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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 19:10

Mercredi, nouveau "Charlie Hebdo". Comme si de rien n’était. Nouvelle une. Et voilà que nos caricaturistes en sont revenus à leurs origines, soixante-huitardes par la "philosophie" : faites l’amour pas la guerre… Sur le papier, nos dessinateurs semblent avoir troqué leurs habits d’irrévérencieux et de caustiques pour les oripeaux du consensuelL’attentat aurait-il réfréné l’ardeurs de nos pourfendeurs de l’intégrisme ?  Erreur.

 

La une de "Charlie Hebdo" qui paraîtra mercredi, une semaine après leur 11-Septembre est plus corrosive que jamais, de la pure jubilation pour qui aime la liberté d’expression, en mettant ses oppresseurs, les intégristes, dans la position la plus inconfortable qui soit : devant leur propre phobie.

 

 

On se souvient que Charlie avait déjà parfaitement répondu à la polémique en 2006, quand ceux qui se prétendaient les messagers des musulmans (une habitude…) criaient à la stigmatisation de l’islam au mépris de l’histoire de l’hebdo qui avait consacré la majorité de ses traits au christianisme :

 

 

Cette fois-ci, l’hebdomadaire fait plus fort en osant un tabou dans l’islam radical : l’homosexualité.

 

Mais au-delà de la provocation qui permettra de reconnaitre les limites de l’humour des soi-disant messagers de l’islam, le titre de Charlie permet de se poser une question légitime par rapport à ces intégristes qui ne disent pas leur nom : l’amour est-il plus fort que la haine ?


Car l’attentat dont a été victime Charlie a été le prétexte à un déferlement de violence des plus abjectes. Je ne parle évidemment pas des propos licencieux de ces soi-disant porte-paroles de l’islam, mais bien de ceux qui, avec une couardise affichée et alléchante, condamnent et menacent sous l’anonymat du clavier pour jouer les terroristes en herbe. La lâcheté à l’état pur. Qui favorise à grandes diatribes l’amalgame entre islamisme et islam pour ceux qui n’en attendaient pas tant pour se déchainer à leur tour. Une belle réussite.

 

Quelle violence me direz-vous ? Déjà celle qu'ont eu à subir, après l'attentat, les auteurs de Charlie Hebdo, puisque souillés et harcelés comme jamais par de violentes insultes, ils en sont venus à suspendre leur compte Facebook. Mais tous ceux qui les ont soutenus n'ont pas été épargnés pour autant : Libération fut menacé à son tour pour avoir hébergé nos caricaturistes SDF. Et puis, ici même sur Le Plus, il suffit de vous rendre sur les commentaires de mon premier article sur Charlie, puis du deuxième et enfin du troisième pour vous en rendre compte par vous-même.

 

Ou même de visiter ce forum où l’un d’eux est cité en intégralité avec un appel direct à la violence envers l’auteur, à savoir moi-même  : "Vous avez leur contact, il suffit de les contacter et de leur faire part de votre mécontentement ou vous pouvez faire le kamikaze, vous avez l'air préparer pour faire ce genre de chose ou avec un cocktail Molotov ou avec un fusil à pompe."

 

Je pourrais rajouter "sic" tant la non-maîtrise du langage s’accommode, non sans harmonie, avec les menaces barbares… Un pléonasme.

 

Et ce au sein de notre République, de notre démocratie, où la liberté d’expression est assurée. Sans commentaires.

 

Vous pouvez aussi prendre l’une des réponses de l’un de nos commentateurs (car celui-là comme beaucoup d’autres aboie ou braie c’est selon mais ne contribue pas) qui a heureusement été retirée du site : "J'aimerais bien qu'un proche de victime du 11 sept te rende une "petite visite de courtoisie" , ça serait bien mérité . C'est la-men-ta-ble . Pauvre type !"… L’énergumène sévit toujours en toute impunité sur nos colonnes…

 

Alors oui Charlie, il est bien temps, grand temps même, que l’amour soit plus fort que la haine puisque votre faites de l'humour pas la guerre fut condamné, sans appel possible. 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 19:10

N’en déplaise à Daniel Schneidermann, attardons-nous un instant sur "l’affaire Charlie Hebdo". Loin de moi l’idée d’épiloguer sur le regretté fondateur d’Arrêt sur Images, regretté car depuis l’opus aigri et raté de l’hiver dernier Crise au Sarkozistan, il semblerait que celui qui était à la pointe de la liberté d’expression face à l’oppresseur, ait depuis pris quelque distance avec la lucidité, au point de prendre en grippe même les défenseurs de notre laïcité, dès lors que l’on touche au croissant vert. Dont acte.

 

Charia Hebdo - Charlie Hebdo

 

L’on évitera toutefois de tomber dans la psychose du bipartisme à l’image de certains journalistesou encore des Guignols de l’Info qui, lundi soir, malgré un soutien sans failles et assez drôle quand PPD disait ne pas craindre de ripostes en indiquant en guise d’adresse la tour de TF1, ne purent s’empêcher de se sentir gênés d’être sur la même ligne que Copé et que l’UMP…

 

"Attentat" pour bataille sémantique. N’en déplaise aux caricaturistes de Canal, l’"attentat" désigne un délit criminel à l’encontre d’une personne ou d’une institution, et il n’y a rien dans les actes de mardi soir qui ne contrevienne en quoi que ce soit à cette définition. Ce n’est pas parce que Riposte laïque (sic… oui sic parce que l’épithète "laïque" liée à ce "groupe" choque…) ou encore Marine Le Pen sont solidaires avec Charlie, pour d’obscures et funestes desseins, qu’il faut s’en désolidariser. Ce serait faire leur jeu. Il ne faudrait pas inverser les rôles.

 

Qu'en pensent les messagers des musulmans ?

 

Il conviendra davantage d’analyser scrupuleusement ce que les musulmans ou leurs messagers, voire leur soi-disant messagers en pensent. Parce qu’après tout, on voudrait nous faire croire que le sujet principal est l’islam… quand bien évidemment il n’était question que d’islamisme ou d’intégrisme.

 

La parole des officiels était attendue. Il n’en fut qu’une qui soit irréprochable, et saluons-là comme il se doit : celle du président de la Conférence des imams de France, l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi. Irréprochable dans sa condamnation et dans son analyse, c’est le seul à avoir assumé avec courage la défense d’un islam laïque, un islam qui se fond dans la République sans pour autant se dénaturer ou se renier : "Je dis aux Français, je dis à l'Europe, et à l'Occident en général, mais je dis aussi aux journalistes : Réveillez-vous ! Arrêtez de soutenir l'islam politique. Ne soyez pas naïfs, ces gens-là sont intolérants, ils menacent même des musulmans qu'ils jugent trop modérés".

 

Et ceux qui trop zélés se diraient que l’homme n’est pas fidèle au prophète ou au Coran, je ne saurais trop les amener à relire le verset 38 de la sourate 42 qui recommande de "laisser les hommes délibérer entre eux de leurs affaires"… L’équivalent du "Rendons à César…" de la Bible… Mais les littéralistes ont la mémoire sélective des textes à consacrer.

 

Un double discours

 

Un autre pontife de la religion musulmane en France a condamné sans retenue l’attentat dont a été victime Charlie Hebdo : M. Dalil Boubakeur, recteur de l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris. "A propos de l’incendie cette nuit des locaux du siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, la Grande Mosquée de Paris condamne un acte qui ne peut en aucun cas représenter les principes de liberté, de tolérance et de paix qui sont le message de notre institution".

 

Mais ce message, on ne peut plus clair, est obscurci par une suite pour le moins brumeuse : "La Grande Mosquée de Paris rappelle que le climat européen anxiogène d’islamophobie, fait d’amalgames en tout genre et de stigmatisations caricaturales de la foi islamique et des musulmans, est fort regrettable et nuisible aux valeurs laïques et du vivre ensemble que les musulmans de France partagent pleinement". Stigmatisations caricaturales ? L’adjectif n’est semble-t-il pas choisi par hasard pour Charlie Hebdo.

 

Monsieur Boubakeur sous-entend peut-être que les caricatures de Charlie sont offensantes et sont "nuisibles" au "vivre ensemble". Une condamnation en filigrane… et pour cause : la Justice a appris à Monsieur Boubakeur à davantage de prudence. Davantage qu’en 2007 quand il fut à l’origine de la plainte contre… Charlie Hebdo dans la fameuse affaire des caricatures. Affaire qu’il perdit puisque la loi française, rappelons-le, ne condamne plus le blasphème depuis la Révolution française. Le double discours de Boubakeur n’est toutefois pas illisible…

 

Dans la même veine, le Collectif des Institutions musulmanes de Roubaix pratique avec mimétisme l’art du double langage, propre à rappeler que la réponse est démesurée mais pas nécessairement injustifiée.

 

Et quelle surprise, ô surprise, de voir l'UOIF  marteler de manière ferme: "L’usage de la liberté d’expression exige un sens de la responsabilité" ! Un coup de poignard après l’incendie ! Et l’UOIF d’enfoncer le clou avec sévérité : "ces publications, loin de servir la paix et la cohésion sociale, cherchent à s’attaquer à un symbole de la foi de près d’un milliard et demi de musulmans dans le monde, et plus particulièrement de la communauté musulmane de France, qui se sentent offensés" ! Ah oui sinon, on en oublierait presque que l’UOIF "a tenu à condamner ‘avec la plus grande fermeté’ l’incendie criminel"… Oui on l’aurait "presque" oublié…

 

 Charb, directeur de la redaction devant les locaux détruits de Charlie Hebdo le 2 novembre 2011 - URMAN LIONEL/SIPA

Charb, directeur de la redaction devant les locaux détruits de Charlie Hebdo le 2 novembre 2011 (URMAN LIONEL/SIPA).

 

Les messagers officieux

 

Mais au-delà de ces porte-voix officielles de l’islam il est toujours intéressant de se pencher sur les messagers officieux, ceux qui opèrent en toute discrétion par pure idéologie. Et bien évidemment l’irréprochable, l’universitaire et l’inattaquable car ô combien consacré par "le Savoir" Pascal Boniface, dont le manque de rigueur est un secret de polichinelle tel qu’il en est l’objet d’un blog (quel honneur Docteur !), s’en donne à cœur joie pour tirer à boulets rouges sur Charlie.

 

Faites entrer l’accusé : "Charlie Hebdo, au nom d’une critique de la religion qui se présente comme courageuse, concentre ses attaques sur les musulmans, qui ne sont – institutionnellement – pas en mesure de se défendre. C’est une religion qui est régulièrement stigmatisée, davantage que les autres". 

Et l’auteur des Intellectuels faussaires (sic) d’enfourcher son cheval de bataille sur Israël quitte à oublier que Charlie Hebdo a davantage "massacré" le catholicisme pendant trois décennies que l’islam, un point d’histoire qui avait déjà valu la relaxe de l’hebdomadaire lors de l’affaire des caricatures : "Celui qui assure que sa ligne éditoriale consiste à s’en prendre de la même manière à toutes les religions. Lorsque Philippe Val était à la tête du journal, il s’est illustré par un soutien sans faille à Israël, et l’on peut penser que cette ligne n’a pas été modifiée… Je note que lorsque Siné a été renvoyé de Charlie Hebdo, le principe de liberté d'expression n'a pas prévalu."

 

Taper sur les intégristes n'est pas taper sur l'islam

 

Sinon pour conclure, je ne saurais vous quitter sans vous rappeler que Charlie Hebdo est un journal satirique français, publiant en France, pays dans lequel la liberté de la presse est totale, la liberté d’attaquer en justice des propos que l’on juge calomnieux est totale aussi, que le blasphème n’est plus puni par la loi, que taper sur les islamistes ou les intégristes ce n’est pas la même chose que de taper sur l’islam à moins de le prétendre et de faire soi-même l’amalgame…

 

D’ailleurs le dernier mot revient à l’incarnation même de ces principes, exprimés par la voix d’un modéré à coup sûr : le président du Conseil régional du culte musulman d'Ile-de-France Est, Hassan Moussaoui, a déclaré sur i-Télé mercredi matin : "Nous condamnons cet acte d'incendie mais nous condamnons aussi l'acte de Charlie Hebdo. Nous condamnons la publication de ces caricatures, l’humour a des limites, la liberté d’expression a des limites". La liberté d’expression a ses limites ! Voilà un homme qui a compris la République et la démocratie !

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 19:10

Les passages de Tariq Ramadan sur les plateaux télévisés sont assez rarement intéressants. Souvent on lui sert la soupière idéale, et le rhéteur de jouer les enjôleurs et de nous fournir un brouet que les animateurs, trop peu préparés pour ne pas dire plus, prennent pour un velouté exquis. Mais il arrive que les contradicteurs soient choisis avec davantage d’exigence et que de la joute sortent les petites pépites qui permettent de gratter sous le vernis si impeccable a priori. On se souvient notamment de la gifle infligée par celui qui deviendra Président de la République quand il fit dire au Genevois qu’il était pour un moratoire concernant la lapidation des femmes.

 

Tariq Ramadan le 26 août 2011 à Abidjan en Côte d'Ivoire (S. KAMBOU/AFP)

 Tariq Ramadan le 26 août 2011 à Abidjan en Côte d'Ivoire (S. KAMBOU/AFP)

 

Samedi soir, c’est Paul Amar qui avait prévu de le confronter à l'avocat Gilles-William Goldnadel. Mais l’invitation intervint avant l’attentat de mardi soir à l’encontre de "Charlie Hebdo". Et l’animateur de "Revu et corrigé" d’appeler Charb sur son plateau, de manière à débattre à trois sur l’islam, l’islamisme et la liberté d’expression. 

 

Savoureux moment qui permit de dévoiler, une fois de plus, le visage de Tariq Ramadan, celui qui prône pour un islam modéré côté face, et celui qui peut parfois approcher les rives obscures des Frères Musulmans, côté pile. La séquence débuta par l’attentat dont fut victime "Charlie Hebdo". Et d’écouter avec attention la position de Tariq Ramadan.

 

 

 

Il faut bien le reconnaître, Tariq Ramadan est un habile rhéteur. Avec quelle hardiesse parvient-il à dire quelque chose tout en faisant passer un tout autre message à ceux qui veulent bien l’entendre. Alors bien évidemment, Ramadan commence par condamner l’attentat "sans conditions". Mais il est intéressant de constater que cette condamnation attendue dure bien moins longtemps que ce qui va suivre, le "deuxième débat", dans l’émission originale avant montage. Et sur quoi est concentré le reste du discours ? L’humour de "Charlie Hebdo" qu’il estime exploité par des lâches animés par le mercantilisme.

 

Pour lui, l’hebdomadaire satirique céderait à de l’humour "discutable" pour taper sur l’islam parce que cela fait vendre. Mais contrairement à Boubakeur ou à l’UOIF, la condamnation de Ramadan n’est pas introduite dans le discours par une opposition comme la conjonction « mais ». Subtil et diabolique tour de passe-passe car la diatribe à l’encontre de l’humour de Charlie Hebdo est à la fois bien plus lourde dans la charge ("lâches",  "faire vendre"…) et tellement plus développée que la condamnation des attentats apparait davantage comme une concession à la dénonciation de "Charia Hebdo".


Et on le voit dans le montage, Ramadan est contraint de se défendre de pratiquer un double discours, tant personne sur le plateau n’est dupe de la partition qu’il a produite. Une partition faite en deux parties, faisant comprendre à ceux qui veulent bien l’entendre que la seconde importe davantage que la première.

 

Double discours

 

L’argumentation, ensuite, de Ramadan fait sourire, car elle rejoint en tous point celles des intégristes qui comprennent à mi-mots l’attentat, ou encore ceux qui, en authentiques lâches eux, se voilent sur le clavier dans l’anonymat d’un pseudo sur le net pour justifier un acte criminel. Finalement, on en arrive à penser deux choses : soit "Charlie Hebdo" l’a bien cherché. Soit son but était de faire de l’argent et que de ce point de vue, l’attentat sera rentable.

 

Et cette deuxième attaque, notable dans la partie liminaire du discours de Ramadan dans l’émission, devient subreptice en revenant de manière déguisée à la toute fin de l’émission quand Charb lui propose un abonnement et que Ramadan demande à ce qu’on lui offre en cadeau, au risque de comprendre que Charlie peut bien se le permettre…  

 

Enfin, on le voit, l’argument principal de Ramadan pour condamner les dessins de "Charlie Hebdo", reste la stigmatisation systématique et prioritaire de l’islam. Et quand on vient lui dire que l’hebdomadaire avait davantage stigmatisé le christianisme depuis vingt ans, l’argument qui permit en 2006 de gagner le procès des caricatures, Ramadan dit que ce n’est plus le cas depuis ces derniers temps. Ce qui est parfaitement contesté par Charb qui ajoute que les caricaturistes suivent l’actualité… et non pas les obsessions supposées de Tariq Ramadan. De l’hôpital qui se moque de la charia car s’il en est un qui a une obsession, c’est bien Monsieur Ramadan qui voit tel un mirage le spectre d’Israël en tous lieux :

 

 

 

On voit bien quelle est la seule chose qui anime Ramadan dans ce débat : ce n’est pas tant que le fait que le Christ soit plus ou moins raillé que Mahomet que le fait qu’Israël serait épargnée. Accusation stérile et on ne peut plus fantasmagorique. Ainsi Ramadan accuse "Charlie Hebdo" de ne pas s’être penché sur le cas de M. Goldnadel qu’il accuse de s’être opposé à la liberté d’expression des journalistes d’une grande chaîne publique française dans le traitement des événements survenus en Israël.

 

Une argumentation fragile

 

Et Charb démontre qu’il a déjà fait trois dessins sur la question, qui lui ont valu des menaces de procès par l’intéressé. Toute l’argumentation de Ramadan s’écroule. Sous nos yeux ébahis de voir tant de mauvaise foi ainsi mise à jour. Et Monsieur Ramadan ne s’en cache pas : peu importe la raison quand la haine de l’autre domine :

 


 

 

Comment dès lors accorder du crédit à sa vision si modérée de l’islam qui, à l’entendre, peut parfaitement s’accommoder de la démocratie, expliquant que la polarisation d’un affrontement manichéen entre laïques et islamistes était un piège et qu’il fallait privilégier une troisième voie.

 



 

Pour un peu on en oublierait le reste du débat. Et pourtant, il faut être vigilant car même lorsque les propos de Ramadan paraissent, enfin !, rassurants, le double discours rôde. Ainsi il s’intéresse au cas des femmes en expliquant qu’elles peuvent parfaitement rester musulmanes tout en s’ouvrant politiquement, économiquement et culturellement.

 

Une invitation aux antipodes de la femmes emmurée ou grillagée que l’on voit en Arabie Saoudite ou en Afghanistan. Mais tout en précisant : "rester musulmans et défendre les valeurs que nous chérissons". Mais de quelles valeurs Monsieur Ramadan parle-t-il ? Et surtout ces valeurs (musulmanes) sont-elles compatibles, voire supérieures aux valeurs de la démocratie quand elles diffèrent ? Ainsi grimer le prophète est illicite en islam et pourtant une des libertés fondamentales de la démocratie. Alors, qu’est-ce qui prévaut dans ce cas ? A cela Ramadan ne dit bien évidemment rien en plateau.

 

Car il est une constante dans le double discours : il faut toujours suggérer, superposer sans relier, ou ne dire que la moitié. De façon à ce que chacun comprenne ce qu’il veut bien entendre.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 19:11

C’est fait. L’impensable est arrivé. Il y a six ans, Philippe Val avait été menacé à mort en pleine affaire des caricatures. Le 2 novembre 2011, alors que Charlie Hebdo faisait de Mahomet le rédacteur en chef de son numéro sous le titre "100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire", les locaux de l’hebdomadaire ont été incendiés, en pleine nuit, lâcheté oblige, par un cocktail molotov.

 

 Charb, directeur de la redaction devant les locaux détruits de Charlie Hebdo le 2 novembre 2011 - URMAN LIONEL/SIPA

Charb, directeur de la rédaction, devant les locaux détruits de Charlie Hebdo le 2 novembre 2011 (URMAN LIONEL/SIPA).

 

Charlie Hebdo vient de vivre son 11-Septembre.

 

Aujourd’hui, nous sommes tous Charlie Hebdo, pour plagier l’édito de Jean-Marie Colombanidans le Monde du 13 septembre 2001.

 

Charlie Hebdo a été touché en son ventre, là où il concevait ses dessins, là où il travaillait, là où il ne peut plus, temporairement, plus procréer.

 

Il n’est pas question ici de faire le procès qui viendra en son temps, même si on peut légitimement imaginer qu’il y a incontestablement un lien, un vrai lien, entre le numéro que Charlie Hebdo allait sortir, et l’attaque dont il a été la victime.

 

Mais il convient de se pencher sur les réactions. Non pas celles des officiels : politiques et grands pontifes religieux vont parler de concert pour condamner l’acte. Mais de celles des citoyens. Pour que les amalgames parmi les plus odieux soient corrigés. Au plus vite.

 

S’il s’agit bien de fous de Dieu qui ont lancé la bombe sur Charlie Hebdo… alors, il faut appeler un chat un chat : ce sont des intégristes qui ont agi. Des fous. Des énergumènes dangereux. Des criminels. Et la religion n’a rien à voir là-dedans. Prétendre que ce sont des musulmans qui ont agi, c’est être raciste et mettre tous ceux qui croient en Allah dans le même sac. Or, comme dans toutes les religions, il y a deux types de population : ceux qui croient, et ceux qui utilisent la croyance.

 

Alors il faudrait en revanche mettre dans le même sac, tous les fous de Dieu. Ceux qui sévissent au théâtre de la ville tout comme ceux qui lancent des bombes sur Charlie. Car, quand on retrouve dans les cortèges des intégristes chrétiens des couteaux, on est en droit de croire que la violence est dans tous les intégrismes. Quels qu’ils soient. Et on aurait aimé que Madame Boutin qui a condamné ce matin l’attaque contre Charlie en fasse autant la semaine dernière dans l’affaire du théâtre de la Ville. Et à la bigote qui radote d’éviter de mettre sur le même plan le piratage du site de l’église catholique et la bombe de la nuit dernière…

 

Alors il faut rappeler que Charlie Hebdo n’a pas fait de provocations envers l’islam, comme on peut le lire. Charlie Hebdo, comme il l’avait fait en 2006, n’a jamais insulté les musulmans. Il a raillé les intégristes. En 2006, le chapô ne laissait aucun doute : "Mahomet débordé par les intégristes". Les "cons" n’étaient donc pas les musulmans mais bien les intégristes.

 

Charlie Hebdo - affaire caricatures

 

Idem pour l’édition du jour : ce sont bien ceux qui veulent aveuglément faire appliquer la charia qui sont grimés : "Quel intérêt aurait un parti religieux à prendre le pouvoir pour ne pas appliquer ses idées ?", s’étonnait ainsi Mahomet, parlant par la force de la prosopopéeQuand on dit que Charlie Hebdo se moque de l’islam on fait un contresens au mieux. On ment au pire. Et, le président du Conseil régional du culte musulman d'Ile de France, Hassan Moussaoui, qui a déclaré sur i-Télé : "Nous condamnons cet acte d'incendie mais nous condamnons aussi l'acte de Charlie Hebdo. Nous condamnons la publication de ces caricatures, l’humour a des limites, la liberté d’expression a des limites" porte une lourde responsabilité : Charlie n'a pas caricaturé l'islam mais l'islamisme et Monsieur Moussaoui devrait veiller à ne pas lui-même confondre les deux...

 

Alors il faudra aussi veiller à toute la propagande qui va découler de l’affaire. Comme ceux qui vont en profiter pour distiller au-delà de la condamnation, que la provocation contre les religions a un prix et qu’il faut tout de même un peu de mesure quand on parle de la matière religieuse. Alors que le blasphème n’est plus condamné par la loi depuis la Révolution française ! La République offre un moyen simple d’exprimer son désaccord quand on s’estime insulté : la liberté d’expression. Et non la censure comme au théâtre de la ville ou la volonté de se faire justice soi-même en lançant des bombes. Et on ne le répétera jamais assez : "les caricaturistes ne luttent pas à armes égales avec les intégristes : leur ire peut se gommer. Pas les destructions et les crimes" écrivais-je hier soir

 

Enfin et toujours veiller à faire taire ceux qui, comme certains l’avaient déjà fait en 2006, faire croire que Charlie Hebdo fait tout cela pour faire… gonfler les chiffres de ses ventes comme l’explique, avec sérieux Cam Gus dans les commentaires de mon article ce matin : "Les ventes de Charlie Hebdo avaient étés multipliées par 5 lors de la précédente affaire de "Caricature de Mahomet" il faut savoir que Charlie Hebdo traverse une grosse crise financière en ce moment. Alors faute de talent ces dirigeants ont inventés ce faux fait divers pour booster leurs ventes... Affligeant ! Mais c'est un scoop ...!"  Mieux vaut-il en rire ?

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 19:11

Presque six ans après l’affaire des caricatures, qui avait abouti à un procès retentissant, Charlie Hebdo en remet une couche en caricaturant le prophète…

 

 

L’équipe a changé puisque Philippe Val a rejoint Radio France, Caroline Fourest et Fiammetta Venner n’y officient plus. Mais la volonté de réaffirmer la liberté d’expression reste intacte, constituant l’essence même de ce journal satirique.

 

"100 coups de fouets si vous n’êtes pas morts de rire" s’exclame en une, un Mahomet facétieux qui vient "fêter" l’arrivée au pouvoir du parti islamiste Ennahda en Tunisie. RebaptiséCharia Hebdo, l’hebdomadaire s’ouvre sur un édito du prophète, ou plus exactement sur une prosopopée autour de son personnage, qui ne cache pas l’inquiétude que suscite la victoire des islamistes qui ferait presque regretter à certains la période Ben Ali : "Quel intérêt aurait un parti religieux à prendre le pouvoir pour ne pas appliquer ses idées ?", dit en substance un édito intitulé apéro halal en référence aux apéros saucisson vin rouge organisé par les Identitaires. Une provocation qui en répond à une autre : celle qui consiste à dire qu’il n’y a rien à craindre avec les islamistes au pouvoir et que tout va bien Madame la Marquise

 

On se souvient que l’affaire des caricatures avait fait une polémique propre à ébranler la République. Imaginez l’importance que revêtit le procès de Charlie Hebdo : allait-on pouvoir rétablir le blasphème aboli depuis la Révolution Française ?

 

Le 21 février 2006, Charlie Hebdo affichait en pleine une d’un numéro qui publiait les caricatures danoises sur l’islam que personne n’osait publier à l’époque, un dessin qui provoquera la colère et la fureur des intégristes musulmans : Mahomet se lamente en déclarant : "C’est dur d’être aimé par des cons".

 

Charlie Hebdo - affaire caricatures


A l’époque, on crie très vite à l’islamophobie. Y compris, le "très laïque" président de la République de l’époque. Jacques Chirac, en plein conseil des ministres, et qui avait déjà célébré en grande pompe les 1500 ans du baptême de Clovis, considérant que la France était la fille aînée de l’Eglise, avait eu alors des paroles lourdes. Trop lourdes pour notre laïcité : "les provocations manifestes susceptibles d'attiser dangereusement les passions. Tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui, en particulier les convictions religieuses, doit être évité. La liberté d'expression doit s'exercer dans un esprit de responsabilité".

 

Et le chef de l'Etat d’alors de conclure : "Si la liberté d'expression est un des fondements de la République, celle-ci repose également sur les valeurs de tolérance et de respect de toutes les croyances". 

 

Hors-sujet : les "cons" n'étaient pas les musulmans mais les fous de Dieu, avec le chapô qui ne laissait aucun doute : "Mahomet débordé par les intégristes"…

 

De nombreuses personnalités se rendirent au tribunal pour réaffirmer le caractère sacré et intouchable… de la laïcité. Parmi eux, Elisabeth Badinter, François Hollande et... François Bayrou (voilà qui fera taire ceux qui osent encore dire que le président du MoDem n'est pas laïque...). Nicolas Sarkozy ménagea ses effets en écrivant une lettre lue au tribunal.

 

Richard Malka, l'avocat de Charlie, finit dans sa plaidoirie finale par expliquer aux grands pontifes de l’islam de France, que, s’ils voulaient que Mahomet soit traité de la même manière que le christianisme l’est par les caricaturistes de Charlie, il fallait qu’ils s’attendent à bien pire. Et l’avocat d’exhiber les dessins les plus crus, les plus obscènes que l’hebdo avait publiés pour railler le Pape et les chrétiens. Charlie fut relaxé. La République et son bijou précieux, la laïcité, pouvaient dormir en paix.

 

Mais personne, non personne n’oubliera les manifestations de haine pour réclamer la tolérance (sic) envers l’islam. Personne n’oubliera ces drapeaux danois et français brulés. Personne n’oubliera la menace de mort que reçut Philippe Val. Non personne. Et pour l’éternité Patrice Lecomte nous offrit un film de cette épopée qui se termine comme une comédie, quand elle aurait pu tourner à la tragédie.

 

A l’époque, le numéro qui avait été au cœur de la polémique, verra Yves Simon avoir des mots très justes pour évoquer l’affaire des caricatures danoises: "on va comme un seul homme brûler des ambassades (…) en confondant allégrement des individus et leur territoire, des dessinateurs et leur nation". La généralisation et l’ostracisme : n’est-ce pas là le signe distinctif d’un comportement raciste ? Quand on sait en outre que les opposants aux partis en place croupissent dans les prisons, quand ils ne sont pas purement et simplement assassinés, l’on comprendra mieux alors comment ces Etats s’accommodent de la liberté d’expression. En refusant le débat, le Moyen Orient ternit son image, et discrédite ses principes. Et Yves Simon de rappeler "Pas de critique, donc pas de liberté…"

 

Six ans plus tard, ses mots sont toujours aussi vrais et doucheront, espérons-le, ceux qui, trop zélés, feront écho aux fous de Dieu qui perturbent les représentations théâtrales, ou saccagent les photographies dans les musées.

 

Et rappeler une bonne fois pour toutes que les caricaturistes ne luttent pas à armes égales avec les intégristes : leur ire peut se gommer. Pas les destructions et les crimes.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 19:11

L’affaire dite du Théâtre de la Ville, où se joue actuellement une pièce de  Romeo Castellucci intitulée "Sur le concept du visage du fils de Dieu" est en train de prendre une ampleur digne de ses ancêtres : le "Piss Christ" d’Andress Serrano ou encore "La Dernière Tentation du Christ" de Scorsese. Un scandale que les intégristes chrétiens empoignent avec vigueur avec sur des banderoles le néologisme "cathophobie" qui y règne avec majesté et une certaine rage.

 

Les manifestants devant le théâtre de la ville le 27 octobre 2011 (A. KLEIN/AFP)

 Les manifestants devant le théâtre de la ville le 27 octobre 2011 (A. KLEIN/AFP)

 

Alors que l’on a trop souvent tendance à croire que l’intégrisme ne touche que l’islam, aveuglés par le symbole si puissant des attentats du 11 septembre, on aurait tendance à occulter l’intégrisme chrétien. Certes moins virulent et surtout moins influent qu’outre-atlantique, il n’en demeure pas moins parfaitement organisé, prêt à se faire entendre quand il en ressent le besoin.

 

Ces derniers jours, la polémique enflant, on a tenté de comprendre comment la famille nationale-catholique pouvait trouver tant de forces. Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite croit y voir les conséquences de la mutation du Front National :  "marginalisés au sein d'un FN version Marine qui manifeste peu de sympathie pour les thèmes intégristes, certains sympathisants d'extrême droite plus traditionalistes, proches de Bruno Gollnisch - lequel a apporté son soutien au mouvement -, se seraient reportés sur une lutte directe contre le mariage homosexuel, le pacs, l'avortement, ou l'art blasphématoire" analyse le journaliste du Point à l’aune de l’analyse de Camus.

 

Pour autant, cette analyse ne se vérifie pas dans les faits. D’une part, alors que le FN vocifère à qui veut l’entendre dès que le spectre de l’intégrisme, du communautarisme voire de la pratique ostentatoire pointe le bout de son nez dès lors que l’islam est en cause, il reste muet pour condamner l’intégrisme chrétien.

 

Une rupture pas consommée

 

Nulle condamnation pour qualifier les exactions de ces intégristes qui détruisirent le "Piss Christ". Nulle condamnation du squat organisé par les Lefebvristes à Saint Nicolas du Chardonnet depuis maintenant plus de 20 ans, surtout quand on sait que Bruno Gollnisch continue de défendre cette "occupation"…  Ce même Gollnisch qui évoque l’affaire qui nous occupe du théâtre de la Ville en faveur des manifestants. Ce même Gollnisch qui, s’il a perdu la bataille interne avec Marine Le Pen, n’en demeure pas moins représentant de 32% des militants du FN, membre du Bureau politique du parti et membre du Comité central. Alors certes le départ forcé de Bernard Anthony, alias Romain Marie, a sonné le glas des amours fusionnelles entre le FN et les cathos tradi mais dire que la rupture est consommée serait quelque peu hâtif.

 

Louis Aliot et Marine Le Pen / Meeting FN à Bompas le 11 mars 2011 / LANCELOT FREDERIC/SIPA

 Louis Aliot et Marine Le Pen lors d'un meeting FN à Bompas le 11 mars 2011 (F.LANCELOT/SIPA)

 

D’autant que l’on a souvent lu trop unilatéralement le discours du Congrès de Tours de Marine Le Pen. La plupart des observateurs n’y ont vu qu’une page qui se tournait notamment vis-à-vis de la frange catho tradi avec un discours républicain qui dénotait avec ceux du père. Cela n’est pas faux pour la tonalité d’ensemble. Mais il fallait aussi savoir lire entre les lignes. Et ceux qui estiment que Marine Le Pen a rompu définitivement avec les traditionnalistes se trompent lourdement. Il suffit de le relire pour s’en convaincre :

 

"Que visaient si ce n’est la construction et la consolidation de l’unité nationale le Baptême de Clovis, l’œuvre des rois unificateurs, Henri IV et son 'Paris vaut bien une messe', les bâtisseurs de nos cathédrales, les codes de Bonaparte, les hussards noirs de la troisième république, les résistants de 40 ou les soldats de notre empire ? Nous sommes les héritiers de cette œuvre millénaire, et nous en bénéficions chaque jour, sans même nous en rendre compte !"

 

Les profanes n’y verront que du feu, mais il est tout de même remarquable que dans la longue énumération des fondations de notre Nation française ne figure pas la Révolution Française, mais figure en toute première place le Baptême de Clovis. Clovis, qui est pour les Catholiques, le premier roi chrétien de France, véritable naissance spirituelle du pays, voire le "baptême de la France", comme le note Fiammetta Venner dans son étude "Extrême France", publiée en 2003. Le 1500e anniversaire de son baptême fut fêté en grande pompe en 1996 avec la venue de Jean-Paul II, accueilli par le bigot Jacques Chirac, événement qui choqua tous les défenseurs de la laïcité (anniversaire fut bien évidemment très suivi par les membres du Front National comme le rappelle Fiammetta Venner dans son livre).

 

Dans l’hommage de Marine Le Pen aux "pères" fondateurs de la Nation, les Révolutionnaires, eux, sont tous simplement occultés, eux qui sont honnis par les traditionnalistes pour avoir osé abolir la Royauté (n’oublions pas qu’à l’époque, le Roi représentait Dieu…) et initier ce qui deviendra la loi de 1905. Si Marine Le Pen n’est pas catholique traditionnaliste, disons qu’elle leur donne les gages d’une Histoire partagée.

 

D’ailleurs, que fit Louis Aliot, son compagnon et alors tout fraichement nommé Vice-Président du Parti, le lendemain du Congrès de Tours, censé rompre avec la branche tradi du parti ? Inviter les militants à participer à… La Marche pour la Vie :

 

"Louis Aliot demande aux sympathisants et aux adhérents du Front national de se joindre à la Marche pour la Vie organisée le dimanche 17 janvier (14h30 place de la République), à l’initiative du collectif En marche pour la Vie , regroupant de nombreuses associations de défense de la Vie et de la famille." 

 

Quelle laïcité ?

 

Etonnante invitation de la part d’un parti qui se revendique comme défenseur de la laïcité et qui demande à ses adhérents de cautionner un mouvement pro-vie, franchement traditionnaliste, intégristes, qui renferme quantité d’évangélistes et de pentecôtistes et autres milices anti-avortement qui n’hésitent pas à envoyer des cœurs de bœufs ensanglantés aux partisans de la loi Veil, qui prônent pour le choix de chacun et à faire des opérations commando dans les cliniques, "au nom de la vie qu’a donnée Dieu" comme l'expliquent Caroline Fourest et Fiammetta Venner dans leur ouvrage "Tirs croisés" à propos de l'intégrisme chrétien.

 

Cette même marche qui célebra cette même année le sinistre Philippe Isnard, professeur d’Histoire-Géographie et d’Education civique à Manosque, qui força des élèves à regarder le film "No need to argue", montrant "morceaux de fœtus",  "des seaux de sang" ou encore des "embryons morts que l’on secoue par les pieds", tout en distribuant à la fin du cours des tracts pour abroger la loi Veil, comme le montra les images du reportage "Les Petits soldats contre l’avortement" diffusé par Canal Plus en avril dernier…

 

Et après l’on dira que le FN a rompu avec les traditionalistes chrétiens ? Marine Le Pen habituellement si prompte à dénoncer les dérives de l’intégrisme musulman est étrangement muette et les accointances restées vives avec l’intégrisme chrétien tendent à montrer bien au contraire que qui ne dit rien consent. Et pourquoi romprait-t-elle définitivement le lien quand elle a plus que jamais besoin de son socle à l'approche de l'élection présidentielle. Elle tente le grand écart encore inédit chez les Le Pen : garder la base et séduire au-delà de celle-ci.

 

Cachez cet intégrisme que je ne saurais voir… Le FN jusqu’à preuve du contraire tend à pardonner les dérives des uns pour condamner celles des autres. Et ce n’est sans doute pas le père, président d’honneur du FN, qui dira le contraire. En attendant son commentaire hebdomadaire dans son prochain Journal de bord.

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Published by Yves Delahaie - dans Du Front National
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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 19:12

Qu'il risque d'être regretté Olivier Besancenot au NPA. Non qu'il en ait quitté les rangs, mais le plus célèbre facteur de France a décidé de ne pas repartir sur les sentiers de la présidentielle pour 2012, souhaitant éviter la personnalisation. Conséquence aussi de luttes intestines qui ont ravagé les rangs du NPA depuis quelques mois...

 

Il a donc laissé un néophyte partir dans la campagne. Un certain Philippe Poutou, ouvrier dans l'automobile.

 

Poutou et Besancenot le 12/10/11 à Bordeaux (PIERRE ANDIEU/AFP)

Poutou et Besancenot le 12/10/11 à Bordeaux (PIERRE ANDIEU/AFP)

 

La semaine dernière, un sondage montrait le déficit de notoriété de ce candidat avec un éclairage plutôt blafard : 3% des Français interrogés seulement étaient capables de donner le nom du candidat du NPA... et le double pensait que c'est Besancenot qui l'était ! Seuls 34 % des électeurs de la gauche de la gauche pouvait l'identifier.

 

Il était temps que Philippe Poutou fasse quelque chose pour accroître sa notoriété et faire parler du projet du NPA à l'heure où le PS a pris tout l'espace médiatique de la gauche et où les Français finiraient par croire que Arnaud Montebourg représenterait l'extrême gauche en France ! Et quel meilleur endroit que le plateau de Laurent Ruquier, le samedi soir, pour s'offrir une fenêtre médiatique d'importance.

 

On n'était donc pas couchés pour assister au départ en croisière d'un candidat... On assista au naufrage d'un rafiot. A quel spectacle pathétique a-t-on été invité à participer hier soir ! Dans l'inconnue nous partions, interdits nous sommes revenus.

 

Tout commença très mal il faut bien le dire, avec une entrée en matière qui avait de quoi inhiber, Ruquier n'ayant eu de cesse de rappeler que Poutou débutait, qu'il devait être stressé... Pire, l'ombre d'Olivier Besancenot plana dès le départ (une dizaine de fois cité dans l'interview, sans compter les reprises pronominales en "il" qui le désignaient). Tel un fantôme dont on ne peut se détacher. Celui qui causera sa perte face au professeur. Mais ne dévoilons pas la fin.

 

Tout commença donc comme un gag, l'idiot utile, le François Pignon de service, que l'on invite et dont se raille, rappelant qu'il est à zéro dans tous les sondages, ce qui provoqua l'hilarité de certains... A tel point que certains invités comme Omar Sy, puis comme Radu Mihaielanu, tentèrent d'interrompre ce moment terrible, curieux mélange de condescendance et paternalisme médiatique d'un goût assez suspect.

 

Mais Philippe Poutou ne fit rien pour rassurer son auditoire, en déclarant ne pas vouloir être président et refusant le combat du présidentialisme...

 


Poutou Vs Polony & Pulvar 1 [POL] Ruquier 291011... par peanutsie

 

Heureusement, les questions politiques allaient enfin permettre au candidat de se révéler. Las, ce fut bien pire encore.

 

1/ La Dette et les solutions


Nul doute que Philippe Poutou, représentant du NPA, avait prévu un discours au point pour évoquer la crise. Olivier Besancenot avait fait un festival dimanche dernier chez Anne-Sophie Lapix sur Canal+ pour montrer le chemin à suivre. Pourtant, même la première marche fut infranchissable. Et le néophyte de trébucher lourdement.

 

Alors qu'Audrey Pulvar lui demandait comment le NPA comptait faire pour ne serait-ce que payer ses fonctionnaires dès lors qu'il annulerait la dette (début de la vidéo ci-dessous) et qu'il ne pourrait ainsi plus trouver de l'argent frais pour le fonctionnement du pays, Philippe Poutou lança un discours au son du "il faut stopper hémorragie", avant de s'emmêler les pinceaux, laissant filer un "je suis un peu perdu". Au point même de dire cette phrase d'une naïveté et d'un amateurisme coupable à ce niveau : "Dans l'urgence il faut arrêter le paiement de la dette. Y'en a un qui appelle ça un moratoire"... pensez donc : y'en a un qui appelle ça un moratoire !

 

2/ La France quitte-t-elle l'Euro et l'Europe ?


La question de Natacha Polony est simple (à 4min30). La réponse elle est incompréhensible. "On est pour l'Europe" déclare-t-il, avant de se raviser en disant qu'il veut rompre avec le système actuel pour créer une Europe des Peuples... Et dans le méli-mélo, Poutou met sur le compte de la spéculation folle la catastrophe de Fukushima, la sécheresse et la famine en Afrique... Pas sûr que le climat soit le seul déréglé.

 


Poutou Vs Polony & Pulvar 2 [POL] Ruquier 291011... par peanutsie

3/ Sortie du nucléaire ?


Puis vint la question de la sortie du nucléaire (à 5min45 sur la vidéo ci-dessus), le NPA proposant d'en sortir sous dix ans ! Qui dit mieux ? Problème, quand Audrey Pulvar lui demande les énergies sur lesquelles on pourra assurer aussi rapidement cette mutation, Poutou montre toute son expertise...

 

4/ L'affaire du voile


Mais ce qui va déstabiliser complètement le candidat NPA à la présidentielle (à 8min40 sur le vidéo ci-dessus) c'est l'affaire d'Ilham Moussaïd, cette candidate voilée aux Régionales 2010 pour le NPA qui avait provoqué un tollé, y compris au sein du NPA comme dut le commenter Philippe Poutou. Preuve de l'amateurisme totale de ce cher Monsieur, et cela est bien compréhensible quand on débute, mais qui est beaucoup plus grave de la part des communicants du NPA qui avaient préparé l'émission avec lui et qui à l'en croire n'avaient pas vu venir cette question "vacharde"...

 

Terrible moment donc où Poutou démontre que le NPA n'a aucune position claire sur la question, qu'il ne s'en cache pas. Pire qu'à mettre des candidates voilées, qu'à les placer en tête des cortèges comme symboles et à s'être opposé à la loi contre le voile à l'école républicaine, le NPA ne se présente pas comme le meilleur défenseur de la laïcité... contrairement à Philippe Poutou qui semble bien plus clair sur la question.

 

5/ La leçon du maître


Mais le summum reste à venir. La mise à mort de la bête si j'ose la funeste métaphore de la corrida. Michel Onfray, à qui l'on demande s'il a été convaincu par le candidat Poutou s'en va pour sept minutes d'un démontage en règle :

 


Poutou Vs Polony & Pulvar 3 [POL] Ruquier 291011... par peanutsie

 

Le professeur rend la copie qu'il estime indigente : contresens sur la laïcité, hors-sujet sur les réponses à apporter, aucun travail d'équipe... La mise en parallèle de la faucille et du marteau d'un côté contre le mégaphone de l'autre est terrible par la crudité et la fulgurance d'une image juste pour montrer le naufrage d'un candidat et de son parti. Le corps de Philippe Poutou est recroquevillé, le regard hagard et dans le vide, pendant que Maître Onfray distribue les gifles verbales cinglantes.

 

La télévision est puissante. Elle permet comme jamais la médiatisation et les politiques l'ont bien compris. Jamais ils ne manquent l'occasion de venir s'y complaire même si chez Laurent Ruquier on a toujours plus de risques que sur les plateaux des journaux télévisés, animés à l'unisson avec obséquiosité.

 

Mais le spectacle de samedi soir montre que la télévision est cruelle : venu pour se faire un peu de notoriété à moindre frais pour lancer sa campagne, Philippe Poutou repart dans un bien triste état. Et pire, car on peut toujours pardonner à un candidat de faire un premier pas timide, ce qui n'a rien de terrible en soi, en donnant la certitude que le NPA n'apporte rien comme solutions, qu'il n'est d'accord sur rien au sein de ses propres troupes, qu'il n'est pas là pour jouer un rôle, et qu'il se veut pourfendeur de la laïcité.

 

Au siège du NPA, nul doute que l'on doit craindre la prochaine salve des sondages...

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 18:13

Nouvelle sortie tonitruante mercredi du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la recherche. Toujours aussi loin du domaine de compétence pour lequel la République le rémunère (mais cela devient une vilaine habitude en Sarkozie), Laurent Wauquiez, par ailleurs leader du club politique UMP inopportunément nommé Droite sociale (de l’art de l’oxymore ou du paradoxe, c’est selon…),a estimé qu’il fallait "réserver une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent." Salauds de chômeurs qui bénéficient en plus des logements sociaux !

 

Laurent Wauquiez au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche le 30 juin 2011 - Crédit : T. SAMSON / AFP

 Laurent Wauquiez au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche le 30 juin 2011 (T. SAMSON / AFP)

 

Même s’il s’est défendu, en anticipant la polémique, au point de dire : "Je ne dis pas qu'il ne faut plus s'occuper des chômeurs, (...) ce n'est pas l'un contre l'autre", nul doute que la déclaration risque de ravir les classes populaires et tous ceux qui veulent les soutenir, c’est-à-dire à scruter la dernière lustre, tous ceux qui ne sont pas à l’UMP.

 

Alors évidemment d’aucuns diront que cette sortie risque de faire polémique et qu’il va y avoir du couac dans l’air. Comme ce fut le cas pour des immigrés qu’il fallait remettre dans un bateau jusqu’au débat sur la laïcité, de la suppression du bouclier fiscal à celle de l’ISF, d’une laïcité "ouverte" prête à financer des mosquées jusqu’au rétablissement d’un concours d’entrée en sixième type "certificat d’étude", des salles de shoot jusqu’à la possibilité envisagée de faire composer des étudiants juifs la nuit pour cause de Pâques juive, de la destitution possible de la nationalité française au sentiment de ne plus être chez soi, de la croisade en Lybie à l’embauche à vie des fonctionnaires.

 

Toutes ces sorties médiatiques qui ont alimenté la chronique et provoqué tollé sur tollé ne sont pas toutes l’œuvre d’anonymes députés de l’UMP en mal d’images, comme l’excentrique et non moins extrémiste Chantal Brunel ou encore l’inutile Christian Jacob. Non. Ils ont pour la plupart des noms biens connus, des fonctions parmi les plus hautes placées, des responsabilités qui montrent la confiance que Nicolas Sarkozy leur porte : Valérie Pécresse pour l’histoire des étudiants juifs, Jean-François Copé pour le certif’ et le débat sur la laïcité, Roselyne Bachelot pour la salle de shoot,Benoist Apparu pour la laïcité light ou laïcité zéro selon vos goûts, Brice Hortefeux pour la destitution, et Claude Guéant pour… l’ensemble de son œuvre.

 

La politique du faible

 

Et croyez-vous que tout ce joli monde se permettrait autant de dérapages, autant de polémiques, porteurs d’opprobre publique et de baisse dans les sondages avec la mansuétude de Nicolas Sarkozy ? Pensez-vous vraiment que tout ceci ne serait que le fruit d’un hasard et d’une totale improvisation ?

 

Alors, en exclusivité mondiale, je vais lire dans le marc de café, et vais vous dire ce qu’il va se passer pour la proposition de Wauquiez à l’aune de l’affaire du cancer de la société, j’ai nommé l’assistanat.  

 

Dès aujourd’hui, des sons discordants vont se faire entendre à droite. On va alors parler de couac et de désordre propres à nuire à l’image de la majorité. Puis quelques jours plus tard, un sondage va sortir comme par hasard pour mesurer l’opinion suite à ce "dérapage". Et si les Françaisl’approuvent, alors on laissera passer trois ou quatre semaines avant de revenir à la charge, avec plus de rondeur mais un contenu identique. Comme si de rien n’était, la polémique a eu le temps d’être testée au sein de l’opinion avant d’être adoptée.

 

C’est la théorie du fusible : on crée un électrochoc, et on réagit de toutes les façons pour ne choquer personne. Si l’opinion approuve, on dit que le fusible était un peu tendu mais qu’il avait vu juste. Si elle réprouve, haro sur le fusible qu’il faut faire sauter.

 

Facile, non ? Ou comment Nicolas Sarkozy, pyromane devant l’éternel s’en remet au fusible pour couvrir son court-circuit. Trop fort, vraiment trop fort…

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 18:20

ZEP. Zone d’éducation Prioritaire. Le mot fait frémir quand il devrait faire rêver. Pensez donc : un endroit béni de la République où l’on lutte contre les différences sociales, où l’Etat rectifie les inégalités locales, où finalement l’égalité, pilier central de notre devise reprend tous ses droits.

 

Un professeur dans un collège près de Rennes le 23 septembre 2011 (D. MEYER/AFP)

 Un professeur dans un collège près de Rennes le 23 septembre 2011 (D. MEYER/AFP)

 

C’est avec cet idéal et afin de lutter contre l’échec scolaire et alors que la massification des élèves était en marche, que le gouvernement créa, sous la gauche et sous la tutelle d’Alain Savary alors ministre de l’Education Nationale, les ZEP en 1981, par la circulaire EN n°81-238. Celle-ci entendait répondre à la "démocratisation de la formation scolaire".

 

Des établissements en difficulté ont été ainsi repérés puis classés afin de leur donner des moyens supplémentaires : moyens financiers mais aussi moyens humains afin d’assurer un encadrement renforcé. Ainsi, un établissement non ZEP peut accueillir jusqu’à 28 élèves par classe en collège contre 26 pour un établissement classé. Il s’agissait en réalité de s’inspirer de la discrimination positive à l’américaine, pour que cette inégalité décidée corrige l’inégalité née de la société.

 

Le classement en ZEP présente un avantage certain, car les multiples aides et financements permettent de mettre en place des projets d’envergure. L’inconvénient reste l’image que cela implique, un établissement en ZEP étant ostracisé par rapport à son homologue du centre-ville qui n’est, lui, pas classé. Ce classement prend en compte le milieu économique, social et éducatif. Ainsi les établissements situés dans des zones paupérisées par l’explosion du chômage ont davantage de chances d’être en ZEP que d’autres.

 

En ZEP, les bleus de l'éducation nationale

 

Ce classement provoque donc des jalousies, certains établissements regrettant de ne pas avoir été classé en ZEP, bien qu’ayant selon eux une population similaire, privant leur budget et leur encadrement de ressources devenues vitales. Afin d’encourager les professeurs à enseigner dans ces établissements, la base du volontariat fut privilégiée et une prime leur fut accordée 94 euros brut par mois… ce qui n’encouragea bien évidemment pas grand monde.

 

Si bien que ce qui devait arriver arriva : seuls les stagiaires ou les bleus de l’Education nationale intègrent ces établissements réputés difficiles. Ainsi les enseignants en apprentissage, ayant le moins d’armes pour survivre sont placés dans les ZEP, pendant que les plus chevronnés se le "coulent douce" dans les lycées centre-ville.

 

Tout ceci ne permet évidemment pas aux ZEP d’obtenir les résultats escomptés. D’autant que pour "récompenser" les professeurs "volontaires" (sic), on donne des points supplémentaires (équivalant pour 3 ans d’exercice, puis pour 5 ans par la suite, à 30 ans d’ancienneté tout de même, soit 300 points environ selon les académies) afin de muter plus rapidement. La poudre d’escampette est donc devenue monnaie courante. Aussi quand François Fillon, ministre de l’Education Nationale entre 2004 et 2005, entendait vouloir pérenniser les équipes en ZEP afin de les rendre plus efficientes, tout le monde rit à gorge déployée.

 

Aujourd’hui ce sont un peu moins de 2 millions d’élèves qui sont affectés dans ces établissements.

 

Etudie-t-on moins bien en ZEP ?

 

Il faut dire que les IUFM ont tout fait pour : ainsi l’on incita fortement les professeurs à être moins exigeants en ZEP, même si les textes officiels demandaient le contraire. Moins exigeant en termes d’autorité (il ne faut pas les brusquer, ça ne sert à rien de les punir, il faut les comprendre), moins exigeant en termes de compétences (il faut adapter le niveau, l’obtention du brevet n’est pas un objectif, il ne faut pas les noter trop sévèrement), le tout en prétendant faire comme les autres dès qu’il s’agit d’orientation (il faut envoyer davantage d’élève en seconde générale). Les bulletins scolaires en ZEP sont souvent d’une hilarité cynique, propre à rendre cette institution inutile et nocive.

 

A force de marteler les mêmes idéologies égalitaristes, les défenseurs de la "belle" pédagogie, qui firent des élèves de ZEP des cobayes en puissance pour tester leurs expériences de travail en groupe (durant lesquels seuls les plus scolaires travaillent) et autres ribambelles d’activités toutes plus ludiques les unes que les autres toutes bonnes à être exhibée en guise de vernissage lors de la future formation continue des professeurs, finirent par imprégner les ZEP de leur empreinte. Empreinte indélébile.

 

Un cours de chant dans une école en ZEP à Bondy le 1er février 2008 (P. KOVARICK/AFP)

 Un cours de chant dans une école en ZEP à Bondy le 1er février 2008 (P. KOVARICK/AFP)

 

Les élèves en ZEP ont souvent eu un enseignement au rabais, dans lequel la moindre bribe de réponse à peine intelligible faisait crier l’enseignant "au génie", avec des notes complètement gonflées et des félicitations à qui voulaient bien respecter une fois de temps en temps le règlement intérieur. Ces établissements sont devenus des bombes à retardement dans lesquels les limites sont sans cesse repoussées… quand elles existent.

 

Quand les règlements intérieurs sont mal ressentis par les élèves, l’on encourage les professeurs à le réécrire par les élèves eux-mêmes (sic) en espérant qu’ils respectent davantage les règles dès lors qu’elles deviennent leur. On a condamné pour sorcellerie pour moins d’idées aussi farfelues au moyen-âge.

 

Une pression pèse sur les élèves

 

En fin d’année de troisième, je me souviendrai toujours de mon chef d’établissement qui en guise d’introduction au conseil de classe dit "il nous faut 60% d’orientation en seconde générale, pas un de moins"En ZEP, l’orientation n’est plus le résultat d’un projet mais bien la réponse à une équation donnée par le rectorat et qui ne saurait revenir non résolue.


Les notes font l’objet d’une pression sans commune mesure en ZEP, bon nombre de chefs d’établissement estimant qu’il ne faut pas décourager les élèves. La note n'est plus le thermomètre mais la maladie. Et le professeur le pestiféré... Et que dire de ceux qui enseignent le français et les maths et qui osent croire que leur moyenne vaut plus qu'une note de vie de classe, réminiscence façon Ecole des fans de la note de comportement...

 

Un élève qui ne sait à peine lire ne fera pas les mêmes évaluations que les autres. On expliquera alors au professeur que les notes seront biaisées, certes, mais qu’elles n’auront pas la même signification que pour un autre. Les résultats obtenus peuvent alors porter sur des niveaux d’exigence inférieurs à 5 niveaux, voire plus. Pourtant, elles figureront bel et bien sur le bulletin, sans réserve, et lorsque la question d’un passage ou d’une orientation sera posée, elles reviendront en force : "mais il a tout de même 9 en français, ce qui n’est pas catastrophique". 9/20 sur une évaluation de lecture de CE2 quand il est question d’un passage en 3e. 

 

Et que dire de ces interminables discours au pathos exacerbé déclamé par les COP, les infirmières et le CPE, sur le sort terrible qui s’acharne sur des délinquants, qui ne peuvent être tenus responsables de leurs actes ? On s’étonne que des mineurs brûlent des voitures et puissent frapper des policiers. Mais il faudrait s’attarder sur l’irresponsabilité de certains acteurs des ZEP qui dépénalisent à tour de bras, psychologisent tous les débats, faisant larmoyer l’auditoire. "Comme d’habitude, votre exposé est imprégné d’un incurable romantisme", reprochait le célèbre Hercule Poirot à son ami Hastings.

 

Les faits ne valent rien à côté des circonstances atténuantes. Les futurs citoyens voient leurs exactions graciées, décuplant l’inconséquence de leurs actes. Ce n’est jamais de leur faute, et personne n’est ainsi responsable. A l’heure où le mot citoyenneté est vidé de toute sa substance, la vérité a de quoi surprendre.

 

Les ZEP n’apprennent pas à leurs élèves à se conduire en bons citoyens mais à ne pas être responsables de leurs faits et gestes. C’est pourtant dans les territoires où le non-droit gangrène, où les structures éducatives sont absentes, où le cadre familial résonne si peu qu’il faut être le plus exigeant possible. C’est parce qu’ils ne connaissent pas les règles qu’il faut, plus qu’ailleurs, leur fixer les limites, quitte par la suite à desserrer l’étau. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs!

 

Quant aux moyens des ZEP, ils sont certes supérieurs mais il est nécessaire de rappeler leurs limites : 26 élèves au lieu de 28 ou 30 ! Quelle maigre différence pour une hétérogénéité si affirmée !!! Davantage d’assistants d’éducation… inopportunément dénommés puisqu’ils ne bénéficient d’AUCUNE formation pour aider pédagogiquement les élèves !

 

Des moyens indispensables, mais bien utilisés

 

Et que dire de cette folie de l’égalitarisme qui pousse à ne plus faire acheter le moindre livre aux familles malgré les allocations de rentée… Ainsi on interdit au professeur de faire payer les livres de poche en français. Pendant que la chambre du collégien ressemble de plus en plus à un show-room de Darty… Plus un livre. Que de la mémoire vive. Et pas de mémoire tout court.

 

La valeur ajoutée qu’était censée représenter la ZEP est donc contestable. Mais faut-il comme certains le préconisent les détruire ? Et puis quoi encore. On a déjà prostitué la carte scolaire. Pour que les ZEP fonctionnent il faut des moyens, mais correctement ordonnancés :

 

- Des classes de 15 au maximum pour faire face à l’hétérogénéité et plus précisément à l’individualisation des besoins.  

- Des primes en conséquence pour les enseignants, et pas seulement ces 94 euros brut qui ressemblent fort à de l’aumône. Une véritable plus-value de l’ordre de 500 ou 600 euros mensuels. Et non plus 18 heures de cours, mais une quinzaine, dont 5, sans élèves que l’on diviserait entre les concertations, la préparation de parcours individualisés, les projets.

- Une exigence du niveau : des moyens supplémentaires impliqueraient nécessairement une attente de résultats. PAS DE NIVELLEMENT DU NIVEAU donc, mais le même niveau attendu que partout ailleurs puisqu’on s’en donne la peine.

 

Certains diront : des dépenses supplémentaires ?  Que nenni ! Arrêtez donc de "claquer" 35.000 euros pour des salles pupitres pour des élèves qui ne savent plus lire et écrire. Ils ont déjà l’informatique à la maison. L’école n’est pas là pour singer la réalité, elle est là pour transmettre le savoir et pour apprendre à penser. Et un citoyen sans écrit ne peut pas réfléchir.

 

Cessons aussi d’appliquer les mêmes règles dans tous les collèges non ZEP lorsque l'on sait par exemple que certains établissements sont placés dans des milieux aisés où tout le monde est biberonné à la culture. Dans ces endroits, des classes de 35 n’auraient donc rien de choquant.

 

Voilà quelques pistes qui éviteront les fossoyeurs de droite, le plus souvent, d’agir et les dispendieux, de gauche fréquemment, de sévir. Encore faudrait-il en avoir le courage politique. Mesdames et Messieurs les candidats, la balle est dans votre camp !

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Published by Yves Delahaie - dans De l'éducation
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 18:14

"Peut-être que la seule manière de faire bouger les choses est d’employer la manière forte".

"La grève est une possibilité".

"Nous avons toujours souhaité constituer une voix pour nous représenter. Malheureusement, ça ne s’est encore pas fait".

"Malgré nos protestations, rien ne change".

"Ce n’est pas la première fois que l’on tire la sonnette d’alarme. Cela fait trente ans que nous répétons les mêmes choses".

 

Ouvriers en grève Credit: BAZIZ CHIBANE/SIPA, 2011 Usine Toyota d'Onnaing

Usine Toyota d'Onnaing - 2008 - Baziz Chibane/SIPA

 

Mais qui sont ceux qui protestent avec tant de véhémence, au bord du désespoir, au sommet de l’exaspération, à deux doigts de tout bloquer et dont on dit également : "Ces gars-là ont un pouvoir de pression énorme, croyez-moi" ? Serait-on à la sortie d’une usine de Picardie, enfumé par des pneus en flammes ? Des drapeaux rouge et jaune flottent-ils dans l’air sombre de la colère ? Mélenchon ou Besancenot (sorti de sa retraite pour dire que Philippe Poutou était le candidat de NPA et que sa non-candidature montre qu’il n’a pas "personnalisé le job"… Le tout en prime le dimanche midi sur Canal, pendant que Poutou, le vrai, le seul candidat, doit certainement déguster son poulet dominical en famille) sont-ils attendus pour soutenir ces travailleurs qui expriment leur désarroi ?

 

Que nenni.


Certes, ces protestations sont exprimées devant des centaines de micros. Mais point de responsables politiques aux environs. L’atmosphère est feutrée, la moquette épaisse, et des serveurs viennent rafraîchir et soigner à coups de serviettes éponges les orateurs. Sitôt leur vindicte énoncée, ils s’en iront toucher leur chèque à 5 ou 6 chiffres, suivant les semaines. Pour s’engouffrer dans une berline aux vitres teintées rejoindre leur suite dans les plus beaux palaces que les capitales mondiales offrent à leurs collègues.

 

Qui sont ces contestataires ? Les meilleurs joueurs de tennis de la planète, pardi !  

 

Sous un titre rouge, intitulé "La grogne", Tennis Magazine offre un éclairage sur le ras-le-bol des meilleurs joueurs du monde, qui menacent à tout bout de champ de faire grève. Et les plus bruyants ne se situent pas dans le ventre mou du classement, où grouillent ceux qui y regardent à deux fois avant de faire la tournée américaine, pour voir si le séjour ne leur fera pas perdre de l’argent, eux qui jouent la peur au ventre, puisqu’un coup de raquette fixe la différence entre le déficit et le solde positif. 

 

Très loin de ces considérations, nos puissantes orgues ne sont autres que trônent en majesté au sommet de la hiérarchie. Dans l’ordre de leurs citations : Rafael Nadal, 2ème mondial et ex n°1, Andy Murray, 3ème mondial et le plus virulent de tous, Andy Roddick, 14ème mondial et ex n°1, Roger Federer, 4ème mondial, ex n°1 et considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de tous les temps, et enfin Jim Courier, aujourd’hui à la retraite et ex n°1 mondial. Quant à celui qui estimait qu’ils avaient beaucoup de pouvoir, il fallait reconnaître… Pete Sampras, l’homme qui fut le plus longtemps n°1 mondial, une semaine de plus que Roger Federer. Rien que cela.

 

Nadal Alexander F. Yuan/AP/SIPA 10/2011 - China Tennis Shanghai Masters

Rafael Nadal - Masters de Shangaï 2011 - Alexander F. Yuan/SIPA

 

L’objet de leur ire ne date pas d’hier. Elle porte sur le rythme, jugé infernal, de la saison tennistique : elle débute dans les terres australes alors que le Nouvel An n’a pas été fêté et se termine mi-novembre pour une majorité des joueurs, et fin novembre pour les 8 meilleurs qui s’affrontent aux Masters, voire début décembre pour les finalistes de la Coupe Davis.

 

Le tout est épicé par l’obligation de participer à certains tournois pour préserver son classement. Tennis Magazine rappelle les obligations des joueurs dans son numéro d’octobre : ils doivent obligatoirement disputer les 4 tournois du grand chelem, les 8 masters 1000 et 4 tournois de catégories inférieures, ainsi que le Masters s’ils sont qualifiés. Soit au total 16 ou 17 tournois obligatoires, dont 6 s’étalent sur deux semaines, ce qui fait au final 23 semaines de compétition en dehors de la coupe Davis. 

 

Toutefois, Tennis magazine rappelle que les joueurs modernes ne sont pas forcément ceux qui jouent le plus : Nastase en 1973 avait joué 131 matchs. 85 pour Mc Enrœ en 1984, 88 pour Sampras en 1995, contre 80 pour Federer en 2004 et 81 pour Nadal en 2010. Alors certes, les efforts sont plus intenses en 2011 qu’en 1973, mais rappelons que les matchs sont tous joués en 2 sets gagnants à l’exception des grands chelem et de la Coupe Davis : à l’époque, on jouait au moins la finale au meilleur des 5 manches dans pratiquement tous les tournois.

 

Pour autant, le nombre de blessures est important, et on déplore davantage d’arrêts de longue durée (Del Potro vainqueur de l’US Open en 2009 et auteur d’une année quasi blanche en 2010). Deux problèmes surviennent alors, tous deux liés à l'argent :

 

1. L'organisation même des tournois, et notamment de l’US Open, fait enchaîner par exemple les demi-finales et les demi-finales sur deux jours, car comme le rappelle Federer, ils "placent l’audimat au-dessus de toute autre considération". L’appât du gain donc.


2. Le déroulement de l’année pourrait être revue, ce qui selon Murray ne serait pas si difficile : "Le calendrier est bordélique. Nous voulons le changer. Pas grand-chose mais au moins deux ou trois semaines dans l’année. Je ne crois pas que ce soit trop demander". L’ATP, l’association des tennismen professionnels, a déjà fait quelques efforts mais pas suffisamment. Pourquoi ? Parce que cela reviendrait à réduire le nombre de tournois et donc à en annuler quelques uns, ce qui aurait des conséquences économiques énormes sur les sponsors, les organisateurs et même les villes qui les accueillent. Une affaire de gros sous encore.  

 

Mais là où le bât blesse, c’est que les joueurs semblent dire que le nerf de leur guerre contre le calendrier c’est l’argent… Celui-là même qui les rend co-responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent. Et les preuves s’accumulent pour faire de leur revendications une crise de mauvaise foi propre à révolter le citoyen lambda. 

 

Ce qui fait dire à David Lloyd avec justesse : "Normalement, vous faites grève parce que vous ne gagnez pas suffisamment d’argent ou parce que vos conditions de travail ne sont pas bonnes. Or, les joueurs évoluent dans les plus beaux endroits du monde, sont conduits en Rolls-Royce depuis l’aéroport, sont hébergés dans des hôtels 10 étoiles et sont payés des fortunes. Je n’ai aucune compassion envers eux."

 

Ainsi faut-il rappeler que les engagements obligatoires des joueurs ne sont pas qu’une question de points et de classement. Comme le rappelle Tennis Magazine, "s’ils remplissent cet engagement, ils empochent un bonus appréciable : 2 millions de dollars pour le n°1 mondial, 1 million de dollars pour le n°2, 625.000 dollars pour le n°3, et ainsi de suite jusqu’au numéro 12. S’il leur manque un Masters 1000, le bonus passe à 1,6 million de dollars pour le n°1, etc."

 

Il suffirait que les joueurs acceptent de jouer moins, pour se préserver davantage


De la même manière, la remarque d’Andy Murray lors du dernier US open, bousculé par la pluie et par un sens de l’organisation inepte propre aux Américains, et dont les rentes publicitaires il est vrai l’emportent sur l’équité sportive et la récupération des joueurs, a de quoi laisser perplexe : "S’il l’on joue un jour de plus, alors nous devrions être augmentés en fonction, car c’est un jour de travail en plus"…

 

Rappelons que Djokovic, vainqueur de l’US open, a remporté la modique somme de 2,3 millions de dollars pour sa victoire… Et il voudrait être payé davantage pour être resté une journée de plus à New York ?

 

Mais voilà la véritable problématique : les joueurs sont-ils eux aussi prêts à gagner moins d’argent pour jouer mieux ?  Ou pour ne pas se blesser ? À regarder de plus près le comportement de ceux-là mêmes qui se plaignent, on peut en douter.

 

Ainsi Rafael Nadal a-t-il rendu publique, le 13 octobre dernier, sa volonté d’aller à Halle en Allemagne, plutôt que le Queen’s à Londres, une semaine avant Wimbledon…  La raison de ce détour ? "La vérité est qu'au Royaume uni, vous avez une fiscalité lourde", a déclaré l'Espagnol au quotidien The Times de jeudi, expliquant que les autorités britanniques taxaient lourdement ses parraineurs : "C'est très difficile. Je joue au Royaume uni et je perds de l'argent. J'ai fait beaucoup d'efforts depuis quatre ans, mais c'est de plus en plus difficile de jouer au Royaume uni. C'est trop".

 

Le même Nadal qui estime que les calendriers sont trop chargés, que les échéances sont trop proches les unes des autres mais qui préfère passer par l’Allemagne pour se préparer sur gazon au lieu de jouer le Queens qui se situe à moins de 10 Km de Wimbledon pour des raisons fiscales ?Elle est où la cohérence ?


Ainsi, Andy Roddick, le 11 octobre dernierqui explique qu’il ne peut pas se retirer d’un tournoi comme il le souhaite parce qu’il n’est pas payé. Et l’Américain de faire pleurer les chaumières en disant que les golfeurs et les basketteurs sont mieux payés que lui. Au cours de sa carrière, Roddick a amassé presque 20 millions de dollars. Et n'oublions pas qu'il faut doubler, voire tripler ces gains en y ajoutant les contrats publicitaires pour les joueurs professionnels. Le même qui lors de l’US open était de concert avec Murray et Nadal pour hurler contre le fait que "le business"l’emporterait sur la santé des joueurs ? Elle est où la cohérence ?


Une réaction qui n’est pas sans rappeler Serena Williams qui, elle, a atteint les sommets du scandaleux lorsqu’elle abandonna en 2009 au premier tour de Madrid face à Schiavone, après une seule manche jouée. Quand les journalistes lui demandèrent pourquoi elle s’était rendue sur le court alors qu’elle se savait inapte à jouer,  voilà ce que répondit celle qui a récolté la bagatelle de34 millions de dollars sur les courts hors contrats publicitaires depuis 1996, face au spectre d’une amende de 75.000 $ pour forfait tardif  : "Vous voudriez payer à ma place? Ce n'est pas trop cher pour vous ? Je suis en train de faire refaire ma maison. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, 75.000 dollars c'est beaucoup d'argent.

 

Ça représente la totalité de ma facture pour le mobilier, les escaliers, la tapisserie, et j'en passe. Dans les conditions économiques actuelles, je ne suis pas forcément heureuse de signer un chèque de 75.000 dollars. Vous le seriez, vous ?" ? Digne et élégant, non ?

 

Serena Williams - septembre 2011 - NYC- MCMULLAN CO/SIPASerena Williams -  septembre 2011 - NYC - MCMULLAN /SIPA

 

Alors Messieurs les joueurs (et Madame Williams car ses collègues de jeu préfèrent ne rien dire sur le sujet, elles…), plutôt que de vous plaindre, sachez apprécier la belle vie que vous menez. Dites-vous que vous tentez de prendre en otage une opinion qui gagne 100 voire 500 fois moins que vous. Que vos plaintes, sont obscènes et offrent un bien piètre image de votre sport.

 

Vous souhaitez préserver votre corps ? Grand bien vous en fasse. Diminuez de vous-même votre calendrier. Et épargnez-nous ce spectacle révoltant de la mauvaise foi, qui résonne comme le caca nerveux d’un petit héritier qui hurle, la cuillère d’argent dans la bouche.

 

Et puis, revenez-en à votre base. Comme les joueurs de 4ème série, qui comme moi, se désolent de votre discours qui déshonorent notre sport et qui le dimanche doivent enchainer deux ou trois matchs dans la même journée, avec seulement une heure d’attente entre chaque rencontre, parce que le juge arbitre a décidé qu’il pouvait aller au bout de règlement et qu’il a choisi de privilégier les joueurs de son club. Le tout pour pas un rond. Mais juste pour le plaisir de jouer.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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