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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 09:17

Marine Le Pen en meeting - Campagne pour les élections législatives - Paris, le 1er juin 2012 (YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA)

Marine Le Pen en meeting - Campagne pour les élections législatives - Paris, le 1er juin 2012 (YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA) 

 

577 circonscriptions réduites à un duel

 

On ne parle plus que de cela. Comme si les débats sur les projets des 577 circonscriptions se résumaient à cet antagonisme irréductible : le duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Les médias jouent aux idiots utiles ou au proxénètes, selon le point de vue que l’on adopte, et mette en exergue le spectacle le plus crétinisant qu’il soit en prétendant nous apporter de l’information.

 

Le débat d’hier sur France 3 fut bien au contraire d’un niveau pathétique, les quolibets de l’une répondant aux remarques acides et ironiques de l’autre dans une cacophonie qui faisait passer lés autres candidats pour des figurants tentant de se faire une place tout en haut de l’affiche. La guerre des ego semble l’avoir emporter sur la défense de ses idéaux.

 

Quel spectacle indécent quand la politique prend en otage une population qui a tant souffert des affres du chômage et de la politique elle-même puisque les dirigeants locaux n’ont pas lésiné dans la crapulerie la plus abjecte.

 

 

Plus qu'un duel, un tandem parachuté qui fonctionne

 

De la même manière que la République s’abîme dans le crétinisme bipartite, cette hydre à deux têtes qui se détestent et s’échangent à tours de rôle les mandats pour leurs lubies partisanes au lieu d’être au service des Français, elle se ridiculise quand l’autre guerre des deux revient à opposer le Front de gauche et le Front national.

 

Et alors que je trouvais la caricature de Plantu franchement mal inspirée à l’époque, elle prend aujourd’hui tout son sens. Car ne nous y trompons pas : les deux nous offrent une partition orchestrée de concert et en pleine harmonie.

 

Les deux sont parachutés. Jean-Luc Mélenchon n’avait même pas songé briguer dans la 11ème du Pas de Calais un mandat de député national avant des sondages flatteurs au printemps de la présidentielle. Marine Le Pen, on le sait, a fait de ces terres des terrils son fief, quand tout le monde sait parfaitement qu’elle est avant tout la madone de Saint-Cloud. D’ailleurs, elle l’avoue elle-même, elle n’est pas de ce monde :

 

MLP se revendique du Peuple Vidéo Snoopyves sélectionnée dans Actualité

 

 

Magnifique combat pour un territoire qu’ils ne connaissent pas, qu’ils ne contribuent en rien à épanouir, qu’ils n’habitent, mais qu’ils n’hésitent pas à exploiter pour leur fortune personnelle. Jean-Luc Mélenchon a l’air malin à présent quand il parle de l’exploitation humaine : que fait-il d’autre dans cette mauvaise farce ?

 

Des méthodes pathétiques du côté du Front national

 

L’affaire du tract a atteint le tréfonds de la médiocrité et il est aisé de reconnaître là les méthodes du FN qui déjà à l’époque de Vitrolles et de Bruno Mégret, ne procédait pas autrement à en lire "Histoire secrète du Fonrt national" de Renaud Dély.

 

Pas surprenant puisque Steeve Briois, le vrai autochtone de Hénin, était un disciple de Mégret au point de l’avoir rejoint dans un premier temps lors de la scission pour la création du MNR. Tout cela pour réponde à une véritable guerre des gangs entre les militants qui s'écharpent comme des chats sauvages dans les rues d'Hénin Beaumont, quand l'atmosphère vespérale assure aux crapules la lâcheté de l'anonymat. La loyauté à laquelle s'engage tous les candidats quand ils déposent leur candidature se trouvent bafouée comme jamais. 

 

Mais surtout, ce qu’il y a de plus grave, de plus accablant encore c’est que l’essence qui coule dans ce moteur de la démagogie publique, celui de la division. Marine Le Pen divise les Français et on ne sait plus très bien dans sa bouche si l’étranger est celui qui n’a pas la nationalité française ou si c’est celui qui roule en coupé et qui vote Mélenchon.

 

Un manichéisme naïf du côté de Mélenchon

 

De la même manière, chez Mélenchon, on oppose ceux qui gagnent l’argent et ceux qui font ce qu’ils peuvent, comme si les uns étaient nécessairement tous coupables et les autres fondamentalement innocents.

 

Pire encore, pour Mélenchon il y a le bon Peuple de Gôôôche et les autres, les moins que rien, ceux qui’ n’ont rien compris et qui inspirent son mépris. La technique de la victime et du bourreau est ainsi déclinée à l’envi et il nous brûle l’envie de leur rappeler que ce monde n’est pas aussi caricatural et manichéen et que Baudelaire l’exprimait dans un chiasme rendu célèbre : "Je suis la plaie et le couteau, la victime et le bourreau";

 

Aujourd’hui, sur nos territoires, nous candidats du terrain, qui arpentons les marchés, qui devons faire la manche pour avoir une interview, nous regardons éberlués ce spectacle décadent de notre démocratie.  

 

Comment faire connaître nos idées quand nos projets sont susurrés alors que leurs insultes sont hurlées à la criée ? Et dans ces conditions, il ne faudra pas s’étonner si le taux de participation le 10 juin ne soit pas à la hauteur de l’audience enregistrée hier par France 3 Nord-Pas-de-Calais. 

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Published by Yves Delahaie - dans Législatives 2012
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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 09:16

LE PLUS. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy, l'UMP se cherche un leader, et des idées. C'est en tout cas le point de vue d'Yves Delahaie, qui s'insurge contre ce parti qui, selon lui, a fait de la droite un gros mot en chassant sur les terres du Front national.

Édité par Henri Rouillier   Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Fillon et Jean-François Copé à Paris, le 28/01/2012. (WITT/SIPA)

François Fillon et Jean-François Copé à Paris, le 28/01/2012. (WITT/SIPA)

 

La loi électorale est dure. Très dure. Surtout depuis l’inversement du calendrier. Pensez-donc : à peine se termine la bataille terrible de la présidentielle qui a vu la défaite du président sortant, ce qui est une première depuis 1981 et la défaire de VGE, la législative bat son plein pour repeupler l’Assemblée.

 

Mais à droite souffle un vent de panique. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. En annonçant précocement, comme s’il avait anticipé l’Histoire, qu’il quitterait la vie politique s’il venait à perdre, le désormais ancien président de la République Nicolas Sarkozy a laissé un grand vide.

 

L'ère Sarkozy : une transformation de la droite

 

Et pour cause, les cinq années passées à l’Elysée – couplées aux trois autres passées à la tête de son parti – ont profondément modifié la droite française. Un virage à droite toute avec Patrick Buisson en guise de commandant de bord, dans l’ombre des caméras, qui lui préféraient les bourdes sans panache mais assurément potaches d’une Nadine Morano ou d’un Frédéric Lefebvre.

 

Il fallait voguer dans les eaux de la Marine en tentant de la prendre de court par tribord. Les pirates de l’UMP se sont improvisés corsaires, évoquant la laïcité, qu’ils substituèrent à une croisade contre l’islam, outrageant la fraternité, en agitant le drapeau rouge sur le thème de l’immigration, et pillant le pilier central de la devise républicaine.

 

D’aucuns pensèrent que sa stratégie avait finalement échoué. Je suis de ceux qui, bien au contraire, constatent que le hold-up passa tout prêt et il ne fallut pas quinze jours de plus pour assister à la plus grande surprise de l’histoire des sondages.

 

L'UMP en mal de chef

 

Alors que le navire a finalement pris l’eau, l’on se rendit compte son personnel ne comptait pas le quitter. La coque semble seulement fêlée et le spectre du Titanic qu’eut représenté une défaite à 55/45 s’est évanoui. Bien au contraire, c’est une véritable mutinerie qui s’est enclenchée pour savoir qui serait le capitaine à bord. De Fillon à Copé, en passant par Juppé qui prit bien soin de ne pas s’abîmer sur un radeau qui prendrait l'eau à coups surs, on se bat à qui mieux mieux pour succéder au poste vacant du commandant.

 

Plutôt que de laisser la guerre des chefs anéantir ce que la fin de la présidentielle avait quelque peu préservé, les barons de l’UMP décidèrent alors d’imaginer le retour du capitaine abandonné. La ronde des hommages a commencé cette semaine, avec notamment François Fillon qui mercredi déclarait :

 

"Nicolas Sarkozy manque à la droite républicaine. Il laisse un vide que personne ne peut prétendre combler. […] Vous savez, à l'UMP, nous sommes tous des amis de Nicolas Sarkozy".

 

Emouvant… Surtout quand l’ombre d’un retour semble toujours planer, dans les mots de l'ex-Premier ministre :

 

"A 57 ans, il est encore jeune. La vie est longue et l'histoire nous dira les choses".

 

Que voulez-vous, ils sont comme ça à l’UMP. Nicolas Sarkozy a eu beau dénaturer la droite en faisant ouvertement sauter la digue avec le Front national, on continue de le regretter, on souhaite secrètement qu'il revienne. 

 

Une droite qui se cherche, sur terres du FN

 

Et comment mieux lui rendre hommage qu’avec ce clip de campagne des législatives, qui va encore plus moin que celui de l’entre-deux tours des présidentielles qui distillait l’image d’un panneau où il était écrit "Douane" en Français et en Arabe. Fini les images subliminales, l’UMP fait le grand saut et ne se voile plus la face :

 

 

Invraisemblable pêche au gros dans l’océan de la Marine : "Il faut dire 'non' aux prières de rues, 'non' aux menus religieux dans les cantines", "le débat sur la burqa", "je suis contre le droit de vote des étrangers", "il faut sanctionner plus durement les récidivistes"… Grandeur dans la caricature. Le "blues Marine" de l’UMP.

 

À titre personnel, je le regrette. Dans ma conception des choses, la vision partisane doit s’estomper et seul le travail au service des Français doit l’emporter sur les visions partisanes. Mais tant que l’UMP voguera sans vergogne dans les eaux du Front national et en épouse les grands principes, tant qu’elle s’évertuera à faire de la division le vent qui souffle dans sa voile, alors non, je renoncerai à travailler avec cette droite-là : cette droite qui regrette Nicolas Sarkozy et qui sombre dans le "blues Marine" ; cette droite qui s’abîme et tire à boulets rouges sur les valeurs de notre République. Les marins exaspérés de voir leur droite ainsi prostituée doivent se ressaisir et se démarquer pour ne surtout pas se laisser assimiler. 

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Published by Yves Delahaie - dans Législatives 2012
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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 09:13

Christine Boutin présente son programme pour la présidentielle, le 5 décembre 2011 (F.DUPUY/SIPA)

 Christine Boutin présente son programme pour la présidentielle, le 5 décembre 2011 (F.DUPUY/SIPA)


Je m’étais pourtant promis d’avoir définitivement refermé la page des aventures de "La bigote qui radote". J'étais ainsi persuadé que son alliance avec dieu Sarkozy l’avait embarquée à fond de cale de l’arche de l’UMP pour ne plus l’en faire ressortir avant cinq bonnes années. Au moins, me souffle-t-on à gauche (diantre, la voi(e)x du Diable).

 

Que fait François Hollande ?

 

Mais voilà, Christine Boutin, le Petit Chapelet rouge, est insatiable et sa soif de légende est plus grande encore. Sur le bûcher des législatives, la voici ressuscitée, revenue à la vie, publique, portant sa croix, son parti, le PCD (Parti chrétien démocrate).

 

Mais pour ce faire, elle pécha. Lourdement. Et Dieu seul sait si elle sera pardonnée pour ce péché d’orgueil. Car il fallut de l’orgueil pour la voir accepter l’invitation de France 2 ce lundi 28 mai aux "4 vérités". Pensez donc, un lundi de Pentecôte, un jour férié ! Qui célèbre la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, blasphème !

 

Aurait-elle à nouveau bu tout le vin de messe pour s’égarer de la sorte, elle qui sortit de ses gondslorsque Jean-Marc Ayrault décida d’étrenner son Conseil de Ministre le jeudi de l’Ascension ? La bigote préfèrerait-elle la montée de Jésus au Ciel à la descente du Saint-Esprit ? Ce serait oublier que sa croisade est parole d'Evangile. Et la bigote de présenter fièrement son minois pour déclamer une de ses homélies dont elle a le secret.

 

Parce qu’ il faut dire que l’heure est grave. Très grave même. La civilisation est en danger !

 

"Le mariage homosexuel, l’adoption homosexuelle, l’euthanasie, la manipulation de l’embryon… [François Hollande] a pris une position qui démolit complètement notre civilisation, je n’ai pas peur de le dire. Moi, cette civilisation qu’il nous propose, qui est la déstructuration de notre société, je m’y opposerai."

 

Et le Petit Chapelet rouge de conclure :

 

"Je pense que le quinquennat ne favorise pas la cohabitation, mais là il y a urgence. Il y a danger pour la société, il y a danger pour la civilisation, il y a danger pour la France pays des droits de l’homme."

 

La bigote n’y va pas avec le dos de la cuiller ! La gauche devient le Diable incarné, l’être démoniaque, habité par l’envie de massacrer notre société, notre patrie, notre civilisation. Le Petit chapelet rouge reprend son bâton de pèlerin pour repartir en croisade. Elle qui osa brandir la Bible à l’Assemblée.

 

"Catholique avant d'être élue"

 

Elle qui tint pendant 5 heures un discours fleuve pour honnir tant et plus les affres de Sodome et Gomorrhe : "Toutes les civilisations qui ont reconnu et justifié l’homosexualité comme un mode de vie normal ont connu la décadence ", explique-t-elle alors sous les applaudissements de la droite de l’époque.

 

La bigote y va même de sa définition anthropologique :

 

"Qu’est ce dont que l’homosexualité, sinon l’impossibilité à atteindre l’autre dans sa différence sexuelle ? Et qu’est-ce que l’impossibilité d’accepter la différence, sinon l’expression de l’exclusion." [1]

 

La bigote réécrit la table de lois et même l’Histoire en déclarant au site Atlantico : "Même notre devise : Liberté, Egalité, Fraternité expose des principes chrétiens." De la part de celle qui reconnait en Clovis le Père fondateur de notre Nation, bien davantage que les Révolutionnaires qui ont initié la loi de 1905, l’hostie est dure à avaler (et n’allez pas parler de pilule, hérétiques !).

 

Elle l’avait dit dans un numéro du "Nouvel Observateur" de novembre 1998 :  "je suis catholique avant d’être élue". Les lois du ciel sont, à ses yeux, supérieures à la loi des hommes. Pourtant, On envoie au bûcher de l’ostracisme les musulmans pour moins que çela dans l’arche de l’UMP. Mais la droite a les yeux de Chimène pour l’intégrisme chrétien, surtout s’il est tenté par l’autre Madone de la politique française, celle de St-Cloud.

 

C’est alors que, raisonnablement, Christine Boutin explique qu’en cas de duel PS/FN, elle laissera ses ouailles choisir, sans préceptes. Persuadée que les agneaux de Dieu ne se tromperont pas de pâtre. Mais de quel pâtre est-il question quand on sait par quel chemin elle a su s'aventurer ? Le Petit Chapelet rouge gardera son secret. En faisant la prière d’envoyer ses messagers à l’Assemblée pour y croiser le fer et éviter l’Apocalypse. Car, ne vous y trompez pas : quand, au printemps prochain, la loi sur le mariage gay sera discutée, la bigote ne sera pas très éloignée… le crucifix sur le cœur, le glaive à la main.

 

[1] Source : Caroline Fourest et Fiammetta Venner, "Les Anti-Pacs ou la dernière croisade homophobe".

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 09:06

Arnaud Montebourg à paris le 08/11/11 (FRANCOIS GUILLOT/AFP)

Arnaud Montebourg à paris le 08/11/11 (FRANCOIS GUILLOT/AFP) 

 

L’Affaire Montebourg fait grand bruit à droite. Rendez-vous compte ! Il a osé dire à propos de Sea France : "On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever". Et il fut condamné à la hauteur de son forfait : 1 euro…

 

Rappelons que l’inattaquable gestion de "Sea France" s’est soldée par une mise en liquidation en janvier dernier…

 

Levée de boucliers à droite contre Montebourg

 

Alors, il fallait réagir. La première à dégainer fut Nadine Morano, qui est à la réflexion ce que la purée Mousline est à la gastronomie française :

 

 

Et Copé de lui emboîter le pas :

 

"Je n'ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice (...) La seule chose qui me paraît intéressante dans cet épisode, c'est de savoir quel sera le comportement du président Hollande, qui a donné à notre famille politique pendant des mois et des mois toutes les leçons de morale possibles, y compris en demandant systématiquement de couper la tête des ministres du gouvernement Sarkozy dont il bafouait régulièrement la présomption d'innocence".

 

Il est vrai que les "affaires" qui ont secoué la Sarkozye étaient en tous points comparables avec "l’affaire Montebourg" : Brice Hortefeux et Claude Guéant coupables de dérapages à la limite de la xénophobie (même si la justice fut pour le moins clémente), Eric Woerth et l’affaire Bettencourt qui laisse un doute ineffaçable sur les compte de campagne du vainqueur de la présidentielle de 2007 , l’affaire des "cigares" de Christian Blanc, secrétaire d’Etat qui fit payer ses cigares personnels sur le budget de l’Etat…

 

Et combien en passé-je de plus vertes et de pas mûres… Toutes ces peccadilles ne sont rien à côté de l’horrible "délit" d’Arnaud Montebourg : pensez-donc ! Injure publique ! Haro sur le baudet : démission ! Que la peste soit éradiquée.

 

L'opposition : un navire à la dérive

 

Vous voilà exposé l’exemple même du crétinisme bipartite. L’opposition en France est devenue un fantoche rhétorique, qui puise sa force dans la mauvaise foi et l’outrance. Peu importent les idées, pourvu que la disgrâce soit scandée.

 

Et le programme de l’UMP est lancé pour le quinquennat à venir : s'opposer. S’opposer à une idée sous le fallacieux prétexte qu’elle est l’œuvre du camp d’en face n’est pas rendre service au pays en temps normal. Ça devient un crime quand ce même pays est en crise.

 

Cette conception de la politique est insupportable. La seule force susceptible d’aider à faire voter des lois qui vont dans le sens de notre pays tout en comptant sur une vigilance redoublée par rapport à la gestion financière de notre état est celle présentée par François Bayrou, et que je représente en ma qualité de candidat aux législatives sur la 1ère circonscription du Nord : Le Centre pour la France.

 

Pour que l’opposition ne soit plus sans épithète mais pour qu'elle soit au service des Français : accompagnée donc de l’épithète "constructive". L'équilibre de l'Assemblée et des pouvoirs ne peut se faire avec un parti qui veut imposer une majorité de blocage. Seule une minorité d'arbitrage propre à voter les lois qui lui paraissent servir les Français tout en restant vigilants sur l'état de nos finances, apte au dialogue sera à même d'accompagner le gouvernement de François Hollande pour le bien de notre pays. 

 

Notre seul adversaire, le seul, c’est l’hydre bipartite : ce monstre à deux têtes qui, dos à dos, tente de se décapiter, non sur le bûcher des idéaux mais sur celui des ego.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:05

Audrey Pulvar et Louis Aliot (montage Le Plus / BENAROCH/BAZIZ CHIBANE/SIPA)

Audrey Pulvar et Louis Aliot (montage Le Plus / BENAROCH/BAZIZ CHIBANE/SIPA)

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année électorale 2012 aura été marquée par un sursaut journalistique. Tenus coupables d’avoir banalisé le FN en multipliant les invitations de courtoisie auprès de Marine Le Pen, les médias étaient souvent accusés de faire le jeu du parti fondé par Jean-Marie Le Pen et de participer à son installation dans le champ républicain. Toute invitationdevint suspecte.

 

Le précédent Lapix

 

Mais l’année 2012 marquera un tournant. C’est Anne-Sophie Lapix qui lança le bal sur Dimanche Plus en mettant devant les yeux de la France entière Marine Le Pen face à ses contradictions et ses égarements économiques. On a tendance à l’oublier mais qui sait si ce genre de mise en scène n’a pas contribué à refroidir une partie de l’électorat du FN concernant le volet économique de sa candidate, au point que cette dernière enterra sa proposition de sortie de l’euro en fin de campagne ?

 

Alors certains diront que la journaliste avait été pugnace, trop pugnace et qu’elle avait montré un visage qu’elle ne réserve qu’à Marine Le Pen. Anne-Sophie Lapix s’en était expliquée dans une interview, où elle révéla que Marine Le Pen n’était pas une invitée politique comme les autres : "Je n'ai pas été plus agressive avec elle qu'avec les autres invités, mais elle prend les gens de haut. Si vous regardez bien, quand je lui parle elle lève les yeux au ciel, ou balaie ce que je dis de la main. Les autres invités ne font pas ça."

 

Aliot esquive...

 

Ce samedi, ce fut au tour du numéro 2 du Front national, Louis Aliot de tomber sous les griffes d’une autre journaliste pugnace, qui avait parfaitement préparé son propos. Et l’instant est d’autant plus savoureux que cette femme a souvent été accusée de ne pas être à sa place, en sa qualité de "compagne de". Je parle bien évidemment d’Audrey Pulvar dans "On n’est pas couché".

 

L’entrée en scène du vice-président du FN commença par une incongruité, puisque c’est la première fois que l’on fit se croiser à la sortie des coulisses deux invités politiques et que l’on filma l’instant. Un instant volé qui n’a rien de fortuit : Harlem Désir, l’ancien Président de SOS racisme, aujourd’hui Numéro 2 du PS se retrouva nez à nez avec son homologue du FN qui avait annoncé sur tous les médias sa volonté de couper les sources à l’association si Marine Le Pen venait à l’emporter. On vit comme une hésitation chez Harlem Désir, bien que vu de dos. Mais, sentant le traquenard des caméras omniprésentes, il n’eut d’autres choix que de serrer la main à son adversaire. Dans un froid qui glaça le dos à tous les spectateurs. Ambiance.

 

Puis l’interview put enfin débuter. En bon avocat, Louis Aliot esquiva assez bien les premiers coups : sur l’affaire des néo-nazis au Parlement grec ("une curiosité en Europe" en précisant que le FN ne pourrait pas faire alliance avec un tel parti au parlement européen), sur l’étiquette d’extrêmisme qu’il rejeta en évoquant la francisque reçue par un ancien président… sans citer son nom, ou encore sur sa volonté de triompher sur les cendres fumantes de l’explosion de la droite.

 

La joute avec son collègue de barreau Maître Dupond-Moretti fut autrement plus hargneuse mais ce dernier arriva avec un tel visage de haine, que son argumentation sembla perdre en efficacité.

 

Aliot titube...

 

C’est donc du côté d’Audrey Pulvar qu’il fallut voir Louis Aliot tituber quelque peu. Tout commença par un trébuchement sur l’affaire Merah et la double nationalité (à partir de 15’56).

 

Louis Aliot Vs Polony & Pulvar 1 [POL] Ruquier... par peanutsie

 

Œdipe refit donc surface. L’homme serait donc éternellement responsable des actes et délits de ses prédécesseurs. Louis Aliot a trop entendu le procès de Marine Le Pen avec des chefs d’inculpations qui concernait le père pour ne pas rester sans voix. Mais sans doute faudrait-il rappeler à l’avocat qu’avant d’enchaîner sa rhétorique, encore dût-il se renseigner sur son contradicteur. Car, non seulement Audrey Pulvar n’a jamais assimilé, elle, les dérapages de son père aux positions de Marine Le Pen durant la campagne, mais c’est bien cette dernière qui agita le spectre d’un papa indépendantiste, comme le rappela la journaliste.

 

La preuve en images :

 

MLP, Pulvar et le père... Vidéo snoopyves1 sélectionnée dans Actualité

 

 

L’arroseur était arrosé. Louis Aliot en bafouilla donc sur la double nationalité de Merah, ce qui fit dire à Audrey Pulvar que ce devait être certainement la partie "algérienne" qui avait alors posé problème… Déjà le numéro deux du FN n’en menait pas bien large.

 

... puis se couche

 

Mais le coup le plus rude était à venir quand Audrey Pulvar décida de parler de l’IVG de confort (à partir de 9’25)

 

Aliot Clash Dupond-Moretti & Pulvar 2 [POL]... par peanutsie

 

On se souvient que durant cette campagne l’affaire de l’IVG de confort avait fait grand bruit notamment après un clash avec Pascale Clark qui avait qualifié l’expression de "dégueulasse" à l’antenne de France Inter.

 

À partir de quand une femme a-t-elle trop avorté ?

 

Jamais on ne sentit Louis Aliot à l’aise sur la question et, pour cause : il fut mis dans les cordes dès la première question qui consista à définir ce qu’était l’"IVG de confort". Grand moment de solitude pour ce rugbyman perpignanais, incapable de définir une notion autour de laquelle s’articulait un des points les plus polémiques du programme de Marine Le Pen lors de la présidentielle : le déremboursement des "IVG de confort".

 

Comme il l’avait fait sur France Inter, il se réfugia derrière une interview du "Figaro Magazine" ("Ah, vous citez les grands philosophes", ironisa Pulvar provoquant l’hilarité du public et des autres invités) pour asseoir la notion. Plus il tentait de se dissimuler derrière "les vrais spécialistes", plus il s’égarait, ce qui fit dire à la journaliste, fort à propos et d’une salutaire pugnacité : "Pourquoi utiliser cette expression si vous ne savez pas quoi mettre derrière ?" ou encore "vous reprenez un terme que vous ne savez pas expliquer".

 

L’instant en était presque gênant pour Louis Aliot qui répèta à l’envi "je ne sais pas moi", laissant Pulvar déclencher l’upercut fatal qui démontra l’absurdité même de ce concept :

 

"À partir de quand considère-t-on qu’une femme a trop avorté ?" La foule applaudit ce coup décisif à la toute fin du temps règlementaire.

 

Le "Demandez à un médecin, il vous répondra" ressembla fort aux trois coups de la main frappés au sol pour demander la fin du combat. Ruquier reprit la main. Mais c’était trop tard : six mois après sa compagne, Louis Aliot venait lui aussi de tomber KO. 

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Published by Yves Delahaie - dans Du Front National
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 20:57

Mais qui est au juste Hervé-Marie Morelle ? Les citoyens du la 1ère circonscription du Nord connaissent-ils véritablement celui qui va se présenter au suffrage universel le 10 juin prochain ? 

Une petite recherche sur google sur le personnage donne rapidement le vertige : les occurrences sont nombreuses. Très nombreuses. Mais ce qui frappe l’œil, ce sont surtout les polémiques qui abreuvent les premières pages : héros d’un esclandre au conseil municipal de Lille, chef de fil des anti-blocage à Lille 3, des sobriquets peu avantageux comme « H meuh meuh » ou « troll »… Mais aussi, défenseur et soutien inconditionnel de son « ami » Benjamin Lancar, même quand ce dernier s’égare en faisant l’éloge de Pierre Laval, Président du Conseil sous le régime du maréchal Pétain et symbole de la collaboration, qu’il présente comme un membre "d'une classe politique autrefois courageuse" en lui reconnaissant d'avoir "redressé économiquement la France en 1932"… Délicat quand on revendique la légitimité pour incarner les jeunes "gaullistes". Il faut dire qu’Hervé-Marie Morelle est avant tout un homme d’image.

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Comme celles, filmées, qu’il déroba en plein conseil municipal lillois, malgré les avertissements répétés des appariteurs… Ce jour-là, Martine Aubry rappelle à l’impertinent que ses méthodes sont celles d’une autre époque. Puis, fait confisquer le matériel du réfractaire, avant de lâcher un importuné « petit facho », précisant qu’il était un indigne conseiller de quartier. Dérapage que s’empressa de relater très rapidement notre futur candidat à la cantonale, jugeant exquises les délices colériques de la Maire de Lille pour le servir en notoriété. Il fut épaulé pour l’occasion de fidèle façon par les cadres de son puissant parti, jusqu’à Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat chargé à l’emploi,  qui s’exprima dans Les 4 vérités, l’émission politique matinale de France 2. Quelle meilleure audience Hervé-Marie Morelle pouvait-il espérer ? Dans son blog, il relaya tout ce qu’il put de coupures de presse en relais-télé, se posant alors en victime. Coup double : il  tente alors de déstabiliser celle contre qui s’oriente systématiquement la moindre de ses critiques, et il se pose en candidat rêvé pour les cantonales dans la capitale des Flandres pour une droite locale qui peine à faire émerger des têtes d’affiche jusqu’à faire appel à la nièce du célèbre Pierre Mauroy pour donner de la consistance… patronymique à son groupe d’opposition.  

Il fallait le voir s’émouvoir, en tous lieux du Web, de ce « petit facho » qu’il a répété à l’envi comme pour retourner l’argument de Martine Aubry (« des méthodes d’une autre époque »…). Pourtant à  voir Monsieur Morelle censurer le moindre commentaire sur son blog et sur sa page facebook, refusant la moindre contradiction, même parmi les plus argumentées, qui oserait lui montrer qu’il fait fausse route, il n’est pas dit que le qualificatif qui fusa ce soir de conseil municipal fût si mal choisi que cela…

Et il faut bien dire qu’Hervé Marie Morelle a donné des gages pour le moins… extrêmes. Lors de la dernière cantonale, il est bouté hors du second tour par le FN, une désillusion pour lui alors que c’est l’UMP qui avait remonté le seuil à 12,5% des inscrits pour se maintenir afin de faire barrage au FN. L’histoire de l’arroseur arrosé. Ce qui ne l’empêcha pas de refuser de maintenir la digue républicaine sous le fallacieux prétexte de ne pas vouloir signer un blanc « sein » au PS… Cachez ce sein que je ne saurais voir…

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En gros plan s'il vous plait :

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Le tournant de Nicolas Sarkozy dans la présidentielle qui suivit n’a donc pas dû lui déplaire. Pourquoi s’offusquer de faire de l’islam un bouc émissaire, de piller le programme du FN en reprenant à son compte ses idées ou bien encore en distillant un panneau « douane » écrit en français et en arabe dans le spot de campagne, lourd de sous-entendu, quand soi-même on tracte à Wazemmes avec Eric Portejoie ancien candidat FN aux cantonales en 2004 ? Pour un homme qui est soucieux de son image, l’action est lourde de sens.

L’image, toujours l’image. Force est de constater que la vidéo est une marotte chez ce Sarkozyste revendiqué (enfin, beaucoup moins depuis qu’il est en campagne étrangement…). Et de voir Monsieur Morelle la proposer à tout bout de champ sous le vocable magique de « vidéo surveillance ». Véritable radotage institué par une véritable, elle, figure de la droite lilloise, Monsieur Christian Decocq, qui en use et abuse dans ses saillies plus ou moins heureuses en conseil municipal, il sert de refrain à son disciple Morelle qui tente d’imiter le Sage en conseil de quartier. Las, ses propositions font sourire, pour les plus indulgents de l’assistance, surtout quand elles visent à empêcher le dépôt sauvage d’ordures sur la voie publique… Peu importe que ces vidéos touchent à l’intimité et aux libertés publiques. Il n’en démord pas. En vain. Le Truman show à la Morelle n’a pour le moment pas encore eu lieu. Mais les électeurs de la 1ère circonscription du Nord sont prévenus.

 

Pourtant, nous avions connu un Hervé-Marie Morelle plus respectueux de ce droit à l’image jusqu’à faire preuve d’un peu trop de zèle comme lors des Européennes où il exigea d’un opposant qu’il retirât de son blog une prise de vue le montrant de dos (donc méconnaissable a priori), en plein tractage pourtant, revêtant fièrement un Tee-shirt d’un goût plus que douteux : « Moi je suis de la France d’en haut »… Réminiscence de ses origines notables du Douaisis qu’il aime rendre ostensibles, y compris sur ses tracts, comme celui qui inaugura sa cantonale sur lequel il paradait lunettes de soleil à la main, col roulé et chevalière au doigt. (voir plus bas) Ou encore dans la conversation, comme ce 9 juin 2009, lors du scrutin européen : alors que les électeurs se faisaient rares dans le bureau de vote qu’il présidait, quelques paroles fut échangées. Jusqu’à ce qu’une employée municipale qui ne savait plus où était la rue Brûle-Maison déclara : « Ah oui la rue de la CAF ! ». Hervé-Marie Morelle lança alors un retentissant « oui, chacun ses références »… Chacun appréciera l’à-propos de sa remarque qui en dit long sur le personnage. Il n’y a donc rien de surprenant à savoir que l’homme ne compte pas que des amis. Et c’est bien normal quand on le voit parler de l’une de ses collègues conseillères de quartiers en des termes assez peu élogieux qu’il adresse… à son fils sur le blog de Le journal de Geed  : « Votre maman ne s’exprime pas en conseil de Wazemmes, elle éructe en gesticulant sur son siège des inepties aussi vieilles qu’elle ! ». L’on comprend mieux à présent ce qu’il entend par « l’énergie de la jeunesse » sur son slogan de campagne… 

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Preuve s’il en fallait que le bonhomme a du mal à canaliser cette énergie et plus précisément sa colère, Hervé-marie Morelle s’illustra avec encore plus de vigueur, et davantage d’incorrection lors de la campagne des régionales en mars dernier, quand Sciences-Po Lille l’invita à débattre au nom de l’UMP. Etant le seul représentant à ne pas figurer sur une liste, il était accompagné de fiches manuscrites par Valérie Létard elle-même qu’il exhiba non sans fierté. Sans doute aurait-elle dû insister plus encore sur le comportement à adopter devant l’adversité. L’impétueux, mal content de son fait, et des arguments incisifs de l’assistance, s’emporta vigoureusement contre une auditrice, à qui il demanda de justifier le bilan d’un maire PS d’une ville située à plusieurs centaines de kilomètres de notre campagne, lui aboyant même dessus. Puis, sommet de goujaterie, alors que Marine Tondelier, pour Europe Ecologie (et candidate aux législatives à Hénin-Beaumont, tout un symbole) lui proposait de relire le programme de son parti, en tentant de corriger les inepties que proférait Monsieur Morelle, ce dernier refusa de prendre le document et le jeta à terre avec dédain en hurlant qu’il ne lisait pas « ça ». Tous les témoins s’en souviennent encore, ahuris devant un tel esclandre, teinté d’impolitesse et d’irrespect pour ses contradicteurs. Le soir même interrogé sur son facebook, il confesse alors n’avoir pas eu la bonne attitude mais se justifie en précisant que « tout le monde était contre [lui] ».

Aujourd’hui, ce sont ses comptes de campagne qui s’abiment dans le rouge au point d’être dénoncés par son propre mandataire financier…

Mais Hervé-Morelle ne se prend pas toujours au sérieux. Du moins l’espère-t-on ! Car qui ne sait qu’Hervé-Marie Morelle fut costumier et accessoiriste du célèbre Lip Dub qui ridiculisa une bonne fois pour toutes l’UMP ! Changer le monde, entonnèrent-ils vêtus des oripeaux fournis par notre candidat aux cantonales. C’est cela aussi l’énergie de la jeunesse et l’expérience du terrain. Sans doute faut-il attendre un prochain clip de Monsieur Morelle pour la législative ? Ah ben il suffisait de le demander :

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 09:04

François Bayrou, lors de sa conférence de presse, le 3 mai 2012 à Paris (CHAMUSSY/SIPA).

François Bayrou, lors de sa conférence de presse, le 3 mai 2012 à Paris (CHAMUSSY/SIPA)

 

Les Français ont choisi de tourner la page du sarkozysme qui aura abimé si durement notre République. Un lustre marqué par la division et l’intolérance. Au Latran, le professeur ne pouvait jamais égaler le pasteur ou le curé. A Grenoble, les Roms devenaient les boucs émissaires d’un été, prenant le relais des Musulmans qui l’étaient le reste des saisons. A Dakar, l’homme africain n’était pas entré dans l’Histoire. Quelle trace le sarkozysme aura laissé en France si ce n’est celle d’une République prostituée dans ses valeurs ?

 

En pillant sans gêne dans le programme du Front National et en remettant en cause la liberté de circulation dans l’Europe, le président sortant ne nous a pas donné d’autre choix que de voter pour François Hollande au second tour. Je l’avais parfaitement assumé, expliquant que l’on pouvait toujours amender un programme, mais plus difficilement s’affranchir des valeurs que l’on défend.

 

François Bayrou a, lui aussi, fait ce choix personnel. Un choix historique. Jamais dans l’Histoire de la Ve République, un centriste n’avait exprimé un tel choix en faveur de la gauche. Le président du MoDem n’avait eu de cesse, depuis 5 ans, de revendiquer son indépendance et notamment de dénoncer l’ancienne hémiplégie dont souffrait le centre, qui ne faisait qu’appliquer la cruelle mais si lucide définition que lui en donnait François Mitterrand : "Le centre n’est ni de gauche, ni de gauche."

 

En déclarant vouloir voter pour François Hollande, dénonçant notamment le terrible discours de Toulouse de l’entre deux tours, articulé autours de la "frontière" et le spot de campagne de Nicolas Sarkozy qui laissait apparaître un panneau "douane" écrit en français et en arabe, non sans d’inacceptables sous-entendus, François Bayrou a alors donné des gages à sa volonté d’indépendance, et plus encore dans sa volonté d’en appeler à l’Union nationale.

 

Vers une Assemblée plurielle ?

 

Car François Bayrou ne s’est pas arrêté là. Depuis, il a clairement expliqué que la cohabitation serait "une catastrophe" pour la France. Ce qui en revient à ne pas désirer la victoire de la droite aux législatives.

 

Le centre serait-il devenu alors membre de la majorité présidentielle ? Évidemment pas. Larévélation du gouvernement de Jean-Marc Ayrault a définitivement convaincu les plus sceptiques, d’ailleurs, ou les amateurs de conspirations en tous genres. Il n’a jamais été question de participer au gouvernement de François Hollande.

 

En revanche, l’on aurait tort de rester sourd aux déclarations de Pierre MoscoviciVincent Peillonou encore Ségolène Royal. Les législatives sont donc le moment de mettre en œuvre un premier pas vers une Assemblée plurielle et pluraliste qui n’aura qu’une vocation, une seule : la volonté de faire réussir la France. Le centre pour la France.

 

Je serai candidat aux législatives

 

Voilà pourquoi François Bayrou se lance dans les législatives. Voilà pourquoi des centaines de candidats se lanceront à ses côtés. Voilà pourquoi, j’ai décidé de me présenter dans la 1ère circonscription du Nord pour représenter les habitants de Loos, Lille Sud, Lille Sud-Est et Lille Centre.

 

Je suis certain que nombreux sont ceux qui partagent comme moi le projet de société proposé par le nouveau président de la République : une meilleure répartition de l’effort fiscal, faire de l’éducation une priorité, mais également redonner à l’égalité la place centrale que notre devise lui accorde, en ouvrant le mariage aux homosexuels et en donnant aux étrangers résidant sur le territoire le droit de vote aux élections locales.

 

Ces valeurs-là, je les partage sans aucune réserve.

 

Pour autant, le projet socialiste comporte un risque et non des moindres : en planifiant des dépenses excessives et en comptant sur une croissance providentielle que tous les spécialistes contestent, il laisse le spectre de la Grèce planer sur nos têtes, une épée de Damoclès.

 

Et la réaffirmation par François Hollande de sa volonté d’embaucher 60.000 postes dans l’éducation mardi, dans un pourtant magnifique discours à l’attention des enseignants qui retrouvent enfin un peu d’estime et de considération après avoir tant et tant été éreinté par un enfant barbare, ne va malheureusement pas dans le bon sens.

 

La question de l’éducation ne se résume pas à une question de moyens. Bien au contraire.

 

Nous devons rester vigilants sur les dépenses publiques en rappelant sans cesse au nouveau gouvernement qu’il est un devoir, non pas de dépenser toujours plus, mais de faire mieux.

 

Notre seule priorité doit être l’intérêt national.

 

Ce n’est donc pas dans une opposition stérile à François Hollande que nous nous présentons, mais avec la volonté de redresser ensemble notre pays. En lui rappelant que la question de la dette devra guider nos choix.

 

Notre volonté n’est donc ni de signer un blanc seing à un programme qui ne prend pas suffisamment en compte le poids de la dette, ni d’entrer dans l’abêtissante guerre de tranchée que se livrent droite et gauche depuis plusieurs décennies. S’opposer à une idée sous le fallacieux prétexte qu’elle est l’œuvre du camp d’en face n’est pas rendre service au pays en temps normal. Ca devient un crime quand ce même pays est en crise.

 

La seule force susceptible d’aider à faire voter des lois qui vont dans le sens de notre pays tout en comptant sur une vigilance redoublée par rapport à la gestion financière de notre état est le centre pour la France. Pour que l’opposition ne soit plus esseulée, mais qu’elle s’accompagne d’une épithète qui, elle seule, sera au service des Français : l’épithète "constructive".

 

Car c’est en étant ensemble que l’on construit. Pas en restant éternellement divisé. 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 09:04

Franz-Olivier Giesbert, le 18 janvier 2012 - Paris (BALTEL/SIPA)

Franz-Olivier Giesbert, le 18 janvier 2012 - Paris (BALTEL/SIPA) 

 

Les samedis soirs sentent ont souvent une odeur du soufre. Bien qu’étant une émission de divertissement, les plateaux de l'émission "On n’est pas couché" ont souvent accouché de moments tendus, que le prisme télévisuel sublime pour offrir un objet rare et fascinant, mélange confus de spectacle et de vérité.

 

L'émission reprend son rythme de croisière... Ou pas

 

Et le spectateur de ressentir cette sensation étrange et ambivalente, de honte et de plaisir non dissimulé. Et la page politique est bien évidemment souvent propice à la chose, avec en point d’orgue cette année, les débuts calamiteux de Philippe Poutou, la venue survendue de Marine Le Pen ou bien encore les prétendus conflits d’intérêts d’Audrey Pulvar, quand ceux qui en parlent le plus devraient s’interroger sur leur fascination pour la question.

 

Ce samedi 12 mai, la campagne présidentielle ayant rendu son verdict, l’émission reprit donc son rythme habituel, dénouant les langues bridées par les règles du CSA.

 

Enfin pas tout à fait, puisque les trois femmes qui se succédèrent, à savoir Rachida Dati pour l’UMP, Marielle de Sarnez pour le Modem et Clémentine Autain pour le Front de gauche (quelle pluralité dans la représentation, avec la droite, la gauche et le centre…) furent contraintes de répondre en fonction d’un temps de parole, déterminé selon les règles incompréhensibles d’équité : ainsi, l’ancienne garde des Sceaux eut 20 minutes de temps de parole et les deux autres la moitié. Dans ces conditions, et comme ce fut le cas durant la présidentielle, il ne fallait guère s’attendre à la moindre pépite ou révélation.

 

En comparaison, la présence de Franz-Olivier Giesbert sonnait comme une promesse. Ne serait-ce que parce que si 2012 a accouché d’une campagne assez médiocre en ce qui concerne la qualité des débats politiques et leur contenu, force est de constater qu’elle aura mis ce journaliste au CV impressionnant sur le devant de la scène, grâce à un franc parler, et disons-le même une certaine crudité dans le propos qui a pu séduire, amuser ou franchement irriter. La certitude de ne laisser donc personne indifférent.

 

 

Franz-Olivier Giesbert, symbole d'une presse muselée ?

 

Mais ce n’est pas tant sur ses formules, qui sont autant de perles qu’il enfile en colliers, que celui que l’on nomme familièrement "FOG" fut remarqué sur le plateau de Ruquier samedi. C’est plutôt à propos de son livre, "Carnet de campagne" que la polémique est née. Car polémique il y a eu, et débat il y aura nécessairement. Et pas seulement autour de la personne de Franz-Olivier Giesbert, mais sur la profession de journalisme en elle-même. Avec pour enjeu la liberté de la presse. Oui, rien que cela.

 

Giesbert Clash Pulvar & Polony [Litte] Ruquier... par peanutsie

 

La séquence est assez terrifiante pour le spectateur assez naïf pour croire encore que les journalistes sont libres de tout en France. Et quand on sait que le degré de la liberté de la presse est le corollaire d’une démocratie salubre, il y a de quoi frémir en effet.

 

Dans ce passage, ce n’est pas tant l’extrait vidéo proposé par Nicolas Sarkozy qui peut choquer : comme l’explique par la suite assez justement FOG, on ne peut imputer la bassesse du chantage qu’opère Edouard Balladur (à savoir le chantage autour du silence sur sa vie amoureuse tumultueuse en échange d’une campagne digne d’une Pravda de droite au "Figaro") à Nicolas Sarkozy, et ce même si ce dernier faisait partie de l’équipe de campagne. Mais ce sont toutes les révélations qu’il y a autour qui impressionnent.

 

Tout d’abord, FOG lance que, président, Nicolas Sarkozy a "menacé les patrons des journaux" pour lesquels il travaillait, précisant que c’était public. Et FOG d’oublier que si des informations peuvent circuler chez les initiés, elles n’en sont pas pour autant notoires auprès du grand public.

 

Puis il ajoute qu’il trouve "normal" qu’un homme politique mécontent de son sort "l’engueule". Un sentiment qui, fort logiquement, choque Laurent Ruquier, qui s’en émeut et affirme que lui ne trouve pas cela normal.

 

Et FOG de se justifier en disant que les journalistes disent parfois des "choses épouvantables". Audrey Pulvar lance une piste, que malheureusement elle n’exploitera pas. Dommage : "Vous écrivez des choses fausses ?" La question restera sans réponse.

 

Car il est une chose qu’il faudrait éclaircir : soit le journaliste dit des choses vraies, et qu’elles soient épouvantables ou non, peu importe sachant que seule la vérité doit guider sa plume. Soit il dit des choses fausses, et auquel cas, il est légitime qu’il soit réprimé. Et pas seulement par sa victime, qui plus est.

 

L'information "épouvantable", un faux baromètre pour le journaliste

 

Le caractère "épouvantable" d’une information n’a pas à guider la conscience d’un journaliste :seule la vérité le peut et le doit. Comme dans le récit de l’homme qui porte le miroir chez Stendhal dans le prologue de son roman "Le Rouge et le noir", ce n’est pas le miroir qui faut blâmer, mais le chemin boueux où stagne la fange.

 

Par la suite, une révélation faite dans son livre, inspire la même méfiance sur la liberté de ce journaliste quand il explique qu’avant de recevoir Nicolas Sarkozy dans "Des paroles et des actes", il reçoit un appel de François Pinault (sic !) pour lui demander de se calmer un peu avant d’interroger le président candidat.

 

Et lui de répondre : "Je n’ai pas l’habitude de tirer sur un corbillard." Au nom de quoi un grand industriel, actionnaire de presse, vient-il mettre son grain de sel dans la manière d’interroger un candidat à l’élection présidentielle dans une émission diffusée sur le service public ? L’inceste entre la sphère et médiatique est exposé en toute impudeur au citoyen, comme un spectacle décadent dont il faut s’enorgueillir pour vendre qui plus est un livre ?

 

Comment ne pas être écoeuré, dégoûté même ? Et que dire de FOG qui sous-entend qu’il aurait donc pris en compte le fait que le Président-candidat était diagnostiqué comme perdant pour l’épargner dans son questionnement. N’y a-t-il pas là un déballage répugnant qui fait honte à notre République ?

 

L'inceste entre presse, industriels et politiques : il faut que ça cesse

 

Un épisode qui n’est pas sans rappeler l’affaire des caricatures de Mahomet quand Denis Jeambar, alors patron de "l’Express" avait publié les fameuses caricatures danoises et que Serge Dassault, alors actionnaire de l’hebdo, avait tenté de l’en empêcher la veille de la publication, comme il le confia dans le film retraçant le procès contre "Charlie Hebdo", "C’est dur d’être aimé par des cons" (de 4'40 à 7'40):

 

c'est dur d'être aimé par des cons 1 par hystsampeace

 

La France va-t-elle longtemps s’abimer dans ces relations incestueuses entre les grands Industriels, la presse et la politique ? N’y a –t-il pas nécessité à faire de la moralisation de la vie publique une priorité, ce que seul François Bayrou proposait, je le rappelle, lors de la campagne présidentielle ? Une proposition que François Hollande a déclaré vouloir prendre en compte dans son action. Une information rassurante, surtout quand on sait, qu’en contrepartie, d’autres titres de la presse rivalisent de manichéisme pour tenter de rétablir un équilibre.

 

Mais quel équilibre y a-t-il quand, au nom de la vérité, on confronte une caricature à une autre caricature ?  

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 09:03

Martine Aubry à Paris, le 25/04/2012. (WITT/SIPA)

 Martine Aubry à Paris, le 25/04/2012. (WITT/SIPA)

 

C’est elle qui l’a annoncé en personne. Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste, a officiellement confirmé qu’il y aurait bien une investiture PS dans la seconde circonscription de Pau, celle de François Bayrou, lors des législatives.

 

Le feuilleton tenait en haleine toute la classe politique depuis trois jours. Le week-end du second tour de la présidentielle, c’est Martine Lignères-Cassou, maire socialiste de Pau, qui avait exprimé son refus de voir sa candidate plier face à une quelconque bienveillance à l’égard du Béarnais et ce, malgré le choix de ce dernier de voter Hollande à la présidentielle.

 

Puis ce fut au tour de Pierre MoscoviciVincent Peillon ou encore Ségolène Royal de reconnaître qu’un petit geste ne serait pas déplacé quand on sait qu’entre temps, l’UMP, furieuse de la décision de François Bayrou, avait décidé de "dégeler" la circonscription pour présenter un des siens. Alors que Frédéric Nihous était pressenti, c’est finalement Eric Saubatte qui s’y collera.

 

 Mais mercredi matin, Martine Aubry a sifflé la fin de la récréation en se drapant des oripeaux de la transparence et de l’honorabilité : "Il n'y a pas de service rendu, on ne fonctionne pas comme ça dans la République".

 

Une occasion manquée

 

Voilà ce que l’on pouvait craindre du Parti socialiste après la présidentielle. Encore une fois, le problème n’est pas François Hollande.

 

Le problème, c’est cet instinct clanique de survie, ce sectarisme forcené qui rend fou et qui est en contradiction avec la visée pluraliste à laquelle s’est habituée notre République.

 

N’est-ce pas Hollande qui avait promis une part de proportionnelle dans son programme présidentielle ? A quoi bon l’annoncer puis la repousser aux calendes grecques, c’est-à-dire en 2017, sans donner quelques signes en ce sens, si ce n’est pour finalement y renoncer comme le fit Nicolas Sarkozy ?

 

Un "geste" envers François Bayrou n’avait rien d’un marchandage : n’était-ce pas là un premier pas vers une union nationale raisonnée de personnes n’ayant pas la même étiquette mais susceptibles d’œuvrer ensemble au sein de l’Assemblée nationale dans un duo majorité/opposition constructif ?

 

L’autre problème réside bien évidemment dans ce gage de probité que Martine Aubry s’évertue à brandir comme argumentaire principal : "on ne fonctionne pas comme ça en République".

 

Ah oui, vraiment, Madame Aubry ? Cela ne fonctionne-t-il pas comme cela en République ? Le PS ne pratique-t-il jamais d'accords de la sorte ? Vous-même, ne fonctionnez-vous jamais comme cela, Madame Aubry ?

 

Un choix contradictoire

 

La maire de Lille serait-t-elle atteinte elle aussi comme Jacques Chirac d’anosognosie ou bien sa mauvaise foi dissimulerait-elle sa propension déjà avéré au mensonge et aux vérités évolutives, faisant d’elle une "menteresse" ? Sans doute est-il salutaire de revenir quatre ans en arrière dans le fief de Madame Aubry pour s’intéresser au "fonctionnement" de la socialiste.

 

En 2008, le MoDem, mouvement naissant, était porté par le 18,57% obtenu par son leader à la présidentielle. La question des alliances avec le MoDem allait alors bon train lors des municipales, surtout depuis que François Bayrou avait déclaré au cours de l’entre-deux tours savoir pour qui il n’allait pas voter (à savoir Nicolas Sarkozy).

 

A Paris, on s’en souvient, Bertrand Delanoé était arrivé avec une confortable avance au premier tour et avait finalement cessé toute discussion avec Marielle de Sarnez.

 

A Lille, Martine Aubry aurait pu suivre le même chemin : avec 46% des voix au premier tour et 18% de réserve avec les Verts et l’extrême gauche, il ne faisait aucun doute que la future Première secrétaire du Parti socialiste allait être réélue, d’autant qu’elle se devait de conforter sa position en vue du Congrès de Reims durant lequel elle serait opposée à une Ségolène Royal plus prompte aux alliances avec le MoDem.

 

Le grand public pensait fort logiquement que Martine Aubry ne fusionnerait pas sa liste avec le parti de François Bayrou. Pourtant, c’est ce qu’elle fit, au grand dam de la tête des listes des Verts Eric Quiquet, qui a l’époque et en off n’avait pas de mots assez durs pour qualifier pareille alliance.

 

Un ligne politique à géométrie variable

 

Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est qu’au-delà du beffroi, se jouait une autre élection, autrement plus importante pour Martine Aubry : la présidence de la Communauté urbaine de Lille pour succéder là encore à un certain Pierre Mauroy.

 

Et dans cette élection parallèle, la victoire était loin d’être acquise car de nombreuses communes proches de Lille, souvent en milieu "rurbain", sont dirigées par des maires sans étiquettes et plutôt proche du centre.

 

De son côté, le président de la Fédération du Nord Olivier Henno avait fait le choix de rester avec François Bayrou en 2007, quand de nombreux autres cadres choisirent l’opportunité d’investitures et autres maroquins alléchants proposés par l’UMP de Marc-Philippe Daubresse, le régional de l’étape. Il voyait donc son avenir se jouer à ce moment-là.

 

En coulisses, un pacte d’importance se mit en place : aux municipales de Lille, le PS fusionna avec le MoDem, en accueillant trois candidats, dont deux en position éligible.

 

Dans le même temps, dans les cantonales partielles, le MoDem renonça au deuxième tour dans sept cantons et dans le huitième, celui de Lille Ouest, le PS se retira pour laisser Olivier Henno combattre seul le candidat UMP, qui écœuré choisit lui aussi de se retirer, laissant le maire de Saint André se faire élire avec 100% des voix… et un tiers de votes nuls.  

 

C’est ainsi que Martine Aubry put tranquillement briguer quelques jours plus tard le poste de présidente de la Communauté urbaine de Lille avec en premier vice-président un certain Olivier Henno du MoDem.

 

Ainsi quand on évoquait l’exemple lillois d’une Martine Aubry assez courageuse, qui avait fait alliance avec le MoDem sans en avoir besoin, les Lillois riaient jaune. Ce n’est que parce que cet accord lui ouvrait les portes de la présidence de la Communauté urbaine de Lille que celle qui est devenue par la suite Première secrétaire du PS eut ce visage altruiste.

 

Car il est une chose que l'on doit bien comprendre : Martine Aubry aime le MoDem comme le cowboy aime l'indien : quand il est mort.

 

Ainsi, durant son mandat, la maire de Lille s'est évertuée à cannibaliser les forces du MoDem avec lesquelles sa majorité municipale travaille. Au point de suggérer au 20 heures de France 2 que les élus du MoDem lillois pourraient tôt ou tard rejoindre le PS :

 

Martinedélire Vidéo Snoopyves sélectionnée dans Actualité

 

Vampiriser les forces du MoDem pour les absorber. Chez Martine Aubry, les alliances électorales tournent à l'assimilation. En 2009, "La Voix du Nord" n'en déduisait pas autre chose dans un article dont le titre en dit long sur la nature de l'emprise de Martine Aubry sur les élus du MoDem local : "Le MoDem peu audible sous le beffroi"...

 

D’ailleurs, Olivier Henno lui-même n’était pas dupe. Lors de la régionale 2010, quand j'étais candidat sur sa liste et que je faisais campagne à ses côtés, nous parlions de l’éventualité d’un accord pour le deuxième tour avec la gauche sachant que rien ne serait discuté avant le résultats des urnes du premier.

 

Et le maire de Saint André de me confier : "de toutes façon, si le PS le peut, il nous écrasera comme une m**** ". Les régionales furent un naufrage, notre liste ne dépassant pas 5%. Nous n’avons même pas eu l’occasion de vérifier si ce qu’il pensait s’avérerait exact puisque le PS faisait de son côté le carton plein dès le premier tour.

 

Aujourd’hui encore dans le Nord, la possibilité de voir Olivier Henno sans candidat PS se dessine jour après jour. Lui qui avait lancé un appel dans l’entre-deux tours pour voter François Hollande.

 

Lui qui avait dit n’être pour rien dans la fuite de cet appel qui fut rendu public à trois heures de la fin légale de la campagne du second tour. Lui qui en appelle à une étiquette "majorité présidentielle" pour se présenter face aux électeurs.

 

Problème : Martine Aubry vient de dire non à François Bayrou dans les mêmes circonstances.

 

Autre problème, lors du Conseil national de l’entre-deux tours, Marielle de Sarnez avait été très claire sur les législatives et je peux relater ses propos sans trahir de grands secrets : elle avait appelé à former un groupe parlementaire, s’inscrivant dans "une opposition vigilante et constructive" en précisant "moi je ne me vois pas dans la majorité présidentielle de François Hollande".

 

D'ailleurs ce jeudi, lors de sa conférence de presse, François Bayrou a bien rappeler que les candidats de sa formation se présenteraient sous l'étiquette "le Centre pour la France" en martelant l'indépendance de celui-ci par rapport à la majorité présidentielle.

 

Ce qui n’est pas exactement la position prônée par Olivier Henno. Alors, appel du pied, mauvaise formulation ou révélation de ce qui a été déjà discuté avec la maire de Lille ? En tous cas, aujourd’hui c’est à nouveau Hélène Parra, la candidate pressentie pour le PS dans la circonscription d’Olivier Henno et qui avait dû se retirer en 2008, qui tremble à nouveau.

 

Il faut donc en revenir à Martine Aubry et lui reposer les questions sur ce qui ne se fait pas en République : ah oui, vraiment, Madame Aubry ? Cela ne fonctionne-t-il pas comme cela en République ? Le PS ne pratique-t-il jamais d'accords de ce type ?

 

Vous-même ne fonctionnez-vous jamais comme cela, Madame Aubry ?

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Published by Yves Delahaie - dans Législatives 2012
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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:02

François Bayrou, lors de son vote à Pau, le 22 avril 2012 (G.COLLET/SIPA).

François Bayrou, lors de son vote à Pau, le 22 avril 2012 (G.COLLET/SIPA)

 

Même si les chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution, il semblerait que ce sont bel et bien les électeurs qui ont voté François Bayrou qui ont fait gagné François Hollande.

 

Précaution, car la méthodologie guidant les Instituts, pour savoir comment s’est déroulé le report de voix, fait que sur 1000 personnes interrogées, seule 91 personnes sont concernées, à l’aune du score du Béarnais au premier tour. Et pour que l’échantillon soit représentatif, il faudrait donc prendre en compte, avec la méthode des quotas, plus de 10000 personnes, ce qu’aucune officine n’a fait et ne fera sans doute. Il faudra donc se contenter de chiffres aléatoires qui évaluent ce report de voix de 29% chez Ipsos Consulting, à 49% selon Opinion Way.

 

Sans doute faut-il écouter Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, Centre de Recherche de Sciences-Po Paris, qui hier soir, à "Mots Croisés" sur France 2, tranchait avec bon sens et affirmait que "un gros tiers des électeurs de Bayrou ont voté pour François Hollande".  Sachant que le Béarnais avait réuni sur son nom près de 3,3 millions de voix au 1er tour et qu’au second, François Hollande compte une avance d’un peu plus de 1,1 million de voix, l’on peut se dire que les reports de voix du candidat centriste auront pesé lourd dans le choix final.

 

Alors, certains mégoteront en affirmant notamment que la décision personnelle de François Bayrou n’a pas fait déplacer les intentions de votes à en croire l’évolution fournie au 4 mai par Ipsos. Ce qui est vrai. Mais qui ne dit que la décision de François Bayrou n’est justement pas la conséquence de cette journée du 3 mai quand il réunit son Bureau stratégique le matin même et le Conseil National, l’après-midi ?

 

Les voix des électeurs de Bayrou, déterminantes pour l'issue du scrutin

 

D’autre part, d’autres sortiront la calculatrice pour rappeler que les voix qui se sont portées sur Jean-Luc Mélenchon ont largement plus contribué à la victoire du candidat socialiste. Pourtant, pouvait-il en être autrement ? Le report des voix de Mélenchon à Hollande a-t-il été une seule fois, dans la campagne, remis en question et ce malgré les sobriquets aimables du président du Front de Gauche à l’égard de François Hollande ? Les voix n’étaient-t-elles pas plus "naturelles" venant de l’électorat de Mélenchon qui voulait avant tout la victoire de la gauche ? D’ailleurs, le député européen n’a-t-il pas fait une consigne de vote quand François Bayrou n’a émis qu’une initiative personnelle ?

 

N’en déplaisent à une certaine gauche, parfois sectaire (mais nul ne conteste que son équivalent est tout aussi méprisable à droite), les reports de voix des électeurs qui avaient voté François Bayrou au premier tour ont décidé de l’issue du scrutin, d’autant que l’écart final est autrement plus ténu que celui qu’annonçaient les Instituts de sondage et ce, depuis des mois.

 

Aussi, au lendemain de la défaite assumée, l’heure est au règlement de compte. Les "centristes" de droite ont crié à la traîtrise et parle même de "foutage de gueule" de la part de François Bayrou et assument de manière unilatérale la rupture définitive avec le Béarnais.

 

Jean-François Copé a, quant à lui, décidé de "dégeler" la circonscription de François Bayrou, en parachutant un candidat face à lui, en mesure de représailles.

 

La conséquence de la bipolarisation politique

 

Qu’il est beau le spectacle de la politique quand se mettent en scène, devant les Français, avec un tel cynisme, les manipulations qui finissent de dégouter le citoyen de cette mascarade. Où est la considération des Français, des citoyens, de ceux qui vous donnent la confiance dans ces marchandages et autres règlements de compte ?

 

Mais au-delà de cette mécanique perverse de nos institutions et qui est une conséquence logique de cette bipolarisation, qui donne aux deux grands un pouvoir suffisamment grand pour prétendre imposer ses règles du jeu, il faut tout de même comprendre comment la droite semble perdre la tête en refusant de se remettre en question.

 

Tout d’abord, concernant la circonscription de François Bayrou, il est à noter que le Béarnais n’avait pas du tout apprécié le "geste" de Copé en janvier, y voyant un mirage fondé de toutes pièces par la droite pour faire croire à une connivence entre le MoDem et l’UMP. Encore une fois, l’indépendance n’est pas dans le vocabulaire de l’UMP qui continue à entrevoir le centre comme une force d’appoint de la droite. Combien de fois dans la campagne les grands ténors se sont bousculés devant les caméras pour rappeler que François Bayrou faisait partie de la famille, sous le regard hilare du Président du MoDem ?

 


la danse du ventre de l'UMP par snoopyves1

 

Comment oublier, pourtant, le congrès extraordinaire de Lyon en 2006, le "si on pense tous la même chose, on ne pense plus rien" lancé par Bayrou au congrès fondateur de l’UMP en 2002, ou encore le Congrès de Villepinte qui enterra l’UDF pour créer le MoDem en décembre 2007 ? Le déni est une marque de fabrique à droite qui, nostalgique, ne conçoit le centre que sous son inféodation, comme parti godillot, hémiplégique et qui, pavlovien, revient aux pieds du maître quand la cloche du scrutin sonne. "Faites fi de vos différences et donnez votre voix" : telle est la devise cynique de cette droite arrogante et dépourvue de valeurs.

 

Alors que Le PS, par la voix de Martine Lignières-Cassou, maire de Pau avait réaffirmé son intention de présenter un candidat contre François Bayrou avec qui il n’y a jamais eu de tractations de quelque sorte que ce soit, Marisol Touraine a expliqué, hier, qu’il pourrait changer d’avis estimant qu’il était "normal que M. Bayrou puisse ne pas être pénalisé pour le soutien à François Hollande". Pour un parti qui a mis dans son programme la proportionnelle… mais pour 2017 seulement, ce serait un geste en faveur de la pluralité à l’Assemblée Nationale en effet.  

 

Mais dans toute cette affaire, il y a quelque chose qui tord le cou au bon sens et à la cohérence :en quoi la position de François Bayrou est-elle surprenante ? N’avait-il pas déjà exprimé tout ce qu’il pensait de l’action de Nicolas Sarkozy dans "Abus de pouvoir", la plus lourde et violente charge qui ait été écrite dans le dernier lustre à l’encontre de celle-ci ? N’avais-je pas expliqué, ici-même, à quel point il était inconcevable que l’on puisse imaginer une seule seconde la proposition ubuesque de faire de Bayrou le Premier ministre de Nicolas Sarkozy ?

 

Et au-delà de ces chimères qui ont alimenté et nourri l’espoir de ceux qui croyaient aux miracles, comment se fait-il que la droite et le centre de droite conspuent la décision logique et plus que respectable de François Bayrou puisque fondée sur des valeurs, en faisant fi des raisons qui l’ont poussé à trancher de la sorte ?

 

N’y a-t-il pas ironie ici les voir d’acharner sur l’homme en omettant de faire une saine remise en question ?

 

Car, qu’a dénoncé François Bayrou en affirmant choisir de voter François Hollande ? Cette course effrénée, non pas vers les électeurs de Marine Le Pen mais vers ses idées et sa vision d’une France emmurée, repliée sur elle-même.

 

Qu’ont dit les "centristes" Sauvadet, Méhaignerie et Morin, europhiles à les croire sur parole, quand Nicolas Sarkozy a fait du chantage sur les accords de Schengen ou a instrumentalisé le spectre de la frontière au meeting de Toulouse ? Qu’ont pensé les humanistes quand Sarkozy a fait les poches de Marine en proposant la présomption de légitime défense des policiers ?

 

Qu’ont-ils pensé des regrets du président de ne pas avoir suffisamment œuvré pour que l’Europe rappelle dans sa Constitution ses origines chrétiennes, ce que les lobbys les plus intégristes d’Europe dont le nouveau gouvernement sulfureux hongrois et le Vatican réclament à corps et à "Christ" ? Ont-ils bien ri ou bien encore frissonné de voir le panneau douane écrit en français et en arabe dans le dernier spot de campagne du président sortant comme pour évoquer la menace d’une immigration massive au-delà de la Méditerranée ?

 

Au lieu de condamner cette prostitution des valeurs de la République et de l’Esprit de tolérance des lumières, à droite on ne parle que d’accords ancestraux qu’ils ont passés pendant trois décennies avec le centre.

 

Panique à bord, la mécanique si bien huilée de l’hérésie bipartite, qui de décline au son des chaises musicales, "un coup à moi, un coup à toi" s’enraye. Pensez donc, la gauche est sur le point d’être majoritaire à tous les étages : elle tient les plus grandes villes de France, des cantons, des régions, elle dirige le Sénat et s’apprête à prendre d’assaut l’Assemblée Nationale.

 

La droite a tout perdu : elle a voulu un parti unique en 2002 pour s’assurer un score de premier tour, en oubliant qu’elle asséchait ses réserves de voix ; de la même manière, elle a élevé à 12,5% des inscrits le seuil pour se maintenir au second tour des cantonales et des législatives, en espérant faire la nique au Front national et vit en 2011, ce dernier lui griller la politesse dans 204 cantons.

 

Le cynisme ne paye pas toujours en politique. Telle est la morale de l’affaire. N'en déplaise à Valérie Russo-Debord qui a été démasquée aux yeux des Français hier dans le fabuleux film de la campagne de Serge Moati, le dernier de sa série, quand elle ironisait sur le choix de Douste-Blazyde voter Hollande : "Pff Douste-Blazy ? quand j'étais à l'UDF on l'appelait 'soigne ta mèche' !"

 

A l’image de Chantal Jouanno, l’UMP ferait bien de revoir sa stratégie. Et de remettre ses valeurs au centre de sa politique. Il en va de l’équilibre du paysage politique français. Mais surtout des valeurs de la République elle-même.

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  • : Les Nouveaux Démocrates
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  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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