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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 17:45

David Douillet est un homme à part. Une sorte d’OPNI : Objet politique non identifié. Quadruple champion du monde et double champion olympique de judo, l’homme aurait pu, comme bon nombre de ses collègues, faire profiter de ses dons aux espoirs français.

Las. Attiré par la politique, et par la finance, il finit par prendre des responsabilités à l’UMP, à l’époque sarkozyenne, avant d’être élu député dans le territoire des Yvelines. Secrétaire d’État chargé des Français à l’étranger, puis ministre des Sports, à une heure où le président d’alors pense compenser son déclin par la nomination d’un homme à la popularité conséquente. David Douillet n’aura donc pas atteint le zénith que sur les tatamis.

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Il ne l’aura pas non plus atteint dans la finesse et l’humanisme : en 1998, dans "L'Ame du conquérant", il déclare, toute virilité affichée :

"C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever des enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas par hasard"

Avant de conclure :

"On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ! 

Et à ceux qui se refusent à lire entre les lignes, le champion olympique avait cru bon de préciser que le terme "tapette" désignait "les hommes qui ne s'assument pas" 

Du Ronsard dans le texte.

 

Les records de goujaterie

 

Toujours est-il que ce grand politicien, au sens physique du terme s’entend, s’est surtout manifesté depuis l’ouverture du débat sur le mariage pour tous par son absence au mieux, ou pour les trois malheureuses fois où il est intervenu, ses digressions sur la GPA, la "gestation pour autrui", qui, rappelons-le, ne fait pas partie du projet de loi, ni des "territoires" de la majorité comme l’a maintes fois répété Christiane Taubira depuis dix jours.

Ce jeudi, il a battu les reccords de la goujaterie, de l'homophobie implicite ou encore du non-dit en évoquant la GPA dans d'autre pays et en parlant de ces bénéficiaires du dispositif en ces termes : "Pour des centaines d'euros, les ventres de femmes sont loués par des riches... euh, je veux pas les nommer."

Ne pas le nommer... On le comprend quand on se souvient en quel terme élégant, "les tapettes", il évoquait le non-dit par écrit. 

Et David Douillet de se laisser aller à une leçon de morale envers la garde des Sceaux sur son incapacité à répondre sur la question de la GPA, alors que le dispositif ne fait ni partie du projet de loi, ni de celui ayant trait à la loi sur la famille en mars prochain, et alors qu’elle a répété une trentaine de fois au sein de l’hémicycle qu’elle et la majorité étaient farouchement opposées à cette marchandisation du corps de la femme.

Une accusation insupportable pour la nouvelle coqueluche des Français, qui veille nuit et jour, à tout venant, contre ces opposants qui ne cessent de lui chercher des poux. Et la réponse fut cinglante :


On le voit, les réponses relèvent du pathétique. Avec la palme, mais il les collectionne depuis quelques jours, à Christian Jacob qui qualifie des mots écrits sur un livre, et qui restent donc signés dans la prospérité comme des "ragots de presse". Des ragots, des mots inscrits sur un livre, publié à des milliers d'exemplaires ?

 

Mauvaise foi de l'UMP

 

Si la France voulait avoir la confirmation de la mauvaise foi de l’UMP dans les débats, la voilà servie.

Cette même UMP qui ne défend pratiquement aucun de ses amendements et qui profite pour chacun de ses membres de ses deux minutes de paroles pour attaquer sans discontinuer. À l’image de Jean-Frédéric Poisson, héritier de Christine Boutin sur la Xe circonscription des Yvelines, qui malgré ses bonnes manières dans le débat, contrairement à Marc Le Fur ou encore à Philippe Gosselin qui se confondent en vocifération ou en accusations fallacieuses, conclut chacun de ses délires en aucun rapport avec ce qu’il a déposé au préalable par un sentencieux "l’amendement est défendu".

Encore heureux.

 Dans ce contexte, la résistance de Christiane Taubira n’est pas seulement digne, valeureuse ou encore courageuse. Elle est l’essence même de la République, qui consiste à combattre avec le glaive et l’épée les pourfendeurs de la liberté et de l’égalité.

 

Publié sur le Nouvel Obs le 8 février 2013.

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Published by Yves Delahaie - dans Le mariage aux homosexuels
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:43

Depuis plusieurs jours, les débats du mariage pour tous font rage. Le plus souvent, ce sont les heurts qui émaillent des débats qui font la une des médias. Il faut dire que le dispositif est exceptionnel et que l’ampleur du débat est à la hauteur du débat de société qui a secoué la France depuis six mois.

Rien que samedi matin, alors que la séance s’ouvrait tranquillement, il n’y eut pas une seule phrase de prononcée que la guerre était lancée. Madame Dalloz (UMP), première à prendre la parole, s’interrompt pour répondre à Madame Nieson qui l’invectivait d’un "ça commence mal" à l’aide d’un "ça commence comme je le souhaite, Madame"…

 

La guerre des nerfs a commencé

 

La guerre des nerfs a donc commencé et les nuits tardives, et parfois blanches comme celle de dimanche, ont laissé des traces. Et ce mardi après-midi, les nerfs ont lâché… dans le rire.

Ce fut d’abord Thomas Thevenoud d’ouvrir les hostilités en rappelant que la droite française était certainement la plus ringarde d’Europe, en comparaison notamment aux conservateurs anglais qui votent en ce moment même, et sans polémique, l’ouverture du mariage aux homosexuels. Il crut bon d’ajouter, dans l’hilarité générale, que la seule vertu du débat résidait dans la palette de couleurs affichée par les pulls d’Hervé Mariton qui, à ce rythme, fera apparaître toutes celles de l’arc-en-ciel.

 

Lui même riant, Mariton demanda à répondre de cette "attaque" personnelle, ce qu’il pourra faire en toute fin de séance. On imagine l’ambiance de la fin d’après-midi si on continue à parler chiffon.

Mais c’est surtout le fou rire de Christiane Taubira qui marquera les esprits et sa grivoiserie envers l’un des plus farouches présents au projet, l’un des plus présents aussi avec Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson, Philippe Gosselin.


Il n’est pas sûr que l’Assemblée ait eu le souvenir d’une référence aux "petits bouts" d’un député faite par une Garde des Sceaux et encore moins de le justifier par l’élan qu’elle a eu à son encontre. Un passage mythique pour un débat historique. Histoire de montrer qu’on ne montre pas que les dents à l’Assemblée en ce moment.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 10:34

Après six mois de débat ininterrompu sur la question du mariage pour tous, de monologues sourds qui ne pouvaient pas s’entendre, au point visiblement de lasser la majorité des Français pour qui cela a trop duré, les députés prennent donc le relais pour trancher. Net. N’en déplaise à Henri Guaino qui prétend que l’Assemblée n’est pas légitime pour trancher… contredisant le Conseil Constitutionnel qui disait exactement l’inverse en janvier 2011. Quand on sait que dans le même temps, Laurent Wauquiez prétend que le référendum peut s’appliquer sur les questions sociales contrairement à ce qu’il avait écrit dans son livre il y a dix ans, l’on comprendra davantage qu’à droite on ne puisse s’offusquer que Jean Sarkozy, fort de sa licence, puisse dispenser un TD à la fac.

Les premières journées furent rudes, fortes de la polémique de la circulaire sur la GPA. Christiane Taubira aura déjà eu l’occasion de faire taire tous ceux qui prétendaient qu’elle ne défendait qu’avec trop peu de conviction ce projet de loi en montrant une pugnacité et une dignité qui redonne ses lettres de noblesse à la politique. Pour autant il reste encore plus 3000 amendements à examiner à partir de mardi 16h…

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Sans vouloir rajouter de l’huile sur le feu sur la volonté manifeste d’obstruction de l’opposition, il serait tout de même intéressant de se pencher sur le portrait d’un des plus prolixes en la matière et qui défraye la polémique : j’ai nommé le bienheureux Jacques Bompard.

Assez peu connu du grand public, il a fait une entrée fracassante dans l’actualité avec des amendements proposant de légaliser la polygamiel’inceste ou encore en imposant le prénom de l’officier d’état civil à l’enfant afin de reconnaître le mérite de ces derniers… Des provocations qu’il a cru bon devoir justifier dans l'un de ses forfaits :

"Le gouvernement justifie l'élargissement du mariage aux couples de même sexe par l'existence de couples homosexuels et par l'amour que peuvent se porter ces personnes. Or, s'il poursuivait son raisonnement, le gouvernement devrait donc étendre à toutes formes de couples et à toutes formes d’amour la possibilité de contracter mariage".

On a peine à croire que pareil énergumène puisse si librement se moquer de la République en son sein. C’est mal se souvenir des débats de 1998, qui avait abouti aux mêmes incongruités à propos du PaCS. C’est aussi mal connaître Jacques Bompard.

Plantu a l’habitude de représenter les nauséabonds avec des mouches autour d’eux. Jean-Marie Le Pen a toujours été croqué de la sorte dans ses caricatures. Et on se souvient de la polémique qu’avait causée ces mouches quand elles avaient accompagné la figure du futur président de la République, Nicolas Sarkozy. Aussi, si l’on devait multiplier les mouches en fonction du degré de nocivité pour la République, nul doute qu’il faudrait rebaptiser Jacques Bompard, "Sa Majesté des Mouches".

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Co-fondateur du Front National, l’Express rappelait il y a dix ans lors d’un portrait qu’il avait été de tous les combats de l’extrême droite en intégrant notamment l’occident et l’Ordre nouveau. Maire d’Orange, il est le seul des maires frontistes à avoir été réélu à la tête de sa ville (à Vitrolles les Mégret ont subi la foudre de la justice tandis qu’à Toulon Jean-Marie Le Chevallier ruina sa ville et ne fut même pas qualifié pour le second tour des municipales suivantes).

Son action à Orange est plutôt bien ressentie, sa gestion étant qualifiée de bon père de famille, lui qui n’a eu de cesse apprend-on de ranger son étiquette dans sa poche. Et ce même si on lui prête un caractère autoritariste et isolé.

D’ailleurs, bien que co-fondateur du Front National, il a fini par démissionner du parti après avoir critiqué la népotisme du Front familial (et l’histoire de la succession de la présidence lui donnera raison sur ce point…). Pour autant, Jacques Bompard n’a pas quitté pour autant les rangs de l’extrême droite qu’il a rejoints depuis sa jeunesse. Il a d’abord rejoint le Mouvement pour la France du si peu laïque Philippe De Villiers avant de fonder la Ligue du Sud dont il est le président actuellement.

Si on a pu voir le FN s’abîmer sur la question du mariage pour tous, au rythme d’une Querelle des Anciens et des Modernes, il n’en est rien de Jacques Bompard, qui est resté proche de Bernard Anthony, un autre ancien du Bureau national du FN, qui représentait la frange catholiques intégristes du parti.

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Dès septembre, il tente de refaire de coup de Michel Pinton, un député UDF qui en 1998, était parvenu à faire signé plus de 15000 maires pour s’opposer au CUS (Contrat d’Union civil), ce qui contraint le gouvernement Jospin à reculer et à faire en sorte qu’aujourd’hui le PaCS ne se signe pas en mairie. Mapetition.fr pourtant échouera puisqu’à ce jour seulement 2175 élus l’ont signée, et tous n’étaient pas maires, puisque tous les élus pouvaient le faire…

On l’a vu aussi défendre ses positions notamment dans l’émission de la LCP "Ca vous regarde". Mais Jacques Bompard gardait son feu d’artifice pour les amendements, comme on l’a vu. Mais quelle source peut bien abreuver le député maire d’Orange pour manifester tant de détermination pour discréditer le projet de loi et pour insulter les homosexuels ?

Loin d’être tarie, cette source est puisée dans le même bénitier que Civitas.

Ainsi, on a pu voir le 18 novembre dernier, Jacques Bompard dans le cortège des élus du défilé de Civitas. Le Maire d’orange eut même l’occasion le lendemain de faire entendre sa colère à l’égard des Femen, qui loin d’attirer sa bienveillance face à la barabrie qu’elles ont subies, les fit passer pour les agresseurs.

Jacques Bompard n’est pas seulement un sympathisant de la cause intégriste. C’est un homme politique conscient que ses convictions intimes l’emportent sur les devoirs de la République. Et qui ne s’en cache pas. Comme en témoignent ces déclarations ahurissantes faites au site "La Porte latine" qui se revendique naturellement de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, tout comme Alain Escada et son tristement célèbre institut :

"Aujourd'hui, la France et l'Europe sont coupées de leurs racines historiques et culturelles, mais elles ont également rompu les liens avec Dieu. Contrairement à l'actuel Président de la République, je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il n'existe pas de loi supérieure aux lois humaines. L'Évangile est très clair là- dessus : il n'est pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu.", affirma-t-il en 2004 (le président évoqué étant donc Jacques Chirac)

Puis le maire d’Orange d’enchaîner :

"Je pense tout d'abord qu'on ne peut pas se dire chrétien et mettre sa foi au vestiaire dans son action publique. C'est une schizophrénie que je ne comprends pas."

Un aveu qui n’est pas sans rappeler celui que fit Christine Boutin en 1998 au Nouvel Observateur : "Je suis catholique avant d’être élue".

Comme la République peut-elle laisser accueillir au sein de sa maison ses propres fossoyeurs ? Comment accepter qu’un élu de la République puisse clairement affirmer que sa foi est supérieure à la loi républicaine ?

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Car, l’homme n’aime pas la République et encore moins ceux qui l’ont provoquée en atteste cette croix érigée dans la Ville d’Orange en mémoire de religieuses tuées sous la Révolution. On comprend mieux son rapprochement, un temps, avec le plus connu des représentants du Puy du Fou.

A vouloir s’agiter en tous sens, Jacques Bompard aura au moins eu le mérite d’attirer la lumière sur lui. Et montrer à ceux qui croyaient que les intégristes occupaient seulement le trottoir pour prier, ou avait raccroché en rangeant leur Bible dans leur sac comme Madame Boutin, qu’ils étaient encore là, parmi les 577 à décider de nos lois, de nos vies et du destin de notre République. 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 16:03

Jeudi les syndicats de la fonction publique avaient appelé à la grève, notamment pour se plaindre du gel prévu de leur salaire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le mouvement est loin, très loin d’avoir obtenu l’écho souhaité.

Peu suivi, il passa surtout relativement inaperçu dans une actualité chargée, avec notamment le débat houleux à l’Assemblée nationale sur le projet de loi du mariage pour tous et la guerre au Mali. Et les rares à s’y être attardé ont cru bon de rappeler, qu’en moyenne, un fonctionnaire avait un salaire plus élevé qu’un salarié du privé. S’ils avaient voulu prétendre que cet appel à la grève était illégitime, force est de constater qu’ils ne s’y seraient pas mieux pris.

En ces temps de crise, le fonctionnaire est au monde du travail ce que le musulman est à Marine Le Pen : l’âne malade de la Peste. Improductif, inefficace, bardé de privilèges, le fonctionnaire serait à lui seul la seule raison de la faillite de notre Etat.

Chaque grève est vécue comme une provocation, une rupture de service, une prise en otage. Les  râleurs occultant de tirer la révélation faite par la gêne occasionnée par le débrayage : l’importance du service rendu au quotidien et qui parait « normal », derrière lequel se cache pourtant un salarié.

On peut comprendre que certains soient choqués de voir des fonctionnaires vouloir se mobiliser parce que leur salaire va être gelé à un moment où tout le monde est appelé à faire des sacrifices.

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La divergence de perception vient du fait que l’on oublie que si les Français sont appelés à contribuer plus qu’à l’habitude depuis quelques mois, les fonctionnaires consentent à cet effort depuis bientôt une décennie. La réévaluation de leur salaire est systématiquement en dessous des chiffres de l’inflation pour la même période.

De la même manière, le fantasme du salaire moyen supérieur dans le public cache des disparités énormes avec des attachés territoriaux qui sont très en dessous de la moyenne ou encore des corps des métiers à niveau agent de maitrise ou cadre qui sont très sous côté à diplôme équivalent.

La seule explication de cette balance trompeuse en faveur des fonctionnaires réside dans l’évolution de carrière, souvent fondée sur le mérite dans le privé quand elle l’est  sur l’expérience dans la fonction publique. Et une expérience qui n’est jamais menacée eu égard à la sécurité de l’emploi. D’autres rappelleront aussi que les retraites du public sont calculées sur les 6 derniers mois d’exercice, un régime bien plus avantageux que celui qui lui fait face.

Cela est vrai. Pour autant, cela suffit-il à faire des fonctionnaires des privilégiés pour autant ? N’oublions pas que la fonction publique n’est pas réservée à des élus de Dieu ou d’ailleurs et que tous ceux qui s’estiment spoliés ont toujours la possibilité de passer des concours. Et de les réussir pour ainsi bénéficier de ce statut « si avantageux ».

Car si la carrière du fonctionnaire ne sanctionne pas toujours le mérite, le début de carrière ne peut débuter que par la sanction d’un concours sélectif. Et que ces concours sont ouverts à tous.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’il y a des situations bien pire ailleurs qu’il faut accepter tout et n’importe quoi pour sa propre situation. Et tous ceux qui aboient aux loups, notamment vis à vis des professeurs, ces « feignasses » qui ne font que 18 heures par semaine et qui ont des vacances à ne plus savoir que faire, devaient quitter la machine à café autour de laquelle ils pérorent et persifflent, plusieurs heures par jour, pour venir ne serait-ce qu’une heure tenir un cours devant 30 collégiens immatures et pourtant éduqués par leurs propres âmes. Nous verrons s’ils tiendront aussi bien la route sans exprimer, un jour ou l’autre leur ras-le-bol.

La situation de crise a tôt fait de nous faire trouver des boucs émissaires et de dénoncer la situation du voisin. Le terreau dont se régalent les extrémistes, dont les sillons charrient la misère humaine et l’exaspération pour faire leur récolte. Bien au contraire, la dureté du moment impose à chacun le respect des situations et la prise en compte, avec empathie, de chacun. Seul ce respect permettra de faire face. Sans quoi après la crise viendra l’enfer.

 

Publié le 4 février 2013 sur Médiavox.  

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Published by Yves Delahaie
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:41

De mieux en mieux. On pensait que les errements de nos politiques allaient enfin se circonscrire au Palais Bourbon, maintenant que les députés ont pris à bras le corps le projet de loi sur le mariage pour tous. Que nenni.

Après les amendements de Jacques Bompard voulant légaliser l’inceste ou la polygamie, laréinvention du droit constitutionnel par un Wauquiez que ses propres écrits sont venus contredire, c’est au tour de Bruno Gollnisch de faire tomber la chemise… Enfin plutôt la culotte, puisque le député européen a tout simplement montré ses attributs en pleine assemblée de conseil régional : 

  

Montrer pour dénoncer, "une habitude abjecte"

 

La raison de ce strip-tease d’un goût douteux ? Une réaction "rabelaisienne" pour manifester contre des subventions accordées à des groupes musicaux ayant fait du sexe une source intarissable d'inspiration : "La gauche socialo-écolo-communiste subventionne des sites informatiques classés comme pornographiques ou incitant à 'montrer son cul’".

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Faut-il rappeler à cet élu de la République qu’il existe bien des moyens d’exprimer sa désapprobation et que celui consistant à mettre en pratique ce que l’on dénonce est pour le moins suspect ? Une habitude abjecte pour l’extrême droite quand on voit Jacques Bompard dénoncer les dérives possibles du "mariage pour tous" vers l’inceste… en proposant de la légaliser.

J’ai toujours été de ceux qui se sont offusqués du verrouillage de nos institutions avec le refus de la proportionnelle afin de faire le barrage au Front national. Ne serait-ce que parce qu’il est inefficaceà partir du moment où le parti de Marine Le Pen flirte avec les 20%.

 

Des attitudes "indignes de notre République"

 

Mais il faut bien avouer que les élus FN ne font rien pour légitimer leur présence parmi les représentants de la République. Surtout quand on se souvient que le même Bruno Gollnisch avait déjà provoqué un coup de force à l’Assemblée nationale en 1987.

L’épisode est relaté par Renaud Dély, dans un livre paru en 1999 : "Histoire secrète du Front National", dans lequel il raconte comment celui qui s’opposa à Marine Le Pen pour la succession du père s’appropria le perchoir et bafoua le règlement de l’hémicycle :

"Un soir de 1987, il s’illustre au cours d’une nuit mouvementée en menant dans l’Hémicycle une fronde des élus lepénistes qui enfreignent le règlement pour tourner les clés de vote électronique de leurs adversaires et prennent d’assaut le fauteuil de président pour dénoncer l’absentéisme des députés. ‘Vous vous trompiez sur moi. Vous me preniez pour un modéré, alors que je suis un extrémiste.’" 

Oui extrémiste, il l’est assurément. Et ces attitudes sont tout simplement indignes de notre République. Montrer ses fesses à l’Assemblée, voter à la place d’un autre élu, voler le perchoir… Autant de forfaits qui siéent mal à celui qui se revendique de la tradition et des valeurs de la France. Autant de preuves, après tant et tant d’autres, qui confirment la véritable nature d’un parti extrême, d’extrême droite. Sans l’ombre d’un doute.

 

Publié sur le Nouvel Obs, le 1er février 2013

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Published by Yves Delahaie - dans Du Front National
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 17:34

Elle est redoutée au moins autant qu’elle est prévisible : la première grève des enseignants d’une législature. Le gouvernement Ayrault n’échappera pas à la règle et force est de constater que la lune de miel n’aura pas duré. Ce jeudi, les syndicats enseignants ont déposé un préavis de grève, souhaitant être suivis par un tiers des enseignants.

Cette journée intervient après six mois d’exercice d’un gouvernement qui aura déçu de nombreux Français. Et les enseignants sont de loin ceux qui auront le plus déchanté.

 

La désillusion après l'espoir

 

À grands coups de promesses de formation, de réformes ou encore de dénonciation dumarchandage honteux prévu par Nicolas Sarkozy, qui visait à faire travailler les enseignants 8 heures de plus, pour finalement être payé moins qu’à présent, le candidat Hollande avait réussi là où, successivement Lionel Jospin et Ségolène Royal avait durement échoué : retrouver la confiance d’une majorité du corps enseignant. La marche triomphale au son du gimmick sur les 70.000 postes avait eu raison de cette méfiance à l’égard d’un parti socialiste qui avait tant déçu dans les établissements.

François Hollande pensait avoir fait le plus difficile en gagnant la présidentielle, quand le plus difficile était à venir : être à la hauteur de enjeux. En guise de hauteur, il n’y eut que désillusion.

 

Pas de rétablissement de la formation initiale

 

Le rétablissement de la formation initiale qu’avait massacrée Nicolas Sarkozy ne fut pas à la hauteur. Durant le lustre sarkozien, les stagiaires, néo titulaires du concours, étaient passés de 6 heures de cours accompagnées de 12 heures de formation, à un temps complet de 18 heures, parfois aménagé de quelques modules saupoudrés ici ou là.

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Pour autant, à la rentrée 2012, les stagiaires ne récupérèrent nullement leur 12 heures de formation hebdomadaire. De 18 heures de cours, ils sont passés à 12, Vincent Peillon coupant la poire en deux avec une maladresse qui en dit long sur le sort accordé à la formation des enseignants aujourd’hui.

 

Des élèves allant droit à l'échec

 

La montagne de réforme annoncée accoucha elle d’une souris famélique, confortant les pédagogistes dans leurs dérives sectaires qui sévissent depuis trois décennies. Offrant donc de la compréhension et de bons sentiments, quand nos élèves ont besoin d’éducation et de connaissances. La transmission des savoirs est laissée en friche depuis des années et Vincent Peillon ne fait rien pour y remédier, se proposant même, comme les apprentis sorciers qui l’ont précédé, de casser le thermomètre pour donner l’illusion d’un regain de forme, en laissant entrevoir l’abolition de la notation.

Sans savoir, sans mots pour s’exprimer, sans se voir transmettre les fondamentaux puisqu’en guise d’un socle minimal de connaissances communes on préfère un socle commun de connaissances minimales, nos élèves sont donc voués à un échec programmé, qui ravira sans doute les grands industriels qui pourront à loisir exploiter cette main d’œuvre sous diplômée, ou, pire, bardée de diplômes de pochette surprise.

 

Les rythmes scolaires, un faux problème

 

Pendant ce temps, on agite un vieux serpent de mer, les rythmes scolaires, pour faire croire qu’ils seraient le mal profond de notre école malade. Les cours seraient trop nombreux et les élèves fatigués. Oubliant que dans le même temps on rajoute à profusion des heures de soutien, d’arts ou de sport, autant de temps de présence dans les établissements qui fatiguent tout autant les élèves (d’ailleurs comment pourrait-on faire autrement quand les parents travaillent au moins 7 heures par jour et qu’on réduit les cours à 5 heures quotidiennes en 6e).

Ou encore que nombre d’élèves doivent surtout leur fatigue au laxisme assumé de bon nombre de parents qui laissent les enfants se coucher de plus en plus tard ou qui ferment les yeux devant des chambres devenues des succursales de Darty laissant portables et autres connexions possibles dès lors qu’on les croit confiés à Morphée.

 

Plus personne ne veut être enseignant

 

Finalement, la seule promesse qui semble tenir est celle des postes. Dans les villes de grandes affiches tentent de recruter actuellement les futurs enseignants avec ce chiffre faramineux de 40.000 postes pour cette année. Et pour cause : les concours ne parviennent plus à pourvoirl’ensemble des postes qu’ils proposent, notamment en mathématiques, en lettres classiques et modernes ou encore en anglais.

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Une panne de motivation que le gouvernement ne semble vouloir résoudre qu’en brandissant des postes à pourvoir. Avec le risque de voir se presser des jeunes épuisés de se voir refuser des offres d’emplois dans leur secteur et qui deviendront enseignants par défaut. On ne devient pas enseignant par défaut : on exerce par conviction ou alors on démissionne. Dura lex sed lex. Vouloir recruter avant d’avoir résolu les problèmes de l’école et donc avant d’avoir dopé l’attractivité de la profession est la promesse d’un échec programmé.

 

Un message au gouvernement

 

Au-delà de ce risque, une telle dépense renvoie à la certitude, on ne peut plus erronée, selon laquelle la guérison de l’école ne serait qu’une question de moyens. Facilité qui permet d’évacuer les véritables maux dont souffre l’école. Ces recrutements dispendieux nuisent profondément aux finances publiques, et davantage encore au pouvoir d’achat des enseignants, dont le salaire plafonne depuis des années, et dont on annonce le gel à présent.

À diplôme égal, les enseignants de France sont parmi les moins payés de l’OCDE. Et que dire des autres professions dans le privé, en dehors des sentiers de l’éducation, qui leur offrirait des situations financières bien plus confortables.

Alors on pourra toujours se dire qu’une grève ne sert pas à grand chose. Elle est pourtant un moyen comme un autre de faire passer un message au gouvernement pour lui faire comprendre qu’il fait fausse route. Transmettre par la plume comme je le fais ici, ou dans la rue à l’écoute de tous les citoyens. Peu importe la forme, pourvu que jeudi soir, le gouvernement comprenne qu’après cinq ans de massacre assumé, la profession enseignante a besoin de reconnaissance. Et que pour une fois dans l’année, on puisse à ce titre placer le professeur au centre. 

 

Publié sur le Nouvel obs, le 31 janvier 2013

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Published by Yves Delahaie - dans De l'éducation
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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 16:01

Ce dimanche 27 janvier vient de refermer le débat citoyen du mariage pour tous. La manifestation des partisans du projet de loi Taubira a fait un écho retentissant des opposants qui continuent de fabuler sur la consistance de leur assistance le 13 janvier et de refuser de payer les dégâts.

Il n’est bien évidemment pas question des dégâts provoqués sur la pelouse du Champ de Mars. Mais des terribles conséquences de cette mobilisation âpre, faite de déclarations, de jugements et de préjugés qui auront animé et envenimé la question depuis maintenant près de six mois.

Ceux qui perdurent d’ailleurs parmi eux à réclamer un débat en prétextant qu’il n’a pas eu lieu sont tout de même culottés : jamais en France l’on aura autant parlé de la place des homosexuels dans la République.

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Bien au contraire, les langues se sont déliées et rarement la justesse, la pondération et la pertinence n’auront pris le pas sur la passion.

A l’issue de la Commission des lois, il y 15 jours, Sergio Coronado, député Europe Ecologie les Verts, rappelait que si les termes avaient été mieux choisis qu’en 1998 par les opposants, ils n’en demeuraient pas moins d’une grande violence à l’égard des homosexuels. Et les chiffres de SOS homophobie le confirment : quand Frigide Barjot se réjouit dans son livre (sic) que grâce au débat, les partisans de l’adoption ont reculé (de 55 à 49%), elle omet de préciser que dans le même temps les agressions homophobes ont triplé…

Ce débat ne fut qu’un leurre pour développer une argumentation en trompe l’œil qui puise sa source dans le même bénitier que 1998. Car autant on peut entendre les réticences à l’égard de la PMA et de la GPA qui relèvent davantage de la bioéthique que de l’orientation sexuelle (d’ailleurs souvent les opposants à la PMA la refuseraient à tout le monde), autant celles à l’égard du mariage et de l’adoption sont clairement suspectes.

N’en déplaise à Henri Guaino qui prétend que seul le Peuple est souverain sur la question, le Conseil Constitutionnel a affirmé exactement l’inverse en 2011, et Jean-Louis Debré a confirmé que la question relevait de l’Assemblée et que les Sages ne censureraient pas le texte si la loi venait à être votée le 12 février prochain. Qui pourra alors se plaindre de voir le petit Sarkozy dispenser des cours à la Fac de Droit, fort de sa licence, quand les députés eux-mêmes, et la plume d’un président de la République lui-même, réinventent par pur mauvais esprit la lettre de notre Constitution ?

Fin de la partie, fin de la parodie. La parole est aux députés et à l’Assemblée. Mesdames et Messieurs, c’est à vous de jouer. Et non de sur-jouer. 

 

Publié le 28 janvier 2013 sur Médiavox

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 17:30

SOUS LES PAVÉS. Alors que ce vendredi 25 janvier, les membres de la manif' pour tous tenteront de récolter ce qu'ils ont semé dans les salons de l'Elysée, en effectif réduit puisque ni Xavier Bongibaut, ni Tugdual Derville, pourtant deux piliers du collectif seront absents (et c'est mieux ainsi au vu des dérapages de l'un et l'autre), les partisans du projet de loi affûtent leur plume et leur bottes.

Direction la capitale pour faire écho à Frigide Barjot et ses compères et soutenir un projet de loi qui sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du 29 janvier pour un vote prévu le 12 février.

 

Une polémique dénuée de sens

 

Inutile de dire qu'il n'y aura pas besoin de sortir la calculette : il y aura nécessairement moins de personnes à ce défilé qu'à celui du 13 janvier. Et il n'y aura nul besoin de se les disputer avec la préfecture de police, comme le font les opposants avec une grasse bêtise depuis le 13 janvier. La palme revenant conjointement à Charles Beigbeder et Bruno Gollnisch. Le premier a estimé le nombre de participants à 2,5 millions par un savant calcul qui défie la logique :

 

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Le second a aussi pris les mathématiques en grippe, puisque le lendemain, dans l'émission "Mots croisés", il a cru bon d'expliquer : "Je sais qu'il y a eu 986 cars. Ça fait déjà les 350.000 personnes qui avaient été annoncés sur ordre par le Préfet de police". Soit des cars affrétés pour l'occasion de 355 places environ chacun ! On n'arrête donc plus le progrès.

On le voit, cette bataille de chiffre confine au ridicule. Pire, dans le cadre des partisans du projet de loi, elle serait vaine. Les réseaux catholiques sont éminemment plus puissants et plus aptes à doper des défilés que les partisans du projet, qui, n'en déplaisent aux persifleurs, ne sont nullement organisés en lobby. Ici, il n'y a pas de mécène, deus ex machina, qui vient annoncer un don de 60.000 euros pour réserver des TGV comme on l'a vu pour le collectif de la "Manif pour tous" de Lyon dans l'"Envoyé spécial" du 10 janvier. L'Église ne viendra pas recueillir le 12 au soir les provinciaux qui voudraient défiler le 27.

 

L'égalité stricte

 

Comme c'est souvent le cas en France, il est toujours plus simple de trouver des opposants pour se mobiliser à un projet que des partisans, surtout quand on sait que la majorité de gauche nous préserve a priori de toute mauvaise surprise au soir du 12 février : la loi sera votée pour le mariage et l'adoption.

Pour autant, si cette manifestation ne sera pas nécessairement une épreuve de force en termes de chiffres, elle devra montrer aux yeux de la France entière que la rue n'appartient pas aux opposants. Que la rue n'appartient pas à l'Église. Et qu'en France, il n'y a pas de citoyens de seconde zone.

 

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Il n'y a pas en République, ceux qui ont des droits, et ceux qui en sont privés de seul fait de leur identité sexuelle. Il n'y a pas en France des enfants qui auraient des droits, et d'autres qui en seraient spoliés du fait de l'orientation sexuelle de leurs parents.

La marche de dimanche est une marche pour le respect du pilier central de nos valeurs républicaines : l'égalité. Il n'est pas question ici de demander de légiférer sur des "pratiques" comme on l'entend trop souvent : il est question d'identité, d'hommes, de femmes, d'enfants et de citoyens. Ni plus, ni moins.

Aussi, ce ne sera pas une Gay Pride, ce dimanche : de la même manière que des hommes se sont battus pour le droit des femmes d'avorter, les homosexuels ne sont pas seuls à être appelés à défiler : ce sont TOUS les Français qui sont invités à se battre pour l'égalité des Droits.

L'objectif affiché pour ce dimanche est qualitatif : aux messages de refus, de négation, voire d'exclusion des uns, répondons par le sens de la formule et réclamons ce que doit la République aux citoyens Français et à sa devise.

 

Publié dans le Nouvel obs, le 25 janvier 2013

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:53

Pendant 48 heures la semaine dernière, La commission des Lois de l'Assemblée nationale a débattu du texte présenté par le gouvernement, avant de l’adopter dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les médias n’auront retenu que le temps record qu’il fallut pour adopter le premier article, dû en large partie aux innombrables amendements d’obstruction qu’ont déposé l’opposition (certains étant à quelques mots près des doublons qui obligèrent les intervenants à ne rien ajouter par la parole à ce qu’avait exposé le collègue…).

Pourtant, cette Commission aura laissé lieu à de grands moments. Et parmi eux, il convient de citer ceux d’Edouard Fritch, député de Polynésie française et membre de la nouvelle UDI, qui s’est laissé allé au particularisme de ses îles avec une crudité à faire froid dans le dos :

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(Vidéo à 2h50’ environ)

"Car dans nos sociétés, nous avons des homosexuels, qui sont pas tout à fait les mêmes que chez vous. (mouvements et bruit dans la salle). Oui. Nous avons ce que vous avez entendu des "rae rae", des "mahu", nous avons différents types d’homosexuels qui ne se mettent pas en ménage comme on le voit bien souvent en Europe, ou aux Etats-Unis."


Des homosexuels... pas tout à fait les mêmes que chez vous

 

Edifiante déclaration d'Edouard Fritch qui décline son discours sans imaginer un seul instant que sa manière de parler d’homosexualité suffit à elle seule à comprendre l’ostracisme et la discrimination dont les homosexuels semblent être les victimes en Polynésie. 

Puis il détaille cette typologie si singulière :

"Nous n’avons pas de termes polynésiens pour traduire 'homosexuel'. Imaginez-vous. Nous avons des termes, les 'rae rae', ce sont des hommes efféminés, qui sont des homosexuels, qui ne vivent pas nécessairement avec un autre homme, qui sont des homosexuels parce qu’ils ont des manières d’homosexuels, ils vivent dans une situation de femme, d’efféminé, ais ce ne sont pas les mêmes mœurs que l’on trouve ici en Europe.'

Puis le député d’en conclure : 'C’est la raison pour laquelle nous disons qu’aujourd’hui l’application de cette loi en Polynésie française risque de nous perturber profondément au niveau  de la vie sociétale."

Oyez, oyez braves gens : nous sommes bien en France en 2013 au sein de l’Assemblée nationale ! 

Ahurissante description qui circonscrit l’homosexualité polynésienne aux travestis qui ont un statut particulier dans les îles, travaillant souvent au service des familles. Parce que si les "rae rae" et les "mahu" existent bel et bien, d’autres homosexuels, qui ne sont pas nécessairement "efféminés", avec "des manières d’homosexuels" ou dans "une situation de femmes" existent aussi. 

 

Des définitions déconcertantes pour Christiane Taubira


Christiane Taubira, en réponse à Edouard Fritch, ne pourra occulter son effarement face à la description faite par M. Fritch, qui estimaient par ailleurs qu'une telle loi serait un "choc" pour les Polynésiens :  

"Il ne s’agit pas d’aller rechercher des homosexuels, quelles que soient les définitions qui sont parfois déconcertantes par ailleurs qui peuvent être données des homosexuels, il ne s’agit pas d’aller les chercher et de se contraindre à se marier."

Il n’est pas question ici d’ignorer les différences qui peuvent exister dans les iles polynésiennes et il ne fait nul doute que les mœurs et les coutumes patriarcales rendent l’homosexualité encore plus difficile à vivre là-bas qu’ailleurs.

Mais en quoi valider cette vision archaïque de l’homosexualité et demander donc un particularisme aidera-t-il à améliorer leur situation ? N’est-ce pas, bien au contraire, aux législateurs, de montrer la voie de la tolérance et d’en profiter pour faire de la pédagogie ? Ou bien est-il plus confortable pour son siège parisien de laisser la société étouffée dans ses préjugés ?


Au-delà de l'homophobie, une laïcité bafouée.


Encore plus grave, les raisons invoquées par Edouard Fritch sont bien plus grave pour les valeurs républicaines :

"Nous avons une culture française, et polynésienne. La culture française, nous l’avons obtenue des religieux qui sont venus chez nous. En d’autres termes, notre culture est fortement teintée de Christianisme. Vous voyez les valeurs  de la famille au travers de cette culture, et tout ce qui s’en suit au niveau de la filiation."

Habile argumentation qui non seulement explique que la culture polynésienne est chrétienne et que sa vision de la famille est en contradiction avec le projet de loi mais qui rajoute, en outre, que c’est la France qui lui a apporté cette culture, et qui, en somme, est responsable de la situation.

Comme si depuis que la Polynésie est devenue française, à une époque où la France elle même n’avait pas encore séparé l’Eglise et l’Etat, il n’y avait pas eu 1905 et l’établissement de la laïcité !

Incroyable gifle faite à la République et à ses principes laïques qu’Edouard Fritch avait déjà commise à l’Assemblée Nationale en juillet dernier en affirmant que "le christianisme est devenu une valeur de la société polynésienne » et que « la laïcité n’a pas la même prépondérance que dans l’hexagone" ?

Non content de confirmer la société polynésienne dans ses clichés et son intolérance à l’égard des homosexuels, Edouard Fritch griffe la laïcité dans le ventre même de la République.


Les mots si juste de Sergio Coronado


Plus que jamais, les mots de Sergio Coronado, qui conclurent cette Commission, prennent alors leur sens quand il comparait les débats actuels à ceux du PaCS en 1998 (à 3h30 environ)

"C’est vrai que les mots aujourd’hui ne sont pas les mêmes, on a plus ces dérapages verbaux. Je l’ai dit tout à l’heure, les mots sont mieux choisis, ils sont sans doute plus élégants, mais la violence est toujours aussi palpable."

Et le député écologistes d’expliquer : "L’idée que des hommes, des femmes, avec des orientations sexuelles différentes puissent créer une famille, et élever des enfants ensemble, ça semble être quelque chose de tout à fait insupportable à vos yeux et j’ai ce sentiment, et j’ai même la certitude que cette idée-là appartient à un autre temps. J’ai le sentiment et la certitude que la société française n’en est plus là."

Et il serait surprenant que la société puisse s’accommoder encore longtemps d’une classe politique aussi éloignée de son temps…

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 15:56

Il est amusant de se pencher à nouveau sur les « débats » qui ont animé la présidentielle. Les guillemets s’imposent puisque je rappelle que d’une part les deux principaux protagonistes ont refusé l’exercice proposé par Nicolas Dupont Aignan et repris par François Bayrou. D’autre part, la cocasserie de la droite actuelle est d’exiger un débat sur le mariage pour tous, alors que Hollande est élu, et que cette mesure correspond même à son 31ème engagement et que les mêmes n’étaient visiblement pas si pressés d’en débattre à ce moment-là…

Toujours est-il que s’il y eut tout de même un point sur lequel le débat fut vif, ce fut celui de l’école. Dès la primaire socialiste, on vit même s’écharper la premier secrétaire du PS de l’époque, Martine Aubry avec celui qui deviendra le Président de la République, notamment sur le bûcher des 70000 postes crées dans l’Education nationale d’ici 2017. Avec la promesse de réformes.  

Réformes de quoi ?

Du temps de travail des enseignants, principal serpent de mer qui est censé expliqué l’effondrement du niveau de connaissance et de culture générale des élèves de France.

Des rythmes scolaires même si l’on sait pertinemment que le Gouvernement ne diminuera pas les vacances d’été pour mettre en crise le secteur du tourisme, l’un des rares à vivre encore de sa prospérité en ces temps difficiles.

Du numérique qui doit s’imposer partout comme si les technologies modernes faisaient office de remèdes miracles…

Et puis… c’est tout.

Vincent Peillon n’a finalement rien proposé de nouveau, ni même de modifications. Oubliant que l’échec de notre école n’est pas celui des professeur mais bien celui des performances des élèves. Et que cette baisse générale, qui se vérifie tant dans la maîtrise de la langue que dans les mathématiques ou bien encore en termes de culture générale, provient de l’abandon brutal de la transmission du savoir.

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Cette erreur hystérique est à la charge entière des pédagogistes qui ont sévi pendant trois décennies, Philippe Mérieu en tête, lui qui est devenu vice-président de la Région PaCA pour le soulagement des authentiques pédagogues.

Pendant tout ce temps, l’on constatait le niveau qui baissait sans entreprendre la moindre réforme de fond. Tout d’abord en niant les faits et en prétendant que les élèves savaient aujourd’hui faire des choses différentes (mais le temps ne fait rien à l’affaire de la maîtrise des fondamentaux !).

Puis en plaçant des pansements sur des plaies béantes ou en cassant le thermomètre, car il était entendu que si le niveau baissait, il suffisait de remonter artificiellement les notes pour donner l’illusion du bonheur.

C’est en ce sens qu’a été mis en place le socle commun des connaissances et des savoir-faire, imaginé en son temps par Valérie Giscard d’Esteing, mais qui au lieu d’être un socle minimal de connaissances communes est devenu un socle commun de connaissances minimales. 

De la même manière, on a instauré au collège une note de vie scolaire pour gratifier l’assiduité et le comportement. Une simple note qui vaut autant pour le trimestre qu’une moyenne de mathématiques ! Aujourd’hui un élève est à l’heure et connaît sa table de 4 et l’on crie au génie…

De tout cela, Peillon ne pipe mot, maniant la chèvre et le chou, donnant raison aux pédagogistes lors de la remise de rapport, mais instaurant sur le terrain un statu quo qui fait décolérer le camp d’en face. Le pragmatisme à la Lang persiffleront certains.

Et pour apaiser les susceptibilités de chacun, on crée des postes par milliers alors que les concours peinent à recruter des candidats faute de vocation. Dans un tel capharnaüm, où l’enseignant en a perdu sa mission première qui est tout de même de transmettre des connaissances, on peut le comprendre.

Alors aujourd’hui quand on se demande impatiemment quand sera réformée l’école, nul n’est besoin de préciser que ce n’est pas encore pour maintenant le changement.

 

Publié le 21 janvier 2013 sur Mediavox

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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