Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 14:24

Avouons-le, oui j’y ai cru un peu. Un tout petit peu. Quand mardi dernier, les résultats PISA ont rendu leur impitoyable verdict, faisant de la France une élève moyenne de l’OCDE, quand elle est la seule à consacrer 23% de son budget à l’école, j’ai cru que Vincent Peillon allait enfin réagir. Ou être poussé à réagir. Car pour une fois, c’est le premier ministre en personne qui est venu s’alarmer de ses résultats alors qu’il était en déplacement.

Une réaction assez singulière, puisque pendant des années, les officiels se sont évertués à nier la pertinence de ces tests d’aptitude et de culture, à l’image de ces élèves qui, nantis d’une note piteuse, viennent contester le sujet, le barème quand les parents ne viennent pas à la rescousse pour mettre en cause la compétence du professeur.

L’extrême gauche continue d’ailleurs avec une grasse bêtise à l’image de Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), qui sur I>Télé, prétendait que les tests étaient calibrés pour les anglo-saxons… pourtant classés derrière la France. Tout excès est dérisoire et Dieu sait que l’extrême gauche française… est terriblement dérisoire.

Alors quand Jean-Marc Ayrault a semblé prendre la mesure du drame national qui se jouait dans la confirmation de la médiocrité de notre système, j’ai cru (un peu) que Vincent Peillon allait ENFIN prendre ses responsabilités. 

Sans pour autant renier sa non-réforme, discours politique obligeant, il aurait pu, pour le moins, expliquer que le recrutement massif de professeurs et l’obsession d’une modification des rythmes scolaires, mesure cosmétique sans effet sur la pédagogie et la scolarité, devaient s’accompagner d’autre chose. Que la direction prise depuis trente années et qui a détourné tout le monde du savoir et de la culture, délaissant sur la route les enfants de la misère, dont les programmes allégés revenaient à dire qu’ils étaient trop idiots pour avoir de véritables ambitions, était mortifère et insupportable aux yeux de l’égalité républicaine.

En vain.

Le Ministre a beau lire le diagnostique, il persiste dans l’erreur, comme ses prédécesseurs, qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs.

Quand les résultats de PISA insistent sur le fait que l’école française ne fait pas progresser les élèves qui sont en difficulté, le Ministre persiste à dire que notre école est trop élitiste. Misère. Si notre école avait suffisamment d’exigence POUR TOUS bien au contraire, sans doute aurions nous davantage d’enfants d’ouvriers dans les grandes écoles et bardés des plus grands diplômes universitaires.

Peillon

Et alors que justement les résultats de PISA nous expliquent que la seule chose qui fonctionne en France c’est notre élite, à qui l’on daigne transmettre un véritable savoir, et une authentique valeur ajoutée, Vincent Peillon scie la branche de l’arbre sur laquelle il est assise et décide de s’attaquer aux salaires des professeurs des écoles préparatoires

Jacques Julliard a eu les mots justes dans son édito de Marianne cette semaine :

« Depuis des années l’école française est dominée par un pédagogisme compassionnel et une parentocratie démagogique qui se traduisent par un volume de travail insuffisant. (…) Il est parfaitement inutile aujourd’hui de ‘réformer l’enseignement’, de ‘refonder l’école’, (…) si l’on ne s’attaque pas au cœur du problème : la restauration de l’éminente dignité du savoir et le rétablissement d’un rapport de confiance et de respect entre le maître et l’école. Sinon mieux vaut supprimer l’école. »

Car que cherche au juste Vincent Peillon ? Non seulement, il s’apprête à sacrifier la seule chose que l’école française est encore capable de faire avec ses élites. Mais, beaucoup plus grave, au regard du pilier central de notre devise, il ne fait rien pour donner aux enfants qui n’ont pas la culture au biberon, l’exigence d’un savoir qui, seule, les doterait des armes des la compétition qu’est devenue l’entrée dans la vie professionnelle.

Stigmatisés par leurs carences dans les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter), puisque le socle commun des connaissances minimales est devenu le socle commun des connaissances minimums, ces enfants se voient refuser l’idéal républicain voulu par Jules Ferry.

Venez comme vous êtes, et vous repartirez comme vous êtes venus : voici la triste invitation de Vincent Peillon à la jeunesse française. En attendant que le fossoyeur, professeur de philosophie coule des jours heureux à Bruxelles…

Cynisme, vous avez dit cynisme ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Yves Delahaie - dans Editos média vox
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les Nouveaux Démocrates
  • Les Nouveaux Démocrates
  • : Enseignant et essayiste. Auteur de La Croix et la bannière sur la rhétorique des intégristes à propos du mariage pour tous (Golias, novembre 2012) et de Mariage pour tous vs Manif pour Tous (Golias, mai 2015) Auteur également d'articles sur Prochoix, la revue tenue par Fiammetta Venner et Caroline Fourest (n°57,58,59, 63 & 66) Ancien membre du Conseil national du MoDem et candidat aux Régionales 2010 et législatives 2012. Démission du MoDem en octobre 2012. Blog d’un militant du Mouvement Démocrate (MoDem).
  • Contact

Recherche