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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 20:36

Monsieur Guaino,

Jadis, quand vous fûtes la plume de Nicolas Sarkozy, nous avions tout supporté de votre part. Tout. Jusqu’à l’insoutenable quand vous estimiez, dans votre élan inconsidéré, que l'instituteur ne pourrait jamais remplacer le curé ou le pasteur. Ou encore quand vous aviez osé faire dire à un président de la République française que l’homme africain n’était pas entré dans l’Histoire.

L’insoutenable disais-je, qu’il était si simple de dissimuler en vous réfugiant dans l’ombre tutélaire de l’omniprésident. Un refuge.

Quand vous n’avez pu concurrencer Patrick Buisson, laissant la campagne de Nicolas Sarkozy s’enfoncer dans les limbes insoutenables des limons bleu Marine, vous prîtes votre courage à deux mains pour vous présenter devant le suffrage universel. Témérité sans égale puisque vous briguâtes la troisième circonscription des Yvelines, une des plus traditionnelles et conservatrices que la France compte. Jeannette Bougrab ne s’y trompa quand elle écrivit dans "Ma République se meurt" :

“On offre (à Henri Guaino) une circonscription en or dans les Yvelines, Le Chesnay, La Celle Saint-Cloud, où même un âne gagnerait s’il se présentait sous l”étiquette UMP.”

Adepte du parachutisme, vous décidâtes alors, en entrant au Palais Bourbon, de vous composer un rôle à la mesure de votre ego. Le ton haut, le verbe fort, les trémolos dans la voix, vous vous revêtites alors des oripeaux d’André Malraux, provoquant les quolibets et autres railleries mérités de la part de vos homologues, comme Alain Tourret le fit lors de la première séance sur la loi du "mariage pour tous".

Qui ne se souvient de votre ridicule discours en ouverture de la première lecture du texte, pétri de formules grandiloquentes, qui ressemblent à s’y méprendre à celles de Damon, le raisonneur dont Célimène brosse un portrait au vitriol dans "Le Misanthrope" :

C’est un parleur étrange, et qui trouve, toujours,

L’art de ne vous rien dire, avec de grands discours.

Dans les propos qu’il tient, on ve noit goutte,

Et ce n’est que du bruit, que tout ce qu’on écoute.

Pathétique spectacle : vous crûtes vous incarner en Molière et vous en fûtes réduit à jouer les figurants invisibles qui ne se meuvent que dans les mises à mort verbales des portraits brossés par l’un des premiers rôles.

Parce que dans ce débat du mariage pour tous, vous ne fîtes qu’apporter mensonges et hérésies sur le fonctionnement de notre Constitution, prétendant ainsi que les "questions sociales" et les "questions sociétales" étaient synonymes en termes juridiques pour vendre votre référendum anticonsitutionnel, poussant le vice jusqu’à citer le "Petit Robert" dans "Mots croisés" pour berner le chaland ignorant du Dalloz.

Bonimenteur, vous allâtes encore plus loin, si cela était possible, en décrétant que le Parlementn’était pas légitime pour légiférer (sic) sur la question du mariage pour tous, contredisant le Conseil constitutionnel – rien que ça ! – qui exprimait exactement le contraire un an plus tôt.

Mais le ridicule ne tue pas. Et vous sévissez encore aujourd’hui, en repoussant toujours plus loin les limites du supportable.

Feignant l’outrage, toutes grimaces dehors, trouvant les mots les plus forts en prétendant fournir les plus justes, vous avez fait voler en éclats ce vendredi l’indépendance de la Justice et la séparation des pouvoirs. Ad nauseam.

Prenant faits et cause pour Nicolas Sarkozy, alors que le Président du dernier lustre est mis en cause pour des faits d’une grande gravité, dans une affaire qui a déjà donné l’impression, depuis des mois, à bon nombre de Français que la clarté n’était pas de mise dans ce que vous considérez certainement être votre chef d’oeuvre, l’élection de 2007, vous avez commis l’irréparable.

 

Mais pour qui vous prenez vous Monsieur Guaino ?

 

Sur Europe1, vous commençâtes par un réquisitoire inique et insupportable pour les valeurs de notre République en déclarant sur l’affaire, à propos du juge Gentil qui avait mis en examen Nicolas Sarkozy :

“Je conteste la façon dont il fait son travail, je la trouve indigne, je le dis. Je trouve qu’il a déshonoré un homme, il a déshonoré les institutions, il a aussi déshonoré la justice."

  

Puis ce sera un festival de mots dans un concours d’indignité : "grotesque", "accusation insupportable", "invraisemblable" et "d’intolérable". Plus grave, vous avez appellé le juge à venir "s’expliquer publiquement" des "fondements, faits précis, concrets et irréfutables" qui lui a permis une telle incrimination.

"Il devrait communiquer ses éléments à tous les Français" avez-vous cru bon d’asséner.

Mais pour qui vous prenez vous Monsieur Guaino pour vous prétendre, ainsi, siéger au-dessus de la Justice notre pays, en juge impartial et supérieur, et pour demander, ainsi, des comptes à un juge d’instruction ?

Christophe Régnard, Président de l'Union Syndicale des Magistrats, a aussitôt réagi en déclarantvouloir porter plainte, comme le prévoit la loi, comme il vous le rappela sur le plateau du "Grand Journal" le soir-même :

"Le fait de jeter le discrédit publiquement sur un acte ou une décision de justice dans des conditions à porter atteinte à l'autorité de la justice" est puni de six mois de prison et de 7.500 euros d'amende."

Mais se maquiller en Malraux de supermarché ne vous suffisait pas : c’est Hugo que vous grimez, déclarant ne pas redouter le glaive de la Justice :

“Je suis prêt à aller devant les tribunaux et à faire six mois de prison si vous le pensez”.

Fin de la farce. Nous qui sommes censés en être les dindons. En vain. 

Monsieur Guaino, vous êtes la honte de la République. L’illustration même de ce qu’elle produit en violence, en non-sens et en infamie dans la classe politique dans un pourrissement que vous aurez alimenté, de la plume à la moelle, et qui portera, à ce rythme, les extrêmes au pouvoir.

Élu de la République, votre rôle est de penser pour le bien commun quand chacun de vos mots, chacune de vos formules n’abreuvent que votre destinée que vous croyez exceptionnelle.

Vous n’êtes que comédien, et de piètre qualité, et vos grimaces n’impressionnent sans doute que vous-même. Molière, génie du comique, peinait pourtant à prendre des fards tragiques, provoquant la risée.

Vous, vous faites suffoquer la terre entière que vous soyez tragique ou comique. Vos grands airs affectés se donnent de la hauteur mais vos mots et vos pratiques vous renvoient plus bas que terre, là où gisent les poubelles de la République.

La seule chose que l’on puisse souhaiter, c’est de vous voir condamné pour l’outrage fait à notre Justice. Il en va de l’honneur de nos Institutions.  

Monsieur, je vous salue… bien bas. Là où vous êtes.  

Publié sur Le Nouvel Obs - Le Plus, le 24 mars 2013

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 20:33

La décision de la Cour de cassation d’annuler le licenciement d’une femme voilée dans la crèche de Baby-Loup à Chanteloup-les-Vignes sonne comme un coup de tonnerre pour notre République. Une déflagration telle qu’elle poussa Manuel Valls, pourtant en plein milieu des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à faire une digression, rare, puisqu’il la fit en mettant entre parenthèses sa fonction de ministre :

"Et croyez moi, en sortant quelques secondes de mes fonctions, je veux vous dire combien je regrette la décision de la Cour de cassation sur la crèche Baby Loup et sur cette mise en cause de la laïcité."

 

babylou.jpg

 

Alors certains s’offusqueront du recours à la laïcité quand la Cour de cassation a expliqué, elle, que la loi sur la laïcité justement ne s’appliquait pas à Baby-Loup, crèche privée, et donc ne relevant pas du domaine public, y compris par son activité :

"Les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnées au but recherché. 

Jeannette Bougrab, ancienne présidente de la Halde, n’avait pas dit autre chose que le ministre de l’Intérieur hier matin sur RTL, en attendant le verdict :

"Depuis ma présidence de la Halde, j'ai fait de Baby Loup un combat pour la laïcité."

Il n’est pas surprenant de voir Jeannette Bougrab et Manuel Valls dans le même combat pour Baby-Loup. Déjà en 2010, lors du premier jugement de l’affaire, l'actuel ministre de l'intérieur avait été la seule personnalité politique de gauche à soutenir les dirigeants de la crèche en se rendant au tribunal. À l’époque, il avait même suggéré de proposer une loi interdisant "le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants" expliquant ainsi : "Il semblerait qu'il y ait un vide juridique et je vais réfléchir à l'idée d'une proposition de loi pour qu'on interdise, comme c'est le cas à l'école, le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants".

Plus que jamais, cette proposition de loi qui n’a jamais été suivie d’étude à l’Assemblée nationale prend son sens. Car la décision de la Cour de cassation a semblé considérer la crèche comme un établissement privé, une entreprise comme une autre. Or, quand on s’occupe de nourrissons, et que l’on n’a pas vocation à proposer une prestation confessionnelle, la neutralité s’impose.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’hier, la justice de notre République a mis sur un pied d’égalité cette crèche, qui se voulait neutre pour accueillir les enfants, dans la droite lignée d’une mission de service publique qui n’existe pas (aucune crèche publique ne propose une telle flexibilité horaire), et l’affaire "Fanny Truchelut", du nom de cette femme qui avait refusé à une femme voilée de fréquenter les parties communes de son hôtel sous le prétexte de ce signe ostentatoire.

La différence est pourtant énorme : l’hôtelière avait clairement discriminé une femme, alors qu’elle est commerçante et que son activité consiste à héberger des clients adultes, quand dans l’affaire de Baby-Loup, le règlement intérieur se réfère à la neutralité car son activité est consacrée à des nourrissons, qui contrairement à des usagers d’un hôtel, n’ont pas la liberté de conscience et d’esprit pour faire fi d’un quelconque prosélytisme.

Dans ce climat moribond pour nos valeurs, la contestation de Manuel Valls est donc une position courageuse, d’autant que le gouvernement s’est montré discret. On peut le comprendre, car la séparation des pouvoirs impose qu’un membre du gouvernement ne commente pas une décision de justice (et c’est la raison pour laquelle Manuel Valls a tenu à s’exprimer en tant qu’homme et non ministre). Mais à gauche, peu de voix se sont montrées solidaires, comme c’est le cas depuis le début de cette affaire.

 

De la différence entre neutralité et islamophobie

 

Beaucoup plus gênant, Sihem Souid, conseillère de Christiane Taubira au ministère de la Justice, s’est réjouie via twitter:

 

 Capture-d-e-cran-2013-03-30-a--20.32.02.png

Ce n'est pas un hasard si, hier, l’affaire n'aura pas fait que des malheureux comme le montre la réjouissance assumée de ceux qui testent les limites de la République pour imposer des particularismes communautaires, à l’image du CCIF, le Collectif contre l’islamophobie en France. Un collectif, qui, par ailleurs, considère par exemple que Michel Onfray est homophobe quand il déclare : "C’est l'Islam qui est un problème, pas la burqa", ou que les éditions Nathan le sont également quand elles expliquent qu’en Arabie-Saoudite le droit de femmes est limité.

Les bobos et les adeptes du multiculturalisme qui ne voient aucun inconvénient à ce que la laïcité se dote d’une épithète, "ouverte", n’oublient surtout pas de rappeler que se lamenter de ce jugement, comme le fit sobrement Manuel Valls ou avec les mots les plus forts et les plus touchants Jeannette Bougrab, revient à faire le jeu des identitaires et autre Riposte laïque qui voient ici leur obsession de l’islam se nourrir d’un exemple qui ne fait pas honneur à la République.

Candides ou bien plus graves, cyniques, ils préfèrent ne rien voir et surtout ne pas reconnaître que ce genre de décision fait le lit du Front national, qui tente de se draper des oripeaux de la laïcité et qui y verra ici l’occasion de montrer qu’elle est mise à mal.

Car il ne faudrait tout de même pas confondre ceux qui défendent la neutralité de ce qui semble relever de la mission publique et ceux qui organisent une croisade contre l’islam.

La position de Manuel Valls rappelle que l'on peut être de gauche et être un défenseur de la laïcité. Que l'on peut être de gauche sans se noyer dans la bien-pensance et la pudibonderie de la honte coloniale qui rend aveugle face aux dérives communautaristes. Car la laïcité n'est ni de droite, ni de gauche : elle est tout simplement républicaine. 

Publié sur Le Nouvel obs - Le Plus, le 20 mars 2013

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 20:29

Ce mardi 19 mars, un terrible coup de poignard vient d’être assené à notre République par la justice elle-même. En effet, la Cour de Cassation a annulé mardi le licenciement en 2008 d’une employée de la crèche privée "Baby-Loup", dans les Yvelines, qui s’était vu reprocher par son employeur de refuser d’ôter son voile islamique.

Selon la justice, qui avait pourtant pris fait et cause pour les administrateurs de la crèche en première instance et en appel, la laïcité ne s’applique pas dans le cadre d’une entreprise privée.Elle s'en explique ainsi :

"Les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnées au but recherché."

Avant d’ajouter :

"Tel n'est pas le cas de la clause générale de laïcité et de neutralité figurant dans le règlement intérieur de l'association Baby-Loup, applicable à tous les emplois de l'entreprise. Une telle clause étant invalide, le licenciement de la salariée pour faute grave aux motifs qu'elle contrevenait aux dispositions de cette clause du règlement intérieur constitue une discrimination en raison des convictions religieuses et doit être déclaré nul."

 babyloup.jpg

 

Cette affaire, éclatée en 2008, avait fait grand bruit, la crèche ayant été soutenue dans sa décision par Elisabeth Badinter ou encore Jeannette Bougrab, alors qu’elle était à la tête de la Halde, qui avait, avant son arrivée, pris fait et cause pour l’employée. Dans son livre récemment sorti, "Ma République se meurt", Jeannette Bougrab explique d’ailleurs toutes les pressions qu’elle a subieslors de cette affaire et de la part des plus hauts fonctionnaires de l’État.

La crèche Baby-Loup est une crèche de quartier comme il en existe peu en France et qui permet d’accueillir les jeunes enfants 24 heures sur 24. Située en plein milieu d’une banlieue parisienne, elle permet aux parents qui travaillent parfois loin de chez eux, à des horaires impossibles, d’avoir une structure pour les accueillir.

Or aujourd’hui, la décision de la Cour de cassation met sur la sellette Baby-Loup, car le licenciement, reconnu comme illégal par la justice, risque de coûter une somme colossale à la crèche, qui n’y survivra pas, comme le rappelle dans son livre Jeannette Bougrab.


Neutralité religieuse pour les plus de 3 ans

 

Au-delà de ce drame humain, il faut aussi savoir que l’employée voilée avait accepté le règlement intérieur et qu’elle était revenue du jour au lendemain avec le voile, bien que le règlement intérieur qu’elle avait signé spécifiait que la neutralité religieuse était requise. Et quoi de plus normal quand les activités d’une crèche relèvent d’une mission d’utilité publique.

Or ce qui vaut pour l’école doit également être applicable dans une crèche, sinon à vider de sa substance la loi des signes ostentatoires dans les établissements scolaires de 2004. Comment pourrait-on prôner la neutralité religieuse pour les enfants… seulement après 3 ans ?

La raison invoquée par la Cour de cassation est grave. Car elle nie la réalité des activités de mission publique d’une crèche en affirmant que "les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnées au but recherché".

Elle entend donc qu’une crèche ne rentre pas dans le cadre d’une restriction à la liberté religieuse. Ce qui revient à dire que nos enfants ne sont protégés du prosélytisme que s’ils ont 3 ans ou plus. Cela signifie aussi que tous les parents qui ont accepté le règlement intérieur de Baby-Loup et qui souhaitaient préserver leurs enfants de tout prosélytisme religieux se voient flouer par la justice, qui vient de balayer d’un trait ces principes. 

Et que faire quand les crèches publiques sont pleines et que les crèches privées ne peuvent plus garantir d'appliquer les mêmes principes de neutralité même si elles se revendiquent de mission publique ? L'alternative est simple : soit vous ne travaillez pas car vous ne pouvez pas faire garder vos enfants selon vos principes, soit vous cédez à la pression religieuse – quel beau dilemme républicain ! Abject. 

Quel meilleur signe la laïcité ouverte pouvait-elle recevoir, celle qui est prônée par les idiots utiles de la République, les babas-cool qui font les louanges d’un multiculturalisme à l’anglo-saxonne (qui n’en finit plus pourtant d’être à l’agonie), et qui est revendiquée aussi par les intégristes et les communautaristes, qui demandent des dispositions particulières face à la laïcité ?

Ce qui nous rappelle que François Hollande avait, d’ailleurs, promis d’inscrire la loi de la laïcité dans la Constitution. Oui, mais ça, c’était avant. 

 

Publié sur Le Nouvel Obs- Le Plus, le 19 mars 2013

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 19:37

Sympathique. Humain. Simple. Les éloges pleuvent depuis que le Vatican, devenu centre du monde pour deux jours, a pu déclarer avec fierté « habemus papam ». La modernité semble même semble même avoir soufflé sur le choix des cardinaux à en croire certains, puisque l’heureux élu est d’origine argentine.

Alors, c’est vrai qu’il y eut bien les zones sombres de la jeunesse, notamment dans sa passivité face à la dictature militaire de Jorge Rafael Videla qui ressurgirent et que d’aucuns banalisèrent en parlant de tradition moribonde anticléricale comme lorsque Benoit XVI fut ramené aux jeunesses hitlériennes.

pape

Mais au-delà de cet aspect historique, toujours complexe à apprécier, il est des faits et des prises de position récents qui, eux, forment la ligne directrice de la vision du monde du nouveau Pape et qui en disent davantage que les soupçons que représentent les fantômes du passé. Et les positions défendues par Jorgé Mario Bergoglio ne laissent aucun doute : les progressistes peuvent se faire du souci.

Non content de s’opposer au mariage des homosexuels en Argentine, qu’il a assimilé à « une manœuvre du père du mensonge pour confondre et tromper les fils de Dieu” dans une confession faite à “La Nacion”, il estimé que l’homosexualité était “un démon infiltré dans les âmes”. Pour Bergoglio, les homosexuels ne seraient donc pas les agneaux de Dieu mais les loups de Satan… Ou les agneaux démoniaques de Dieu, selon.

Non content de s’opposer à l’avortement qu’il estime n’être “jamais la bonne solution”, il avait qualifié de “lamentable” la mesure qui dépénalisait à Buenos Aires les IVG en cas de viol. Sans doute estimait-il que les viols étaient voulus par Dieu ou alors que les enfants issus du viol l’étaient…

Ajoutons à cela les oppositions traditionnelles de l’église sur l’euthanasie et le prêtrise des femmes et vous aurez le portrait du parfait conservateur liberticide. 

Alors bien évidemment, l’on peut toujours affirmer que l’Eglise n’a pas à approuver le mariage des homosexuels ou encore l’avortement. C’est vrai. Mais son devoir est de protéger et de considérer tous les humains, quels que soient leurs péchés imaginaires. Surtout quand il n’est nulle question de telle condamnation dans les Evangiles, dans lesquelles semblent vouloir puiser Bergoglio.

Par ailleurs, il est toujours aisé pour nos pays de prendre du recul face à des dogmes aussi caricaturaux eu égard à nos lois et nos principes républicains. Mais c’est oublier que nos pays sont sécularisés comme jamais et que si l’église y a perdu toute son influence, il n’en est rien en Amérique du Sud ou encore en Afrique où son rayonnement est total. Dans ces pays, toutes ces prises de positions sont autant d’interdits que la société s’impose ou plus exactement que certains imposent à la société toute entière.

Alors on pourra toujours dire que c’est le Pape des pauvres et que son combat contre le néo-libéralisme est un signe précieux pour ceux qui croient encore en l’existence d’un monde nouveau : quand ces luttes légitimes s’accommodent des idées les plus conservatrices et les plus liberticides pour les femmes et les homosexuels, cela revient à lutter contre des inégalités pour en ouvrir d’autres. Pire. Cela revient à dire qu’il y a des inégalités qui méritent plus que d’autres à être combattues. Au nom de Dieu. 

Publié sur Médiavox le 18 mars 2013

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Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 20:26

Samedi soir marquait la véritable rentrée politique de François Bayrou. Après sa défaite aux législatives, le président du MoDem avait promis de se retirer, et de s’imposer un jeun médiatique, estimant qu’il avait tout dit aux Français. Comme il s’en expliqua au Conseil national de son parti le 30 juin 2012

Cela ne l’avait pas empêché pour autant de revenir de temps en temps devant des micros pour donner son analyse de la situation. Comme la marée, venant et repartant, en déposant ses sédiments. Contribution forcément modeste pour cet homme déchu.

Mais la solitude lui sied si bien, comme il le rappela quand Aymeric Caron lui demanda de citer une faiblesse : "je suis assez facilement solitaire". Et comme souvent en pareille occasion, le Béarnais se réfugie dans sa pensée, n’écoutant que son petit cénacle pour lui rapporter des nouvelles du monde. Et il écrit. Écrire pour construire sa pensée. Et repartir en selle.


Bay1

 

"De la vérité en politique" en sera le fruit. Un livre porté aux nues par un Laurent Ruquier que l’on a connu moins bienveillant à l’égard de ses invités politiques. Un livre de François Bayrou n’est, il faut bien l’avouer, jamais une simple analyse brouillonne remaniée par un nègre complaisant : c’est une plume de velours qui virevolte dans l’encrier de son âme, avec exigence et précision, offrant ses lettres de noblesse à la langue française et dont on lui accordera, même en cas de désaccord, la sincérité.

C’est chargés de ce respect que l’on a retrouvé chroniqueurs et invités autour du président du MoDem. Respect pour l’intégrité et la probité du personnage. Sa simplicité sous, parfois, d’austères postures d’instituteur, comme lui rappela jovialement et avec tendresse Patrick Sébastien. Respect aussi pour celui qui fut le troisième homme et qui, une fois ses lauriers tressés, ne fut jamais en mesure de fructifier une victoire annoncée. Et c’est dans le sillon tortueux de cet itinéraire inachevé qu’il faut lire François Bayrou, comme tentèrent de lui expliquer le plateau d’"On n’est pas couché". En vain.

 

Les stigmates d'une double-défaite 

 

François Bayrou avait fait de sa présidentielle 2012 une ode à la vérité, citant notamment dans "2012, État d’urgence" George Orwell : "En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire". 

Seulement entre temps, il y a eu défaite. Lourde défaite. Double défaite. Celle de la présidentielle. Celle des législatives. Et que trouve à dire François Bayrou dans son livre ? Que c’est la vérité qui l’a crucifié alors qu’elle seule pourra sauver les peuples. Une posture selon Natacha Polony, qui a tenté de lui rappeler que s’il était effectivement le premier à avoir eu un discours de vérité sur les crises de notre pays, plus personne aujourd’hui ne le conteste et que la solution n’est donc plus dans le diagnostic mais bien dans la résolution du mal. Ce qu’elle illustra parfaitement avec l’exemple de l’école, à présent que la Direction de la prospective, crée par le Ministre Bayrou, reconnait enfin la gravité de la situation : 

"Cette instance niait les chiffres. Et maintenant qu’elle les reconnaît, eh bien il y a un débat pour savoir les causes. Il y a un débat fondamental parce que certains disent que si l’école française va mal c’est parce qu’elle est élitiste et d’autres disent que c’est parce qu’elle n’apprend plus à lire. Donc vous voyez le tout, ce ne sont pas les chiffres. Il n’y a pas de faits. Il n’y a que l’interprétation des faits. Il y a des choix politiques."

À cela, François Bayrou répond qu’il y a des opinions d’une part et des faits d’autres parts. Oubliant que Natacha Polony n’avait pas dit autre chose mais qu’une fois qu’il y avait consensus sur le diagnostic, l’essentiel est d’avoir les moyens de guérir le mal. De l’illustration d’une célèbre réplique de Patrick Timist dans un de ses anciens sketchs, qui ironisaient sur la "recherche" : "ah ben nous on est chercheurs, pas trouveurs".

Et cela fut le gimmick de la soirée, chacun expliquant au président du Modem que le problème ne résidait pas tant dans le diagnostic de la vérité, ce dont on lui sait gré, que dans les solutions à apporter. Et à chaque fois, ce fut une fin de non recevoir.

Patrick Sébastien lui expliqua ainsi qu’après dix minutes de discours, le spectateur risquait d’avoir envie de se suicider à l’écouter, lui demandant alors :

"Il n’y a pas un moment où justement le rapport du pouvoir au peuple ça serait un peu le rapport du docteur au malade, de justement, pour venir sur le propos, de ne pas dire systématiquement la vérité, et de donner de l’espoir. Je pense que quelqu’un qui est sur le point de mourir et qui souffre, le docteur ne lui dit pas  toujours la vérité, parce que ça l’aide. Et parfois ça l’aide même à guérir. (...) Je pense que c’est une question de méthode."

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Paroles de bon sens. Paroles d’électeurs aussi, les mêmes qui n’ont jamais pu être enthousiasmés par la campagne 2012 de François Bayrou car ils avaient en face d’eux le rapporteur des Pompes funèbres, quand, à côté, de Hollande à Sarkozy en passant même par Mélenchon, on brillait en bonimenteurs même à grandes prouesses démagogiques. Car il est une chose que François Bayrou n’a pas compris, c’est la différence entre une campagne et l’action, entre la période de séduction et celle de l’existence du pouvoir. C’est le manque de pragmatisme qui condamne Bayrou à une position de prédicateur, simple prédicateur, ce qui n’est pas la finalité de la politique comme lui rappela en théoricien Philippe Labro, après avoir ironisé sur le vocation du Béarnais, à "être crucifié au nom de la vérité" :

"On ne peut pas être un imprécateur toute sa vie. Vous ne pouvez pas être en permanence cet imprécateur-là. Donc il faut bien, d’une manière ou d’une autre revenir dans le jeu politique."

Mais le président du Modem nie, et prétend que sa posture suffit à faire de la politique :

"Ben c’est le jeu politique. C’est même pas le jeu : c’est la réalité politique la plus profonde".

Et Labro de le corriger :

"Vous dites des choses, des vérités évidentes sur lequel on est à peu près tous d’accord. Or la question, c’est François Bayrou aujourd’hui vous faites quoi ? Y a des institutions y a des élections, y a des échéances. Vous allez bien un jour ou l’autre vous représenter à quelque chose, non ?"

Une éventualité balayée par Bayrou qui rappelle alors qu’être dans l’opposition sert à quelque chose (oubliant qu'il n'y figure même pas à titre personnel) et que les périodes de vache maigre de Mendès France ou de De Gaulle n’ont pas été "nulles" pour autant.


Le problème de Bayrou ? Lui-même

 

Et voilà que se distille ici la politique selon Bayrou, la même que Vigny concevait pour la poésie : le penseur maudit, le Sage, que l’on respecte et qui vient donner bons et mauvais et points mais qui, finalement, ne se donne jamais les moyens d’être élu. François Bayrou n’est pas le chef d’un parti. Encore moins l’incarnation d’un président de la République : il est une muse, courtisée et écoutée, rôle qui lui sied bien davantage que celui qui l’obligerait à distendre quelque peu sa vérité pour tout simplement la rendre accessible au peuple.

Oui l’élection au suffrage universel implique des sacrifices, des simplifications. Mais on peut les effectuer sans berner les citoyens. Juste pour faire la pédagogie de son discours. Une concession qu’il a pourtant faite puisqu’il a déjà été élu. Et à de nombreuses reprises comme lui rappelle Aymeric Caron.

Procureur depuis quelques semaines, c’est à lui qui revint la seule question qui finalement brûlait les lèvres de tout à chacun : le problème de Bayrou ne serait-il pas lui même, ce monstre d’orgueil qui refuse la moindre remise en question :

"Est-ce que finalement ce n’est pas plutôt un refuge que vous avez trouvé en disant 'je suis le seul finalement à dire la vérité et c’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai des difficultés', pour ne pas vous mettre réellement en question, pour éviter une introspection et vous dire simplement ‘mais où ai-je échoué ?"

"Ça serait une très bonne question si les autres réussissaient" rétorque alors François Bayrou, qui, orgueilleux, refusera bien évidemment de l’admettre sur le plateau quand il s’est déjà interdit de le faire même au sein de son parti.

 

Bayrou ombre

 

François Bayrou marque donc ici un vrai faux come back. Son retour n’appelle pas des lendemains qui chantent ou l’annonce d’un projet politique. Plus que jamais, il vient de démontrer qu’il est à la tête non pas d’une machine à gagner des élections mais d’un think-tank qui se veut être la conscience du bipartisme. L’éclaireur qui donne la voie à prendre. Il est dans la position rêvée de celui qui sait, et ses échecs viennent montrer que c’est parce qu’il dit la vérité qu’il est démenti dans les urnes.

Aujourd’hui, il le reconnaît enfin, pour la "première fois" admettra-t-il sur le plateau, il admet que la catastrophe d’une victoire d’un extrême dans de futures élections est plus probable que jamais. C’est sans doute pour avoir nié cette évidence qu’il s’était refusé de s’aventurer sur certains sujets lors de la présidentielle, estimant que "ça n’intéressait pas les Français". L’épée de Damoclès qui plane ainsi sur nos têtes saura-t-elle lui faire comprendre le poids de sa responsabilité ? Quitte à ce que cette union centrale qu’il souhaite de tous ses vœux ne le place pas justement au Centre, pour les raisons expliquées plus haut ? Et si tout l’enjeu de cette union était simplement l’orgueil de Monsieur Bayrou ?

 

Publié sur le Nouvel obs - Le plus, le 17 mars 2013

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 19:35

Coluche, Patrick Sébastien, Philippe Torreton, Dieudonné, Ronald Reagan, Beppe Grillo, Olivier Minne et aujourd’hui Véronique Genest. La liste n’est évidemment pas exhaustive, mais tous ont un point commun : parti du statut de comédien, ils ont fini par s’engager dans la politique, avec plus ou moins de réussite. Parmi eux, Philippe Torreton fut élu conseiller de Paris (et par là même conseiller général) et Reagan président des Etats-Unis. Preuve s’il en est que les clowns de la rubrique people peuvent user de leur strass et paillettes pour séduire les électeurs.

Nul n’ignore ce dont le succès politique se nourrit. L’image et la notoriété sont des outils essentiels et nécessaires, même s’ils ne sont pas toujours suffisants. Mais nul salut sans avoir une image bien ancrée chez les citoyens.

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Etre artiste empêcherait-il d’aspirer à une carrière politique ? Evidemment, non. Tout citoyen, quelles que soient ses aspirations et son activité peut emprunter la voie de l’engagement. Le problème, c’est évidemment quand ces comédiens se contentent d’être des comédiens avec un engagement sans autre épaisseur. Et les cas de Beppe Grillo et de Véronique Genest, chacun dans son genre, et chacun à son niveau en sont une illustration des plus fraiches.

En devenant le troisième homme des élections générales en Italie, Beppe Grillo a la position la plus convoitée de l’autre côté des Alpes : la gauche ne pouvant faire coalition avec la droite de Berlusconi, il est le seul recours possible pour obtenir une majorité. Pour autant, rien ne se fera ni avec l’un ni avec l’autre, et pour cause : le comédien a fait du poujadisme l’essence même de sa campagne, mettant dos à dos gauche et droite au son du « tous pourris », le tout avec des relents d’antisémitisme et de propagande anti-immigration. Toute ressemblance avec un certain parti de France serait purement fortuite.

Pas très loin de là, pour le moins virtuellement, la comédienne française Véronique Genest alias Julie Lescaut, est suppléante de Jonathan-Simon Sellem dans la huitième circonscription des Français de l’Etranger, regroupant notamment l’Europe du Sud Est et Israël. Invitée à décliner les motivations de sa candidature et à dévoiler quelques pans du programme et de la pensée de celui dont elle dit être un simple « porte-voix » dans l’émission « On n’est pas couché », elle abonde dans le sens de son titulaire quand celui-ci explique que « La Palestine est une fiction ». Plus grave encore, elle explique qu’elle a « l’impression qu’on dissimule un antisémitisme dans la création d’un état palestinien ». Véronique Genest, en ingénue politique, malgré une ligne idéologique un peu trop claire n’hésite pourtant pas à dire qu’elle ne fait pas de politique, qu’elle ne fait qu’une entrée, et qu’elle finira bien par en faire. A quelques semaines du scrutin. On croirait rêver.

Alors manipulé ou manipulateur, nos artistes ne sont décidément plus toujours très drôles quand ils décident d’utiliser leur image pour faire avancer un discours politique. Et Dieudonné avait déjà marqué la voie. Brunâtre. Un savant mélange de « bon sens populaire » et de « parler vrai » qui se veut un antidote à la langue de bois des politiques. Les deux vers de Mallarmé pourraient ici s’appliquer à leur vision politique : « Le sens précis rature / Ta vague littérature ».

Car tout ceci ne serait possible avec un peuple averti, un peuple éclairé, un peuple cultivé. Les élites politiques ont, sournoisement et avec un cynisme assumé, laissé le peuple s’abêtir pensant pouvoir les manipuler. Ils se rendent compte qu’à ce rythme, ils se sont coupés de lui et que d’autres en profitent. Les mêmes qui étaient censés le distraire. La valse macabre est engagée.

Publié sur Mediavox le 11 mars 2013

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 11:24

Le naufrage cathodique de Véronique Genest dans "On n’est pas couché" n’est plus un secret pour personne. Confrontée à son amateurisme, prétendant n’être que "néophypte" en politique, sans ambition ni prétention, alors qu’elle est candidate suppléante pour la députation –Bigre, un siège dans le ventre de la République, l’Assemblée nationale ! -, elle est juste parvenue à convaincre qu’elle était au mieux manipulée, spoliée de son aura médiatique, au pire d’une candeur qui confine à la sottise.

 

 


 

Pour autant, se contenter de prendre Véronique Genest pour une brave fifille, au franc parler et au bon sens populaire serait sans doute un peu rapide. Car lors de l’émission, un double discours est clairement ressorti, oscillant en fonction de la situation : candide et naïve quand elle était accusée bien évidemment, mais bien plus idéologue quand elle était plus libre de sa parole. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la vision du conflit israélo-palestinien de Véronique Genest est loin d’être innocente.

 

Durant l’émission, l’actrice a semblé embrasser ce qu’elle a convenu d’appeler "l’opinion" de son titulaire, Jonathan-Simon Sellem quand celui-ci estime que la Palestine est une  "fiction", expliquant par la suite qu’avant 1967, ceux que l’on appelait les palestiniens étaient les juifs et non les arabes. Et de sous-entendre que les actuels palestiniens n’étaient pas légitimes dans leur revendication d’avoir une terre aux côtés d’Israël. On peut en effet prendre parti pour Israël ou la Palestine sans pour autant être poursuivi pour délit d’opinion. Mais comment peut-on alors prétendre vouloir distiller un message de paix comme l’a répété Véronique Genest dans l’émission, sans pour autant prôner la coexistence de deux états voisins, celui de la Palestine et celui d’Israël ?

 

Un peu plus tard, elle en vint à accuser les médias français de ne vouloir diffuser qu’une vision univoque de la situation, évoquant une "énorme désinformation" :

 

"Les médias désinforment, les médias ne se renseignent pas. Quand on va sur place, vous n’avez pas la même vision".

 

Accusation lourde, très lourde même qui n’est bien évidemment pas étayée de source et qui sonne en écho à ce qu’elle disait quelques minutes auparavant sur l’expression « territoires disputés » pour évoquer la situation géographique: "C'est comme ça qu’ils en parlent en Israël" argumente-t-elle. "Pas tous" relance Natacha Polony... "Ah si si tous". Véronique Genest serait-t-elle dotée du don d’ubiquité pour avoir rencontré TOUS les Israéliens, ou plus impressionnant, serait-elle dotée du don d’omniscience pour lire en chacun d’eux comme dans un livre sacré ?

 

Les médias ne s’informeraient donc pas, et Véronique Genest, elle, sériât la mieux informée pour avoir rencontré au mieux une trentaine de personnes sur place ?

 

Donc pour résumer, la Palestine serait une fiction existant à propos de "territoires disputés", expression dont se revendiqueraient tous les Israéliens, dans un conflit que les médias français couvriraient de façon partiale en prenant fait et cause pour les Palestiniens.

 

Mais les généralisations et la caricature ne suffisent plus. L’interprète de Julie Lescaut va encore plus loin. Dans un grand moment de confession, et alors que sa parole se libère, elle va directement tomber dans le conspirationnisme :

"J’ai l’impression qu’on dissimule un antisémitisme dans la création d’un état palestinien".

 

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En d’autres termes, la revendication d’un Etat de la Palestine n’aurait pour origine non pas une terre disputée au nom d’une Histoire tumultueuse et commune, mais la simple haine des Juifs.

 

Et c’est le moment où, bien évidemment, une autre musique vienne frétiller dans nos tympans. Une mélodie proche, bien que défendant l’autre camp des conspirationnistes. Ceux qui parle d’un complot juif. Qui relativisent la Shoah ou encense ceux qui l’ont nié. Ceux qui vont en Iran pour décliner une hagiographie d’Ahmadinejad en y ajoutant sa haine d’Israel, et prenant donc cette possibilité de s’exprimer comme la preuve de la liberté d’expression en Iran. Et derrière le "ceux" tout le monde aura reconnu Dieudonné M’bala M’bala. 

 

Et l’on se souvient alors que Véronique Genest, dans l’une de ses digressions, n’hésite pas à dire que "les musulmans sont les plus grands massacreurs de l’Histoire".

 

Alors on pourra toujours s’amuser des frasques de l’interprète de Julie Lescaut. Louer son franc parler qui tranche avec la langue de bois en politique. Se dire qu’après tout, elle ne siègera jamais à l’Assemblée et que tout cela n’est pas bien sérieux. On pourra aussi se dire, qu’un fameux dimanche de décembre 2003 sur France 3, certains pensaient que Dieudonné avait seulement ce soir là un sketch et une provocation de mauvais goût. Sans imaginer ce qui allait en découler.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:19

Le sénateur socialiste Jean-Pierre Michel, rapporteur de la loi Taubira sur le mariage pour tous, a refusé d'auditionner le collectif Manif pour tous, de Frigide Barjot. Décidément les jours se suivent et les déconvenues se ressemblent pour Frigide barjot. Rien ne va plus pour la désormais ex-égérie des médias qui voit jour après jour les portes se refermer.

Pourtant, il y a à peine deux mois son collectif triomphait à Paris en revendiquant 1 million et parfois plus de participants, venus poussettes à la main manifester pour refuser des droits républicains aux homosexuels. Victoire à la Pyrrhus puisque ce succès en apogée sera l’acmé d’une bataille perdue d’avance et qui se termine dans le déshonneur le plus total.

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Car depuis, l’Assemblée nationale a adopté le texte après dix jours d’un marathon vif mais qui n’a jamais plané le moindre doute sur son issue. La manif pour tous a déposé une pétition auprès du CESE laissant croire de manière imaginaire que sa décision pourrait infléchir la destinée législative de la loi alors que sa demande n’a même pas été étudiée jugée irrecevable de principe. Puis ce fut au tour de l’opus de Frigide Barjot, le si fourni au titre délicat "Touche pas à mon sexe" d’être retiré des ventes pour une histoire de titre non conforme après des ventes pour le moins faméliques.

 

Une gifle sénatoriale 

 

Des déboires qui ne pèsent rien face au véritable camouflet que vient de lui envoyer la Chambre des Sages, le Sénat, dont pourtant le collectif espérait tant, au nom de la majorité plus ténue que la gauche y détient en comparaison à celle du palais Bourbon. Au-delà de cet avantage numérique qui semble se creuse d'ailleurs de jour en jour avec deux sénateurs UMP qui ont déjà prévu d'adopter le texte (en plus du vote de Chantal Jouanno pour l'UDI, en témoigne sa tribune dans "Le Monde"), c'est le sénateur socialiste Jean-Pierre Michel, rapporteur de la loi Taubira sur le "mariage pour tous", qui vient de sonner le glas en refusant d'auditionner Frigide Barjot et ses joyeux lurrons.  

Et le moins que l’on puisse dire c’est que le vice-président de la commission des lois du Sénat n’y est pas allé avec le dos de la cuiller, puisqu’il a justifié son choix à travers une missive qui risque de laisser des marques rouges sur la peau rose de Frigide. C’est le collectif de la manif pour tous qui a décidé, via twitter, de la rendre publique, et de devancer le Sénateur, qui, de sa main, a promis d’en faire de même.

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Poliment, il commence par expliquer que calendrier ne lui permettra pas de recevoir le collectif. En vertu de quelle expertise d’ailleurs le collectif de la Manif pour tous serait légitime ? Au nom de quoi sa capacité à organiser des manifestations dans la rue, ou des happenings sur les Champs Elysées lui donnerait autant d’importance que des spécialistes sur la question ?

Mais le Sénateur va plus loin et sa franchise ne sera pas prise en défaut par la suite :

"Mon point de vue est clair vous représentez la pire des homophobies qui est 'Je n'ai rien contre les homosexuels, j'ai plein d'amis homosexuels, mais je refuse l'égalité qui leur est due' ; pour moi cela est dans la lignée 'Je ne suis pas raciste, mon voisin est noir', vous êtes dans le déni d'homophobie, comme d'autres sont dans le déni de racisme".

La sanction est lourde mais ô combien salvatrice pour tous ceux qui se sont opposés aux mensonges et autres fantasmagories de Frigide Barjot depuis des mois. Car, partout où elle passait, de micros en plateaux, elle n’a jamais eu de cesse de commencer ses interventions par dire "je ne suis pas homophobe".

Un bouclier préalable qu’elle a armé pour mieux se permettre de dire n’importe quoi. Elle s’est systématiquement réfugiée derrière ce qu’elle appelait dans son livre "son brevet d’homophilie" pour avancer masquée et interdire l’égalité des Droits du seul fait de son orientation sexuelle.

Sauf qu’il ne suffit pas de dire "je ne suis pas homophobe puisque j’aime les homosexuels" pour se parer des oripeaux de la sincérité. Surtout quand après avoir fait cette confession dans "Touche pas à mon sexe", elle vient cueillir dans le jardin de Philippe Arino, sous la plume duquel on peut lire qu’en effet, Frigide Barjot n’entretient ni clichés, ni stéréotypes poussant à l’homophobie :

"L’homosexuel est une personne souvent blessée, à la sexualité souvent immature, qui se transforme alors en sexualité boulimique avec une infidélité quasi-consubstantielle : il suffit pour s’en convaincre de lire la presse homosexuelle où le sexe est omniprésent, de connaître un tant soit peu ce monde pour s’en rendre compte…"

Le Sénateur Jean-Pierre Michel a donc vu juste. Et parfaitement étudié la question. Il terminera son réquisitoire en rappelant que le bouclier de pacotille de Frigide ne résiste pas aux propos des milliers de manifestants dont elle s’enorgueillit et dont les langues se délient après quelques secondes passées à leur côté, avouant même que normalement, ils n’ont pas le droit de parler à la caméra.

 

 

Enfin, l’affaire Bongibault et son amalgame douteux a fini par œuvrer avec le temps. Pour avoir refuser de se désolidariser de son alibi homosexuel qui avait clairement dérapé, Frigide Barjot voit à présent le boomerang lui revenir en pleine tête quand le Sénateur lui expliqua avoir été choqué par des tels propos.

Des paroles qui sont loin d’être républicaines, et que le co-organisateur justifiait par l’attitude du Président de la République, alors qu’il était censé faire ses excuses. Aucune raison donc d’accueillir dans le ventre de la République ceux qui en prostituent les principes, même par pure provocation.

Frigide Barjot aurait pu avouer sa défaite après l’adoption en première lecture de la loi par l’Assemblée nationale. Mais il n’en a rien été. Au lieu de partir sur la pointe des pieds, elle a continué à vouloir s’agiter en tous sens alors qu’au sein même de son collectif on se désolidarisait et on se lamentait de son manque d’expertise. Même son beau-frère, Karl Zéro, après avoir dit qu’elle était "piquée" avait clairement reconnu que ses intentions n’allaient pas plus loin que sa propre notoriété.

 

Narcissique et sans doute trop avide, Frigide vient donc de voir son beau carrosse revenir citrouille. La pudeur nous interdit de dire ce qu’il adviendra de Xavier Bongibault. Mais qu’importe quand la morale est sauve. 

Publié sur Le Nouvel obs - Le Plus, le 5 mars 2013

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 19:33

«Modernité », « courage », « historique ». Que n’a-t-on pas entendu après la renonciation du Pape Benoit XVI ! Des dithyrambes et des éloges qui furent brodés à la Pénélope après des années de doutes légitimes sur l’action du successeur de Jean-Paul II. La frénésie médiatique fait oublier au plus grand nombre les errances des uns pour leur assurer la postérité. Mais seuls les actes comptent. Et à ce titre, Benoit XVI doit être jugé sur ce qu’il a fait. Et force est alors de constater qu’il aura envoyé un signal terrible de sens aux catholiques et plus généralement au monde entier.

Théologien, le cardinal Ratzinger n’aura eu de cesse, durant son pontificat, de ramener l’église à sa règle dogmatique, refusant de s’ouvrir à la modernité du monde, en considérant celle-ci comme une perversion du message chrétien.

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L’on s’enorgueillit ici ou là que Benoit XVI ait prononcé le « mot » préservatif et en ait parlé, quand son prédécesseur s’était mué en carpe sur la question. Mais comment peut-on oublier que lors de son voyage en Afrique, en mars 2009 il avait estimé que l’on ne pouvait pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs, estimant que leur utilisation, bien au contraire, aggravait le problème ? Des propos irresponsables et inconséquents et qui montrèrent une bonne fois pour toute que pour le Vatican, le dogme est supérieur à l’intérêt général des humains. Plus qu’un aveu, un crime.

A cette époque, en dehors des champs ecclésiastiques, il n’y eut guère qu’une illuminée pour le soutenir à l’aide d’un site « Touche pas à mon Pape ». Cet enfant du Pontificat porte le nom délicat de Frigide Barjot. C’est aussi cela l’héritage Ratzinger en France.

Sur l’avortement, l’euthanasie ou encore l’IVG, l’église catholique n’aura pas bougé d’un iota. Bien au contraire, elle aura continué d’être complaisante avec les mouvements Provie.

Preuve de ce durcissement de l’église, Benoit XVI réintègrera quatre ex-communiés, dont le tristement célèbre Richard Williamson, qui avait nié l’holocauste dans les chambres à gaz. Volonté exprimée par Benoit XVI de se réconcilier avec les Lefebvristes, ces intégristes se revendiquant de la Fraternité Pie X (dans laquelle se reconnaissent notamment les fidèles de St Nicolas du Chardonnet ou les adhérents de Civitas). Ratzinger réhabilita ainsi la messe en latin d’avant le Concile Vatican II, qui avait sonné comme le début d’une modernité. Avortée.

Loin de faire son aggiornamento, l’église semble de plus en plus proche de sa droite ligne la plus conservatrice, et les premiers échos de sa succession montrent que le prochain Pape ne dérogera pas à la règle. En guise de modernité, on consent bien à évoquer quelques prêtres pédophiles, à demander la démission d’un cardinal aux mœurs jugées déplacées, mais sur le fond, la doxa reste l’incarnation de la lecture fondamentaliste des textes sacrés, ou de leur interprétation quand les mots ne suffisent plus à justifier certaines positions.

Les messages du pape se veulent traditionnellement être de paix. Mais que valent-il quand, par ailleurs, l’église continue de rejeter et de condamner ? Benoit XVI aura su manier cet art du double discours que l’on reconnaît volontiers aux intégristes influents, ou qui se veulent comme tels, comme lorsqu’il écrivit, ou fit écrire, dans La lumière du Monde en 2010 à propos des homosexuels :

« Ils ne doivent pas être rejetés à cause de cela. Le respect de l’être humain est tout à fait fondamental et décisif. Mais cela ne signifie pas que l’homosexualité soit juste pour autant. Elle reste quelque chose qui s’oppose à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine ».

Enfin, Benoit XVI aura persisté à faire du message l’église l’affirmation arrogante et insupportable d’une vision suprématiste du patriarcat, refusant à la femme l’égalité des droits. Si l’IVG est toujours fermement condamné par le Vatican, l’accès à la prêtrise lui est tout autant refusé. Au nom de quoi ? D’une traduction biaisée de la genèse qui fit lire aux hommes « la côte de l’homme » quand il fallut lire « le côté » ?

La vérité c’est que le Vatican, version Ratzinger, se sera rapproché par le dogme et la vision des éléments les plus intégristes qui se radicalisent dans les deux autres religions monothéistes. Une véritable période de crispation qui n’empêche pas les rapprochements quand, dans les couloirs du Parlement européen, on s’entend pour limiter les droits à l’avortement ou pour spolier ceux des homosexuels. Paix générale cette foi…

Publié sur Médiavox le 4 mars 2013

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 20:12

Monsieur le ministre,

Ce ne sera pas me confondre en obséquiosité que de vous avouer, Monsieur Le ministre, que je vous apprécie. Et cette inclinaison m’est d’autant plus aisée qu’elle succède à des torrents de bile que m’ont inspirés vos prédécesseurs, du méprisant Xavier Darcos qui renvoya les institutrices langer les chiards,  jusqu’à Luc Chatel, dont le sourire candide dissimulait mal une bouche assassine qui renvoyait les enseignants à leurs grands soirs.

Vous n’avez eu de cesse depuis votre arrivée rue de Grenelle de rendre hommage à notre profession. Et pour cause : professeur vous fûtes, et professeur vous le redeviendriez volontiers si le hasard venait à vous démettre de vos fonctions, comme vous le confiâtes avec sincérité sur le plateau de Laurent Ruquier, samedi dernier. Il est une règle à ce ministère qui veut qu’un homme qui a aimé enseigné, montre du respect pour ses pairs. Il en va de vous-même, comme de Jack Lang ou de François Bayrou. Puissé-je me tromper dans ma sentence péremptoire à l’égard des anciens élèves en grec ou en latin de Xavier Darcos.

Toujours est-il que, malgré mon exorde aimable, il se peut que ma missive prenne un ton moins mélodieux à vos oreilles, une fois que j’aurais exposé l’objet qui chatouille ma plume. Que dis-je, l’odieux objet qui aiguise ma plume que je trempe avec frénésie dans une encre sombre.

 

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Voilà des jours que vous trainez votre peine, de plateaux en micros pour asséner à la France entière que l’échec de notre système scolaire serait dû tout ou partie aux rythmes scolaires. Serpent de mer que vous faites frétiller dans des océans de "bienpensance", vous baignant avec délectation dans les flots de ces pédopsychiatres qui semblent à vos yeux en savoir davantage que nous-mêmes à propos de nos classes.

Des élèves qui auraient trop de cours, et qui, fatigués, ne seraient pas à même de travailler. Ces mêmes élèves, que je vois, chaque matin arriver harassés par une nuit trop courte. Et loin de leurs homologues coréens dont les nuits écourtées sont dûes à des cours particuliers que l’État a dû réglementer, mes élèves avouent se coucher tard, trop tard, charmés par les écrans (de télévision, de téléphone ou de tablettes), que les parents laissent volontiers coloniser les chambres.

Alors je m’étonne de vous entendre parler de chronobiologie, sans que jamais, ô grand jamais, cet aspect de la vie de nos élèves ne soit mis dans la balance, laissant l’école seul bourreau et responsable de tous les maux.

 

Les enseignants ne travaillent-ils pas assez à votre goût ?

 

J’attends d’ailleurs avec impatience que votre réforme parle de transmission du savoir ou des méthodes qui résoudraient les problèmes liés à l’autorité et qui sont autrement plus néfastes que des journées parfois trop chargées. En vain.

Et emporté dans votre élan, vous voilà à enfourcher un autre cheval, autrement plus coriace celui-ci que celui des "4 jours et demi" : les sacro-saintes vacances scolaires ! Et de promettre de leur faire la nique, en les rabotant de deux semaines. 

Pour autant, même à petit trot (puisque 2015 est évoqué), trop c’est trop.

Car, à vous entendre depuis votre mise en poste, quel message voulez-vous faire passer, Monsieur le ministre ? Entre la semaine de quatre jours et demi, les vacances écourtées ou encore la volonté d’augmenter le temps de présence dans les établissements scolaires, que peuvent comprendre les Français si ce n’est, en filigrane, que les enseignants ne travaillent pas suffisamment ? Ou pour le moins, qu’ils pourraient travailler davantage ?

Alors les mots sont souvent mieux pesés, la sentence s’accompagne volontiers d’un élan laudatif non feint. Mais finalement, votre message est-il si différent de celui envoyé avec certes davantage de cynisme que vous prédécesseurs ?

Faut-il vous rappeler, Monsieur le ministre, que réduire les vacances de deux semaines risque de vous coûter très cher. Je ne parle même pas des 800.000 enseignants qui sauront rendre la monnaie de votre pièce dans les urnes, je ne serai pas si mesquin. Je parle ici au sens propre. Car si le secteur du tourisme, l’un des seuls qui soient en bonne santé dans notre économie ne tardera pas à crier famine, comment allez-vous financer le complément salarial que tout enseignant réclamera comme la loi l’y autorisera ?

 

Une compensation financière impossible

 

Parce que dans votre élan, Monsieur le Ministre, sans doute avez-vous oublié que le salaire des enseignants est calculé sur une base de dix mois, et que les vacances d’été ne sont pas payées. Ne vous en déplaise, notre salaire, et vous le savez parfaitement, est divisé en douze parties afin que chaque mois, nous puissions toucher un salaire. Mais les vacances d’été ne font pas partie des heures payées. En d’autres termes, êtes vous prêt à reverser aux plus de 800000 enseignants une somme de 1000 euros annuels pour payer ce temps non prévu par les textes ? 800 millions d’euros au bas mot à ajouter sur la facture de l’Etat ? Seriez-vous donc prêt à ce sacrifice, juste pour la beauté du geste ?

A dire vrai, Monsieur le Ministre, plus j’écris et moins je vous apprécie. Je me rends compte, et une grande majorité des Français aussi, que vos belles phrases n’étaient que mirages et que de courage vous n’en avez que pour accabler une profession qui est déjà plus bas que terre.

Je ne sais où tout cela va nous mener. Mais à votre place, j’écouterais avec la plus grande attention le seul message que je tenais à vous adresser : pas touche aux vacances.

Avec mes salutations républicaines,

Votre serviteur.

Publié sur Le nouvel Obs - Le Plus, le 25 février 2013

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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