui rajouter à l’oreille qu’il « apportait un souffle niveau »… Imaginez si ce jour-là elle lui avait dit « passe moi le beurre », Paillé serait devenu crémier… Le reste n’est jamais complètement narcissique, mais montre un homme qui semble avoir été toujours clairvoyant… quitte à se donner un rôle dans l’Histoire Politique au moins aussi usurpé que celui que s‘octroya le Cardinal de Retz dans ses propres Mémoires… C’est dire si « l’imposture » dont il est question sur la couverture a trouvé son auteur !

Une ode à Nicolas Sarkozy ? Incontestablement. Tout cousu de fil d’or, le nouveau costume de l’egocrate reprend des couleurs sous la plume complaisante de l’auteur. Sarkozy a le droit a tous les hommages, tous les honneurs, qui pourraient se résumer en cette phrase tâchant d’évoquer la campagne de 2007 : « Sa maîtrise de tout était parfaite et impressionnante ». Outre la syntaxe chancelante, l’on goutera aux délices exquises de la nuance et de l’objectivité… D’ailleurs Paillé est un menteur : il claironne tout le long du livre qu’il est athée, contrairement à –vous savez qui-. Mensonge. Paillé a un Dieu : Nicolas Sarkozy. En Sarkidolâtrie pieuse, nul ne lui arrive à la cheville. Il faut dire que bon prince, le Roi a été généreux : n’a-t-il pas reçu lors de sa déculottée aux législatives de 2007 un poste de  responsable au sein de l’UMP ? Un geste qui ne saurait rester impayé de retour… Le livre comme monnaie de singe. Fausse monnaie. D’ailleurs, l’échange est tellement flagrant qu’il fit commettre à Paillé un impair : il attribue la responsabilité de son échec à l’annonce de la TVA sociale de Borloo… En oubliant que quelques pages plus tôt, il racontait non sans fierté que depuis ses années étudiantes il n’avait plus jamais quitté Paris ou presque… L’on comprendra davantage le choix des électeurs de la 4ème circonscription… des Deux-Sèvres !

Une telle logorrhée pour un écrit aussi mal conçu ne serait justifiée s’il n’était justement question de commande élyséenne. Les dénégations n’y changeront rien. Ce livre ne se consacre pas exclusivement aux centristes (dont il dit qu’ils sont naturellement TOUS à droite…) : il tire sur tout ce qui bouge. Et forcément tout ce qui bouge a eu à en découdre avec Nicolas Sarkozy : Chirac, dont le bilan est résumé par la formule assassine de Bernard Pons, même sous couvert  de prétérition « une dissolution ratée et un référendum perdu » (ce qui représente, me direz-vous, déjà bien plus que ce que la postérité retiendra de ce livre), De Villepin, sorte de Brutus menteur et hypocrite ou encore Jean-François Kahn qui serait le nègre du programme de Bayrou… S’il y en a pourtant un qui aurait dû s’abstenir d’être le nègre de l’ire de Nicolas Sarkozy, c’est bien Dominique Paillé. Il voulait rhabiller l’opposition Sarkozyenne pour l’Hiver. D’habits neufs qui plus est. Raté. Il s’est vêtu des oripeaux du ridicule.  

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 13:49

François, allons voir si la rose

A François,

François, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe rosée au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe rosée,
Sa force à la vostre pareille.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Vote donna première place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô non,  marastre Politique,
Puisque l’égo devint un tic
Fi des valeurs, fi des espoirs !

Donc, si vous me croyez, François,
Tandis que nostre parti croît,
En sa plus verte nouveauté,
Oeuvrons, cueillons nostre jeunesse :
Ne laissant à nulle paresse 
Ternir aussi jeune beauté.

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 15:29

En cet été, l’actualité politique va tomber dans un sommeil profond. Chacun va repousser sur le coin du bureau ses dossiers ; l’heure pour le blog… d’innover. Il sera question jusqu’août des sujets de la rentrée, d’un petit état des lieux sur les promesses des 2007 à l’aune des 14 mois passés, et de petits exercices d’écriture auquel je m’adonne de temps à autre.

Aussi, pour vous lecteurs assidus, une production personnelle, que j’avais écrite en avril 2007 durant la campagne présidentielle, et qui montrait, en mode littéraire, ma vision du jeu politique sur les plateaux de télévision…

 MAQUILLAGE

Il arrive le regard fatigué, la mine triste, le teint fade. Le costume est parfaitement lisse. Sans un pli. Elle l’accueille dans un franc sourire.

Appliquer le masque. Lisse. Pommade en main.

 

Sa bouche est pâteuse et il demande de l’eau. Il sort de sa mallette des fiches chiffonnées. Jets d’encre et taches cabalistiques.

Elle affine les traits. Crayon en main.

 

L’éclairage est trop intense. Trop forte lumière. Semi-pénombre demandée. Rester dans le mystère.

Elle peaufine, peau fine. Pinceau en main.

 

L’animatrice arrive, l’embrasse. Elle rit. Il faut rire. Mécanique bien huilée. Ou gêne à peine dissimulée.

Elle cache les défauts. Palette de couleur en main.

 

Ils parlent, projettent, imaginent. Une ou deux expressions à replacer. Une ou deux questions à cet effet. Le tour est joué.

Faire comme-ci. Faire comme si.

 

L’adversaire arrive. Le teint livide. La chevelure échevelée. Longues, trop longues journées. De plateaux en virées.

Elle arrive là aussi. Crayon en main.

 

La chaleureuse accolade aux premiers arrivés. Des paroles. Des connivences. Que diable ! la ligne éditoriale ouvertement prostituée.

La laque pour tout plaquer. La bombe à la main.

 

Ils préparent répliques et réparties. Les bons points à placer. Point de poings. L’arbitre les aide à esquiver. Affaire de bons procédés. Sans rien improviser.

Pas un cheveu qui dépasse. Brosse à la main.

 

L’entrée dans le studio approche. Bientôt il faudra feindre l’attaque. Esquiver. La politique est un combat de catch. Combat truqué.

Le parfum pour dissimuler. Le flacon à la main.

 

La loge va bientôt se vider. La maquilleuse passe la main. L’élève animatrice n’a plus qu’à imiter son maître.

Artifices, jaillissez. Micro à la main.

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 20:22

Monsieur Sarkozy est formidable. Oui vous lisez bien FOR-MI-DABLE. Comment vous dire cela ? Ce qu’il y a de fascinant chez cet homme, c’est sa capacité à charmer. Non, je ne parlerai pas de ses conquêtes italiennes ou néo-new Yorkaises. J’entends « charmer » au sens étymologique du terme : qui exerce un pouvoir sur les personnes, qui les mystifie, qui envoie un sort.

Dernier événement en date : son discours dans les jardins du Palais du Luxembourg à l’occasion de la Journée nationale de la mémoire de la traite négrière.

Lien : http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080510/tts-france-esclavage-sarkozy-ca02f96.html

 

A cette occasion, notre cher Président a voulu être en empathie avec la Martinique : « Je pense à Aimé Césaire. L'émotion provoquée par (sa) disparition montre à quel point nous sommes toujours à la recherche de notre histoire ».

Magnifique loghorée, qui puise sa force dans l’hommage sincère et la reconnaissance d’un homme dont la cause est juste et passionnée. Magnifique élan de générosité. Même Harry Roselmack est sous le charme (cf. reportage d’Itélé)

Et le Président d’annoncer sans opportunisme, espérant qu’un peu de complaisance pouvait satisfaire tout le monde, qu’il fallait l’introduction de l’œuvre d’Aimé Césaire dans le programme scolaire. Dans les milieux « hype », ceux qu’affectionne tout particulièrement le Président, on le sait bien, il est un talent rare : être main stream. Il pourrait se traduire par la capacité à suivre dès le début ce qui va être à la mode, et de devancer l’effet de masse, pour paraître visionnaire. Et Sarkozy s’est cru bon d’être CELUI qui allait faire découvrir l’œuvre de Césaire dans les programmes scolaires.

 

 
Sauf que
 :





 










"Il est nécessaire de faire place aux poètes de langue française hors de France - notamment Senghor, Césaire"
Vous avez bien lu : Césaire fait déjà partie du programme scolaire au lycée ! (Ceci dit, remplacer "hors de France" par "hors de France métropolitaine" serait plus approprié...). Mais ne comptez pas sur les journalistes pour vérifier l’information. Le métier a bien changé depuis que le mot déontologie est en voie d’extinction dans nos dictionnaires car disparu des pratiques…

 

A moins bien entendu que cela fît suite à sa volonté d’enseigner l’histoire de l’esclavage à l’école primaire… Le problème c’est que Monsieur Sarkozy n’a visiblement jamais lu Aimé Césaire dans le texte. Car dans la jungle verbale du poète martiniquais, agrégé de Grammaire, néologismes, illumination poétique, musique des mots et richesse infinie du vocabulaire s’associaient avec frénésie et génie, bien loin des maigres compétences développées par nos élèves de primaire. Et comme je ne résiste pas à la tentation de faire partager ces moments de volupté pure à vos yeux encore chastes (ni à celle de démontrer que les « décisions » de Sarkozy sont tout à la fois pures folies et opportunisme indigne d’un Président de la République Française), voici quelques vers du maître. Ce qui, entre nous soit dit, est un hommage et une commémoration bien plus dignes et glorieuses que les longs discours que les journalistes nous ont servis, alors que pas un n’avait lu la poésie en prose de cet homme en révolte (mais c’est là un autre débat). Place à l’art : 


Ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité
ruée contre la clameur du jour

Ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre

Ma négritude n'est ni une tour ni une
cathédrale

Elle plonge dans la chair rouge du sol

Elle plonge dans la chair ardente du ciel

Elle troue l'accablement opaque de sa droite
patience.

 

Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal.

 

PS : Qu’aurais-tu donc fait au Panthéon, Aimé, toi qui as tant aimé ta terre ? 

 

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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