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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 14:06

Les jours se suivent et se ressemblent. Irrespirables. A peine la cérémonie de clôture terminée, Vladimir Poutine a remisé ses oripeaux d’hôte souriant pour endosser son costume favori : dictateur.

Ne jouons pas avec les maux : ce n’est pas la Crimée que la Russie vient d’occuper, c’est l’Ukraine qu’elle a envahie. Pour rappeler que sur ses anciens territoires, c’est encore elle qui dirige et décide des politiques à mener, puisqu’elle détient le nerf économique de la guerre : le gaz.

C’est alors que l’invraisemblable inertie des instances internationales saute aux yeux. Tout le monde scrute les événements de Kiev sans oser intervenir face au terrifiant Poutine. Obama a beau menacer de ne pas participer au G8 de Sotchi… La belle affaire.

L’Europe, quant à elle, reste désespérément aphasique. A quoi sert donc cette Europe quand la guerre est à ses portes, avec la moitié des pays qui frappent pour entrer, si sa seule est réponse est d’appeler à la « modération » et à la retenue ? Vendredi dernier, la Commission européenne a appelé à « une solution politique« , risible quand on sait que s’il est bien une chose dont l’Europe est dépourvue, c’est d’avoir un pouvoir politique. Une faiblesse chronique dont les racines remontent à la volonté d’avoir créé, d’abord et en priorité, un marché économique pour construire ses fondements.

 kiev.jpg

Et en cette absence de volonté et de pouvoir politiques, c’est bel est bien l’Europe qui a laissé se dégrader la situation, alors que le monde entier voyait bien que la situation dégénérait. Ses menaces de sanction à l’égard de Ianoukovitch sont restées lettres mortes.

Alors il y aura toujours les nauséabonds, euros(c)eptiques ou autres anti-mondialistes qui trouveront matière pour conspuer la construction européenne qui n’est presque même plus capable de garantir ce pour quoi elle fut édifiée, la paix. Et d’ânonner l’oraison funèbre maintes fois entendue pour tout détruire sur le bûcher de ses errances. Il est tellement plus simple de tout détruire plutôt que de corriger.

La réalité, c’est que la crise ukrainienne doit, bien au contraire, donner l’envie aux postulants de Bruxelles de porter un vrai projet : celui d’une Europe politique, capable de prendre de véritables directions, et qui ne serait plus seulement un vaste marché dicté par une Commission Européenne faite d’experts sans prise avec le Peuple et qui ne représente personne d’autre qu’elle même.

Etre européiste en 2014, vouloir que l’Europe fonctionne, souhaiter qu’elle résiste dans un monde devenu plus concurrentiel que jamais, ce n’est pas défendre des Institutions en les figeant. Bien au contraire, c’est y aller pour faire d’elle une autre Europe, qui pénalise lourdement les produits de l’extérieur de ses frontières qui ne respectent pas les mêmes normes écologiques et sociales que les nôtres, qui accepte le jeu démocratique afin de donner au parlement européen un vrai pouvoir de décision quand, aujourd’hui, c’est la Commission et ses nommés qui décident de tout ou presque.

Le meilleur moyen finalement de ne pas tomber dans le piège de ceux qui veulent faire des Européennes un référendum « pour ou contre » l’Europe, c’est donc de proposer autre chose que des placebos pour lui donner les vrais moyens de réussir.

D’ici là, il reste le cas ukrainien. Et le temps presse.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:07

Alors que les Jeux olympiques de Sotchi viennent enfin de se terminer, Kiev tente de reprendre son souffle après quinze jours de révolution. Parallèle troublant que ces femmes et ces hommes qui se battent pour leur indépendance dans ce qu’ils se représentent de l’idéal européen face à l’ogre russe, et de l’autre côté, leur bourreau indirect, Vladimir Poutine, qui, à grand coups de milliards, s’est offert un panégyrique vivant de deux semaines, comme d’autres érigent sur les places publiques des monuments à leur nom.

Certains médias, le zapping de Canal plus en particulier, se sont essayés à la comparaison en superposant habilement les images de la guérilla ukrainienne à celle de la joie des sportifs qui viennent de remporter une médaille. Et de se demander s’il n’était pas dérisoire de se battre pour un podium quand d’autres le font pour sauver leur avenir. Au point même d’entendre dire que tous ces médailles seraient, à tout jamais, tachées du sang des victimes ukrainiennes.

Obscène. Et lâche. Typique de ces discussions mondaines où l’on refait le monde devant un micro, en se regardant le nombril et en s’écoutant avec complaisance, qui empoissonne le monde de l’information et des médias en France.

Pour autant, soyons clairs : fallait-il fermer les yeux sur la Poutinisation de ses Jeux olympiques ? Bien sûr que non.

Il fallait rappeler ce qu’a représenté et ce que représentera la dette financière, écologique et politique que ce choix, dont le CIO s’est purement et simplement lavé les mains. Trente-huit milliards d’euros en folies dispendieuses, absurdes et parfois dérisoires en efficacité.

Un pays qui a tenté de se donner des lettres de noblesse de tolérance quand on sait que son régime est l’un des plus liberticide qui soit parmi les nations dites démocratiques.

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Un président qui prétend respecter la loi en se présentant pas pour un troisième mandat présidentiel, mais qui trouve un homme-gigogne, en la personne de Medvedev, telles les poupées russes, un double pour mieux lui succéder et ainsi verrouiller l’appareil d’état pour des décennies. Une mascarade que la communauté internationale accepte presque sans broncher, en estimant qu’il serait de l’ingérence que de simplement exprimer une réserve sur ces pratiques, quand elle a moins d’état d’âme pour intervenir dans la politique des pays où, il est vrai, les ressources naturelles n’existent plus depuis la décolonisation qui a laissé ces territoires exsangues.

Oui, il fallait critiquer la Russie, comme un contre-pouvoir à ce rouleau compresseur médiatique et pris en otage que furent les JO. Oui il fallait relativiser les JO et les mettre dans le contexte des événements de Kiev.

Et les médias français ne s’en sont pas privés, tant la presse papier, que la radio, les chaines infos ou encore les émissions de reportage. Avec force et raison.

Las, nos politiques n’ont pas eu le même courage, loin s’en faut. De droite comme de gauche en passant par le FN qui ne voudrait pour rien au monde ternir son idylle de longue date avec le Kremlin.

Pour autant, avec quelle hypocrisie et quelle lâcheté, certains se sont mis en tête de faire culpabiliser les sportifs en leur demandant d’endosser la responsabilité que les politiques eux-mêmes n’ont pas eue ?

Le rôle du politique est de critiquer, concilier, et créer un consensus. En un mot, d’avoir un regard sur le monde et son fonctionnement. Celui du sportif est d’aller au bout de lui-même pour parvenir à l’objectif qu’il s’est fixé et pour lequel il a sacrifié parfois études, le plus souvent jeunesse, divertissement et famille afin de représenter dignement son pays. Chacun à sa place.

Quand ils concourent pour les JO, les sportifs sont coupés du monde de l’information pour ne se focaliser que sur leur objectif sportif, certains n’étant à la fête que tous les quatre ans, chaque journée entre deux olympiades n’étant planifiée qu’en fonction de cette perspective. Commencer à critiquer les sportifs Français pour leur manque d’implication dans l’acualité brûlante, rechigner sur leurs performances, voire les accabler de fêter leur réussite, c’est au mieux méconnaître le sport. Au mieux.

Et quand on voit samedi soir Laurent Ruquier interpeler Coline Mattel, médaillée à Sotchi, sur les atrocités en Russie quand il n’en a pas pipé le moindre mot la semaine précédente, quand Valérie Fourneyron, la Ministre des Sports, était sur son plateau, on tient là l’illustration la plus précise de ce que peut être l’hypocrisie à la française.


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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 14:08

Juillet 2012. Tout fraîchement élu, le Président François Hollande, sans doute, sait-il déjà que ses promesses économiques de la campagne présidentielle sont autant de chèques en blanc signés à la France et aux Français qui lui coûteront chères. Très chères.

Aussi, quand Jean-Marc Ayrault annonce le 3 juillet lors de son discours de politique générale le projet de loi imminent de l’ouverture du droit du mariage et de l’adoption aux personnes de même sexes pour l’année 2013, personne n’est dupe de la volonté du gouvernement de marquer son empreinte par une mesure forte et sociétale pour masquer non sans cynisme ses carences, à moins du miracle d’une croissance retrouvée, qui ne viendra d’ailleurs jamais. Pas même les progressistes.

Pour autant, doit-on attendre les moments de prospérité pour honorer le pilier central de notre devise républicaine ? Peut-on mégoter quand l’égalité des droits est en jeu ?

A ce moment-là, personne non plus ou presque ne s’intéresse réellement à la question. Presque, car dans l’ombre Christine Boutin et Alain Escada de l’Institut Civitas entament leur longue croisade médiatique en promettant l’Apocalypse ou encore Sodome et Gomorrhe. A l’époque, intrigué par cette effusion, et encore marqué par la manifestation de janvier 1999 organisée par la première citée, autour de tout ce que la France compte d’intégristes, au son de « les pédés au bûcher », je m’intéressais de près à leur nouvelle dialectique, étonnamment adaptée à la modernité médiatique.

Mes proches me regardaient avec étonnement mais aussi un peu avec condescendance en considérant que je m’intéressais à un épiphénomène, à une frange marginale sans importance qui n’aurait aucun retentissement. 

Un an et demi plus tard, le constat est pourtant alarmant : la France est sous haute influence extrémiste et intégriste. Ni plus, ni moins.

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Pour autant, les extrémistes ont-ils fait des petits ? Pas nécessairement. Aucun indice n’indique une augmentation des effectifs des groupes factieux ou des fous de Dieu par rapport aux années 90. Mais la grande différence avec ce qu’il se faisait auparavant, c’est que l’archaïsme de fond s’est drapé des oripeaux de la modernité.

Ultra activistes sur les réseaux sociaux, parfaits clients pour les plateaux télé, adeptes du double discours, les extrémistes ont parfaitement compris ce que l’opportunité du discours décomplexé pouvait leur apporter. Et à ce titre, l’UMP sarkozyste portera une responsabilité indélébile et odieuse que l’Histoire ne devra pas occulter.

Aujourd’hui, s’ils ont perdu la bataille du mariage pour tous, ils fêtent le recul du gouvernement sur la PMA. Et, dans la foulée, ont imposé dans les consciences une hystérie collective sur la prétendue théorie du genre. Certains maires enlèvent des livres des bibliothèques sous la pression des groupuscules, ou les placent hypocritement à des endroits inaccessibles, la République accepte que son école soit boycottée par la grâce d’un SMS malveillant, et une bonne partie de la population pense que l’affaire Dieudonné se circonscrit à une question sur la liberté d’expression.

Car c’est bien là leur coup de force : parvenir à imposer les calomnies et les mensonges les plus grotesques dans le débat, au nom de la liberté d’expression, afin de faire considérer leur point de vue, pourtant délirant, comme une opinion qui en vaut une autre. La simple mise en débat suffit donc crédibiliser ce que le bon sens aurait écarté sans crier gare. Forts de hérauts communicants bien implantés comme Eric Zemmour, qui ne se cache même plus d’être activiste dans ce qu’il appelle un lobby contre la « féminisation » et « l’homosexualisation » de la population, les extrémistes font du marginal et de l’infinitésimal, un courant de pensée que le Peuple avale avec une crasse inculture.

Le phénomène n’est pas typiquement français : en Espagne une large majorité des citoyens sont contre la révision de la loi contre l’avortement, y compris dans les rangs catholiques. Et pourtant le gouvernement semble décidé à donner du crédit une la part sombre et marginale des intégristes qui veulent substituer la loi par la foi.

Combien de temps encore l’Europe cédera-t-elle à l’influence grandissante des extrémistes et des intégristes ? Faut-il attendre (et souhaiter ?) un cataclysme en juin prochain dans les urnes pour voir les véritables républicains reprendre la main.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:10

Est-ce réellement un coup de tonnerre ? Pas tout à fait.

En choisissant de répondre à une courte majorité pour le oui à l’arrêt de « l’immigration de masse »,  à 50,4 % exactement, la Suisse n’a fait que suivre le courant nationaliste, aux relents de repli identitaire qui plane sur sa tête et que l’UDC instrumentalise et nourrit tout à la fois. Déjà à l’origine d’un référendum ubuesque sur les minarets en 2009, ce parti offre à son pays une publicité inquiétante pour les tenants du nationalisme en Europe, à quelques mois d’une élection européenne qui s’annonce cataclysmique à ce rythme là.

Mais au lieu de jouer les Cassandre et de se projeter trop précipitamment sur les élections de juin, il paraît important de tirer un enseignement sur cet outil démocratique très à la mode qu’est le référendum.

Car organiser un référendum sur une notion aussi épineuse que l’immigration, qui implique tant l’économie, la culture ou encore l’image même de la Suisse, c’est répondre de manière simpliste à un problème complexe.

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Et s’en remettre à une alternative manichéenne, qui ne connaît aucune autre nuance que le « oui » ou le « non », la brèche est béante pour manipuler l’opinion et le débat, à grands coups de rhétorique et de mensonges, qui seront alors considérés comme les « arguments » d’un camp, une opinion qui en vaut finalement une autre. L’insulte même à l’intelligence.

Il faut une bonne fois pour toute admettre que le référendum n’est pas la panacée et la solution idéale pour répondre à certaines questions. On ne répétera jamais assez que la France n’aurait jamais aboli la peine de mort ou autorisé l’IVG si un référendum avait eu lieu sur ces questions, l’opinion y étant alors très hostile. Pour autant, existe-t-il aujourd’hui une majorité pour remettre en cause ces acquis ?

Preuve s’il en est que ce n’est pas forcément la majorité, et a fortiori celle d’un jour, qui détient la vérité. Loin s’en faut.

Il faut admettre que sur certains sujets complexe qui touchent au bien commun, seuls nos élus ont l’expertise pour trancher, ceux que l’on a choisis pour nous représenter. Et d’ailleurs, à quoi serviraient-ils sinon ?

Et ceux qui en douteraient devraient se rappeler la crétinerie que fut de demander aux Français de trancher sur le texte de la Constitution européenne en 2005, long de plusieurs milliers de pages et d’une complexité absconse, pour s’en convaincre.

La démocratie est un principe. Certainement pas un mode de gouvernement. Nous ne sommes pas dans des Républiques qui se gèrent comme dans une télé-réalité. Certaines questions politiques s’abîment dans le manichéisme, car elles transcendent largement l’opinion et l’expertise du citoyen lambda.

D’ailleurs, qui, aujourd’hui, montre le plus d’appétence pour le référendum ? L’UDC en Suisse qui surfe sur la xénophobie ? Le Front national en France qui en avait fait un point central de son programme présidentiel en 2012 ? Les fantasmeurs du « djandeur », aussi, qui le réclamaient pour le mariage pour tous, quand dans le même temps ils insultent la légitimité souveraine des urnes en beuglant « démission » à notre Président de la République ? Quand ils ne fomentent pas en sous-main la contre-révolution au nom de Dieu.

Que l’on ne s’y trompe pas : ce sont ceux qui sont le plus hostiles à la liberté qui s’engouffrent avec couardise et cynisme dans les failles de la démocratie pour mieux la retourner contre ses défenseurs.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 14:12

Cela devient irrespirable. 2013 nous avait déjà réservé la résurgence médiatique de l’extrême droite, étant entendu qu’elle n’avait jamais disparu. 2014 semble partir à un rythme encore plus effréné. Les semaines se suivent et se ressemblent. Après l’affaire Dieudonné, celle de la « théorie du genre » qui serait enseignée à l’école publique… Et à chaque fois, l’ombre tutélaire d’un Alain Soral, au zénith de sa médiocrité. 

Farida Belghoul, auteur présumée de la diffusion des SMS auprès des familles pour les effrayer, vient des mouvements antiracistes. Comme Dieudonné. Comme les Indigènes de la République. Il faudra un jour s’interroger clairement sur les parois poreuses et paradoxales entre l’extrême droite et une frange des mouvements qui combattent la xénophobie. Et surtout sur l’aveuglement de certains qui refusent de voir qu’au-delà des bons sentiments s’en terrent d’autres, plus pernicieux, qui flattent le communautarisme et utilisent l’intégrisme pour tester la République.

Mais le dire provoque déjà tant de lever de boucliers et tant d’anathèmes…

Au-delà de ce phénomène inquiétant, Il faudrait aussi veiller à ne pas déresponsabiliser les citoyens. De la même manière que les politiques « comprennent » l’exaspération de ceux qui finissent par glisser un bulletin FN dans l’urne, la tentation est forte de croire que ces familles ont été manipulées. Que leur crédulité les a donc poussés à accepter ce boycott de l’école républicaine. Ce serait trop simple.

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Les familles qui prennent la responsabilité de boycotter l’école ne sont pas seulement naïves : elles insultent la République et ses principes. En laissant entendre que les enseignants pourraient être suffisamment dérangés pour apprendre aux enfants à se masturber ou encore à avoir des cours de sexualité avec des pratiques.

La vérité, c’est que les familles concernées, et ce n’est pas un hasard, font partie majoritairement de réseaux communautaristes dans lesquels l’opprobre sur la République est une permanence. Et reviennent encore une fois ces pulsions intégristes qui veulent substituer la loi par la foi.

Et peu importe alors l’identité du culte : les intégristes de tous poils seront toujours prêts à mettre les différends religieux dans leur poche dès lors que César s’incline devant Dieu. A Bruxelles, on voit ainsi les membres de l’UOIE copiner de bonne grâce avec les lobbys envoyés par le Vatican, dès lors qu’il faut s’opposer à l’IVG ou encore à l’ouverture des droits LGBT.

La vérité c’est que la théorie du genre n’existe pas. Les études, elles, oui. Et l’école n’a nulle vocation à les intégrer dans ses programmes scolaires, sauf au lycée pour les évoquer, et ainsi contribuer à une réflexion à un âge où la raison s’émancipe. En revanche, elle a à cœur, et c’est son rôle, de mettre à bas la pensée patriarcale, qui, malgré les lois sur la parité, continue de dominer sur les esprits.

La question sur le genre à l’école ne parle aucunement de sexualité… Et les plus pudibonds devront sans doute s’interroger sur la nature profonde de leurs fantasmes…

N’en déplaise à certains obtus, une fille n’a pas forcément des couettes, vêtue de rose, une poupée à la main, la préservant jalousement du petit voisin, la salopette bleue, qui veut la détruire avec son GI Joe.

C’est le rôle de la République de démonter les clichés, responsables de tant de souffrance tant sociales que psychologiques, et de faire de l’égalité, non pas seulement le pilier central de notre devise, mais le pilier central de nos existences. Nier cette volonté, c’est nier nos valeurs, remettre en cause nos fondamentaux et, en somme, être un opposant revendiqué de la République.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:14

Monsieur le Président,

Est-il possible d’espérer que vous soyez resté sourd ou aveugle à la fronde antirépublicaine qui a battu le pavé hier dans les rues parisiennes, vociférant des slogans nauséabonds, à l’image du groupe hétéroclite qui composait cette foule hagarde et bigarrée ?

Je l’espère et je le souhaite. Même s’il faut savoir écouter les citoyens Français quand la frustration et le désespoir les animent avec passion et parfois raison, il faut aussi rester ferme et ne pas se montrer naïf face à des colères malsaines qui prostituent nos valeurs.

Quand ceux qui vous sifflent et vous conspuent, avancent d’anathèmes en insultes, en ne proposant comme seule solution que de substituer la loi par la foi, s’acoquinent avec les pires délinquants de l’extrême droite,  au point de rendre réticente la pourtant très tendancieuse Ludovine de la Rochère, l’héritière de la Manif pour Tous, il n’y a aucune considération à montrer, juste le mépris par le silence.

Je ne serai donc pas de ceux qui se lamentent avec des effets de manches, des plumes sur le chapeau, les joues empourprées, le tout en manières affectées, de votre action. La République vaut davantage que ces jeux de scène qui épatent la galerie et qui surtout construisent la carrière des acteurs engagés.

Pour autant, il ne faudrait pas vous méprendre. Je vous l’avoue sincèrement, quand je regarde les 18 derniers mois, je me désole. De vos maladresses. De l’incapacité de votre gouvernement à avancer dans la clarté et l’unité. De la transparence de votre Premier Ministre, sans aspérité, sans odeur ni saveur. De vous voir vous revêtir des oripeaux du social démocrate quand cette posture vous aurait permis de travailler avec les progressistes du centre gauche dans une union nationale qui aurait eu de l’allure.

Oui, je me désole. Mais contrairement aux nauséabonds, je n’ai pas perdu la mémoire.

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Et quand je regarde plus loin dans le rétroviseur, alors je me console. Et ma mémoire n’a guère besoin de contorsions périlleuses pour se raviver. Les démonstrations grotesques de Nadine Morano incarnent à elles seules ce que fut le Sarkozysme, cette excroissance putride du populisme et de l’électoralisme, dictant sa loi à grands coups de sondage et d’éléments de langage, faisant de la mauvaise foi l’essence même de son moteur.

Je me console en me rappelant que si vos combats parfois provoquent le débat et ravivent le débat droite/gauche, le Sarkozysme lui divisait clairement les Français, non sur le bûcher des valeurs mais bel et bien sur le dos des boucs émissaires, savamment sélectionnés, du salaud de pauvre au Musulman forcément communautariste.

Je me console en voyant ce qu’est devenu ce Centre, avec Bayrou à sa tête, qui conspuait ses pairs quand ils allaient à la soupe quand lui, avec courage, traversait le désert et qui les a rejoints dans le manichéisme aveugle qui guide les avides du pouvoir. Comment auriez-vous pu travailler avec ceux qui brandissaient des valeurs comme des cache-sexe qui dissimulaient avec pudeur la seule chose qui les animent, les mandats ?

Je me console mais cela n’est pas suffisant. J’attends de vous autre chose que ces histoires de l’intimité que vous aviez juré de laisser dans votre lit. J’attends autre chose que vos belles paroles sur les économies que vous comptez faire, sur cette croissance que vous espérer doper. J’attends autre chose que votre aveuglement sur l’éducation, en continuant de prétendre que vos directions depuis mai 2012 vont dans le bon sens.

Ce n’est pas se renier que de reconnaître que l’on a fait de mauvais choix. Bien au contraire, Monsieur le Président c’est la force des Grands Hommes que d’avoir l’humilité de faire autrement par ce que l’on sait que l’on fera mieux.

En vous déclarant clairement social démocrate, vous avez déjà fait un pas vers la vérité. A vous de l’épouser, à présent, sans ambiguïté.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 14:15

Ce dimanche, la Marche pour la Vie a fait un retour fracassant sur les pavés parisiens, après une pause forcée en 2013 par la croisade contre le mariage pour tous. Toute la cathosphère s’est donc donnée rendez-vous pour hurler son opposition à la loi Veil, en mettant en exergue et en exemple, l’Espagne, qui vient d’opérer sur la question, un terrible retour en arrière.

Comme d’habitude, on prétend devant la caméra que l’on n’est pas nécessairement pour l’abrogation de la loi, mais pour une canalisation des avortements, quand en off, les langues se délient et font écho à l’intégrisme le plus crasse. Entendre parler de « mort », de « tuer » voire de « génocide » sur des pancartes vues mille fois depuis la création de cette Marche par Christine Boutin dans les années 90 pour évoquer l’avortement suffit à faire tomber le masque des bigots.

Sur le plateau du Grand Journal, vendredi soir, Jean-Marie Le Mené, Président de la Fondation Jérome-Lejeune, déclarait ainsi sans ambages qu’il était contre l’avortement tout court, prétendant que l’avortement « n’était pas un droit ». Quand on sait que le personnage est magistrat, il y a de quoi s’inquiéter.

Non seulement l’avortement est un droit, mais contrairement à ce prétendent les marcheurs pour la Vie, le cache-sexe sémantique de ceux qui sont par ailleurs le plus souvent aussi pour la peine de mort en tout paradoxe, on a le droit en France d’être contre l’IVG. Et ce droit, précieux, qui relève de la liberté de conscience de chacun n’existe que parce que, en contre-partie, on a aussi le droit d’être pour, et donc de le pratiquer.

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Cette loi n’impose à personne de se faire avorter contre son gré et les jérémiades des intégristes qui hurlent à la liberté d’expression bafouée, ne font en réalité que révéler le poison qu’ils tentent de distiller pour organiser la contre-révolution. Celle qui, dans leur fantasme, fait substituer la loi par la foi.

Ce week-end marque d’ailleurs le début du marathon de la cathosphère, puisque le week-end prochain, ce sera au tour de « Jour de colère », rejoint notamment par l’institut Intégriste Civitas, et dans quinze jours, la Manif pour tous qui tente d’exister malgré l’échec sans appel de son vain combat en 2013 contre l’égalité.

La cathosphère, et notamment par la vitalité du net, prend ainsi un éclairage qu’on ne lui croyait plus capable de prendre. Le « débat » qu’ils ont accaparé lors du mariage pour tous, a permis de réactiver des réseaux, qui n’ont jamais cessé d’exister. La question n’est pas de savoir si ces intégristes sont plus nombreux qu’avant, ou s’ils ont vocation à se multiplier. Si l’on voit bien une jeunesse prête à prendre la relève, ils restent dans une ultra-minorité, pour ne pas parler de marginalité.

Pour autant, bien aiguillonnée par une Frigide Barjot qui lui a servi d’idiote utile en forme de porte-voix et d’accès au micro, mais aussi par le développement des réseaux sociaux dont elle fait un usage frénétique et qui amplifie la caisse de résonance, la cathosphère est plus bruyante que jamais, tenant par l’art d’un double discours pour faire bonne figure devant les médias, une nouveauté pour la branche intégriste des cathos, à la manière de l’UOIF ou de Tariq Ramadan chez ses alter ego musulmans. 

Ce n’est pas parce que l’on crie le plus fort que l’on doit parler au nom du Peuple. Ce n’est pas parce que l’on est nombreux, que l’on détient la vérité. Et ce n’est pas parce que l’on existe que les médias ont l’obligation d’en parler. Sans doute, faudrait-il replacer ces plaintes hystériques et anti-républicaine à la seule place qu’il convient : celle de l’obscurité. 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 14:16

La nouvelle affaire « people » autour des frasques du président de la République place l’année 2014 sous les pires auspices. La politique et ses principaux acteurs sont plus que jamais décrédibilisés. De l’affaire Cahuzac aux attitudes factieuses des élus de l’opposition lors du mariage pour tous, des scandales sexuels aux faux électeurs, des affaires crapuleuses à la protection indécente que les archaïsmes de la République réservent aux plus puissants, tout concourt à faire rompre le lien qui unit le Peuple et ses représentants dans les Assemblées.

Et les premiers responsables de cette situation sont incontestablement les politiques eux-mêmes. Qu’il n’y ait aucun doute sur la question.

Pour autant, les médias d’information peuvent-ils aussi facilement s’affranchir de leur responsabilité ? Il est largement permis d’en douter.

Ce week-end nous a offert l’exemple le plus flagrant avec la publication par Closer d’une liaison qu’aurait le Président de la République avec une actrice, illustrée par des photographies floues et n’offrant aucune certitude. L’exemple même de la non-information, du faux scoop nauséabond et malveillant qui n’a d’autres objectifs que de vendre du papier dans un climat morose pour la presse papier.

Comment une démocratie, qui a placé l’information comme le corollaire de son fonctionnement, peut-elle se permettre de faire de cet excrément médiatique, une inopportunément dénommée « information » que l’on pilonne en boucle sur les chaines info ou en manchette pour leur alter ego papier ?

L’hypocrisie la plus abjecte de ce système a été expliquée, avec un cynisme rare et, beaucoup plus grave, avec l’air de prétendre qu’il n’y avait pas d’autres choix, par Natacha Polony sur le plateau du Grand Journal jeudi soir. Condamnant l’initiative de Closer, elle a ensuite prétendu qu’elle devait pour autant parler de cet événement qui était, de facto, devenu un fait politique. Ou comment on justifie sa propre pratique du voyeurisme exhibitionniste, en la travestissant sous les oripeaux de la vertu. Ad nauseam.

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Oui les médias avaient le choix de ne pas parler de ce non-événement, de cette probable chronique du quotidien d’un citoyen. Prétendre comme Christophe Barbier qu’il est nécessaire de se demander si le Président de la République n’est pas un citoyen comme les autres revient à laisser la porte ouverte à n’importe quoi. Loin de sacraliser la fonction, ce questionnement à lui seul suffit à confondre l’homme et le président, la contenu et le contenant, et contribue à plonger la démocratie dans ce qu’elle a de plus trouble. 

Oui les médias doivent se poser des questions et cesser de dire qu’ils ne sont qu’un thermomètre, un miroir qui reflète la réalité. Ils ne peuvent prétendre être le vitrier de Stendhal, car contrairement à lui, ils peuvent et doivent même hiérarchiser l’information, la classer, et donner une ligne éditoriale.

Ainsi quand on les voit frétiller autour des Municipales parisiennes, qui sentent le soufre, ou encore vers les villes qui risquent de basculer dans l’escarcelle du Front national, celles de Lille ou de Bordeaux sont complètement occultées. Pourquoi ? Parce qu’elles seraient jouées d’avance. Comme si savoir pourquoi ces majorités municipales sont stables, plébiscitées et crédibles aux yeux des citoyens, à l’abri de toute insurrection nationaliste, dont les forces sont stériles dans ces territoires, ne constituent pas en soi une information.

A vouloir chercher à tous prix, pour l’audience ou en quête d’un lectorat perdu, le parfum du drame, les médias perdent tout sens commun. Les Français qui travaillent, pas ceux qui twittent dans le métro parisien en costume cravate en allant au bureau, sont bien loin des liaisons extraconjugales d’untel, ou de la rivalité féminine qui pimente la course vers l’Hôtel de ville de notre capitale. Pour eux, c’est l’emploi, leur pouvoir d’achat ou encore l’éducation de leurs enfants qui demeurent l’essence même de la vie.

Il serait urgent de convoquer des états généraux des médias et de la presse. Ne serait-ce que pour prendre conscience que l’information est fragile et fragilisée, et qu’ils sont autant influencés par la réalité qu’ils ne l’influencent elle-même.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 14:18

L’UMP et la droite parisienne pensaient avoir touché le fond et estimaient raisonnablement que le pire était derrière elles. En 2001, la fronde menée par Tibéri avait offert les clefs de la Mairie à Delanoë sur un plateau. Sept ans plus tard, La campagne de Panafieu n’eut jamais de prise au sein d’un électorat qui avait profondément changé.

Aussi avec les déboires de François Hollande et du gouvernement, l’espoir était de mise avec Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne Ministre, investie avec la promesse de rassembler une famille décomposée à droite, notamment depuis la guerre des têtes il y a un an.

La désillusion n’en est que plus grande.

Les primaires, qui aboutirent à son investiture, tournèrent en eau-de-boudin, avec un affrontement sur le bûcher du mariage pour tous, la future candidate s’écharpant même rudement avec Pierre-Yves Bournazel… devenu porte-parole de la candidate. Le temps d’apprendre que l’ancienne maire de Longjumeau avait dans ses équipes une certaine Roxane Decorte, condamnée par la justice, révélation faite lors d’un débat télévisé par Bournazel lui-même. La sentence ne tombera que début janvier 2013, avec la mise à l’écart de l’âne malade de la peste, qui décida de faire dissidence dans son élan.

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Le week-end du vote, on crut même revivre l’élection à la présidence de l’UMP avec des accusations de fraude et de triche, dans un vaudeville pathétique pour l’image du parti et de la politique en général. Le score fut si important pour la gagnante que la hache de guerre fut vite enterrée. Mais les plaies sont restées béantes.

Depuis, ce ne fut que couacs et bévues. Entre le ticket de métro, la coupe de cheveux, l’agressivité de la Dame, le dérapage sur les Roms. NKM n’en finit plus de sombrer.

Aujourd’hui, ce sont les présentations de listes qui tournent au fiasco. A droite, surtout à Paris, les dents rayent le parquet et à vouloir faire la synthèse, au lieu de privilégier une équipe en fonction de ses convictions, NKM a fini par frustrer tout le monde et les dissidences se multiplient, du fils Tibéri au moins connu des Beigbeder, compromettant gravement sa dynamique et tout espoir d’accéder à l’Hôtel de Ville. Comment expliquer en effet, que sur la même liste du troisième arrondissement, soit placée en N°3, Catherine Michaud la présidente de Gay Lib, aux côtés de Hélène Delsol, plutôt proche de la Manif pour tous ?

Quel est le signe envoyé aux citoyens et aux électeurs si ce n’est que les listes sont davantage une sélection des ego qu’un groupe uni et motivé par les mêmes convictions au service des citoyens ?
Alors Nathalie Koscisko Morizet se perd. Totalement même quand elle instrumentalise les SDF, en se faisant photographier avec eux, fumant une clope, crapotant même sur l’image telle une adolescente, comme pour souligner le manque de naturel d’une telle mise en scène.

Bien plus grave que ce naufrage annoncé, il est tout de même urgent de s’inquiéter de l’image renvoyée par ce type de campagne sur les électeurs. Les valeurs et les programmes envoyés au feu des ego, de l’image et de la com’ au détriment des engagements, un parachutage pour des Municipales…
La droite avait, depuis quelques années, ouvert les portes au Front national en flattant son programme, quand elle ne le pillait pas au second tour. La nouveauté c’est qu’à présent, son indigence lui déroule le tapis rouge. 2014, l’année de tous les dangers.


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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 14:19

On la croyait réduite à l’obscurité. Au silence. Voire au passé. Pourtant, c’est bien en 2013 que l’extrême droite a fait un retour fracassant sur le devant de la scène française. Pure et dure. Celle des révisionnistes. Celle des racistes. Celle qui fomente la contre-révolution dans ses rêves les plus fous.
Le mariage pour tous fut le prétexte à sa réapparition. Frigide Barjot a beau s’en affranchir, c’est pourtant bien elle qui lui a ouvert la porte d’entrée. Cachée dans les premiers temps, elle s’est petit à petit émancipée pour s’affirmer pleinement.

Projetée sous la lumière des médias, cette néo extrême droite s’est trouvée une mère nourricière, Béatrice Bourges et s’est affublée d’un nom « Le Printemps français ». De provocations envers les forces de l’ordre en actes de violence, de menace de mort envers les élus pour infléchir leur vote jusqu’à la négation de la loi républicaine, cette excroissance de la « Manif pour tous » comme l’a baptisé l’un de ses trublions, qui s’abreuve dans le même bénitier que Civitas, a déferlé sur nos écrans et dans nos vies. Avec une complaisance manifeste des médias et des journalistes dans un premier temps. Les Zemmour et autres Ménard continuant aujourd’hui encore à les nourrir en argumentations fumeuses et autres amalgames odieux.

Décomplexée, cette extrême droite fut incarnée notamment par Alexandre Gabriac, qui a multiplié les happenings, lui le conseiller régional de Rhône-Alpes, qui estime au micro de Canal Plus qu’il n’est pas plus antisémite que Saint Louis, ce Roi croisé qui persécuté les Juifs. Un « républicain » qui menace des journalistes physiquement dans des tweets à peine voilés.

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Lui qui fut biberonné par le Front National, qui a beau jeu de dire qu’il l’a exclu quand Bruno Gollnisch ne cache nullement qu’il continue de travailler main dans la main au sein du Conseil régional. Marine Le Pen s’évertue à menacer ceux qui rangeraient son parti dans l’extrême droite. En vain, quand on voit certains de ses membres comparer la Garde des Sceaux à un singe. Une exclusion (encore une) sera à la clef, mais la règle du jeu au FN semble seulement de ne pas être pris en flagrant délit médiatique. Pour le reste on ne dit rien, on n’entend rien, on ne voit rien. Les Singes de la Sagesse en ironie du sort.

Christiane Taubira aura subi les pires insultes que la République a pu connaître depuis Léon Blum en 1936. Des attaques violentes et racistes, de la part d’anonymes comme de la part de la presse d’extrême droite qui, elle aussi, a fait un retour à la lumière. Brune. Voir la Ministre de la République subir pareils traitements en 2013, en France, a ce quelque chose de surréaliste et qui donne la nausée.Matin Brun de Franck Pavlov nous parle alors.

Clément Méric aura quant à lui payer de sa vie sa lutte contre l’extrême droite. Sans doute n’avait-il pas choisi le combat le plus productif pour combattre les ennemis de la République, mais comment accepter qu’il ait pu en payer sa vie, à seulement 18 ans ?

Mais au moment de faire les bilans, comment occulter la responsabilité politique de ceux qui ont attisé le feu ? Comment dédouaner certains députés d’extrême droite comme Marc Le Fur qui, outre ses excès langagiers lors de débats du mariage pour tous, a cru bon de faire voler le calot d’un représentant de l’ordre ? Une élue, assistant à la scène, a même vu l’élu, bien accompagné, exciter les foules pour laisser place aux provocations et aux heurts. Quelle meilleure légitimité pouvait trouver l’extrême droite pour œuvrer à partir de ce moment ? Est-ce le rôle de nos élus de défier la République et de faire trembler ses piliers pour des raisons purement électoralistes ?

L’histoire retiendra qu’une grande partie de la droite portera une lourde responsabilité a posteriori sur ce réveil antirépublicain de l’extrême droite la plus nauséabonde qui assume ses positions sans risquer grand chose, au nom de la liberté d’expression.

Mais personne n’oubliera non plus d’autres comportements qui participent à la légitimité de certains raisonnements, comme celui de Samia Ghali qui refusa en son temps de condamner l’incendie criminel d’un camp de Roms parce qu’elle comprenait l’exaspération.

En réalité, l’extrême droite se nourrit du populisme qui guide avec gourmandise les discours de nos politiques. Perdant en crédibilité, ils estiment n’avoir d’autres choix que d’emprunter les sillons de la démagogie, non pour être au service des Français, mais pour préserver leur siège. Un terreau fertile pour cette extrême droite qui peut ainsi décliner sa haine à l’envi. En toute légitimité et avec un écho médiatique sans lequel elle serait pourtant réduite à néant.

Aujourd’hui, ce sont les quenelles qui occupent les esprits. Et qu’en sera-t-il demain, en 2014 ?

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Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
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